La fille qui brûle

518vwm2b3o2bl-_sx195_Claire Messud, La fille qui brûle: ou un livre que j’ai acheté à cause de la couverture (et aussi un peu pour l’histoire). Julia et Cassie sont amies depuis toujours. Pas encore tout à fait adolescentes, elles passent l’été ensemble, se racontant des histoires, jouant dans les bois. Un jour, elles décident de chercher l’asile abandonné dont elles ont entendu parler. Cet endroit devient leur lieu de jeu préféré pour le reste de l’été. Et puis, l’école recommence et leurs chemins divergent peu à peu. Ce roman avait tout pour me plaire: une histoire de jeunes adolescentes qui se cherchent et grandissent, l’insouciance de l’été, une petite ville américaine. Et pourtant, il ne m’a pas fait impression. Les cinquante premières pages m’ont semblé laborieuses, pas toujours bien écrites; les phrases étaient parfois alambiquées, pas tout à fait compréhensibles, comme si l’auteur (et/ou la traductrice) n’était pas encore dans son élément. Le style s’améliore au cours des pages et la lecture est facile et rapide mais le récit manque de corps. Un joli roman mais qui sera vite oublié.

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Bellefleur

517uuz8etml-_sx307_bo1204203200_Joyce Carol Oates, Bellefleur: la famille Bellefleur vit depuis plusieurs générations dans un château aux abords du Lac Noir. Elle possède une immense propriété, même si la superficie de celle-ci s’est fortement réduite au cours du temps. Leah décide de remédier à cela après avoir mis au monde une petite fille un peu spéciale, Germaine. Leah n’est qu’un des personnages d’une galerie très variée: les Bellefleur sont assez excentriques, de Jean Pierre II, présumé assassin, à Jedediah qui vit comme un ermite dans les montagnes, en passant par la vieille Elvira qui se remarie à 101 ans et Bromwell, un brillant scientifique dès son plus jeune âge. Leurs histoires, racontées dans un certain désordre chronologique, sont parsemées d’éléments fantastiques, par petites touches, et parfois pas tout à fait cohérentes, ce que l’auteur annonce dès le départ.

C’est un roman fleuve, un pavé de presque 1000 pages, qui a fait souffrir Joyce Carol Oates. Elle avoue qu’il l’avait vidée de son énergie et cela se ressent. J’ai eu l’impression qu’elle était atteinte d’une frénésie de l’écriture, qu’elle n’arrivait plus à s’arrêter et qu’elle a dû imaginer une fin un peu abrupte pour mettre un terme au récit. Je ne peux pas dire que j’ai aimé ce livre comme j’aime d’autres romans mais je suis admirative devant le tour de force. Aucun des personnages ne donne vraiment envie d’être aimé, ils ont tous des traits de caractère un peu extrêmes, comme souvent chez JCO. C’est une chronique familiale qui ne ressemble à aucune autre. C’est long et dense mais je ne me suis pas vraiment ennuyée, même sans m’attacher aux personnages, lisant en moyenne une centaine de pages par jour (le beau temps a beaucoup aidé). Ce roman, le premier de la série “gothique” de JCO est considéré comme un chef d’oeuvre par beaucoup et il vaut en effet la peine d’être lu, du moins si on a quelques affinités avec l’auteur.

Abandonned books (V)

51bdv-fnk2l-_sx319_bo1204203200_Nicholas Christopher, Veronica: j’adore cet auteur et pourtant Veronica est tombé de mes mains. Je n’ai pas réussi à m’intéresser à l’histoire de Leo, un jeune homme qui se trouve mêlé à une histoire quelque peu abracadabrante et teintée de magie, histoire qu’il subit plus qu’il ne vit. Apparemment, soit on adore, soit on déteste.

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61f6uw77pzlAlain Corbin, Le miasme et la jonquille: il y a quelques années, j’avais acheté une série de livres d’histoire. Je me suis enfin penchée sur l’un d’eux. Je n’ai pas dépassé la page 20: je me suis trouvée confrontée à un texte au vocabulaire compliqué, voire désuet, et empreint de réflexions philosophiques et intellectuelles qui n’expliquent pas grand chose du sujet abordé. Je voulais un livre intéressant et vivant, qui m’apprenne mille et une chose sur l’histoire de la perception des odeurs et la société de l’époque mais je n’ai rien trouvé de tout cela. L’écriture de l’histoire a bien changé depuis, surtout sous l’impulsion du monde anglo-saxon. Je pense que le nettoyage de ma vieille PAL va aller vite.

61mpe2wuzel-_sx343_bo1204203200_Emily Ruskovitch, Idaho: je n’ai pas réussi à m’intéresser à cette histoire d’un homme dont la femme a tué une de leurs filles, l’autre disparaissant au même moment. J’ai trouvé le récit confus, passant d’un époque à l’autre. Et le second chapitre, raconté par un autre personnage, m’a semblé encore plus obscur. Mais ce n’est qu’un point de vue.

Congaï. Mistress of Indochine

9781934431887-fr-300Harry Hervey, Congaï. Mistress of Indochine: pendant une période qui précède ce blog, j’ai lu énormément de romans “coloniaux”, de romans français écrits dans les années 1920-30, racontant des histoires se passant en Indochine. Je ne sais plus par quel biais j’ai trouvé celui-ci, de l’auteur américain Harry Hervey – sans doute l’un ou l’autre lien partagé par une page que je suis. Je ne m’attendais pas à l’ouvrage que j’ai reçu: il est relativement grand pour un roman et le récit en tant que tel ne prend que la moitié des pages, l’autre moitié étant consacrée à une analyse de l’oeuvre et du contexte. Harry Hervey a beaucoup voyagé dans sa jeunesse, avec son secrétaire (une excuse pour cacher le fait que le jeune homme était son amant) et a écrit quelques romans et des histoires pour magazines populaires. Aujourd’hui, il est sans doute le plus connu pour son scénario de Shanghai Express (Josef von Sternberg, 1932) avec Marlene Dietrich.

Revenons au roman: Thi-Linh est une jeune fille née de père français et de mère annamite. Elle vit à Stung Treng, au bord du Mékong mais elle voit son grand amour épouser une autre femme. Quand arrive le Français Justin Batteur, elle accepte de vivre avec lui, prenant le statut de congaïe, genre de maîtresse ou concubine. Au fil du temps, elle quittera la petite ville pour rejoindre Saïgon et d’autres hommes plus riches et plus connus. Cette histoire est a priori assez cliché et empreinte d’exotisme mais elle est contée avec très grande sensibilité par Hervey qui prend le point de vue de la femme, Thi-Linh. J’ai beaucoup aimé cette plongée dans ces temps révolus, au milieu de la végétation luxuriante et de la chaleur tropicale.

The leavers

30753987Lisa Ko, The leavers: Deming, 11 ans, vit avec sa mère Polly à New York. Elle est une immigrée chinoise sans papiers et un jour, elle ne rentre pas à la maison. Personne ne sait se qui s’est passé, elle a disparaît sans laisser de traces. Deming est alors adopté par un couple américain et il devient Daniel, tentant de s’intégrer au mieux dans la petite ville de province où il réside maintenant. Mais l’abandon lui pèse et il n’arrive pas à s’adapter à sa nouvelle vie. Le roman est découpé en différentes parties, racontant le présent et le passé mais changeant aussi régulièrement de point de vue, passant de Deming à Polly. Cette narration induit un suspense grandissant, dévoilant au fil des pages ce qui s’est réellement passé tout en analysant les pensées les plus intimes de la mère et de son fils. C’est également un portrait poignant de l’immigration clandestine et de ses conséquences. J’ai été happée très vite par ce roman qui touche à plusieurs sujets qui me fascinent, de Chine à la scène musicale underground de New York. Je recommande fortement !

Enfants de la poussière

0527-cover-moccasins-532479cd6ef4dCraig Johnson, Enfants de la poussière: une jeune Asiatique est découverte assassinée au bord d’une route. Le coupable a l’air évident: un grand Indien mutique qui vivait tout près, sous un pont, et qui était en possession du sac à main de la victime. Sauf que pour Walter Longmire, cela ne semble pas aussi évident. Il commence l’enquête, accompagné de son équipe de police et de son ami de toujours, Henry Standing Bear. Elle le mènera vers le passé, vers son passé de militaire au Vietnam. Après une enquête en ville, ce livre-ci marque le retour dans le Comté d’Absaroka, pour mon plus grand plaisir. Les paysages rudes du Wyoming ont l’air superbes et prennent comme toujours part dans l’histoire. Et ils sont ici entremêlés avec ceux du Vietnam. Bref, cet épisode des enquêtes du shérif Longmire avait tout pour me plaire.

Fille de joie

41xpsa3ahhl-_sx195_Kiyoko Murata, Fille de joie: sud du Japon, début du 20e siècle. Ichi, originaire d’une île loin dans la mer, est vendue par ses parents pauvres au tenancier d’une maison close. Elle y commence sa formation sous la tutelle de la principale courtisane et reçoit des leçons de savoir-vivre, d’élégance et de séduction, choses qui sont bien éloignées de sa vie antérieure un peu sauvage. Elle a cependant une chance malgré cette condition violente: la loi oblige les tenanciers à envoyer les filles à l’école. Ichi y apprend à lire et à écrire et y trouve l’occasion de partager sa nostalgie et ses peurs à l’institutrice. Cette plongée dans le monde des filles de joie est passionnante et très finement décrite, avec des détails qui évitent tout tabou. L’auteur écrit un portrait émouvant de la condition de ces femmes qui n’ont pas pu éviter leur sort. Et si ma note n’est que moyenne, c’est parce qu’une fois de plus, j’ai trouvé que l’écriture était trop simple, peut-être à cause du passage par la traduction. Je ne jette ni la pierre à l’auteur ni à la traductrice; je pense juste que la transposition du japonais au français est extrêmement compliquée et qu’il y a un monde de différence entre les deux écritures.

Un livre lu dans le cadre de l’activité “Lire sous la contrainte” – un livre dont le titre est “tout au féminin”