Short diary of the week (450)

Lundi: un début de matinée paresseux avant de partir à la première vision de presse de la semaine, y retrouver ma collègue, Fire of Love (Sara Dosa, 2022), retourner au bureau après est toujours un peu difficile, avancer dans la résolution d’un problème, plus de trams suite à un accident qui vient de survenir et voir arriver ambulances et voitures de police, faire le bout à pied jusqu’au métro du coup, ce qui me fait une heure de trajet en tout, un fou sur le quai du métro, une famille envahissante dans la rame – bref tout ce qu’il faut pour me mettre de mauvais poil, mais en rentrant mon voisin m’annonce que ma voiture est réparée, un voisin comme ça c’est précieux, préparer un plat pour les midis qui viennent mais aller trop vite et mettre trop de sel (le mauvais côté du flacon s’est ouvert sans que je ne m’en rende compte), j’espère que ce sera mangeable malgré tout, un autre documentaire sur le même thème que celui de ce matin: Maurice et Katia Krafft – Au rythme de la terre (Maryse Bergonzat, France, 1995)

Mardi: ah mais non voilà un torticolis, mettre en ligne mon article pour demain en attendant de partir pour la seconde vision de presse, autre cinéma avec un autre film – anglais cette fois-ci, pleurer comme une madeleine, le retour au bureau, la réunion d’équipe (20 minutes de réunion, 40 minutes de conversations avec pas mal d’ânes dedans), m’écrouler une fois rentrée, heureusement un dafalgan me fait du bien, un court documentaire sur le même dvd qu’hier: Regarder le feu en face (Isy Morgensztern, France, 1995), aller dormir tôt en espérant me sentir mieux demain

Mercredi: une très mauvaise nuit, la troisième vision de presse, pleurer de rire, le retour au bureau, le repas entre collègues au jardin, tenter de régler le problème de la semaine (suite), rassembler mes affaires pour mes deux jours de télétravail, lire au jardin et me voir attaquée par les moustiques

Jeudi: ça va mieux aujourd’hui après une bonne nuit même si j’ai encore quelques raideurs dans le cou, écrire un texte, chercher des idées pour d’autres, et puis à nouveau cette voiture qui ne démarre plus (j’en ai marre), mais d’abord une séance de sport, redémarrer la voiture grâce aux câbles du gentil voisin et faire de l’autoroute pour la recharger un minimum, c’était donc la faute de ce foutu plafonnier que je cogne parfois sans m’en rendre compte, plus envie de rien après tout ça, et beaucoup de frustrations et d’énervement parce que je voulais passer une fin d’après-midi calme (et continuer mon roman), Tokyo Vice

Vendredi: et en plus de tout ça une très mauvaise nuit – mon cerveau n’a jamais trouvé le bouton off, écouter des disques sur Bandcamp pour un futur article collectif, la frustration au supermarché à cause du selfscanning qui a complètement déconné (je crois que la vieille dame avant moi n’a pas fait ce qu’il fallait et ça a mélangé nos deux comptes), une première commande de vêtements en soldes (et j’ai repéré aussi des chaussures – il y a cette éternelle recherche des sandales idéales pour voyager !), terminer le roman en cours et choisir le suivant (c’est l’époque des pavés de l’été), le début d’un film, je crois que je suis accro à pédantix et pedantle (et j’aime en discuter avec une amie qui aime tout autant trouver ces pages wikipedia cachées)

Samedi: une journée sans surprises ce serait parfait – ou alors juste de bonnes surprises, traîner dans le canapé, de la couture, du rangement, tailler un buisson et traquer du liseron, m’installer au jardin avec ma pile de livres, m’interrompre un moment pour préparer un shrub de nectarines et menthe basilic, changer de fauteuil à mi-parcours pour m’installer sur la terrasse, regarder la finale de The Great British Sewing Bee, et donc une journée sans surprises

Dimanche: traîner dans le canapé, terminer la robe en cours, attacher les tomates (et repérer les premières qui se forment), lire au jardin, préparer à manger, la suite du film (mais pas encore la fin)

(J’aurais bien publié ce short diary plus tôt mais une panne internet au bureau m’en a empêchée.)

At the movies – 24 (2000s)

De Zaak Alzheimer – Jan Decleir et Anvers

Ce billet a mis un certain temps à se compléter, je l’ai commencé quelque part en novembre ou décembre (avec des notices très courtes) ! Il complète les filmographies de Mike Mills et Ryusuke Hamaguchi.

3:10 to Yuma, James Mangold (2007) – 3/5: un remake du western de 1957 mais plus sombre, plus axé sur l’appât du gain. Malgré son jeu très détaché, je n’ai pas aimé Russell Crowe, et pas trop non plus Christian Bale. La musique de Marco Beltrami est très bien par contre.

The Matrix Reloaded, The Wachowskis (2003) – 3/5: l’effet de surprise est un peu retombé, et les histoires dans la matrice sont moins intéressantes à mon avis. Il y a aussi pas mal de remplissage, notamment avec la gigantesque rave-party du début. Une chose qui m’a marquée: la diversité des figurants et même des acteurs. #theKeanuReevesFilmography

The Matrix Revolutions, The Wachowskis (2003) – 3/5: trop d’effets spéciaux tuent les effets spéciaux. C’était pas mal mais sans plus, et il a trop de scènes sans Keanu Reeves. #theKeanuReevesFilmography

Thumbsucker, Mike Mills (2005) – 3/5: le premier film de Mike Mills (dont je compte voir toute la filmographie, ce qui fait quatre films en tout – c’est fait depuis). Justin, un adolescent très réservé de 17 ans, vit avec sa famille dans l’Oregon (sa mère est jouée par Tilda Swinton). Il suce toujours son pouce et n’arrive pas à ce débarrasser de cette habitude. Au cours du film, il va explorer diverses solutions (dont une qui tourne mal proposée par son orthodontiste joué par Keanu Reeves) pour finalement grandir et trouver sa voie. Un film sur un ado, mais aussi sur des parents largués, encore un peu enfants eux-mêmes. Plaisant mais pas un chef-d’œuvre. #theMikeMillsFilmography #theKeanuReevesFilmography

Passion, Ryusuke Hamaguchi (Japon, 2008) – 2/5: film de fin d’études du réalisateur et ça se sent. Tous les éléments de ses futures productions sont en place – les longues discussions entre protagonistes, les plans fixes, les vues d’immeubles et d’autoroutes qui ne permettent pas de reconnaître la ville, les couleurs délavées – mais je me suis perdue dans cette histoire d’hommes et femmes du début de la trentaine. Qui sort finalement avec qui ? ça change à tout moment dans le film. #theRyusukeHamaguchiFilmography

De zaak Alzheimer, Erik Van Looy (Belgique, 2003) – 4/5: il est étonnant que je n’avais pas vu ce film plus tôt, et c’est finalement la sortie future d’un (mauvais) remake américain qui m’a poussée à la voir. C’est un thriller policier, avec un tueur (Jan Decleir) qui perd tout doucement la mémoire, et plein de liens dans le milieu de la politique, des grandes entreprises et de la justice. Deux flics (un des deux est Koen De Bouw) sont sur sa trace. On est en 1995 – l’année où Julie et Mélissa ont été retrouvées mortes – et le film met le doigt sur tout ce qui ne va pas dans la police et l’état (en particulier police et gendarmerie qui se mettent des bâtons dans les roues). C’est cru et violent, avec quelques moments très drôles si on connaît le contexte belge. A noter: la technologie de 1995 (quasi pas de téléphones portables, les ordis aux écrans cathodiques, les voitures de l’époque – il y a une Golf de la gendarmerie), les vues d’Anvers, l’anversois. J’ai adoré !

Into the Wild, Sean Penn (2007) – 2/5: ce film m’a dérangée, pas au niveau de la réalisation mais bien à cause du personnage principal que j’ai trouvé imbuvable. Il s’agit de l’histoire vraie de Christopher McCandless, étudiant idéaliste qui prend la route pour finalement se perdre en Alaska. C’est son idéalisme et sa naïveté extrêmes qui m’ont dérangée, parce que c’est plutôt de l’inconscience totale de partir avec si peu de préparation en Alaska(c’est là qu’on voit que je peux être assez rigide dans certaines situations, ou que je pense trop à tout ce qui pourrait arriver à l’avance plutôt que de me lancer). Tout le monde a encensé ce film à l’époque, y compris pour les chansons d’Eddie Vedder mais même celles-ci ne m’ont rien fait. J’en ai discuté depuis avec des collègues qui sont tout à fait d’accord avec moi – bref un film qui a vieilli. A part ça, c’est un beau voyage parmi les paysages sauvages des Etats-Unis.

Bilan culturel – juin 2022

Romans

  • Britt Bennett, L’autre moitié de soi – 4/5
  • Emily St. John Mandel, Sea of Tranquility – 5/5
  • Lance Weller, Wilderness – 4/5
  • Cho Nam-joo, Kim Jiyoung, née en 1982 – 3/5
  • Yoshida Atsuhiro, Bonne nuit Tôkyô – 3/5
  • Elizabeth Strout, Olive Kitteridge – 3/5
  • Craig Johnson, A vol d’oiseau – 4/5

Non-fiction

  • Naomi Duguid, Taste of Persia: A Cook’s Travels Through Armenia, Azerbaijan, Georgia, Iran, and Kurdistan – 4/5
  • America n°12 – 4/5

Films

  • Tarzan and his Mate (Cedric Gibbons, 1934) – 2/5
  • Dracula (Francis Ford Coppola, 1992) – 3/5
  • Twentieth Century (Howard Hawks, 1934) – 1/5
  • The Black Cat (Edgar G. Ulmer, 1934) – 3/5
  • The Thin Man (W.S. Van Dyke, 1934) – 3/5
  • Chisum (Andrew V. McLaglen, 1970) – 4/5
  • Midnight Special (Jeff Nichols, 2016) – 2/5
  • Of Human Bondage (John Cromwell, 1934) – 3/5
  • Mothering Sunday (Eva Husson, 2021) – 3/5
  • Cleopatra (Cecil B. DeMille, 1934) – 3/5
  • Into the Wild (Sean Penn, 2007) – 2/5
  • The Last Bus (Gillies MacKinnon, Royaume-Uni, 2021) – 2/5 (sortie au cinéma le 06/07 en Belgique)
  • Everything Everywhere All at Once (Daniel Kwan & Daniel Scheinert, 2022) – 3/5 (sortie au cinéma le 20/07 en Belgique)

Documentaires

  • Fire of Love (Sara Dosa, 2022) – 5/5 (sortie au cinéma le 06/07 en Belgique)
  • Maurice et Katia Krafft – Au rythme de la terre (Maryse Bergonzat, France, 1995) – 3/5
  • Regarder le feu en face (Isy Morgensztern, France, 1995) – 3/5

Couture

  • « The Stylish Aloha dress » (d’après le nom du tissu Sevenberry), une robe Butterick B5032 que j’avais déjà cousue plusieurs fois (c’étaient mes robes préférées) mais que j’ai dû agrandir.

Wilderness

Lance Weller, Wilderness: avant de plonger dans le coeur de l’histoire, un premier chapitre présente une vieille dame aveugle dont les pensées oscillent entre présent et passé. Il neige et cela lui rappelle comment elle a été sauvée du blizzard. Elle repense à Abel Truman, son « deuxième père », et la suite du roman raconte son histoire, mais aussi celle de plusieurs personnages qui ont croisé son chemin. Abel vit dans une cabane au bord du Pacifique, dans le nord-ouest. Il décide de partir avec son chien pour réaliser un dernier voyage. Il est hanté par son passé; il a en effet combattu pendant la guerre de Sécession, du côté des Sudistes. Les chapitres alternent le récit du voyage avec les scènes de guerre, et tout particulièrement la bataille de Wilderness.

La violence est partout: dans la guerre, évidemment, qui est décrite dans ses moindres détails, de manière très cinématographique, mais aussi dans les rencontres que fait Abel lors de son voyages – il se fait dérober son chien et part à la poursuite des voleurs qui sont des hommes particulièrement agressifs. J’ai eu beaucoup de mal à entrer dans le roman (la faute au précédent, Sea of Tranquility), et je n’ai jamais beaucoup apprécié les histoires de guerre de Sécession, mais je dois bien avouer que j’ai été prise par l’intensité de l’écriture, tout particulièrement lors de la description de la bataille de Wilderness. Lance Weller a écrit un roman qui conte l’Amérique sauvage, sauvage dans sa nature mais aussi dans les relations humaines, et dans cette coupure qu’a causé la guerre. C’est un roman fort, et je lirai avec plaisir d’autres livres du même auteur.

Lance Weller, Wilderness, Gallmeister, 2013 (en vo, 2012) (traduction François Happe)

Short diary of the week (449)

Lundi: une nuit exécrable – ça faisait longtemps que je n’avais plus eu de si mauvaise, télétravail pour cause de grève, une journée de travail pour le jardinier qui vient installer la nouvelle porte de jardin (le monde est petit: c’est un ami d’un ami), écrire cette critique de film – chose qui m’a angoissée plus que la normale – la perte d’habitude ?, au moins je sais maintenant que je pourrai continuer ça cet été, une séance de stretching au parc, de la lecture mais tomber de fatigue, ça aura pris une longue journée mais la porte est superbe, Tokyo Vice

Mardi: des conversations, des envies de films à regarder (est-ce que trois visions de presse de suite la semaine prochaine ce n’est pas trop ? sauf que je n’écrirais que sur un film), de l’organisation d’agenda, passer chercher ma commande de livre sur le chemin du retour, payer toutes les factures (c’est un hasard qu’il y en ait autant en une fois), Cleopatra (Cecil B. DeMille, 1934)

Mercredi: c’est dur de me lever ce matin, et je mets du temps à me réveiller, mettre la page d’accueil à jour (après avoir râlé sur la lenteur du système), corriger un problème, tenter de régler un autre truc, une discussion intéressante par rapport un document à remplir dans le cadre de la restructuration, refaire mon agenda en y incluant les textes à écrire, tenter de partir plus tôt mais être interrompue par diverses choses, un immense coup de pompe, terminer le roman en cours et tenter de trouver la lecture suivante

Jeudi: écrire une série de mini-textes pour la semaine prochaine, tondre la pelouse puis m’installer à l’ombre avec mon bouquin, l’abandonner et passer au suivant, profiter du beau temps et des longues soirées de cette période

Vendredi: retour en Chine, réceptionner et déballer ce colis de produits de beauté, un rendez-vous plutôt animé (dans le bon sens), et hop un beau mal de tête – ça faisait très longtemps, ne plus faire grand-chose en cette fin d’après-midi (heureusement un Dafalgan me sauve), The Great British Sewing Bee (j’ai versé une larme et ce n’était même pas la finale), Garden Rescue

Samedi: c’est rare que je bouge autant la nuit – la couette s’est retrouvée de l’autre côté du lit, traîner dans le canapé, et donc la voiture ne démarre pas, heureusement mon voisin partait juste et a pu me conduire à mon rendez-vous, une échographie de la thyroïde donc – tout va bien (il y a un nodule mais bénin – c’est un peu comme les kystes sur mes seins), rentrer à pied (ce n’était qu’à une vingtaine de minutes de la maison), bref je suis en parfaite santé, voir que la pluie est repoussée à la fin de l’après-midi et me lancer dans la taille de la haie – la plus compliquée des deux, une belle fatigue après cet effort physique, de la lecture, commencer un film dont le héros m’énerve

Dimanche: faire le test de l’échantillon de poudre protéinée – heureusement que c’est au cacao mais j’ai une impression de manque de concret, par contre je me sens rassasiée, j’ai vraiment du mal avec tout ce qui est substitut et produit transformé (même bio et cie), traîner dans le canapé, et puis bam – une faim pas possible qui me pousse à prendre un second petit déjeuner – ce qui n’était vraiment pas le but, de la couture, verdict: il faut à nouveau changer la batterie de la voiture (oui, encore), montrer mon jardin à la fille des voisins d’en face (et à son mari), de la lecture entrecoupée d’une sieste et d’une intense réflexion à propos d’un voyage futur (mais ça n’a mené à rien), préparer un plat indien, la suite et la fin du film: Into the Wild (Sean Penn, 2007)

Sea of Tranquility

Emily St. John Mandel, Sea of Tranquility: en lisant la première partie de ce roman, on se demande un peu ce que veut raconter Emily St. John Mandel: en 1912, Edwin St. Andrew, arrive au Canada où il a été envoyé par ses parents, comme fils cadet qui n’héritera pas de la propriété familiale située en Angleterre. Il continue son voyage jusqu’à l’île de Vancouver, avec de nombreux arrêts en cours de route, se laissant vivre et buvant beaucoup. Sur l’île, il a un malaise dans la forêt, au pied d’un érable. L’histoire fait ensuite plusieurs sauts dans le temps, ce qui nous permet de retrouver Vincent (The Glass Hotel) et Mirella, puis elle nous présente Olive Llellewyn, autrice qui fait une tournée pour présenter son roman, et enfin Gaspery-Jacques Roberts qui vit dans une des colonies sur la lune, au 25e siècle.

Emily St. John Mandel propose une histoire qui mêle passé et futur, avec voyage dans le temps, dans une construction en miroir, dévoilant au fur et à mesure divers éléments qui mènent à la résolution d’une histoire, un peu comme un roman policier où le détective découvre peu à peu les indices. Dès la seconde partie, j’ai été passionnée par le récit, mais surtout par le ton. Comme dans ses romans précédents, l’autrice fait passer un fort sentiment de nostalgie et une certaine tristesse qui envahit très vite le lecteur (quelqu’un sur Goodreads faisait remarquer qu’il était peut-être temps qu’elle change son style, mais pour moi, cela fonctionne très bien pour ce roman). Et j’ai adoré le retour de Vincent.

C’est le premier roman que je lis qui parle aussi clairement de la pandémie, et qui spécule sur un monde futur où elles seront courantes et où la population a l’habitude de vivre avec la maladie. On sent que l’autrice s’est inspiré de ce qu’elle vivait au moment de l’écriture et le roman est marqué par notre époque. J’ai lu ce roman en trois jours, dévorant plus d’une centaine pages en une fois (je lis plus lentement en anglais) et j’en suis sortie toute retournée (à tel point que j’ai beaucoup de mal à m’habituer au roman suivant et que quelques jours après l’avoir terminé, je monte sa cote de 4 à 5). Je ne suis pourtant pas amatrice de romans de science-fiction, mais j’adore les voyages dans le temps. Peut-être que je devrais ajouter à ma PAL les premiers romans d’Emily St. John Mandel…

Emily St. John Mandel, Sea of Tranquility, Knopf, 2022, 255p.

At the movies – 23 (1930s)

Myrna Loy, William Powell, William H. O’Brien (à l’arrière) et Maureen O’Sullivan dans The Thin Man (wikicommons)

Viva Villa !, Jack Conway (1934) – 2/5: je me doutais bien en lisant le titre de ce film qu’il y avait des chances que ça se passe au Mexique, et en effet, c’est l’histoire – romancée – du bandit devenu général de l’armée Pancho Villa. Il est interprété par un Américain, Wallace Beery, comme tous les rôles importants du film (il y a aussi Fay Wray). L’histoire ne m’a donc pas passionnée (comme tous les films du genre – c’est juste moi qui n’aime pas trop les films qui parlent des troubles au Mexique de cette époque) mais c’est tourné sur place, dans les campagnes et les villes et c’est une bouffée d’air frais.

Tarzan and his Mate, Cedric Gibbons (1934) – 2/5: j’ai hésité à regarder ce film après la catastrophe raciste et violente qu’est le premier. Celui-ci n’est pas plus modéré au niveau du racisme (les porteurs sont menés au fouet) mais il y a moins de massacres gratuits d’animaux. On y retrouve donc Tarzan (Johnny Weissmuller qui n’est pas devenu un meilleur acteur depuis), qui vit maintenant avec Jane (Maureen O’Sullivan) dans un nid de marsupilami (pardon) et une expédition de deux Blancs avides d’ivoire – expédition qui se passe mal évidemment (il y a même un certain suspense). La MGM en profite pour montrer tout son zoo, parfois avec quelques effets spéciaux dans les combats entre homme et crocodile / lion / rhinocéros. Mais le film est à noter surtout pour le fait que Maureen O’Sullivan est particulièrement dénudée (voire tout à fait) et qu’on entrevoit un sein ou un poil pubien (paraît-il, je n’ai pas repéré cette scène). Le ballet aquatique des deux héros sous l’eau est particulièrement impressionnant (on voit que le studio a investi dans des immenses piscines !). En gros, je me suis ennuyée mais pas tout le temps.

Twentieth Century, Howard Hawks (1934) – 1/5: Mildred Plotka (Carole Lombard), totalement inconnue, est engagée par Oscar Jaffe (John Barrymore), créateur de pièces de théâtre à Broadway. L’homme est assez impossible mais les pièces avec Mildred, maintenant nommée Lily Garland, sont un succès. Mais comme elle ne le supporte plus, elle le quitte pour Hollywood. Ils se retrouvent quelques années plus tard dans un train, le Twentieth Century Limited. Je n’ai pas supporté le personnage principal et Carole Lombard ne m’a absolument pas séduite. Je me suis ennuyée pendant 1h30 devant les scènes de dialogue dans les mêmes décors en intérieur, et le slapstick ne m’a pas distraite. Bref, je suis complètement passée à côté de ce film.

The Black Cat, Edgar G. Ulmer (1934) – 3/5: le premier des huit films réunissant Boris Karloff et Bela Lugosi. C’est un film d’horreur se déroulant quelque part en Hongrie, dans une maison hyper-moderne qui abrite des caves où se déroule un culte sataniste. C’est très court, un peu plus d’une heure, mais c’est très prenant et le réalisateur réussit à créer des ambiances qui font peur, avec des jeux d’ombres et lumières et ce chat noir qui se ballade partout. La musique est envahissante par contre, occupant 80% du film. A noter: le train, le chat et les décors quasi futuristes et très minimalistes.

The Thin Man, W.S. Van Dyke (1934) – 3/5: une histoire de meurtre avec plein d’éléments de comédie, adaptée d’un roman de Dashiell Hammett. On y rencontre le couple Nick et Nora (William Powell et Myrna Loy). Nick est un ancien détective qui vit maintenant dans les hautes sphères de la société grâce à la fortune dont dispose Nora. Entre deux cocktails (et il y en a beaucoup – des martini essentiellement), il aide la police à démêler les fils d’un crime. Je n’ai pas trop compris le dénouement de l’affaire, ça va beaucoup trop vite (William Powell a lui même eu du mal à retenir tout son texte) mais le film est prenant et agréable à regarder. A noter que le nom « Nick and Nora glass » pour les verres de cocktails est inspiré de ce film et a été donné dans les années 1980 par le barman Dale DeGroff (même s’ils désignent aujourd’hui des verres un peu plus grands que dans le film). Et il y a donc une scène de bar. Et un chien, Asta, un fox terrier qui a eu une belle carrière à Hollywood.

Of Human Bondage, John Cromwell (1934) – 3/5: basé sur un roman de Somerset Maugham, ce film raconte l’histoire de Philip (Leslie Howard), étudiant en médecine, qui tombe fou amoureux de Mildred (tiens, encore une Mildred) (Bette Davis), serveuse dans un restaurant, alors que celle-ci profite de lui et se moque de lui. C’est un film intéressant sur les relations humaines et l’obsession amoureuse. Bette Davis est vraiment intéressante dans son rôle et crève l’écran face au jeu très en retrait de Howard (que je ne connaissais que de Gone With the Wind).

Cleopatra, Cecil B. DeMille (1934) – 3/5: aaaah les péplums de Cecil B. DeMille, avec cet exotisme orientalisant, ses décors magnifiques inspirés par l’art déco, ses robes superbes. Claudette Colbert vole la vedette face aux acteurs qui jouent César et Marc Antoine. DeMille propose un film très sensuel, juste au moment où le Code Hays est entré en vigueur. Par la suite, il ne pourrait plus montrer ces corps quasi dénudés. J’ai beaucoup aimé, mais il faut bien avouer que les scènes de bataille à la fin sont du grand n’importe quoi qui ne tient pas la route.

L’autre moitié de soi

Brit Bennett, L’autre moitié de soi: Stella et Desiree Vignes sont jumelles; elles vivent à Mallard, petite localité du sud des Etats-Unis habitée par des Afro-Américains qui ont toujours cherché à avoir la peau la plus claire possible en se mariant en fonction de cette idée. Les deux filles fuguent et se retrouvent à la Nouvelle-Orléans où elles reprennent le cours de leur vie jusqu’à ce que Stella disparaisse. Quelques années plus tard, Desiree revient à Mallard, chez sa mère, elle-même maman d’une petite fille à la peau noire comme l’ébène, fuyant son mari violent. Le roman passe alors à Stella, qui se fait passer une Blanche et qui vit dans le luxe à Los Angeles. Britt Bennett mêle les points de vue et les temporalités, mettant en scène Desiree, Stella, mais aussi leurs filles respectives qui tentent de démêler le cours de l’histoire et les mensonges ou omissions de leurs mères. Parce que prendre la place d’une Blanche dans les Etats-Unis des années 1960 n’est pas évident, et Stella a une peur bleue d’être démasquée. Elle s’est enfermée dans une carapace et a changé sa personnalité, devenant une femme dure et constamment sur ses gardes; seules les apparences comptent encore.

Ce roman a traîné longtemps sur ma PAL, je n’étais pas trop tentée et puis je me suis un peu forcée. J’ai été happée par l’histoire, surtout à partir du moment où Jude, la fille de Desiree entre en scène, menant sa vie à Los Angeles avec Reese, un personnage très attachant. Par la suite, j’ai eu l’impression que le roman perdait un peu en intensité, mais il reste très intéressant dans son questionnement de l’identité et de l’image de soi. J’espère que je trouverai encore d’autres perles dans ma PAL la plus ancienne (datant de 2020, donc ce n’est pas si ancien que ça en fait); l’idée serait de la terminer pour la fin de l’année mais elle est encore bien fournie (peut-être que je supprimerai quelques livres en cours de route, j’hésite à lire les Liane Moriarty par exemple).

Brit Bennett, L’autre moitié de soi, Autrement, 2020, 480p. – traduction par Karine Lalechère (The Vanishing Half)

Short diary of the week (448)

Lundi: me réveiller en sursaut et paniquée parce que je me sentais enfermée dans un lieu minuscule (un rêve récurrent), le magnésium tous le jours je ne pense pas que c’est pour moi, hésiter sur les vêtements à porter aujourd’hui et finalement sortir sans être satisfaite, discuter un moment avec mon chef – ce qui est toujours agréable (qu’est-ce que ça change du chef précédent !), du tri de cd, partir un peu plus tôt pour acheter du ruban (du croquet serpentine donc) rouge à la grande mercerie du centre ville (une vraie caverne d’Ali Baba), fuir le Décathlon: à chaque fois que je rentre dans ce magasin je fuis de suite à cause de l’ambiance sans rien acheter, les restes d’hier comme repas, Of Human Bondage (John Cromwell, 1934)

Mardi: me réveiller tôt, arriver tôt au travail, une réunion qui part un peu dans tous les sens et qui ne me donne pas la réponse que j’attendais, obtenir des précisions quant à cette réponse, une conversation à propos de la nutrition, écrire un court texte, une commande commune de bières et de rhums, Gentleman Jack

Mercredi: la course du matin qui me laisse un peu K.O., toujours ces effets néfastes du magnésium (et pourtant j’ai arrêté), mon bureau qui est bouillant de la chaleur du matin et que je dois aérer un long moment pour le rafraîchir un minimum, du tri de cd, des conversations, le partage de la commande d’hier, rentrer un peu plus tôt pour lire au jardin, hésiter beaucoup pour le repas du soir, encore de la lecture

Jeudi: me réveiller fatiguée alors que j’ai bien dormi, écrire un texte, encore une AG, le film en vision de presse à la maison, de la lecture, des ramens, encore de la lecture

Vendredi: les trucs à mettre en ligne, les textes à écrire, la séance de sport au parc (qui se passe mieux que la première), de la lecture, terminer le roman en cours, terminer la lecture du livre de cuisine en cours, il y a des invités chez la voisine et comme souvent il y a un mâle dominant qui parle fort et sait tout sur le monde qui nous entoure, voir la nuit qui tombe tout doucement

Samedi: me dépêcher, aller à mon rendez-vous médical sauf qu’il n’a pas été enregistré, bref c’est reporté à la semaine prochaine (heureusement que c’était à cinq minutes de chez moi et pas super urgent), de la couture, préparer l’une ou l’autre marinade, commander 2-3 crèmes solaires et autres produits coréens, de la lecture au jardin, sentir mon corps s’habituer progressivement à la chaleur, un barbecue, profiter encore du jardin en continuant ma lecture

Dimanche: il fait plus frais et il pleut, mais sans orage pour me faire peur, de la couture, de la lecture entrecoupée d’une sieste, The Great British Sewing Bee, Garden Rescue

L’attaque du Calcutta Darjeeling

Abir Mukherjee, L’attaque du Calcutta Darjeeling: le capitaine Sam Wyndham débarque à Calcutta en 1919. Sa vie est en miettes: il a perdu sa femme et a été traumatisé par la guerre. Dès son arrivée, il doit enquêter sur le meurtre d’un haut fonctionnaire dans une rue mal famée, au pied d’un bordel. Assisté du sergent Banerjee, un policier local qui connaît les us et coutumes du pays, il tente de défaire les fils de l’histoire, se plongeant dans le monde de l’administration coloniale et dans celui des Indiens revendiquant leur indépendance. Il fait chaud et poisseux, et les gins tonic ne suffisent pas pour se dépêtrer de cette situation compliquée.

Je m’étais dit que je ne commencerais pas de nouvelle série de romans policiers mais le sujet était bien trop tentant (et les divers commentaires sur les blogs aussi – les avis de Keisha, d’Athalie et de Kathel). J’adore les histoires qui se passent dans les colonies, que ce soit l’Inde ou l’Indochine. Le fait qu’ici, ce soit écrit par un auteur indien (vivant en Grande-Bretagne) apporte un plus: on ne l’accusera pas de racisme (contrairement à l’époque qui l’était complètement et les personnages anglais s’en donnent à coeur joie). L’enquête, assez classique, met du temps à se dérouler – en nombre de pages, pas en nombre de jours, mais ce rythme lent permet de décrire la société de l’époque dans tous ses détails. Le titre en français renvoie à un incident qui, s’il est lié à l’enquête principale, n’est pas au coeur du récit – ce qui est un peu dommage – mais le titre anglais, A Rising Man, n’était sans doute pas très traduisible ni vendeur. Bref, j’ai beaucoup aimé, et ça me fait donc une série de plus à continuer !

Abir Mukherjee, L’attaque du Calcutta Darjeeling, Folio, 2020 (première édition en vo en 2016)