The daisies rockabilly dress

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Dès que j’ai feuilleté le Gertie’s Utimate dress book, j’ai été attirée par la “Plaid rockabilly dress” (la version country dans le lien est un peu overzetop mais je l’aime aussi – sauf que je n’aurais jamais d’occasions pour la mettre). J’ai cherché du tissu à carreaux en coton (pas en flanelle) mais je n’ai jamais rien trouvé à mon goût. J’ai alors changé de style et cherché un tissu plus champêtre, ce que “Gentle Breeze” de Jan Douglas pour le Maywood Studio (vendu par Stop op Zolder) représente parfaitement. Il me fallait aussi du croquet assorti, mais celui de chez Veritas était trop étroit; j’en ai finalement trouvé à Paris dans une mercerie près du Marché Saint-Pierre – on était en juillet 2016.

J’ai commencé la couture pendant l’hiver 2017 (certains projets mettent du temps à mûrir), réalisant d’abord une première toile du haut, puis une seconde, utilisant les tailles 12 à 10 du “Basic bodice” avec col en V. La jupe – “all around pleated skirt” – est en taille 12. Les manches de type “puff sleeve” complètent l’ensemble. J’ai toujours du mal à ajuster une toile sur mon corps, je manque du regard d’une autre personne pour traquer les défauts et je me lasse vite, surtout après deux toiles. Je me suis donc lancée dans la couture de la robe, craignant quelque peu pour le col avec sa parementure extérieure, mais en fait, la couture est assez aisée.

Au final, le corsage ne convient pas tout à fait: cela se voit de profil: il y a un petit excès de tissu au niveau de la pince latérale mais je ne sais pas trop comment le faire disparaître. Les manches sont très jolies mais elles sont un peu trop serrées sur le bas pour être totalement confortables. La jupe est finalement la seule partie dont je suis totalement satisfaite mais tous ces petits défauts n’en font pas moins une robe totalement mettable.

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(oui, je regarde beaucoup en l’air en faisant mes photos !)

Un long printemps d’exil

Olga Ilyina-Laylle & Michel Jan, Un long printemps d’exil. De Petrograd à Saigon, 1917-1946: Quelle vie ! Quelles péripéties ! Olga Ilyina-Laylle naît dans une famille très aisée à Petrograd en 1917 au moment de la Révolution Russe. Ses parents se réfugient dans leur propriété située à la campagne dans la région de Kazan mais l’avancée des Rouges les pousse à fuir toujours plus loin, suivant le trajet du Transsibérien, pour finalement s’installer à Harbin, en Mandchourie. Olga y vivra une enfance et adolescence difficile: son père quitte sa mère et ne l’aide plus financièrement; sa mère tente de survivre en donnant des cours et en traduisant des articles pour le journal local mais elle n’a jamais appris à bien gérer l’argent et le peu qu’elle gagne est souvent dépensé de suite. Harbin est à ce moment-là la capitale pour tous les intellectuels de l’époque, le Paris de l’Orient, un lieu où règne la nostalgie du passé mais se situe très vite au coeur de la tourmente: les Japonais annexent la Mandchourie et prennent le pouvoir. Comme Russes Blancs, Olga et sa famille sont apatrides, ils ne possèdent plus de passeport et ils sont coincés dans la région. Finalement, Olga peut partir à Pékin, où elle vit de grands moments de liberté, avant de retrouver sa mère et sa soeur à Shanghai au moment où éclate la Seconde Guerre mondiale. Elle gagne sa vie en effectuant le boulot de “nanny” pour des familles d’Européens vivant dans le quartier des concessions. Son périple se poursuit cependant: elle quitte la Chine pour l’Indochine où il lui arrivera encore de nombreuses aventures. Olga a vécu une vie peu commune, toujours en fuite, à une époque fort troublée de l’histoire et dans des contrées lointaines. Le récit est linéaire mais très addictif, créant le portrait d’une femme mais aussi de plusieurs cultures, celle des Russes Blancs qui ont fuit la Révolution, celle des Chinois, celle des colons français d’Indochine… Je recommande cette lecture à toute personne passionnée par l’histoire, par la Russie et par l’Extrême-Orient.

PAL vacances 2017: le meilleur score au scrabble, 93 points

Short diary of the week (207)

Lundi: et c’est parti pour une nouvelle semaine, il faudra penser au ticket d’avion, cet autre site me propose d’ailleurs des choses bien plus intéressantes que le premier, la suite de la gestion du projet qui m’occupe depuis quelques semaines, rentrer à pied avec quelques circonvolutions puis toujours tout droit via l’allée verte, plus envie de tondre la pelouse même si c’est du coup reporté à vendredi au plus tôt, une légère vexation de plus: quand on raccroche le téléphone pendant qu’on dit encore au revoir, Twin Peaks, Harlots

Mardi: tenter encore les sandales mais déprimer à la vue du ciel gris, corriger des textes, avoir froid, une demande à la deadline très très courte, apprendre que ma tante et marraine vient de décéder, prévenir mon papa, retrouver une photo d’elle mais hésiter à la publier, de la tristesse, Happy Together de Wong Kar Wai (et prendre des notes tout en regardant)

Mercredi: écrire donc ce petit texte sur Happy Together, compléter un autre article, certains jours je peux être particulièrement silencieuse en groupe – sans raison, une rencontre inattendue, un délicieux repas chez GRAMM – saveurs inédites et délicates – une cuisine maîtrisée, une amitié qui dure depuis une vingtaine d’années, un crocodile

Jeudi: une nuit trop courte et fort agitée, ressortir les collants, râler mais m’attaquer au boulot qui me fait râler pour que ce soit terminé, le coup de pompe de l’après-midi, aller en ville acheter un ticket d’avion, m’écrouler dans le canapé devant Harlots

Vendredi: continuer le boulot qui ne passionne pas et le terminer pour midi, continuer le reste du boulot, contente que ce soit la fin de la semaine mais devoir encore faire des courses pour mon papa et moi, Harlots – fin de la première saison

Samedi: pas très bien dormi, prendre la route et assister à l’enterrement de ma tante, une journée aux nombreuses émotions, des maux de tête, de la lecture, des frites comme comfort food, The far country (Anthony Mann, 1954)

Dimanche: me réveiller et me lever mais retourner au lit pour dormir encore un peu, TBBT S03 E03&4, rassembler des mails pour l’organisation d’une troc party, terminer la couture d’une robe, pour un premier essai il n’y a que peu de défauts, m’installer au jardin et terminer le livre entamé il y a trop longtemps, hésiter à poursuivre le challenge PAL de vacances et puis opter quand même pour un roman qui entre dans une des catégories, prendre mon temps pour préparer un joli cocktail et le repas, commencer The Bird people in China (Takashi Miike, 1998) et après une heure ne plus regarder que d’un oeil distrait

Oeroeg

Hella S. Haasse, Oeroeg (en français, Le lac noir): les Indes néerlandaises, quelque part dans les années 30. Un jeune garçon dont on n’apprendra jamais le nom raconte sa vie. Fils d’un planteur néerlandais fort occupé et d’une mère peu intéressée par lui, il décrit sa solitude heureusement comblée par l’amitié qu’il éprouve pour Oeroeg, un garçon né au même moment que lui parmi les serviteurs sundanais de la maison. Ils jouent ensemble, découvrent tous les recoins de la propriété, écoutent les histoires de monstres et fantômes locaux. Mais ils grandissent aussi, et le narrateur fera tout pour qu’Oeroeg puisse rester avec lui à l’école puis au collège malgré leur différence de race. Différence qu’il ne comprend pas vraiment, de même qu’il ne remarque que peu de choses du monde qui l’entoure, de sa mère qui trompe son père à la société qui change complètement. Malgré la naïveté du personnage principal qui pourrait un peu énerver le lecteur, ce court roman est un ode à l’amitié. Il est également une magnifique et nostalgique description de la colonie néerlandaise à l’aube de grandes mutations du milieu du 20e siècle mais surtout une description très imagée de la nature omniprésente, de la jungle, des montagnes. Le texte est dense, écrit dans un néerlandais (je l’ai lu en v.o.) qui m’a semblé moderne mais plus compliqué, plus précis que l’actuel. J’ai parfois dû m’y reprendre à deux fois pour certaines longues phrases tout en admirant la beauté de l’écriture.

Mon but premier était de lire Heren van de thee (Les Seigneurs du thé) mais mon côté pratique qui l’a emporté: le prix du roman tout seul était le même que la trilogie des “romans indiens”. Un peu rattrapée par le temps et désirant les lire dans l’ordre chronologique, mon choix s’est donc porté sur Oeroeg, qui est le premier roman écrit par l’auteur en 1948. Le titre en français apporte une toute autre vision des choses, faisant référence à un épisode important de l’histoire, un épisode qui marque un tournant dans le récit alors que le titre original est plus neutre, référant au cœur de l’intrigue sans rien dévoiler de plus.

Un roman lu dans le cadre de l’activité “Lire le monde” organisée par Sandrine. Et dans le cadre de mon challenge PAL vacances 2017, il complète la catégorie du titre ne contenant qu’un seul mot.

Short diary of the week (206)

Lundi: le retour au boulot, des (gros) colis qui m’attendent, un cadeau d’anniversaire (un livre de Cosey Fanni Tutti – chanteuse légendaire – dans certains milieux – dont je ne connais pas grand chose), le citytrip de la fin du mois est confirmé (où je sors totalement de ma zone de confort pour une série de choses mais pas le contenu), le coup de pompe de la digestion, avancer un peu dans le boulot, ramener l’Airfryer à la maison et le tester tout de suite, de délicieuses pommes de terres en tranches et frites, Twin Peaks, Harlots – premier épisode

Mardi: des rêves bizarres et un sommeil trop peu profond pour être bien reposée, une longue conversation qui fait le point sur le boulot à venir, écrire, des courgettes du jardin farcies, American Gods – fin de la première saison – beau mais un peu ennuyeux, Harlots

Mercredi: fatiguée dès le matin, écrire après des tentatives d’évitement relativement courtes cette fois-ci, trier les disques pour la suite, ne plus pouvoir entendre le mot “formidable” – ce que je fais est “gentil” ou “aimable” mais pas “formidable”, Top of the Lake – début de la saison 2, Harlots, des larmes qui coulent toutes seules mais qui me calment – un peu

Jeudi: à la limite de la crise d’angoisse et à nouveau très fatiguée, me mettre à pleurer face à mes collègues qui font tout pour me consoler, mais ça a fait du bien, avancer malgré tout dans le boulot et commencer à mieux voir quand sont les deadlines pour les divers éléments – bref tout est possible dans le temps imparti, un téléphone de mon papa: son rendez-vous était aujourd’hui et pas demain – et les nouvelles ne sont pas très positives, croiser Nicolas et Nathalie par hasard, retrouver Gasparde pour un cocktail et un repas de dim sums, rentrer vidée

Vendredi: mon cerveau cet idiot: j’avais mis le réveil plus tard mais mon cerveau m’a réveillée sans appel à l’heure habituelle, pas sûre que je serai très efficace aujourd’hui, quoique: mon cerveau connaît moins la censure quand je suis fatiguée, tenir jusqu’à 17h, me préparer un plat de thon cru au lait de coco et citron, apprendre une mauvaise nouvelle de plus, Twin Peaks, Harlots, et encore une, une grande crise de larmes

Samedi: c’est encore compliqué ce matin, et voilà le torticolis, tous les téléphones commencent par “je ne vais pas bien”, en parler un peu avec ma voisine, réussir à dire ce que je pense à mon père – ce qui permettra de calmer un peu les tensions et de remettre la conversation sur des choses plus légères, une longue sieste et un Dafalgan, une soirée entre amis au Strofilia – excellent restaurant grec

Dimanche: pas encore tout à fait reposée mais d’une humeur plus positive, et en plus il fait beau !, TBBT S03 E01&02, du repassage, du rangement trop longtemps repoussé mais qui fait du bien: la table du salon est enfin un peu moins bordélique et le plan de travail de la cuisine plus accessible (il fallait bien trouver une place pour l’Airfryer), lire au jardin et en profiter pleinement, un barbecue – ça faisait longtemps, m’endormir tôt

Recontructing Amelia

Kimberly McCreight, Reconstructing Amelia: Kate Baron, mère célibataire faisant carrière dans un grand cabinet d’avocats new-yorkais, est appelée par l’école de sa fille adolescente, Amelia, parce que celle-ci a fait du plagiat dans un de ses devoirs. Quand elle arrive sur place, la nouvelle est pire que prévue: Amelia s’est suicidée en se jetant du toit du bâtiment. Kate est dévastée et se rend compte qu’elle ne connaissait pas sa fille à qui elle n’avait que peu de temps à consacrer. Elle commence alors à retracer les derniers mois d’Amelia en lisant ses mails, ses statuts facebook, ses messages téléphoniques… L’auteur, Kimberly McCreight, alterne les chapitres laissant parler Kate et sa fille et insère des extraits de ce que cette dernière écrivait à ses amis. L’auteur décrit avec finesse les sentiments d’une ado à la recherche d’elle-même et de reconnaissance mais aussi les pensées d’une mère qui a trop longtemps été absente et qui est prise de remords. Le livre prend la forme d’une enquête et les éléments s’accumulent pour mieux expliquer ce qui s’est passé. Passionnant de bout en bout, ce roman m’a fort fait penser à la série 13 Reasons Why, même s’il a écrit avant. Je recommande, de même que Where they found her que j’avais déjà lu !

PAL de vacances 2017: un roman avec un nom dans le titre

Heureusement les Kleenex étaient en promotion

— ne continuez pas si vous n’êtes pas un minimum prêts à lire des choses difficiles et tristes —

Je ne vais pas trop bien. Et une fois de plus, je n’ai aucune maîtrise sur mon mal être. Depuis une quinzaine d’années, j’ai vécu la maladie et le décès de ma mère, les problèmes de mon ex et maintenant ceux de mon père s’amplifient de plus en plus. Il ne s’est jamais remis du décès de ma maman et n’a jamais vraiment retrouvé la joie de vivre. Mais depuis sa chute de l’hiver 2016, son monde se réduit de plus en plus. Il ne bouge presque plus et souffre constamment du dos.

Cet hiver je me suis inquiétée pour une bosse qu’il avait sur le crâne. Il a finalement prix un rendez-vous chez le médecin au mois de mai et les analyses ont révélé qu’il s’agit d’un mélanome. Apparemment, le cancer est limité à cet endroit sur le crâne mais je n’ai jamais réussi à savoir concrètement ce qu’avaient révélés les scanners et autres analyses parce que quand je demande des explications, mon père dit qu’il ne sait pas (il devient de plus en plus confus). Mi-juillet, il a été opéré sous anesthésie totale et on lui a enlevé le mélanome. Depuis, j’ai l’impression que sa santé et sa mémoire ont encore diminué. Il m’a dit franchement qu’il ne voulait plus vivre très longtemps, atteindre ses 80 ans en novembre, oui, sans doute, mais pas beaucoup plus. Même s’il n’a aucune prise sur ce genre de choses, le mental joue probablement un rôle. Quand je l’ai vu fin juillet, il était difficile et centré sur lui-même. J’ai été fortement blessée quand il s’est moqué de ma piqûre de moustique qui m’a empêchée de poser le pied à terre pendant 24 heures. Il s’est excusé quand je suis ai dit mais le mal était fait.

Cette semaine, je lui ai proposé de l’accompagner chez le médecin pour avoir les résultats de l’opération (son aide est en vacances). Je me suis donc organisée pour prendre congé vendredi matin. Jeudi après-midi, il m’appelle au travail, me disant qu’il s’est trompé de date et que le rendez-vous était ce matin-là. Et le médecin l’a appelé avec de mauvaises nouvelles: le mélanome n’a pas été entièrement retiré et il faut réopérer et probablement pratiquer une greffe de peau. Ce sera sans doute programmé fin août ou début septembre, moment où est déjà programmé une opération pour une hernie (une intervention déjà reportée depuis mars). Hier soir, il m’a appelé, me prévenant que le médecin est venu pour enlever les fils mais qu’il a un nouveau souci. Il a un zona dans le dos. Et un zona, me dit wikipedia, est souvent causé par une diminution d’immunité ou un cancer, ce que je ne lui dirai évidement pas.

Je ne sais pas comment l’aider. Je ne sais pas comment répondre à chaque coup de fil où la première chose qu’il me dit est qu’il ne va pas bien (lui était plutôt du genre à me dire “reprends-toi” et “tu ne peux pas ME faire ça” quand je n’allais pas bien). Il est si tourné sur lui-même et ses problèmes qu’il n’accepte plus aucun conseil. Apparemment, le fait que sa compagne pleure devant lui de ses soucis a été bien mieux reçu que mes essais de positiver. Mais je suis incapable de pleurer devant lui, nous n’avons jamais réussi à exprimer nos sentiments.

— insert —

J’ai été chez lui ce midi. Face à son cynisme, j’ai craqué et j’ai pleuré. Je lui ai dit que pour moi aussi c’était difficile à vivre. Même si ça a provoqué un blanc dans la conversation – sa compagne était là aussi – ça a permis de mettre les choses à plat et son ton était beaucoup plus positif et conciliant par la suite. Nous avons même discuté de choses et autres à trois.

— fin de l’insert —

Or je suis bel et bien triste et inquiète. Et frustrée, je n’ai pas envie de revivre tous ces états une fois de plus, même pas trois ans après les précédents. Ma vie est à nouveau en partie mise entre parenthèses suite aux problèmes de quelqu’un d’autre. Je me demande même si je pourrai faire ce grand voyage que j’ai réservé et cela rajoute à mes inquiétudes. Est-ce que c’était une bonne idée ? Au moment où j’ai réservé, je pense qu’il n’y avait pas trop de soucis mais tout change si vite – même s’il m’a encore confirmé ce midi que je pouvais partir. (Ceci était donc la partie égoïste.)

Il n’y a pas vraiment de solutions à toute cette situation, à part laisser passer le temps et espérer qu’il ne m’annonce pas de nouveaux soucis. Mais c’est difficile et souvent pesant même si je sais que je m’en sortirai. Heureusement, suite à une promotion sur les Kleenex récemment, j’ai acheté six boîtes. J’ai de quoi voir venir. Il faudra par contre que je rachète des gouttes décongestionnantes pour les yeux.