Afterparties

Anthony Veasna So, Afterparties: Stories: ce recueil de nouvelles nous plonge dans le monde des réfugiés et immigrants khmers de Californie. Ils ont repris une vie et eu des enfants sur place, mais les fantômes du passé les hantent encore, ce qui n’est pas vraiment compris par leur descendance qui s’est américanisée (ce sont essentiellement eux les narrateurs de ces histoires). Il y a souvent des incompréhensions entre générations, un rejet des traditions, mais aussi parfois un retour vers celles-ci. Ces réfugiés ont ouverts de petits commerces (des supermarchés, des magasins de donuts, des garages) et espèrent que leurs enfants auront une vie meilleure et feront des études.

Deux adolescentes tiennent le comptoir du café de leur mère pendant la nuit et observent cet homme qui vient tous les jours mais qui ne mange pas le donut qu’il a commandé. Le fils d’un garagiste voit l’affaire de son père péricliter mais se rend compte qu’il ne contribue en rien à améliorer le quotidien de sa famille et de lui-même. L’après-fête d’un mariage pose la question des cadeaux (un don d’argent) que chacun doit apporter. Une infirmière doit soigner une vieille femme atteinte de démence et qui croit qu’elle est toujours poursuivie par les Khmers Rouges. Un jeune homme commence une relation avec un autre homme qui n’est pas de sa communauté. Autant de thèmes abordés par l’auteur qui a puisé dans sa propre expérience pour décrire la vie de sa communauté. J’ai trouvé certaines nouvelles un peu sèches, mais au fil des pages j’ai ressenti les émotions que So voulait transmettre, et j’ai commencé à beaucoup aimer ces textes. En tournant la dernière page, je me suis précipitée sur goodreads pour voir s’il avait aussi écrit des romans et là, j’ai découvert à regret que ce recueil a été édité à titre posthume. Ce livre n’est pas traduit en français, mais j’espère qu’il le sera un jour. Je le conseille en tous cas.

Anthony Veasna So, Afterparties: Stories, Ecco, 2021

Les nouvelles: Three women of Chuck’s donuts —
Superking Son scores again —
Maly, Maly, Maly —
The shop —
The monks —
We would’ve been princes! —
Human development —
Somaly Serey, Serey Somaly —
Generational differences.

Short diary of the week (443)

Lundi: une nuit un peu agitée mais sans Lysanxia, ne voir aucun collègue la première heure au bureau, et puis discuter avec plusieurs d’entre eux, du tri de disques, tenter de regarder deux films (documentaires) pour un article collectif mais le lien du premier ne fonctionne pas et le second est en hindi/hinglish non sous-titré, une grosse frustration donc et l’impression d’avoir perdu mon après-midi, profiter du reste de la journée pour lire dans mon nouveau fauteuil, Little Women (George, Cukor, 1933)

Mardi: parler avec des collègues (on comprend pourquoi je travaille plus en télétravail, non ? – en même temps l’ambiance de fin de règne ne motive pas beaucoup), du tri de cd, une de mes sandales qui se décompose totalement (la paire était vieille), heureusement j’ai des tongs de bureau qui me permettront de rentrer plus ou moins dignement, la réunion d’équipe au jardin sous un marronnier qui perd ses fleurs en masse, choisir sur quoi je vais écrire pour un article collectif, faire des recherches une fois rentrée, Morning Glory (Lowell Sherman, 1933)

Mercredi: me rendre compte que la vanne de mon radiateur au bureau est cassée et donc ça chauffe alors qu’il fait chaud dehors, écrire un court texte, dire bonjour à mes collègues présents, du tri de cd, partir un peu plus tôt parce que j’en ai marre (et que j’ai accumulé de la récup’), lire au jardin, She Done Him Wrong (Lowell Sherman, 1933)

Jeudi: écrire un second court texte et tout envoyer au collègue qui mettra en ligne, sortir les plants de tomates pour qu’ils s’habituent doucement au soleil, regarder un long film contemplatif mais qui est très bien, une grosse fatigue, tondre la pelouse, The Great British Sewing Bee

Vendredi: la surprise du matin – parce que c’est une semaine plus tôt que prévu – et il est donc clair que je ne suis pas ménopausée – vivement la prise de sang bientôt pour que je puisse revenir à mes habitudes (et je me rends compte que je n’ai noté nulle part la date de ma dernière pilule – ce qui rend tout comptage un peu difficile), écrire un texte sur le film vu hier, regarder un autre film – documentaire cette fois-ci, écrire un court texte sur celui-ci, il fait juste un peu trop frais pour m’installer dehors, laver les carreaux de la grande fenêtre, un peu de lecture – j’ai perdu le fil et je m’ennuie un peu, The Jubilee Pudding: 70 Years in the Baking, le début de la nouvelle saison de Garden Rescue (sans les frères Rich – je suis triste)

Samedi: un sommeil plus ou moins interrompu par des maux de ventre (du côté des ovaires), de la lecture de blogs, enlever les myosotis fanés du jardin pendant que mon mac se met à jour, de la couture – retracer le patron en plus grand (et comme j’aime beaucoup le tissu dans lequel je veux coudre cette robe, il faudra faire une toile, ce qui n’était pas vraiment prévu vu que je voulais une nouvelle robe très vite), déplacer plein de pots sur la terrasse – ça commence à prendre forme, préparer des marinades, de la lecture au jardin – cinq livres en cours c’est un peu beaucoup non ? – ajoutons-y un sixième, et du coup ne pas avoir l’impression d’avancer – on est à la mi-mai et je n’ai terminé qu’un seul livre, le premier barbecue de l’année, encore de la lecture avec le temps qui fraîchit – mon quota de films vus va complètement plonger avec cette météo estivale

Dimanche: de la couture – me lancer dans la toile pour cette robe, planter les concombres et les tomates, de la lecture (et terminer un livre – vive les annexes qui prennent un certain nombre de pages), préparer de quoi manger à midi cette semaine, encore de la lecture alors que le soleil se couche

Nouilles d’Asie

Chihiro Masui, Minh-Tâm Trân, Margot Zhang, Nouilles d’Asie (2016): ce livre de cuisine a été écrit par trois autrices francophones de trois origines différentes: Japon, Vietnam et Chine. Elles y rassemblent des recettes de nouilles, des recettes traditionnelles mais aussi fusion, avec même quelques écarts dans d’autres pays comme la Corée ou la Thaïlande. Le texte est très limité et cela aurait été intéressant d’en savoir un peu plus sur le sujet. Par contre, le livre est richement illustré, avec des photos de tous les ingrédients (nouilles, condiments, herbes et légumes asiatiques), des recettes photographiées pas à pas (de certaines nouilles donc) et des photos de chaque plat. En le lisant, je me suis rendue compte que je n’avais quasi rien essayé et que j’avais une préférence pour les soupes, mais qu’il y avait plein de recettes qui me donnaient envie. Parfois, ça vaut la peine de ressortir des livres plus anciens ! Un livre intéressant, mais pour beaucoup de recettes, il y a une recette dans la recette et préparer les bouillons pour les soupes prend beaucoup de temps (heureusement, il y a quelques soupes japonaises très faciles).

  • photos: **** (toutes les recettes sont illustrées)
  • texte: ** (basique)
  • originalité des recettes: ****
  • authenticité des recettes: ****
  • faisabilité des recettes: ***
  • mesures: unités de mesures métriques
  • recettes favorites: « Soba à la mode des barbares du sud » (cette recette, je l’ai déclinée sous plein de formes et c’est elle qui m’a donné l’idée d’utiliser du magret de canard, que j’ai ensuite changé en canard fumé pour la facilité), « Bo bun », « Bun au poisson au curcuma et à l’aneth »
  • indispensabilité du livre: ***

At the movies – 20 (1930s)

Footlight Parade – une des scènes de piscine

Du bon, du moins bon, et de la comédie musicale à grand spectacle pour ces sept films de 1933.

Queen Christina, Rouben Mamoulian (1933) – 4/5: un film historique vaguement inspiré de la vie de la reine Christine de Suède. On y retrouve son désir de liberté et son amour de la culture, tandis que son amour pour un beau diplomate espagnol est inventé. Mais peu importe. Il y a aussi quelques scènes qui évoquent son amour pour sa dame d’honneur, mais elles restent très chastes. C’est filmé de manière très sobre, avec une belle attention pour la lumière. Greta Garbo est parfaite dans ce rôle très androgyne. A noter: les robes d’Adrian.

Bombshell, Victor Fleming (1933) – 4/5: une screwball comedy typique, avec des dialogues qui vont à du 100 à l’heure. Jean Harlow joue le rôle d’une actrice d’Hollywood poursuivie par ses fans et devant tourner les scènes manquantes pour le film Red Dust (un de ses films précédents – il y a d’ailleurs une furtive image de Clark Gable dans l’intro), notamment celle où elle se baigne dans un grand tonneau. Mais tout ce qu’elle demande c’est de mener une vie normale et d’adopter un enfant. Ce n’est pas un chef-d’oeuvre mais je ne me suis pas ennuyée un moment. A noter: les scènes tournées au Cocoanut Grove, le nightclub en style marocain/tropical/pré-tiki où se voyaient toutes les stars de l’époque, les robes d’Adrian.

Cavalcade, Frank Lloyd (1933) – 2/5: la chronique d’une famille bourgeoise de Londres entre la guerre des Boers de 1899 et 1933, avec de nombreux drames (le Titanic, check !, la Première Guerre mondiale, check !, l’alcoolisme, check !). Vu du côté de la famille mais aussi du personnel de maison, comme dans Downton Abbey. C’est pas mal, assez prenant même, mais il y a un peu trop de patriotisme, surtout à la fin. L’âge des acteurs est aussi du grand n’importe quoi: Una O’Connor qui joue la femme de chambre est jeune maman mais a en vrai 53 ans, Dyana Wynyard est 2 ou 3 ans plus jeune que ses deux fils – on pourrait dire que peu importe vu qu’il s’agit d’un film qui se déroule sur plus de 30 ans, mais quand même !

Ecstasy, Gustav Machaty (Tchécoslovaquie, 1933) – 4/5: j’avais abandonné ce film après 12 minutes parce qu’il est quasi muet et que le musique est très répétitive. Et puis j’ai eu des regrets parce que les images sont particulièrement travaillées. Je voulais aussi voir pourquoi ce film était considéré comme érotique: il y a en effet des scènes avec une Hedy Lamarr complètement nue et des scènes où son visage montre l’orgasme. Mais en dehors de ça, j’ai trouvé le film intéressant avec son histoire de mariage raté et de femme qui cherche le plaisir dans la campagne slovaque. Et puis, je me devais de regarder au moins un film avec Hedy Lamarr, une femme qui est tellement plus qu’actrice (il y a un intéressant documentaire à son sujet).

Dinner at Eight, George Cukor (1933) – 3/5: un film virevoltant avec plein de personnages, et donc plein d’acteurs (John et Lionel Barrymore, Wallace Beery…) et d’actrices (de la jeune Jean Harlow aux bien plus âgées Billie Burke et Marie Dressler – j’approuve !). La narration ne laisse aucun moment creux mais c’est là qu’on voit que le film date de 1933: le montage est somme toute très statique, se concentrant sur une même ligne narrative pendant plusieurs minutes au lieu de passer de l’une à l’autre comme aujourd’hui. A noter: le petit chien (pékinois) qui s’appelle Tarzan (en fait c’était Mussolini à la base mais ça a été jugé offensant par le studio), les belles robes d’Adrian.

Footlight Parade, Lloyd Bacon (1933) – 2/5: ma cote pour ce film est en fait de 1/5 pour la première heure et un quart, et de 4/5 pour la dernière demi-heure. Producteur de comédies musicales, Chester Kent (James Cagney) se retrouve sans travail avec l’avènement du cinéma parlant. Il décide alors de monter des « prologues » à présenter avant les films. La première partie de l’histoire cause beaucoup et est parfois très confuse. Elle n’est finalement qu’un « prologue » aux « prologues » de la dernière demi-heure, trois chorégraphies de Busby Berkeley montrées intégralement. Surtout la seconde est superbe, annonçant les films d’Esther Williams avec des scènes de nageuses. Par contre, le réalisme, on oublie: une scène de cinéma ne possédait certainement pas une piscine qui change plusieurs fois de forme et qui se transforme même en forêt avec cascades. Je n’aime vraiment pas James Cagney (que ce soit ici ou dans les rôles de gangsters); par contre Joan Blondell est bien plus intéressante. On y voit aussi Ruby Keeler et Dick Powell (encore un acteur qui m’indiffère). A noter: la scène patriotique avec le drapeau américain.

Gold Diggers of 1933, Mervyn LeRoy (1933) – 3/5: le hasard a fait que je regarde cette comédie musicale juste après Footlight Parade et les acteurs principaux sont quasi les mêmes (sans James Cagney). Warren Williams est donc accompagné par Joan Blondell, Ruby Keeler et Dick Powell, et il y a aussi un rôle pour Ginger Rogers. Il s’agit aussi d’un film sur le montage d’un spectacle, en pleine dépression, mais l’histoire est un peu plus prenante. La chorégraphie est signée Busby Berkeley mais je l’ai trouvée moins intéressante que dans Footlight Parade. Toute l’intrigue est résolue quinze minutes avant la fin du film et puis il y a une dernière chorégraphie qui sort le spectateur du monde un peu rêvé d’avant: c’est la dure réalité de la dépression, des femmes qui doivent se prostituer et des vétérans qui n’ont ni argent ni travail (ce qui est aussi le prétexte pour une scène patriotique avec le drapeau américain). A noter que « gold digger » était le nom donné à ces femmes qui cherchaient un mari riche à l’époque.

Solstice

Joyce Carol Oates, Solstice: Monica, fraîchement divorcée, s’installe dans une petite ville de Pennsylvanie où elle a trouvé un emploi comme enseignante. Plutôt réservée, elle est cependant assez vite intégrée dans la petite communauté locale. Lors d’une soirée, elle rencontre Sheila, artiste bohème, veuve d’un sculpteure renommé, totalement libre et fantasque mais aussi droguée aux amphétamines et à l’alcool. Il y a une étincelle, un peu à l’insu de Monica qui se retrouve embarquée dans une relation totalement dévastatrice. Les liens qui se créent entre les deux femmes sont profonds, il y a de l’amour mais un amour qu’aucune des deux n’avoue vraiment et qui mène la plus réservée des deux dans un tourbillon sans fin.

J’ai retrouvé avec beaucoup de plaisir Joyce Carol Oates dans ce roman relativement court (environ 250 pages). Elle y décrit avec verve et finesse la psychologie de deux femmes complexes que tout oppose, sans aller dans le grotesque comme certains romans précédents. Je me suis laissée emporter par le récit, me retrouvant quelque part dans le personnage de Monica qui est manipulée par Sheila (même si ce n’est pas vraiment conscient). J’ai avalé le roman en quelques jours mais j’ai été un peu déçue par la fin, qui n’en est pas vraiment une; j’imagine que c’est lié au fait que je me suis identifiée à Monica. Le roman date de 1985 mais je vous encourage vraiment à le lire et la traduction d’Anne Rabinovitch est excellente (elle a d’ailleurs traduit plusieurs romans de Joyce Carol Oates).

Joyce Carol Oates, Solstice, 1985 – lu dans l’édition française éditée par Stock et traduite par Anne Rabinovitch

A vrai dire, je comptais lire un recueil de nouvelles de Joyce Carol Oates, pour participer à « Mai en nouvelles » mais c’était sans compter les hasards de l’ordre chronologique de la bibliographie de l’auteur. J’avais vu dans ma liste qu’il y avait deux recueils, et j’ai lu Last Days en février 2022, me disant qu’il me restait Wild Saturday pour le mois de mai. Livre que j’ai voulu commencer en premier pour cette nouvelle édition de « Mai en nouvelles ». Sauf qu’en l’ouvrant, j’ai constaté qu’il s’agissait d’une compilation de récits plus anciens, essentiellement parus dans The Wheel of Love que j’ai lu… en 2014. Mes plans si bien réfléchis depuis un an étaient complètement chamboulés et j’étais frustrée ! Je me suis donc dit que je lirais d’abord son roman de 1985, Solstice.

Short diary of the week (442)

Lundi: une bonne nuit (mais j’ai pris mes 5 gouttes de Lysanxia habituelles – alors que j’avais d’abord tenté de m’endormir sans – ça m’ennuie très fort en fait à cause de l’addiction de mon père aux somnifères et calmants mais je me rassure en sachant que la dose normale est bien plus élevée et que je n’en prends qu’une fois par semaine), est-ce que ce lundi va être bruyant au bureau ?, revoir avec plaisir après deux ans un collègue qui était malade, avancer dans le boulot par à-coups aujourd’hui, et finir par partir un peu plus tôt pour profiter du soleil au jardin (j’ai accumulé plein d’heures de récup’), décidément ce plat vietnamien ne me goûte pas – ce n’est pas que c’est mauvais – ce ne sont juste pas des goûts que j’aime, le début d’un film mais rattrapée par l’envie de dormir

Mardi: tenter de travailler mais ne pas vraiment y arriver, parler avec des collègues, la réunion d’équipe, le coup de pompe gigantesque, une assiette apéro comme repas du soir, Footlight Parade (Lloyd Bacon, 1933)

Mercredi: une mauvaise nuit et des rêves bizarres (mais très liés à l’activité du jour), la réunion avec tout le personnel, finalement ça se passe sans que personne ne monte le ton (mon groupe était plutôt calme), le buffet à midi, et puis on reçoit congé pour l’après-midi, acheter un nouvel imperméable (cher mais de marque outdoor qui devrait durer quelques années) chez AS Adventure ainsi qu’une robe d’été pas chère et confortable, une longue sieste qui ne me repose pas, Gold Diggers of 1933 (Mervyn LeRoy, 1933)

Jeudi: une bonne nuit mais de la fatigue quand même – je crois que j’ai des périodes comme ça, ne pas trop savoir sur quoi travailler, et puis me lancer sur la Chine, ces hésitations, deux belles crises de tachycardie et un certain temps pour m’en remettre, ce n’est pas ma journée au niveau santé – rien de très grave mais c’est gênant quand même, après un an d’hésitations enfin faire cette commande de meubles de jardin (a priori ce sera déjà livré samedi !), parler un moment avec ma voisine (on s’est réconciliées), avancer aussi dans la préparation d’un citytrip en août, du coup je n’aurai pas lu une lettre alors que je suis toujours très avide de commencer un nouveau livre – c’est en fait très rare que je passe plus de 24 heures sans lecture, les deux premiers épisodes de The Great British Sewing Bee

Vendredi: recevoir les liens pour les deux films à regarder pour un festival, mais décider de remettre ça à la semaine prochaine, me tourner plutôt vers la Chine, lire au jardin après le boulot, des sushis maison, I’m No Angel (Wesley Ruggles, 1933)

Samedi: le grand mystère de l’heure de livraison, et donc m’habiller au plus vite, traîner dans le canapé, de la couture, la livraison donc, le rendez-vous téléphonique avec des amis pour organiser un court séjour au mois d’août pour visiter la Documenta, et voilà c’est réservé !, l’installation des nouveaux meubles de jardin et le rangement de la terrasse (enfin le début), de la lecture, le film du soir: La rivière noire (Masaki Kobayashi, Japon, 1957)

Dimanche: réveillée par des avions, de la couture – la robe est terminée, ne pas trop savoir quoi commencer et décider de regarder ce que j’ai dans ma garde-robe pour m’inspirer, décider du coup d’essayer ces robes d’il y a quelques années et déprimer un bon coup quand la plupart vont sur la pile « trop petit » – bref il faut que je couse rapidement quelques robes d’été, et puis avoir envie de racheter du tissu du coup, repiquer les piments et les installer dehors, ajouter de la terre aux tomates qui sont encore un peu trop petites pour sortir (la semaine prochaine ?), de la lecture, commencer à cuisiner à 17h pour avoir le temps de préparer le repas du soir et ceux des midis de la semaine, un délicieux poulet au gingembre et au citron donc, commencer un film et l’arrêter très vite tellement c’est mauvais (c’était lié à ma filmographie de Keanu Reeves – Tune In Tomorrow, datant de 1990), de la lecture

At the movies – 19 (1960s)

Bandolero (affiche du film)

Pour les années 1960, on voit clairement que je suis dans les westerns. Je continue en effet à les regarder chronologiquement selon une liste que j’avais trouvé dans un livre (et je trouve dommage maintenant que je n’ai jamais pris de notes auparavant).

Hang ’em high, Ted Post (1968) – 3/5: un western américain avec Clint Eastwood inspiré par les westerns spaghetti – avec donc le même type de personnage et une musique « morriconesque ». Une scène de pendaison bien trop longue, une scène romantique qui apparaît soudainement et une conclusion un peu bâclée.

Bandolero, Andrew V. Mclaglen (1968) – 4/5: des braqueurs de banque en fuite avec une otage, la troupe du shérif qui les poursuit et des banditos mexicains, le tout avec une attirance de plusieurs des protagonistes pour la seule femme du film. Elle est jouée par Raquel Welch, à la mise en plis et au maquillages parfaits même après avoir passé trois jours en plein désert. Un western classique mais qui fonctionne assez bien, tourné en Panavision dans de beaux paysages.

The Wild Bunch, Sam Peckinpah (1969) – 4/5: un classique du western, reconnu pour son inventivité dans la manière de filmer (mise en scène très dynamique et complexe) et pour son extrême violence, avec du sang qui gicle (avant, le sang n’était jamais montré de cette manière) (pour plus d’infos, je vous renvoie vers la page en français de wikipedia qui est très détaillée). J’ai l’impression que la scène du train a inspiré celle dans Breaking Bad. A part ça, je me faisais la réflexion que la brochette d’acteurs n’est pas très attirante selon les normes actuelles et je me demandais qui serait choisi aujourd’hui. Et j’ai toujours eu un peu de mal avec les westerns se passant au Mexique même si j’aime beaucoup les corridos et autres chansons de mariachis.

Butch Cassidy and the Sundance Kid, George Roy Hill (1969) – 3/5: encore un classique avec Paul Newman et Robert Redford, mais je l’ai trouvé assez inégal, avec de longs moments où il ne se passe rien, des scènes romantiques baignées du soleil matinal typiques de la fin des années 1970 (on y est presque), et une histoire assez décousue. La musique de Burt Baccharah est assez bizarre, pas western du tout, mais dans l’esprit de l’époque. Belles scènes de train et de poursuite.

True Grit, Henry Hathaway (1969) – 3/5: John Wayne dans un rôle de vieux U.S. Marshal bedonnant et alcoolique, Glen Campbell – le chanteur country – avec rouflaquettes (Elvis Presley avait été approché pour le rôle), et Kim Darby comme jeune femme énervante au possible (elle a les cheveux courts en 1880 – yeah – et sa marche est bizarre, comme un fermier mal dégrossi). L’histoire est intéressante, celle d’une vengeance, mais les acteurs (à part John Wayne) mal choisis (il y a aussi Robert Duvall et Dennis Hopper chez les méchants). Peut-être que la version de 2010 des frères Coen me plaira mieux ? A noter: de superbes paysages, un personnage chinois (l’épicier) et un beau chat roux.

The Undefeated, Andrew V. McLaglen (1969) – 2/5: un western rassemblant John Wayne et Rock Hudson, avec des thèmes que j’aime moins: la guerre de Sécession et les troubles au Mexique. Mais il y a quelques belles scènes avec une horde de chevaux, et un chat.

Tell Them Willie Boy Is Here, Abraham Polonsky (1969) – 3/5: un western à la limite du genre: il se passe en 1909 et il y a des voitures en plus des chevaux. C’est l’histoire d’une personne, Willie Boy, Indien Païute qui prend la fuite avec sa bien-aimée suite au meurtre du père de celle-ci. Il est poursuivi par le shérif (Robert Redford), accompagné d’une milice. J’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire, mais une fois la poursuite entamée, le film en vaut la peine – surtout pour les superbes paysages, mais aussi pour la psychologie des principaux protagonistes. Dommage cependant que les rôles d’Indiens soient joués par des Américains non Indiens (Katharine Ross et Robert Blake). A noter: les scènes érotiques soft et les images romantico-seventies à la douce lumière, la musique morriconesque de Dave Grusin.

Chemistry and other stories

Ron Rash, Chemistry and other stories: à un moment au cours de l’année écoulée, j’ai ajouté Ron Rash à la liste de ces auteurs dont je veux lire toute la production, et j’ai donc découvert qu’il avait écrit beaucoup de nouvelles. Ce recueil a été publié en 2007 (je pensais suivre l’ordre chronologique, mais en fait non), et certaines des histoires ont été à l’origine de romans complets (Pemberton’s Bride est devenu Serena). Ron Rash a l’art d’écrire des histoires très locales, décrivant les petites communautés de Caroline du Nord et du Sud, des Appalaches. Elles se passent au temps présent mais aussi tout au long du 20e siècle – seuls quelques indices permettent de plus ou moins situer l’action. Souvent, l’arrivée de la modernité chamboule les traditions. Les thèmes sont variés, et certains ne me parlent pas du tout, comme la pêche (avec description minutieuse des appâts et du matériel) ou le basket (c’est l’histoire qui m’a le moins plu). Mais même celle autour de la pêche est finalement assez drôle: elle raconte comment quelques hommes âgés décident de partir à la recherche de cet immense poisson repéré par un pêcheur et quels tactiques ils utilisent.

La mort est très présente: un homme se noie dans un réservoir, une femme, accompagnée d’un arpenteur, part à la recherche de l’endroit isolé où son fils a été tué, pour connaître la place exacte du crime. Il y a de l’alcool, des drogues, un bébé mort-né, des dépressions dont on n’arrive pas s’extraire – la vie est difficile dans ces contrées. C’est rude, mais c’est très beau, et j’ai retrouvé avec beaucoup de plaisir cet auteur dont les nouvelles sont tout aussi percutantes que les romans. (Et ne vous arrêtez pas à la couverture qui est particulièrement peu engageante, je trouve).

(Electra et Marie-Claude n’ont pas eu l’occasion d’organiser « Mai en nouvelles » cette année mais j’ai quand même décidé de lire quelques recueils et d’utiliser le mot-clé.)

Les nouvelles:

Their ancient, glittering eyes —
Chemistry —
Last rite —
Blackberries in June —
Not waving but drowning —
Overtime —
Cold harbor —
Honesty —
Dangerous love —
The projectionist’s wife —
Deep gap —
Pemberton’s bride —
Speckled trout.

At the movies – 18 (2010s)

The Witch, Robert Eggers

Merci pour vos réponses lors de mon sondage dans l’épisode précédent. Je garde donc le découpage par décennies.

Senses, Ryusuke Hamaguchi (Japon, 2015) – 3/5: j’ai longtemps hésité pour la note de ce film. Il dure plus de cinq heures et c’est bien trop long. En même temps, ça laisse le temps à Ryusuke Hamaguchi de faire un portrait très fin de quatre amies de la fin de la trentaine, vivant à Kobé. L’une d’entre elle veut divorcer de son mari et c’est compliqué; les autres se posent des questions quant à leurs relations amoureuses. Ce qui est long, ce sont certaines scènes de discussions qui ne sont quasi pas coupées et où la caméra ne bouge pas forcément beaucoup. Mais j’ai aimé la sensibilité et les émotions des femmes; c’est un portrait très réaliste (et on se rend compte que le Japon a encore du boulot au niveau du droit des femmes). Comme les autres films d’Hamaguchi, les couleurs sont désaturées et les paysages essentiellement urbains. #theRyusukeHamaguchiFilmography

The Witch, Robert Eggers (2015) – 4/5: j’ai beaucoup de mal à parler de ce film que j’ai pourtant beaucoup aimé, alors qu’a priori je n’apprécie pas trop les films d’horreur. Mais il y a bien plus que de l’horreur, ici, et il ne faut pas réduire le film à ça. C’est une histoire de sorcière (Anna Taylor-Joy) dans l’Amérique des années 1630, dans une famille encore plus puritaine que les puritains du village qu’ils quittent. Il y a cette force du patriarcat et ce désir profond de s’en libérer, sauf qu’à cette époque c’est impossible. La reconstitution historique est précise jusque dans les moindres détails (maison, vêtements…). Quant aux couleurs, elles sont fades et passées, représentant l’hiver où tout est en hibernation. Il y a juste une touche de rouge: le manteau d’une sorcière, le sang qui coule. Il faut que je voie les autres films de Robert Eggers, c’est clair (c’est fait depuis, il n’y en a que trois en tout – voir ci-dessous et ici pour The Northman) !

The Lighthouse, Robert Eggers (2019) – 3/5: me voilà de retour avec un autre film de Robert Eggers mais… je me suis profondément ennuyée. L’histoire est celle d’un huis-clos, de deux hommes (Willem Dafoe et Robert Pattinson) sur une île isolée devant s’occuper d’un phare, à la fin du 19e siècle, quelque part entre thriller et film psychologique, avec de nombreuses scènes de beuverie. Visuellement par contre, c’est superbe, avec un noir et blanc très contrasté et dans un format presque carré. J’ai souvent pensé à la lumière des films des années 1930. Il y a de nombreuses références phalliques (évidemment, avec un phare) et mythologiques (les sirènes, les dieux grecs).

Hungry Hearts, Saverio Costanzo (Italie, 2014) – 2/5: s’il n’y avait pas eu Adam Driver dans ce film, je ne l’aurais sans doute jamais regardé. Il commence comme une comédie romantique: Jude rencontre Mina alors qu’ils sont enfermés dans les toilettes d’un restaurant. Ils se marient et ont un enfant. Et c’est là que ça bascule: Mina, par souci de « pureté », ne nourrit pas assez le petit (qui n’a pas de nom) et Jude s’en rend compte. Il tente d’agir, mais ça devient du grand n’importe quoi mélodramatique. Je regarde souvent combien de temps il reste avant la fin, et quand j’ai vu qu’il n’y avait plus que 15 minutes alors qu’on était loin d’une conclusion intéressante, j’ai compris que ce serait expéditif (et particulièrement WTF). A noter: les belles images de New York et Coney Island, et Adam Driver évidemment. #theAdamDriverFilmography

While We’re Young, Noah Baumbach (2014) – 4/5: un couple newyorkais de la quarantaine rencontre un couple de la vingtaine et est séduit par leur fraîcheur. C’est la base de l’histoire mais c’est plus complexe que ça, et c’est aussi très drôle de voir comment on devient vite un « vieux con ». Avec Ben Stiller et Naomi Watts d’un côté et Adam Driver et Amanda Seyfried de l’autre. Je me rends compte que j’aime vraiment les films de Noah Baumbach (comme quoi c’est parfois intéressant de voir tous les films d’un acteur) et son analyse de la vie quotidienne d’une certaine catégorie d’habitants de New York (que je qualifierais d’intellos arty). #theAdamDriverFilmography

Downton Abbey, Michael Engler (2019) – 3/5: un plaisant retour à Downton Abbey (j’ai vu toute la série) mais une histoire quand même un peu très limitée: le roi et la reine viennent à Downton Abbey et toute l’organisation du château est chamboulée par ça. Heureusement, il y a quelques histoires secondaires. J’aime toujours autant les discussions entre Lady Violet et Lady Merton.

Star Wars: Episode VII – The Force Awakens, J.J. Abrams (2015) – 3/5: je n’ai jamais été une grande fan de films de science-fiction, et même Star Wars, j’ai mis très longtemps à les regarder (au point que je le considérais comme un trou dans ma culture). J’ai vu les six premiers film en une fois, il y a sans doute une quinzaine d’années, et là, je reprends le fil. Le prétexte est mince: c’était le film suivant dans la filmographie d’Adam Driver. Est-ce que je me suis un peu ennuyée ? oui. Mais est-ce que j’ai regardé jusqu’au bout en me rappelant le premier film ? oui. A part ça, je n’ai pas vraiment plus à dire. #theAdamDriverFilmography

Short diary of the week (441)

Lundi: c’est pénible le lundi matin, me rendre compte que j’ai mélangé les dates pour une réunion: ce n’est pas cette semaine mais la suivante (réunion qui ne m’enchante absolument pas vu que c’est pour tout le personnel et je n’y arrive plus – ça fait trop de monde), savoir quoi faire aujourd’hui mais ne pas avoir envie, attaquer quand même le boulot, devenir nauséeuse du parfum capiteux mais pas cher d’une gamine dans le métro, la pluie qui tombe et ça fait du bien au jardin mais qu’est-ce qu’il fait froid !, commencer un film et l’abandonner parce que les 15 premières minutes sont muettes (en fait il y a quelques dialogues plus loin), traîner sur le net et découvrir plein de recueils de nouvelles japonaises à lire

Mardi: retrouver mon collègue favori après deux semaines de maladie (lui, donc), encoder les deux articles pour demain, la vision de presse de l’après-midi, en ressortir de bonne humeur (même si ce n’est pas un grand film), une envie de frites, reprendre quand même le film abandonné hier: Ecstasy (Gustav Machaty, Tchécoslovaquie, 1933) avec Hedy Lamarr avant qu’elle ne s’appelle comme ça

Mercredi: un réveil intempestif en milieu de nuit, terminer le pays en cours (il reste juste à encoder) et choisir le suivant (mais c’est surtout mon collègue qui s’en occupera tandis que moi je ferai du travail en sous-marin), repenser à cette activité de copier-coller chiante mais aux résultats utiles, que manger ce soir ?, Gentleman Jack, aller dormir tôt

Jeudi: une bonne et longue nuit, m’atteler à ce texte, ce qui occupe une grande partie de ma journée de travail, profiter du soleil pour lire au jardin une fois le boulot terminé, est-ce que je me laisserais tenter ? (ceci est le début d’une intense réflexion), Dinner at Eight (George Cukor, 1933)

Vendredi: un article express en toute dernière minute, ah zut la batterie de la voiture est à nouveau vide (je le sentais pourtant qu’il était temps de la recharger), l’opération copier-coller menée à bien, de la lecture, préparer un plat vietnamien, le début d’un film

Samedi: de la lecture de blogs lecture, de la couture – avec des bourdes répétées – vive le découd-vite, semer des ipomées, de la lecture, une sieste, la suite et la fin du film: Star Wars: Episode VII – The Force Awakens (J.J. Abrams, 2015)

Dimanche: de l’écriture pour le blog, de la couture – les instructions me font coudre une partie que je comptais faire en dernier mais j’imagine que c’est pour un mieux, sortir les dernières plantes qui ont passé l’hiver au salon, mais il fait un peu trop frais pour rester dehors, de la lecture, de la cuisine: un plat vietnamien qui au final ne me plaît pas trop (et il y en a pour plusieurs jours – peut-être que je l’apprécierai plus demain), Tell Them Willie Boy Is Here (Abraham Polonsky, 1969) – un western un peu poussif au départ mais qui s’améliore