Une saison au Cambodge

51a2ihmiill-_sx195_Lawrence Osborne, Une saison au Cambodge: Professeur (d’)anglais en voyage en Asie du Sud-Est, Robert n’a quasi plus le sou quand il arrive au Cambodge, à Pailin. Il pourrait appeler ses parents à la rescousse mais il décide plutôt de jouer au casino. Et par le plus grand des hasards, il gagne une petite somme qui lui permet de prolonger son séjour. Il se rend à Battambang, ne sachant pas trop quoi faire. Les nouvelles vont vite au Cambodge et il est très rapidement entouré de personnes qui aimeraient bien lui soutirer son argent. Robert est un peu naïf et très peu prudent; il fait confiance à Simon, un Américain qui vit dans la ville. A partir de là commence une histoire pleine de rebondissements qui mènera le héros dans diverse parties d’un pays en période de mousson. J’ai eu un certain mal à entrer dans l’histoire, et par la suite, elle se déroule de manière quelque peu alambiquée et sans être très palpitante. Je me suis longtemps demandée à quelle époque elle se passait jusqu’à ce qu’un des personnages parle de la série Vikings. Je n’aurais sans doute pas continué le roman s’il ne se passait pas au Cambodge, pays que j’aime beaucoup, mais même les descriptions ne m’ont pas vraiment donné l’impression d’y être. Au final, c’est un roman facile à lire, quelque peu exotique, mais sans grand intérêt. Il y a mieux dans le genre, comme les livres de Tom Vater ou de Nick Seely.

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La toile du monde

51wwswilukl-_sx195_Antonin Varenne, La toile du monde: Aileen Bowman, une américaine rousse célibataire et affranchie de 35 ans, est envoyée à Paris par son journal, le New York Tribune, pour couvrir l’ouverture de l’Exposition Universelle. Elle espère également y retrouver son cousin métis qui fait partie d’une troupe de style Buffalo Bill Wild West Show. Au fil de ses pérégrinations dans la ville, elle décrit un monde qui change, à la charnière de deux siècles. Le métropolitain est en construction, les chevaux vont bientôt être remplacés par les voitures, l’électricité illumine les palais, et pourtant les mentalités ont du mal à suivre. Certaines femmes tentent d’affirmer leur rôle mais la plupart sont toujours reléguées à une vie conjugale très peu passionnante. Le sujet, l’Expo Universelle, m’a évidemment attirée mais elle n’est que peu décrite, bien qu’étant au centre du livre. C’est plutôt le portrait d’une femme et d’un ville à une époque précise, et cette partie là est intéressante – cela se sent que l’auteur a fait de nombreuses recherches. J’ai été beaucoup moins séduite par la partie romancée, un peu forcée, et encore moins par le dernier long chapitre qui raconte presque une nouvelle histoire.

Wild side

51xvq3vcm3l-_sx195_Michael Imperioli, Wild Side: suite à un héritage inattendu, Matthew et sa mère déménagent du Queens à Manhattan. L’adolescent découvre une autre ville et se lie d’amitié avec deux personnes qui le guideront dans sa nouvelle vie. Veronica est une amie de classe qui le fascine et dont il tombe amoureux. Mais la jeune fille est un bizarre et l’entraîne dans des lieux inédits, voire même un peu sordides. L’autre personne, c’est son voisin, le musicien Lou Reed, en pleine période créatrice mais aussi en plein trip. Matthew l’accompagne parfois, l’aide pour certaines choses et découvre une autre manière de vivre. C’est un roman d’apprentissage mais aussi de perte; Matthew est entraîné dans un tourbillon qui le mène très loin. En écrivant ces lignes, j’ai du mal à vraiment définir ce qui m’a plu dans le roman mais j’ai été touchée par le vie du jeune garçon et par ce New York des années 70. Michael Imperioli, connu pour son rôle dans The Sopranos, traduit parfaitement bien les ambiances de la ville et de la période, dans une courte mais intense tranche de vie.

Eden Springs

41s2bglmjzml-_sx195_Laura Kasischke, Eden Springs: comme à chaque nouveau roman de Laura Kasischke, je me suis évidemment jetée dessus. Eden Springs est très court – c’est une “novella” – et avait été publié à l’origine en  2010 mais il a fallu attendre aujourd’hui pour qu’il soit traduit. L’auteur raconte à sa manière une histoire vraie, celle de la communauté d’Eden Springs qui a vu le jour au début du 20e siècle, rassemblant les adeptes d’un “illuminé”, Benjamin Purnell. Celui-ci prétendait que si on suivait ses préceptes, on vivrait éternellement… mais il en profitait pour s’entourer de beaucoup de jolies jeunes filles. Kasischke commence ses courts chapitres par des documents de l’époque et puis invente une vie aux personnages, les décrivant à sa manière, leur donnant corps. Et pour une fois, j’ai été déçue, je n’ai jamais réussi à accrocher au roman; je m’attendais à quelque chose de plus long, de plus travaillé. L’histoire est fort décousue, plutôt construite sous forme de quelques tableaux impressionnistes même si l’écriture reste belle et poétique.

Book_RATING-30

Un livre lu dans le cadre de “Suivez le thème”, “liquide” dans ce cas.

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The garden of evening mists

ml1384_270x350Tan Twan Eng, The garden of evening mists: années 50, Cameron Highlands – Malaisie. Yun Ling, une jeune femme qui a survécu aux camps d’internement japonais, désire créer un jardin en souvenir de sa sœur qui a été tuée pendant la guerre. Dans les montagnes du centre du pays, elle retrouve l’ami de sa famille, Magnus, d’origine sud-africaine et propriétaire d’une plantation de thé, mais aussi le japonais Aritomo, un ancien jardinier de l’empereur qui a décidé de créer un jardin traditionnel au milieu de la végétation tropicale. Yun Ling souhaite l’engager mais celui-ci refuse et lui propose plutôt de devenir son apprentie. Contre toute attente, des liens profonds se tissent entre les deux personnages si opposés, entre une femme blessée et le symbole – quelque part – des anciens bourreaux, le tout sur fond de la guerre civile qui faisait rage en Malaisie à cette époque (les communistes tentaient d’arriver au pouvoir et commettaient de nombreux attentats).

L’auteur, Tan Twan Eng, est malais et vit aujourd’hui entre Kuala Lumpur et Le Cap. Dans son roman, il parle de son pays, de son histoire difficile en créant des personnages qui auraient pu avoir vécu à l’époque. Il intègre également toute une partie japonaise: il a étudié avec soin les concepts de jardins japonais et d’autres traditions locales. Le roman est lent et dense, mêlant beauté de la nature et horreurs de la guerre, évoquant avec finesse les émotions de la narratrice, Yun Ling, qui se souvient de son histoire alors que sa santé décline. J’ai beaucoup aimé – les thèmes avaient tout pour me plaire – mais il m’a manqué quelque chose qui m’a empêché de mettre 5 étoiles, quelque chose dans l’écriture sans doute, peut-être le choix des mots qui n’arrive pas tout à fait au niveau du superbe titre. Mais c’est un détail et je conseille ce roman si vous aimez être complètement dépaysés !

Le livre a été traduit en français sous le titre Le jardin des brumes du soir.

Girls burn brighter

34275212Shobha Rao, Girls burn brighter: Poormina et Savitha sont deux jeunes filles vivant dans un village reculé de l’Inde. Elles sont fileuses et tisseuses et leurs familles sont extrêmement pauvres. C’est un monde de mariages arrangés: Poormina épouse un homme qu’elle n’a pas rencontré et devient la servante de la belle famille. Pendant ce temps, Savitha a fui le village suite à un viol. Poormina partira à sa recherche, suivant un long chemin semé d’embûches. Difficile de décrire ce roman sans trop raconter l’histoire… Une chose est certaine: il est très dur et montre une image assez horrible de la condition des femmes indiennes. J’ai repensé au “torture porn” de la seconde saison de The handmaid’s tale, et certaines pages étaient quasi insoutenables, ce qui a nui à ma lecture. Il faut sans doute parler de ces problèmes mais était-ce nécessaire de tous les accumuler dans un roman ? Et je ne parle pas de la fin, qui est telle un cliffhanger de fin de saison d’une série. Et pourtant, je mets 3 étoiles à ce livre, parce qu’il a un intérêt certain et montre des femmes déterminées à survivre. (Et c’est le hasard le plus complet qui m’a fait lire deux romans aux titres très proches: La fille qui brûle et Girls burn brighter).

La fille qui brûle

518vwm2b3o2bl-_sx195_Claire Messud, La fille qui brûle: ou un livre que j’ai acheté à cause de la couverture (et aussi un peu pour l’histoire). Julia et Cassie sont amies depuis toujours. Pas encore tout à fait adolescentes, elles passent l’été ensemble, se racontant des histoires, jouant dans les bois. Un jour, elles décident de chercher l’asile abandonné dont elles ont entendu parler. Cet endroit devient leur lieu de jeu préféré pour le reste de l’été. Et puis, l’école recommence et leurs chemins divergent peu à peu. Ce roman avait tout pour me plaire: une histoire de jeunes adolescentes qui se cherchent et grandissent, l’insouciance de l’été, une petite ville américaine. Et pourtant, il ne m’a pas fait impression. Les cinquante premières pages m’ont semblé laborieuses, pas toujours bien écrites; les phrases étaient parfois alambiquées, pas tout à fait compréhensibles, comme si l’auteur (et/ou la traductrice) n’était pas encore dans son élément. Le style s’améliore au cours des pages et la lecture est facile et rapide mais le récit manque de corps. Un joli roman mais qui sera vite oublié.