Short diary of the week (195)

Lundi: première tentative de sandales malgré une hésitation, toujours du gamelan, me voilà responsable de deux boîtes aux lettres et de deux chats à nourrir pendant une dizaine de jours, Doctor Who, Anthony Bourdain Parts Unknown au Laos et des souvenirs qui remontent à la surface

Mardi: toujours une météo de sandales – les mêmes en turquoise, un certain manque d’organisation qui peut être facilement résolu, un passage en ville pour acheter une poêle qui est trop chère pour être achetée là, remonter vers La Pharmacie Anglais pour un délicieux cocktail, redescendre vers la Bourse pour un mezze chez Horia (non sans avoir montré mon incapacité à utiliser mon smartphone), une conversation animée sur plein de sujets, un retour avec le soleil qui se couche, découvrir que le facteur est passé avec un colis mais que les horaires de la poste m’obligeront à attendre jeudi en fin d’après-midi pour aller le chercher

Mercredi: un sommeil agité, une longue journée mais des températures plus qu’agréables, voir les plantes qui poussent – y compris le figuier qui avait gelé, un plat basique, The 100, The Americans

Jeudi: me sentir sans énergie, appeler mon père pour avoir des nouvelles sauf qu’il n’en a pas vraiment, terminer Bali mais ne plus avoir l’énergie pour commencer Java, des maux de ventre, des nouilles sautées, Better Call Saul, Jamestown

Vendredi: rapidement terminer les choses du vendredi et puis non en fait, tout cela est encore plus confus qu’avant, vive la somatisation, acheter un nouvel appareil photo mais mon excitation est tout à fait retombée à cause du vendeur mielleux et vaguement moqueur (tout ça pour ne pas devoir aller en ville où pourtant j’avais eu un bien meilleur contact), un cocktail, un repas, The 100, Jamestown, être enfin à jour dans les séries commencées même si j’ai pas mal de retard dans toutes celles que je veux voir mais pas encore commencées

Samedi: réveillée bien trop tôt mais un peu trop nerveuse pour me rendormir, presque réussir à brancher le chargeur de batterie de voiture toute seule, déballer l’appareil photo et faire les premiers réglages, chez mon papa cela devient vaguement plus clair mais il n’y pas encore de diagnostic final – deux examens les prochaines semaines devraient éclaircir tout ça, des kilos de mauvaises herbes, de la lecture, Seminole (Budd Boetticher, 1953) – un western en Floride pour changer

Dimanche: dimanche c’est zumba, terminer le désherbage et arranger les plantes sur la terrasse, le mélange crème solaire et terre est du plus bel effet sur mon corps, profiter de la soirée avec un barbecue, Doctor Who

A carpet ride to Khiva

Christopher Aslan Alexander, A carpet ride to Khiva. Seven years on the silk road: acheté en 2010 (j’ai été tentée parce que j’ai fait un voyage dans la région dans les années 1980), ce livre est resté très longtemps sur ma PAL, toujours devancé par d’autres lectures. Comme je m’oblige à lire des choses plus anciennes, A carpet ride to Khiva a enfin vu son tour arriver. L’auteur anglais, Christopher Aslan Alexander, s’est retrouvé à Khiva, en Ouzbékistan pour écrire un guide de voyage. Très vite son attention est attiré par les superbes tapis de la région dont il retrouve les motifs dans des miniatures du 15e siècle et il décide de créer grâce à des fonds étrangers (de l’Unesco, il me semble) un atelier de tissage selon les méthodes traditionnelles. Il raconte sa vie à Khiva, les mœurs locales, la recherche de teintures naturelles en Afghanistan (on est juste après le 11 septembre), l’histoire de la route de la soie, la fabrication de cette soie, la corruption aussi, qui ne sera pas sans conséquences sur son séjour. Son récit permet au lecteur de découvert une des ces anciennes républiques soviétiques un peu oubliées, sous la coupe de dictateurs corrompus et luttant contre la montée de l’islamisme. Le voyage est passionnant et permet de mieux comprendre cette partie du monde.

Short diary of the week (194)

Lundi: mais où est passé mon jupon ? (ah mais oui ! je l’avais enlevé samedi au salon parce qu’il faisait chaud), cette impression que personne n’est là (c’est faux), à nouveau sortir les voiles d’hivernage pour protéger les plantes les plus fragiles, rien ne pousse et tout a besoin de chaleur – moi y compris, The Americans (zzzz), Anthony Bourdain Parts Unknown à San Sebastian au Pays Basque et une envie immédiate d’aller là

Mardi: un sommeil très agité pour cause de démangeaisons qui se transforment dans mon cerveau à moitié endormi en future opération, réveillée bien trop tôt et me lever, me retrouver dans les transports en commun avec tous les ados qui vont à l’école, une panne d’internet et tout le monde se demande quoi faire, une entrevue qui ressemble à un examen mais en fait c’était très cool, The 100 – une grande bagarre à la Spartacus et un nouveau retournement de situation, Masterchef

Mercredi: tout retourner dans ma tête mille fois, le retour du gamelan balinais, recevoir les livres commandés et enfin trouver une réponse à mes questions, quelques courses utiles chez M&S (des culottes, un jupon, un pantalon parfait pour en voyage, du vin), soupeser les nouveaux appareils photos hybrides à la Fnac, suer avec mes vêtements trop chauds, une nouvelle inquiétante surtout qu’elle est accompagnée de peu de détails, pleurer et trouver de réconfort (merci Mario, merci Kleo), The Americans – mais où est passé le scénario ?, Masterchef

Jeudi: me réveiller avec de forts maux de tête après avoir très mal dormi, avoir la chance d’avoir des amis parmi mes collègues, on continue avec Bali, on voit que ce n’est pas la grande forme: tout le paquet de biscuits y est passé, Doctor Who ou l’histoire mille fois répétée de la maison hantée, Masterchef

Vendredi: un livre qui coche toutes les cases de l’énervement (chez moi en tous cas – Juifs, extermination nazie et psychanalyse – heureusement il est très court et écrit grand et il y autre chose que ça), une commande de livres (cocktails + cuisine cette fois-ci), une journée qui se passe, des courses avec l’orage qui menace, Better call Saul, Masterchef – la finale et c’est ma candidate préférée qui a gagné

Samedi: une aventure en Wallonie profonde, métro et deux trains, des boulets à la liégeoise sur la place de Waremme, trop de rhums à goûter aux Rhum Days, une légère obsession sur les rhums de la Barbade pour bien m’imprégner de leurs spécificités, deux train et un métro, comater devant l’Eurovision puis finalement me traîner au lit sans en avoir vu grand chose

Dimanche: un peu de mal à m’extraire du lit, aujourd’hui diète, zumba aussi, du jardinage – enfin surtout du désherbage, de la lecture, High Noon – Fred Zinnemann (1952)

Nulle part

Kalyan Ray, Nulle part: ce gros pavé de plus de 600 pages m’a été conseillé par une libraire qui en a parlé avec beaucoup de passion. Le sujet avait beaucoup pour me plaire – une chronique familiale au travers des siècles et des continents. Le livre commence par la fin, par la mort d’un couple en Nouvelle-Angleterre – l’arbre généalogique situé en début du livre permet de comprendre qu’une longue histoire se termine avec cet épisode. En 1843, en Irlande à la veille de la grande famine, Padraig Aherne et Brendan McCarthaigh sont les meilleurs amis du monde mais les hasards de la vie vont les séparer. Padraig se retrouve en Inde, à Calcutta; Brendan devient père malgré lui, s’occupant de la petite fille de Padraig, un enfant qu’il n’a jamais connu.

De génération en génération, Kalyan Ray raconte les aventures des deux héros et de leurs descendants, face aux événements du monde: la famine irlandaise, l’époque coloniale en Inde, la scission de l’Inde et du Bangladesh, l’immigration aux Etats-Unis, la vie à New York au début du 20e siècle… Ce roman de grande envergure est par moments passionnants, surtout la première moitié. Je n’ai jamais été fort intéressée par l’Irlande mais la description de la vie sur place à l’époque de famine est très détaillée et j’ai été touchée par les personnages. La partie indienne semble introduire quelques éléments surnaturels mais ils ne sont pas vraiment exploités; c’est plutôt la vie quotidienne à Calcutta et au Bangladesh qui est mise en avant, ce qui m’a évidemment fort intéressé.

Par contre, j’ai eu l’impression que l’auteur a eu peur d’ennuyer son lecteur et qu’il a donc rajouté des couches: aucun personnage n’a une vie vraiment heureuse, les catastrophes s’accumulent, parfois au point d’en être grotesques (je pense à un épisode à New York – il faut vraiment un hasard inexplicable pour qu’une telle chose arrive). Ces exagérations ont un peu plombé ma lecture mais il ne me restait à ce moment-là plus que 200 pages que j’ai vite avalées. Un commentaire encore sur le style: il est très fleuri, parfois un peu alambiqué et il faut un certain moment d’adaptation, surtout au début du livre. J’ai été assez énervée par ces personnages qui répétaient constamment des phrases telles “ma chère Irlande”. Je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé ce roman-fleuve – il y a des passages superbes – mais je dois bien avouer qu’il était trop long et trop exagéré sur la fin.

Short diary of the week (193)

Lundi: repos ! sauf qu’il fait tout gris – et il ne pleut même pas alors que ça ferait tant de bien au jardin, le grand dépoussiérage des peluches dans la chambre et le passage de l’aspirateur sur deux étages – je pense que j’ai mon exercice physique de la journée, partir sur les routes en veillant bien d’avoir chargé téléphone et gps, un gps qui fait des siennes sur les premiers kilomètres, une première impression décevante: peu de plantes exotiques qui me tentent, au fil de mes déambulations rassembler plein de petites choses et deux-trois grandes et finir par exploser le budget, faire de l’exercice en portant le lourd pot du palmier, me lancer dans une dégustation comparative des différents types de daiquiri – le n°3 est au programme, Anthony Bourdain Parts Unknown à Los Angeles en pied de nez à Trump (ce sont les Mexicains qui sont présentés, ceux qui font tourner l’économie alors que beaucoup sont illégaux), Masterchef

Mardi: me rendre compte que suis un peu molle et que je n’ai pas trop envie de faire des efforts pour parler aux gens que je n’apprécie pas plus que ça, mais me sentir un peu seule quand même, le problème avec le gamelan c’est que j’ai envie d’écouter tous les disques en entier et que donc le travail sur ce même gamelan n’avance pas fort, des envies de frites, une seconde tentative de daiquiri n°3 mais une recette bien moins bonne que l’originale, Better Call Saul, 13 Reasons Why

Mercredi: de la pluie qui fait plaisir au jardin, une pause après sept disques de gamelan gong kebyar, une déprime passagère et des envies de voyage, mon livre commandé est arrivé à la librairie (et donc aller l’acheter), 13 Reasons Why, Masterchef, une certaine effervescence dans mon cerveau avant d’aller dormir – ce qui n’est jamais bien

Jeudi: réveillée en milieu de nuit par deux avions successifs, laisser passer un métro pour pouvoir m’asseoir, une réponse négative pour le Womex à Katowice – réponse dont je me doutais depuis un an et demi, l’enlèvement d’un kyste sur le crâne de mon papa s’est bien passé, une certaine langueur, un negroni au rhum jamaïcain très réussi, 13 Reasons Why – j’en suis arrivé au point où je veux absolument connaître le dénouement même s’il me reste encore 6 épisodes, Masterchef

Vendredi: un mauvais sommeil – vivement la fin de la journée !, les trucs du vendredi, une longue après-midi, mon collègue du bureau d’en face écoute la musique très fort mais ça ne dérange quasi personne – il n’y a quasi plus personne au bureau, 13 Reasons Why, Masterchef, terminer mon livre avant de m’endormir

Samedi: choisir des recettes à préparer, soumettre à mon papa quelques idées de voyages futurs et lui demander lequel il choisirait, résultat: la route de la soie en Chine ou la vallée du Gange en Inde (il y avait aussi le Rajasthan, la Birmanie du sud et les îles Andaman, le Mexique et le Pérou), quelques travaux de jardinage, plan du weekend: finir ce livre un peu trop historique, deux épisodes de 13 Reasons Why – j’approche du dénouement

Dimanche: angoisser pendant tout le cours de zumba à propos du parking de ma voiture très limite (un peu sur le passage pour piétons et très proche de la voiture derrière moi pour ne pas empiéter plus sur le passage pour piétons), en fait la voiture derrière moi n’a même pas bougé une heure après, mon plan était de planter les plantes achetées lundi passé, sauf que les températures fort fraîches n’engagent pas à la sortie, me lancer dans le découpage d’une robe, terminer ce long livre historique, commencer un autre très court, le lapin passe à la casserole, la fin de 13 Reasons Why – une série que j’ai aimé mais j’aurais aimé une vraie fin – pas une annonce de la saison 2

Let’s cook our books #24: Coconut chicken fry & Kachumbar

Coconut chicken fry and kachumbar

Mes envies du moment sont très orientées “curry avec noix de coco” et j’ai à nouveau sorti Anjum’s new Indian d’Anjum Anand. Ce livre doit probablement être dans le top 3 de ceux dont j’ai réalisé le plus de recettes (on y retrouve également un livre de recettes de barbecue). La recette est un peu différente des plats mijotés habituels et demande environ une heure d’attention plus ou moins constante. Les 15 minutes sans attention ont été consacrées à la préparation d’un daiquiri, avec photos. Rien n’est cependant très compliqué: les épices restent entières (clou de girofle, cannelle – un peu moins que préconisé, cardamome), oignon, ail, gingembre, feuilles de curry, piments verts (les très appropriés piment Delhli – moins que préconisé également), du garam masala et puis du poulet qu’il faut faire brunir, puis mijoter dans un peu d’eau, puis à nouveau faire frire une fois l’eau évaporée. Enfin, il faut rajouter de la noix de coco râpée et du jus de citron. Au final, j’ai beaucoup aimé le goût profond de la sauce accompagnant le poulet mais celui-ci en ressort un peu sec.

Comme accompagnement, j’ai fait très simple: un kachumbar dont la recette vient de Made in India: tomates, échalotes, coriandre, jus de citron, huile d’olive et un peu de piment en poudre.

Coconut chicken fry and kachumbar

The art of asking

Amanda Palmer, The art of asking: je me méfie toujours des livres que tout le monde adore, j’ai même plutôt tendance à les laisser de côté. Dans le cas de celui-ci, c’est suite à une longue conversation avec Isabelle (d’Aujourd’hui je m’aime) pendant laquelle elle m’a écoutée raconter tout ce que j’avais sur le cœur à ce moment-là que je me suis laissée convaincre. A priori, Amanda Palmer ne m’intéresse pas plus que ça. J’ai beaucoup aimé l’album du groupe Evelyn Evelyn mais pour le reste, les Dresden Dolls ont toujours été en dehors de mon radar, tout comme de celui de mes amis amateurs de musique d’ailleurs.

The art of asking est conçu comme autobiographie mais aussi comme livre qui a comme vocation d’aider les gens à partir des expériences de la chanteuse. Elle parle d’abord longuement de sa carrière de statue vivante – The Bride – et comment, sans le sou à cette époque, elle a gagné sa vie en acceptant la générosité des passants. Je n’ai pas été passionnée, pire même, ce genre de “statue” m’a toujours mis mal à l’aise. Mais j’ai continué ma lecture.

Amanda parle des ses débuts en musique avec les Dresden Dolls, de sa rencontre avec l’écrivain Neil Gaiman, de ses concerts… Sa personnalité hyper active et extravertie m’a quelque peu énervée et je me suis sentie à mille lieues d’elle, me demandant encore pourquoi je lisais ce livre.

Et puis, elle a commencé à expliquer comment elle a lancé le crowdfunding d’un de ses albums. Elle a été une des premières artistes à en faire un et cela a été un succès énorme grâce aux liens qu’elle a créé depuis le départ avec son public. Elle s’est toujours attachée à communiquer avec ses fans, lors des concerts mais aussi via son blog, via twitter, via facebook. Elle a réussi à rassembler autour d’elle une communauté de gens qui l’apprécient et qui sont toujours prêts à l’aider. Et elle n’a pas peur de demander: un lit pour dormir, de la nourriture, de l’argent… même si c’est souvent difficile, notamment avec son mari Neil. Amanda parle de confiance et de respect, de comment donner et recevoir.

C’est au cours des derniers chapitres que j’ai enfin commencé à être touchée par le personnage, que j’ai trouvé des conseils pour ma propre vie. Je vais sans doute toujours avoir du mal à demander des choses mais une phrase m’a fort marquée et elle risque bien de guider mes actions futures: “que ferait le dalaï lama dans cette situation ?”. En conclusion, je dirais que ce livre est un peu un grand fouillis, qu’il est probablement un peu trop long mais que même pour une personne qui n’est pas fan d’Amanda Palmer, il y a des choses à apprendre et je ne suis pas mécontente de ma lecture vu qu’elle va m’aider dans la vie courante.