A walk in the woods

51mjdn2btqrlBill Bryson, A walk in the woods: grand voyageur, Bill Bryson décide cette fois-ci de rester dans son pays d’adoption, les Etats-Unis et de parcourir l’Appalachian Trail qui suit les montagnes de la côte ouest du pays. Sauf qu’il a une peur bleue des ours et craint en rencontrer sur son parcours. Il ne part pas seul, son vieil ami Katz l’accompagne. Je n’avais pas trop aimé un autre récit de Bryson et j’avais donc laissé de côté ses livres depuis un long moment. J’ai failli abandonner: les premières pages décrivent son compagnon de voyage d’une manière très dénigrante. Puis, le ton change. Ce ne sont plus vraiment les expériences personnelles des deux marcheurs qui sont au centre du récit mais l’histoire du chemin de randonnée et son milieu naturel, attaqué de tous côtés par des problèmes environnementaux. Au cours des pages, Bryson alterne le récit entre le contexte général et des anecdotes qu’il a vécues sur son trajet, parlant de sa relation avec son compagnon dans des termes bien plus positifs que dans les premières pages. Au final, c’est un agréable récit, très documentaire, qui permet de mieux connaître une région, et à l’exact opposé de Wild de Cheryl Strayed qui est centré sur les expériences et pensées de la narratrice.

Advertisements

Meurtres à Willow Pond

41ytqfkzthl-_sx339_bo1204203200_Ned Crabb, Meurtres à Willow Pond: après mon passage en Inde, je recherchais un peu de nature américaine et je me suis donc tournée vers ce roman publié chez Gallmeister. Il raconte l’histoire de Cedar Lodge et de ses occupants. Gene est la riche propriétaire que tout le monde (ses neveux, les conjoints de ceux-ci) souhaitent voir mourir pour pouvoir profiter (enfin) de son héritage. Et c’est ce qui se passe: lors d’un violent orage, elle est retrouvée sans vie. Très vite, le shérif commence l’enquête. A vrai dire, contrairement à mon habitude, j’ai raconté la moitié du roman. Le meurtre n’est en effet qu’un prétexte pour décrire les sentiments et pensées des différents protagonistes dans une joyeuse et cynique cacophonie. Le roman m’a  déroutée au départ, et puis je me suis prise au jeu, rattrapée par le suspense final. Mais je dois bien dire que cette comédie de mœurs ne va pas plus loin qu’une agréable lecture de vacances. D’autres auteurs comme Jonathan Coe ou même Agatha Christie s’y prennent bien mieux. Ma note est de 3 sur goodreads mais descend à 2,5 ici.

Daredevils

25938453Shawn Vestal, Daredevils: milieu des années 70 – Loretta, 15 ans, adore les sorties nocturnes avec son petit ami. Jusqu’au jour où elle est prise en flagrant délit par ses parents. Ceux-ci sont mormons et ne voient pas d’un bon oeil ces sorties. Ils décident de la marier à un homme très pieux mais matérialiste, Dean Harder, qui a déjà une première femme et plusieurs enfants. Sa nouvelle vie est dictée par la religion et la famille; elle n’a plus aucune occasion de sortir. Harder déménage de l’Arizona vers l’Idaho pour régler des questions d’héritage. Là, Loretta rencontre Jason, également mormon, mais d’une obédience moins stricte. L’adolescent adore Tolkien et Led Zeppelin, ainsi que les acrobaties à moto d’Evel Knievel. Il est indéniablement attiré par la jeune fille… Mais rien n’est simple. Shawn Vestal propose un roman aux multiples facettes: il décrit les vies des deux personnages principaux, Loretta et Jason mais apporte également beaucoup d’attention aux personnages secondaires. L’écriture est très vivante et analyse les sentiments des héros, leur envie d’autre chose, leur enfermement dans des traditions qu’ils n’ont pas choisies, leur désir de normalité quelque part. Au cours du récit, Loretta passera de la gamine qui rêve de musique et de jolis vêtements à une femme bien plus décidée et plus sûre d’elle même. Et on aimerait la retrouver dans une suite pour la voir grandir encore plus. Un beau roman sur l’adolescence et les extrémismes de la religion.

L’appel du fleuve

51lm5muoojl-_sx195_Robert Olen Butler, L’appel du fleuve: Robert, professeur d’université et vétéran de la guerre du Vietnam, vit en Floride avec se femme. Leur vie est bien organisée et sans remous, même si Robert n’a plus vu son frère Jimmy depuis 1967. Celui-ci était en effet opposé à la guerre et a préféré s’expatrier au Canada pour ne pas devoir entrer dans l’armée, au grand désespoir de leur père, vétéran de la Seconde Guerre mondiale. Ce père a un accident et décède quelques jours plus tard. Est-ce que cela permettra aux deux frères de se parler à nouveau et de retrouver une certaine intimité ? Est-ce que les secrets du passé vont enfin être révélés ? Et que vient faire Bob, un sans-abri, dans l’histoire ?

La quatrième de couverture de ce roman m’avait attirée, avec ses secrets du passé et les histoires de la guerre du Vietnam mais le récit se déroule sans beaucoup de vagues. Les personnages parlent de leurs sentiments mais je n’ai pas trouvé cette “intensité émotionnelle et dramatique rare” dont parle la couverture. Je me suis ennuyée, passant même des lignes au fil des pages, mais continuant jusqu’au bout parce que ça se lisait vite. Et j’attendais le dénouement pour enfin comprendre comment Bob intervenait dans l’histoire (presque spoiler: c’est du niveau d’un pétard mouillé). Une grosse déception donc, mais un 2/5 parce que le livre ne m’est pas tombé des mains et qu’il y a quelques rares moments plus intéressants.

Un livre lu dans le cadre de l’activité “Lire sous la contrainte” – un livre dont le titre contient le son “è”.

Unholy loves

547413Joyce Carol Oates, Unholy loves: l’université de Woodslee, au nord des Etats-Unis, accueille l’éminent professeur de poésie anglais Albert St. Dennis. Toute la communauté est en ébullition et souhaite le rencontrer. De soirée en soirée, Joyce Carol Oates se met dans la tête de différents personnages pour décrire les événements du moment. Elle prend tour à tour les points de vue de St. Dennis lui-même (quel horrible prétentieux !) mais aussi de Brigit, une récente divorcée et d’Alexis, jeune pianiste et compositeur imbu de sa personne. Ces deux derniers vont entamer une relation tumultueuse. D’autres personnages interviennent également, divers professeurs et leurs épouses, chacun ayant une vision bien particulière sur les événements. Joyce Carol Oates nous décrit un microcosme bien particulier, avec les jalousies, les relations extra-conjugales, le désir de plaire, le respect des convenances. Elle abandonne en partie l’écriture automatique des pensées des gens (enfin !) pour écrire un récit un peu plus construit, avec des dialogues. Les divers points du vue rendent le récit animé, moins monolithique que dans d’autres romans plus anciens. Ses personnages sont peu attirants, ils montrent surtout des facettes négatives de l’être humain, comme souvent. J’ai mis du temps à commencer ce roman datant de 1979, j’étais un peu lassée de l’écriture de JCO pendant les années 1970 mais j’ai retrouvé l’envie de continuer mes lectures même si je crains quelque peu l’ampleur du pavé qu’est Bellefleur. Mais d’abord, il me reste un recueil de nouvelles à lire (il vient d’arriver des Etats-Unis).

Carnaval

51l0ey-kfdl-_sx210_Ray Celestin, Carnaval: 1919, La Nouvelle-Orléans, un tueur en série sévit, attaquant ses victimes à la hache et laissant sur place des cartes de tarot. L’affaire est entre les mains de la police, de Michael Talbot plus précisément, un flic mal aimé parce qu’il a contribué à la mise en prison d’un collègue, Luca d’Andrea, pour corruption. Mais il n’est pas le seul à s’intéresser à ces crimes: le récit suit aussi le journaliste John Riley et Ida, jeune secrétaire de l’agence Pinkerton qui a des origines africaines mais qui paraît blanche. Celle-ci se fait aider par Lewis, un musicien noir qui se fera mieux connaître par la suite sous le nom de Louis Armstrong. Chacun suit des pistes différentes, dévoilant des liens possibles avec la mafia locale. Chacun a une histoire, des secrets qui sont racontés au fil du roman. Ce qui m’avait attiré dans ce livre, c’était l’idée découvrir la ville et la musique, un peu comme dans la série Treme (ou même True detective) mais j’ai été déçue. Ray Celestin n’a pas réussi à créer les ambiances comme je les imaginais et son histoire de tueur ne m’a pas convaincue. Difficile évidemment de succéder à d’autres auteurs de la Louisiane comme James Lee Burke ou Poppy Z. Brite, ou encore à Tiger rag de Nicholas Christopher. Si ce roman ne m’a pas touchée, c’est donc plus pour des raisons personnelles que pour le livre en lui-même.

 

 

L’Indien blanc

cvt_lindien-blanc_9401Craig Johnson, L’Indien blanc: le shérif Longmire accompagne son ami Henry Standing Bear à Philadelphie où vit sa fille. Il ne verra celle-ci qu’à l’hôpital, dans le coma, suite à une sérieuse agression. Il va évidemment tenter de dénouer les fils du mystère en collaborant avec la police locale mais en agissant aussi de son côté. Ce troisième roman policier de la série Longmire se passe donc dans un paysage urbain, loin de la nature du comté d’Absaroka. Et c’est sans doute ce qui m’a le plus manqué – ces grands espaces. Ici tout est en béton et traversé d’autoroutes, un milieu peu habituel pour un cowboy. Cela n’empêche pas L’Indien blanc d’être un bon récit policier, un peu lent comme à l’habitude, mais avec une intrigue bien ficelée et à l’humour certain.