Shots ! Alcool & cinéma

Dick Tomasovic, Shots ! Alcool & cinéma: revoir l’histoire du cinéma sous l’angle de l’alcool ? c’est le propos de ce livre. Dick Tomasovic, professeur de cinéma à l’Université de Liège, s’attache à décrire les représentations d’ivrognes et d’abstinents dans le cinéma, les verres pris comme réconfort ou comme stimulants; il recense les visions de l’alcool comme déchéance ou comme source de burlesque; il montre l’ivresse au travers de 39 films et une série, datant des débuts de l’histoire du cinéma à aujourd’hui. Des classiques, évidemment, comme The Party ou Lost in Translation, des dessins animés – la scène du delirium tremens dans Dumbo -, du cinéma japonais: Le goût du saké ou L’ange ivre et puis, un dernier pour la route avec Mad Men. Mais aussi des courts-métrages des années 1900-10 qu’il est facile de trouver sur youtube et donc regarder immédiatement. C’est un livre qui montre toutes les facettes de l’alcool au cinéma et qui se lit avec plaisir (d’autant plus si on a vu les films).

Short diary of the week (186)

Lundi: mettre une nouvelle robe très printanière (et constater qu’il y a un souci d’ajustage au niveau des seins – oh well…), ressortir un parfum plus printanier, sentir des maux des tête qui apparaissent, Black Sails, Call the Midwife – fin de la saison 6 et triste que ce soit fini

Mardi: calculer combien de temps il me faudra pour terminer ce livre et pouvoir commencer un nouveau – ça devient une habitude (et ce n’est pas que je ne l’aime pas – au contraire), constater que le premier jet de mon texte écrit hier n’est pas si mal et en éprouver une certaine fierté, reprendre un certain rythme – le travail sur la Grèce m’a vraiment aidé, Broadchurch, Longmire

Mercredi: tenter de repérer ce que lisent mes voisins dans le métro, oh cet homme lit Dans la forêt de Jean Hegland qui est sur ma PAL, une journée de formation à propos des pages facebook, des discussions communication, rentrer à mon aise, me faire débloquer de partout chez Coyote, je n’avais même pas senti les blocages dans mes doigts, quelques fous rires parce que je suis une patiente différente paraît-il, un épisode de Twin Peaks pour rester dans une ambiance un peu rêveuse, terminer mon roman

Jeudi: deux chats qui s’observent, je peux à nouveau tourner la tête à droite sans avoir mal !, ce livre est juste ce qu’il me fallait pour ce projet dont le futur est de plus en plus lointain, une grande fatigue malgré tout, tenter de trier les disques d’Oum Kalsoum et trouver une liste de ses chansons avec les dates, ce soleil…, un cocktail complètement raté au goût trop bizarre, The Americans, Longmire – fin de la saison 2

Vendredi: écrire mon budget pour l’exercice suivant mais manquer d’éléments, du travail répétitif, Chaussée d’Amour, Gardener’s World, terminer mon roman

Samedi: lancer une lessive, réfléchir à une future robe, aller acheter sous la pluie des fournitures de couture, hésiter devant les fleurs au marché mais ne rien acheter, aller voir mon père qui est complètement déprimé à cause d’une future opération et ne pas savoir comment réagir, tenter de ne pas me laisser entraîner par son humeur, transformer ce patron de 1954 à mes mesures, lire dans le canapé, me souvenir de cette lessive qui aura eu le temps de bien chiffonner, Devil’s doorway (Anthony Mann – 1950) – un western pro-indien même si le personnage principal Indien est joué par un Blanc – avec en prime une femme forte et intelligente – enfin pour l’époque, Longmire – début de la saison 3

Dimanche: réveillée tôt, de la zumba, de la couture – une première toile qui demande un certain nombre d’adaptations, de la lecture, du shrub au concombre, Rio Grande (John Ford – 1950)

Let’s cook our books #22: Georgian chicken stew

Georgian chicken stew

Beaucoup de recettes ont l’air appétissantes dans Sirocco de Sabrina Ghayour, sauf que quand je dois en choisir une, je n’y arrive pas. Beaucoup sont très estivales alors que l’hiver n’est pas encore tout à fait terminé et je cherchais plutôt un plat mijoté. Je me suis rabattue sur le “Georgian chichen stew” sans grand enthousiasme, d’abord parce que les recettes de Taste of Persia de Naomi Duguid demandent des ingrédients bizarres et ensuite parce que la recette me semblait trop simple: du poulet, des tomates, de l’oignon, à peine quelques épices et du vinaigre. Grande fut mon erreur ! En fait, le plat n’est en effet pas très spécial jusqu’à la fin mais c’est l’ajout d’herbes fraîches qui change tout. La combinaison de coriandre, persil plat et surtout d’estragon est assez insolite – de même que le vinaigre – et procure au plat un goût très particulier et frais. Accompagné de riz, c’était juste parfait et vu sa facilité, je risque bien de le préparer encore souvent.

Appel du pied

Risa Wataya, Appel du pied: j’ai ressorti ce court roman de ma PAL dans le cadre d’Un mois, un éditeur organisé par Yspaddaden et consacré à Philippe Picquier. Je pensais que j’en avais plus dans ma pile mais ce n’était pas le cas, avant que je n’aille en librairie et que je me laisse tenter par un autre auteur japonais contemporain. Mais revenons à Risa Wataya dont j’avais beaucoup aimé Trembler te va si bien. Appel du pied est dans la même veine: Hatsu est une lycéenne fort solitaire, elle n’a que peu d’amis et est attirée par Ninagawa, un garçon de sa classe quelque peu bizarre et également sans amis. Il est obnubilé par la mannequin Oli Chang et rassemble toutes les informations possibles sur elle. Hatsu l’intéresse parce qu’elle a vu en vrai la vedette dans un magasin et ainsi commence entre eu une relation assez bizarre. Hatsu lance des appels du pied répétés mais ne reçoit pas vraiment de réponse et elle doute beaucoup d’elle-même. Risa Wataya nous fait entrer dans le monde des amours d’adolescents, souvent à sens unique, souvent incompris. Le résultat est une chronique sensible et juste, aux moments parfois drôles, et qui m’a renvoyée à ma propre adolescence avec une certaine nostalgie (mais tout en étant contente que cette période compliquée soit loin derrière moi).

Passagère du silence

Fabienne Verdier, Passagère du silence: reçu de Kleo lors d’une ronde des poches (une ancienne, pas l’actuelle – Kleo et moi, nous ne nous connaissions pas encore mais elle a visé très juste), ce livre a traîné longtemps sur ma PAL parce que je soupçonnais l’avoir déjà lu (c’était le cas, mais peu importe, je l’ai relu avec beaucoup de plaisir). La jeune Fabienne Verdier part au début des années 1980 en Chine, au Sichuan pour étudier les beaux-arts chinois. Elle se retrouve dans une école artistique régie par le parti, où on enseigne l’art académique. Ce n’est pas cela qu’elle recherche… Au fil des rencontres, elle fait connaissance de vieux maîtres en calligraphie et c’est ainsi que commence un enseignement qui va durer dix ans. Les conditions sont rudimentaires à l’école, entre la crasse, la promiscuité, les maladies et la surveillance constante du parti mais Fabienne survit à tout cela, par amour pour l’art ancien, un art qui a été oublié et dénigré par la Révolution Culturelle et qui dans les années 1980 n’avait pas encore été complètement réhabilité. Elle apprend la patience, dessinant pendant plusieurs mois de suite uniquement des traits horizontaux et verticaux, elle découvre en même temps tout un monde fort différent du sien. Elle participe aux voyages auprès des minorités ethniques du Sichuan au Tibet, souvent cachée, car comme Occidentale, elle n’a pas le droit d’y aller. Le récit est souvent très dur, les conditions étant vraiment difficiles et la Chine de l’époque très peu respectueuse du passé, mais on apprend à connaître une femme et sa détermination extrême. En lisant cette autobiographie, j’ai souvent pensé à Peter Hessler qui raconte sa vie pendant deux ans à Fuling, à peine plus loin que Chongqing où se trouvait Fabienne Verdier mais une décennie plus tard. C’est un monde déjà fort différent qu’il décrit, un peu plus ouvert. On ne ressent pas autant chez lui le poids du Parti Communiste même s’il est toujours bien présent, ni les conditions de vie aussi précaires. Je conseille ce livre de Fabienne Verdier à toute personne intéressée par la Chine, par son histoire et par son art mais aussi à un public plus large.

Short diary of the week (185)

Lundi: on peut oublier cette journée tout de suite ? en tous cas la première partie ? acheter des livres guérit tout, me faire draguer par un homme en voiture avec siège bébé à l’arrière – oui mais non, manger les restes qui sont fort copieux, Black Sails, Call the Midwife – déjà l’avant-dernier épisode…, terminer un roman et commencer un nouveau – un plaisir toujours renouvelé

Mardi: étant donné que je travaille ce soir j’ai l’impression que je perds mon temps à la maison ce matin – tout ça pour ne pas travailler plus de 11 heures, je m’étais donc dit que je n’allais plus râler ?, je recommence, pas que j’ai fait la grasse matinée mais une heure de sommeil de plus ça fait du bien, aller à l’aise au boulot, travailler à mon aise, partir dans le centre et rejoindre plein de connaissances pour discuter sur les musiques du monde, le tout avec un délicieux repas afghan, attraper mon métro de justesse et rentrer bien fatiguée

Mercredi: une mauvaise nuit, des ballerines crocs pour braver la pluie, une journée qui se passe, un retour sous la pluie qui s’arrête finalement quand je suis près de la maison, un plat plus ou moins improvisé mais savoureux, dans le genre je suis vraiment fatiguée: chercher si j’ai du rhum de Trinidad dans ma collection – passer à côté de celui de Trinidad et Tobago – me dire que ce n’est pas Trinidad juste parce qu’il est écrit Tobago à côté, Broadchurch, oh mais The Americans a recommencé (saison 5)

Jeudi: mais nooon ! (des histoires de chef – une fois de plus), une réunion, une après-midi sans trop d’entrain – je vous ai dit que ma motivation était complètement retombée ?, Chaussée d’amour – parce qu’il y a aussi des séries flamandes, Riverdale

Vendredi: ce soleil…., un jeune dentiste patient et délicat, retourner à la voiture par les chemins de traverses en admirant les belles maisons anciennes, des travaux de jardin sous un soleil flamboyant, quel bonheur de se laisser réchauffer par ses rayons, Chaussée d’Amour, Garderner’s World – un nouvel essai pour voir si c’est toujours aussi ennuyeux – ça l’est malheureusement…

Samedi: ce soleil…, écrire quelques billets critiques de livre et être enfin à jour, comme les courses sont faites je peux attaquer de suite le jardin, ce n’était pas l’activité la plus intéressante mais la terrasse est nettoyée à grande eau, de la lecture, The red badge of courage (John Huston, 1951) – un film annoncé comme très mauvais par un collègue – et en effet – mais comment faire bien en 1h06 (le film a été fortement réduit en temps par le studio et l’acteur principal Audie Murphy a autant de charisme qu’une moule) ?, Longmire

Dimanche: réveillée tôt, de la zumba, quelques travaux au jardin, lire au soleil, avoir un doute sur le plat qui se révélera très bon grâce aux herbes aromatiques, Your name. – pas mal mais dérangée par les images un peu psychédéliques et par l’histoire un peu confuse

Instant love

Jami Attenberg, Instant love: premier roman de Jami Attenberg (dont j’ai déjà lu avec plaisir The Middlesteins), Instant love est le portrait de trois femmes, Holly, sa soeur Maggie et Sarah Lee, ainsi que d’autres personnages qu’elles croisent au cours de leur vie. L’amour est au centre des récits, écrits sous forme de nouvelles. Un amour souvent difficile, déçu, non conventionnel. Holly par exemple se fait piquer son petit ami fan des Smith par sa meilleure amie lorsqu’elle a 17 ans. Plus tard, elle se tourne vers les sites de rencontre en ligne. Sarah Lee souffre de bégaiements et d’oreilles décollées qu’elle n’a pas encore appris à cacher – elle n’intéresse clairement pas le seul étudiant libre de la soirée. Les histoires sont très décousues et j’ai eu beaucoup de mal à faire des liens, à repérer de qui on parlait même et cela a clairement nui à ma lecture. En même temps, même si cela m’a dérangée, j’ai été très touchée par les histoires, par les finesse de la description des situations, me reconnaissant quelque part dans ces amours impossibles ou déçus, déprimant même parfois un peu au cours de la lecture.