Short diary of the week (353)

Lundi: retourner dans le centre ville pour la première fois depuis début mars, acheter du thé (et puis aussi des bd, des feuilles de pandan et du colorant alimentaire), terminer mon roman dans le métro, planter le reste des plantes, commencer un nouveau roman, improviser un plat qui est assez réussi, la fin – enfin – de ce film: Vivre d’Akira Kurosawa (1952), Garden rescue

Mardi: préparer mentalement une liste de choses à faire ce matin, une lessive, de la couture, et puis cet appel de la maison de repos pour me dire que mon papa ne va pas bien, son médecin est plus direct: il ne lui reste que quelques jours

Mercredi, dans l’après-midi: Hugo (1937-2020)

ce journal s’arrêtera ici pour cette semaine, le blog tournera au ralenti pendant quelques jours encore

Short diary of the week (352)

Lundi: le retour au bureau en transports en commun – je devais acheter un nouvel abonnement, parler avec des collègues, ne pas avancer dans le boulot, ne même pas terminer ce qui était prévu, partir plus tôt pour faire un peu de shopping, renflouer les réserves de produits de beauté, le plat d’hier est encore moins bon aujourd’hui, lire au jardin, l’attaque des moustiques au crépuscule

Mardi: prendre la voiture, voir des collègues et parler, et puis me concentrer pour achever les trucs d’hier, et donc la direction ne prendra aucune mesure de télétravail avant lundi prochain parce qu’elle est en vacances, il me reste trois textes à écrire avant mes propres vacances – vais-je y arriver ? (la deadline est auto-imposée, ce n’est donc pas sûr), un début de maux de tête, préparer à manger, A house through time, Garden rescue

Mercredi: travailler à la maison, un premier de jet de texte, le retour des maux de tête, le début d’un second texte, lire un moment au jardin, le fin (enfin) de la troisième saison de Babylon Berlin

Jeudi: une nuit agitée à cause des avions, le retour des maux de tête, la suite des textes, bien avancer, vider le nouveau point d’eau pour remettre de l’eau propre (et arroser le jardin en même temps), tester un autre embout pour les fontaines, lire, passer la soirée au jardin et profiter du beau temps

Vendredi: me souvenir sous la douche que j’ai quelques tâches urgentes à faire aujourd’hui, les faire de suite, continuer le reste du travail, la canicule, les courses, aller voir mon papa, je suis vraiment triste de le voir comme ça, chaque visite est une épreuve pour moi, cuisiner un menu birman pour mes amis, parler toute la soirée au jardin alors que les températures diminuent doucement et que les loupiotes s’allument une à une

Samedi: tenter de rafraîchir la maison avant les nouvelles chaleurs, terminer la toile pour cette nouvelle robe: ça ne fonctionne pas du tout et laisser le projet en plan pour y réfléchir, du jardinage, de la lecture, et puis encore de la lecture en soirée au jardin, rentrer au moment où je sens que je vais m’endormir

Dimanche: la petite déprime du dimanche matin: comment vais-je occuper deux semaines de vacances alors que je n’ai rien envie de faire aujourd’hui ?, contrer la déprime par une vieille solution que je n’appliquais plus depuis longtemps: faire du shopping (en ligne), il ne reste plus qu’à attendre les colis (deux robes, deux jupes, deux t-shirts, et un colis de parapharmacie), réfléchir aux nouveaux emplacements des plantes, tergiverser beaucoup, hésiter à déplacer des plantes à l’aube d’une canicule, et puis me lancer, en fin d’après-midi j’ai finalement avancé bien plus que prévu et ça donne bien, il faudra juste arroser beaucoup les prochaines semaines, continuer ce film commencé la semaine passée, je m’endors à 40 minutes de la fin (mais j’ai regardé 1 heure)

Staycation

Depuis que mon papa avait vendu sa maison, je m’étais dit que je partirais à l’étranger trois fois par an, une fois loin pour deux ou trois semaines, et deux fois relativement près pour quelques jours. Je voulais aller en Andalousie début mars mais je reportais la réservation sans vraies raison, et puis il était trop tard (dans ma tête). Je me suis alors penchée vers un séjour d’une dizaine de jours en Géorgie et j’allais réserver fin février. Le vendredi, j’ai eu la flemme et j’ai reporté au lundi. Le lundi, j’ai préféré attendre la fin de la semaine. En fin de semaine, la pandémie avait pris trop d’ampleur pour encore risquer une réservation.

Je me suis dit que je pourrais peut-être partir en fin d’année; aujourd’hui, je n’ai plus aucune idée de quand je pourrai à nouveau partir en voyage. Cela me manque, c’est clair. Je n’ai pas de mari, pas d’enfants, ma vie est peu animée en général et ces voyages sont le seul moment de l’année où je vis totalement autre chose, où je suis complètement dépaysée et coupée de mon train-train quotidien. J’en ai besoin pour me changer les idées et nourrir mon esprit. Mais les circonstances actuelles les rendent impossibles… Et puis, j’ai malgré tout des doutes: est-ce que je serais partie malgré l’état de santé de mon papa ? L’AVC a laissé des séquelles, il n’arrive plus à s’exprimer, à part quelques mots, et je sens qu’il ne supporte pas son état actuel.

Je comptais donc prendre des vacances cet été pour profiter du beau temps; j’ai attendu tout le mois de juillet et je me suis finalement décidée la semaine passée. Je crois que j’ai bien choisi: à part en ce début de semaine, la météo risque d’être superbe les quinze prochains jours. Mais contrairement à mes voyages à l’étranger, j’ai beaucoup de mal à organiser quelque chose, et j’ai malgré tout certaines craintes qui me poussent à rester le plus possible chez moi, sans contacts avec trop de gens. Sans parler du port du masque obligatoire de plus en plus répandu – même si je le mets pour me protéger et protéger les autres, c’est chaud et inconfortable.

Je pourrais en effet profiter de ces deux semaines pour visiter la Belgique; l’idée m’avait d’ailleurs traversé l’esprit, j’ai ce vieux Guide Vert Michelin qui pourrait servir mais j’ai du mal à prendre l’initiative. J’aimerais marcher, mais j’ai du mal à me décider. Ce qui ne veut pas dire que je ne le ferai pas, j’ai noté quelques promenades relativement proches de la maison, et je pourrais aussi regonfler les pneus de mon vélo (je suis très tentée par des promenades autour de l’aéroport, notamment celle-ci). Bizarrement, autant voyager seule ne me dérange pas du tout – j’aime même beaucoup – autant j’ai du mal à sortir seule en Belgique (et il est clair que la bulle limitée à cinq personnes n’aide pas vraiment). Je n’ai pas cet incitant « je ne suis ici que pour quelques jours, je dois en profiter un maximum ».

Une chose est sûre: ma pile à livres risque de bien diminuer, et j’ai encore plein de plantes à déplacer et installer au jardin (à condition qu’il ne fasse pas trop chaud – c’est mauvais pour moi et pour les plantes). J’ai aussi une série de photos à trier, et si jamais il peut, je pourrais m’attaquer à ces récits de voyages plus anciens, scanner des photos ou des dias, ou encore parler des voyages de mon papa. Partir sans partir en fait.

Même après ces deux semaines de vacances, il m’en restera encore presque trois à prendre. Une semaine à Noël, c’est tout à fait envisageable, mais les deux autres ? Je me dis que je verrai bien en temps voulu, je ne vais pas m’inquiéter pour ça pour le moment.

Bilan culturel – juillet 2020

Romans, récits de voyage

  • Amulya Malladi, Serving crazy with curry – 3/5
  • Hernán Díaz, In the distance – 4/5
  • Anuradha Roy, Sous les lunes de Jupiter – 2/5

Histoire et non-fiction

  • David Lebovitz, Drinking French – 4/5
  • Chloe Frechette, Easy tiki – 4/5

Séries tv

  • Kodoku no gurume – saison 1 – 4/5
  • Babylon Berlin – saison 3 – 2/5

Films

  • Eté précoce, Yasujiro Ozu (1951) – 4/5
  • Family Romance, LCC, Werner Herzog (2019) – 3/5

Documentaires

  • Desolation Center, Stuart Swezey (2018) – 5/5
  • Inside Burma: land of fear, John Pilger (1996) – 4/5
  • Nuit debout, Bob Nelson Makengo (2019) – 4/5

Couture

  • The garden dress, une robe ample de plein été sur un patron du Knipmode (modèle 110 du supplément de mai 2013)

Rodéo

Aïko Solovkine, Rodéo: une route de campagne, la nuit, une jeune femme rentre chez elle en voiture. Une autre voiture se rapproche dangereusement et la poursuit. Aïko Solovkine raconte l’histoire de ces gamins de province qui s’ennuient, qui s’amusent à se courser en voiture, qui sont à la recherche d’une fille conciliante qui se soumettra à leur désirs. Leur vie n’est pas très rose, leur chemin est tout tracé. Comme leurs parents, ils resteront dans la médiocrité, boiront des bières à la buvette du terrain de foot tout en observant leur progéniture se défouler. Certains ne se fixeront pas, vivant de petits boulots et trafics divers. L’auteur trace un portrait assez sombre d’une certaine partie de la population. Sans citer aucune lieu, le lecteur (belge) pensera de suite à la région de Charleroi, région sinistrée et parsemée de vestiges du passé industriel. Il ne reconnaîtra pas tout, l’auteur ayant créé un espace particulier, additionnant des sites qui en réalité ne sont pas aussi proches. Mais le lecteur imaginera sans problèmes les personnages qu’il a peut-être déjà côtoyé en vrai, pas spécialement les mêmes, mais leurs cousins bruxellois ou liégeois, ou français, ou hollandais…

Je lis peu d’auteurs belges, et si c’est le cas, ils sont en général flamands. Ce roman est ma première incursion dans la littérature belge francophone; il a été chaudement recommandé par Marie-Claude qui est québécoise. Je pense que sans elle, je ne l’aurais jamais lu; j’ai trop d’a priori. J’ai bien fait de me lancer, j’ai découvert une auteur qui possède un style et un ton propres, très percutants. Elle m’a fait penser un peu à la flamande Lize Spit qui décrit aussi cette vie médiocre de la province. Une très belle découverte.

Short diary of the week (351)

Lundi: une nuit très moyenne – ce qui est dommage parce que j’avais enfin plus moins récupéré, congé aujourd’hui !, tout le monde a eu la même idée que moi: aller chez Ikea, je fonce dans le magasin en évitant le plus possible les gens pour acheter cette chaise de bureau qui rendra mon télétravail plus confortable, et j’achète aussi quelques loupiotes de jardin, l’assistante sociale de l’hôpital m’appelle pour me dire que mon papa peut retourner à la maison de repos mercredi matin, ce qui est un soulagement, tailler la haie, de la lecture au jardin mais au bout d’un moment je frissonne, 21° ce n’est pas suffisant pour moi, aller à la clinique et voir le médecin qui m’annonce que la sortie de papa est reportée – elle veut encore faire un examen du cœur parce qu’il a des soucis de rythme cardiaque, papa est agité et gémit constamment, quand je lui demande pourquoi il me répond qu’il veut embêter son monde (je reconnais bien là son fichu caractère), il me répète aussi qu’il est « foutu », et moi je sors de là bien triste à nouveau – ce n’est pas une vie, je ne sais pas si je dois l’encourager à faire des efforts ou lui dire qu’il peut se laisser aller, cela me rongera toute la soirée et pendant la nuit, et donc des émissions de la BBC pour tenter de me changer les idées: A house through time et Garden rescue

Mardi: une mauvaise nuit donc, congé ! c’est la fête nationale, commencer de la couture et puis me rendre compte que si je veux manger ce midi je dois cuisiner ce plat de courgettes, préparer de la liqueur de fruits rouges et du shrub au mûres, lire au jardin, Babylon Berlin, Kodoku no gurume – deuxième saison

Mercredi: me lever tôt pour conduire la voiture au garage, rentrer à pied (il y a environ 6km) et en profiter pour faire des photos du paysage très contrasté entre autoroutes et champs de blé, de la préparation de couture, lire au jardin, et puis les choses s’enchaînent: mon voisin me conduit pour aller chercher la voiture et au moment où je rentre mon cousin est là pour aller avec moi à l’hôpital, mon papa est de meilleure humeur – peut-être parce que mon cousin est là, les dernières recommandations du médecin avant la sortie demain, ça m’a fait du bien d’aller à l’hôpital accompagnée et partager mon désarroi face à l’état de mon papa avec quelqu’un qui l’a vu aussi, un repas improvisé, Babylon Berlin, Inside Burma: land of fear de John Pilger (1996) – tous ses documentaires sont sur sa chaîne vimeo

Jeudi: le retour au (télé)travail, le retour de l’Afrique du Sud, une longue discussion avec la directrice de la maison de repos à propos de mon papa, lire un peu au jardin, un court documentaire pour le boulot, et puis commencer à réfléchir à mon texte en regardant des bêtises

Vendredi: écrire ce texte dans ma tête pendant que je m’habille, l’écrire en vrai, un premier jet qui sort tout seul, et en même temps mon nouveau bac étang fontaine est installé, je pourrai réaménager le fond du jardin maintenant, continuer à travailler, lire un peu, Gardener’s World, et puis la vision de ce bac la nuit avec les lumières allumées – vision qui m’enchante

Samedi: un tour dans le Brabant Wallon pour acheter érables et poirier nashi, un tour dans le Brabant Flamand pour acheter un érable de plus et d’autres plantes, commencer à vider l’ancien étang, cuisiner de la sauce bolognaise pour la surgeler, lancer un film, m’endormir après dix minutes – un record !, la pluie

Dimanche: traîner un moment comme tous les dimanches matin, de la couture: le début d’une toile, le jardin en chantier: enlever l’ancien étang et remplir le trou, me sentir agitée et tenter de remédier à ça, de la lecture, un plat birman pas trop réussi, un bout de film (oui, je me suis endormie), terminer mon roman

Je suis le fleuve

T.E. Grau, Je suis le fleuve: « Ce roman m’a happée avec une telle force que je l’ai lu d’une traite… », voici comment Ingannmic commençait sa chronique sur son blog. Et puis j’ai lu le reste de son billet: guerre du Vietnam, Bangkok, paranoïa, démons… je me suis dit que cela pourrait me plaire. Israël Broussard est à Bangkok. Il souffre d’hallucinations, il voit sans cesse un molosse qui tente de l’engloutir, il se sent attiré par un fleuve qui l’inonde. Son seul moyen de calmer ses visions est de prendre de la drogue, toujours plus. Les premiers chapitres sont une plongée dans son cerveau, racontant des histoires sans queue ni tête, emmenant le lecteur dans la folie du héros. Et puis, le rythme se calme un peu, des retours en arrière expliquent comment Broussard en est arrivé là. Soldat au Vietnam, il aurait dû être jugé pour lâcheté mais il reçoit une seconde chance. Il est recruté pour une mission clandestine au Laos.

J’ai eu quelques craintes en lisant les premiers chapitres, je ne suis pas très fan des divagations de drogués, mais très vite, le roman m’a happée, je l’ai lu en quelques heures, réparties sur deux jours. C’est une plongée dans les horreurs de la guerre, tout particulièrement dans cette guerre secrète au Laos. La nature est omniprésente, dans toutes ses odeurs et matières, mais également le monde des esprits, ceux des populations locales et ceux créés par le cerveau de Broussard. C’est un roman dont on ne sort pas indemne.

Short diary of the week (351)

Lundi: contre toute attente la nuit a été convenable, mais malgré tout je ne me sens pas très en forme, prendre la voiture pour pouvoir me déplacer plus vite tout à l’heure, il n’y a presque personne au bureau – j’ai peur de faire du bruit, attendre, peu de concentration au travail, l’écoute d’une collègue, l’écoute aussi de mon directeur qui veut bien que je télétravaille le reste de la semaine, et puis une discussion avec mon chef qui est également extrêmement compréhensif, ne plus arrêter de bailler, tenter de joindre le médecin qui m’appelle finalement au moment où j’arrive sur le parking de l’hôpital, elle n’a pas grand chose à dire à part qu’il faut encore attendre, voir papa dans cet état me fait toujours autant de mal, il arrive à parler mais je ne comprends rien à ce qu’il dit, et il reste quand même très absent, rentrer et manger les restes, un superbe documentaire musical: Desolation Center, chantonner « Death Valley 69 » de Sonic Youth au moment d’aller au lit

Mardi: une bonne nuit mais réveillée tôt à nouveau, me mettre au travail avec une relative concentration, bien avancer, lors de la visite à l’hôpital oublier toutes les mesures de distanciation sociale quand je vois que mon papa veut me prendre dans ses bras et me donner des bisous, ce qui m’a fortement émue évidemment, cuisiner un plat rapide, Babylon Berlin, terminer la première saison de Kodoku no gurume

Mercredi: une mauvaise nuit à cause du bruit de quelques avions, et donc bien crevée ce matin, commencer à travailler à la maison puis aller au bureau pour une réunion, manger avec un ami collègue puis rentrer à la maison, une sieste, reprendre le travail, voir mon papa et le médecin à l’hôpital, ça évolue lentement mais favorablement, Babylon Berlin

Jeudi: je ne pense pas que j’arriverai à me débarrasser de la fatigue avant un moment, me mettre au travail, tenter de résoudre un problème, des courtes notices, un chauffagiste passe 10 minutes pour faire un devis, aller visiter mon papa, improviser un repas avec le contenu du frigo, Family Romance LCC

Vendredi: un autre chauffagiste passe pour un devis et m’explique tout en détail pendant une heure tout en prenant des notes – je crois que c’est clair qui donne le plus confiance des deux, recevoir des voeux d’anniversaire, la livraison de mon nouvel étang mais il manque des pièces pour l’installer, le travail, boire du champagne chez mes voisins, des sushis maison, Gardener’s World (et m’endormir comme d’habitude)

Samedi: mais où est le soleil qui avait été promis ?, ce manque d’énergie toujours si présent, comment faire pour en retrouver ?, du yoga ?, j’aurai fait une tentative, avoir un projet précis en tête pour une nouvelle robe, et puis changer en dernière minute, mais ça implique une toile, ai-je vraiment envie d’y passer autant de temps ?, lire au jardin, m’endormir, lire encore, aller chez mon papa qui parle déjà un peu mieux mais me renvoie après 15 minutes, le gros coup de pompe, un barbecue, encore lire au jardin et m’endormir un moment alors que le soleil se couche

Dimanche: est-ce qu’une longue nuit de sommeil aura été bénéfique ?, toujours hésiter pour ce patron de robe et lancer une enquête sur instagram, toute une après-midi de lecture au jardin, ce moment en fin d’après-midi quand on se dit qu’il est tout à fait possible de terminer le livre en cours dans la soirée alors que ça semblait impossible en début de journée, et donc terminer le livre mais à l’intérieur – il fait un peu frais dehors

Le mur invisible

Marlen Haushofer, Le mur invisible: cela faisait quelques années que je voyait apparaître ce roman sur divers blogs, avec chaque fois des appréciations très positives. Et puis Kleo l’a lu, et nous en avons discuté. Elle a attisé encore plus ma curiosité, mais en plein début de confinement, je ne me voyais pas lire ce livre. Et puis, j’en ai discuté avec une autre amie et elle m’a proposé de le prêter. Je l’ai dévoré en quelques jours.

Une femme d’une quarantaine d’années retrouve des amis dans un chalet de montagne. Ces derniers partent au village pour des courses mais tardent à revenir. L’héroïne va se coucher. Le lendemain, ils ne sont toujours pas rentrés et la femme part à leur recherche. Elle se rend qu’il y a eu une catastrophe: un mur invisible l’entoure, la coupant du monde extérieur où toute vie humaine et animale a été pétrifiée. Très vite, elle se rend compte qu’elle est seule et prend les choses en main, entourée d’une vache, d’un chien et d’un chat. Elle se crée une nouvelle vie, rythmée par le cycle des saisons.

Ce roman décrit comment une femme vit dans la solitude, avec ses joies et ses peurs, mais surtout il montre la résilience, la force et les capacités d’adaptation à un nouveau monde dont elle ne connaît rien. C’est très prenant comme histoire, très inspirant, et je me suis parfois reconnue dans l’héroïne, dans cette capacité d’organiser ma vie sans apport extérieur (surtout pendant le confinement). Mais j’avoue qu’après toutes les critiques positives de ce roman, mes attentes étaient sans doute trop élevées. J’ai beaucoup aimé cette lecture, j’ai d’ailleurs dévoré le livre mais il me reste au final une minuscule déception liée à mes attentes trop grandes. Dans le même style, je préfère Dans la forêt de Jean Hegland, qui m’aura bien plus marquée.

Short diary of the week (350)

Lundi: une nuit agitée, 350 short diaries déjà !, me forcer à prendre les transports en commun, étouffer sous le masque, la buée sur les lunettes ce n’est pas pratique pour lire, pas grand monde au bureau, tous les projets du jour sont balayés par une demande urgente, partir plus tôt pour aller chez Maisons du Monde au Docks, faire rapidement mes achats puis fuir le monde (non masqué pour la plupart), continuer le film commencé samedi et m’endormir à nouveau

Mardi: la suite du projet en cours, toute la journée donc, des frustrations parce que je n’arrive pas à joindre le garage et que je me souviens que ça a toujours été comme ça, préparer du sirop de papaye en voyant son état proche de la décomposition – tout ça pour un cocktail qui en demande, la suite et la fin d’Eté précoce d’Ozu

Mercredi: ce rêve récurrent où j’achète des Ugly Dolls, avoir la flemme en voyant la pluie et prendre la voiture, arriver à joindre le garage, suite et fin du projet en cours, des commandes, des prises de rendez-vous pour un devis pour une nouvelle chaudière, un gros coup de pompe, un repas improvisé, Babylon Berlin

Jeudi: commencer à travailler avec vue sur le jardin, et puis j’apprends que mon papa doit être emmené aux urgences, il a fait un AVC cette nuit, quand je vois le médecin elle n’est pas super positive – il a aussi eu des problèmes au coeur, et puis en fin d’après-midi son nouveau médecin est un peu plus positive mais il faut surtout attendre, je suis assez choquée de voir mon papa dans cet état en partie paralysé, et puis la décompression amène son flot de larmes, mais je suis surtout reconnaissante à toutes ces personnes qui m’ont soutenue pendant la journée, tenter de me calmer en regardant deux épisodes de Garden Rescue

Vendredi: une mauvaise nuit – évidemment, prendre congé parce que je n’ai pas le courage de travailler, faire les courses, beaucoup traîner, tenter la sieste mais ne pas y arriver, aller chercher ce livre commandé, aller voir mon papa et lui apporter des affaires, le médecin n’a pas grand chose à dire, mais je suis toujours aussi choquée de l’état de mon papa, il est hyper nerveux et n’arrive pas à s’exprimer, c’est tellement difficile pour moi que je pars très vite non sans avoir parlé aux infirmières avant – elles ont fait de leur mieux pour me conforter, ce soutien sans failles de ma cousine à qui je peux raconter mes plus sombres pensées, Garden Rescue et Gardener’s World

Samedi: m’endormir rapidement mais me réveiller vers 4h15 pour une longue insomnie, entre tout ça les travaux pour ma nouvelle fontaine ont commencé, une courte visite à la jardinerie locale (bien trop chère) pour dépenser des bons d’achats reçus de la commune, tondre la pelouse et laver la voiture, terminer enfin ce roman – il ne restait que 20 pages mais les événements des jours passés ont fortement ralenti ma lecture, cette fatigue, une sieste, A house through time – une passionnante série documentaire de la BBC découverte par hasard racontant l’histoire d’une maison et de ses habitants, un documentaire sur une tempête dans la mer de Bering sur National Geographic (quand je me mets à zapper jusque là c’est que je suis vraiment fatiguée)

Dimanche: une bonne nuit sans réveil intempestif, aller acheter des plantes avec ma voisine, remplir la voiture, trouver des occupations pour tenter d’oublier, commencer à démonter la cascade de l’ancien étang et transporter toutes ces pierres, de la lecture – abandonner deux romans en suivant, cuisiner pour le repas du soir et les midis de la semaine, une immense fatigue, commencer un documentaire mais très vite abandonner à cause des images peu intéressantes, Kodoku no gurume, cette inquiétude lancinante