L’hiver dernier, je me suis séparé de toi

510kwhpqjpl-_sx195__zpsouqmyepkFuminori Nakamura, L’hiver dernier, je me suis séparé de toi: je n’ai pas pu m’en empêcher, j’ai acheté un autre roman pour “Un mois, un éditeur“. J’avais noté cet auteur japonais contemporain dans la liste que j’ai partagée récemment et la quatrième de couverture me proposait un polar alléchant, probablement violent et glauque. J’ai pensé à Ryu Murakami et à certains films de de Kiyoshi Kurosawa et je me suis laissé tenter.

Un écrivain est chargé par son éditeur de rédiger un récit autour d’un photographe qui a été accusé de l’immolation de deux femmes. Il tente de trouver les motivations de ce crime et rencontre le meurtrier et son entourage. Et puis l’histoire se complique, l’écrivain laisse tomber le livre, se sentant menacé. Un autre style de narration prend le relais: Nakamura propose des documents divers racontant des bouts de l’histoire et amène un dénouement  – avec retournement de situation – qui m’a franchement déçue. Tout ça pour ça ? Où est le sang ? Où est l’horreur ? Une immolation par le feu est censé faire peur, elle est probablement l’oeuvre d’un esprit grandement dérangé. Rien de tout cela transparaît dans ce roman qui est très peu fouillé et dont l’histoire est très peu développée.

Cette lecture a provoqué une discussion avec un ami amateur de littérature japonaise comme moi. Je me demandais pourquoi ce roman (et d’autres) était si simple et si court, avec des phrases très minimalistes et aucune description qui campe le décor. Une question de traduction ? Le passage de l’idéogramme aux caractères latins ? Or il existe des romans plus anciens mais également plus récents qui sont beaucoup plus fouillés et dont l’écriture est beaucoup plus élaborée, malgré la passage par la traduction. Je pensais notamment au roman de Murakami Ryu, Les bébés de la consigne automatique, mon ami me parlait de Tanizaki ou Mishima. J’exclus quelque part Murakami Haruki parce qu’il a une écriture fort “européenne”.

Une autre réponse possible serait peut-être le choix des romans traduits et donc la qualité du texte original: est-ce que ce sont des bestsellers ? Inversement, quels sont les romans français actuels traduits en japonais ? Marc Lévy ? Eric-Emmanuel Schmitt ? ou d’autres du même style ? Ou est-ce lié à la différence entre la culture japonaise et occidentale ? J’ai lu pas mal de romans japonais contemporains dans le passé et j’ai souvent été interpellée par leur brièveté et leur simplicité. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai abandonné leur lecture pendant une dizaine d’années. Je reprends le fil aujourd’hui mais la question se pose toujours. Je ne pense pas avoir une réponse définitive à ce problème mais si vous avez d’autres raisons à proposer, n’hésitez pas à commenter.

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Jenny

412boiklomjl-_sx316_bo1204203200__zpsemhlpyjpFabrice Colin, Jenny: ce nouveau roman de Fabrice Colin a interrompu les lectures plus ou moins programmées dans l’ordre de ma PAL. J’avais en effet adoré ses autres romans “américains” et j’étais impatiente de lire celui-ci. Un prologue: un homme nommé Bradley veut raconter son histoire alors qu’une femme, Jenny, est ligotée dans sa cave. Quelques mois plus tôt, la femme de Bradley le quitte et il est désespéré. Il va de rencontre en rencontre, jusqu’à ce que Jenny se présente à lui. Elle le contraint à le suivre, lui se sent mal à l’aise mais forcé. L’histoire connaît de nombreux rebondissements et franchement, je n’ai pas tout compris, ce qui m’a laissée sur ma faim. J’aime l’écriture de Fabrice Colin, même quand il pastiche un peu les écrivains américains, mais là, j’aurais besoin d’un clé. Ou alors il n’y en a pas et c’est un peu frustrant. J’ai tourné les pages avec avidité jusqu’à la fin et j’ai été déçue de ne pas trouver les réponses. Une petite déception donc.

Book_RATING-30

The Cambodian book of the dead

17883673_zpsb0orkvtuTom Vater, The Cambodian book of the dead: ce livre me tentait depuis longtemps mais était difficile à obtenir. Je l’ai finalement trouvé à Bangkok dans une librairie japonaise après mon voyage en Birmanie. Et malgré mon envie de le lire, il a longtemps traîné sur ma PAL, sans raison. Maier, détective privé allemand, a été journaliste de guerre dans le passé, notamment au Cambodge. Sa mission, retrouver l’héritier d’une dynastie de marchands de café de Hambourg, le renvoie là-bas. L’action se situe quelque part en 2001 ou peu après – le hit de Kylie Minogue Can’t get you out of my head était déjà sorti (travail de déduction personnel – donc). Le pays est encore très far-west ou plutôt far-east. La corruption règne, les anciens généraux Khmers Rouge font la loi et le livre commence par une fusillade dans le club le plus connu de l’époque, le Heart of Darkness (où passe évidemment Holiday in Cambodia des Dead Kennedys). L’enquête de Maier le mènera à Kep, ancienne station balnéaire royale, en partie en ruines et au Bokor, où se trouve un ancien casino. Il y rencontrera des personnes louches, un général avec une armée de jeune filles habillées en noir (comme à l’époque des Khmers Rouges) mais aussi l’Araignée Blanche, un homme mystérieux au passé bien trouble. L’histoire est un peu compliquée et a des rythmes divers, une longue mis en place et des rebondissements que j’ai trouvés un peu incongrus. Mais peu importe, j’ai adoré retrouver des endroits que j’adore, des ambiances bizarres, et un passé sur lequel j’ai lu pas mal de choses. Ce livre m’a également beaucoup fait penser au film de Matt Dillon, City of ghosts, qui reste un de mes favoris de tous les temps. Un livre qui ne plaira sans doute pas à tout le monde mais qui a certainement comblé mes besoins récurrents de Cambodge.

Book_RATING-40

Big Daddy

9782253098904-001-t_zpsnmisl9aaChahdortt Djavann, Big Daddy: Rody raconte sa vie à son avocate commise d’office, Nikki, une iranienne-américaine. Il est emprisonné à perpétuité (un des rares mineurs dans ce cas) pour avoir tué Big Daddy et deux de ses comparses. Celui-ci l’avait sorti de la rue à l’âge de 10 ans et pris sous son aile, le préparant à une vie de criminel et à la vie d’adulte. Mais à sa manière: il lui paie une prostituée pour qu’il devienne un homme, il l’oblige à assister à des meurtres qui ressemblent plus à des séances de haine et de torture. Parallèlement, l’avocate parle de sa vie et se raconte à Rody. La quatrième de couverture en dit beaucoup plus, beaucoup trop (elle raconte toute la première partie qui couvre les 3/4 du roman). C’est en voulant participer au challenge “Lire le monde” que j’ai choisi ce livre (de plus, c’était le seul de cet auteur disponible dans la librairie assez basique de mon quartier). Mais quelque part, il m’a laissée sur ma faim pour des raisons qui ne sont pas liées au roman: je me disais qu’en participant au challenge, cela me permettrait de découvrir d’autres auteurs mais surtout d’autres cultures. Or, malgré le fait que l’auteur soit iranienne, l’histoire se déroule aux Etats-Unis, sur le modèle de polars américains. Il y a quelques liens avec l’Iran mais ils sont fort limités, influant peu sur l’histoire (un peu quand même). Tout ça pour dire que j’ai eu du mal à apprécier ce roman parce que mes attentes étaient trop différentes. J’ai sélectionné un autre roman qui devrait satisfaire un peu mieux mes envies de découverte du monde, mais ce sera pour plus tard.

Un livre lu dans le cadre de “Lire le monde” pour l’Iran (quoique).

Book_RATING-30

Jolie Blon’s Bounce

51ckoi-q1jl-_sx326_bo1204203200__zpsb5wc5kamJames Lee Burke, Jolie Blon’s Bounce: et vaillamment, elle continua à lire la série Dave Robicheaux de James Lee Burke… Depuis quelques volumes, ma lecture est souvent très lente, voire interrompue par d’autres livres, et pourtant j’y reviens toujours. Pourquoi ? Parce que cet auteur a l’art de décrire la Louisiane et d’y plonger le lecteur. On sent la chaleur, l’humidité, on voit les paysages, les maisons, on ressent le poids de l’histoire. Dans Jolie Blon’s Bounce, ce sont des histoires du passé qui resurgissent suite à l’assassinat d’une jeune fille. Et qui est ce Legion, personnage peu amène, qui apparaît à tout moment dans l’histoire ? Même si ma lecture a pris beaucoup de temps parce que l’histoire est fort éclatée, j’ai apprécié me plonger une fois de plus dans le sud des Etats-Unis et je lirai sans doute le volume suivant de la série.

Ce livre complète la Louisiane dans le challenge 50 novels for 50 states (même si c’est un peu facile).

Book_RATING-35

The Bangkok asset

fa3be42882544ab306349961977a1544John Burdett, The Bangkok asset: une nouvelle enquête de l’inspecteur Sonchai Jitpleecheep. Un meurtre a été commis dans un immeuble surplombant le marché, une jeune fille gît par terre, la tête arrachée, un message annonce que le meurtrier sait qui est le père de Sonchai, une question qui le hante depuis toujours. Quelques jours plus tard, Sonchai est le témoin d’un événement très particulier: un meurtre en plein typhon sur le Chao Praya, le meurtrier s’en tirant sans problèmes malgré les courants du fleuve. Serait-ce un surhomme ? Cette question traversera une grande partie du roman, menant Sonchai dans les archives secrètes de la CIA, jusqu’aux forêts du Cambodge. J’ai retrouvé avec plaisir les ambiances de Bangkok et du Cambodge mais l’histoire m’a un peu déstabilisée au départ parce qu’elle entre dans le domaine de la science-fiction. Ou peut-être pas justement ? Ce livre est en tous cas un bon divertissement !

Book_RATING-35

Galveston

Nic Pizzolatto, Galveston: Nic Pizzolatto est l’auteur de la série True Detective, dont j’ai adoré les ambiances et l’histoire. Mais avant de réaliser celle-ci, il a écrit un roman, Galveston. Roy Cady apprend qu’il est atteint du cancer des poumons. Le même jour, son boss lui confie une mission qui se termine en bain de sang. Il s’en sort vivant et prend la fuite avec Rocky, une toute jeune prostituée, et Tiffany, une fillette de quatre ans. Vingt ans plus tard, Roy n’a pas oublié ce qui s’est passé et se sent à nouveau poursuivi. Pizzolatto alterne les chapitres entre les deux époques et arrive en 200 pages à concentrer une histoire d’âmes perdues, en quête d’un meilleur avenir, le tout dans le paysage un peu désolé de vieux motels de l’Amérique profonde. J’en redemande !

Book_RATING-40