Angel of light

Joyce Carol Oates, Angel of light: ce roman raconte l’histoire de la famille Halleck. Maurice Halleck, le père, s’est suicidé après avoir été impliqué dans une affaire d’état. Isabel, sa femme, a toujours été très proche du meilleur ami de Maurice, Nick Martens. Les deux enfants – presque adultes, Owen et Kirsten, n’arrivent pas à croire que leur père s’est suicidé et veulent se venger. Joyce Carol Oates décrit une famille dysfonctionnelle, elle souligne les traits extrêmes des enfants, à tel point qu’ils en deviennent détestables, et elle utilise des flashbacks pour raconter le passé de Maurice, Isabel et Nick.

J’ai mis beaucoup de temps à continuer mon challenge JCO, un an et demi, parce que j’appréhendais la lecture de ce roman. Il n’a jamais été réédité et sa cote est très moyenne sur goodreads. Le résumé mettait l’accent sur une affaire politique, dans les rouages du gouvernement à Washington mais au final, il s’agit surtout d’une saga familiale. Ma lecture a été difficile par moments – Joyce Carol Oates est toujours la spécialiste du flot de conscience – mais j’ai eu aussi des moments plus positifs: les flashbacks sont passionnants parce qu’ils font avancer l’histoire. Par contre, le récit des deux enfants est pénible, parce que comme je le disais plus haut, ils sont vraiment détestables. Ce qui était sans doute voulu mais qui n’est pas toujours agréable à lire. Bref, un avis mitigé mais pas la catastrophe à laquelle je m’attendais.

Les deux livres suivants sur la liste font partie des “romans gothiques”, j’imagine que cela relancera mon challenge. Et je pense que je commence tout doucement à dépasser la période des romans pénibles, où le flot de conscience était plus important que l’histoire.

Maneki-neko et autres histoires d'objets japonais

Joranne, Maneki-neko et autres histoires d’objets japonais: Joranne est passionnée par le Japon depuis longtemps – par contre, j’ai mis beaucoup de temps à la suivre, notamment sur Instagram. J’ai très vite été happée par ce qu’elle y montrait, ses aventures dans des temples ou des villages mais aussi la conception de son livre. C’était donc évident que j’allais l’acheter. J’ai appris plein de choses sur divers objets liés aux temples ou de la vie quotidienne et cela m’a donné envie de m’y intéresser de plus près lors d’un prochain voyage. J’ai aimé l’approche souvent très drôle des descriptions et les jolis dessins qui alternent avec des photos. Un livre à lire avant de partir là-bas !

Les patriotes

Sana Krasikov, Les patriotes: Années 1930 – Florence Fein, jeune femme juive américaine de 24 ans, ne se sent pas heureuse à Brooklyn. Elle part en Russie, rêvant d’une vie meilleure, plus égalitaire, mais elle veut également retrouver le beau Russe qu’elle avait rencontré aux Etats-Unis. Elle déchantera très vite. Parallèlement, le roman suit Julian, son fils, qui est envoyé en mission commerciale dans la Russie de Poutine. Les deux histoires s’entrelacent, mais sans emmêler le lecteur: chaque chapitre est marqué d’un cachet de passeport indiquant le lieu et la date.

Je me suis lancée dans ce roman souhaitant en apprendre plus sur l’histoire de l’URSS, et c’est ce que j’y ai trouvé: Florence vit le communisme des années 30, puis la guerre et le goulag, la persécution des Juifs, l’abandon des Américains en plein terreur stalinienne… et Julian donne une image de la Russie actuelle, corrompue, basée sur les richesses des uns et la pauvreté des autres. Tout ceci était intéressant mais Sana Krasikov tire son roman en longueur et aurait pu écourter ce livre de nombreuses pages, les déboires de Julian n’étant pas extrêmement passionnants et la vie quotidienne de Florence fort répétitive.

The confessions of Frannie Langton

Sara Collins, The confessions of Frannie Langton: dans les années 1820, Frannie Langton, ancienne esclave et servante, est accusée du double meurtre de ses employeurs mais elle ne se souvient de rien. Elle écrit son histoire en prison, racontant sa vie en Jamaïque comme esclave mais aussi assistante d’un scientifique féru de phrénologie, prêt à toutes les expériences pour prouver que les Africains sont des êtres inférieurs. Elle l’accompagne ensuite à Londres, où il l’abandonne chez des connaissances, George et Marguerite Benham. Elle y devient la servante attitrée de Marguerite, une femme qui soigne ses états d’âme avec des quantités de plus en plus grandes de laudanum. Et puis, un jour, elle se réveille couverte de sang.

Sara Collins écrit un récit foisonnant, décrivant la Jamaïque des colons et des esclaves, la vie de la bonne société londonienne, l’attrait de sciences nouvelles, la place des Noirs en Grande-Bretagne, et j’en passe. Je pensais que je serais passionnée par tout cela mais j’ai trouvé le temps un peu long. On sait dès le départ que Frannie est accusée de meurtre mais le récit de son histoire en Jamaïque prend un bon tiers du livre et n’apporte pas énormément d’éléments qui pourraient l’inculper ou la disculper. Heureusement, l’écriture s’accélère un peu dans les 50 dernières pages. Malgré ces longueurs, ce roman fait un portrait très détaillé d’une jeune femme africaine dont l’intelligence est niée par une société persuadée de sa supériorité.

En sortir 20 en 2020

Tout comme Electra, voici une liste de 20 livres que j’aimerais sortir de ma PAL en 2020. Vingt, ça me semble faisable (même s’il y a quelques pavés), ça me ferait environ un roman sur deux (je lis aussi beaucoup de non-fiction, mais je ne compte pas ces livres-là). Est-ce que je vais m’y tenir ? Je ne sais pas, je ne veux pas me forcer, et je risque d’abandonner certains. Ce sera donc un guide qui m’aidera tout au long de l’année à choisir mes lectures quand je suis indécise. Et cela me permettra de reprendre mon challenge Joyce Carol Oates que j’avais abandonné en 2019 sans vraiment m’en rendre compte.

Si vous voulez lire un de ces livres en même temps que moi, en lecture commune, n’hésitez pas à laisser un commentaire.

Rendez-vous en fin d’année pour voir le résultat !

  1. Nicolas Bouvier, L’Inde (un de ses écrits rassemblé dans le gros pavé édité chez Quarto/Gallimard)
  2. Nicholas Christopher, The true adventures of Nicolò Zen – lu en février
  3. Chahdort Djavann, Les putes voilées n’iront jamais au paradis (ça date de “Lire le monde”)
  4. James Ellroy, Perfidia (est-ce que j’aime toujours James Ellroy ?)
  5. Eleanor Henderson, Cotton country
  6. Craig Johnson, Molosses
  7. Alex Kerr, Lost Japan. Last glimpse of beautiful Japan
  8. Larry McMurtry, Le saloon des derniers mots doux
  9. Liane Moriarty, Big little lies (j’ai vu la série et je ne suis pas sûre que j’ai envie de lire le roman, mais je pourrais au moins le commencer)
  10. Otessa Moshfegh, My year of rest and relaxation
  11. Thant Myint-U, Where China meets India
  12. Joyce Carol Oates, La légende de Bloodsmoor
  13. Joyce Carol Otes, Les mystères de Winterthurn
  14. Ron Rash, Un silence brutal
  15. Anuradha Roy, Sous les lunes de Jupiter
  16. Neil Stephenson & Nicole Galland, The rise and fall of D.O.D.O. (j’ai adoré certains romans de Neil Stephenson)
  17. Katherena Vermette, The break
  18. Ocean Vuong, On the earth we’re briefly gorgeous
  19. Connie Willis, Lincoln’s dream
  20. Ben Winters, Underground airlines

Travelling

Christian Garcin & Tanguy Viel, Travelling: “et si nous faisions le tour du monde sans prendre l’avion ?” – voilà ce qu’ont décidé un jour Christian Garcin et Tanguy Viel. Ils partent donc de la France vers New York en cargo, racontant à tour de rôle le voyage et donnant leurs impressions sur son déroulement, sur la lenteur du navire, sur la météo, sur leur environnement. Une fois arrivés aux Etats-Unis, ils changent de moyen de transport, louant une voiture, et puis il prennent à nouveau un cargo vers Yokohama. Ils passent quelques semaines à découvrir le Japon – c’est la partie que j’ai préférée, j’étais moi-même dans ce pays au moment de ma lecture – puis continuent leur voyage, en bateau d’abord, puis en Transsibérien, pour terminer en bus jusque Paris. Le récit traduit bien les sentiments des voyageurs, leurs voix se complètent et mettent l’accent sur les choses qui les ont touchées. J’ai trouvé le livre un peu inégal, certaines parties sont très lentes, d’autres sont trop résumées, et j’ai complètement perdu l’intérêt à la fin, quand les deux voyageurs adaptent leur voyage pour profiter de la coupe du monde de football – celle où la France a gagné, détruisant tout le côté poétique et un peu rêveur de leur récit.

Daisy Jones & The Six

Taylor Jenkins Reid, Daisy Jones & The Six: j’ai été quelque peu désarçonnée en commençant ce roman – parce que oui, il s’agit bien de fiction même si le style laisse penser le contraire. Taylor Jenkins Reid a choisi d’écrire sous forme d’interviews et d’histoire orale, laissant la parole à chacun des protagonistes qui racontent leur vie à une journaliste. Début des années 1970, Daisy Jones est une jeune femme très talentueuse mais un peu paumée, elle est populaire auprès des hommes mais n’arrive pas à faire reconnaître son talent musical et vit d’alcool et de médicaments. Parallèlement, le récit suit la formation du groupe The Six, mené par Billy Dunne, chanteur assez charismatique. Les musiciens percent, et deviennent populaires, mais leur producteur trouve qu’il manque quelque chose et leur propose de rencontrer Daisy Jones. Le récit suit leur rencontre et la création d’un album mais surtout les rapports de force qui se créent entre Billy et Daisy, commentés par les autres membres du groupe et de l’entourage.

Ce roman est une plongée dans la vie d’un groupe rock populaire des années 70, créant un portrait plein de tensions et de désirs, surtout des personnages principaux mais décrivant aussi les autres par petites touches. J’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire, et je trouve qu’il y a quelques petites longueurs (chaque morceau du nouvel album est décrit) mais j’ai avalé les dernières cent pages d’une traite, m’étant attachée au personnages et étant passionnée par la description du monde musical de l’époque, très certainement inspiré par l’histoire de nombreux groupes bien réels.