Une fille bien

Holly Goddard Jones, Une fille bien: avec ce recueil de nouvelles, Holly Goddard Jones nous emmène dans la petite ville de Roma, au Kentucky. La vie y est en apparence paisible mais les histoires nous racontent autre chose. Violence, meurtre, amour malheureux…, les récits sont des tranches de vie très intimes, très touchantes, racontées avec brio par Holly Goddard Jones. Je ne suis pas une grande lectrice de nouvelles, trouvant le format souvent trop court pour vraiment me plonger dans une histoire, mais j’ai lu les commentaires de nombreuses autres lectrices (qui en parlent bien mieux que moi, et avec bien plus de détails: Electra, Eva et Marie-Claude, entre autres) et j’ai fait une exception pour ce livre. J’ai bien fait, j’ai adoré l’ambiance du Midwest américain et ses petites histoires du quotidien. Je recommande donc à mon tour.

After her

Joyce Maynard, After her: pendant l’été 1979, dans une banlieue résidentielle de San Francisco, les sœurs Rachel et Patty passent leur temps en écoutant des disques, en inventant des histoires, en regardant la télévision au travers des fenêtres des voisins… Leurs parents, séparés, les laissent très libres. Leur mère est retirée sur elle-même, leur père est submergé de travail depuis que des meurtres de jeunes femmes ont eu lieu dans le quartier. Rachel souhaite à tout prix aider son père qu’elle adore dans la recherche du coupable mais tout ne se passe pas comme prévu. Joyce Maynard écrit un roman sur l’adolescence, ses insécurités, ses comportements un peu bizarres, sur un fond d’enquête policière et de chronique familiale. La présence d’un meurtrier ajoute une angoisse latente et un certain suspense. Elle décrit très finement la personnalité de Rachel et de sa sœur, ainsi que celle du père, absorbé par son travail mais aussi grand charmeur. Et c’est ce qui m’a beaucoup plu. Par contre, j’ai trouvé qu’il y avait une dernière partie en trop, celle du temps présent, où Rachel est toujours troublée par les événements du passé. J’ai eu l’impression que Joyce Maynard voulait à tout prix écrire une conclusion et que c’était un peu forcé. C’est dommage mais cela ne m’empêchera pas de lire d’autres romans de cet auteur.

The newlyweds

Nell Freudenberger, The newlyweds: Amina est une jeune femme vivant au Bangladesh, avec ses parents. Elle cherche à émigrer aux Etats-Unis en épousant un Américain. Par l’intermédiaire d’un site de rencontres, elle trouve George avec qui elle se marie. Le roman raconte sa vie aux USA, ses relations avec ses parents restés au pays, ses essais de s’intégrer à la vie locale, les différences de culture. Le sujet est à la base fort intéressant mais j’ai trouvé le temps un peu long. Tout est décrit et l’intrigue n’avance que très peu, intrigue fort simple au final. Je n’ai jamais trop compris quels étaient les problèmes du père d’Amina ni pourquoi son ami Nasir évolue de cette manière. Bref, j’attendais du romanesque et j’ai reçu une tranche de vie très normale.

(J’ai choisi ce livre parce que j’ai décidé de vider ma PAL, en commençant par les plus anciens. L’idée est de lire au moins les vingt premières pages et d’abandonner si je n’accroche pas – plusieurs livres ont déjà disparu de cette manière.)

Par le vent pleuré

Ron Rash, Par le vent pleuré: 1967, dans une petite ville des Appalaches. Les frères adolescents Bill et Eugene passent l’été en faisant de petits travaux dans le cabinet de leur grand-père médecin, un homme tyrannique, et se détendent les weekend en allant pêcher à la rivière toute proche. Un jour, ils voient au loin une jolie jeune fille, Ligeia et font sa connaissance. Elle les initie à un monde bien différent, celui du “summer of love”, fait de drogues et de sexe. L’histoire se déroule aussi aujourd’hui, avec la découverte d’ossements ayant appartenu à la jeune femme et les angoisses d’Eugene qui a sombré dans l’alcoolisme.

Il me fallait un court roman pour terminer mon challenge goodreads (j’ai pris beaucoup de retard à publier mes chroniques) et celui-ci était parfait. J’avais beaucoup aimé Le chant de la Tamassee et ce roman-ci confirme le talent de Ron Rash à raconter des histoires du passé et leur influence sur la vie actuelle des personnages. Par le vent pleuré est un roman très prenant, montrant comment le pouvoir peut générer le mal et comment le passé est inextricablement lié au présent. Je compte bien lire d’autres romans de Ron Rash dans le futur.

Wild side

51xvq3vcm3l-_sx195_Michael Imperioli, Wild Side: suite à un héritage inattendu, Matthew et sa mère déménagent du Queens à Manhattan. L’adolescent découvre une autre ville et se lie d’amitié avec deux personnes qui le guideront dans sa nouvelle vie. Veronica est une amie de classe qui le fascine et dont il tombe amoureux. Mais la jeune fille est un bizarre et l’entraîne dans des lieux inédits, voire même un peu sordides. L’autre personne, c’est son voisin, le musicien Lou Reed, en pleine période créatrice mais aussi en plein trip. Matthew l’accompagne parfois, l’aide pour certaines choses et découvre une autre manière de vivre. C’est un roman d’apprentissage mais aussi de perte; Matthew est entraîné dans un tourbillon qui le mène très loin. En écrivant ces lignes, j’ai du mal à vraiment définir ce qui m’a plu dans le roman mais j’ai été touchée par le vie du jeune garçon et par ce New York des années 70. Michael Imperioli, connu pour son rôle dans The Sopranos, traduit parfaitement bien les ambiances de la ville et de la période, dans une courte mais intense tranche de vie.

Le chant de la Tamassee

41i-r8zy2el-_sx210_Ron Rash, Le chant de la Tamassee: Ruth Kowalsky, 12 ans, se noie dans la rivière Tamassee. Son corps est emporté par le courant et se niche dans une cavité inaccessible sous l’eau. Ses parents veulent récupérer la dépouille mais cela impliquerait de dévier le cours de la rivière. Or celle-ci est protégée et les environnementalistes la défendent avec ardeur. La jeune journaliste Maggie, originaire de la région, est envoyée sur place par sa rédaction pour prendre des photos. Elle y retrouve des amis, un ancien amoureux qui est dans le camp des écologistes et son père, qu’elle évite à tout prix. Son séjour lui permet de renouer avec son passé, libérant des sentiments longuement enfouis. Ron Rash prend en fait le prétexte de la mort de l’enfant pour raconter une autre histoire, celle de Maggie. Et il en profite pour décrire une petite communauté nichée dans une nature sauvage, avec une rivière indomptable, parsemée de chutes et de courants traîtres. Un très beau récit relativement court et facile à lire.

Un livre lu dans le cadre de “Suivez le thème”, “liquide” dans ce cas.

Eden Springs

41s2bglmjzml-_sx195_Laura Kasischke, Eden Springs: comme à chaque nouveau roman de Laura Kasischke, je me suis évidemment jetée dessus. Eden Springs est très court – c’est une “novella” – et avait été publié à l’origine en  2010 mais il a fallu attendre aujourd’hui pour qu’il soit traduit. L’auteur raconte à sa manière une histoire vraie, celle de la communauté d’Eden Springs qui a vu le jour au début du 20e siècle, rassemblant les adeptes d’un “illuminé”, Benjamin Purnell. Celui-ci prétendait que si on suivait ses préceptes, on vivrait éternellement… mais il en profitait pour s’entourer de beaucoup de jolies jeunes filles. Kasischke commence ses courts chapitres par des documents de l’époque et puis invente une vie aux personnages, les décrivant à sa manière, leur donnant corps. Et pour une fois, j’ai été déçue, je n’ai jamais réussi à accrocher au roman; je m’attendais à quelque chose de plus long, de plus travaillé. L’histoire est fort décousue, plutôt construite sous forme de quelques tableaux impressionnistes même si l’écriture reste belle et poétique.

Book_RATING-30

Un livre lu dans le cadre de “Suivez le thème”, “liquide” dans ce cas.

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