Stranger in the Shogun’s City

Amy Stanley, Stranger in the Shogun’s City: A Japanese Woman and Her World: Japon – première moitié du 19e siècle. Fille d’un prêtre bouddhiste d’un petit village à l’ouest du Japon, Tsuneno était vouée à une vie tranquille d’épouse, proche de sa famille. Mais après trois mariages arrangés et trois divorces, elle n’en peut plus et décide d’aller à la capitale, Edo (la future Tokyo), à un mois de marche de là. Elle y entame une nouvelle vie, pour la plus grande partie dans la pauvreté et au service de divers nobles de la capitale.

Cette histoire pourrait être celle d’un roman, mais ce n’est pas le cas. Amy Stanley, spécialiste de l’histoire sociale du Japon, a retrouvé des archives, les lettres que Tsuneno a envoyé à sa famille, mais aussi celles de son frère, de sa mère et d’autres personnes. Elle nous raconte donc une histoire vraie, et fait le portrait de toute une société à une époque donnée. Elle explique la vie d’une femme, ses joies et ses peines, mais aussi son rôle parfois limité à celui d’un objet ou presque, qu’on peut renvoyer à sa famille si le mariage ne convient pas (si par exemple, elle n’arrive pas à avoir des enfants ou a un caractère trop marqué) – le divorce était courant et très facile à obtenir. Dans la seconde partie, Stanley décrit aussi une ville, Edo, à une époque où les shoguns ont encore tout le pouvoir, juste avant que le pays ne soit forcé à s’ouvrir au monde. Elle parle des grandes demeures et du petit peuple qui vit et survit sur place, elle détaille le fonctionnement du théâtre kabuki et des quartiers de plaisir, elle nous emmène dans les temples. C’est le portrait d’une ville qui n’existe plus, ravagée par les nombreux incendies de l’époque puis rasée par le grand tremblement de terre de 1923 et par les bombes de la Seconde Guerre mondiale.

Si l’histoire de Tsuneno est au final assez ténue, ce livre est surtout intéressant pour la description de la vie quotidienne au Japon, à Edo, pendant la première moitié du 19e siècle, avant que de grands changements ne surviennent. Je me suis parfois un peu perdue dans les nombreuses descriptions, et les nombreuses suppositions d’Amy Stanley quant à la vie de Tsuneno montrent que les documents de base, les lettres, n’apportaient que des bribes d’histoire. Mais ce livre reste malgré tout un portrait passionnant d’une époque, vue de l’intérieur, par une femme. Je dirais que mon erreur a été d’entamer ce livre comme un roman plutôt que comme un livre d’histoire et j’ai parfois été un peu frustrée par mon rythme de lecture assez lent.

Encore un livre donc pour le challenge « Sous les pavés, les pages » organisé par Athalie et Ingannmic, à propos de Tokyo cette fois-ci.

Amy Stanley, Stranger in the Shogun’s City: A Japanese Woman and Her World, Scribner, 2020, 352p. (non traduit).

Curtain of Rain

Tew Bunnag, Curtain of Rain: Claire, éditrice britannique, sent qu’elle commence à perdre la mémoire et désire retourner une dernière fois à Bangkok pour y rencontrer Tarrin Wandee, un écrivain qu’elle édite mais qui a ses propres soucis. Se mêlent à ce fil principal de nombreuses autres histoires qui au début du roman semblent n’avoir ni queue ni tête, comme si c’étaient des nouvelles écrites par Tew Bennag ou par Tarrin Wandee. Elles racontent le futur, mais surtout le passé, et il faudra attendre les dernières pages du roman pour comprendre les liens. C’est assez déroutant au début, et j’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire même si les « nouvelles » sont intéressantes en elles-mêmes. Elles font le portrait d’une ville, Bangkok, et d’un pays, racontant comment l’armée américaine stationnée là lors de la guerre du Vietnam a modifié les moeurs et a incité une migration interne de la population depuis les zones plus reculées et pauvres comme l’Isaan.

J’avais noté l’auteur en lisant un recueil de nouvelles sur Bangkok; son style me plaisait et j’étais curieuse de lire un roman (écrit en anglais, même si l’auteur est thaï). J’ai eu un l’impression que ça manquait un peu de cohésion et qu’il est plus à l’aise dans le format de la nouvelle mais son écriture me plaît toujours.

La ville de Bangkok est souvent mise en avant et décrite à diverses périodes, et j’ai retrouvé des ambiances particulières qui m’ont rappelé mes visites sur place. Un extrait:

« Bangkok under a white haze: in all directions, a jagged skyline of irregular glass peaks that pierce the bleached canopy; unfinished buildings exposing naked concrete, rusting rebar, cranes perching on top like idle crows waiting for the next dubious downpour of construction cash. »

Un livre qui convient donc très bien au challenge « Sous les pavés, les pages » organisé par Athalie et Ingannmic, et qui donne envie de retourner à Bangkok (d’autres idées de livres qui parlent de la ville avec le tag « Bangkok« ).

Tew Bunnag, Curtain of Rain, River Books, 2014, 224p.

Trans-Europe Express

Owen Hatherley, Trans-Europe Express. Tours of Lost Continent: Owen Hatherley est un écrivain et journaliste britannique qui est passionné par l’architecture (et par Pulp – un de ses premiers livres est une biographie du groupe). Pas l’architecture classique – même si elle est abordée par moments – mais l’architecture moderne / contemporaine. Dans ce livre, il fait un tour de l’Europe et décrit de nombreuses villes par l’intermédiaire des bâtiments et de l’urbanisme. Il parle des exemples réussis mais aussi des catastrophes architecturales (Skopje est l’exemple type: chaque façade a été « modernisée » par des colonnes antiques et des panneaux miroir). Il explique comment ces ensembles se sont formés, suite à des politiques particulières (l’influence du communisme est importante dans les pays de l’Est) ou en conséquence de catastrophes comme les bombardements de la Seconde Guerre mondiale (Rotterdam, de nombreuses villes anglaises). Il analyse comment les villes se sont organisées, soit dans un ensemble très cohérent, soit tout à fait anarchiquement, insérant des bâtiments de styles complètement divers dans le tissu urbain. Il a une prédilection pour le modernisme, et surtout pour le brutalisme, pour ces immeubles de béton aux formes très organiques et brutales à la fois.

Il n’a pas sa langue dans sa poche et est très critique, mais aussi très drôle. Il envoie de nombreuses piques mais reconnaît aussi la beauté dans ce qui est laid, par contraste. Il déteste Paris à cause de la grandiloquence – il n’en parle que dans son introduction d’ailleurs – et n’est pas tendre pour les villes britanniques mais adore des villes complètement foutraques comme Liège ou Bruxelles (si je cite ces exemples, c’est sans doute parce qu’ils me parlent le plus, évidemment). Il loue également la cohérence des rénovations de Hambourg, mêlant l’ancien et l’hyper-moderne (j’ai en effet adoré cette ville). Son livre est divisé par zones géographiques et s’intéresse autant à des capitales qu’à des villes de moindre importance, de Madrid à Nicosie, du Havre à Lviv, de Thessalonique (une autre horreur d’après lui et je peux confirmer d’après ce que j’avais vu de la ville) à Aarhus, le tout est illustré par certaines de ses photos. Tout cela donne furieusement envie de voyager !

Ce livre est un vrai coup de coeur pour moi, il est tombé au bon moment et n’a fait que raviver mon intérêt pour l’architecture du 20e siècle. C’est à nouveau mon ami/collègue qui me l’a offert et il ne s’attendait pas à l’effet qu’il aurait sur moi. Depuis, j’ai exploré les possibilités de faire des voyages (en Europe) consacrés à l’architecture – plus spécifiquement l’architecture brutaliste, notamment des anciens pays de l’Est, mais aussi dans tout le continent. La seule chose qui me retient pour le moment, c’est l’arrivée de l’automne et de l’hiver et du délai un peu court pour organiser tout ça (j’aime m’y prendre au moins deux mois à l’avance, voire trois ou quatre pour être à l’aise).

J’ai hâte de lire les autres livres de l’auteur ! En tous cas, il tombait pile poil dans le challenge « Sous les pavés, les pages » organisé par Athalie et Ingannmic.

Owen Hatherley, Trans-Europe Express. Tours of Lost Continent, Penguin, 2018, 427p.

This Is How You Lose the Time War

Amal El-Mohtar & Max Gladstone, This Is How You Lose the Time War: dans les cendres d’un monde qui se meurt, Red trouve une lettre. Commence alors un échange épistolaire avec Blue. Le roman nous plonge dans un monde qui semble bien différent au premier abord et les éléments pour comprendre le contexte sont très ténus au départ. La quatrième de couverture aide un peu à établir le tableau: Red et Blue sont deux voyageuses dans le temps, au service de deux entités différentes et en guerre. Mais ce n’est pas cela le plus important, le coeur du roman est dans les lettres qui dévoilent une connivence grandissante entre les deux protagonistes alors que tout les oppose. Et comme il y a voyage dans le temps, les auteurs jouent avec celui-ci: on reconnaît des bribes de civilisations du passé et il y a un jeu de cycles temporels.

Je n’aurais jamais acheté ce livre (même après les commentaires élogieux de A_Girl_From_Earth – j’étais passée complètement à côté) mais un ami me l’a offert pour mon anniversaire. Nous avions eu quelques jours auparavant des discussions sur nos lectures et plus précisément sur les voyages dans le temps suite au dernier roman d’Emily St John Mandel qu’il venait d’entamer. A vrai dire, c’est quasi la seule frange de la SF que j’aime lire, avec les uchronies (il y a aussi cette question de temps, du passé), alors que j’ai beaucoup de mal avec les mondes construits de toutes pièces. J’ai d’ailleurs eu du mal au début de ce roman, parce que j’avais l’impression de ne rien comprendre, mais je me suis laissée prendre par l’écriture, par Red et par Blue. Chacun des auteurs a écrit une partie, mais ils l’ont fait ensemble, simultanément, lisant la lettre écrite par l’autre dès qu’elle était terminée. J’ai senti un sentiment d’urgence, d’immédiateté mais surtout un très grand respect de l’autre, respect qui se transforme au fil des pages en quelque chose de bien plus profond. J’ai été très touchée par les émotions, par la sensibilité qui émane des personnages et j’ai laissé de côté mes incompréhension du monde dans lequel ils vivent. A vrai dire, c’est un roman que je devrais relire, pour mieux le comprendre mais je perdrais peut-être cette première impression de flottement. L’écriture est belle, poétique par moments, et m’a fait penser à Emily St John Mandel, justement. Parfois, m’offrir une « wild card » peut avoir un résultat bien plus important que prévu !

Amal El-Mohtar & Max Gladstone, This Is How You Lose the Time War, Saga Press, 2020, 198p. (traduit en français: Les oiseaux du temps)

Pok Pok: The Drinking Food of Thailand

Andy Ricker with JJ Goode, Pok Pok: The Drinking Food of Thailand (2017): Andy Ricker est un Américain qui avait ouvert un restaurant thaï à Portland (il est aujourd’hui fermé) et qui vit en partie dans le nord de la Thaïlande. C’est là que lui est venu l’idée de ce livre qui se focalise sur les nourritures qu’on mange en buvant de l’alcool, très souvent de l’alcool de riz qui ne coûte pas cher. Il a rassemblé les recettes de ces plats et ne fait aucune concession quant aux ingrédients. Du coup, c’est très authentique, mais quasi pas réalisable en dehors de la Thaïlande à cause de l’utilisation de produits très locaux (de la bile, du krachai – un genre de rhizome, du makhwen – un genre de « poivre »…) ou parce que les recettes sont tout simplement trop compliquées. Le texte est néanmoins très intéressant et le livre est richement illustré par les photos d’Austin Bush mais je ne pense pas garder ce livre maintenant que je l’ai lu.

  • photos: ***** (toutes les recettes sont illustrées et il y a de nombreuses autres photos – il est clair aussi que j’ai un faible pour la photographie d’Austin Bush)
  • texte: **** (intéressant pour mieux comprendre le contexte et chaque plat est décrit en détail, y compris les étapes plus spéciales/insolites)
  • originalité des recettes: *****
  • authenticité des recettes: ***** (aucun doute à ce sujet)
  • faisabilité des recettes: *
  • mesures: unités de mesures métriques et impériales (particulièrement bien détaillées)
  • recettes favorites: je n’en ai réalisé aucune
  • indispensabilité du livre: **

People Who Eat Darkness

Richard Lloyd Parry, People Who Eat Darkness: The True Story of a Young Woman Who Vanished from the Streets of Tokyo – and the Evil That Swallowed Her Up: au début de l’été 2000 disparaît à Tokyo la jeune Lucy Blackman. Anglaise, grande, blonde, elle s’était rendue au Japon pour gagner rapidement de l’argent (elle avait des dettes) en devenant hôtesse de bar. Elle était accompagnée par sa meilleure amie qui sonne de suite l’alarme – ce n’était pas normal que Lucie ne donne subitement plus de nouvelles, surtout qu’elles s’étaient appelées régulièrement tout l’après-midi du jour de sa disparition. La police traîne à commencer l’enquête tandis que la famille se démène et multiplie les conférences de presse.

A cette époque, Richard Lloyd Parry travaille à Tokyo comme journaliste (un peu comme Jake Adelstein de Tokyo Vice) et se passionne pour l’affaire, qu’il finira par suivre jusqu’à son dénouement et qui l’inspirera pour écrire ce livre. Il a beaucoup à raconter, et si les détails du monde des hôtesses de bar sont intéressants, il y en a bien d’autres qui sont un peu superflus. Il explique avec minutie la vie de tous les membres de la famille de Lucie et décrit toutes leurs actions au Japon et en Angleterre. Peut-être que c’est une manière de compenser le fait qu’on ne sait pas grand-chose sur le coupable ? Il s’intéresse aussi au fonctionnement de la police locale (on ouvre de grand les yeux à certains moments) et explique comment le poids des traditions a causé un certain immobilisme; il décrit aussi le système de la justice, bien différent de celui du monde occidental. Il y a donc des parties très intéressantes dans le livre, et l’histoire de Lucie est tragique, mais une centaine de pages en moins aurait sans doute resserré un peu l’intrigue.

Une idée piochée chez Electra, qui a adoré.

En le commençant, je pensais que ce live pourrait s’intégrer dans le challenge « Sous les pavés, les pages » organisé par Athalie et Ingannmic mais la ville de Tokyo n’est que très peu décrite (à part le quartier de Roppongi, et encore) et ne joue pas le rôle principal dans le récit.

Richard Lloyd Parry, People Who Eat Darkness: The True Story of a Young Woman Who Vanished from the Streets of Tokyo – and the Evil That Swallowed Her Up, Fsg Originals, 2012 (première publication, 2010 – en français: Dévorer les ténèbres), 454p.

De la tête à l’assiette

Jérémy Gorskie, De la tête à l’assiette. Chroniques et conseils d’un mangeur libéré: ce livre s’intéresse à la question de l’alimentation intuitive et est anti-régime. L’auteur explique comment ceux-ci entraînent une personne dans un cycle vicieux de baisse de poids puis de reprise d’autant plus forte que les privations ont été importantes. Il remet en avant le plaisir de manger, mais en pleine conscience et dans l’écoute de son corps. Mais ce n’est pas tout; il décrit aussi avec précision de quoi le corps a besoin: glucides, lipides, minéraux… et dans quelle proportion. Il propose enfin une série d’exercices tout le long du livre pour mieux apprivoiser le rapport avec la nourriture.

Je n’ai jamais fait de régime, ou juste un jour ou deux quand j’étais adolescente. J’ai très vite compris que les privations, ce n’était pas pour moi, ça me déprime trop. J’aime manger, mais au final je ne mange pas tant que ça. J’essaie aussi de consommer des produits frais et de laisser de côté les crasses. Même si j’en mange de temps en temps, c’est rare que ce soit un repas complet et je compense avec des repas plus sains. Et puis j’aime cuisiner, ça aide ! Mais il ne faut pas croire que je passe mon temps devant les fourneaux, c’est même le contraire souvent: je prends plus de temps le w-e, mais je prépare assez pour qu’il y ait des restes, et en semaine, je me contente souvent de choses très rapides à cuisiner. J’essaie d’accepter mon poids, parce qu’en effet, tout n’est pas rose de ce côté-là, mais avec l’âge et la pré-ménopause (bizarrement, les symptômes dont j’ai souffert durant quelques mois se sont atténués mais j’imagine que c’est cyclique et qu’ils pourraient revenir en force), c’est compliqué.

Je conseille ce livre; il met une série de choses à plat, même si on connaît déjà beaucoup sur l’alimentation. Et puis aussi le compte instagram de l’auteur, menthe_banane, que je suis avec intérêt et qui m’a poussée à acheter le livre.

Jérémy Gorskie, De la tête à l’assiette. Chroniques et conseils d’un mangeur libéré, Editions First, 2022, 287p.

Confusion

Elizabeth Jane Howard, Confusion: j’avais quitté la famille Cazalet en octobre dernier et je n’aurais sans doute pas dû prendre autant de temps à la retrouver: j’ai eu un peu de mal à me remettre dans l’ambiance. La guerre suit son cours, avec ses privations et son rationnement (c’est intéressant de voir que ces détails sont très souvent mentionnés). Le roman s’attache surtout à suivre Polly et Clary qui sortent de l’adolescence et commencent une vie indépendante à Londres, mais il raconte également le mariage de Louise, les aventures extra-conjugales de divers membres de la famille plus âgés, les doutes de Sid (on a parfois envie de secouer « sainte » Rachel). La situation des femmes n’est pas plus rose que dans le volume précédent.

J’ai aimé retrouver la famille, mais j’ai sans doute été moins passionnée par les événements qui s’y déroulent. C’est probablement un hasard lié à mon état d’esprit lors de ma lecture et cela ne m’empêchera pas de lire la suite qui commence juste après la fin de la guerre.

Elizabeth Jane Howard, Confusion, La Table Ronde, 2021, 480p. (première édition en anglais: 1993)

Le réalisme magique du cinéma chinois

Hendy Bicaise, Le réalisme magique du cinéma chinois: ce court livre est consacré à la sixième génération des cinéastes chinois, la plus récente, de Jia Zhang-ke à Bi Gan, et plus particulièrement sous l’angle du réalisme magique. Ce cinéma s’intéresse aux questions sociales, aux changements qui ont lieu dans le pays et l’arrivée du numérique permet d’insérer des scènes imaginées/imaginaires qui modifient les histoires, qui ajoutent une dimension particulières aux films. Hendy Bicaise a l’art de faire des liens, et connaît ce cinéma comme sa poche, mais j’avoue que j’ai été un peu perdue par son érudition. C’est certainement parce que je n’ai quasi vu aucun des films cités mais lire ce livre avant les avoir vus était pour moi malgré tout une évidence. Je sais que je le relirai après visionnement, parce qu’il m’a vraiment donné envie de les voir. Il y a une série de thèmes qui me passionnent dans ce cinéma, comme l’émergence des villes. Un livre que je remets donc sur ma PAL, avec une liste de films à regarder dans les prochains mois.

Une petite note encore: cela faisait longtemps que je voulais lire un livre édité par Playlist Society, petite maison d’édition française qui a surgi à la suite d’un blog que je suivais à la grande époque des blogs musicaux quelque part au milieu des années 2000.

Hendy Bicaise, Le réalisme magique du cinéma chinois, Playlist Society, 2022, 129p.

Nouvelles Chines, nouveau cinéma

Bérénice Reynaud, Nouvelles Chines, nouveau cinéma: mon intérêt retrouvé pour le cinéma me fait ressortir de ma bibliothèque des livres achetés il y a longtemps, comme celui-ci datant de 1999. Bérénice Reynaud y passe en revue les cinémas de Chine, de Hong Kong et de Taïwan des années 1980 et 1990. En Chine, c’est la grande période de la Cinquième Génération avec Zhang Yimou ou Chen Kaige, entre autres, qui font des films très esthétiques. Hong Kong voit apparaître des stars comme Maggie Cheung ou Chow Yun-Fat, des films d’action de John Woo et Tsui Hark, mais aussi Wong Kar-Wai. A Taïwan se démarquent Edward Yang et Hou Hsiao-Hsien. Le texte est essentiellement composé d’une description de films clés, et à la longue, c’est un peu lassant de retrouver le même schéma chapitre après chapitre, mais il reste intéressant pour appréhender cette période qui était vraiment bouillonnante de nouveautés dans les trois pays (et ça me fait une belle liste de films à voir). C’est un livre qui complète The Chinese Cinema Book que j’ai lu il y a quelques semaines et j’ai encore quelques autres livres anciens (mais jamais lus – à une époque, j’achetais ce genre de livre, les feuilletais et les rangeais dans ma bibliothèque) et nouveaux sur ma PAL sur le même sujet, dont un très court sur le cinéma chinois (de Chine uniquement) des années 2000 (la chronique suivra).

Bérénice Reynaud, Nouvelles Chines, nouveau cinéma, Editions Cahiers du Cinéma, 1999, 319p.