Komodo

David Vann, Komodo: Tracy délaisse ses deux enfants en bas âge et son mari pour prendre des vacances bien méritées. Accompagnée de sa mère, elle rejoint son frère Roy sur l’île de Komodo en Indonésie pour y faire de la plongée. Ce dernier s’est éloigné de sa famille et vit une vie assez chaotique depuis son divorce, tentant de gagner de l’argent en tant qu’instructeur de plongée. Dès les premières pages, le lecteur sent que Tracy ne va pas bien; elle est assez détestable même, se chamaillant constamment avec sa mère et son frère. Elle essaie de profiter de l’île paradisiaque et des paysages sous-marins, en compagnie des raies manta mais elle n’y arrive pas. Elle est rongée par le ressentiment, pour diverses raisons qui se dévoilent au cours de la lecture.

David Vann dresse le portrait très fin d’une femme au bout du rouleau et a imaginé une intrigue pleine de tension et de violence, entrecoupée de superbes passages décrivant la vie sous-marine. J’ai été happée par ce roman, le lisant en quelques jours, le finissant en quelques heures, apprenant à aimer de plus en plus Tracy, à la comprendre surtout. Les passages plus techniques sur le plongée ne sont jamais ennuyeux; ils sont même fascinants. Ce roman aborde le thème de la difficulté d’être mère, même si a priori on se croit parti pour des vacances de rêve. C’est un récit très fort, qui m’a profondément touchée, et que je conseille avec beaucoup d’enthousiasme. Un livre qui pourrait bien se retrouver dans mon top de l’année !

(Mini spoiler: j’ai détesté la dernière page – le roman aurait été bien plus fort sans cette conclusion – si vous l’avez lu, dites-moi ce que vous en pensez !).

Short diary of the week (402)

Lundi: aucune envie de travailler mais il y a une série de choses à terminer, un malaise qui m’oblige à me coucher pendant un moment, la suite du boulot, de la lecture au jardin, China Beach, No Reservations en Namibie (avec de la nourriture assez répugnante)

Mardi: le boulot au bureau, de l’encodage, la réunion d’équipe (enfin une moitié de l’équipe) au jardin, cet apéro improvisé entre collègues toujours au jardin, un excellent moment sans obligations, mais que faire quand on doit côtoyer un antivax ? le tenir à distance comme un pestiféré pour être sûre de ne rien attraper ? (le discours, c’était « on verra dans dix ans si je me fais vacciner » – gros soupir), rentrer à la maison, hésiter à lire au jardin mais ressentir une grande fatigue et plutôt regarder un épisode de No Reservations en Russie, la nostalgie de la Russie – si seulement c’était plus facile de voyager dans ce pays…

Mercredi: congé pour cause de fête nationale (et aussi congé pour le reste de la semaine pour cause de belle météo), au programme ? de la lecture au jardin ! (les plaisirs simples de ma vie), mais d’abord des commandes sur internet, hésiter pour des sandales, bien avancer dans le pavé en cours, profiter encore du jardin alors que la nuit commence à tomber

Jeudi: une matinée paresseuse, un peu de couture, des maux de tête qui se transforment en une sacrée crise – pas de chance pour un jour de congé !, lire au jardin et terminer le pavé en cours, une immense fatigue

Vendredi: les maux de tête vont mieux – ah ben non ils sont de retour, les courses et le remplissage du frigo, de nouveaux livres apportés par le facteur – ainsi que quelques produits de skincare coréen (oui, je suis tombée dans un abîme sans fin ! mais en même temps ça me plaît), est-ce que je vois une différence sur ma peau ? oui ! mais je dois bien avouer que je suis passée de juste une crème hydratante à bien plus, de la lecture au jardin mais une énorme frustration à cause d’un voisin qui taille ses haies depuis le matin avec un engin extrêmement bruyant, et il enchaîne avec la tondeuse jusque quasi 22h, frustration augmentée par le fait que c’est le dernier jour de beau temps avant longtemps

Samedi: et donc le retour du temps maussade et des averses, mon moral suit la même courbe, traîner beaucoup, de la lecture dans le canapé – son seul avantage est qu’il est plus moelleux que la chaise de jardin (qui va bientôt rendre l’âme et que je vais donc bientôt remplacer pour une version plus moelleuse justement), la dernière portion des ramens de Tomita (la boîte suivante arrive bientôt !), Le grondement de la montagne (Mikio Naruse, 1954)

Dimanche: combien de temps ce soleil brillera-t-il ?, de la couture, de la pluie – juste une averse, de la lecture au jardin, rentrer à cause d’une nouvelle averse, la suite de la lecture dans le canapé, Hombre – un western de Martin Ritt (1967)

A quality of light

Richard Wagamese, A quality of light: le révérend Joshua Kane est appelé par la police pour désamorcer une prise d’otages par Johnny Gebhardt. Les deux hommes se connaissent; enfants, ils étaient les meilleurs amis du monde, relié par un pacte secret. Joshua est Ojibway mais a été adopté par des parents blancs, de pieux agriculteurs qui l’élèvent selon les principes chrétiens de la bonté et de la justice. Johnny vit avec un père alcoolique et violent, et une mère qui a laissé tomber les bras; il est passionné par la culture indienne dans laquelle il trouve une certaine force et spiritualité. Les deux garçons se rencontrent à l’école et forment une amitié très profonde, le second initiant peu à peu le premier à sa culture d’origine. Au fil des pages, le lecteur apprend à connaître les garçons et les éléments qui ont mené à la prise d’otages.

La lecture de ce roman a été assez contrastée: il y a de longues descriptions de l’apprentissage du baseball qui ne sont pas particulièrement passionnantes pour quelqu’un qui ne s’intéresse pas aux sports (et encore moins les sports américains dont je n’ai aucune notion des règles) mais il y a aussi la découverte de la culture et de la spiritualité Ojibway. C’est passionnant de voir ces deux garçons que tout oppose grandir et former une personnalité propre, pleine de nuances. La seconde partie du livre devient parfois un peu plus politique et revendicatrice, les discussions entre Joshua et Johnny présentant des points de vue totalement opposés qui sont le miroir de ce qui se passait dans la société à cette époque (fin des années 1960 – début des années 1970). Et même si j’ai eu quelques moments d’ennui, la seconde moitié du roman m’a totalement convaincue. Ce n’est pas mon roman favori de Wagamese mais il reste très intéressant.

Tant pis pour l’amour

Quand la lecture d’une bd me renvoie à mon passé. Une critique qui n’est pas vraiment une critique.

Sophie Lambda, Tant pis pour l’amour. Ou comment j’ai survécu à un manipulateur: j’ai d’abord vu cette bd chez Une Comète, mais je ne me sentais pas prête, puis sur l’instagram d’une amie qui a vécu ce genre de relation et qui le conseillait vivement. Je me suis décidée, et ce n’a pas été une lecture facile pour moi. Mais dès les premières pages, je me suis sentie accompagnée par les commentaires de la peluche de Sophie. C’est elle qui m’a permis de continuer ma lecture (j’ai aussi une collection de peluches qui me tiennent compagnie).

Il y a plus d’une quinzaine d’années, j’ai rencontré un homme, le déclic s’est fait immédiatement, l’attirance était mutuelle. Nous avons très vite commencé une relation, nous étions sur la même longueur d’ondes. Le blog n’était pas encore né à cette époque mais il apparaîtra un peu plus tard. Je n’y parlais que de choses et autres, quelques livres, quelques musiques, divers objets. Ce n’est que plus tard qu’il est devenu plus personnel, et j’ai commencé à raconter ma vie. Si je le relisais aujourd’hui, j’y verrais une longue chute jusqu’à notre séparation neuf ans plus tard, mais je sais aussi que j’ai caché beaucoup de choses. J’ai longtemps été aveuglée.

Si Sophie Lambda se rend compte assez vite qu’elle est en proie à un manipulateurs – quelques mois si j’ai bien compris – il m’aura fallu des années pour comprendre que quelque chose ne tournait pas rond. Et ce n’est vraiment qu’en lisant la liste des 30 critères cités dans bd que je me suis rendue compte que c’était le cas. J’ai cherché des excuses, la longue durée de notre relation et les premières années très heureuses ne rendaient pas cette perception facile. Mais voilà, sur les 30 critères, entre 17 et 20 correspondent à la réalité. C’est dur quand on s’en rend compte (mon coeur bat la chamade une seconde fois en écrivant ce billet). LE critère qui me saute le plus aux yeux, c’est « Il ment ». J’ai mis un moment à le réaliser et pourtant c’était constant, j’avais déjà eu beaucoup de doutes mais c’est finalement une bosse dans voiture provoquée par lui m’a ouvert les yeux. Il n’a pas parlé de cette bosse, du côté avant droit; il a juste garé la voiture devant la maison. Quand je l’ai confronté, il m’a dit que c’était sans doute le camion poubelle qui avait embouti la voiture et n’avait pas prévenu. Or, matériellement, c’était impossible, le côté droit étant le long du trottoir. Là son discours s’est embrouillé, mais je n’ai jamais eu l’explication. (L’explication probable est qu’il avait embouti un poteau sous l’effet de l’alcool).

Et ce n’est qu’un exemple. Je pourrais écrire un roman entier mais ce serait trop douloureux. Encore un quand même, que je n’ai jamais raconté sur ce blog – les shorts diaries n’existaient pas encore et je ne racontais pas ma vie au quotidien: il venait d’avoir son permis de conduire (ou était encore en apprentissage ?) et demande donc de prendre le volant pour les courses au supermarché. J’accepte mais je me rends compte très vite qu’il n’est pas en état (un mélange d’alcool et de médicaments sans doute). Pour le retour, je lui demande les clés. Il refuse. Et il me plante là sur le parking. J’ai pleuré les 45 minutes du trajet de retour à pied, j’ai pensé au suicide ce jour-là en passant sur le pont de l’autoroute. Et pourtant, nous sommes encore restés ensemble, j’étais trop aveuglée par mon amour.

J’étais un poids pour mes amis, beaucoup ont décidé de ne plus me voir. Ceux qui sont restés ont tenté de m’ouvrir les yeux mais ont baissé les bras et ont observé de loin. Ma maman était déjà décédée, mon père, je ne sais pas trop s’il a compris l’ampleur de la situation. Je n’allais plus voir ma psy (qui elle, avait compris, mais n’a pas réussi à avoir prise sur moi).

La dernière année a été la plus difficile. On s’est séparé en février mais il n’a quitté la maison qu’en octobre parce que je lui ai permis de rester le temps qu’il trouve un endroit où se reloger. Je n’avais jamais imaginé que ça prendrait autant de temps et de disputes.

Son mal-être était tellement immense qu’il déteignait sur tout son entourage et ça s’est traduit par une manipulation sournoise et progressive. Je n’ai jamais vu les signes: peu d’amis (il s’était disputé avec beaucoup de personnes), l’impossibilité de garder un boulot (trop de conflits), la relation conflictuelle avec ses parents (séparés), les addictions (qu’il cachait – alcool, médicaments, sexe…), l’impossibilité de gérer son argent (des dépenses inconsidérées malgré les dettes), l’agressivité qui pouvait sortir subitement (mais il ne m’a jamais frappée – il est possible que si ça avait été le cas, les signaux se seraient mis au rouge immédiatement)… Et pourtant quand j’énumère tout ça ici, ça saute aux yeux, non ?

J’ai pleuré en écrivant tout ça, évidemment, mais c’est nécessaire, je pense. C’est bien la preuve que je n’ai pas encore évacué toute cette tristesse. Et j’ai toujours un peu peur d’en parler, peur de certaines conséquences possibles.

J’ai très vite été mieux une fois seule, et je suis bien plus heureuse maintenant. Et c’est la seule conclusion qui compte au final.

Short diary of the week (401)

Lundi: une mauvaise nuit – j’ai physiquement senti mon cœur se serrer d’angoisse… parce qu’une nouvelle semaine de travail commençait – ça dépasse toutes les bornes là !, relire et corriger des textes, trier des disques, de la lecture mais peu d’attention à cause de la fatigue, Garden Rescue

Mardi: et hop ! une mauvaise nuit de plus, aller au bureau, revoir des collègues plus vus depuis octobre, de l’encodage – mon boulet, une réunion en vrai mais avec juste la moitié de l’équipe (les autres étant en vacances), pas envie de cuisiner: fouillons dans le surgélateur, No Reservations au Ghana

Mercredi: des insomnies de milieu de nuit cette fois-ci (liées, je pense, à une digestion un peu difficile), attaquer les textes du matin, cette météo déprimante, le film de l’après-midi (j’hésite à mettre les titres ici vu qu’il s’agit d’avant-premières que je regarde pour le boulot), de la lecture, pas beaucoup d’entrain pour les soirées tv et me cantonner à des trucs faciles, Garden Rescue donc dans ce cas

Jeudi: la pluie – encore, la procrastination avant écriture, de l’écrite, un autre film, tenter d’oublier la pluie diluvienne, comme prévu il y a de l’eau dans la cave arrière – juste 2-3 cm – heureusement ce n’est pas trop grave mais j’ai quand même angoissé, l’ampleur de la catastrophe me laisse sans voix, préparer un menu et une liste de courses, Garden Rescue

Vendredi: les courses, de l’écriture qui prend son temps, acheter de nouvelles ampoules pour les spots sur la terrasse – sauf que ce sont les luminaires qui sont défectueux, No Reservations à Seattle et Portland, Garden Rescue – le dernier épisode ? (pour un moment en tous cas)

Samedi: le soleil tente de sortir de derrière les nuages, du rangement et du ménage, dépecer un poulet entier pour le préparer de différentes façons, le grand retour du soleil et de la lecture au jardin, de la cuisine, une jolie fête d’anniversaire sur la terrasse avec un repas de style izakaya entre amis, les limaces qui envahissent la pelouse au crépuscule

Dimanche: traîner dans le canapé, un peu de couture, de la lecture tout l’après-midi au jardin et c’est tellement agréable – juste la bonne température, et puis même encore continuer le soir jusqu’au crépuscule – ce n’est que la seconde fois cet été et ça me manque vraiment

A trip of one’s own

Kate Wills, A trip of one’s own. Hope, heartbreak and why travelling solo could change your life: le sous-titre explique assez clairement pourquoi j’ai été attirée par ce livre – c’est le récit d’une femme qui voyage en solo et qui aime ça ! Kate Wills est journaliste, spécialisée en voyages et tourisme. Elle parcourt donc le monde pour écrire divers articles (un métier qui me plairait bien, d’ailleurs !). Suite à son divorce, elle commence à voyager seule et c’est cette expérience qu’elle raconte dans ce livre, mettant en avant tous les avantages de ce type de périples. Je n’ai pas grand-chose à dire sur ce récit, il n’est pas ennuyeux (je l’ai même dévoré) mais il reste assez convenu; il donne des conseils (que je connaissais déjà pour la plupart) et le point de vue d’une femme. Mais il n’est pas pour moi: comme tous les autres récits du même genre, il insiste sur le fait qu’on rencontre toujours des gens en voyage et qu’on se crée de nouvelles amitiés, et que c’est vraiment bien. Je reste totalement imperméable à ce genre de choses, à tel point que ça commence même à m’énerver un peu (et je ne parle même pas de la fin !). J’aime beaucoup mes voyages solitaires, avec parfois des rencontres fortuites, mais qui ne durent jamais très longtemps. Je devrais sans doute arrêter de lire ce type de livres (mais je sais que je ne le ferai pas – j’espère toujours trouver celui qui me correspondra tout à fait) ! Par contre, il peut sans doute aider celles qui n’ont pas encore franchi le pas du voyage en solo.

Short diary of the week (400)

Lundi: 400 !, avoir du mal à m’y mettre, deux courts articles, la bonne nouvelle du jour: j’ai réussi à avancer la date de mon second vaccin à début août – trois semaines plus tôt que prévu, j’espère que ça m’aidera à faire un peu plus de projets pour le futur, de la mise en ligne, terminer ce roman d’une seule traite – comme en apnée, le retour de Kodoku no Gurume après une pause, Garden Rescue

Mardi: une horrible nuit, tout ça parce que c’est le premier jour complet de retour au bureau, revoir des collègues, et ça tombe bien: tous les intervenants pour un certain projet sont présents et donc en discuter en live, la réunion d’équipe en visio malgré tout, rentrer encore plus crevée mais avec trop d’adrénaline pour pouvoir espérer faire une sieste, les deux colis soi-disant livrés en mon absence ne sont nulle part, No Reservations à propos de Feran Adria, Garden Rescue, enfin mon lit !

Mercredi: ça va bien mieux aujourd’hui, de la mise en ligne d’article, le début du voyage en Birmanie, le film de la semaine est un documentaire: The Painter and the Thief (Benjamin Ree, 2020), tenter de régler le problème des colis introuvables mais je n’aurai pas de nouvelles avant trois jours, de la lecture, un coup de pompe, No Reservations à Beyrouth – l’épisode qui marque le début de la guerre de 2006, Garden Rescue

Jeudi: de la procrastination, et puis ça s’écrit tout seul, encore un film l’après-midi – In the mood for love de Wong Kar-Wai que je n’avais vu qu’une seule fois au cinéma à sa sortie contrairement à Chungking Express qui est mon préféré, un gros coup de pompe, une sieste, Air Crash Investigations

Vendredi: encore plus de procrastination qu’hier, mais finalement m’y mettre, cette fois-ci ça ne s’écrit pas tout seul, du shopping après le boulot – ça faisait des siècles, pas trouvé grand-chose de bien, et donc acheter de nouvelles Birkenstock sur le net, No Reservations – le début de la troisième saison avec un épisode commentant la saison précédente

Samedi: traîner dans le canapé, écrire un long brouillon, et donc ces colis perdus avaient été livrés chez des voisins (en vacances) dans la rue parallèle – ils sont gentiment venus me les apporter, reprendre la couture de cette robe abandonnée l’été passée (celle où j’avais coupé la mauvaise taille – malheureusement pas moyen de récupérer ces pièces – j’espère qu’il me restera assez de tissu pour coudre la jupe que je souhaite mais j’ai un doute), un peu de jardinage, m’installer au jardin une heure et puis la pluie commence à tomber, une sieste, de la lecture, des ramens de Tomita grâce à l’Omiyage Box, The Beach de Danny Boyle (2000) – on ne peut pas vraiment dire que ce soit un bon film

Dimanche: de la couture, de la lecture au jardin, rentrer très vite parce qu’il n’y a pas un seul rayon de soleil, de la lecture dans le canapé, No Reservations en Irlande, Garden Rescue

Burma Superstar

Desmond Tan & Kate Leahy, Burma Superstar. Addictive recipes from the Crossroads of Southeast Asia (2017): ce livre rassemble une collection de recettes d’un restaurant de San Francisco, des recettes birmanes de tout le pays mais aussi quelques plats chinois. Il raconte l’histoire de l’établissement et décrit la cuisine et ses plats phare. Chaque recette recette est précédée d’une introduction, la remettant dans son contexte. Quelques ingrédients ont été adaptés aux disponibilités locales mais d’autres sont réellement birmans, quoique disponibles aux Etats-Unis, comme le thé fermenté. J’ai testé trois recettes, parmi les plus simples, le « Chili lamb » (une recette chinoise en fait), le « Coconut chicken curry » et l' »Hibiscus Punch ». A chaque fois, j’ai été déçue, d’autant plus que j’adore Burma. Rivers of flavor de Naomi Duguid. J’ai aussi l’impression qu’il s’agit un peu trop de recettes de restaurant et qu’elles sont compliquée à reproduire à la maison.

  • photos: **** (mais toutes les recettes ne sont pas illustrées, je dirais 70%)
  • texte: ****
  • originalité des recettes: ****
  • authenticité des recettes: **** (quelques adaptations, et quelques recettes chinoises)
  • faisabilité des recettes: ** (souvent beaucoup d’ingrédients et d’étapes)
  • mesures: unités de mesures américaines uniquement (cups & ounces)
  • recettes favorites: aucune (j’en ai testé trois, citées ci-dessus)
  • indispensabilité du livre: *

Popular music in Southeast Asia

Bart Barendregt, Popular music in Southeast Asia: banal beats, muted histories: l’histoire des musiques du monde est un sujet qui m’intéresse beaucoup, et tout particulièrement celles de l’Asie. J’ai trouvé ce livre sur le net, en creative commons – une chose assez rare et que je me devais de pointer ici. L’auteur (aidé par de nombreux spécialistes du sujet) se concentre sur l’Indonésie, avec quelques écarts aux Philippines et en Malaisie, et découpe l’histoire en quatre périodes: les années 1920 et l’influence du jazz sur les musiques locales, l’arrivée du rock dans les années 1950-60, les musiques des années 1970 à 90 avec les protests songs mais aussi un retour à une certaine tradition et les nouvelles manières de distribuer la musique aujourd’hui, avec une attention particulière au nasyid, une musique pop religieuse (islamique). Le livre est relativement court et n’entre jamais en profondeur dans les différents sujets; je n’ai pas appris grand-chose et j’ai même râlé à certains moments en me demandant pourquoi l’auteur n’entrait pas plus en détail sur telle ou telle musique – mais c’est sans doute parce que je connais déjà beaucoup sur le sujet. Je regrette aussi que le titre soit trompeur: seuls quelques pays d’Asie du Sud-Est sont abordés; il n’y a pas une seule ligne sur le Vietnam ou le Laos et juste quelques bribes sur la Thaïlande et le Cambodge. A part ces points négatifs, la lecture est aisée, loin de la complexité de certains autres livres académiques, et la présence d’encarts permet d’expliquer plus en détail certains styles ou concepts.

Orange amère

Ann Patchett, Orange amère: un dimanche comme un autre. Albert s’incruste au baptême de la fille (Franny) d’un vague collègue, pour ne pas devoir rester à la maison avec sa femme et ses enfants. Il rencontre Beverly, la maman de Franny, et tombe amoureux d’elle le temps d’une après-midi arrosée de gin orange (préparés avec les oranges du jardin – on est en Californie). Le chapitre suivant change complètement d’époque et le lecteur comprend que Beverly et Albert se sont mariés, créant une nouvelle famille recomposée. Le roman suivra divers membres de cette famille à différentes périodes de leur vie, sur une période de cinquante ans – les enfants ont grandi et certains prennent la parole, racontant des bribes d’histoire que le lecteur devra recomposer comme un puzzle. Cela demande évidemment un peu d’attention mais tout s’emboîte assez bien et au fil des pages, le fil prend forme.

Et pourtant j’ai failli abandonner ce roman, et pas à cause de la temporalité un peu décousue. J’ai cette (mauvaise ?) habitude de beaucoup traîner au début d’un livre, avançant à l’allure d’un escargot pendant la première moitié et un chapitre m’a tout particulièrement bloquée (pour ceux qui l’ont lu, celui qui décrit la soirée de Franny derrière le bar, quand elle rencontre un écrivain qu’elle adore). Je trouvais le temps long, mais je me suis forcée à continuer, un peu par curiosité, un peu parce que c’était une lecture commune, et un peu par paresse (j’étais au jardin et j’avais la flemme de choisir un autre roman). Une fois ce chapitre un peu pénible passé, je suis enfin entrée dans l’histoire et j’ai beaucoup aimé suivre chacun des personnages, avec leur caractère, leurs défauts, leur personnalité spécifique. Un événement en particulier les a tous marqués et forme quelque part l’ossature du récit, et les détails sont distillés très parcimonieusement au cours des pages. Ma lecture a été sous forme de montagnes russes, d’où un note moyenne, mais j’ai bien envie de lire d’autres romans de cette auteur.

Une lecture commune avec Ingannmic et Electra.