Surf City

Kem Nunn, Surf City: un jour, Ike Tucker, jeune homme vivant dans une petite bourgade du désert, apprend que sa soeur a disparu et reçoit une liste de noms de personnes qui pourraient être impliquées. Ce sont des surfeurs. Il quitte tout et part à sa recherche. Il débarque sur les plages de Huntington Beach en Californie du Sud et tente de se frayer un chemin parmi les codes très précis des quelques groupes de surfeurs. Il rencontre un motard, vétéran du Vietnam, qui l’aidera par moments, ainsi qu’une jeune femme dont il tombera amoureux. Il découvre très vite que tout n’est pas rose dans le coin. Indice par indice, il remontera le chemin menant à la disparition de sa soeur, tout en se découvrant une passion pour les vagues.

Je pense l’avoir déjà raconté, j’ai une attirance assez irrésistible pour le monde du surf même si je n’ai jamais pensé à en faire moi-même, et donc dès qu’un livre ou un roman en parle, je le lis. Je ne connaissais pas Kem Nunn et j’ai découvert cet auteur chez Electra (sur son autre blog). Elle en disait beaucoup de bien et j’ai également été conquise. Ma note si élevée, très personnelle, est sans doute liée à mon attirance pour le surf, mais j’ai également beaucoup apprécié la description de la Californie du Sud, entre plages, villas d’acteurs et hôtels miteux. Depuis très longtemps (l’adolescence sans doute), j’ai une fascination pour cette région, mais c’est une fascination un peu bizarre: j’adore lire des romans ou de la non-fiction se passant dans cette région mais je n’ai pas vraiment l’envie d’aller sur place (j’y ai été une fois, à 18 ans). Il y a quelque chose de spécial, ce mélange de richesse, de pauvreté, de stars, de paumés, l’éternel beau temps, l’océan. Je crois que mon addiction a commencé en lisant Less than zero de Bret Easton Ellis, un livre qui m’a marquée. Et ce roman de Kem Nunn propose le même genre d’ambiances. J’ai lu aussi qu’il avait inspiré Point Break, un film que j’ai beaucoup aimé à l’époque.

Avez d’autres livres qui se passent en Californie du Sud (avec du surf, ou pas) à me proposer ?

Barbarian days

514zylczj8l-_sx336_bo1204203200_William Finnegan, Barbarian days: a surfing life: le titre dit tout, ceci est livre de surf. William Finnegan est originaire de Los Angeles, où jeune adolescent, il apprend à surfer. Le métier de son père, producteur pour le cinéma et la télévision, l’emmène à Hawaï, le lieu idéal pour développer ses talents de surfeur. Il décrit son amitié avec des garçons hawaïens mais aussi la ségrégation entre les blancs et les autres à son collège. William retourne ensuite en Californie et ne sait pas trop ce qu’il veut faire de sa vie. Avec un ami, il décide de faire le tour du Pacifique pour surfer. Il réside ainsi à Guam, aux îles Samoa, à Fidji où les deux jeunes hommes découvrent une vague superbe… Ils vivent très simplement, quasi sans le sou, passant de plage en plage, dormant souvent à la belle étoile. Ils continuent leur route en Australie et Asie du Sud-Est puis ils se séparent et Finnegan se rend en Afrique du Sud en pleine période de l’apartheid. Il commence à écrire divers articles pour des magazines et devient en fin de compte reporter de guerre pour le New Yorker, continuant à surfer à San Francisco et New York, puis à Madère. Mais ce qui prédomine dans le livre, c’est la passion pour le surf, la recherche de la vague idéale (ou pas), le plaisir d’apprivoiser un nouveau lieu avec ses spécificités mais aussi la camaraderie dans ce milieu très masculin à l’époque.

J’ai beaucoup de mal à mettre le doigt sur ce qui a provoqué un plaisir de lecture si intense. J’ai toujours aimé la mer, ou plutôt les bords de mer, les vagues qui se brisent, et j’ai toujours été attirée par les images de surf. Pas que je pratique moi-même; je n’ai jamais essayé et l’idée ne m’a jamais traversé l’esprit. Mais je sens une certaine attirance vers ce monde et les descriptions de Finnegan m’ont parlé, même les plus longues, celles qui ne s’intéressaient qu’aux vagues et à leurs particularités précises. Le récit est dense, très dense, mais je l’ai dévoré, abandonnant chaque fois mon livre à regret arrivant à destination lors des mes trajets en métro. J’ai aussi été touchée par les descriptions très fines du monde tel qu’il était dans les années 1960 et comment il évolue au cours du temps, même si l’histoire contemporaine n’est que peu abordée (j’aimerais lire l’autre côté des mémoires de Finnegan, celle du reporter de guerre).

Pour moi, c’est un livre d’île déserte, un de ceux que j’emporterais certainement. Même sans cet intérêt pour le surf, je pense qu’il y a moyen d’apprécier ce récit et je le conseille donc chaudement.

Puberty Blues (Random remarks about…)

Puberty Blues est une série australienne qui compte deux saisons diffusées en 2012 et 2014. Basée sur un roman écrit en 1979 par Kathy Lette et Gabrielle Carey, elle raconte la vie de tous les jours de deux adolescentes, Debbie et Sue, et de leurs parents à Cronulla, sur la côte australienne.

  • cela se passe à la fin des années 70, donc vêtements en polyester et vieilles bagnoles
  • à la côte en Australie = surf = plein de (beaux) mecs
  • les mecs ne sont pas si beaux que ça: la série est très réaliste, loin des clichés californiens. Ils forment un petit groupe uni et beaucoup se droguent
  • l’histoire commence quand Debbie et Sue veulent rejoindre le groupe des filles populaires. Les clichés tombent vite et la suite est bien plus crue qu’on pourrait le penser
  • les personnages des parents sont très bien développés: une famille stricte mais dont le couple a ses problèmes, une famille hippie mais avec certaines valeurs, une famille dont le mari est juste un horrible coureur de jupons mais dont la femme a un nombre certain de défauts également
  • bref, rien n’est blanc ni noir
  • c’est assez sombre d’ailleurs comme portrait de la jeunesse d’il y a 35 ans
  • d’ailleurs, même les paysages de plage ne sont pas idylliques: au loin on voit souvent des bâtiments d’une usine (d’une raffinerie ?)
  • c’est aussi l’histoire de la découverte du sexe pour les héroïnes, du pire au meilleur, du mec qui n’en a rien à foutre à celui qui s’intéresse vraiment à sa compagne
  • au passage, j’ai appris quelques mots d’argot australien
  • la maison des parents de Sue est superbe: style moderne avec grande baies vitrées, loin des pavillons de banlieue des autres familles
  • le générique est très anecdotique mais la chanson répète la question clé de la série: « are you old enough ? »
  • la musique est parfois répétitive mais les notes de piano ou de xylophone s’intègrent bien dans l’histoire, de même que quelques chansons pop rock de l’époque
  • un jour peut-être, il y aura une troisième saison. Je l’espère.

Thai stick

Peter Maguire & Mike Ritter, Thai stick: surfers, scammers, and the untold story of the marijuana trade: aussi bizarre que cela puisse paraître, ce sujet m’intéresse. J’ai toujours un faible pour les livres d’histoire, surtout l’histoire récente basée sur des interviews et des témoignages. Peter Maguire est un historien (et surfeur) qui a beaucoup travaillé sur le Cambodge. Il s’est tourné vers l’histoire du trafic de drogue en se demandant qui étaient deux des Occidentaux qui avaient été tués à la prison de Tuol Sleng à Phnom Penh pendant la période des Khmers Rouges. Ses recherches l’ont mené vers une histoire qui n’était pas connue. Il a été aidé par Mike Ritter, un de ces surfeurs qui trafiquait de la marijuana pour pouvoir vivre. Il n’était pas le seul: c’étaient les années 1960 et pour profiter de la vie, le trafic était un bon moyen de gagner facilement de l’argent à une époque où les contrôles n’étaient pas fréquents. Le livre raconte toute l’évolution du trafic de marijuana jusqu’aux années 1980, période où le gouvernement américain s’était tellement focalisé sur la lutte anti-drogue qu’il n’a plus été possible aussi facilement. Ce livre dévoile tout un pan de l’histoire récente que je trouve passionnant et si cette période vous intéresse, je vous le conseille vivement.

Book_RATING-40

Shangrila

Malcolm Knox, Shangrila: j’écris enfin un billet sur ce livre, plusieurs semaines après l’avoir terminé. Tout ça parce que je l’ai adoré mais que je ne sais pas comment en parler. Découvert par hasard en librairie, j’ai été attirée par sa couverture, puis encore plus par le résumé: la vie d’un surfeur australien. Là, je sais, je perds les 9/10 de mon public. Voire plus. Au début de ma lecture, j’ai été fort décontenancée. Le héros, Dennis Keith, DK, parle et pense de manière hachée, avec de nombreuses répétitions. Cela donne une écriture très « beat », difficile à traduire (traduction que je trouve magnifique en fin de compte, même si je n’ai trouvé aucun extrait en v.o. pour comparer). Cette écriture traduit son état d’esprit, sa paranoïa, ses troubles obsessionnels. Il m’a fallu une cinquantaine de pages pour m’y habituer mais par la suite, je n’ai pas pu lâcher le roman. Il raconte la vie du surfeur (clairement inspirée par la vie de MP, une star des années 70), son enfance, la découverte des vagues, les compétitions, la drogue, la fin d’une carrière à cause de ses problèmes mentaux. Ceci encore: le livre est édité chez une toute jeune maison d’éditions, Asphalte, qui a demandé à l’auteur de créer une playlist musicale adaptée au roman. Je recommande, c’est un de mes coups de coeur de l’année ! Et si vous connaissez d’autres romans qui tournent autour du surf, je suis preneuse.

L’avis de Nina, qui en parle mieux que moi !

Et j’inaugure un système de cotation qui devrait vous permettre de voir en un coup d’œil si j’ai aimé ou pas un livre (ceci est donc un 5/5):