Northland

Porter Fox, Northland: A 4,000-mile journey along America’s forgotten border: le titre dit tout ! Porter Fox est parti à la découverte de la région qui forme la frontière entre les Etats-Unis et le Canada et en profite pour raconter l’histoire de ces territoires et de leur exploration. Il marche, il prend des bateaux – du canoë au navire de fret, il emprunte le train et la voiture. Il s’intéresse aux populations natives qui ont résisté contre l’envahisseur étranger et aux Indiens d’aujourd’hui qui se battent contre l’installation de pipelines dangereuses pour l’environnement. Il aborde également le problème de frontière comme lieu de passage et surtout de contrôle de plus en plus strict. Un récit de voyage passionnant et instructif.

Incroyable Charlotte

Camille Adler & Flora Pialot, Incroyable Charlotte: Paris, 1797 (j’ai fait la conversion) – Charlotte de Verteuil sort enfin du deuil de son mari mort au combat et décide de profiter à nouveau des plaisirs qu’offre la vie parisienne. L’époque est en effet aux grands bals et fêtes, aux sorties pour oublier la Révolution. Elle est accompagnée par son amie anglaise Emily et les deux jeunes femmes découvrent un monde un peu différent de celui qu’elles avaient connu. Par contre, les relations entre humains n’ont pas changé et Charlotte se retrouve bien vite au cœur d’un triangle amoureux.

Je ne lis quasi jamais de romances; à vrai dire, je ne lis que celles écrites par mes talentueuses amies ! Dans le cas d’Incroyable Charlotte, j’ai découvert une période de l’histoire que je ne connaissais absolument pas, celle du Directoire, et j’ai adoré la description de la vie mondaine de l’époque, les bals, les artistes, un Paris très différent de celui d’aujourd’hui. Les costumes sont décrits minutieusement, de même que ces fêtes, avec toutes les convenances et règles de séduction, entre autres. J’ai été happée par ma lecture, regrettant juste un peu le rythme d’écriture relativement lent sur les deux-tiers du récit, puis son accélération dans un des derniers chapitres. Mais j’ai passé un moment divertissant avec un livre qui sort de mes habitudes.

Riot Grrrls : Chronique d’une révolution punk féministe

Manon Labry, Riot Grrrls : Chronique d’une révolution punk féministe: en voyant cette photo d’Eva, j’ai eu envie de lire ce livre. En 1990, j’avais 18 ans; je commençais à découvrir les musiques rock alternatives grâce à MTV (120 minutes, puis Alternative Nation). Tout d’abord, je n’ai eu accès qu’aux artistes les plus populaires, et puis, en 1993 ou 94, je me suis inscrite à La Médiathèque et j’ai commencé à emprunter des disques de tous ces groupes alternatifs. Je me rends compte en lisant le livre de Manon Labry que j’ai peu écouté les artistes du mouvement Riot Grrrls – qui dans mon esprit était plus large. J’ai entendu des morceaux de Bikini Kill mais jamais de Bratmobile ou Heavens to Betsy qui sont les fondatrices de ce courant. Par contre, j’aimais des groupes plus ou moins proches, comme Hole (j’en conviens, on est dans le plus populaire, là) mais aussi L7.

Revenons au livre: Manon Labry est française mais a étudié la culture américaine. Elle avoue d’entrée de jeu être un peu trop jeune pour avoir connu cette scène en temps réel mais y porte cet intérêt qui l’a poussée à écrire une chronique de l’époque et du mouvement. Son récit est quasi chronologique, contant les histoires des principales protagonistes à Olympia (état de Washington) au début des années 90: Kathleen Hanna et Tobi Vail de Bikini Kill, Allison Wolfe et Molly Neuman de Bratmobile, Corin Tucker de Heavens to Betsy. Elle explique comment ces artistes souhaitaient que le rock soit féminin, joué par des femmes pour des femmes, dans une optique très DIY. Il y a eu plusieurs manifestes et le mouvement s’est très vite étendu dans l’ensemble des Etats-Unis, et même en Angleterre (avec Huggy Bear). Il y a eu de nombreux contacts avec la scène hardcore de Washington DC (Fugazi, entre autres). Et surtout, il a aidé les femmes à créer une culture alternative qui soit moins dans l’ombre des hommes.

Manon Labry emploie un style très personnel, très punk, très proche du langage parlé – ce qui peut déstabiliser le lecteur. Ce qui a été mon cas d’ailleurs, pendant quelques pages, et puis je me suis habituée, le trouvant adapté au sujet. Cette lecture m’a donné envie de me replonger dans toute cette scène, d’écouter et de réécouter les disques marquants de cette époque. Et la partie féministe ne pouvait que me plaire.

Une fille bien

Holly Goddard Jones, Une fille bien: avec ce recueil de nouvelles, Holly Goddard Jones nous emmène dans la petite ville de Roma, au Kentucky. La vie y est en apparence paisible mais les histoires nous racontent autre chose. Violence, meurtre, amour malheureux…, les récits sont des tranches de vie très intimes, très touchantes, racontées avec brio par Holly Goddard Jones. Je ne suis pas une grande lectrice de nouvelles, trouvant le format souvent trop court pour vraiment me plonger dans une histoire, mais j’ai lu les commentaires de nombreuses autres lectrices (qui en parlent bien mieux que moi, et avec bien plus de détails: Electra, Eva et Marie-Claude, entre autres) et j’ai fait une exception pour ce livre. J’ai bien fait, j’ai adoré l’ambiance du Midwest américain et ses petites histoires du quotidien. Je recommande donc à mon tour.

Les explorateurs au Moyen Âge

Jean-Paul Roux, Les explorateurs au Moyen Âge: on parle toujours des grandes découvertes, de Christophe Colomb à Magellan, mais dès le Moyen Âge, des explorateurs sont partis sur les routes. A l’époque de l’empire mongol, au 13e siècle, il est possible de pénétrer au coeur de l’Asie, dans les terres musulmanes et jusqu’en Chine. Les voyageurs ont des buts divers: religieux en quête de conversion, ambassadeurs, marchands désireux d’élargir le commerce, aventuriers… Seuls quelques-uns ont laissé des écrits – notamment Marco Polo – souvent empreints de merveilleux, mais néanmoins, ces récits sont des témoignages à propos du monde tel qu’il était à l’époque. L’historien Jean-Paul Roux raconte tout ceci dans son livre publié à l’origine en 1985, et basé sur un texte plus ancien. Certains éléments sont un peu datés, d’autres sont plus difficiles à comprendre, comme la transcription des noms chinois à l’ancienne. Mais c’est malgré tout un livre intéressant sur la période. Et surtout, il m’a donné envie d’en apprendre plus sur les découvertes.

Bangkok wakes to rain

Pitchaya Sudbanthad, Bangkok wakes to rain: la ville de Bangkok est au cœur de ce roman aux personnages multiples. Il débute par l’installation d’un missionnaire anglais dans la ville au 19e siècle, il continue par cette histoire d’un pianiste de jazz américain qui joue dans une vieille demeure dans les années 1970 pour faire fuir les fantômes, il présente cette jeune fille dont les amis ont été tués lors d’une révolution estudiantine, il la suit encore aujourd’hui. Elle vit sa vie, tente d’oublier le passé… Les personnages ont parfois des liens entre eux, parfois pas, mais la ville les rassemble ou leur lien avec la ville – certains habitent en Angleterre, aux Etats-Unis, au Japon. Il fait humide, il pleut beaucoup, augurant un futur fort sombre. Une certaine nostalgie est omniprésente, un peu collante comme la chaleur de la métropole. Il y a cette mémoire, personnelle ou collective qui imprègne tout le récit… Sa structure peut sembler compliquée, des personnages réapparaissent parfois cent pages plus loin mais j’ai trouvé une certaine logique en refermant le livre. J’y ai aussi trouvé un très grand plaisir de lecture, retrouvant cette ville que j’aime beaucoup, son ambiance particulière, son exotisme urbain. Je conseille vivement, et j’espère qu’il sera traduit en français.

Portrait de lectrice de A à Z

Comme de nombreuses lectrices sur la blogosphère, je réponds à ce tag qui propose un portrait de moi et de mes lectures. Merci à Ingannmic qui m’a décidée à le publier !

A pour « auteur » : l’auteur(e) dont tu as le plus de livres :

Joyce Carol Oates, de toute évidence, aussi parce qu’elle est si prolifique et que j’ai décidé de lire (presque) tout ce qu’elle a écrit. Dans la même catégorie d’auteurs “dont j’ai tout lu”, il y a (par ordre plus ou moins chronologique de lecture) Alison Lurie, David Lodge, Cormac McCarthy, Laura Kasischke.

B pour « best » : la meilleure suite de série :

Je lis très peu de séries, et si c’est la cas, elles sont policières. Je suivais Dave Robicheaux (James Lee Burke) que j’ai abandonné pour Walt Longmire (Craig Johnson). Avec parfois une incursion de Sonchaï Jitpleecheep (John Burdett). En fait, je ne réponds pas vraiment à la question… qui est: pour quelle série le tome 2 (ou les suivants) sont meilleurs que le tome 1. C’est souvent le cas, non ? Surtout dans les romans policiers !

C pour « current » : ta lecture en cours :

ou une capture d’écran de Goodreads à la date du 28/04

Impossible pour moi de ne lire qu’un livre à la fois. J’essaie de me limiter à un seul roman mais parfois un autre vient s’insérer parce que j’ai envie de le lire immédiatement. Quant aux livres d’histoire, j’en lis souvent plusieurs de front, avec de temps en temps aussi un livre sur les cocktails.

D pour « drink » : la boisson qui accompagne tes lectures :

Le plus souvent, rien, sauf en été quand il fait très chaud (une boisson rafraîchissante donc)

E pour « e-book » : e-book ou roman papier :

Les deux, sans distinction. J’ai acheté une liseuse pour partir en vacances et depuis, je ne peux plus m’en passer dès que je pars quelques jours. C’est bien pratique d’avoir une partie de ma bibliothèque avec moi. Dans le passé, je faisais toujours le mauvais choix lors de mes vacances et je me retrouvais avec un livre que je n’avais plus envie de lire après quelques pages. Aujourd’hui, j’ai même tendance à lire plus que la normale en voyage. Pour les livres d’histoire ou les livres plus documentaires, je privilégie toujours le papier.

F pour « fictif » : un personnage fictif avec qui tu serais sortie au lycée :

Difficile question… si je réponds Clay de Less than zero, vous allez vous faire une drôle d’idée de moi ! (plus d’infos plus bas)

G pour « glade » : un roman auquel tu es contente d’avoir laissé une chance :

Dans les derniers romans lus, The glass palace d’Amitav Ghosh. Les premières cent pages ne font pas beaucoup avancer l’histoire, et puis, quel bonheur !

H pour « hidden » : un roman que tu considères comme un joyau caché :

De même, je ne retourne pas énormément dans le passé: The garden of evening mists de Tan Twan Eng.

I pour « important » : un moment important dans ta vie de lectrice :

Revenons à la base: avoir appris à lire avec une religieuse (oui, oui – avec voile et longue robe même !) en fin de carrière, très rigoureuse et qui souhaitait que chaque enfant aime lire. Mes parents m’ont évidemment encouragée dans cette voie, m’achetant plein de livres de la Bibliothèque Rose.

J pour « juste » : le livre que tu viens juste de finir :

Le livre dont ma meilleure amie est co-autrice: Incroyable Charlotte de Camille Adler et Flora Pialot

K pour « kind » : le genre de roman que tu ne liras jamais :

J’avais toujours dit que je ne lirais jamais de romances et puis deux de mes amies en ont écrit, Flora Pialot donc et Eléonore Fernaye.

L pour « long » : le plus long roman que tu aies jamais lu :

Cryptonomicon de Neal Stephenson, coupé en trois volumes.

M pour « major » : le livre qui t’a causé le plus gros « hangover » :

Question difficile – un livre aux trop nombreux personnages ?, un livre trop dense ? Disons The baroque cycle de Neal Stephenson: je l’ai commencé deux fois, abandonnant deux fois quasi au même endroit alors que j’ai envie de connaître la suite mais c’est vraiment trop foisonnant, trop long à lire, surtout en anglais.

N pour « nombre » : le nombre de bibliothèques que tu possèdes :

Une mais elle est composée de 9 éléments mis l’un à côté de l’autre ou se superposant.

O pour « one » : un roman que tu as lu plusieurs fois :

Less than zero de Bret Easton Ellis – d’abord lu en français à la fin des années 80 – je devais avoir 17 ou 18 ans – puis en anglais – ce qui m’a permis d’améliorer mes connaissances dans cette langue – je lisais en effet les deux en parallèle. C’est donc le premier roman que j’ai lu en anglais. J’ai été marquée par les personnages et leur nihilisme qui correspondait assez bien à cette période de ma vie, je n’avais pas beaucoup d’amis, aucun n’avait les mêmes intérêts que moi – c’était avant internet – et je vivais pas mal dans mon petit monde. Je l’ai relu ce roman il y a quelques années et je l’aime toujours, mais d’une manière différente, un peu nostalgique.

P pour « préféré » : ton endroit préféré pour lire :

Idéalement à l’ombre au jardin. Mais en fait, partout: dans mon canapé, dans mon lit, dans le métro, dehors dès que je peux m’asseoir (mais même debout s’il le faut)…

Q pour « quote » : une citation des livres que tu as lu qui t’inspire ou te fait ressentir plein d’émotions :

“Disappear here”

(Je ne note pas vraiment de passages de livres, le seul qui me vient à l’esprit est cette citation de Less than zero – à nouveau.)

R pour « regret » : un regret de lecture :

Tourner la dernière page d’un roman que j’ai vraiment beaucoup aimé.

S pour série : une série que tu as commencée mais jamais finie (et dont tous les tomes sont sortis) :

(je sais que la série n’est pas terminée, mais j’ai abandonné au tome 2) Game of thrones / Le trône de fer donc.

T pour « trois » : trois de tes livres préférés de tous les temps :

Cormac Mc Carthy, Méridien du sang – Nicholas Christopher, Voyage vers les étoiles – Alissa York, Le naturaliste (un choix fort difficile, je vous remets le lien vers un billet de 2013 qui parle aussi de ça)

U pour « unapology » : quelque chose dont tu es fan sans aucun remord :

Les livres d’histoire (en anglais, le plus souvent). Pas que je doive vraiment m’excuser pour ça, mais sinon, je ne vois pas trop.

V pour « very » : un livre dont tu attends la sortie avec une grande impatience :

Le prochain Joyce Carol Oates ? – non, pas vraiment: elle écrit tellement que je sais qu’il y en aura deux ou trois par ans. A vrai dire, je ne suis pas trop les sorties et je ne suis donc pas impatiente. Dans le passé, les nouveaux Laura Kasischke m’ont poussée à aller en librairie très vite.

W pour « worst » : ta pire habitude livresque :

En amasser toujours plus – je suis une acheteuse compulsive de livres, alors que je n’ai pas assez de temps pour les lire.

X pour « x » : commence à compter à gauche en haut de ton étagère la plus proche et prends le 27ème livre :

Brautigan, Mémoires sauvées du vent (dans l’étagère à romans – sinon c’était un livre d’art)

Y pour « your » : ton dernier livre acheté :

Lincoln Paine, The sea and civilization. A maritime history (une sacrée brique pesant bien un kilo)

Z pour « Zzz » : le dernier livre qui t’as tenue éveillée bien trop tard dans la nuit :

A vrai dire, j’ai tendance à m’endormir sur mes tous livres le soir, passionnants ou pas. Prenons donc le dernier que je me suis empressée de terminer même s’il restait un bon nombre de pages: La nuit des béguines d’Aline Kiner