Short diary of the week (472)

Lundi: et c’est reparti pour de très mauvaises nuits, de l’encodage, du tri, une journée qui s’étire en longueur, mon étonnement quand une personne me dit qu’elle n’oserait jamais voyager seule – je ne pensais pas que ce serait son cas – du coup je lance une enquête sur instagram, voir un bout de film en rentrant, et puis la suite et la fin du film après manger: A Tale of Two Cities (Jack Conway, 1935)

Mardi: même avec de l’anxiolytique j’ai mal dormi, du tri de cd, une longue réunion, tenter de me calmer après tout ça, inventer un plat avec ce qui reste au frigo – ce sera une constante pour le reste de la semaine, le début d’un film

Mercredi: ça fait quelques jours que j’ai mal à une gencive – serait-ce l’angoisse ? (en fait j’espère que ce n’est que ça), toujours cette fatigue qui exacerbe mes émotions, il faut vraiment que je fasse attention à ne pas laisser emporter par l’énervement aujourd’hui – ou par une crise de larmes inopinée, il est temps que les vacances commencent, du tri, quelques recommandations de choses à faire pendant mon absence, quelques informations spécifiques pour mon chef, et puis dire au revoir à mes collègues (même si je travaille encore le reste de la semaine ce sera en télétravail), un passage à la pharmacie mais à vrai dire j’ai encore tout ce qu’il me faut (à part les masques que j’aime bien), la suite et fin du film: David Copperfield (George Cukor, 1935) – j’ai mal organisé ma liste: il ne reste que des adaptations de romans du 19e siècle un peu misérabilistes

Jeudi: réveillée par les avions, vent du nord = avions qui passent très bas au-dessus de la maison, un détour par Vanuatu, de la lecture, trouver comment mettre des séries sur mon iPad, me rendre compte que le film que je voulais regarder n’est pas la bonne version et donc laisser tomber, me tourner plutôt vers Good Luck to You, Leo Grande (Sophie Hyde, 2022) et c’était une excellente idée (et une suggestion de Funambuline qui l’a mis dans son top des meilleurs films de 2022)

Vendredi: et bam toute une flopée de mails alors que j’espérais une dernière journée de travail calme, terminer certaines choses et encoder mon message d’absence, une course au Brico où je rencontre une fois de plus comme l’été passé cet ami d’université, commencer un film et l’abandonner à sa moitié: Don’t Worry Darling (Olivia Wilde, 2022): l’histoire était confuse et j’avais vu ce qui m’intéressait: l’architecture moderniste de Palm Springs

Samedi: cela fait quelques jours que je me sens anxieuse – j’imagine que ce ne sera pas mieux aujourd’hui, mais j’ai des choses à faire, le choix des vêtements, ne rien oublier, bref ce moment difficile quand il faut faire sa valise, passer chez les voisins pour quelques recommandations, un des trucs que je voulais faire avant de partir était de terminer ce roman – qui est vraiment pénible sur la fin, une soirée cinéma: Call Jane (Phyllis Nagy, 2022)

Dimanche: une bonne nuit mais avec de drôles de rêves, comment ne pas me laisser envahir par l’anxiété qui ne laisse même pas de place à l’excitation, voilà au moins un but pour cette matinée, mais j’ai encore une série de choses à faire, terminer la valise qui n’est pas trop remplie – c’était le but, le sac que je prends en cabine par contre est bien rempli mais avec les choses indispensables, faire la vaisselle et arroser les plantes, baisser le chauffage, et puis fermer la porte derrière moi

Même si je serai partie trois semaines, j’ai prévu deux articles sur des livres que je publierai en cours de route. Je posterai des photos sur instagram, et si vous voulez lire mes aventures lors d’anciens voyages, c’est sur suasaday.

Bilan culturel – novembre 2022

Romans

  • Riku Onda, The Aosawa Murders – 3/5
  • Nguyen Phan Que Mai, The Mountains sing – 5/5

Non-fiction

  • John Hirst, The Shortest History of Europe – 3/5
  • Robert Kolker, Hidden Valley Road. Inside the Mind of an American Family – 4/5
  • Hallie Rubenhold, The Five. The Untold Lives of the Women Killed by Jack the Ripper – 5/5
  • Sharon Wee, Growing Up In A Nonya Kitchen: Singapore Recipes From My Mother – 4/5
  • Mona Chollet, Réinventer l’amour : Comment le patriarcat sabote les relations hétérosexuelles – 3/5

Séries tv

  • The Bear, saison 1 – 4/5
  • The Good Fight, saison 6 – 4/5

Films

  • Girl (Lukas Dhont, Belgique, 2018) – 1/5
  • The Informer (John Ford, 1935) – 4/5
  • Still Life (Jia Zhang-Ke, Chine, 2006) – 4/5
  • The Devil is a Woman (Joseph von Sternberg, 1935) – 3/5
  • Toni (Jean Renoir, France, 1935) – 4/5
  • The Lives of a Bengal Lancer (Henry Hathaway, 1935) – 3/5
  • Boiling Point (Philip Barantini, Royaume-Uni, 2021) – 2/5
  • Paterson (Jim Jarmusch, 2016) – 4/5
  • Fantôme à vendre / The Ghost Goes West (René Clair, Royaume-Uni, 1935) – 2/5
  • A Midsummer Night’s Dream (Max Reinhardt & William Dieterle, 1935) – pas vu en entier mais 2/5
  • The Card Counter (Paul Schrader, 2021) – 4/5
  • A Tale of Two Cities (Jack Conway, 1935) – 2/5
  • David Copperfield (George Cukor, 1935) – 2/5

Documentaires

  • Dong (Jia Zhangke, Chine, 2006) – 3/5

Couture

  • deux pantalons copiés sur un modèle French Connection que j’avais depuis très longtemps (c’est une marque que j’adorais dans le passé), l’un en lin, l’autre en coton.

Short diary of the week (471)

Lundi: de l’encodage – encore une de ces journées chiantes qui sont donc mon nouvel avenir, comme le dit une collègue c’est l’extase, faire avancer les choses au niveau des mots-clés, une discussion avec un collègue-ami, est-ce que je suis naïve ? – je me pose la question, je n’ai donc pas oublié le code secret de cette carte que je n’utilise quasi jamais, un appel de Singapour – un peu difficile à comprendre vu l’accent hinglish mais c’est juste pour confirmer le changement d’horaire de mon vol au retour – chose dont j’avais déjà été informée par mail (ça va être court à Munich mais je m’en fous un peu, c’est lors du retour et si je rate ce dernier vol le suivant est une heure plus tard – c’est pas comme si quelqu’un m’attendait à Bruxelles), Fantôme à vendre / The Ghost Goes West (René Clair, Royaume-Uni, 1935)

Mardi: une longue conversation avec des collègues (dont un de retour de vacances), de l’encodage – encore, le repas minimaliste, George Clarke’s Old House New Home, Garden Rescue

Mercredi: encore bien fatiguée ce matin, m’attaquer à ce truc que je reporte et évidemment ça tourne mal parce que personne ne connaît la procédure (pourtant ça fait des mois), du coup je suis bien énervée et j’ai du mal à me calmer (la fatigue n’aide pas), une discussion intéressante avec un informaticien à propos du dark web, aller chez le coiffeur pour la première fois depuis longtemps, c’est un peu plus court que prévu mais ce n’est pas trop grave – les pointes étaient vraiment abîmées, des makis du Tagawa, le début d’un film

Jeudi: une bonne nuit mais la fatigue est toujours là, et donc en fait personne n’avait daigné m’envoyer la procédure pour le truc qui m’a énervée hier, m’intéresser à Vanuatu, de l’écriture – ça faisait longtemps – mais ça convient bien aux journées de télétravail, de l’encodage, de la lecture, une sortie au resto avec un ami, discuter toute la soirée et bien s’amuser, peiner à sortir le colis de ma boîte aux lettres mais finalement y arriver en déchiquetant une partie de l’emballage

Vendredi: du tri de disques et de l’encodage, je regrette tant ces journées à la rédaction où mon cerveau était constamment stimulé par de nouveaux sujets (et de nouveaux films), une grosse fatigue et le coeur qui bat trop vite, de la lecture, continuer ce film et l’abandonner à la moitié – c’était donc A Midsummer Night’s Dream (Max Reinhardt & William Dieterle, 1935)

Samedi: le froid du matin, traîner dans le canapé, de la lecture tout l’après-midi, terminer le livre en cours, tenter de faire taire mon cerveau qui se focalise sur les angoisses par rapport à mon départ la semaine prochaine, un bol de riz à la Tim Anderson, The Card Counter (Paul Schrader, 2021)

Dimanche: de drôles de rêves, si j’entends l’eau couler dans le radiateur qui se met à chauffer c’est que j’ai dormi plus longtemps que d’habitude, un sombre et gris jour d’automne, je me dis que ce n’est pas le moment de commencer un nouveau projet couture, et donc j’ai encore plus de temps pour lire, terminer deux livres, une invitation à Noël en famille mais est-ce que je ne serai pas trop fatiguée (je rentre le matin) ?, de la cuisine, commencer un film mais me voilà terrassée par la fatigue sans vraie raison vu que je n’ai pas fait grand-chose aujourd’hui

The Aosawa Murders

Riku Onda, The Aosawa Murders: dans les années 1960, 17 personnes sont tuées par empoisonnement au cyanure lors d’une fête de famille. Seule Hisako, à ce moment là adolescente et aveugle, échappe au poison et survit. Aurait-elle pu commanditer ces meurtres ? Le roman est construit sous forme d’une recherche trente ans après les faits, et l’auteur (un auteur fictif, pas l’autrice du livre) transcrit les interviews de diverses personnes qui ont été proches ou plus lointaines de la famille et se penche tout particulièrement sur une amie d’Hisako qui était là le jour du meurtre et qui dix ans plus tard a elle-même effectué des recherches qu’elle a édité dans un livre devenu un best-seller à l’époque. Riku Onda construit son roman en dévoilant de nouveaux éléments à petites doses, choisissant particulièrement bien qui elle met en scène et à quel moment pour garder le suspense jusqu’au bout.

J’ai trouvé sa manière de faire assez intéressante, et les différents formats des témoignages des personnages très divers apportent une certaine variété, y compris dans l’écriture (qui n’est pas aussi « plate » que dans d’autres romans japonais). Elle décrit une petite ville au bord de la mer du Japon, juste désignée par la lettre K – comme elle parle du jardin très connu, et étant l’un des plus beau du Japon, ainsi que du château, je me suis imaginée qu’il s’agissait de Kanazawa et j’ai pu me mettre des images assez précises en tête. Mais au final, j’ai trouvé le récit un peu long, et la conclusion un peu confuse – ce qui était sans doute voulu. J’ai pourtant ralenti ma lecture pour être sûre de bien tout comprendre, mais j’ai dû rater quelque chose – ou pas.

Riku Onda, The Aosawa Murders, Bitter Lemon Press, 2020, 315p. (traduction par Alison Watts, première édition en japonais en 2005)

The Night the New Jesus Fell to Earth

Ron Rash, The Night the New Jesus Fell to Earth and other stories from Cliffside, North Carolina: Tracey, Randy et Vincent racontent leur vie à Cliffside, en Caroline du Nord. Ils prennent la parole chacun à leur tour et le livre prend le format de la nouvelle, mais les récits forment un tout, reliés entre eux par une introduction et une conclusion. C’est le premier écrit de Ron Rash, publié en 1994. Il y raconte la vie d’une petite communauté très religieuse, très attachée aux traditions, avec des histoires liées au mariage, à l’alcoolisme, à l’enfance, à l’élevage des opossums. Le ton est par moments sérieux, mais aussi souvent très léger, très drôle même, contrairement aux futurs livres plus sombres de l’auteur. Dans l’histoire qui donne le titre au recueil, on suit le pasteur de la communauté qui, pour redonner de l’élan à son église, organise une Passion avec un vrai-faux Jésus crucifié. Sauf que tout ne se passe pas comme prévu. Il y a également une histoire d’apparences et de couple qui se sépare presque parce que le mari ne s’occupe pas du jardin, une vraie jungle remplie de broussailles, le tout raconté du point de vue de leur jeune fils. C’est un livre qui se lit vite, et qui laisse une très bonne impression. Je crois que j’ai bien fait de décider de lire tout Ron Rash (son second livre est introuvable, par contre, mais je n’ai pas encore essayé Abe Books qui est souvent une bonne source – j’y trouve les Joyce Carol Oates qui sont épuisés – après recherche, je laisse tomber: les prix sont exorbitants, plus de 100 euros).

Ron Rash, The Night the New Jesus Fell to Earth and other stories from Cliffside, North Carolina, University of South Carolina Press, 2014 (édition du 20e anniversaire, première publication en 1994), 160p. (non traduit)

Short diary of the week (470)

Lundi: réveillée tôt mais une assez bonne nuit malgré tout pour celle du dimanche au lundi, des réponses à mes questions après une discussion avec mon collègue pour qui je travaille, et puis retourner vers ma propre collection et trier des disques, bien avancer, des maux de tête et comme une mini-grippe, des courses moyennement productives, terminer les restes mais il y en avait un peu trop, et donc avoir un peu de mal à digérer, The Devil is a Woman (Joseph von Sternberg, 1935), des douleurs dans le bas du dos qui lancent mon anxiété

Mardi: et donc une mauvaise nuit même si les douleurs ont très vite disparu, l’apprentissage d’un nouveau programme d’encodage – sauf qu’il ressemble très fort à celui que je connais (et du coup, on est un groupe à deux vitesses et j’ai un peu de mal avec ça), le mini-discours de la nouvelle directrice et puis un lunch tous ensemble, décider de papillonner un peu et de parler avec plein de collègues, y compris avec la nouvelle directrice, une envie de sieste – évidemment, régler une série de choses, un plat quelque peu minimaliste, George Clarke’s Old House New Home, les nouvelles du monde (que je découvre via des stories instagram – lieu que j’imaginais sûr) qui provoquent un pic d’anxiété juste avant d’aller dormir ce n’est pas top

Mercredi: réveillée bien trop tôt, un début de mal de tête, de l’encodage – avec plein de questions vu que je n’ai pas encore l’habitude pour le cinéma – mais ça va venir très vite, du tri de cd du Kurdistan, avec les collègues qui sont arrivés cet été les repas de midi sont différents maintenant – mais dans le bon sens – même si j’ai eu besoin d’une période d’adaptation, finalement le mal de tête n’a jamais empiré et est resté latent toute la journée, des frites comme repas du soir – c’est la faute au collègue qui m’a proposé ça ce midi !, Toni (Jean Renoir, France, 1935)

Jeudi: je crois que je n’ai jamais vu le baromètre (de ma grand-mère) aussi bas, un temps de novembre donc avec vent et pluie, heureusement je ne dois pas sortir, corriger des textes, du tri de cd, mettre à jour les ordinateurs – le truc que je fais souvent en retard mais qui se prête bien aux journées de télétravail, de la lecture – et donc mon e-reader n’accepte pas les accents vietnamiens mais l’iPad bien, des ramens, The Lives of a Bengal Lancer (Henry Hathaway, 1935)

Vendredi: de l’encodage – toute la journée mais avec des variations de thèmes, le bruit des jardiniers chez la voisine mais c’est pour un mieux cette fois-ci – un des horribles thuyas qui assombrissait ma cuisine est enlevé (il reste encore l’horrible du fond de son jardin qui est une masse sombre surtout en hiver), surveiller la météo et voir que les températures risquent bien d’être négatives pendant les nuits du w-e, du coup c’est la grande migration des plantes exotiques – enfin un début, la planche à roulette était en tous cas un bon achat – pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt ?, cela fait donc quasi onze mois que j’attends cette date – il y a des promotions black friday sur les robots pâtissiers KitchenAid et un beau modèle rouge rejoint mon panier – on ne pourra pas dire que c’était un achat impulsif !, la nuit tombe vite en cette période, de la lecture avant de préparer le repas, Boiling Point (Philip Barantini, Royaume-Uni, 2021)

Samedi: le temps sombre et pluvieux de novembre, me demander quand le facteur va arriver, me dépêcher de m’habiller, et j’ai bien fait – le colis est arrivé, déballer ce tout nouveau robot KitchenAid, réserver les derniers tickets de bus et train pour mon voyage, préparer un gâteau – quel plaisir avec le robot !, inaugurer le nouveau moule Bundt par la même occasion (celui qui était en rupture de stock en décembre passé – il est très hivernal/festif – c’est une forêt de sapins), rentrer les dernières plantes pour le coup de gel de cette nuit (la météo n’est pas entièrement sûre), de la lecture, terminer le roman en cours, un bol de riz au saumon à la Tim Anderson, le début d’un film, une grosse fatigue

Dimanche: il n’a pas gelé finalement – ce n’est pas plus mal – et donc ressortir quelques plantes pour deux semaines, traîner dans le canapé, coudre ces six boutons – une vraie corvée pour moi – mais j’ai deux pantalons à ma taille pour voyager, un gros coup de pompe, de la lecture, de la cuisine, la fin du film: Paterson (Jim Jarmusch, 2016)

L’Amérique avant les États-Unis

Bertrand Van Ruymbeke, L’Amérique avant les États-Unis. Une histoire de l’Amérique anglaise, 1497-1776: j’ai toujours été curieuse de l’histoire des Etats-Unis, tout particulièrement la période de formation, mais je n’avais jamais cherché de livre sur le sujet. C’est en lisant un article dans la revue America que j’ai découvert l’historien français Bertrand Van Ruymbeke et que je me suis dit que cela pourrait être un bon candidat. J’avais le choix entre deux livres, un premier se limitant à la période avant l’indépendance et un second allant jusqu’à aujourd’hui. Le premier l’a emporté. Est-ce que j’ai bien fait ? Je n’en suis pas si sûre: le livre est extrêmement détaillé, et même si l’écriture est tout à fait abordable, l’auteur se perd un peu dans l’explication de divers éléments qui m’ont peu intéressés, comme les religions ou les institutions locales. Ce sont des éléments importants pour la formation de la nouvelle nation, mais j’aurais du lire la version plus résumée, ce que je ferai un jour vu que je m’intéresse aussi à la conquête de l’Ouest.

J’espérais également plus de détails sur la vie quotidienne des premiers colons, et les Premières Nations ne sont quasi pas évoquées, à moins qu’elles n’aient formé l’une ou l’autre alliance avec les colons. J’aurais aimé en savoir plus sur la vie à l’époque à l’ouest des Treize Colonies mais ce n’est pas abordé. Après avoir lu des livres d’auteurs anglo-saxons (ou belges), la liberté de la langue m’a un peu manquée, cette écriture qui n’hésite pas à faire des remarques tout à fait contemporaines dans le texte et à quitter quelque peu l’académisme (qui n’est malgré tout pas trop présent ici, j’ai lu bien pire dans le passé). Je suis tombée également sur un manque dans ma culture: j’ai eu du mal à comprendre la géopolitique de l’Europe à cette époque et les nombreux conflits entre nations (la guerre de Sept Ans), et cela me poussera à lire (enfin) une histoire de l’Europe (également abordée dans le récit de voyage d’Erika Fatland que je lisais en même temps).

Bertrand Van Ruymbeke, L’Amérique avant les États-Unis. Une histoire de l’Amérique anglaise, 1497-1776, Flammarion, 2016, 783p.

At the movies – 30 (1930s)

Clark Gable dans Mutiny on the Bounty (domaine public)

The 39 Steps, Alfred Hitchcock (Royaume-Uni, 1935) – 4/5: une histoire d’espionnage, et d’un homme (Robert Donat) qui s’y trouve mêlé par hasard, avec beaucoup d’action et de revirements de situations, et une blonde hitchcockienne (Madeleine Carroll). Filmé dans les rues de Londres mais aussi en Ecosse. J’ai été scotchée du début jusqu’à la fin (même le dénouement est un peu précipité, à une minute de la fin du film – une constante dans les films anciens).

Captain Blood, Michael Curtiz (1935) – 3/5: un film de cape et d’épée, avec des pirates et des batailles navales – tout ce qu’il faut pour ne pas s’ennuyer. Errol Flynn prend le rôle du Capitaine Blood, médecin anglais envoyé comme esclave en Jamaïque. Il devient pirate et capitaine d’un navire. Il avait été acheté par Arabella Bishop, jouée par Olivia de Havilland, et évidemment, ils sont attirés l’un par l’autre. Les deux acteurs sont ici réunis pour la première fois et sont au tout début de leur carrière. Le film mélange scènes d’action (certaines viennent d’un film muet de 1924, The Sea Hawk) et romantisme dégoulinant, le tout appuyé par le score d’Erich Wolfgang Korngold. Certaines scènes sont totalement invraisemblables (Blood attaque deux bateaux, mais commence par celui à sa droite. Celui de gauche attend sagement sans rien faire) et la robe en satin d’Arabella sort de toutes les scènes d’action sans une poussière ou un pli. Ce film m’a beaucoup fait penser à la série Black Sails.

Ruggles of Red Gap, Leo McCarey (1935) – 2/5: Marmaduke Ruggles est le valet et majordome du comte de Burnstead, mais ce dernier le perd au jeu à Paris et il doit rejoindre le couple américain Egbert et Effie Floud qui l’emmènent à Red Gap, dans l’Ouest lointain des Etats-Unis. C’est un film qui met en avant le contraste entre la rigidité toute anglaise et le caractère totalement décomplexé des Américains, avec une bonne dose de patriotisme étatsuniens (Ruggles récite un long discours de Lincoln sur le fait que les hommes sont égaux). Ce n’est pas le film le plus passionnant du monde et il est très cliché. A noter: des vues de Paris, un train, le restaurant chinois est un restaurant de chop suey, une cage à oiseau (on ne voit pas s’il y a un canari dedans).

Top Hat, Mark Sandrich (1935) – 3/5: un autre film du duo Fred Astaire – Ginger Rogers, sur un scénario proche de The Gay Divorcee, basé sur un quiproquo (chose que mon esprit très rationnel a du mal à accepter sur la longue durée). Les morceaux de danse sont superbes (mais il n’y en a pas tant que ça), avec notamment la chanson « Cheek to Cheek », pendant laquelle Rogers porte une robe à plumes d’autruche qui virevoltent (on voit les traces sur le sol). Les décors sont exagérés et clairement en carton-pâte, représentant d’abord un hôtel de luxe à Londres, puis le Lido à Venise, avec son hôtel art déco. Je ne me suis pas ennuyée mais ce genre de film est très cliché, et l’histoire n’est qu’un prétexte pour les morceaux dansés. A noter: un des personnages commande un Horse’s Neck, un cocktail à base de whisky et ginger ale.

Mutiny on the Bounty, Frank Lloyd (1935) – 3/5: un film historique qui prend de grandes libertés avec l’histoire (le capitaine Bligh était sévère mais apparemment pas aussi extrême) mais qui est très divertissant. Charles Laughton (Bligh) ressentait une certaine infériorité par rapport à son physique face à Clark Gable (sans moustache parce que c’était interdit dans la marine anglaise de l’époque), et en effet, le contraste est vraiment énorme. Une des jeunes filles tahitiennes est en fait mexicaine, mais l’autre est hawaïenne – on se rapproche donc. Les scènes de mer sont spectaculaires et le film a en partie été tourné à Tahiti et en Polynésie Française. J’ai hésité à monter ma note à 4 mais le côté cliché des bons et du mauvais est un peu trop énorme – cela reste malgré tout un bon film pour l’époque (apparemment pour la réalité historique, il faut se tourner vers The Bounty de 1984 avec Mel Gibson et Anthony Hopkins).

The Informer, John Ford (1935) – 4/5: a priori un film se passant en Irlande, ça ne m’intéresse pas trop (je ne sais pas trop pourquoi le sujet ne me passionne pas), mais ici, on sent la patte de John Ford (d’origine irlandaise). Le personnage principal, Gypo (Victor McLaglen) est d’une pauvreté extrême. Pour réaliser ses rêves et celui de sa jeune amie, il dénonce son ami recherché pour meurtre à la police anglaise, le tout pour 20£, qu’il dépense ensuite sans compter alors qu’il est en plein déni de ce qu’il a fait. Toute l’action se déroule en quelques heures, la nuit, dans des décors sales et sombres. Il y a de nombreuses références au cinéma muet et aux films de l’expressionnisme allemand (comme M le maudit). Max Steiner a composé une bande-son qui suit l’action au plus près (un exemple type de mickeymousing).

The Devil is a Woman (Joseph von Sternberg, 1935) – 3/5: dernière collaboration entre Josef von Sternberg et Marlene Dietrich, (leur relation était devenue trop compliquée), cette espagnolerie (comme une chinoiserie mais en Espagne) est confuse au niveau de l’histoire. Je n’ai pas aimé le portrait qu’on fait de cette femme manipulatrice et profiteuse alors que les hommes sont montrés comme des victimes (sauf cette détestable scène où un homme bat la femme jouée par Dietrich – hors plan, mais quand même). Par contre, la lumière, le jeu du clair-obscur est magnifique et les plans très travaillés. A noter: les fêtes du Carnaval et les gens masqués, un train, les costumes hispanisants très inventifs (la cape à mini pompons !).

The Border

Erika Fatland, The Border: A Journey Around Russia Through North Korea, China, Mongolia, Kazakhstan, Azerbaijan, Georgia, Ukraine, Belarus, Lithuania, Poland, Latvia, Estonia, Finland, Norway, and the Northeast Passage: Erika Fatland, voyageuse et autrice norvégienne, est passionnée par la Russie et a décidé de réaliser un périple qui suit les frontières de l’immense pays. Elle commence par la conclusion de son voyage, une croisière dans la mer Arctique, empruntant le passage du nord-est. Elle raconte des anecdotes, décrivant ce qu’elle voit, mais elle explique également toute l’histoire de la région. Elle fait de même pour son voyage via la terre – la première partie en Corée du Nord est particulièrement savoureuse (et un peu angoissante en même temps). Elle relate le passé, le mouvement des frontières suite aux guerres et s’intéresse aux habitants de ces zones, les interrogeant sur leur vie quotidienne et l’influence de géant russe. Elle rencontre des gens très divers, certains sont nostalgiques de l’URSS, d’autres revendiquent leur liberté, leur indépendance. Cet aspect devient particulièrement important une fois qu’elle aborde la région du Caucase et cela m’a bien éclairé à propos de la situation actuelle. Elle termine son long périple sur la rivière qui marque la limite entre la Russie et la Norvège, à l’extrême nord de l’Europe.

Le livre est long, mais il est passionnant de bout en bout (j’ai juste flanché un peu lors des descriptions des conquêtes de Genghis Khan, que j’ai déjà lues un peu trop souvent), j’ai appris de nombreuses choses et j’ai aimé lire le côté personnel, la partie qui est vraiment récit de voyage (je me suis retrouvée dans ses angoisses avec les chauffeurs de taxi un peu bizarres). J’ai lu la version traduite en anglais (du norvégien) et je trouve extrêmement dommage qu’il n’y ait pas de version française (il existe des traductions dans quasi toutes les langues européennes, y compris le néerlandais – c’est comme ça que j’ai découvert le livre).

Erika Fatland, The Border: A Journey Around Russia Through North Korea, China, Mongolia, Kazakhstan, Azerbaijan, Georgia, Ukraine, Belarus, Lithuania, Poland, Latvia, Estonia, Finland, Norway, and the Northeast Passage, MacLehose Press, 2020, 608p.

Un livre d’une autrice norvégienne, qui cadre tout à fait dans le challenge de Céline du blog Mon journal livresque.

Short diary of the week (469)

Lundi: une nuit agitée (j’ai cette sensation étrange qui envahit mon corps un peu avant d’aller dormir le dimanche – une sourde fébrilité – et uniquement si je travaille le lendemain), le boulot, ce gâteau n’est vraiment pas à mon goût – je ferais mieux de retourner vers ma recette de Nigella Lawson (avec pleins d’oeufs et de gras), de l’encodage avec des voyages au Portugal et au Canada pour varier un peu les plaisirs (ou pas), trouver une solution par rapport à ce site qui a disparu, The Good Fight – un épisode qui me met mal à l’aise sachant que je ne veux pas trop m’informer/me laisser troubler par le monde qui évolue vers le mauvais côté

Mardi: une première réunion avec un ancien/futur assistant (ce n’est pas le bon nom mais je n’ai pas encore trouvé mieux), une seconde réunion avec un futur assistant pour une autre collection, « oh mais tu es tout en noir aujourd’hui, ça n’arrive pas souvent ! » – quel changement en effet avec ma période où j’étais toujours habillée en noir (quelque part à la fin des années nonante – début des années 2000), régler divers problèmes, et une troisième réunion où c’est moi l’assistante pour encore une autre collection – c’est intéressant de voir les approches totalement différentes, in extremis l’informaticien tente encore de régler un problème mais ça ne veut pas fonctionner, rentrer chez moi vidée de toutes ces interactions sociales (plutôt agréables) sans un seul moment de repos, l’assiette apéro comme repas du soir avec – encore – des tomates du jardin, le combo George Clarke’s Old House New Home et Garden Rescue des soirées où mon cerveau est fatigué

Mercredi: grève des transports (et de plein d’autres choses) et donc télétravail, des ouvriers qui commencent à faire du bruit chez des voisins, mais quand même une journée au calme – ce qui me fera du bien, à la recherche de clips, de la lecture, et puis un gros coup de pompe, un plat improvisé inspiré par Tim Anderson, deux épisodes de The Good Fight

Jeudi: éviter une réunion à plus de trente… parce que j’avais programmé la venue du chauffagiste bien avant que la réunion soit décidée, je ne peux pas dire que cela m’attriste de ne pas y assister, et c’est bien mieux pour ma santé mentale, et puis finalement la quatrième dose du vaccin (tout près de chez moi à la pharmacie – le truc impensable l’année passée parce qu’elle est située dans une autre région – mais à 5 minutes à pied), du tri de disques, de la lecture, des courses dans un supermarché un peu vide parce qu’il n’a pas été approvisionné hier à cause de la grève, The Good Fight, tomber de fatigue (l’effet du vaccin ?)

Vendredi: j’ai sérieusement mal au bras aujourd’hui et même une tâche rouge et gonflée là où j’ai eu la piqûre, lutter contre la fatigue (en gros ça va, mais j’ai quand même un peu moins d’énergie que d’habitude), de la couture, récolter les piments et les surgeler – je commence tout doucement à réaménager les plantes sur la terrasse avant l’hiver, de la lecture, The Good Fight, aller dormir tôt

Samedi: une nuit un peu agitée, les températures ont bien baissé cette nuit (4,8°), de la couture, tester le transfert de photos depuis l’appareil vers l’iPad et ça fonctionne du premier coup (soit par wifi, soit par câble) – c’est le genre de truc que j’avais repoussé depuis quelques années déjà – je ne sais plus quand j’ai acheté ce câble !, découvrir qu’une clématite est abondamment fleurie pour la première fois (c’est une variété qui est censée fleurir en hiver), de la lecture entrecoupée d’une sieste, un plat de nouilles soba de Tim Anderson, les deux derniers épisodes à tout jamais de The Good Fight – une série qui a pris un sérieux tournant politique au cours des ans et qui restera toujours remarquable pour son inventivité et son audace dans un pays aussi divisé

Dimanche: 4,2° ce matin mais pas encore de signe de gel dans les prochains jours – les plantes exotiques peuvent encore rester un peu dehors – même s’il faudra bien que je les rentre avant mes vacances, presque terminer ce second pantalon – il reste les boutons à coudre comme pour le premier, de la lecture entrecoupée d’une sieste, terminer le livre en cours, choisir le suivant, cuisiner le plat de ce soir et celui pour les midis de la semaine, Dong (Jia Zhangke, Chine, 2006) – mon esprit a pas mal vagabondé en regardant ce documentaire