The newlyweds

Nell Freudenberger, The newlyweds: Amina est une jeune femme vivant au Bangladesh, avec ses parents. Elle cherche à émigrer aux Etats-Unis en épousant un Américain. Par l’intermédiaire d’un site de rencontres, elle trouve George avec qui elle se marie. Le roman raconte sa vie aux USA, ses relations avec ses parents restés au pays, ses essais de s’intégrer à la vie locale, les différences de culture. Le sujet est à la base fort intéressant mais j’ai trouvé le temps un peu long. Tout est décrit et l’intrigue n’avance que très peu, intrigue fort simple au final. Je n’ai jamais trop compris quels étaient les problèmes du père d’Amina ni pourquoi son ami Nasir évolue de cette manière. Bref, j’attendais du romanesque et j’ai reçu une tranche de vie très normale.

(J’ai choisi ce livre parce que j’ai décidé de vider ma PAL, en commençant par les plus anciens. L’idée est de lire au moins les vingt premières pages et d’abandonner si je n’accroche pas – plusieurs livres ont déjà disparu de cette manière.)

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Oorlog en terpentijn

Stefan Hertmans, Oorlog en terpentijn (Guerre et térébenthine): comme dans Le coeur converti, Stefan Hertmans part de son histoire personnelle et d’un document qu’il a trouvé. Dans le cadre de ce récit, il s’agit des carnets dans lesquels sont grand-père a écrit ses mémoires. Hertmans nous plonge dans la vie quotidienne des gens au tournant du siècle, à Gand. Son grand-père, Urbain, vient d’une famille très modeste, pauvre même. Il est en admiration devant le travail de son père qui restaure des vieilles fresques religieuses. C’est de là que lui viendra son goût de la peinture. En 1914, il doit combattre en première ligne et passera quatre ans dans les tranchées, survivant à plusieurs blessures. Hertmans décrit cette vie avec minutie, dressant en même temps le portrait d’une société très régulée par la religion, ne laissant aucune place au plaisir.

J’ai beaucoup aimé ce portrait d’une époque, d’autant plus que mon grand-mère a suivi en partie le même parcours (il est originaire de la région de Gand et a passé quatre ans dans les tranchées). C’était donc une manière pour moi de renouer avec une histoire de famille dont je ne connaîtrai jamais les détails (mon grand-père n’a rien écrit, juste raconté un peu). Par contre, j’ai parfois trouvé le temps un peu long dans les parties décrivant l’amour de l’art et de la peinture, ce qui fait baisser mon appréciation du livre.

Hello shadowlands

Patrick Winn, Hello, shadowlands: inside the meth fiefdoms, rebel hideouts and bomb-scarred party towns of Southeast Asia: Patrick Winn vit à Bangkok et est un journaliste d’investigation spécialisé dans l’Asie du Sud-Est. Avec ce livre, il propose un portrait du crime organisé dans la région, il décrit un commerce de méthamphétamines, d’animaux et d’humains qui rapporte des millions de dollars à quelques privilégiés et la corruption qui s’ensuit. Il nous emmène dans les fiefs des barons de la drogue du Myanmar, protégés par l’armée, chez les justiciers chrétiens qui forcent les drogués à se désintoxiquer, chez ces femmes philippines qui trafiquent de la contraception, dans les restaurants nord-coréens hors de Corée, dans le sud de la Thaïlande terrorisée par le jihad mais aussi lieu de plaisir et de prostitution, et enfin au Vietnam, auprès des vendeurs de chiens et des communautés qui veulent se protéger contre les vols de leurs animaux.

Ces récits sont passionnants, certains plus que d’autres, et montrent une facette méconnue de cette partie du monde. Patrick Winn décrit beaucoup, essaie de s’immiscer au mieux dans les situations précises, avoue parfois ne pas y arriver et tente aussi d’expliquer les problèmes, parlant notamment de l’extrême corruption dans ces pays, des salaires bien trop bas des forces de l’ordre et de l’absence de lois. C’est une région qui m’intéresse beaucoup et j’ai beaucoup aimé en apprendre plus avec ce livre.

Abandonned books (VI)

Michel-Cosme Bideau, Chaos khmer: toujours attirée par les histoires liées au Cambodge, j’ai acheté ce roman d’un auteur français sans trop réfléchir (ni le feuilleter à l’avance). Pavé de plus de 600 pages, il raconte l’enquête d’un journaliste sur les adoptions frauduleuses à l’époque du coup d’état de Hun Sen, en 1997. Le sujet me tentait; le style m’a complètement rebutée: chaque phrase ou presque comporte au moins deux comparaisons, censées rendre le texte vivant. Sauf que ça fait très prétentieux et j’ai détesté. J’ai abandonné après 50 pages.

Harry Turtledove, Through darkest Europe: dans ce roman, les situations de l’occident et du monde arabe sont inversées: ce dernier connaît une société moderne, à la pointe de la technologie, tandis que le premier est soumis à des luttes internes et du terrorisme lié à du fanatisme religieux. Un point de départ intéressant, sauf qu’il n’y a pas d’histoire et les répétitions sont trop nombreuses.

Lauren Groff, Les furies: à vrai dire, je n’ai pas dépassé 15 pages, très vite énervée par l’exercice de style et les personnages trop grotesques à mon goût (j’ai toujours détesté ça, et même chez Joyce Carol Oates, je souffre quand elle va trop loin dans ce domaine). Je me suis épargné la lecture d’un pavé.

Par le vent pleuré

Ron Rash, Par le vent pleuré: 1967, dans une petite ville des Appalaches. Les frères adolescents Bill et Eugene passent l’été en faisant de petits travaux dans le cabinet de leur grand-père médecin, un homme tyrannique, et se détendent les weekend en allant pêcher à la rivière toute proche. Un jour, ils voient au loin une jolie jeune fille, Ligeia et font sa connaissance. Elle les initie à un monde bien différent, celui du “summer of love”, fait de drogues et de sexe. L’histoire se déroule aussi aujourd’hui, avec la découverte d’ossements ayant appartenu à la jeune femme et les angoisses d’Eugene qui a sombré dans l’alcoolisme.

Il me fallait un court roman pour terminer mon challenge goodreads (j’ai pris beaucoup de retard à publier mes chroniques) et celui-ci était parfait. J’avais beaucoup aimé Le chant de la Tamassee et ce roman-ci confirme le talent de Ron Rash à raconter des histoires du passé et leur influence sur la vie actuelle des personnages. Par le vent pleuré est un roman très prenant, montrant comment le pouvoir peut générer le mal et comment le passé est inextricablement lié au présent. Je compte bien lire d’autres romans de Ron Rash dans le futur.

The nasty bits

Anthony Bourdain, The Nasty Bits: Collected Varietal Cuts, Usable Trim, Scraps, and Bones: dans ce recueil, Anthony Bourdain rassemble des textes et articles écrits pour différentes revues et y ajoute quelques inédits. Cela parle de cuisine, de la vie des restaurants, de la production et du tournage de ses émissions, de voyages, de souvenirs mais tout cela reste fort éclaté. J’y ai retrouvé le style de Bourdain, passionné et cru, brutal parfois mais il m’est difficile d’écrire un long texte, sans doute aussi parce que ma lecture s’est étalée sur plusieurs mois. Donc, en quelques mots: intéressant mais je ne le conseille pas comme première lecture.

Funérailles célestes

Xinran, Funérailles célestes: Xinran relate l’histoire de Wen, une femme chinoise à l’apparence très tibétaine qu’elle a rencontré en rue, à Suzhou, et qui, en l’espace de deux jours, lui a raconté sa vie. En 1956, Wen épouse Kejun, un jeune étudiant en médecine comme elle, mais très vite, il doit partir avec l’armée communiste dans les régions reculées du Tibet où il disparaît. Wen part à sa recherche, persuadée qu’il est encore vivant. Elle se perd dans le monde froid et aride des hauts plateaux tibétains mais est recueillie par une famille locale avec qui elle vivra pendant trente ans, ne se rendant pas compte des années qui passent et des changements qui secouent la Chine. Elle devient une femme différente…

Ce récit dévoile une page moins connue de l’histoire de la Chine et de son implication au Tibet, et décrit une vie très différente, celles des nomades des hauts-plateaux. Et contrairement à Baguettes chinoises, Xinran n’utilise pas la forme romanesque, racontant juste ce dont Wen lui a parlé lors d’une longue interview. Et j’ai trouvé cela bien plus intéressant à lire.