Meurtres à Willow Pond

41ytqfkzthl-_sx339_bo1204203200_Ned Crabb, Meurtres à Willow Pond: après mon passage en Inde, je recherchais un peu de nature américaine et je me suis donc tournée vers ce roman publié chez Gallmeister. Il raconte l’histoire de Cedar Lodge et de ses occupants. Gene est la riche propriétaire que tout le monde (ses neveux, les conjoints de ceux-ci) souhaitent voir mourir pour pouvoir profiter (enfin) de son héritage. Et c’est ce qui se passe: lors d’un violent orage, elle est retrouvée sans vie. Très vite, le shérif commence l’enquête. A vrai dire, contrairement à mon habitude, j’ai raconté la moitié du roman. Le meurtre n’est en effet qu’un prétexte pour décrire les sentiments et pensées des différents protagonistes dans une joyeuse et cynique cacophonie. Le roman m’a  déroutée au départ, et puis je me suis prise au jeu, rattrapée par le suspense final. Mais je dois bien dire que cette comédie de mœurs ne va pas plus loin qu’une agréable lecture de vacances. D’autres auteurs comme Jonathan Coe ou même Agatha Christie s’y prennent bien mieux. Ma note est de 3 sur goodreads mais descend à 2,5 ici.

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Short diary of the week (248)

Lundi: cette lassitude du lundi matin, me concentrer sur mon travail, sentir mon énervement monter en flèche et répliquer vertement, des accès de colère que j’aimerais mieux maîtriser, et puis ça dégénère complètement malgré mes excuses, il faut dire que l’adversaire est – disons – spécial, et donc au lieu d’aller voir pour des chaussures de randonnée je rentre chez moi, me voilà à nouveau remplie d’émotions en regardant Parts Unknown à Berlin, et avec les péripéties de la journée ça n’aide pas

Mardi: une nuit tout simplement exécrable, un mail de ma directrice concernant l’affaire et une réponse simple et posée, avancer dans le travail malgré tout, régler deux rendez-vous importants pour le travail et la maison, avoir cette impression que tout s’accélère à nouveau, la vigne en pot dans cette rue a enfin reçu un peu plus de terre pour survivre, de la cuisine d’inspiration japonaise, commencer la seconde saison de The Handmaid’s Tale (et avoir du mal avec la violence), trouver un épisode de No reservations (à Beyrouth) et espérer en trouver d’autres

Mercredi: mais où sont passées toutes les photos d’Instagram ?, la partie pas drôle du tri des cd cubains, avoir le choix entre 1h30 de trajet en transports en commun et 25 minutes en voiture, partir plus tôt pour faire du shopping, résultat: nul pour des chaussures de randonnée mais j’ai trouvé un joli t-shirt, The Handmaid’s Tale, de la lecture

Jeudi: minuit vingt – réveil intempestif et le début d’une très longue insomnie (ça faisait longtemps que je n’avais plus eu ce type-là), oublions donc la voiture et passons du temps dans les transports en commun, une rencontre très agréable, de retour au boulot, des maux de tête, trouver des chaussures de randonnée un jour trop tard pour profiter d’une réduction, une soirée absolument pas productive: m’endormir à moitié devant un vieil épisode de The Americans et ne lire que quelques lignes de mon livre

Vendredi: on ne récupère pas complètement d’une nuit d’insomnies en une nuit mais ça va quand même beaucoup mieux, ce moment de procrastination avant le début de l’écriture, ce moment où le premier jet est écrit et où on se dit que c’est mauvais et qu’il vaut donc mieux le laisser reposer au moins une nuit, apprendre le décès d’un cousin de ma maman à 88 ans, commencer un nouveau projet même si c’est vendredi après-midi,  terminer un livre et commencer un autre, m’endormir très vite

Samedi: l’humeur maussade du samedi matin: j’ai à nouveau une série d’obligations aujourd’hui, tailler une des deux haies en me dépêchant, aller chez mon papa, un rendez-vous reporté d’une heure et demie – ou comment perdre son temps, rencontrer la personne qui videra la maison paternelle, il est 16h – je peux enfin faire des choses pour moi, de la lecture, une envie de film asiatique: Chunking Express (Wong Kar-wai, 1994)

Dimanche: mon ventre a gargouillé une partie de la nuit – bref une mauvaise nuit, hésiter un long moment puis abandonner le modèle prévu pour la couture de la prochaine robe et me tourner vers autre chose, de la lecture, une mini sieste, tenter de trouver une nouvelle série à regarder, abandonner définitivement The Handmaid’s Tale après 20 minutes du troisième épisode, tenter I’m dying up here et ne pas être trop convaincue pour le moment sauf par la bande-son

Si un inconnu vous aborde / Mariées rebelles

zoom-si-un-inconnu-vous-abordeLaura Kasischke, Si un inconnu vous aborde: en général, quand il s’agit de Laura Kasischke, je ne peux m’empêcher de lire immédiatement ses nouveaux romans mais ici, il s’agit d’un recueil de nouvelles et je l’ai laissé un peu traîner. Difficile aussi d’écrire une chronique: les récits sont tous différents mais j’ai retrouvé les caractéristiques de cette auteur que j’aime tant: la description de la vie américaine de tous les jours et des touches de surréalisme ou de fantastique qui souvent s’insèrent progressivement dans le récit. Certaines nouvelles ne font que quelques pages tandis que “Melody” en compte soixante. Peu importe, à part une ou deux exceptions, je les ai trouvées passionnantes.

41r1-sydlll-_sx195_Laura Kasischke, Mariées rebelles: juste après les nouvelles, j’ai lu ce recueil de poésies. Je n’en lis presque jamais et j’ai du mal à en parler. J’ai apprécié le fait que l’édition soit bilingue et de pouvoir lire les poèmes en anglais. J’y ai retrouvé la beauté de l’écriture de l’auteur et certains de ses thèmes favoris.

Missing things

Je vis seule depuis plusieurs années maintenant et je m’en sors très bien en fait. Probablement même mieux que prévu. Mais il reste des moments compliqués, des moments où j’aurais vraiment besoin d’une oreille attentive ou juste d’une présence. L’internet a ses côtés positifs, surtout pour moi qui suis introvertie, mais il a ses limites.

Parfois j’ai envie de raconter les petites choses de la vie, comme cette histoire d’accident de cuistax (il faut le faire, non ? ), parfois j’ai besoin d’exprimer mon excitation, comme avec ce voyage que je viens de réserver. Et parfois, il n’y a pas grand monde pour m’écouter (un psy, c’est utile, mais pas pour le contact au quotidien). Ce que je peux comprendre, chacun est occupé par sa propre vie, ses soucis et plaisirs personnels. Sauf que la plupart des personnes de mon entourage sont en couple (et/ou ont des enfants) et ont sans doute bien du mal à se rendre compte de la réalité de la vie seule. Quand je rentre, je n’ai personne à qui raconter des bêtises, personne à qui faire un câlin. Et pour revenir au voyage, même si j’aime partir seule, le fait de ne pouvoir partager avec personne sur le moment même et plus tard me manque un peu. Je le raconte bien sur un blog mais l’expérience n’est pas la même.

Je lisais récemment un article du Guardian sur le manque de contact physique. Dans notre société, il est très vite vu comme attouchement et crée donc de plus en plus de problèmes. Or ces contacts sont nécessaires et font un bien fou. C’est un partage de sensations, de chaleur… Parfois je vole un câlin à un ami qui aime bien ça (et il est clair entre nous que c’est en toute amitié); récemment, j’ai terminé une séance de thérapie chez Coyote avec un long câlin mais je suis quand même en manque. Je n’ai pas de contacts physiques avec mon père; ils se sont arrêtés à l’adolescence, quand je l’ai senti gêné. Je vois peu le reste de ma famille et cela reste toujours fort distant de toutes façons.

J’imagine que tout cela peut être difficile à comprendre quand on a vie sociale très active, un compagnon et/ou des enfants. Je n’ai aucun des trois et même si ma vie en solo me convient une grande partie du temps, je ressens un manque affectif certain. Ma vie est beaucoup plus stable qu’avant et je me sens bien plus forte, capable de prendre des décisions et de faire plein de choses seule, mais cela n’empêche pas les petits coups de déprime passagère ou tout simplement une envie de partage et de compagnie.

Short diary of the week (247)

Lundi: lire au milieu de la nuit pour cause d’insomnies, râler sur les transports en commun bondés, et donc ça fait trois livres lus à 49%, cette envie de partager mes projets et envies mais ne pas savoir avec qui, une grosse déprime d’après-midi, les restes du barbecue, de la lecture au jardin – mais il fait plus frais aujourd’hui et je dois rentrer plus tôt

Mardi: dans mon rêve mon père et ma mère m’aident à préparer la maison pour le vide-grenier, ce qui me donne une impression bizarre, des transports en commun tout vides aujourd’hui, des disques, un avant-dernier portrait de ville, me lancer dans la réservation de mon prochain voyage, novembre = Japon !!!!, excitée et heureuse d’avoir pris une décision, cela mettra les prochains mois dans une optique plus positive que les précédents (même s’il reste quelques étapes), un curry indo-thaï improvisé – de quoi me nourrir pour trois jours, Anthony Bourdain Parts Unknown à Hong Kong qui sera donc une de mes prochaines destinations, terminer un roman

Mercredi: choisir le prochain roman dès le réveil, les détails de dernière minute, une réunion, de la publication de contenu – du travail fort répétitif, de la lecture au jardin

Jeudi: me dépêcher pour partir avant la pluie, éviter le pire, une réunion, tester le mode méditation pendant celle-ci, encore de la publication en mode répétitif, un peu barbouillée, acheter un livre et du bon fromage, The 100, revoir le tout premier épisode de The Americans

Vendredi: une foule de trucs du vendredi à régler – y compris les trucs reportés depuis plusieurs jours, sentir la tension qui monte lorsque que le payement de mon ticket d’avion est refusé deux fois, sauf que le helpdesk de ma banque me confirme que tout est en ordre de leur côté, à la troisième fois ça passe !, cette tristesse qui m’envahit suite au suicide d’Anthony Bourdain – son charisme et  sa liberté de parole m’ont marquée, terminer un roman au jardin et commencer un autre à l’intérieur parce que ça s’est bien rafraîchi

Samedi: une journée qui ne m’inspire pas vraiment, et du coup avoir du mal à me décider, et donc faire du rangement – au moins ça libère un peu l’esprit, aller chez mon papa – une conversation répétitive et décevante de plus – pourquoi n’arrivons-nous pas à nous parler ?, j’avais pourtant envie de parler de mon voyage et préparé une carte avec mon trajet – sauf qu’il la prise et posée par terre pour regarder plus tard, tondre la pelouse, prendre quelques dernières choses dans la maison paternelle, un début de mal de tête, un plat simple et de la lecture au jardin, terminer un livre décevant et commencer un autre

Dimanche: rédiger quelques comptes-rendus de lecture, le dernier cours de zumba de la saison, m’attaquer aux bambous, de la lecture, une recette de Jamie Oliver qui a l’air basique mais qui est savoureuse, de la lecture, j’arrive maintenant à reconnaître les avions de Ryanair juste au bruit

A breath of fresh air

101381Amulya Malladi, A breath of fresh air: le 3 décembre 1984, la jeune Anjali attend son mari à la gare de Bhopal mais il est en retard. Elle subit la catastrophe mais survit miraculeusement. Un certain nombre d’années plus tard, Anjali s’est remariée avec Sandeep. Tous deux sont enseignants dans la petite ville d’Ooty et leurs salaires sont juste suffisants pour soigner leur fils – né malade. Un jour, Anjali revoit son premier mari et cela fait ressortir toute sa colère. L’auteur d’origine indienne Amulya Malladi raconte cette histoire en prenant les divers points du vue des protagonistes et en alternant chapitres se passant au présent et au passé. Elle fait en même temps le portrait d’une société indienne encore fort ancrée dans les traditions, même s’il s’agit ici une histoire contant la classe moyenne. Mariage arrangé et divorce restent des points sensibles. J’ai apprécié ma lecture mais ma note reste moyenne: j’ai trouvé qu’il y avait certaines longueurs et que l’écriture était relativement banale. Ce qui ne m’empêchera pas de lire d’autres romans de cet auteur, ainsi que d’autres romans qui se passent en Inde et/ou d’auteurs indiens.

Cahiers de l’Herne: Joyce Carol Oates

37931653Cahiers de l’Herne: Joyce Carol Oates: je ne connaissais pas les Cahiers de l’Herne avant de voir le post FB de Joyce Carol Oates elle-même qui annonçait la parution d’un volume qui lui était consacré. Je me suis précipitée pour l’acheter et je l’ai commencé dans la foulée. J’ai juste mis six mois à le terminer. Parce qu’il faut bien avouer que c’est très dense, et cette densité est accentuée par le grand format. Je me disais parfois en lisant une page qu’elle correspondait à quatre pages en format livre de poche.

Le recueil comporte onze nouvelles inédites de l’auteur, en tous cas inédites en français. Les premières viennent en effet de livres datant du début de sa carrière, les dernières sont par contre très récentes. Celles-ci sont complétées par de nombreux articles d’analyse, écrits par divers auteurs anglophones ou francophones et sont classés par selon divers thèmes. Enfin, le recueil compte également plusieurs interviews et reproductions de brouillons de l’auteur.

Une lecture passionnante qui m’a permis de mieux connaître un de mes auteurs préférés et qui m’a poussée à persévérer dans mes lectures.