This Is How You Lose the Time War

Amal El-Mohtar & Max Gladstone, This Is How You Lose the Time War: dans les cendres d’un monde qui se meurt, Red trouve une lettre. Commence alors un échange épistolaire avec Blue. Le roman nous plonge dans un monde qui semble bien différent au premier abord et les éléments pour comprendre le contexte sont très ténus au départ. La quatrième de couverture aide un peu à établir le tableau: Red et Blue sont deux voyageuses dans le temps, au service de deux entités différentes et en guerre. Mais ce n’est pas cela le plus important, le coeur du roman est dans les lettres qui dévoilent une connivence grandissante entre les deux protagonistes alors que tout les oppose. Et comme il y a voyage dans le temps, les auteurs jouent avec celui-ci: on reconnaît des bribes de civilisations du passé et il y a un jeu de cycles temporels.

Je n’aurais jamais acheté ce livre (même après les commentaires élogieux de A_Girl_From_Earth – j’étais passée complètement à côté) mais un ami me l’a offert pour mon anniversaire. Nous avions eu quelques jours auparavant des discussions sur nos lectures et plus précisément sur les voyages dans le temps suite au dernier roman d’Emily St John Mandel qu’il venait d’entamer. A vrai dire, c’est quasi la seule frange de la SF que j’aime lire, avec les uchronies (il y a aussi cette question de temps, du passé), alors que j’ai beaucoup de mal avec les mondes construits de toutes pièces. J’ai d’ailleurs eu du mal au début de ce roman, parce que j’avais l’impression de ne rien comprendre, mais je me suis laissée prendre par l’écriture, par Red et par Blue. Chacun des auteurs a écrit une partie, mais ils l’ont fait ensemble, simultanément, lisant la lettre écrite par l’autre dès qu’elle était terminée. J’ai senti un sentiment d’urgence, d’immédiateté mais surtout un très grand respect de l’autre, respect qui se transforme au fil des pages en quelque chose de bien plus profond. J’ai été très touchée par les émotions, par la sensibilité qui émane des personnages et j’ai laissé de côté mes incompréhension du monde dans lequel ils vivent. A vrai dire, c’est un roman que je devrais relire, pour mieux le comprendre mais je perdrais peut-être cette première impression de flottement. L’écriture est belle, poétique par moments, et m’a fait penser à Emily St John Mandel, justement. Parfois, m’offrir une « wild card » peut avoir un résultat bien plus important que prévu !

Amal El-Mohtar & Max Gladstone, This Is How You Lose the Time War, Saga Press, 2020, 198p. (traduit en français: Les oiseaux du temps)

At the movies – 24 (2000s)

De Zaak Alzheimer – Jan Decleir et Anvers

Ce billet a mis un certain temps à se compléter, je l’ai commencé quelque part en novembre ou décembre (avec des notices très courtes) ! Il complète les filmographies de Mike Mills et Ryusuke Hamaguchi.

3:10 to Yuma, James Mangold (2007) – 3/5: un remake du western de 1957 mais plus sombre, plus axé sur l’appât du gain. Malgré son jeu très détaché, je n’ai pas aimé Russell Crowe, et pas trop non plus Christian Bale. La musique de Marco Beltrami est très bien par contre.

The Matrix Reloaded, The Wachowskis (2003) – 3/5: l’effet de surprise est un peu retombé, et les histoires dans la matrice sont moins intéressantes à mon avis. Il y a aussi pas mal de remplissage, notamment avec la gigantesque rave-party du début. Une chose qui m’a marquée: la diversité des figurants et même des acteurs. #theKeanuReevesFilmography

The Matrix Revolutions, The Wachowskis (2003) – 3/5: trop d’effets spéciaux tuent les effets spéciaux. C’était pas mal mais sans plus, et il a trop de scènes sans Keanu Reeves. #theKeanuReevesFilmography

Thumbsucker, Mike Mills (2005) – 3/5: le premier film de Mike Mills (dont je compte voir toute la filmographie, ce qui fait quatre films en tout – c’est fait depuis). Justin, un adolescent très réservé de 17 ans, vit avec sa famille dans l’Oregon (sa mère est jouée par Tilda Swinton). Il suce toujours son pouce et n’arrive pas à ce débarrasser de cette habitude. Au cours du film, il va explorer diverses solutions (dont une qui tourne mal proposée par son orthodontiste joué par Keanu Reeves) pour finalement grandir et trouver sa voie. Un film sur un ado, mais aussi sur des parents largués, encore un peu enfants eux-mêmes. Plaisant mais pas un chef-d’œuvre. #theMikeMillsFilmography #theKeanuReevesFilmography

Passion, Ryusuke Hamaguchi (Japon, 2008) – 2/5: film de fin d’études du réalisateur et ça se sent. Tous les éléments de ses futures productions sont en place – les longues discussions entre protagonistes, les plans fixes, les vues d’immeubles et d’autoroutes qui ne permettent pas de reconnaître la ville, les couleurs délavées – mais je me suis perdue dans cette histoire d’hommes et femmes du début de la trentaine. Qui sort finalement avec qui ? ça change à tout moment dans le film. #theRyusukeHamaguchiFilmography

De zaak Alzheimer, Erik Van Looy (Belgique, 2003) – 4/5: il est étonnant que je n’avais pas vu ce film plus tôt, et c’est finalement la sortie future d’un (mauvais) remake américain qui m’a poussée à la voir. C’est un thriller policier, avec un tueur (Jan Decleir) qui perd tout doucement la mémoire, et plein de liens dans le milieu de la politique, des grandes entreprises et de la justice. Deux flics (un des deux est Koen De Bouw) sont sur sa trace. On est en 1995 – l’année où Julie et Mélissa ont été retrouvées mortes – et le film met le doigt sur tout ce qui ne va pas dans la police et l’état (en particulier police et gendarmerie qui se mettent des bâtons dans les roues). C’est cru et violent, avec quelques moments très drôles si on connaît le contexte belge. A noter: la technologie de 1995 (quasi pas de téléphones portables, les ordis aux écrans cathodiques, les voitures de l’époque – il y a une Golf de la gendarmerie), les vues d’Anvers, l’anversois. J’ai adoré !

Into the Wild, Sean Penn (2007) – 2/5: ce film m’a dérangée, pas au niveau de la réalisation mais bien à cause du personnage principal que j’ai trouvé imbuvable. Il s’agit de l’histoire vraie de Christopher McCandless, étudiant idéaliste qui prend la route pour finalement se perdre en Alaska. C’est son idéalisme et sa naïveté extrêmes qui m’ont dérangée, parce que c’est plutôt de l’inconscience totale de partir avec si peu de préparation en Alaska(c’est là qu’on voit que je peux être assez rigide dans certaines situations, ou que je pense trop à tout ce qui pourrait arriver à l’avance plutôt que de me lancer). Tout le monde a encensé ce film à l’époque, y compris pour les chansons d’Eddie Vedder mais même celles-ci ne m’ont rien fait. J’en ai discuté depuis avec des collègues qui sont tout à fait d’accord avec moi – bref un film qui a vieilli. A part ça, c’est un beau voyage parmi les paysages sauvages des Etats-Unis.

Sea of Tranquility

Emily St. John Mandel, Sea of Tranquility: en lisant la première partie de ce roman, on se demande un peu ce que veut raconter Emily St. John Mandel: en 1912, Edwin St. Andrew, arrive au Canada où il a été envoyé par ses parents, comme fils cadet qui n’héritera pas de la propriété familiale située en Angleterre. Il continue son voyage jusqu’à l’île de Vancouver, avec de nombreux arrêts en cours de route, se laissant vivre et buvant beaucoup. Sur l’île, il a un malaise dans la forêt, au pied d’un érable. L’histoire fait ensuite plusieurs sauts dans le temps, ce qui nous permet de retrouver Vincent (The Glass Hotel) et Mirella, puis elle nous présente Olive Llellewyn, autrice qui fait une tournée pour présenter son roman, et enfin Gaspery-Jacques Roberts qui vit dans une des colonies sur la lune, au 25e siècle.

Emily St. John Mandel propose une histoire qui mêle passé et futur, avec voyage dans le temps, dans une construction en miroir, dévoilant au fur et à mesure divers éléments qui mènent à la résolution d’une histoire, un peu comme un roman policier où le détective découvre peu à peu les indices. Dès la seconde partie, j’ai été passionnée par le récit, mais surtout par le ton. Comme dans ses romans précédents, l’autrice fait passer un fort sentiment de nostalgie et une certaine tristesse qui envahit très vite le lecteur (quelqu’un sur Goodreads faisait remarquer qu’il était peut-être temps qu’elle change son style, mais pour moi, cela fonctionne très bien pour ce roman). Et j’ai adoré le retour de Vincent.

C’est le premier roman que je lis qui parle aussi clairement de la pandémie, et qui spécule sur un monde futur où elles seront courantes et où la population a l’habitude de vivre avec la maladie. On sent que l’autrice s’est inspiré de ce qu’elle vivait au moment de l’écriture et le roman est marqué par notre époque. J’ai lu ce roman en trois jours, dévorant plus d’une centaine pages en une fois (je lis plus lentement en anglais) et j’en suis sortie toute retournée (à tel point que j’ai beaucoup de mal à m’habituer au roman suivant et que quelques jours après l’avoir terminé, je monte sa cote de 4 à 5). Je ne suis pourtant pas amatrice de romans de science-fiction, mais j’adore les voyages dans le temps. Peut-être que je devrais ajouter à ma PAL les premiers romans d’Emily St. John Mandel…

Emily St. John Mandel, Sea of Tranquility, Knopf, 2022, 255p.

At the movies – 18 (2010s)

The Witch, Robert Eggers

Merci pour vos réponses lors de mon sondage dans l’épisode précédent. Je garde donc le découpage par décennies.

Senses, Ryusuke Hamaguchi (Japon, 2015) – 3/5: j’ai longtemps hésité pour la note de ce film. Il dure plus de cinq heures et c’est bien trop long. En même temps, ça laisse le temps à Ryusuke Hamaguchi de faire un portrait très fin de quatre amies de la fin de la trentaine, vivant à Kobé. L’une d’entre elle veut divorcer de son mari et c’est compliqué; les autres se posent des questions quant à leurs relations amoureuses. Ce qui est long, ce sont certaines scènes de discussions qui ne sont quasi pas coupées et où la caméra ne bouge pas forcément beaucoup. Mais j’ai aimé la sensibilité et les émotions des femmes; c’est un portrait très réaliste (et on se rend compte que le Japon a encore du boulot au niveau du droit des femmes). Comme les autres films d’Hamaguchi, les couleurs sont désaturées et les paysages essentiellement urbains. #theRyusukeHamaguchiFilmography

The Witch, Robert Eggers (2015) – 4/5: j’ai beaucoup de mal à parler de ce film que j’ai pourtant beaucoup aimé, alors qu’a priori je n’apprécie pas trop les films d’horreur. Mais il y a bien plus que de l’horreur, ici, et il ne faut pas réduire le film à ça. C’est une histoire de sorcière (Anna Taylor-Joy) dans l’Amérique des années 1630, dans une famille encore plus puritaine que les puritains du village qu’ils quittent. Il y a cette force du patriarcat et ce désir profond de s’en libérer, sauf qu’à cette époque c’est impossible. La reconstitution historique est précise jusque dans les moindres détails (maison, vêtements…). Quant aux couleurs, elles sont fades et passées, représentant l’hiver où tout est en hibernation. Il y a juste une touche de rouge: le manteau d’une sorcière, le sang qui coule. Il faut que je voie les autres films de Robert Eggers, c’est clair (c’est fait depuis, il n’y en a que trois en tout – voir ci-dessous et ici pour The Northman) !

The Lighthouse, Robert Eggers (2019) – 3/5: me voilà de retour avec un autre film de Robert Eggers mais… je me suis profondément ennuyée. L’histoire est celle d’un huis-clos, de deux hommes (Willem Dafoe et Robert Pattinson) sur une île isolée devant s’occuper d’un phare, à la fin du 19e siècle, quelque part entre thriller et film psychologique, avec de nombreuses scènes de beuverie. Visuellement par contre, c’est superbe, avec un noir et blanc très contrasté et dans un format presque carré. J’ai souvent pensé à la lumière des films des années 1930. Il y a de nombreuses références phalliques (évidemment, avec un phare) et mythologiques (les sirènes, les dieux grecs).

Hungry Hearts, Saverio Costanzo (Italie, 2014) – 2/5: s’il n’y avait pas eu Adam Driver dans ce film, je ne l’aurais sans doute jamais regardé. Il commence comme une comédie romantique: Jude rencontre Mina alors qu’ils sont enfermés dans les toilettes d’un restaurant. Ils se marient et ont un enfant. Et c’est là que ça bascule: Mina, par souci de « pureté », ne nourrit pas assez le petit (qui n’a pas de nom) et Jude s’en rend compte. Il tente d’agir, mais ça devient du grand n’importe quoi mélodramatique. Je regarde souvent combien de temps il reste avant la fin, et quand j’ai vu qu’il n’y avait plus que 15 minutes alors qu’on était loin d’une conclusion intéressante, j’ai compris que ce serait expéditif (et particulièrement WTF). A noter: les belles images de New York et Coney Island, et Adam Driver évidemment. #theAdamDriverFilmography

While We’re Young, Noah Baumbach (2014) – 4/5: un couple newyorkais de la quarantaine rencontre un couple de la vingtaine et est séduit par leur fraîcheur. C’est la base de l’histoire mais c’est plus complexe que ça, et c’est aussi très drôle de voir comment on devient vite un « vieux con ». Avec Ben Stiller et Naomi Watts d’un côté et Adam Driver et Amanda Seyfried de l’autre. Je me rends compte que j’aime vraiment les films de Noah Baumbach (comme quoi c’est parfois intéressant de voir tous les films d’un acteur) et son analyse de la vie quotidienne d’une certaine catégorie d’habitants de New York (que je qualifierais d’intellos arty). #theAdamDriverFilmography

Downton Abbey, Michael Engler (2019) – 3/5: un plaisant retour à Downton Abbey (j’ai vu toute la série) mais une histoire quand même un peu très limitée: le roi et la reine viennent à Downton Abbey et toute l’organisation du château est chamboulée par ça. Heureusement, il y a quelques histoires secondaires. J’aime toujours autant les discussions entre Lady Violet et Lady Merton.

Star Wars: Episode VII – The Force Awakens, J.J. Abrams (2015) – 3/5: je n’ai jamais été une grande fan de films de science-fiction, et même Star Wars, j’ai mis très longtemps à les regarder (au point que je le considérais comme un trou dans ma culture). J’ai vu les six premiers film en une fois, il y a sans doute une quinzaine d’années, et là, je reprends le fil. Le prétexte est mince: c’était le film suivant dans la filmographie d’Adam Driver. Est-ce que je me suis un peu ennuyée ? oui. Mais est-ce que j’ai regardé jusqu’au bout en me rappelant le premier film ? oui. A part ça, je n’ai pas vraiment plus à dire. #theAdamDriverFilmography

The rise and fall of D.O.D.O.

Neal Stephenson & Nicole Galland, The rise and fall of D.O.D.O.: Melisande Stokes travaille à Harvard dans le département de linguistique. Elle connaît de nombreuses langues anciennes et éveille l’intérêt de Tristan Lyons, qui est un officier dans une agence militaire secrète. Il lui propose de l’aider sur un projet ultra confidentiel, et elle accepte. Elle commence alors à traduire de nombreux documents en langues diverses qui offrent la preuve que la magie existait dans le passé mais qu’elle a disparu au moment de l’Exposition Universelle de Londres en 1851. Leur but sera donc de faire revivre la magie dans ce Département des Opérations Diachroniques, D.O.D.O. Cela impliquera une machine très particulière et une sorcière qui a bravé le temps, ainsi qu’une équipe grandissante de collaborateurs. Les voyages dans le passé deviennent possibles mais apportent leur lot de problèmes et d’aventures.

Parmi mes romans favoris de tous les temps, il y a le Cryptonomicon de Neal Stephenson, et même si je n’ai jamais réussi à terminer le premier tome du Baroque Cycle, je reste attirée par ses romans. Celui-ci n’a pas la meilleure cote sur Goodreads et j’ai longtemps reporté sa lecture, aussi parce que c’est un pavé. Les débuts sont virevoltants, l’histoire avance à chaque page, les allusions à la pop culture sont nombreuses, les voyages dans le temps sont extrêmement bien décrits au niveau historique, et puis arrive un long ventre mou. Des pages et des pages de écrites sous le mode de rapports officiels qui sont assez ennuyeux à lire, même s’ils font quand même avancer un peu le récit. En tant que lectrice, j’aurais préféré d’autres voyages, d’autres descriptions du passé, mais les auteurs ont décidé d’insister sur le temps présent, et c’est bien dommage. Les cent dernières pages reprennent heureusement le rythme effréné du début (impliquant notamment une bande de Vikings lâchés dans un Walmart), mais le roman reste trop long. Une demi-déception donc. Une seconde partie devrait sortir cet hiver, mais elle est écrite uniquement par Nicole Galland. Je ne suis pas sûre que je vais me jeter dessus même si la première partie se termine par de nombreuses questions.

Le problème à trois corps

Liu Cixin, Le problème à trois corps: a priori, je n’aime pas la science-fiction. Et pourtant j’ai été tentée par ce roman à la suite du billet d’Ingannmic, avec qui je m’entends souvent au niveau des lectures. Une mise en garde: ne lisez pas la quatrième de couverture, ou même le résumé sur Goodreads: cela raconte des choses qui arrivent à la moitié du roman. Le livre commence avec l’exécution publique du père de Ye Wenjie, éminent scientifique, par les Gardes Rouges en pleine Révolution Culturelle. Sa fille est bannie et envoyée en rééducation puis invitée à travailler dans une base scientifique où se trame le mystérieux projet Côte Rouge, sachant qu’elle n’en sortira jamais. Ce projet envoie des ondes radio dans l’espace, espérant une réponse. La suite du roman se passe aujourd’hui et suit Wang Miao, spécialiste en nanotechnologies. Celui-ci vit des choses bizarres et inexplicables. Ceci n’est que le début d’une histoire très fouillée, notamment au niveau scientifique.

Je ne sais pas trop quoi penser de ce roman: d’un côté, j’ai beaucoup apprécié l’ancrage dans la réalité des années 60 et d’aujourd’hui mais d’un autre, j’ai été perdue par les renseignements scientifiques. Je n’ai jamais vraiment accroché à ces matières et je connais peu sur le sujet. Certains passages m’ont semblé longs et pourtant j’ai continué ma lecture, happée par le récit – ceci explique ma cote de 3 étoiles. Il s’agit d’un roman complexe, aux multiples facettes, qui m’a fait penser quelque part à du Neil Stephenson dans le Cryptonomicon (qui est un roman que j’ai adoré). Est-ce que je lirai la suite ? Je ne sais pas encore…

Station Eleven

41pjgnn6lvl-_sx210__zpspo7egd5dEmily St. John Mandel, Station Eleven: dans un futur très proche, le monde a été décimé par la grippe de Géorgie, 90% de la population a péri à cause de cette maladie foudroyante. Le roman suit une troupe de survivants qui, vingt ans plus tard, parcourent les routes d’Amérique du Nord et s’arrêtent dans les communautés pour jouer des pièces de Shakespeare ou interpréter de la musique classique. En parallèle, il donne la parole à des personnages du passé qui racontent leur vie, notamment cet acteur connu qui décède sur scène la veille de l’arrivée du virus. Au fil des pages, des liens se créent, une toile se tisse, une bande-dessinée prend un rôle important. Un roman post-apocalyptique, oui, mais qui ne s’attarde pas trop sur la survie et la violence (qui a bien eu lieu, mais le récit ne parle quasi pas des vingt années les plus difficiles, préférant raconter un moment où la vie a repris son cours de manière relativement pacifique), mais plutôt sur les personnes, leurs sentiments et leur passé. J’ai été happée, ayant du mal à reposer le livre avant qu’il ne soit terminé (et j’étais en voyage, avec moins d’occasions pour lire).

Book_RATING-40

The windup girl

Paolo Bacigalupi, The windup girl: après avoir adoré Siam de Lily Tuck, je n’étais pas prête à quitter Bangkok ! Conseillé par Sara (qui en est la traductrice) avant mon départ en Thaïlande, j’ai retrouvé dans ce livre des ambiances, des senteurs, des impressions qui m’étaient familières. Et pourtant, l’histoire se passe dans le futur, un futur dans lequel le monde a été ravagé par le réchauffement climatique, par des épidémies créées par les grandes multinationales productrices de semences génétiquement modifiées; le pétrole n’existe plus, le charbon est très rare. Pas de technologies avancées, juste de l’énergie issue de la force de l’homme ou de mégodonts, un genre d’éléphant monstrueux, des nouvelles créatures comme les filles automates de conception japonaise mais un retour aux grands clippers utilisant l’énergie éolienne. Dans ce monde nouveau, le roman suit quelques personnages, un entrepreneur américain, un employé du ministère très zélé, un immigrant illégal anciennement très riche et une fille automate. Leurs histoires s’entrecroisent dans un Bangkok en déliquescence mais toujours reconnaissable par les ambiances. Les marchés aux nombreuses échoppes de nourriture existent toujours tandis que les grands buildings pourrissent, croulant sous la végétation qui reprend ses droits. Par moments, j’ai pensé à Blade Runner, la technologie en moins. Encore un roman que je recommande chaudement et je mettrai bien vite les nouveaux écrit de Bacigulapi sur ma PAL !

Nettoyage de la PAL (épisode 2)

Deuxième épisode pour me consacrer à la SF, au polar et apparentés. Les candidats à la suppression – ou pas (en fait, je sais déjà que je vais en garder beaucoup – du coup, je mets en gras ceux pour lesquels je doute le plus):

  • James Lee Burke, Sunset limited
  • James Lee Burke, Heartwood
  • James Lee Burke, Le bagnard
  • Philip K. Dick, Le maître du Haut Château
  • Elizabeth Hand, L’ensorceleuse
  • Robert Harris, Fatherland
  • Philip Roth, Le complot contre l’Amérique
  • H.G. Wells, La guerre des mondes

Tant que j’y suis, je rajoute des achats plus récents pour lesquels j’aimerais bien avoir un avis:

  • Clive Barker, Coldheart canyon
  • Stéphane Beauverger, Le déchronologue
  • Caleb Carr, L’aliéniste
  • Neil Stephenson, Quicksilver
  • Neil Stephenson, Anathem

Et puis je sais que ce n’est pas le but, mais je suis toujours candidate pour recevoir des conseils sur des uchronies.