Does burlesque still interest me ?

(crédit photo: Patrice Hornez)

Il y a presque un an, j’écrivais l’article “Burlesque doesn’t interest me anymore“. Vendredi passé, j’ai été à la soirée Burlesque Follies organisée par Neo Retro à La Tentation. Beaucoup de choses ont changé: les salles sont plus grandes, mieux adaptées (la soirée à Gand le jour avant se passait dans un magnifique théâtre) et le public vient en masse ( – souvenir de ces soirées avec 50 personnes – ). Le spectacle en lui-même est mieux organisé, les artistes se sont améliorés et le professionnalisme a pris le dessus de l’amateurisme chaotique des débuts. La salle de La Tentation n’est cependant pas parfaite: les tables et les chaises ont été prises d’assaut par le public et beaucoup de gens se sont retrouvés debout. Et au point de vue technique, il y a eu quelques couacs, notamment au niveau de lumières, avec une poursuite qui oubliait souvent de poursuivre les artistes.

Accompagnée de Benny Blue, Lady Flo a mené la revue, présentant les numéros ou interprétant des chansons, non sans humour parfois (le rappeur de service sert à contrer l’argument que ce sont des soirées de “vieux”). Miss Lolly Wish est toujours aussi magnifique dans son rôle de diva tout droit sortie des années 50, Anna Bogen enchante avec ses ondulations orientales ou joue sur les codes du tango , Miss Ann Thropy est délicieuse et sucrée comme la cerise qui l’accompagne sur scène, George Bangable est le crooner qui hante les rêves de toutes les femmes (surtout quand il s’effeuille lui aussi), Juliana Joseph a joué au chat en faisant des acrobaties sur un long morceau de tissu pendu au plafond… Un bien joli spectacle donc, sans beaucoup de surprises pour moi, mais qui a quand même fait son effet: j’ai à nouveau eu envie de monter sur scène. Surtout, j’ai revu avec plaisir des artistes et amis que j’apprécie beaucoup. Et Patrice Hornez a pris de très jolies photos !

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Art deco, a little bit of burlesque and some songs

Vendredi, j’ai mis une jolie robe tiki, mes chaussures rouges et des fleurs dans les cheveux; diane a choisi sa chemise blanche cowboy vintage et nous sommes partis pour l’Hotel Le Berger, cet ancien hôtel de passe complètement rénové depuis peu. Nous n’avons pas profité des chambres mais bien d’un repas (que j’avais gagné) et d’une soirée Follie Follies avec chansons rétro et burlesque.

Le restaurant, tout comme l’hôtel, a gardé son look art déco, avec de nombreux objets que j’aurais emporté de suite (La Princesse, si tu me lis, tu seras aussi tentée que moi !). Des céramiques d’oiseaux ou autres bestioles, des dessins de femmes dénudées, des luminaires en forme de palmiers en laiton (je veux), une chaise en rotin pas très art déco mais plutôt “Emmanuelle”, et j’en passe.

Une coupe de bulles, une entrée de tartare de bœuf au wasabi, du poisson sauce citron ou un navarin de veau en plat et une assiette de fraises pour terminer, bref, une cuisine qui ne se pose pas trop de questions mais tout à fait goûtue ! Le dimanche, il y a un brunch dont j’ai lu de bons échos. C’est donc une adresse à retenir pour les ballades du côté de la Porte de Namur.

Mais revenons aux paillettes ! Miss Dee était l’hôtesse de la soirée. Revêtue d’une fabuleuse (et sexy) robe grise à volants en tulle noire, elle a interprété de nombreux classiques du jazz et du blues. Sa voix nous a transportés, tantôt émouvante, tantôt pleine de gouaille. Une demoiselle que je reverrai avec plaisir !

Fidèle au cadre, Sayuri nous a fait sa bunny girl dans un premier numéro pour ensuite nous emmener en Orient, en avant-goût de la prochaine soirée Dr. Sketchy’s sur le thème des geishas…

Saturday was dancing night

J’avais émis quelques doutes quant à la soirée Radio Modern de samedi dans mon dernier article mais je les ai vite évacués. Il y avait du monde dès 9h et pas de références à la Saint-Patrick. J’avais mis une jolie robe et des fleurs dans les cheveux, j’ai dansé un peu et je me suis fait filmer et prendre en photo devant et sur un piano. George Bangable a chanté un mambo entraînant et le groupe live était de première qualité. Je n’ai pas suivi le cours de danse swing parce qu’il y avait déjà trop de monde sur la piste et parce que… rien en fait. J’ai passé une bonne soirée mais pas exceptionnelle finalement. Je pense que pour ça, il faudrait que je sache vraiment danser le swing et le rock’n’roll et donc avoir un partenaire attitré. J’ai un peu cassé du sucre sur toutes ces filles qui étaient là en jeans skinny mais beaucoup avaient fait des efforts. Même si pour certaines, ça devait être la seule jupe/robe de leur garde-robe. Les douze coups de minuit ont sonné et je suis rentrée.

Burlesque doesn’t interest me anymore

Il y a deux ans, j’étais pleine d’enthousiasme pour le burlesque et je regrettais qu’il y ait si peu de spectacles en Belgique. Il y a un peu plus d’un an, je lançais un site reprenant l’agenda des événements. Depuis l’automne, je ne le mets plus à jour. Je suis déçue. C’est un peu comme un soufflé qui est retombé: la base n’est pas mauvaise mais il manque le “wow factor”. Glitter, plumes et paillettes ne m’inspirent plus.

Les spectacles que j’ai vu m’ont fait rêver… ou pas. Trop de lieux inadaptés, trop d’horaires non respectés. Les soirées “Rocambolesque” proposaient des artistes internationales de qualité mais des problèmes divers (sonorisation défectueuse, plancher qui se décompose, plafond trop bas…) ont fortement diminué le plaisir. Les spectacles menés par Lady Flo montraient du burlesque classique, sur des thèmes précis, très bien organisés dans de beaux lieux comme La Riva à Anvers. Mais j’en ai vu trop. Jusqu’à cinq fois le même effeuillage en quelques mois, ça lasse. Je comprends bien qu’il n’est pas possible de renouveler les numéros dans un si court laps de temps mais j’ai juste vu trop de burlesque du même style. Si des artistes d’autres genres (du plus rêveur au plus trash/féministe) avaient proposé des spectacles en Belgique, je ne dirais sans doute pas la même chose.

Depuis, je ne suis plus tentée: le Cabaret des Deux Gares est trop excentré et semble être trop dans l’esprit années folles que je n’aime pas (je ne supporte pas le film Cabaret ou Marlène Dietrich en smoking). Et si je ne me déplace pas pour des spectacles bruxellois, j’irai encore moins voir des spectacles en province où des débutantes tentent de remporter les faveurs du public en restant souvent dans des pièces fort convenues, musique y compris. Je l’ai fait une fois, j’ai été voir les Schoon Madammen à Gand et je disais ceci: “De bien jolies choses, pas mal de timidité, des morceaux plus ou moins au point, certains plus originaux que d’autres, du burlesque qui ne l’est pas, comme du pole dancing ou de la voltige.” Je suis aussi désolée de dire qu’un spectacle annoncé par un flyer moche, utilisant des polices de caractères inappropriées ou trop nombreuses et incluant des fautes d’orthographe, ne m’attirera pas. Ceci étant le cas d’ailleurs pour n’importe quel événement.

J’ai suivi quelques workshops qui m’ont beaucoup plu et fait du bien à mon ego, mais j’ai eu ma dose. Je sais maintenant me maquiller et faire les mouvements de base, je sais comment marcher mais toujours pas comment me coiffer. J’ai l’impression que cela devient de plus en plus des divertissements pour enterrement de vie de jeune fille, juste après l’atelier cupcakes.

Ce samedi, je tente une soirée Radio Modern (dont certaines affiches ont été dénaturée par des trèfles de la Saint-Patrick, beurk !), mais si c’est aussi un échec, on ne me verra plus à des événements du genre et je serai convaincue que le Bruxellois moyen (et le Wallon) n’en n’a rien à foutre du rétro, ou alors juste parce que c’est hype. Sauf que le burlesque n’est même pas devenu hype en Belgique. C’est juste devenu une mode comme une autre, qui va disparaître après un certain temps. Les spectacles sont loin de refléter la folie, l’élégance et les paillettes de la grande époque américaine des Ziegfeld Follies. Mais peut-être n’ai-je rien compris, peut-être dois je m’adapter aux goûts de la masse et “liker” ce que des magazines populaires comme le ELLE ont buzzé.

(merci à La Princesse pour quelques bouts de phrases !)

A long sunny Easter weekend

vendredi: soleil, jardin, tondre la pelouse, tailler la haie, se faire des muscles, creuser pour créer des parterres, lire, profiter

samedi: soleil, jardin, lire, profiter, Burlesque Fever à Midi Station, petite Tonkinoise Mademoiselle Jean et chaussures rouges panier à fleurs Shellys, apéro crooner, délicieux repas, un peu trop de vin, paillettes et plumes, Lady Flo et compagnie en grande forme, peu de temps pour des conversations entre amis mais très belle soirée

dimanche: soleil, atelier burlesque avec Dorith des Rebelles et Nina, improvisations, création de personnages, bump & grind, barbecue à la maison avec La Princesse et son chéri, conversations, langues de vipères, rhum et whisky

lundi: soleil, jardin, terminer de creuser le dernier parterre, semer les herbes aromatiques, s’asperger l’un l’autre d’eau, sécher, lire, profiter

I’m a pin up girl !

En tous cas, je l’étais pour une après-midi ! J’ai participé hier à l’atelier coiffure, maquillage et maintien/burlesque avec Miss Lolly Wish. Cela se passait au Magic Mirrors à Bruxelles, un endroit idéal pour ce genre de workshop, les alcôves permettant de s’isoler un peu pour la mise en beauté; le centre, avec les tables, laissant toute la place pour le cours. Il y avait aussi un petit stand avec les jolis chapeaux de Ginger Diamond. Aucun ne m’a dit “achète-moi” mais je sens bien que ce n’est que partie remise.

Trois maquilleurs, George Bangable, Miss Mary Ann et un quelqu’un de chez Make-Up Forever (je n’ai pas noté son nom), ainsi que deux coiffeurs se sont occupés de la vingtaine de filles inscrites, nous mettant toutes dans un look 50’s avec beaucoup de professionnalisme. Pour une fois mon eye-liner était vraiment bien appliqué et j’avais les joues rosies comme une jeune fille de 15 ans. Par contre, j’ai la confirmation que je n’aime vraiment pas le fond de teint ! Le coiffeur a complété le look avec une queue de cheval haute et une frange recourbée au fer à friser. Passage après à la photo officielle avec Patrice Hornez et avec les bons conseils de Lolly pour les poses, pendant que Séverine et un autre photographe faisaient des photos d’ensemble. Une équipe de la RTBF nous a également filmées pendant toute l’après-midi.

La deuxième partie a malheureusement commencé avec beaucoup de retard et a été entrecoupée de pauses à cause de la télévision. Mais c’était intéressant: Lolly nous a enseigné le maintien de la pin-up, toujours bien droite sur sa chaise, les jambes croisées, le poids du corps sur une fesse et le pied pointant vers le bas. Elle nous a montré comment marcher et aussi comment enlever ses gants. Une dernière courte partie était plus burlesque: comment aguicher son public avec un boas et une marche sexy et assurée…

Je ne suis plus restée pour la partie concert crooner, même si j’aurais bien aimé voir Minnie Valentine. Mais nous avons eu l’occasion de discuter pendant l’attente… Un bel atelier donc, mais qui aurait pu être plus rigoureux au point de vue timing et qui pourrait être plus intime. Je posterai les photos dès que je les recevrai !

Sinon, ça vous dit de petits ateliers privés de maximum 10 personnes à la maison, avec Minnie, Ginger ou d’autres ?

EDIT: les problèmes liés à l’organisation n’étaient pas la faute du collectif Mademois’elles, mais plutôt liés au Magic Mirrors.

Gypsy

Toujours autant passionnée par le burlesque, je me disais qu’il serait bien de lire l’autobiographie de Gypsy Rose Lee, mais pour avoir une image moins biaisée de sa vie, une biographie s’imposait également. Merci donc à Amazon de proposer autant de livres sur le sujet ! Je ne raconterai pas ici sa vie, Lily Deslys l’a très bien fait sur son blog, mais je vous offre plutôt mes impressions sur les deux livres.

Gypsy Rose Lee, Gypsy. A memoir: dans son autobiographie publiée en 1957, Gypsy raconte surtout son enfance dans le circuit du vaudeville aux Etats-Unis. Toujours à l’ombre de sa sœur et sous la houlette d’une mère assez dictatoriale, elle décrit avec beaucoup de détails la fin d’une époque, les problèmes financiers liés à la crise de 1929, la vie sur la route. J’ai souvent pensé à la série Carnivale… Bien qu’intéressante, cette partie m’a semblé longue, plus de deux tiers du livre, et j’attendais son premier effeuillage avec impatience. A partir de là, le récit s’accélère et m’a laissée sur ma faim. Essentiel cependant pour une vision de l’intérieur de la vie des artistes itinérants dans les années 1920 et 30.

Rachel Shteir, Gypsy. The art of tease: ayant lu que dans son autobiographie, Gypsy transformait souvent la réalité, j’ai également lu une biographie écrite par une spécialiste du burlesque, Rachel Shteir (auteure de Striptease. The untold history of the girlie show, que j’ai commencé il y a belle lurette mais pas encore terminé). En un peu moins de 200 pages, elle raconte, parfois de manière un peu académique, la vie de l’effeuilleuse, ne consacrant qu’une trentaine de pages à son enfance. Elle donne un portrait bien plus complet, plus ancré dans un contexte général, avec parfois quelques détails croustillants. Bref, un livre court mais bien résumé. Il existe une autre biographie, Stripping Gypsy. The life of Gypsy Rose Lee de Noralee Frankel qui pourrait compléter ma vision sur le personnage mais ce sera pour plus tard ! (Et je vois qu’entretemps, une nouvelle biographie a été publiée en décembre 2010: American Rose: A nation laid bare: The life and times of Gipsy Rose Lee par Karen Abbott).