Un pied au paradis

Ron Rash, Un pied au paradis: années 1950, dans les Appalaches du Sud, le shérif Will Alexander est appelé pour retrouver Holland Winchester qui a disparu, probablement assassiné. Mais il n’y a pas de corps et il abandonne l’enquête. En toile de fond, il y a la construction d’un barrage qui va bientôt inonder les terres ancestrales des Cherokee mais aussi celles des habitants actuels vivant de la culture de tabac et de choux. L’histoire est racontée de cinq points de vues différents, celui du shérif, mais aussi du voisin, de la voisine, de leur fils et de l’adjoint. Chacun de ses récits apporte des éléments à l’enquête, dévoilant de nombreux secrets du passé.

Ron Rash nous emmène à nouveau dans son territoire de prédilection, les montagnes et vallées des Appalaches. Il remonte dans le temps cette fois-ci, et décrit la rude vie des habitants et leurs peurs liées à des croyances anciennes. Il nous plonge dans une nature sauvage qui va bientôt disparaître avec la montée des eaux. Le jeu des cinq points de vue est passionnant, chacun racontant ce qu’il a envie de raconter et cela permet au lecteur de mieux connaître les dessous cachés de l’histoire, impliquant de la jalousie et un besoin de vengeance insidieux, et des préjugés qui ont la vie dure.

Short diary of the week (418)

Lundi: me plonger dans l’écriture de ce texte pour le magazine – j’ai presque tous les éléments maintenant, abandonner le roman en cours parce que je n’accroche pas (Un mariage sur écoute de John Jay Osborn), le seul roman qui me reste à lire dans la PAL de 2019 ne me tente pas pour l’instant vu que je viens de lire un livre se passant en Inde, commencer un roman japonais, 30° in February, Sabena

Mardi: d’humeur un peu triste aujourd’hui – comme la météo, un métro bondé qui m’inquiète un peu, un peu trop de monde au bureau (il y a (eu) un cluster de covid dans un service mais tout le monde a l’air de s’en foutre), mettre en ligne l’article cinéma de demain, espérer que ce sont les derniers disques à traiter (j’ai fait ce boulot pendant 16 ans et le manque de soutien des derniers mois a achevé la motivation qui restait), apprendre que le sort de l’association où je travaille devrait être annoncé cette semaine – et donc tout le monde est hyper tendu, la réunion de service, la remarque exaspérée non nécessaire d’une collègue, une grosse fatigue mais il n’est pas l’heure de pointer, craquer complètement en faisant une belle crise de larmes, parler un moment avec un collègue et tenter de me calmer, et donc le colis livré se trouve chez une autre voisine, un cocktail pour tenter de me réconforter, le dernier épisode de Sabena

Mercredi: c’est pas encore ça, encore bien fatiguée et pleine de doutes, relire un texte et le réduire à 5000 signes, de l’encodage, rentrer quelques plantes fragiles – essayons cette année la cave – ça a l’avantage que je peux tout y emmener en brouette et non une par une comme dans le passé, abandonner le livre commencé hier, en choisir un autre, 30° in February, Kodoku no Gurume

Jeudi: encore relire ce texte, décider d’encoder les disques qui restent mais être interrompue par des échanges de mails, une conversation avec une amie sur nos soucis mais aussi sur Adam Driver et les moules à cake Bundt/Nordic Ware, la vision de presse du jour à l’Aventure (avec embargo – je ne dirai donc rien de plus), mais qu’est-ce que je pourrai bien écrire sur ce film ?, un mail du directeur général qui dit qu’il n’y a rien à dire et qu’il faut encore attendre pour en savoir plus sur notre avenir – c’est minant, des ramens d’Okinawa reçus via l’Omiyage Box (au final je suis assez déçue – les problèmes de frais de douane que je ne suis pas censée payer n’ont jamais été réglés et je ne compte donc plus en commander), 30° in February, Garden Rescue

Vendredi: beaucoup de procrastination et ne pas trop savoir quoi écrire, après beaucoup d’efforts arriver quand même à 5000 signes, me dire que je vais relire tout ça lundi, des nouvelles pas trop réjouissantes au boulot (mais il faudra voir dans les prochains jours – malgré des avis négatifs les négociations continuent), ce qui a évidemment une influence sur mon humeur, quoi qu’il en soit le contenu de mon boulot risque bien de changer – si j’ai encore un boulot dans deux mois, Bake Off Vlaanderen en accéléré (aucun des candidats ne me plaît vraiment), 30° in February

Samedi: voilà le retour des ouvriers pour terminer les travaux sur le toit, tenter de ne pas déprimer toute la journée, de la couture: m’attaquer aux manches – un gros morceau, de la lecture, les yeux qui coulent – tenter le remède proposé par l’ophtalmologue (un masque chaud pendant 10 minutes – au début c’est pire mais après une demi-heure je sens bien que ça va mieux), Der blaue Engel (Josef von Sternberg, 1930) – je me dis que parfois il faudrait revoir les statuts de chef d’oeuvre

Dimanche: la grisaille et la pluie, de la couture, de la lecture, abandonner une fois de plus le roman en cours (Under the wave at Waimea de Paul Theroux – celui-là pourtant je voulais vraiment le lire vu que c’était sur un de mes sujets de prédilection – le surf donc – mais après 80 pages de jérémiades sur le fait de vieillir, j’en avais assez), en espérant que mon choix suivant sera meilleur vu les trois abandons de la semaine, 30° in February, Kodoku no Gurume

Angkor’s temples in the modern era

John Burgess, Angkor’s temples in the modern era: war, pride, and tourist dollars: beaucoup de livres racontent l’histoire ancienne d’Angkor, quand la ville était un centre important en Asie du Sud-Est. John Burgess s’intéresse plutôt à sa redécouverte et à son évolution au 20e et 21e siècles. Il raconte l’histoire des explorateurs français qui l’ont remise sur la carte et des premiers archéologues, français également. Il explique comment c’est devenu un lieu touristique dès les années 1930, avec la construction des premiers hôtels, puis décrit la vie sur place pendant l’occupation japonaise et la pause des années 1950 et 60 avec le retour du tourisme. Les Khmers Rouges en ont fait le symbole de leur doctrine mais ont laissé la nature reprendre ses droits; depuis les Accords de Paris en 1991, la conservation et les fouilles archéologiques ont repris, et ces dernières années, le site a été envahi par des touristes de toutes origines.

Ce livre, je l’attendais avec impatience, et il a comblé mes attentes: il est passionnant ! Il parle de sujets peu abordés quand on traite d’Angkor, des guerres, du tourisme et de la conservation du site. John Burgess s’est plongé dans les diverses archives pour nous offrir un récit très complet sur ces divers thèmes, et le livre est richement illustré. J’ai été particulièrement intéressée par l’histoire du Bungalow des Ruines et du Grand Hotel d’Angkor. J’aurais bien visité les ruines dans les années 1930, mais je n’étais pas encore née. Mon rêve s’est finalement réalisé en 2006, puis à nouveau en 2012 où j’ai constaté que le tourisme de masse était de plus en plus dominant. Et j’aimerais bien y retourner un jour, ces monuments m’ont tellement marquée !

À rude épreuve

Elizabeth Jane Howard, À rude épreuve: comme lecture de voyage, j’ai choisi le second volume de la saga des Cazalet, cette famille anglaise vivant à Londres et dans le Sussex pendant la période de la Seconde Guerre mondiale. L’histoire commence en 1939 avec le début du conflit et se centre tout particulièrement sur les jeunes filles et femmes de la famille: Louise qui tente de se lancer dans une carrière d’actrice, Clary dont le père est porté disparu et qui a maintenant une petite demi-sœur, Polly qui s’inquiète pour sa mère malade… Les autres protagonistes sont également évoqués au cours des pages.

Je me suis à nouveau plongée avec délectation dans les aventures de la famille Cazalet. L’approche de l’auteur est très psychologique, et c’est passionnant d’entrer dans le cerveau des personnages, tout particulièrement des jeunes femmes, pour apprendre comment était leur vie dans les années 1940. Certains commentaires font tiquer aujourd’hui mais c’était le quotidien des femmes de l’époque. Une fois la dernière page tournée, j’ai eu une forte envie de commencer le volume suivant mais j’ai préféré le garder au chaud pour un moment de panne de lecture ou de besoin de roman doudou. Et même en ayant entamé un roman suivant, je n’arrivais pas à me sortir les personnages de ma tête.

Short diary of the week (417)

Lundi: ce truc bizarre où au milieu de la nuit mes pensées faisaient des loopings dans ma tête comme les avions dans le film vu hier, mon cerveau en overdrive donc, le résultat au matin est une grosse fatigue, commencer un article important mais pour lequel je n’ai pas encore tous les éléments, me brûler le doigt en préparant le repas du midi, le film de l’après-midi pour le boulot, wow quel film ! (The Power of the Dog de Jane Campion), de la lecture, me sentir mal tellement je suis crevée, 30° in February

Mardi: de la procrastination comme d’habitude, de l’écriture, attendre les ouvriers pour les réparations au toit, encoder et publier ma critique cinéma pour demain, l’installation d’un échafaudage, rentrer encore quelques plantes fragiles, de la lecture, 30° in February, deuxième épisode de Sabena

Mercredi: continuer le texte d’hier, les bruits sur le toit, un coup de pompe subit et gigantesque alors que j’étais en pleine forme, publier un autre texte, terminer le livre sur les actrices américaines des années 1930 et avoir envie d’entamer dans la foulée celui sur les acteurs de la même époque, les pieds glacés depuis ce midi, sortir les grosses (et vieilles) chaussettes (vous vous souvenez de la mode des Burlington ?), Murder d’Alfred Hitchcock mais je ne trouve pas ça très passionnant, les plans qui changent à nouveau pour vendredi

Jeudi: une longue nuit de 10 heures, lancer les mises à jour du mac, de la lecture tout l’après-midi entrecoupée d’une sieste, un ragoût de champignons à la crème et à l’estragon, Bake Off Vlaanderen, Sabena épisode 3

Vendredi: une angoisse de tôt matin: la chaudière ne s’est pas mise en route, la panne classique: il fallait rajouter de l’eau au circuit, journée boulot aujourd’hui parce qu’il faut bien faire cette interview, préparer les questions, et puis aller les poser (et passer un bon moment), les ouvriers continuent les travaux sur le toit (et n’arriveront pas à terminer avant la nuit), des courbatures de fatigue, de la lecture, Sous les toits de Paris (René Clair, 1930) – on ne peut pas dire que c’était passionnant

Samedi: de la lecture de blogs, de la couture – ce passage délicat autour de l’encolure, un second billet à propos de mon voyage en Andalousie (avec le suspense de la grève au matin), j’avoue que j’hésite à continuer vu l’absence de lecteurs, de la lecture – envie d’avancer dans ce roman, Bandolero ! – un western classique d’Andrew V. McLaglen (1968)

Dimanche: dormir longtemps pour cause de mauvaise nuit (le bouquin que je lis sur le sommeil parle d’un bouton on-off entre éveil et sommeil – il est clairement cassé chez moi certaines nuits, comme celle-ci où il a fait on-off-on-off-on-off…), du tri de photos, terminer le roman en cours, de la lecture d’autres choses, Kodoku no Gurume – ça m’avait manqué !, Garden Rescue

At the movies – II (1930s)

La suite de mes découvertes dans l’histoire du cinéma, avec essentiellement des films de 1930 (je peux être assez systématique quand je m’y mets). Je continue à prendre beaucoup de plaisir à regarder ces films, même si je ne fais que survoler certains quand je vois que je n’accroche pas au sujet ou au style.

White zombie, Victor Halperin (1932) – 4/5: un film de zombies à Haïti, avec une actrice un peu éthérée typique du début des années 1930, et Bela Lugosi dans le rôle du méchant. Disponible sur you tube, avec sous-titres plus ou moins performants. Le film qui m’a donné envie de me plonger dans le cinéma des années 1930.

42nd Street, Lloyd Bacon (1933) – 4/5, une histoire un peu convenue mais de très belles scènes de danse, notamment celle où la caméra passe sous les jambes des danseuses.

Anna Christie, Clarence Brown (1930) – 3/5: le premier rôle parlant de Greta Garbo. Les acteurs font des mimiques un peu exagérées, héritées du muet, et à part Garbo, ils ont des traits très marqués, très spécifiques, tendant vers le laid. Je me demande comment il est possible d’imaginer que Garbo ait un intérêt amoureux pour ce type d’homme (de 14 ans son aîné). Une scène est fantastique dans son féminisme: l’actrice clame qu’elle est la seule à faire des choix concernant sa propre vie et que personne ne l’influencera. C’était juste une scène (la fin est à vomir selon les critères féministes actuels). Il faut se farcir le début aussi, en fait même le premier du tiers du film, qui reste très statique dans un bar. Après le film devient un peu plus dynamique au point de vue des scènes et des décors.

Morocco, Josef von Sternberg (1930) – 5/5: un film rassemblant Marlene Dietrich et Gary Cooper, se situant au Maroc. Un triangle amoureux avec une dose d’exotisme, venant notamment des décors (même si le film a été tourné en Californie) et la musique (le compositeur Karl Hajos n’est pas crédité, et il y a des morceaux de piano oriental dans le style de Maurice El Médioni – celui-ci est né en 1928 en Algérie, ce n’est donc pas lui qui joue). Un des premiers baisers lesbiens dans le film a fait scandale à l’époque et de très beaux jeux d’ombre et lumière (très arabo-andalous), ainsi qu’une caméra qui bouge à la limite du possible de l’époque. Et puis parlons de cette fin poignante qui m’a laissée totalement abasourdie.

All quiet on the Western front, Lewis Milestone (1930): pas de cote pour ce film, parce que je ne l’ai pas regardé en entier (j’ai regardé les 15 premières minutes, puis en accéléré, puis en sautant des chapitres). Il est considéré comme un chef-d’oeuvre, un des 100 meilleurs films de l’histoire du cinéma, et je comprends tout à fait pourquoi, mais je n’avais envie de regarder une histoire de guerre (la Première Guerre mondiale) et d’hommes. Il existe une version restaurée d’excellente qualité mais du coup, on perd un peu le charme des tout vieux films.

The Divorcee, Robert Z. Leonard (1930) – 4/5: un premier film (pour moi) avec Norma Shearer, l’autre grande star des années 1930 aux côtés de Greta Garbo, aujourd’hui malheureusement oubliée, alors qu’elle était assez subversive dans les films pré-Code (le Code Hays qui a imposé des nombreuses règles très puritaines dans les films, et qui a pris cours en 1934). Ici, elle se marie puis divorce après que son mari l’a trompée (et qu’elle a fait de même), et – du jamais entendu – déclare « je suis contente d’avoir découvert qu’il y a plus qu’un homme dans le monde ». Elle affirme clairement son statut de femme libre, à une époque où ce sont d’ailleurs bien plus souvent les femmes qui sont les stars dans les films que les hommes. Ici, d’ailleurs les acteurs sont assez pâles en comparaison. Et donc cheveux courts, robes seyantes, appartements art déco et fêtes endiablées, quelques cocktails et une scène dans un train.

Hell’s Angels, Howard Hugues (1930) – 2/5: un film sur la Première Guerre mondiale, avec deux frères qui s’engagent dans l’aviation et qui sont amoureux de la même femme, Helen, jouée par Jean Harlow. Celle-ci porte des robes hyper-décolletées et on voit un début de courbe de seins, et quand elle se met à l’aise, on se rend bien compte qu’il n’y a rien en dessous de la robe de chambre. Les deux acteurs masculins sont bien pâles à côté d’elle mais leurs prouesses avec les avions de l’époque sont captivantes. Les pilotes étaient des cascadeurs mais aussi des vétérans de la guerre, ainsi que Howard Hugues lui-même qui a piloté un avion pour une scène a priori irréalisable (il s’est crashé et a eu une fracture du crâne). Certaines scènes sont colorées, et une est même entièrement tournée en couleurs. A part ça ces éléments visuels, le film n’est pas très passionnant.

Murder, Alfred Hitchcock (GB, 1930): je n’ai pas eu la patience de regarder le film en entier, j’ai toujours beaucoup de mal avec les pièces de théâtre adaptées au cinéma. C’est trop statique et trop bavard à mon goût. On verra dans le futur si j’accroche un peu mieux à ses films (je dois en avoir vu un ou deux en tout, et il y a longtemps – un vrai trou dans ma culture donc).

Normal people

Sally Rooney, Normal people: Connell est un garçon populaire dans son école, Marianne n’a pas d’amis et est très solitaire. Et pourtant ils se rapprochent progressivement quand Connell vient chercher sa mère qui travaille comme femme de ménage dans la maison de Marianne. Ils garderont cette relation secrète par peur du qu’en dira-t-on. Un an plus tard, ils étudient tous les deux à Trinity College à Dublin et les rôles se sont inversés: Marianne s’est intégrée dans un groupe d’amis tandis que Connell peine à trouver sa place dans un milieu qu’il a du mal à appréhender. Il y retrouve Marianne – leur relation s’était brisée suite à des malentendus. Le reste du roman raconte comment ils continuent à se tourner autour, se rapprochant et se séparant à tout moment. Sally Rooney a un talent certain: son récit est d’une finesse psychologique assurée. Elle fait le portrait de jeunes adultes qui ne savent pas vraiment ce qu’ils veulent mais aussi de la différence des classes sociales et son implication sur la vie de tous les jours. On en arrive à aimer Connell par moments, mais aussi Marianne à d’autres, et puis à les détester tous les deux, puis à les aimer à nouveau.

Si ma note n’est que moyenne, ce n’est pas vraiment dû au roman en tant que tel mais au fait que j’ai vu la série. Et la série est très fidèle au roman. Je n’ai donc eu aucun élément de surprise, revivant les scènes que j’avais déjà vues, et mettant constamment des images sur les mots. C’est la raison principale pour laquelle je n’ai pas apprécié le roman à sa juste valeur.

Short diary of the week (416)

Lundi: et si je ne parlais plus de mes nuits ? – la suivante ne peut être que meilleure ! (j’ai commencé un livre sur le sommeil et les insomnies qui préconise en gros la pensée positive – et bien plus – je n’en suis qu’au tout début), de la couture, de la lecture – décider de terminer un livre pour la fin de l’après-midi, et le terminer, le début d’un film mais comme il est long je m’interromps au milieu

Mardi: mon papa aurait eu 84 ans aujourd’hui, la course pour ne pas pas perdre de temps au pointage, journée au bureau donc, faire des micro-trucs qui ne demandent pas beaucoup de concentration, des réunions pour régler certaines choses, la réunion d’équipe, rentrer vidée, mes yeux surtout sont fatigués (un effet des nouvelles lunettes ?), la suite et fin du film: John Wick: Chapter 3 – Parabellum (Chad Stahelski, 2019)

Mercredi: enfin avoir le temps d’écrire cet article sur le film vu lundi passé, je ne pensais pas arriver à écrire autant de signes que d’habitude, deux documentaires d’affilée pour les textes suivants, cette difficulté de passer de la journée de travail à la journée pour moi, traîner avant de me mettre lire et puis avoir du mal à lâcher le livre, le début de la deuxième saison de 37° en février (sur Arte)

Jeudi: de l’écriture et de la publication, et puis ce gouffre de l’internet qui fait que je n’ouvrirai même pas un livre, tout ça parce que le colis livré ne ressemble en rien à la photo sur le site (et que donc je n’aurai pas de nouvelles Uglydolls parce qu’elles sont devenues introuvables), Bake Off Vlaanderen, une inquiétude par rapport à un mail sans réponse et pourtant important pour la suite

Vendredi: j’ai reçu une réponse !, terminer certaines choses et en commencer d’autres, évidemment quand je veux sortir il se met à pleuvoir, prendre la voiture du coup pour aller déposer ce colis à renvoyer, redéposer la voiture chez moi puis continuer à pied pour acheter de la gelée royale, un coup de boost à mon immunité me fera du bien, depuis ce matin en effet j’ai un peu mal à la gorge, ce qui provoque évidemment une belle crise d’hypocondrie quand j’apprends que j’ai côtoyé un collègue malade du covid mardi (mais avec masque et moins de cinq minutes – mon cerveau rationnel me dit que ça devrait aller), une grosse fatigue malgré tout et ne plus faire grand-chose, le premier épisode de la série documentaire de la VRT sur la Sabena, Garden Rescue

Samedi: avoir l’impression que le mal de gorge s’est fait la malle avec la nuit, ce qui a tout pour me rassurer, de la couture – au final ce n’est pas si compliqué de coudre de la viscose quand on prend bien son temps et qu’on met beaucoup d’épingles, de la lecture, un repas un peu raté – c’est ce qui se passe parfois quand on essaie une nouvelle recette et qu’on fait quelques raccourcis, le début d’un film, terminer le roman en cours et commencer un suivant

Dimanche: du tri de photos, de la couture, du rangement de cave et de terrasse en vue de l’hiver qui s’annonce, tout est prêt pour rentrer les plantes les plus fragiles, et la table de jardin a également réintégré le garage, de la lecture, la suite et la fin du film: Hell’s Angels (Howard Hugues, 1930)

Where the dead sit talking

Brandon Hobson, Where the dead sit talking: Oklahoma – fin des années 1980. Sequoyah, adolescent cherokee âgé de 15 ans, est placé dans une famille d’adoption le temps que sa mère purge une peine de prison. Il y rencontre le jeune George, avec qui il partage une chambre, et qui est légèrement autiste, et surtout Rosemary, une jeune fille également d’origine amérindienne, par qui il se sent attiré et repoussé à la fois. Leur enfance a été compliquée, les ballottant de centres pour jeunes à des familles d’adoption pas toujours très bienveillantes. Ici, heureusement, ce n’est pas le cas: les Troutt sont des parents aimants, même s’ils sont parfois un peu bizarres; ils arrivent en tous cas à créer un environnement calme et positif pour les enfants.

Il ne se passe pas grand-chose dans le roman: on suit les pensées de Sequoyah, son adaptation dans la nouvelle famille, ses relations avec les autres enfants. On sent qu’il a été traumatisé, qu’il se protège et qu’il a du mal à exprimer ses émotions, mais c’est toute la beauté du roman qui permet d’entrer dans la tête de l’adolescent. J’ai aimé le fait que l’auteur n’a pas ajouté d’élément romanesque (les parents auraient pu être abusifs) mais qu’il introduit quand même un côté tragique, même si au final c’est surtout une chronique de la vie quotidienne d’un adolescent marqué par la vie. C’est un roman très touchant (et j’ai apprécié les références musicales aux groupes des années 1980).

Mississippi solo

Eddy L. Harris, Mississippi solo: milieu des années 1980 – âgé de 30 ans, Eddy L. Harris n’a pas encore connu le succès en tant qu’écrivain. Il décide de se lancer dans un projet un peu fou: descendre le Mississippi en canoë depuis ses sources au lac Itasca jusqu’à la Nouvelle-Orléans. Il n’est pas sportif, n’a aucune expérience en canotage et n’est même pas habitué au camping, mais il part avec entrain et apprend sur le tas. Le fleuve n’est pas facile à naviguer – au début il n’est pas assez profond, par la suite, il est envahi par d’immenses barges qu’il faut éviter. Il traverse les états du nord au sud et est souvent invité par les locaux à discuter ou à manger. Cela ne lui semblait pas évident au départ: il se demandait comment le fait d’être noir allait être reçu. Allait-il être confronté au racisme ? La question le taraude pendant tout le voyage. Il a quelques mésaventures, il pense aussi à abandonner à mi-chemin, mais finalement il atteint son but.

Le récit est intéressant, très introspectif, et au final assez peu touristique ou historique comme ont pu l’écrire d’autres auteurs. Et c’est là que j’ai un peu décroché, je n’ai pas toujours été passionnée par le fil d’idées de l’auteur. Ce qu’il fait, c’est une grande aventure, mais sa manière de la transmettre est très terre à terre, ce qui n’est pas un mal en soi, mais pour moi, le récit manque de quelque chose. Le livre est sorti à l’origine en 1988 et a eu un énorme succès aux Etats-Unis – la traduction en français s’est fait attendre jusqu’en 2020, et dans cette édition, Harris revient sur son voyage dans la postface, expliquant qu’il l’a réalisé à nouveau, mais sans entrer dans les détails.