November Road

Lou Berney, November Road: lieutenant fidèle du boss de la mafia Carlos Marcello de la Nouvelle-Orléans, Frank Guidry se rend compte qu’il en sait trop sur le meurtre de John F. Kennedy qui vient d’avoir lieu. Il accepte encore une dernière mission mais sait qu’il doit tenter de fuir; il soupçonne en effet qu’un tueur est à ses trousses. Il prend la route et décide d’aller rejoindre un vieil ami à Las Vegas, un ami qui déteste Marcello – il ne peut faire confiance à personne. En même temps, dans une petite ville de l’Oklahoma, Charlotte Roy décide sur un coup de tête de quitter son mari alcoolique, emmenant ses deux petites filles avec elle dans un long périple vers la Californie. Elle tombe en panne, et croise le chemin de Guidry. Celui-ci y voit l’occasion rêvée de mieux camoufler sa fuite et embarque la famille, prenant le rôle du père de famille. Charlotte commence à documenter le voyage avec un appareil photo qu’elle vient d’acheter, et montre un talent tout particulier avec le jeu des ombres et lumières. Mais comme c’est un polar, tout ne se passe pas comme prévu: Frank et Charlotte sont attirés l’un par l’autre et commencent une relation. Et il y a toujours ce tueur qui les poursuit.

Le roman suit les points de vue des trois protagonistes principaux, Guidry, Charlotte et le tueur, alternant leurs histoires, et donnant au lecteur des informations que les personnages n’ont pas eux-même. Cela augmente évidemment le suspense. C’est aussi une très belle analyse de personnalités, celle des hommes qui sont un peu paumés et qui sont rattrapés par leur passé mais surtout celle de cette femme qui veut aller de l’avant (l’épilogue est particulièrement touchant). Je me suis attachée aux personnages et j’ai adoré lire ce livre, que j’ai dévoré en quelques jours. J’ai été particulièrement émue par la force de Charlotte, et par la manière dont un auteur masculin a transmis un message très féministe.

Grape, olive, pig

Matt Goulding, Grape, olive, pig. Deep travels through Spain’s food culture: ce livre traînait sur ma PAL depuis un certain temps, depuis que j’avais lu avec plaisir Rice, noodle, fish consacré au Japon. Je l’ai ressorti, souhaitant en connaître un peu plus sur la cuisine espagnole, avant d’aller en Andalousie. Matt Goulding est Américain, mais a toujours été passionné par l’Espagne; il s’y est d’ailleurs installé et a épousé une Espagnole. Il raconte tout son parcours dans le livre, de son premier voyage à Barcelone en tant qu’étudiant à ses recherches plus approfondies dans diverses régions du pays, de la Galice aux Asturies, de Valence à Grenade. Il décrit des plats emblématiques comme la paella: il cherche ses origines, ainsi que des versions plus authentiques que celles servies dans les restaurants touristiques. Il suit les pêcheurs de thon de la côte de Cadix et les femmes qui récoltent les pouce-pieds, un genre de crustacé, sur les côtes de Galice. Il parle des bergers qui vivent dans les grottes près de Grenade mais aussi des chefs qui ont fait évoluer la cuisine espagnole et la faire reconnaître au niveau mondial.

En relisant mon article sur Rice, noodle, fish, je me rends compte que je n’ai pas eu autant de plaisir de lire ce volume-ci. Il y a trop de chapitres personnels, racontant la vie de Matt Goulding, et j’ai l’impression que tout l’intérêt porté à Ferran Adria et la cuisine moléculaire est fortement retombé. Je pense aussi que je cherchais plus d’informations liées à ma destination de vacances et le seul chapitre qui s’y rapporte élude un peu le sujet. Bref, j’ai été un peu déçue, mais en même temps, j’ai fait de la place dans ma PAL la plus ancienne (et j’ai quand même appris pas mal de choses sur la cuisine espagnole).

Tokyo Stories

Tim Anderson, Tokyo stories. The ultimate foodie adventures from basement to skyscrapers: je crois que c’est assez clair: j’aime Tim Anderson depuis qu’il a gagné à Masterchef de la BBC. Et donc j’achète ses livres. Celui-ci est consacré à Tokyo, c’est un voyage qui fait découvrir les nourritures (et boissons) de la capitale, en commençant par les food-court des sous-sols et les combinis, puis montant d’étage en étage, présentant les spécialités locales et régionales, des plats européens japonisés et la cuisine haut de gamme, avec chaque fois des recettes. Il y a donc des mets très divers, de la soupe au maïs au shio ramen au citron, du calpis à l’omurice, de l’okonomiyaki d’Hiroshima aux choux à la crème Totoro (celle-là me tente beaucoup à vrai dire, mais ma seule et unique tentative de pâte à choux a été un désastre).

Le livre est très intéressant à lire, chaque recette étant mise dans son contexte et illustrée, et de belles photos de Tokyo agrémentent les pages. Je suis moins inspirée pour préparer ces plats que dans les autres livres de Tim Anderson – je n’en ai d’ailleurs encore cuisiné aucun, mais ça pourrait encore venir.

  • photos: **** (toutes les recettes sont illustrées et il y a de nombreuses photos de Tokyo)
  • texte: **** (chaque plat est remis dans son contexte)
  • originalité des recettes: ****
  • authenticité des recettes: ****
  • faisabilité des recettes: **** (c’est très variable selon les recettes)
  • mesures: unités de mesures métriques et anglo-saxonnes
  • recettes favorites: à venir !
  • indispensabilité du livre: *** (sauf si vous êtes fans de Tim Anderson, ou de Tokyo, ou que vous voulez la recette des choux Totoro: *****)

Short diary of the week (410)

Lundi: une nuit agitée et toujours cette fatigue au matin, terminer un truc pour le boulot parce que voilà, le long rendez-vous chez le médecin – avec prise de sang – qui se termine avec un verdict de « repos pour deux semaines », une course dans le quartier et revoir une connaissance (des mes parents surtout mais ma maman aurait bien aimé que nous ayons une relation), être un peu choquée par une de ses premières questions qui concerne mon statut amoureux, avec une insistance sur le fait que je sois célibataire, au point où je me mets à douter si son mariage est heureux, c’est déjà la fin de l’après-midi avec tout ça, aller nourrir les chats de la voisine et me rendre compte que la chatte persane n’est pas contente d’avoir été laissée seule – mais impossible de l’approcher, le début d’un film que j’interromps pour pouvoir terminer le livre en cours – ça faisait longtemps que je n’avais pas lu quelque chose d’aussi mauvais

Mardi: des rêves bizarres, traîner dans le canapé, réfléchir à des sorties possible pendant ma période repos, choisir un nouveau roman, l’entamer, m’y plonger complètement, le terminer avant la nuit, est-ce que j’ai fait autre chose de ma journée ? j’ai été nourrir les chats et trouvé le « cadeau » (une souris) offert par la chatte, j’ai mangé des ramens et j’ai terminé le film en cours: The Broadway Melody d’Harry Beaumont (1929)

Mercredi: choisir donc un nouveau roman, tenter de rattraper mon retard dans la publication et l’écriture de billets sur les livres – c’est ce qui se passe quand on lit plus que d’habitude, sauf qu’au final j’aurai juste publié un billet déjà écrit et rien rédigé de nouveau, de la couture, une après-midi lecture bien moins concentrée qu’hier et entrecoupée d’une séance de vélo d’appartement, pas de cadeau du chat aujourd’hui – tant mieux – mais la persane ne se laisse toujours pas approcher (je fais comment pour brosser ses poils et frotter ses yeux ?), les deux derniers épisodes de la deuxième saison de Betty – une série que j’aime beaucoup pour ses scènes très cinématographiques et rêveuses

Jeudi: le facteur viendra-t-il quand je suis là ?, ça fait plus de deux semaines que la douane a bloqué un colis du Japon pour lequel j’ai porté plainte (la tva a été payée sur place et je ne suis pas censée payer les frais de douane) et je ne peux rien faire, j’espère que les suivants passeront sans soucis – il s’agit d’Omiyage Box (ramen et momiji), le facteur est passé de bonne heure, terminer enfin cette robe commencé au printemps 2020, une promenade avec une amie tout en parlant beaucoup des soucis au boulot, profiter du beau temps encore jusqu’à la fin de l’après-midi, encore un vieux film: Alibi de Roland West (1929)

Vendredi: vu que j’ai ce rendez-vous en plein milieu d’après-midi autant rassembler toutes les courses aujourd’hui, le supermarché donc pour commencer, puis une envie de tissu et prendre le métro pour rejoindre cette jolie boutique, mais décider d’aller aussi à une autre – où il faut aller en voiture, en profiter pour prendre cet appareil photo au message d’erreur – sauf qu’il est trop vieux pour être réparé (il s’agit plus d’une obsolescence programmée qu’autre chose), un autre tissu donc, et puis aller à ce rendez-vous à la banque où on m’apprend que le banquier est en vacances – c’est vraiment râlant vu que j’avais organisé ma journée autour de ça et que j’aurais préféré m’installer au jardin, c’est ce que je fais finalement, aller à pied chez des amis puis partir de là pour aller au resto indien en voiture, une agréable soirée à discuter programmes tv et Japon

Samedi: traîner dans le canapé tout en lisant des blogs lecture, les nouveaux tissus à la lessive, du rangement, tondre la pelouse, de la lecture au jardin entrecoupée d’une sieste, le début d’un film

Dimanche: c’est la journée sans voiture à Bruxelles mais je prends quand même la mienne pour contourner la ville, des achats de bulbes de printemps et de quelques fleurs d’automne, de la lecture au jardin puis à l’intérieur – ça se refroidit vite en cette toute fin d’été, la fin du film: Beyond the dream (Kiwi Chow, 2019 – HK) – un mélodrame un peu trop larmoyant

Les femmes aussi sont du voyage

Lucie Azéma, Les femmes aussi sont du voyage: Lucie Azéma, journaliste et elle-même grande voyageuse s’interroge dans ce livre sur les voyages des femmes. Elle constate que très souvent, elles ne partent pas, elles attendent, comme Pénélope qui se languit d’Ulysse tandis que celui-ci parcourt le monde. Il en est de même pour les grands aventuriers du 19e siècle: madame s’occupe des enfants et du ménage. Et puis il y a cette attirance des hommes pour les femmes exotiques, pour les femmes du harem notamment, des femmes qui sont vues comme des objets. Pourtant, il y a quelques exceptions, quelques figures qui ont bouleversé l’ordre établi, malgré les diktats de la société patriarcale, comme Isabelle Eberhardt ou Ella Maillart, ou d’autres encore, moins connues. Lucie Azéma intègre également ses propres expériences et parle de ce qui peut retenir une femme: la sécurité, le regard des hommes, le cycle menstruel et la maternité…

Je ne vais pas développer plus parce que ce livre vaut vraiment la peine d’être lu. Il s’adresse aux femmes qui n’osent pas encore voyager seules mais aussi à celles qui sont déjà parties. Je fais partie de la seconde catégorie et je sais que ce n’a pas été évident, au début, de prendre cette décision. Or c’est une des meilleures que j’ai prises. J’espère juste qu’avec ces quelques mots, j’aurai pu donner envie de lire ce livre, et puis, de partir en voyage !

Self contained

Emma John, Self contained. Scenes from a single life: ça me disait bien de lire les pensées d’une autre femme célibataire ! Mais disons le tout de suite, je n’aurais pas dû, je me suis ennuyée, j’ai même passé quelques lignes, espérant trouver un intérêt dans ce livre avant la fin. Je n’ai rien contre l’auteur, qui est au début de la quarantaine quand elle a écrit ce livre (pendant le confinement), mais la seule chose qui la démarque un peu de toutes les madames-tout-le-monde, c’est qu’elle vit seule. Si j’avais écrit ma vie, ce serait tout aussi ennuyeux. Emma John raconte donc sa scolarité dans une école pour filles (ah tiens, moi aussi), ses études où elle s’entoure surtout de garçons, son groupe d’amis qui se distend avec les mariages et maternités, ses quelques relations amoureuses (oui, elle en a eu, comme moi d’ailleurs), son boulot de journaliste, son amie atteinte du cancer dont elle s’occupe, le cancer de sa maman, le mariage de sa soeur et très vite son nouveau rôle de tante… J’avais été attirée par la quatrième de couverture qui parlait des voyages en solo, mais ce thème n’est pas vraiment développé. Bref, j’ai perdu mon temps, il n’a pas réussi à me faire sourire, ni à m’identifier à elle, et pourtant il y avait un certain potentiel… Je me laisse à chaque fois avoir avec ce genre de livres, et chaque fois, je me dis que je dois arrêter de les acheter ! Mais parfois, il y a une perle dans le lot, et donc je continue.

Étés anglais

Elizabeth Jane Howard, Étés anglais (La saga des Cazalet I): comme une grande partie de la blogosphère livres, je me suis lancée dans les chroniques de la famille Cazalet. Pendant l’été 1937, dans le Sussex, la Duche et son époux accueillent leurs trois enfants, Edward, Hugh et Rupert pour la saison, avec leurs épouses respectives, Villy, Sibyl et Zoé, et leurs enfants. Il y a aussi Rachel, qui ne s’est pas mariée et qui vit avec ses parents. Elle s’occupe beaucoup de son père à la vue défaillante, alors qu’elle aimerait passer plus de temps avec son amie Sid. Et puis il y a tous les domestiques, les jardiniers, le chauffeur qui complètent la compagnie. Elisabeth Jane Howard met en avant tour à tour les personnages, tout particulièrement les enfants et les femmes qui expriment leurs joies et leurs craintes, créant des portraits à la psychologie très fine. A l’été 1937 se succède celui de l’année 1938, et les incertitudes augmentent: la guerre va-t-elle éclater ? Les relations entre les différents membres de la famille ne sont pas toujours simples non plus. Mais il y a un côté léger aussi, avec les excursions à la plage, les promenades dans les bois, les repas à divers services concoctés avec soin par la cuisinière… J’ai souvent pensé à Downton Abbey, même si ça se passe un peu plus tard, mais il y a cette même demeure gigantesque et l’armée de domestiques. J’ai mis un peu de temps à rentrer dans l’histoire – c’est un pavé ! – et à retenir tous les noms des protagonistes, mais je me suis très vite attachée à eux. Une fois la dernière page tournée, j’ai eu envie de lire la suite immédiatement, mais je me laisse ce plaisir pour un peu tard.

Un livre lu au mois d’août dans le cadre du challenge « Pavé de l’été 2021 » organisé par Sur mes brizées. J’ai donc lu l’édition de La Table Ronde, comptant 576 pages.

Japonaises

Florence Plissart, Japonaises. Celles qui éclairent le ciel: en 2017, Florence Plissart arrivait au Japon, à Sapporo, avec son mari qui y était en mission pour le travail. C’est le coeur de l’hiver et il fait froid. Elle s’y sent seule et décide d’aller à la rencontre des femmes, dans un projet artistique. Elle les dessine tout en écoutant leur histoire. Le résultat, c’est Japonaises, un beau livre qui rassemble une quarantaine de portraits de femmes d’Hokkaido, mais aussi de Tokyo et de l’île d’Amami. A ses dessins crayonnés, elle ajoute des collages, et il faudrait les voir en vrai pour mieux s’approprier leur texture, mais ces portraits donnent malgré tout une image intime de ces femmes – certaines se racontent beaucoup, d’autres disent juste quelques mots (il y a la barrière de la langue, et la timidité aussi). J’ai beaucoup apprécié la diversité des portraits, des Japonaises évidemment mais aussi une Aïnoue, une Brésilienne, une chamane d’Amami (qui joue d’ailleurs son propre rôle dans le film de Naomi Kawase, Still the water – que je me suis empressée de voir après avoir terminé le recueil). Un livre à lire et à feuilleter au gré des envies.

Short diary of the week (409)

Lundi: une bonne nuit (c’est tellement rare du dimanche au lundi), repousser cette tâche ennuyeuse alors que je ferais mieux de m’y mettre (retranscrire une interview, donc), et puis réécrire le texte, lire au jardin et terminer un livre, la suite et la fin du film: Le héros sacrilège de Kenji Mizoguchi (1955)

Mardi: me dépêcher pour cause de pointage, reprendre le métro pour aller au boulot, de l’encodage, des discussions autour du boulot, la réunion d’équipe au jardin qui se termine par ces discussions chiantes sur le thème de saison, rentrée vidée et courbaturée, il me faut un moment pour me remettre un minimum, terminer un livre en cours tout en buvant un apéro, même pas le courage ni l’envie pour une soirée tv, aller dormir tôt

Mercredi: une nuit agitée à nouveau, m’attaquer à cette playlist en commençant par des sujets qui m’intéressent beaucoup, une concentration intense (du genre impossible au bureau) et une playlist qui est quasi terminée après quelques heures, le contrecoup: une vertigineuse chute de tension qui me laisse k.o. pour le reste de la journée, un peu de lecture au jardin quand même pour profiter de cette (dernière ?) belle journée, et même encore continuer alors que la nuit tombe et que les moustiques apparaissent, puis aller dormir tôt

Jeudi: sauf que j’ai eu du mal à m’endormir, me lever moyennement reposée, et puis me sentir bizarre quand même mais ma tension est normale, reprendre les travaux en cours, et puis lire au jardin, quelques gouttes de pluie et rentrer, me couper en cuisinant et fondre en larmes de fatigue, Betty, No Reservations – le début de la quatrième saison à Singapour

Vendredi: cette impression d’avoir bien dormi, commencer à travailler, m’interrompre pour faire les courses, cette fatigue qui me tombe dessus au supermarché, fondre en larmes dans la voiture, prendre mon courage à deux mains pour appeler le médecin mais il ne peut me recevoir que lundi (il aura fallu un mail de plus – il ne m’était pas destiné personnellement mais c’était à nouveau un mail qui descendait toute l’équipe – à tort en plus pour ce sujet précis), traîner dans le canapé incapable de faire quoi que ce soit, une longue sieste qui ne me repose pas du tout, un peu de lecture, un début de film mais je n’ai pas la patience, aller dormir tôt

Samedi: je ne sais pas trop comment je me sens en ce début de w-e, traîner dans le canapé un moment, un repas chez ma cousine pour les 90 ans de mon oncle, la fatigue me tombe dessus après un moment, ne plus rien faire en rentrant, et puis un film: Blackmail d’Alfred Hitchcock (1929)

Dimanche: traîner dans le canapé, compléter encore ces google maps, de la lecture, une sieste, encore de la lecture, cuisiner indien: ce paneer a bien survécu malgré sa date de péremption dépassée de deux mois, John Wick (David Leitch & Chad Stahelski, 2014) – un bon film d’action avec Keanu Reeves que j’aime quand même beaucoup !

Division Avenue

Goldie Goldbloom, Division Avenue: Surie Eckstein a 57 ans. Mère de dix enfants, elle vit une vie heureuse et tranquille en suivant les coutumes des Juifs orthodoxes du quartier de Division Avenue, à Brooklyn, New York. Mais voilà: elle découvre qu’elle est enceinte alors qu’elle pensait être ménopausée. Elle n’arrive pas trop à y croire, mais la consultation chez sa sage-femme, à la clinique, lui confirme qu’elle attend un enfant. Elle n’en parle pas à son mari et à sa famille, malgré leurs commentaires sur sa prise de poids. Elle aimerait tellement parler du passé, de son fils Lipa qui s’est suicidé et qui a amené la honte sur la famille. Mais la vie des Juifs orthodoxes est très réglementée et il n’y a pas de place pour ce qui sort de l’habitude. Elle trouve cependant une petite ouverture sur le monde en aidant la sage-femme mais va-t-elle s’engouffrer dans cette voie ou retourner vers sa famille ?

Goldie Goldbloom décrit un monde très fermé, régi par des règles et coutumes très restrictives, qui peuvent sembler complètement dépassées dans la société moderne. Mais Surie ne connaît rien d’autre, et la honte joue un rôle prépondérant. Chaque pas de travers a des répercussions immenses sur tous les membres de la famille; ce qui est arrivé à Lipa par exemple fait que les autres enfants de Surie ne pourront pas se marier avec un bon parti. Vu de l’extérieur, cela semble révoltant. Vu de l’intérieur, il y a malgré tout une certaine sérénité dans le roman. Goldie Goldbloom tente une ouverture mais au final ne juge pas ses personnages, et leur propose une voie qui n’est sans doute pas très romanesque mais qui est très apaisée. J’ai beaucoup aimé ce roman dans lequel je me suis plongée avec beaucoup d’intérêt et que j’ai lu en trois jours. Il m’a rappelé la série Unorthodox mais aussi un roman qui m’avait marquée à l’époque, The romance reader de Pearl Abraham, dans lequel j’ai découvert le monde des Juifs orthodoxes.