A sentimental education

Joyce Carol Oates, A sentimental education: dans ce recueil de nouvelles publié en 1980, Joyce Carol Oates raconte six histoires d’amour, mais un amour souvent cruel, violent et destructeur. Elle met en scène des adultes un peu perdus, aux sentiments souvent extrêmes, mais elle raconte aussi, dans la novella qui donne le titre au recueil, l’histoire d’une attirance un peu malsaine d’un jeune homme de 18 ans envers une fille tout juste sortie de l’enfance. J’avoue que je me suis un peu ennuyée, trouvant peu de points d’accroche avec les histoires, mais l’écriture est toujours intéressante, quoique souvent complexe.

Short diary of the week (288)

Lundi: une fatigue comme si je n’avais pas dormi alors que j’ai bien dormi, fâchée (je vais encore devoir attendre au moins 15 jours pour en savoir plus sur mon futur au boulot), enfin réussir à exprimer tout ça – ce qui aide un peu, et avec tout ça il faut continuer à travailler, une séance de yoga pour gérer la colère (mais c’était un peu trop lent pour moi – par contre elle doit être idéale quand on est au cœur d’une crise), cuisiner un gratin aux artichauts, les derniers épisodes de Crazy ex-girlfriend, triste que la série soit terminée

Mardi: réveillée fort tôt – avant le réveil, mouillée par la pluie, le boulot, des disques, d’autres disques, me pencher sur la Bretagne et ses différentes régions, mouillée par la pluie, ne pas savoir quoi cuisiner, trouver une idée sur Foodgawker, je commence à mieux maîtriser mon Panda rice cooker, The good Fight, Fleabag

Mercredi: de la correction, des projets pour le futur au boulot – ça fait du bien même si je ne sais pas si je pourrai les réaliser, des cocktails Chez ta Mère, un repas grec entre amies

Jeudi: une nuit un peu agitée, terminer la Pologne, une longue heure de table au resto avec un ami et ancien collègue, voilà le projet pour la cuisine !, déjà changer une série de choses, reprendre rendez-vous la semaine prochaine pour pouvoir y réfléchir à l’aise, Fleabag, de la lecture

Vendredi: dieu qu’il fait froid, une réunion impromptue sur le futur de mon boulot, discuter de ma cuisine avec des amis, Fleabag – les trois derniers épisodes de la première saison, Gardener’s World

Samedi: du rangement, dieu qu’il fait froid !, aller chez mon papa, les courses, une seconde virée de courses dans ce grand supermarché où je ne vais qu’une fois par an – le seul endroit où je peux trouver un escabeau en plastique ou un molleton pour planche à repasser, de la couture, de la lecture, The horse soldiers (John Ford, 1959), rentrer in extremis quelques plantes par crainte du gel

Dimanche: il fait tout gris et il n’a pas l’air d’avoir gelé très fort, dieu qu’il fait froid !, du yoga, de la couture, de la lecture, cuisiner un curry indien, un grand moment de nostalgie: revoir les deux premiers épisodes de Buffy (et avoir envie de continuer)

Paris to Calcutta: men and music on the desert road

Deben Bhattacharya, Paris to Calcutta: men and music on the desert road: à vrai dire, il s’agit ici d’un coffret de quatre disques édité par le label Sublime Frequencies, accompagné d’un livre contenant textes et photos de Deben Bhattacharya. Celui-ci a tout au long de sa vie enregistré des musiques traditionnelles en Europe et en Asie, et il raconte ici son voyage de 1954, partant d’Angleterre pour rejoindre son pays, l’Inde, par la route. Il parle de l’hospitalité des gens rencontrés dans les différentes régions traversées et de ses enregistrements de chansons et musiques auprès de différents peuples. Un document très intéressant pour qui s’intéresse aux voyages et à la musique.

La route des Indes des années 60-70

La route des Indes des années 60-70: ce recueil collectif rassemble des témoignages de voyageurs partis vers les Indes dans les années 60 et 70, la hippie trail donc. Le sujet me passionne depuis longtemps et c’était intéressant de lire ces histoires de jeunes Français et Suisses, certaines écrites à l’époque, d’autres rédigées par après. Chaque personne a un ton différent, parfois très descriptif, parfois complètement sous influence de la drogue ou d’une spiritualité poussée à son extrême. Un livre qui donne une certaine image d’une époque.

Hiver à Sokcho

Elisa Shua Dusapin, Hiver à Sokcho: un jeune Français, dessinateur de BD, arrive au cœur de l’hiver à Sokcho, petite ville portuaire au nord de la Corée. L’histoire est racontée par une jeune femme qui travaille à la pension locale. Elle y prépare les repas et fait le ménage des chambres. Troublée par le jeune homme, elle l’observe, puis l’accompagne lors de diverses excursions. Le court roman décrit ce lien fragile qui se tisse entre l’homme et la femme. Les mots suggèrent au lieu de raconter, l’histoire est très ténue; il y a une certaine légèreté malgré le froid hivernal et la tristesse qui se dégage de la petite ville. J’ai beaucoup aimé.

After her

Joyce Maynard, After her: pendant l’été 1979, dans une banlieue résidentielle de San Francisco, les sœurs Rachel et Patty passent leur temps en écoutant des disques, en inventant des histoires, en regardant la télévision au travers des fenêtres des voisins… Leurs parents, séparés, les laissent très libres. Leur mère est retirée sur elle-même, leur père est submergé de travail depuis que des meurtres de jeunes femmes ont eu lieu dans le quartier. Rachel souhaite à tout prix aider son père qu’elle adore dans la recherche du coupable mais tout ne se passe pas comme prévu. Joyce Maynard écrit un roman sur l’adolescence, ses insécurités, ses comportements un peu bizarres, sur un fond d’enquête policière et de chronique familiale. La présence d’un meurtrier ajoute une angoisse latente et un certain suspense. Elle décrit très finement la personnalité de Rachel et de sa sœur, ainsi que celle du père, absorbé par son travail mais aussi grand charmeur. Et c’est ce qui m’a beaucoup plu. Par contre, j’ai trouvé qu’il y avait une dernière partie en trop, celle du temps présent, où Rachel est toujours troublée par les événements du passé. J’ai eu l’impression que Joyce Maynard voulait à tout prix écrire une conclusion et que c’était un peu forcé. C’est dommage mais cela ne m’empêchera pas de lire d’autres romans de cet auteur.

Sorcières

Mona Chollet, Sorcières . La puissance invaincue des femmes: ou comment un livre qui a priori ne répondait pas à mes attentes m’a complètement convaincue et ouvert les yeux sur un sujet que je connaissais finalement peu. Je m’explique: j’ai acheté ce livre pensant apprendre beaucoup de choses sur l’histoire des sorcières (même si je savais déjà qu’il y avait une autre dimension), je l’ai refermé en connaissant mieux les problèmes qui poursuivent les femmes depuis des générations (je les ressentais mais sans arriver à les nommer). Mona Chollet prend comme point de départ les sorcières, souvent des femmes qui connaissaient de nombreux remèdes à une époque où la médecine n’existait quasiment pas, des femmes qui faisaient peur parce que les guérisons semblaient inexplicables, parce qu’elles étaient souvent indépendantes, veuves, vivant seules. Dès la Renaissance, les mentalités ont changé et leur liberté a été considérée comme de plus en plus suspecte. Elles ont été poursuivies et chassées.

Chollet explique ensuite comment la femme d’aujourd’hui est toujours critiquée, diminuée, prenant l’exemple des femmes célibataires, des femmes qui ne désirent pas d’enfant, des femmes qui vieillissent, des soins médicaux inégaux portés aux femmes. Je ne rentrerai pas dans les détails mais cette partie est particulièrement passionnante, cherchant à casser tous les préjugés et clichés. Je suis sortie de ma lecture grandie, plus confiante, plus sûre de moi, et sans doute plus décidée aussi à défendre mes droits en toutes situations. Je ne suis pas militante – je ne le serai sans doute jamais – mais je corrigerai les petites remarques qui peuvent sembler anodines de manière très simple et assurée mais sans tomber dans des discussions stériles. J’essayerai d’ouvrir les horizons d’autres personnes, tout comme Mona Chollet a ouvert le mien. A lire absolument !

(J’aurais aimé trouvé un livre sur l’histoire des sorcières mais parmi ceux renseignés dans la bibliographie, celui de Guy Bechtel, La sorcière et l’Occident, est épuisé et celui de Colette Arnould, Histoire de la sorcellerie, m’est tombé des mains parce que trop basé sur les textes et sans trop d’analyse.)