At the movies – (2010s)

Il n’y a aucune logique dans les films de cette période, vus entre juin et septembre 2022, à part quelques demandes liées à des médiagraphies au boulot, mais surtout beaucoup d’envies personnelles.

Les super effets spéciaux de Pompeii

Shut Up Sona, Deepti Gupta (Inde, 2019) – 4/5: un documentaire à propose de Sona Mohapatra, chanteuse indienne (de Bollywood) qui n’a pas sa langue dans sa poche. Accusée de blasphème par une confrérie soufie, elle part à l’attaque et défend le rôle des femmes dans une société extrêmement misogyne. Passionnant ! #52FilmsByWomen #documentary

Mustang, Deniz Gamze Ergüven (Turquie, 2015) – 5/5: au bord de la mer Noire, en Turquie, cinq sœurs adolescentes fêtent la fin de l’année scolaire en allant se baigner (toutes habillées) avec leurs amis. Une voisine les dénonce à leur grand-mère (leurs parents sont décédés) et leur oncle prend des mesures. La maison familiale devient leur prison, et après une fugue, les aînées sont mariées contre leur gré. La même voie est prévue pour les plus jeunes. Un très beau film qui dénonce les mariages arrangés mais surtout la violence du patriarcat, obligeant les jeunes filles à rester dans le rang et à devenir de bonnes épouses. Avec en plus, la superbe musique de Warren Ellis. J’ai adoré ! #52FilmsByWomen

The Legend of Tarzan, David Yates (2016) – 2/5: les pires éléments du film de 1933 ont été gommés ici (le racisme pur et dur, le massacre d’animaux) mais on est loin du chef-d’œuvre. Il reste toujours ce fait que ce sont les Blancs qui sauvent les Noirs, même si l’esclavage est dénoncé tout le long du film. A part ça, c’est toujours agréable de voir Alexander Skarsgard, mais savoir que ce film a complètement été tourné en studio nuit à l’ensemble (et ça se voit vraiment trop – finalement à ce niveau-là on est très proche de la version de 1933). Et le cri de Tarzan avec yodel est bien trop peu utilisé.

Midnight Special, Jeff Nichols (2016) – 2/5: un petit garçon aux pouvoirs spéciaux est enlevé par son père biologique. Il résidait dans une communauté religieuse extrémiste et était censé sauver le monde. Un agent de la NSA (Adam Driver) s’intéresse à l’affaire. Je n’ai jamais été prise par ce film que j’ai trouvé lent et sans rythme alors que l’histoire aurait pu être haletante, j’ai même accéléré un peu vers la fin. Mais j’ai aimé y voir Adam Driver et Kristen Dunst. #theAdamDriverFilmography

Pompeii, Paul W.S. Anderson (2014) – 1/5: quel mauvais film (à tel point que ce n’est même pas un plaisir coupable) ! un mélange de Gladiator et de romance, avec l’éruption du Vésuve en point de mire. Si la reconstitution de la cité romaine est sans doute plus ou moins fidèle (à part le phare), il n’en est pas le cas pour les costumes, les gens (il n’y avait pas de Noirs à Pompéi à l’époque) et l’éruption en tant que telle. Le réalisateur s’est inspiré d’éruptions des dix dernières années pour les effets spéciaux, niant la réalité historique, et rajoutant un… tsunami ! Avec Kiefer Sutherland en méchant, Kit Harrington en gentil, Adewale Akinnuoye-Agbaje en ami du gentil, Carrie-Anne Moss et Jared Harris en parents et Emily Browning en jeune fille en quête d’amour. A noter que les pages wikipedia en anglais et français sont très différentes, la première défendant le réalisme de l’éruption, la seconde pointant vers toutes les incongruités historiques (un baise-main dans l’Antiquité, un phare à Pompéi ?).

Punk the Capital: Building a Sound Movement, Paul Bishow & James June Schneider (2019) – 4/5: un documentaire musical qui remonte aux sources du punk rock et du hardcore à Washington DC, avec de nombreux documents d’archives qui montrent comment cette scène a émergé dans une ville où ce n’était clairement pas évident (la capitale est plutôt coincée dans son côté administratif et présidentiel). Intéressant (mais une fois de plus je me suis demandée où étaient les femmes ? même si certaines sont interviewées, cela reste un monde de mecs). Avec entre autres Bad Brains et Minor Threat. #documentary

Wet Season (Anthony Chen, Singapour, 2019) – 3/5: Ling, d’origine sino-malaise, enseigne le chinois dans une école secondaire de Singapour. Elle vit avec son mari, souvent absent et très distant, et son beau-père, aphasique, dont elle s’occupe avec beaucoup de soin. Cela fait huit ans qu’elle essaie désespérément de concevoir un enfant et elle s’injecte chaque jour des hormones en prévision d’une FIV. Elle se rapproche d’un de ses élèves, Wei Lun, à qui elle donne des cours de rattrapage. Lui aussi est un peu perdu, ses parents étant absents pendant une longue durée. Tout cela se passe alors que la mousson s’abat sur la ville, mais on ne voit pas grand-chose de celle-ci: tout est centré sur l’enfermement des personnages dans l’appartement, la classe, la voiture… et les couleurs sont très fades, très tristes. C’est un film aux ambiances particulières, très feutrées, crues parfois, et qui traite de sujets difficiles avec beaucoup de sensibilité. A noter: les durians que mangent Ling et Wei Lun à plusieurs reprises. #chinesecinema

At the movies – 26 (1930s)

Cette série de films, commencée en juin, a été interrompue par l’été chaud et ses longues soirées lecture. Avec l’arrive subite de l’automne, j’ai repris le fil et j’ai bien avancé sur ma liste.

L’Atalante de Jean Vigo

The Count of Monte Christo, Rowland V. Lee (1934) – 2/5: voilà un film qui m’a laissée complètement indifférente, et que j’ai regardé jusqu’au bout juste parce que je ne connaissais pas l’histoire. Je n’ai d’ailleurs pas grand-chose à en dire (pas d’acteurs ni un réalisateur très connus mais Alfred Newman à la musique).

L’Atalante, Jean Vigo (France, 1934) – 4/5: j’ai failli arrêter ce film en cours de route à cause de Michel Simon (Père Jules) que je déteste (dans le genre grotesque et qui surjoue, il gagne le premier prix) mais je me suis attachée aux autres personnages, à ce capitaine de péniche et sa jeune épouse qui découvre Paris toute seule (son mari lui avait promis une visite mais il est empêché parce que le Père Jules est parti se saouler, et du coup, elle part seule, sauf que le mari ne l’attend pas et repart avec la péniche – sympa, le mari, n’est-ce pas ?). Il y a tellement de poésie dans ce film, et puis tant de modernité en comparaison au cinéma américain. Déjà, ça se passe en grande partie en extérieur et il n’y a aucun souci à faire dormir dans le même (petit) lit un couple enlacé. Il y a aussi une scène très érotique, juste par les expressions du visage. Le second et dernier film de Jean Vigo. A noter: une colonie de chats qui vit sur la péniche.

The Scarlet Empress, Josef von Sternberg (1934) – 3/5: l’histoire de Catherine II de Russie, jouée par Marlene Dietrich et filmée par Josef von Sternberg et avec de très nombreuses libertés par rapport à la réalité historique. Je dirais même que c’est du grand n’importe quoi avec des décors remplis de statues paganistes et d’icônes religieuses très naïves, des robes à froufrous et des coiffures à bouclettes. J’ai préféré de loin le minimalisme de Queen Christina. On voit la marque de von Sternberg et ses éclairages très travaillés mais je préfère des thèmes plus modernes qui conviennent d’ailleurs mieux à Dietrich.

Judge Priest, John Ford (1934) – 1/5: une comédie par John Ford, racontant l’histoire d’un juge dans l’état sudiste du Kentucky. Son meilleur ami est un Noir, dont le personnage est censé être comique. J’ai eu du mal… J’ai aussi eu du mal quand le neveu du juge, Rome, tente de courtiser sa voisine, ne lui laissant aucune échappatoire, la bloquant physiquement avec ses bras. La seule actrice que j’ai reconnue est Hattie McDaniel, qu’on retrouvera dans Gone With the Wind. C’est un film qui a mal vieilli et qui est bien loin des westerns du réalisateur.

The Gay Divorcee, Mark Sandrich (1934) – 3/5: une des premières collaborations entre Fred Astaire et Ginger Rogers, sur fond d’une histoire de divorce pleine de quiproquos. Les scènes de danse sont très réussies, le tout dans un décor évoquant un hôtel art déco d’une cité balnéaire anglaise. A noter: la cage avec les canaris.

The Merry Widow, Ernst Lubitsch (1934) – 2/5: Maurice Chevalier et Jeanette MacDonald jouent les deux protagonistes de ce film adapté d’une opérette. Chansons et danses se succèdent, entrecoupées de scènes de dialogue. Est-ce que je me suis ennuyée ? ça va encore. Est-ce que j’ai trouvé ça intéressant ? non. J’ai eu une impression de déjà vu et rien ne m’a aidée à m’attacher au film et aux acteurs (même pas les robes créés par Adrian – sans doute parce que ça se passe en 1885 et non dans les années 1930).

It’s a Gift, Norman Z. McLeod (1934) – 2/5: une comédie – heureusement fort courte – qui met en avant l’acteur du muet W.C. Field dans une série de gags (repris en partie des films muets, d’après wikipédia). Le film raconte l’histoire d’un épicier maladroit et de son épouse désagréable, ainsi que de leurs deux enfants, puis leur départ en Californie pour exploiter une plantation d’orangers. Je n’ai pas vraiment ri, à peine souri, mais je suis un public très difficile pour les comédies. A noter: le rôle de Baby LeRoy, un des enfants acteurs mis en avant par les studios, qui a eu une très courte carrière (et sérieusement, ce rôle, c’est du grand n’importe quoi et ça n’apporte rien à l’histoire).

At the movies – 25 (2020s)

Fire of Love, Sara Dosa

Ennio, Giuseppe Tornatore (Italie, 2022) – 3/5: un long documentaire (2h30) qui décrit la vie du compositeur Ennio Morricone, basé sur une interview et avec de très nombreux extraits de films. Intéressant pour mieux connaître sa manière de travailler mais ressemble très fort à un panégyrique, sans aucun esprit critique. La dernière demi-heure, qui montre l’influence du musicien sur d’autres, est pénible (on s’en fout de Metallica et Pat Metheny).

Downton Abbey: A New Era, Simon Curtis (2022) – 3/5: le retour de la famille Crawley et de leurs serviteurs dans un film avec deux histoires parallèles: Lady Violet a hérité d’une maison sur la Côte d’Azur et une partie de la famille va visiter le bien tandis que d’autres membres accueillent une équipe de tournage d’un film à Downton Abbey. Un film divertissant (ça fait du bien !) avec plein de jolis costumes et rien de bien compliqué dans l’histoire mais quand même quelques émotions. Que demander de plus ? A noter: Dominic West à la moustache clarkgableenne, les maillots de bain en tricot de l’époque.

Mama, Li Dongmei (Chine, 2020) – 4/5: un long mais très beau film contemplatif de la réalisatrice chinoise Li Dongmei qui raconte un épisode de son enfance. On suit Xiaoxian pendant sept jours en 1992 dans un village perdu du centre de la Chine; sa mère attend son cinquième enfant tandis que le père est parti travailler loin de là. Les images sont superbes (et m’ont fait penser à Suzaku de Naomi Kawase) et l’absence de musique met en valeur les sons de la nature qui sont très présents. Il faut un peu de patience au début mais ça en vaut la peine. #52FilmsByWomen

One Second, Zhang Yimou (Chine, 2020) – 3/5: (j’ai oublié de prendre des notes tout de suite, mais j’ai écrit un long article pour le boulot). Une histoire à l’époque de la Révolution culturelle en Chine, avec un film et beaucoup de péripéties autour des bobines de celui-ci. On y voit la lutte entre l’individu et le groupe, et comment les intérêts personnels l’emportent souvent sur le bien commun. Avec de belles images du désert du nord-est de la Chine.

Mothering Sunday, Eva Husson (Royaume-Uni, 2021) – 3/5: moins on en sait sur l’histoire de ce film, au mieux. Mais on peut quand même dire qu’il s’agit de la rencontre de Jane, servante chez un couple aisé, et de Paul, fils d’une autre bonne famille de la région. Le ton est triste et nostalgique (on est dans la période de l’après Première Guerre mondiale), c’est délicieusement étrange et mystérieux, sans qu’il ne se passe grand-chose en fait. C’est agréable à regarder mais un peu long quand même. #52FilmsByWomen

Fire of Love, Sara Dosa (2022) – 5/5: Miranda July est la narratrice de ce documentaire de Sara Dosa qui raconte la vie des époux Krafft, Maurice et Katia, volcanologues célèbres qui sont morts lors d’une éruption du mont Unzen au Japon en 1991. Le ton est au conte, à la romance, à la fantaisie tout en suivant leur vie très remplie. Les images sont superbes et le couple intrépide. J’ai adoré, et j’ai beaucoup pensé à mon papa qui adorait les volcans. Du coup, j’ai regardé un vieux dvd avec ces deux documentaires sur le même sujet: Maurice et Katia Krafft – Au rythme de la terre (Maryse Bergonzat, France, 1995) – 3/5 et Regarder le feu en face (Isy Morgensztern, France, 1995) – 3/5. #52FilmsByWomen

The Last Bus, Gillies MacKinnon (Royaume-Uni, 2021) – 3/5: un vieil homme décide de partir en mission, la dernière de sa vie sans doute: partir de l’extrême nord de l’Ecosse et rejoindre l’extrême sud-ouest du Pays de Galles, Land’s End. Il prend les bus locaux et rencontre sur son chemin des personnes très diverses qui lui veulent du mal comme du bien. Des flash-backs racontent ses motivations. C’est sentimental à souhait (j’ai pleuré comme une madeleine) mais c’est aussi bourré de clichés: la femme voilée qui se fait harceler par un homme, la droguée qui vole, le contrôleur intraitable… et le rôle des réseaux sociaux.

At the movies – 24 (2000s)

De Zaak Alzheimer – Jan Decleir et Anvers

Ce billet a mis un certain temps à se compléter, je l’ai commencé quelque part en novembre ou décembre (avec des notices très courtes) ! Il complète les filmographies de Mike Mills et Ryusuke Hamaguchi.

3:10 to Yuma, James Mangold (2007) – 3/5: un remake du western de 1957 mais plus sombre, plus axé sur l’appât du gain. Malgré son jeu très détaché, je n’ai pas aimé Russell Crowe, et pas trop non plus Christian Bale. La musique de Marco Beltrami est très bien par contre.

The Matrix Reloaded, The Wachowskis (2003) – 3/5: l’effet de surprise est un peu retombé, et les histoires dans la matrice sont moins intéressantes à mon avis. Il y a aussi pas mal de remplissage, notamment avec la gigantesque rave-party du début. Une chose qui m’a marquée: la diversité des figurants et même des acteurs. #theKeanuReevesFilmography

The Matrix Revolutions, The Wachowskis (2003) – 3/5: trop d’effets spéciaux tuent les effets spéciaux. C’était pas mal mais sans plus, et il a trop de scènes sans Keanu Reeves. #theKeanuReevesFilmography

Thumbsucker, Mike Mills (2005) – 3/5: le premier film de Mike Mills (dont je compte voir toute la filmographie, ce qui fait quatre films en tout – c’est fait depuis). Justin, un adolescent très réservé de 17 ans, vit avec sa famille dans l’Oregon (sa mère est jouée par Tilda Swinton). Il suce toujours son pouce et n’arrive pas à ce débarrasser de cette habitude. Au cours du film, il va explorer diverses solutions (dont une qui tourne mal proposée par son orthodontiste joué par Keanu Reeves) pour finalement grandir et trouver sa voie. Un film sur un ado, mais aussi sur des parents largués, encore un peu enfants eux-mêmes. Plaisant mais pas un chef-d’œuvre. #theMikeMillsFilmography #theKeanuReevesFilmography

Passion, Ryusuke Hamaguchi (Japon, 2008) – 2/5: film de fin d’études du réalisateur et ça se sent. Tous les éléments de ses futures productions sont en place – les longues discussions entre protagonistes, les plans fixes, les vues d’immeubles et d’autoroutes qui ne permettent pas de reconnaître la ville, les couleurs délavées – mais je me suis perdue dans cette histoire d’hommes et femmes du début de la trentaine. Qui sort finalement avec qui ? ça change à tout moment dans le film. #theRyusukeHamaguchiFilmography

De zaak Alzheimer, Erik Van Looy (Belgique, 2003) – 4/5: il est étonnant que je n’avais pas vu ce film plus tôt, et c’est finalement la sortie future d’un (mauvais) remake américain qui m’a poussée à la voir. C’est un thriller policier, avec un tueur (Jan Decleir) qui perd tout doucement la mémoire, et plein de liens dans le milieu de la politique, des grandes entreprises et de la justice. Deux flics (un des deux est Koen De Bouw) sont sur sa trace. On est en 1995 – l’année où Julie et Mélissa ont été retrouvées mortes – et le film met le doigt sur tout ce qui ne va pas dans la police et l’état (en particulier police et gendarmerie qui se mettent des bâtons dans les roues). C’est cru et violent, avec quelques moments très drôles si on connaît le contexte belge. A noter: la technologie de 1995 (quasi pas de téléphones portables, les ordis aux écrans cathodiques, les voitures de l’époque – il y a une Golf de la gendarmerie), les vues d’Anvers, l’anversois. J’ai adoré !

Into the Wild, Sean Penn (2007) – 2/5: ce film m’a dérangée, pas au niveau de la réalisation mais bien à cause du personnage principal que j’ai trouvé imbuvable. Il s’agit de l’histoire vraie de Christopher McCandless, étudiant idéaliste qui prend la route pour finalement se perdre en Alaska. C’est son idéalisme et sa naïveté extrêmes qui m’ont dérangée, parce que c’est plutôt de l’inconscience totale de partir avec si peu de préparation en Alaska(c’est là qu’on voit que je peux être assez rigide dans certaines situations, ou que je pense trop à tout ce qui pourrait arriver à l’avance plutôt que de me lancer). Tout le monde a encensé ce film à l’époque, y compris pour les chansons d’Eddie Vedder mais même celles-ci ne m’ont rien fait. J’en ai discuté depuis avec des collègues qui sont tout à fait d’accord avec moi – bref un film qui a vieilli. A part ça, c’est un beau voyage parmi les paysages sauvages des Etats-Unis.

At the movies – 23 (1930s)

Myrna Loy, William Powell, William H. O’Brien (à l’arrière) et Maureen O’Sullivan dans The Thin Man (wikicommons)

Viva Villa !, Jack Conway (1934) – 2/5: je me doutais bien en lisant le titre de ce film qu’il y avait des chances que ça se passe au Mexique, et en effet, c’est l’histoire – romancée – du bandit devenu général de l’armée Pancho Villa. Il est interprété par un Américain, Wallace Beery, comme tous les rôles importants du film (il y a aussi Fay Wray). L’histoire ne m’a donc pas passionnée (comme tous les films du genre – c’est juste moi qui n’aime pas trop les films qui parlent des troubles au Mexique de cette époque) mais c’est tourné sur place, dans les campagnes et les villes et c’est une bouffée d’air frais.

Tarzan and his Mate, Cedric Gibbons (1934) – 2/5: j’ai hésité à regarder ce film après la catastrophe raciste et violente qu’est le premier. Celui-ci n’est pas plus modéré au niveau du racisme (les porteurs sont menés au fouet) mais il y a moins de massacres gratuits d’animaux. On y retrouve donc Tarzan (Johnny Weissmuller qui n’est pas devenu un meilleur acteur depuis), qui vit maintenant avec Jane (Maureen O’Sullivan) dans un nid de marsupilami (pardon) et une expédition de deux Blancs avides d’ivoire – expédition qui se passe mal évidemment (il y a même un certain suspense). La MGM en profite pour montrer tout son zoo, parfois avec quelques effets spéciaux dans les combats entre homme et crocodile / lion / rhinocéros. Mais le film est à noter surtout pour le fait que Maureen O’Sullivan est particulièrement dénudée (voire tout à fait) et qu’on entrevoit un sein ou un poil pubien (paraît-il, je n’ai pas repéré cette scène). Le ballet aquatique des deux héros sous l’eau est particulièrement impressionnant (on voit que le studio a investi dans des immenses piscines !). En gros, je me suis ennuyée mais pas tout le temps.

Twentieth Century, Howard Hawks (1934) – 1/5: Mildred Plotka (Carole Lombard), totalement inconnue, est engagée par Oscar Jaffe (John Barrymore), créateur de pièces de théâtre à Broadway. L’homme est assez impossible mais les pièces avec Mildred, maintenant nommée Lily Garland, sont un succès. Mais comme elle ne le supporte plus, elle le quitte pour Hollywood. Ils se retrouvent quelques années plus tard dans un train, le Twentieth Century Limited. Je n’ai pas supporté le personnage principal et Carole Lombard ne m’a absolument pas séduite. Je me suis ennuyée pendant 1h30 devant les scènes de dialogue dans les mêmes décors en intérieur, et le slapstick ne m’a pas distraite. Bref, je suis complètement passée à côté de ce film.

The Black Cat, Edgar G. Ulmer (1934) – 3/5: le premier des huit films réunissant Boris Karloff et Bela Lugosi. C’est un film d’horreur se déroulant quelque part en Hongrie, dans une maison hyper-moderne qui abrite des caves où se déroule un culte sataniste. C’est très court, un peu plus d’une heure, mais c’est très prenant et le réalisateur réussit à créer des ambiances qui font peur, avec des jeux d’ombres et lumières et ce chat noir qui se ballade partout. La musique est envahissante par contre, occupant 80% du film. A noter: le train, le chat et les décors quasi futuristes et très minimalistes.

The Thin Man, W.S. Van Dyke (1934) – 3/5: une histoire de meurtre avec plein d’éléments de comédie, adaptée d’un roman de Dashiell Hammett. On y rencontre le couple Nick et Nora (William Powell et Myrna Loy). Nick est un ancien détective qui vit maintenant dans les hautes sphères de la société grâce à la fortune dont dispose Nora. Entre deux cocktails (et il y en a beaucoup – des martini essentiellement), il aide la police à démêler les fils d’un crime. Je n’ai pas trop compris le dénouement de l’affaire, ça va beaucoup trop vite (William Powell a lui même eu du mal à retenir tout son texte) mais le film est prenant et agréable à regarder. A noter que le nom « Nick and Nora glass » pour les verres de cocktails est inspiré de ce film et a été donné dans les années 1980 par le barman Dale DeGroff (même s’ils désignent aujourd’hui des verres un peu plus grands que dans le film). Et il y a donc une scène de bar. Et un chien, Asta, un fox terrier qui a eu une belle carrière à Hollywood.

Of Human Bondage, John Cromwell (1934) – 3/5: basé sur un roman de Somerset Maugham, ce film raconte l’histoire de Philip (Leslie Howard), étudiant en médecine, qui tombe fou amoureux de Mildred (tiens, encore une Mildred) (Bette Davis), serveuse dans un restaurant, alors que celle-ci profite de lui et se moque de lui. C’est un film intéressant sur les relations humaines et l’obsession amoureuse. Bette Davis est vraiment intéressante dans son rôle et crève l’écran face au jeu très en retrait de Howard (que je ne connaissais que de Gone With the Wind).

Cleopatra, Cecil B. DeMille (1934) – 3/5: aaaah les péplums de Cecil B. DeMille, avec cet exotisme orientalisant, ses décors magnifiques inspirés par l’art déco, ses robes superbes. Claudette Colbert vole la vedette face aux acteurs qui jouent César et Marc Antoine. DeMille propose un film très sensuel, juste au moment où le Code Hays est entré en vigueur. Par la suite, il ne pourrait plus montrer ces corps quasi dénudés. J’ai beaucoup aimé, mais il faut bien avouer que les scènes de bataille à la fin sont du grand n’importe quoi qui ne tient pas la route.

At the movies – 22 (1990s)

My Own Private Idaho – un de mes films préférés de tous les temps

J’ai mis pas mal de temps a composer cette liste, je l’ai en effet commencée en décembre et il y a clairement un fil rouge: le filmographie de Keanu Reeves.

Point Break, Kathryn Bigelow (1991) – 4/5: je n’avais plus vu ce film depuis les années 1990 (je l’avais sans doute vu plusieurs fois, et j’avais acheté la cassette avec la – mauvaise – bande-son). Est-ce que c’est toujours aussi bien ? oui, mais en même temps, on voit que les films d’action ont énormément évolué en 30 ans – il suffit de regarder la série des John Wick. Il n’y avait pas encore tous les effets spéciaux et l’influence des arts martiaux était limitée, même si Patrick Swayze montre qu’il en est capable. Et puis, avec ce film que je suis tombée amoureuse du surf (de loin, sans penser en faire un jour moi-même). Ce qui n’est dit quasi nulle part (à part sur les pages concernant l’auteur), c’est que le film a été en partie inspiré par le livre de Kem Nunn, Surf City (Tapping the source, en v.o.) – quoique, après vérification, ce ne serait pas le cas, mais peu importe, j’y vois bien une inspiration possible. #52filmsbywomen #theKeanuReevesFilmography

The Matrix, The Wachowskis (1999) – 4/5: je crois qu’il y a une constante là: revoir les films avec Keanu Reeves. Mais c’est aussi parce qu’une quatrième partie sort bientôt (ceci a donc été écrit en décembre). C’est bizarre de revoir un film qu’on a adoré à l’époque. J’avoue que je me suis un peu ennuyée pendant la « mise en place », pendant la première moitié donc, mais la seconde partie passe toujours aussi bien. Par contre, cet étalonnage accentuant les verts m’a laissée sceptique, je préfère les tons plus francs, plus fluos, plus néon. J’ai aussi les films suivants sur ma pile à revoir (c’est fait entre-temps mais l’article est toujours en mode brouillon)… #theKeanuReevesFilmography

I Love You to Death, Lawrence Kasdan (1990) – 3/5: Rosalie (Tracey Ullman) découvre que son mari (Kevin Kline) est infidèle et décide de le tuer. Sauf que tout ne se passe pas comme prévu. Un film assez drôle avec comme ami du couple Devo (River Phoenix) et les candidats tueurs Harlan et Marlon (William Hurt et Keanu Reeves). Ce dernier est dans un rôle où il est complètement stoned et ne dit quasi rien. #theKeanuReevesFilmography

Suzaku, Naomi Kawase (Japon, 1997) – 3/5: j’avais vu ce film au cinéma à sa sortie et j’en avais gardé un excellent souvenir. Je voulais le revoir depuis longtemps mais la mauvaise copie en dvd m’avait retenu. Pas que cette copie-ci soit meilleure, et je pense que c’est ce qui a contribué à ma note très moyenne. Parce que quand il n’y a plus la beauté des images (dont les couleurs sont affadies par le mauvais transfert depuis la pellicule), il ne reste plus grand-chose, à part une histoire qui n’en est pas vraiment une dans un village isolé du Japon. Dommage. #52filmsbywomen

My Own Private Idaho, Gus Van Sant (1991) – 5/5: quand j’ai vu ce film à sa sortie, j’en suis tombée amoureuse et je l’ai longtemps considéré comme mon film préféré de tous les temps. Il me rappelle aussi cette relation (intime mais pas amoureuse) avec un garçon quand j’ai vécu un an à Louvain; il adorait aussi le film et m’avait offert le scénario, que j’ai toujours. Je me suis rendue compte que ça faisait bien 15 ans que je ne l’avais pas vu et c’est avec un peu d’appréhension que j’ai commencé mon visionnement. Je n’avais pas de soucis à me faire, la magie opère toujours. Il y a bien des moments où j’ai tiqué, comme le passage en Italie, mais c’est l’atmosphère générale qui me parle autant, très douce-amère, très proche de certains traits de mon caractère. Les deux acteurs principaux, River Phoenix et Keanu Reeves sont fantastiques, même si River en fait parfois un peu trop. J’ai sans doute fait plus attention à la musique qu’avant, mes connaissances ayant bien évolué depuis, et il y a cette magnifique chanson d’Eddy Arnord, « The Cattle Call », avec yodel. #theKeanuReevesFilmography

Bill & Ted’s Bogus Journey, Pete Hewitt (1991) – 2/5: je me doutais bien à l’avance que ce ne serait pas un grand film mais comme j’avais apprécié (et c’était une surprise) le premier de la série, je me suis dit que je pouvais donner une chance à celui-ci. Mais les seconds d’une série sont souvent moins bons: l’histoire est compliquée et se passe à des endroits trop improbables (entièrement filmés en studio et remplis de mauvais effets spéciaux): l’enfer, le paradis, le futur… J’ai cependant apprécié le personnage de la mort qui est très drôle, et à un autre niveau, les quelques bâtiments modernistes qui sont montrés quand on est dans un décor naturel. La musique de Steve Vai reste cependant tout aussi mauvaise ! A noter: Joey Burns et John Convertino ont été les coachs musicaux (bien avant qu’ils ne créent Calexico, donc) (oui, j’ai lu le générique). #theKeanuReevesFilmography

Dracula, Francis Ford Coppola (1992) – 3/5: j’avais adoré ce film à l’époque, je l’avais même sans doute vu avec mon papa et on avait été bluffés. Aujourd’hui, le film a un peu vieilli, je trouve, mais c’est peut-être dû à la très mauvaise qualité de la copie (en bluray pourtant) que j’ai vue. Restent les superbes costumes et certains décors inspirés de l’Art Nouveau, le côté gothique, Gary Oldman en un Dracula très troublant, une sensualité extrême. Bizarrement je n’ai pas accroché à Anthony Hopkins en Van Helsing, sans doute parce le Van Helsing de Buffy/Angel a pris le dessus dans ma mémoire. Avec aussi Keanu Reeves qui n’est pas à sa place, Winona Ryder et Tom Waits qui mange des mouches. #theKeanuReevesFilmography

At the movies – 21 (1930s)

The Bitter Tea of General Yen de Frank Capra

I’m No Angel, Wesley Ruggles (1933) – 3/5: un film avec Mae West (qui a écrit le scénario) et Cary Grant. Tira est danseuse burlesque dans un cirque et séduit tous les hommes. Elle noue des relations plus intimes avec ceux qui ont de l’argent. Au fil de l’histoire, plusieurs homme se succèdent jusqu’à ce qu’elle rencontre Jack (Cary Grant, donc). Une classique histoire de femme pauvre qui recherche l’homme riche pour subvenir à ses besoins (on nommait ça une « gold digger »). Mae West brille par son langage très cru et ses formes aguichantes, mais j’avoue ne pas trop accrocher – ça devient vite vulgaire. A noter: la robe avec toile d’araignée en strass, le morceau de burlesque mais sans effeuillage, les lions du studio.

Little Women, George, Cukor (1933) – 1/5: dieu que c’est neuneu (et tant pis si le mot n’existe pas) ! C’est clairement lié à l’histoire de base, venant du roman de Louisa May Alcott, et si la version de Greta Gerwig de 2019 avait quand même côté rafraîchissant, celle-ci est juste ennuyeuse et pleine de bons sentiments, même si elle avait reçu de très bonnes critiques à l’époque. Avec Katharine Hepburn et Joan Bennett. A noter: des chatons et une cage avec des canaris, la musique romantico-larmoyante de Max Steiner.

Morning Glory, Lowell Sherman (1933) – 2/5: encore un film avec Katharine Hepburn, que je n’aime pas trop en fait (en tous cas dans ses premiers rôles), face à Douglas Fairbanks Jr. C’est l’histoire d’une jeune actrice qui veut percer dans le monde du théâtre et qui tente d’obtenir son premier rôle. Une fois que c’est acquis, elle se rend compte qu’elle doit choisir entre le succès et l’amour (oui, c’est toute l’histoire, et désolée pour le spoil). C’est un film très statique, avec très peu de décors (c’est adapté d’une pièce de théâtre) et j’ai perdu le fil à plusieurs moment pour cause d’ennui.

She Done Him Wrong, Lowell Sherman (1933) – 3/5: encore un hasard, deux films de Lowell Sherman à la suite, ici avec Mae West et Cary Grant (et tourné avant I’m No Angel). Je dois dire que j’ai préféré Mae West dans ce film-ci, même si elle a un style particulier. L’histoire, un peu compliquée, se passe essentiellement dans un saloon pendant les années 1890; Lou y est la chanteuse principale et a l’art de s’entourer d’amis qui la couvrent de diamants. Cary Grant joue le rôle du capitaine de police Cummings qui fait une enquête undercover pour démasquer un réseau de prostitution et d’autres activités illégales (c’est parfois un peu confus, je trouve). Plaisant, mais sans plus. A noter: comme dans I’m No Angel, Mae West a une domestique afro-américaine – c’était un souhait de la star de mettre en avant des actrices noires.

The Bitter Tea of General Yen, Frank Capra (1933) – 4/5: Megan (Barbara Stanwyck) arrive à Shanghai en plein milieu de la guerre civile pour épouser un missionnaire. Elle se trouve mêlée à une émeute et est sauvé par le Général Yen (Nils Asther), un des rebelles. Celui-ci tombe amoureux d’elle… Il y a évidemment plein à redire au niveau du racisme ambiant de l’époque: les Blancs qui dominent, qui nomment les Chinois des « chinamen » sans distinction, les vêtements et les décors un peu exagérés, le fait d’avoir engagé un acteur suédois pour jouer un Chinois, son maquillage risible avec les sourcils pointés… Mais l’histoire se tient et est assez prenante, analysant l’attirance progressive de Megan pour la culture chinoise et pour le Général. Et l’utilisation du noir, du blanc et des jeux d’ombres et lumières est particulièrement travaillé et fait penser à du Josef von Sternberg. Une belle surprise donc pour cette « chinoiserie ». A noter: plusieurs scènes avec un train et l’actrice japonaise Toshia Mori.

Ceci termine ma liste d’une bonne vingtaine de films pour 1933. Comme les années précédentes, j’ai laissé tombé les Marx Brothers et Laurel et Hardy et je n’ai pas trouvé State Fair de Henry King. 1934 est l’année de l’introduction du code Hays qui régit la moralité des films à partir du début de l’été, et donc je vais les regarder en deux fois, en fonction de leur date de sortie (avant/après juillet). En fait, je suis même leur ordre chronologique de sortie que j’ai trouvé sur wikipedia. J’en ai 21 sur ma liste.

The Lost Patrol, John Ford (1934) – 2/5: pendant la Première Guerre mondiale, une patrouille se perd dans le désert de Mésopotamie. Elle se réfugie dans une oasis mais ne peut la quitter, harcelée par les Arabes. Au fur et à mesure de l’histoire, les soldats sont tués et les émotions s’exacerbent. Je n’ai pas trouvé ça très passionnant, il n’y a que des hommes (qui parlent des femmes comme objets de plaisir), mais c’est un film en extérieur, et on voit l’art de la composition et des jeux de lumières de John Ford (dont j’ai vu beaucoup de westerns). Avec Victor McLaglen et Boris Karloff.

It Happened One Night, Frank Capra (1934) – 3/5: une comédie romantique mettant en scène Claudette Colbert dans le rôle d’une jeune femme fuyant son père très riche et qui est opposé à son mariage avec un pilote d’avion et Clark Gable (avec moustache, mais sans poils sur le torse), un journaliste au chômage, qui la mène à bon port en échange d’un scoop. Une histoire classique de rejet qui se transforme en amour – et du coup ce n’est pas toujours très passionnant, mais ce n’est pas un mauvais film non plus.

At the movies – 20 (1930s)

Footlight Parade – une des scènes de piscine

Du bon, du moins bon, et de la comédie musicale à grand spectacle pour ces sept films de 1933.

Queen Christina, Rouben Mamoulian (1933) – 4/5: un film historique vaguement inspiré de la vie de la reine Christine de Suède. On y retrouve son désir de liberté et son amour de la culture, tandis que son amour pour un beau diplomate espagnol est inventé. Mais peu importe. Il y a aussi quelques scènes qui évoquent son amour pour sa dame d’honneur, mais elles restent très chastes. C’est filmé de manière très sobre, avec une belle attention pour la lumière. Greta Garbo est parfaite dans ce rôle très androgyne. A noter: les robes d’Adrian.

Bombshell, Victor Fleming (1933) – 4/5: une screwball comedy typique, avec des dialogues qui vont à du 100 à l’heure. Jean Harlow joue le rôle d’une actrice d’Hollywood poursuivie par ses fans et devant tourner les scènes manquantes pour le film Red Dust (un de ses films précédents – il y a d’ailleurs une furtive image de Clark Gable dans l’intro), notamment celle où elle se baigne dans un grand tonneau. Mais tout ce qu’elle demande c’est de mener une vie normale et d’adopter un enfant. Ce n’est pas un chef-d’oeuvre mais je ne me suis pas ennuyée un moment. A noter: les scènes tournées au Cocoanut Grove, le nightclub en style marocain/tropical/pré-tiki où se voyaient toutes les stars de l’époque, les robes d’Adrian.

Cavalcade, Frank Lloyd (1933) – 2/5: la chronique d’une famille bourgeoise de Londres entre la guerre des Boers de 1899 et 1933, avec de nombreux drames (le Titanic, check !, la Première Guerre mondiale, check !, l’alcoolisme, check !). Vu du côté de la famille mais aussi du personnel de maison, comme dans Downton Abbey. C’est pas mal, assez prenant même, mais il y a un peu trop de patriotisme, surtout à la fin. L’âge des acteurs est aussi du grand n’importe quoi: Una O’Connor qui joue la femme de chambre est jeune maman mais a en vrai 53 ans, Dyana Wynyard est 2 ou 3 ans plus jeune que ses deux fils – on pourrait dire que peu importe vu qu’il s’agit d’un film qui se déroule sur plus de 30 ans, mais quand même !

Ecstasy, Gustav Machaty (Tchécoslovaquie, 1933) – 4/5: j’avais abandonné ce film après 12 minutes parce qu’il est quasi muet et que le musique est très répétitive. Et puis j’ai eu des regrets parce que les images sont particulièrement travaillées. Je voulais aussi voir pourquoi ce film était considéré comme érotique: il y a en effet des scènes avec une Hedy Lamarr complètement nue et des scènes où son visage montre l’orgasme. Mais en dehors de ça, j’ai trouvé le film intéressant avec son histoire de mariage raté et de femme qui cherche le plaisir dans la campagne slovaque. Et puis, je me devais de regarder au moins un film avec Hedy Lamarr, une femme qui est tellement plus qu’actrice (il y a un intéressant documentaire à son sujet).

Dinner at Eight, George Cukor (1933) – 3/5: un film virevoltant avec plein de personnages, et donc plein d’acteurs (John et Lionel Barrymore, Wallace Beery…) et d’actrices (de la jeune Jean Harlow aux bien plus âgées Billie Burke et Marie Dressler – j’approuve !). La narration ne laisse aucun moment creux mais c’est là qu’on voit que le film date de 1933: le montage est somme toute très statique, se concentrant sur une même ligne narrative pendant plusieurs minutes au lieu de passer de l’une à l’autre comme aujourd’hui. A noter: le petit chien (pékinois) qui s’appelle Tarzan (en fait c’était Mussolini à la base mais ça a été jugé offensant par le studio), les belles robes d’Adrian.

Footlight Parade, Lloyd Bacon (1933) – 2/5: ma cote pour ce film est en fait de 1/5 pour la première heure et un quart, et de 4/5 pour la dernière demi-heure. Producteur de comédies musicales, Chester Kent (James Cagney) se retrouve sans travail avec l’avènement du cinéma parlant. Il décide alors de monter des « prologues » à présenter avant les films. La première partie de l’histoire cause beaucoup et est parfois très confuse. Elle n’est finalement qu’un « prologue » aux « prologues » de la dernière demi-heure, trois chorégraphies de Busby Berkeley montrées intégralement. Surtout la seconde est superbe, annonçant les films d’Esther Williams avec des scènes de nageuses. Par contre, le réalisme, on oublie: une scène de cinéma ne possédait certainement pas une piscine qui change plusieurs fois de forme et qui se transforme même en forêt avec cascades. Je n’aime vraiment pas James Cagney (que ce soit ici ou dans les rôles de gangsters); par contre Joan Blondell est bien plus intéressante. On y voit aussi Ruby Keeler et Dick Powell (encore un acteur qui m’indiffère). A noter: la scène patriotique avec le drapeau américain.

Gold Diggers of 1933, Mervyn LeRoy (1933) – 3/5: le hasard a fait que je regarde cette comédie musicale juste après Footlight Parade et les acteurs principaux sont quasi les mêmes (sans James Cagney). Warren Williams est donc accompagné par Joan Blondell, Ruby Keeler et Dick Powell, et il y a aussi un rôle pour Ginger Rogers. Il s’agit aussi d’un film sur le montage d’un spectacle, en pleine dépression, mais l’histoire est un peu plus prenante. La chorégraphie est signée Busby Berkeley mais je l’ai trouvée moins intéressante que dans Footlight Parade. Toute l’intrigue est résolue quinze minutes avant la fin du film et puis il y a une dernière chorégraphie qui sort le spectateur du monde un peu rêvé d’avant: c’est la dure réalité de la dépression, des femmes qui doivent se prostituer et des vétérans qui n’ont ni argent ni travail (ce qui est aussi le prétexte pour une scène patriotique avec le drapeau américain). A noter que « gold digger » était le nom donné à ces femmes qui cherchaient un mari riche à l’époque.

At the movies – 19 (1960s)

Bandolero (affiche du film)

Pour les années 1960, on voit clairement que je suis dans les westerns. Je continue en effet à les regarder chronologiquement selon une liste que j’avais trouvé dans un livre (et je trouve dommage maintenant que je n’ai jamais pris de notes auparavant).

Hang ’em high, Ted Post (1968) – 3/5: un western américain avec Clint Eastwood inspiré par les westerns spaghetti – avec donc le même type de personnage et une musique « morriconesque ». Une scène de pendaison bien trop longue, une scène romantique qui apparaît soudainement et une conclusion un peu bâclée.

Bandolero, Andrew V. Mclaglen (1968) – 4/5: des braqueurs de banque en fuite avec une otage, la troupe du shérif qui les poursuit et des banditos mexicains, le tout avec une attirance de plusieurs des protagonistes pour la seule femme du film. Elle est jouée par Raquel Welch, à la mise en plis et au maquillages parfaits même après avoir passé trois jours en plein désert. Un western classique mais qui fonctionne assez bien, tourné en Panavision dans de beaux paysages.

The Wild Bunch, Sam Peckinpah (1969) – 4/5: un classique du western, reconnu pour son inventivité dans la manière de filmer (mise en scène très dynamique et complexe) et pour son extrême violence, avec du sang qui gicle (avant, le sang n’était jamais montré de cette manière) (pour plus d’infos, je vous renvoie vers la page en français de wikipedia qui est très détaillée). J’ai l’impression que la scène du train a inspiré celle dans Breaking Bad. A part ça, je me faisais la réflexion que la brochette d’acteurs n’est pas très attirante selon les normes actuelles et je me demandais qui serait choisi aujourd’hui. Et j’ai toujours eu un peu de mal avec les westerns se passant au Mexique même si j’aime beaucoup les corridos et autres chansons de mariachis.

Butch Cassidy and the Sundance Kid, George Roy Hill (1969) – 3/5: encore un classique avec Paul Newman et Robert Redford, mais je l’ai trouvé assez inégal, avec de longs moments où il ne se passe rien, des scènes romantiques baignées du soleil matinal typiques de la fin des années 1970 (on y est presque), et une histoire assez décousue. La musique de Burt Baccharah est assez bizarre, pas western du tout, mais dans l’esprit de l’époque. Belles scènes de train et de poursuite.

True Grit, Henry Hathaway (1969) – 3/5: John Wayne dans un rôle de vieux U.S. Marshal bedonnant et alcoolique, Glen Campbell – le chanteur country – avec rouflaquettes (Elvis Presley avait été approché pour le rôle), et Kim Darby comme jeune femme énervante au possible (elle a les cheveux courts en 1880 – yeah – et sa marche est bizarre, comme un fermier mal dégrossi). L’histoire est intéressante, celle d’une vengeance, mais les acteurs (à part John Wayne) mal choisis (il y a aussi Robert Duvall et Dennis Hopper chez les méchants). Peut-être que la version de 2010 des frères Coen me plaira mieux ? A noter: de superbes paysages, un personnage chinois (l’épicier) et un beau chat roux.

The Undefeated, Andrew V. McLaglen (1969) – 2/5: un western rassemblant John Wayne et Rock Hudson, avec des thèmes que j’aime moins: la guerre de Sécession et les troubles au Mexique. Mais il y a quelques belles scènes avec une horde de chevaux, et un chat.

Tell Them Willie Boy Is Here, Abraham Polonsky (1969) – 3/5: un western à la limite du genre: il se passe en 1909 et il y a des voitures en plus des chevaux. C’est l’histoire d’une personne, Willie Boy, Indien Païute qui prend la fuite avec sa bien-aimée suite au meurtre du père de celle-ci. Il est poursuivi par le shérif (Robert Redford), accompagné d’une milice. J’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire, mais une fois la poursuite entamée, le film en vaut la peine – surtout pour les superbes paysages, mais aussi pour la psychologie des principaux protagonistes. Dommage cependant que les rôles d’Indiens soient joués par des Américains non Indiens (Katharine Ross et Robert Blake). A noter: les scènes érotiques soft et les images romantico-seventies à la douce lumière, la musique morriconesque de Dave Grusin.

At the movies – 18 (2010s)

The Witch, Robert Eggers

Merci pour vos réponses lors de mon sondage dans l’épisode précédent. Je garde donc le découpage par décennies.

Senses, Ryusuke Hamaguchi (Japon, 2015) – 3/5: j’ai longtemps hésité pour la note de ce film. Il dure plus de cinq heures et c’est bien trop long. En même temps, ça laisse le temps à Ryusuke Hamaguchi de faire un portrait très fin de quatre amies de la fin de la trentaine, vivant à Kobé. L’une d’entre elle veut divorcer de son mari et c’est compliqué; les autres se posent des questions quant à leurs relations amoureuses. Ce qui est long, ce sont certaines scènes de discussions qui ne sont quasi pas coupées et où la caméra ne bouge pas forcément beaucoup. Mais j’ai aimé la sensibilité et les émotions des femmes; c’est un portrait très réaliste (et on se rend compte que le Japon a encore du boulot au niveau du droit des femmes). Comme les autres films d’Hamaguchi, les couleurs sont désaturées et les paysages essentiellement urbains. #theRyusukeHamaguchiFilmography

The Witch, Robert Eggers (2015) – 4/5: j’ai beaucoup de mal à parler de ce film que j’ai pourtant beaucoup aimé, alors qu’a priori je n’apprécie pas trop les films d’horreur. Mais il y a bien plus que de l’horreur, ici, et il ne faut pas réduire le film à ça. C’est une histoire de sorcière (Anna Taylor-Joy) dans l’Amérique des années 1630, dans une famille encore plus puritaine que les puritains du village qu’ils quittent. Il y a cette force du patriarcat et ce désir profond de s’en libérer, sauf qu’à cette époque c’est impossible. La reconstitution historique est précise jusque dans les moindres détails (maison, vêtements…). Quant aux couleurs, elles sont fades et passées, représentant l’hiver où tout est en hibernation. Il y a juste une touche de rouge: le manteau d’une sorcière, le sang qui coule. Il faut que je voie les autres films de Robert Eggers, c’est clair (c’est fait depuis, il n’y en a que trois en tout – voir ci-dessous et ici pour The Northman) !

The Lighthouse, Robert Eggers (2019) – 3/5: me voilà de retour avec un autre film de Robert Eggers mais… je me suis profondément ennuyée. L’histoire est celle d’un huis-clos, de deux hommes (Willem Dafoe et Robert Pattinson) sur une île isolée devant s’occuper d’un phare, à la fin du 19e siècle, quelque part entre thriller et film psychologique, avec de nombreuses scènes de beuverie. Visuellement par contre, c’est superbe, avec un noir et blanc très contrasté et dans un format presque carré. J’ai souvent pensé à la lumière des films des années 1930. Il y a de nombreuses références phalliques (évidemment, avec un phare) et mythologiques (les sirènes, les dieux grecs).

Hungry Hearts, Saverio Costanzo (Italie, 2014) – 2/5: s’il n’y avait pas eu Adam Driver dans ce film, je ne l’aurais sans doute jamais regardé. Il commence comme une comédie romantique: Jude rencontre Mina alors qu’ils sont enfermés dans les toilettes d’un restaurant. Ils se marient et ont un enfant. Et c’est là que ça bascule: Mina, par souci de « pureté », ne nourrit pas assez le petit (qui n’a pas de nom) et Jude s’en rend compte. Il tente d’agir, mais ça devient du grand n’importe quoi mélodramatique. Je regarde souvent combien de temps il reste avant la fin, et quand j’ai vu qu’il n’y avait plus que 15 minutes alors qu’on était loin d’une conclusion intéressante, j’ai compris que ce serait expéditif (et particulièrement WTF). A noter: les belles images de New York et Coney Island, et Adam Driver évidemment. #theAdamDriverFilmography

While We’re Young, Noah Baumbach (2014) – 4/5: un couple newyorkais de la quarantaine rencontre un couple de la vingtaine et est séduit par leur fraîcheur. C’est la base de l’histoire mais c’est plus complexe que ça, et c’est aussi très drôle de voir comment on devient vite un « vieux con ». Avec Ben Stiller et Naomi Watts d’un côté et Adam Driver et Amanda Seyfried de l’autre. Je me rends compte que j’aime vraiment les films de Noah Baumbach (comme quoi c’est parfois intéressant de voir tous les films d’un acteur) et son analyse de la vie quotidienne d’une certaine catégorie d’habitants de New York (que je qualifierais d’intellos arty). #theAdamDriverFilmography

Downton Abbey, Michael Engler (2019) – 3/5: un plaisant retour à Downton Abbey (j’ai vu toute la série) mais une histoire quand même un peu très limitée: le roi et la reine viennent à Downton Abbey et toute l’organisation du château est chamboulée par ça. Heureusement, il y a quelques histoires secondaires. J’aime toujours autant les discussions entre Lady Violet et Lady Merton.

Star Wars: Episode VII – The Force Awakens, J.J. Abrams (2015) – 3/5: je n’ai jamais été une grande fan de films de science-fiction, et même Star Wars, j’ai mis très longtemps à les regarder (au point que je le considérais comme un trou dans ma culture). J’ai vu les six premiers film en une fois, il y a sans doute une quinzaine d’années, et là, je reprends le fil. Le prétexte est mince: c’était le film suivant dans la filmographie d’Adam Driver. Est-ce que je me suis un peu ennuyée ? oui. Mais est-ce que j’ai regardé jusqu’au bout en me rappelant le premier film ? oui. A part ça, je n’ai pas vraiment plus à dire. #theAdamDriverFilmography