A place for us

Fatima Farheen Mirza, A place for us: L’histoire commence au mariage de Hadia. Elle est musulmane, d’origine indienne mais est née en Californie. Son frère Amar est présent, alors qu’il avait tourné le dos à sa famille depuis trois ans. Au fil du roman, Hadia, Amar et Huda – l’autre sœur, mais aussi leurs parents Layla et Rafiq racontent leur histoire comme famille d’immigrés, observant strictement leur religion. Les deux filles aînées s’adaptent sans trop de problèmes aux règles de leur père, mais Amar est en révolte. Depuis qu’il est enfant, il est plus difficile, différent. Le récit n’est pas chronologique mais il n’est pas trop compliqué de suivre l’histoire. Elle se dénoue dans la dernière partie mais j’ai trouvé le temps très long. Mirza raconte les choses du quotidien, les petites histoires, avec beaucoup de sensibilité et de justesse, mais rien ne m’a semblé très passionnant, même la révolte d’Amar. Je n’ai aucune affinité avec des familles dont la vie est régie par la religion et cela me met même un peu mal à l’aise. Sans doute que j’avais espéré quelque chose de plus radical pour Amar et pour ses sœurs. Une déception.

Northland

Porter Fox, Northland: A 4,000-mile journey along America’s forgotten border: le titre dit tout ! Porter Fox est parti à la découverte de la région qui forme la frontière entre les Etats-Unis et le Canada et en profite pour raconter l’histoire de ces territoires et de leur exploration. Il marche, il prend des bateaux – du canoë au navire de fret, il emprunte le train et la voiture. Il s’intéresse aux populations natives qui ont résisté contre l’envahisseur étranger et aux Indiens d’aujourd’hui qui se battent contre l’installation de pipelines dangereuses pour l’environnement. Il aborde également le problème de frontière comme lieu de passage et surtout de contrôle de plus en plus strict. Un récit de voyage passionnant et instructif.

Une fille bien

Holly Goddard Jones, Une fille bien: avec ce recueil de nouvelles, Holly Goddard Jones nous emmène dans la petite ville de Roma, au Kentucky. La vie y est en apparence paisible mais les histoires nous racontent autre chose. Violence, meurtre, amour malheureux…, les récits sont des tranches de vie très intimes, très touchantes, racontées avec brio par Holly Goddard Jones. Je ne suis pas une grande lectrice de nouvelles, trouvant le format souvent trop court pour vraiment me plonger dans une histoire, mais j’ai lu les commentaires de nombreuses autres lectrices (qui en parlent bien mieux que moi, et avec bien plus de détails: Electra, Eva et Marie-Claude, entre autres) et j’ai fait une exception pour ce livre. J’ai bien fait, j’ai adoré l’ambiance du Midwest américain et ses petites histoires du quotidien. Je recommande donc à mon tour.

After her

Joyce Maynard, After her: pendant l’été 1979, dans une banlieue résidentielle de San Francisco, les sœurs Rachel et Patty passent leur temps en écoutant des disques, en inventant des histoires, en regardant la télévision au travers des fenêtres des voisins… Leurs parents, séparés, les laissent très libres. Leur mère est retirée sur elle-même, leur père est submergé de travail depuis que des meurtres de jeunes femmes ont eu lieu dans le quartier. Rachel souhaite à tout prix aider son père qu’elle adore dans la recherche du coupable mais tout ne se passe pas comme prévu. Joyce Maynard écrit un roman sur l’adolescence, ses insécurités, ses comportements un peu bizarres, sur un fond d’enquête policière et de chronique familiale. La présence d’un meurtrier ajoute une angoisse latente et un certain suspense. Elle décrit très finement la personnalité de Rachel et de sa sœur, ainsi que celle du père, absorbé par son travail mais aussi grand charmeur. Et c’est ce qui m’a beaucoup plu. Par contre, j’ai trouvé qu’il y avait une dernière partie en trop, celle du temps présent, où Rachel est toujours troublée par les événements du passé. J’ai eu l’impression que Joyce Maynard voulait à tout prix écrire une conclusion et que c’était un peu forcé. C’est dommage mais cela ne m’empêchera pas de lire d’autres romans de cet auteur.

The newlyweds

Nell Freudenberger, The newlyweds: Amina est une jeune femme vivant au Bangladesh, avec ses parents. Elle cherche à émigrer aux Etats-Unis en épousant un Américain. Par l’intermédiaire d’un site de rencontres, elle trouve George avec qui elle se marie. Le roman raconte sa vie aux USA, ses relations avec ses parents restés au pays, ses essais de s’intégrer à la vie locale, les différences de culture. Le sujet est à la base fort intéressant mais j’ai trouvé le temps un peu long. Tout est décrit et l’intrigue n’avance que très peu, intrigue fort simple au final. Je n’ai jamais trop compris quels étaient les problèmes du père d’Amina ni pourquoi son ami Nasir évolue de cette manière. Bref, j’attendais du romanesque et j’ai reçu une tranche de vie très normale.

(J’ai choisi ce livre parce que j’ai décidé de vider ma PAL, en commençant par les plus anciens. L’idée est de lire au moins les vingt premières pages et d’abandonner si je n’accroche pas – plusieurs livres ont déjà disparu de cette manière.)

Par le vent pleuré

Ron Rash, Par le vent pleuré: 1967, dans une petite ville des Appalaches. Les frères adolescents Bill et Eugene passent l’été en faisant de petits travaux dans le cabinet de leur grand-père médecin, un homme tyrannique, et se détendent les weekend en allant pêcher à la rivière toute proche. Un jour, ils voient au loin une jolie jeune fille, Ligeia et font sa connaissance. Elle les initie à un monde bien différent, celui du “summer of love”, fait de drogues et de sexe. L’histoire se déroule aussi aujourd’hui, avec la découverte d’ossements ayant appartenu à la jeune femme et les angoisses d’Eugene qui a sombré dans l’alcoolisme.

Il me fallait un court roman pour terminer mon challenge goodreads (j’ai pris beaucoup de retard à publier mes chroniques) et celui-ci était parfait. J’avais beaucoup aimé Le chant de la Tamassee et ce roman-ci confirme le talent de Ron Rash à raconter des histoires du passé et leur influence sur la vie actuelle des personnages. Par le vent pleuré est un roman très prenant, montrant comment le pouvoir peut générer le mal et comment le passé est inextricablement lié au présent. Je compte bien lire d’autres romans de Ron Rash dans le futur.

Wild side

51xvq3vcm3l-_sx195_Michael Imperioli, Wild Side: suite à un héritage inattendu, Matthew et sa mère déménagent du Queens à Manhattan. L’adolescent découvre une autre ville et se lie d’amitié avec deux personnes qui le guideront dans sa nouvelle vie. Veronica est une amie de classe qui le fascine et dont il tombe amoureux. Mais la jeune fille est un bizarre et l’entraîne dans des lieux inédits, voire même un peu sordides. L’autre personne, c’est son voisin, le musicien Lou Reed, en pleine période créatrice mais aussi en plein trip. Matthew l’accompagne parfois, l’aide pour certaines choses et découvre une autre manière de vivre. C’est un roman d’apprentissage mais aussi de perte; Matthew est entraîné dans un tourbillon qui le mène très loin. En écrivant ces lignes, j’ai du mal à vraiment définir ce qui m’a plu dans le roman mais j’ai été touchée par le vie du jeune garçon et par ce New York des années 70. Michael Imperioli, connu pour son rôle dans The Sopranos, traduit parfaitement bien les ambiances de la ville et de la période, dans une courte mais intense tranche de vie.