The true adventures of Nicolò Zen

Nicholas Christopher, The true adventures of Nicolò Zen: Venise, 18e siècle – Nicolò, jeune adolescent, vient de perdre toute sa famille. Sa seule possession est une clarinette enchantée qui lui permet de jouer avec virtuosité n’importe quelle musique. Il se travestit et est accepté dans l’orchestre de l’orphelinat pour jeunes filles, mené par Vivaldi. Il se rend très vite compte qu’il sera difficile de cacher qui il est, surtout quand il est mêlé à une sombre affaire de disparition. Ce n’est que le début de son histoire qui se déroulera pendant les années qui suivent… Nicholas Christopher est un auteur que j’aime beaucoup, j’avais adoré Un voyage vers les étoiles, ainsi que The bestiary, mais d’autres romans m’ont paru plus longs (j’en ai même abandonné un). Ici, il s’agit d’un roman « young adult » et j’ai trouvé l’histoire un peu trop facile et gentillette, entrecoupée de magie – un sujet qui ne m’intéresse guère. C’est bien écrit, ça se lit vite mais je n’ai pas été passionnée.

Keeper’n me

Richard Wagamese, Keeper’n me: premier roman, en partie autobiographique, de Richard Wagamese, Keeper’n me raconte l’histoire de Garnet Raven. A l’âge de trois ans, celui-ci est enlevé de sa famille Ojibwé pour être placé dans une famille d’accueil. Il grandit loin de la réserve et des traditions ancestrales, et une fois adulte, se fait arrêter pour du trafic de drogue. En prison, il est contacté par un membre de sa famille qui l’a retrouvé. Il retourne alors dans son village d’origine où il apprendra à connaître sa culture indienne.

Après avoir lu le dernier roman de Wagamese, Starlight, j’ai décidé de lire tous les livres de cet auteur, en commençant par le premier, Keeper’n me. Il est écrit en grande partie dans un anglais parlé, parfois un peu difficile à comprendre et qui demande une certaine attention à la lecture, et c’est sans doute cela qui m’a un peu rebutée. Par contre, j’y ai retrouvé les descriptions très précises et lyriques de la nature, le lien entre celle-ci et les hommes, la beauté des paysages canadiens… Il y a aussi des touches de burlesque, notamment dans le retour de Garnet dans son village, ou dans d’autres épisodes de la vie locale. J’ai aimé lire ce roman mais je ne le conseillerais pas comme premier à lire pour cet auteur.

Des histoires de carnaval

Pour préparer une émission radio, je me suis plongée dans le carnaval et j’ai lu ce que j’ai pu trouver sur le sujet. La bibliographie est plutôt pauvre, à moins de lire des ouvrages sur des villes précises comme Nice, Rio, La Nouvelle-Orléans… Voici donc en quelques mots le résultat des mes lectures:

Daniel Fabre, Carnaval ou la fête à l’envers: la collection « Découvertes » éditée chez Gallimard est souvent une bonne introduction à un sujet. Ici, je n’ai pas trouvé ce que je cherchais. Daniel Fabre s’intéresse surtout aux origines du carnaval et à son histoire durant le Moyen-Age. Il n’aborde pas les carnavals actuels ni ceux du monde. De plus, j’ai trouvé l’écriture fort académique et peu attirante. D’où une cote de 2/5.

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Leah Gordon, Kanaval: vodou, politics and revolution on the streets of Haiti: Leah Gordon est une photographe qui a documenté le carnaval de Jacmel à Haïti. Ses photos sont superbes, dans un noir et blanc très contrasté. Divers auteurs ont contribué aux textes, expliquant les diverses facettes de ce carnaval très syncrétique, mélangeant les traditions des colons blancs à celles des anciens esclaves noirs. J’ai beaucoup aimé la description des divers personnages, à chaque fois accompagnés d’une photo. 5/5

Jacques Heers, Fêtes de fous et carnavals: historien spécialiste du Moyen-Age, Jacques Heers décrit dans ce livre les fêtes des fous, liées aux églises, et les carnavals, plus tardifs, organisés par les institutions municipales. Il explique comment la société médiévale avait besoin, comme celles avant et après elle, de moments de relâchement et de fête. Le livre est très intéressant, sans jargon historique, et lève le voile sur un aspect particulier de la vie au Moyen-Age. 3/5

Angel of light

Joyce Carol Oates, Angel of light: ce roman raconte l’histoire de la famille Halleck. Maurice Halleck, le père, s’est suicidé après avoir été impliqué dans une affaire d’état. Isabel, sa femme, a toujours été très proche du meilleur ami de Maurice, Nick Martens. Les deux enfants – presque adultes, Owen et Kirsten, n’arrivent pas à croire que leur père s’est suicidé et veulent se venger. Joyce Carol Oates décrit une famille dysfonctionnelle, elle souligne les traits extrêmes des enfants, à tel point qu’ils en deviennent détestables, et elle utilise des flashbacks pour raconter le passé de Maurice, Isabel et Nick.

J’ai mis beaucoup de temps à continuer mon challenge JCO, un an et demi, parce que j’appréhendais la lecture de ce roman. Il n’a jamais été réédité et sa cote est très moyenne sur goodreads. Le résumé mettait l’accent sur une affaire politique, dans les rouages du gouvernement à Washington mais au final, il s’agit surtout d’une saga familiale. Ma lecture a été difficile par moments – Joyce Carol Oates est toujours la spécialiste du flot de conscience – mais j’ai eu aussi des moments plus positifs: les flashbacks sont passionnants parce qu’ils font avancer l’histoire. Par contre, le récit des deux enfants est pénible, parce que comme je le disais plus haut, ils sont vraiment détestables. Ce qui était sans doute voulu mais qui n’est pas toujours agréable à lire. Bref, un avis mitigé mais pas la catastrophe à laquelle je m’attendais.

Les deux livres suivants sur la liste font partie des « romans gothiques », j’imagine que cela relancera mon challenge. Et je pense que je commence tout doucement à dépasser la période des romans pénibles, où le flot de conscience était plus important que l’histoire.

Maneki-neko et autres histoires d’objets japonais

Joranne, Maneki-neko et autres histoires d’objets japonais: Joranne est passionnée par le Japon depuis longtemps – par contre, j’ai mis beaucoup de temps à la suivre, notamment sur Instagram. J’ai très vite été happée par ce qu’elle y montrait, ses aventures dans des temples ou des villages mais aussi la conception de son livre. C’était donc évident que j’allais l’acheter. J’ai appris plein de choses sur divers objets liés aux temples ou de la vie quotidienne et cela m’a donné envie de m’y intéresser de plus près lors d’un prochain voyage. J’ai aimé l’approche souvent très drôle des descriptions et les jolis dessins qui alternent avec des photos. Un livre à lire avant de partir là-bas !

Les patriotes

Sana Krasikov, Les patriotes: Années 1930 – Florence Fein, jeune femme juive américaine de 24 ans, ne se sent pas heureuse à Brooklyn. Elle part en Russie, rêvant d’une vie meilleure, plus égalitaire, mais elle veut également retrouver le beau Russe qu’elle avait rencontré aux Etats-Unis. Elle déchantera très vite. Parallèlement, le roman suit Julian, son fils, qui est envoyé en mission commerciale dans la Russie de Poutine. Les deux histoires s’entrelacent, mais sans emmêler le lecteur: chaque chapitre est marqué d’un cachet de passeport indiquant le lieu et la date.

Je me suis lancée dans ce roman souhaitant en apprendre plus sur l’histoire de l’URSS, et c’est ce que j’y ai trouvé: Florence vit le communisme des années 30, puis la guerre et le goulag, la persécution des Juifs, l’abandon des Américains en plein terreur stalinienne… et Julian donne une image de la Russie actuelle, corrompue, basée sur les richesses des uns et la pauvreté des autres. Tout ceci était intéressant mais Sana Krasikov tire son roman en longueur et aurait pu écourter ce livre de nombreuses pages, les déboires de Julian n’étant pas extrêmement passionnants et la vie quotidienne de Florence fort répétitive.

The confessions of Frannie Langton

Sara Collins, The confessions of Frannie Langton: dans les années 1820, Frannie Langton, ancienne esclave et servante, est accusée du double meurtre de ses employeurs mais elle ne se souvient de rien. Elle écrit son histoire en prison, racontant sa vie en Jamaïque comme esclave mais aussi assistante d’un scientifique féru de phrénologie, prêt à toutes les expériences pour prouver que les Africains sont des êtres inférieurs. Elle l’accompagne ensuite à Londres, où il l’abandonne chez des connaissances, George et Marguerite Benham. Elle y devient la servante attitrée de Marguerite, une femme qui soigne ses états d’âme avec des quantités de plus en plus grandes de laudanum. Et puis, un jour, elle se réveille couverte de sang.

Sara Collins écrit un récit foisonnant, décrivant la Jamaïque des colons et des esclaves, la vie de la bonne société londonienne, l’attrait de sciences nouvelles, la place des Noirs en Grande-Bretagne, et j’en passe. Je pensais que je serais passionnée par tout cela mais j’ai trouvé le temps un peu long. On sait dès le départ que Frannie est accusée de meurtre mais le récit de son histoire en Jamaïque prend un bon tiers du livre et n’apporte pas énormément d’éléments qui pourraient l’inculper ou la disculper. Heureusement, l’écriture s’accélère un peu dans les 50 dernières pages. Malgré ces longueurs, ce roman fait un portrait très détaillé d’une jeune femme africaine dont l’intelligence est niée par une société persuadée de sa supériorité.