La carte perdue de John Selden

Timothy Brook, La carte perdue de John Selden : Sur la route des épices en mer de Chine: historien et sinologue, Timothy Brook s’est intéressé à une vieille carte venant de Chine. Datant de 1608, elle avait appartenu à un certain John Selden, un des premiers orientalistes anglais. Brook s’attache à déchiffrer tous les secrets de la carte mais il raconte aussi l’histoire de son propriétaire, traçant un portait de la société de l’époque: l’Angleterre et ses désirs de commerce en Asie ainsi que la Chine et ses routes maritimes.

Le sujet me passionnait a priori mais j’ai trouvé le texte un peu décousu et aride. J’ai déjà lu beaucoup de livres d’histoire, même très académiques, et je n’ai vraiment pas accroché. Pourtant les informations que distille Timothy Brook sont vraiment intéressantes. Je crois que je m’attendais à autre chose et ce n’était peut-être pas le moment pour moi !

On the Night Joey Ramone Died

Jim Algie, On the Night Joey Ramone Died: Tales of rock and punk from Bangkok New York Cambodia and Norway: les deux nouvelles (ou plutôt novellas) qui composent ce livre parlent d’un musicien thaï de la quarantaine qui a eu du beaucoup de succès dans sa jeunesse avec son groupe rock, vivant complètement son rôle d’artiste, y compris avec les excès de drogue et d’alcool. Aujourd’hui, il est est débarrassé de ces démons mais sa vie n’est pas des plus joyeuses. Il est ingénieur son pour des artistes pop commerciaux, sa femme l’a quitté, son fils le regarde de haut. La première nouvelle raconte une journée et une nuit, celle où Joey Ramone est mort et l’impact que cela a eu sur lui, sa prise de conscience du moment. La seconde relate sa rencontre avec Edana, une jeune norvégienne pas très équilibrée, fascinée par le death metal de son pays et par le génocide khmer.

Jim Algie est d’origine canadienne et a joué dans des groupes rock dans les années 80 et 90 mais vit aujourd’hui à Bangkok. Il raconte dans ces deux nouvelles de la fiction mais il y a clairement des éléments inspirés de sa propre vie. J’ai beaucoup aimé les ambiances asiatiques, et même si je n’ai aucun point commun avec le musicien d’âge moyen, j’ai été intéressée par son histoire. Le livre rassemble également une série d’articles (de presse) écrits par l’auteur, à propos du monde rock. C’est le genre de livre qui me plaît toujours, associant musique et Asie, mais c’est clairement un ouvrage relativement confidentiel.

Nous qui n’étions rien

Madeleine Thien, Nous qui n’étions rien: l’histoire commence au Canada, à Vancouver: Marie est une adolescente chinoise vivant avec sa mère; son père est retourné quelques années plutôt en Chine puis s’est suicidé à Hong Kong. Un jour arrive Ai-Ming, jeune femme de 19 ans qui a fui la Chine et dont la mère est une connaissance de celle de Marie. Ai-Ming aide Marie à lire un carnet écrit en chinois, Le Livre des Traces, qui raconte l’histoire de deux familles, par bribes d’abord, puis il nous plonge en pleine Révolution Culturelle.

C’est un roman foisonnant qui décrit la vie de la diaspora chinoise mais surtout celle des Chinois eux-mêmes, de leurs souffrances et de leur vie sous un régime qui se voulait égalitaire. L’auteur se focalise sur quelques personnages, un compositeur de musique classique occidentale, des musiciens itinérants, un propriétaire terrien, une adolescente étudiant le violon… Ils sont dans la tourmente, changeant de lieu de résidence selon le bon vouloir du gouvernement, envoyés à la campagne ou en rééducation.

Le roman retrace une page d’histoire que je ne connaissais que très peu. Il est très dense, relativement long, un peu compliqué à appréhender au départ mais après une centaine de pages, j’ai voulu connaître la suite, m’attachant à certains des personnages (un peu moins à d’autres). Peu à peu, on comprend les liens qui lient Marie aux personnages du passé; l’histoire se développe jusqu’à un dénouement. Le roman est surtout très dur dans sa description minutieuse d’un régime qui veut tout détruire pour recommencer à zéro et qui prône l’autocritique à outrance, bannissant des gens qui auparavant étaient au pouvoir et inversement. Il m’a donné envie de lire d’autres récits sur le sujet, et je vous le conseille si vous avez un peu de temps devant vous.

La fin de l’innocence

Megan Abbott, La fin de l’innocence: un jour, dans une banlieue résidentielle américaine, la jeune Evie disparaît. Lizzie, 13 ans, est sa meilleure amie et sa voisine. Interrogée par la police, elle ne dit que des bribes de la vérité: elle a en effet vu une voiture près de l’endroit où Evie a été vue la dernière fois mais elle ne parle pas des mégots de cigarette dans le jardin. Elle essaie plutôt de créer une nouvelle vérité, tout particulièrement pour attirer l’attention du père d’Evie, M. Verver, par qui elle est attirée. Le roman raconte la recherche de la disparue sous l’angle de vision de Lizzie, mais aussi ses premiers émois et ses tentatives de séduction maladroites. Je n’ai pas trop accroché à l’histoire et à son déroulement; je n’ai pas réussi à apprécier les personnages, ni celui de Lizzie, ni celui de M. Verver, ni les personnages secondaires. Et comme le style n’a rien de spécial, cela donne une cote très moyenne, plutôt de 2,5 même que de 3. J’avoue que pendant toute cette période, je ne suis tombée que sur les livres moyens, sans vraiment en trouver un qui sorte du lot. Et ça manque à un moment.

Mékong

M et Mme Shoes, Mékong, de la source au delta, une aventure à pied: M et Mme Shoes, un couple de Français, racontent le périple qu’ils ont effectué à la recherche des sources du Mékong puis leur parcours de long de ses rives jusqu’au delta. Ils ont traversé la Chine, le Laos, la Thaïlande, le Cambodge et le Vietnam. A vrai dire, ils n’ont pas marché sur l’entièreté du trajet: certaines zones sont inaccessibles en Chine, ou interdites aux étrangers, et parfois l’appel d’un véhicule motorisé permettait de reposer leurs pieds sur quelques kilomètres.

Il s’agit d’un beau livre avec de superbes photos et le texte est aisé à lire, avec un humour bienvenu lors de quelques mésaventures. Il est complété par de petites bande-dessinées. J’ai aimé ce récit mais je pense que je n’aurais pas dû acheter le livre (à part pour donner quelques sous aux auteurs – ce qui est bien aussi). En effet, j’avais lu toute l’histoire sur leur blog. Je n’ai pas comparé les textes et je ne sais pas s’il y a de grandes différences. Par contre, je suis certaine qu’il y a plus de photos sur le blog. C’est la raison pour laquelle je ne donne qu’une cote moyenne à ce livre.

Le problème à trois corps

Liu Cixin, Le problème à trois corps: a priori, je n’aime pas la science-fiction. Et pourtant j’ai été tentée par ce roman à la suite du billet d’Ingannmic, avec qui je m’entends souvent au niveau des lectures. Une mise en garde: ne lisez pas la quatrième de couverture, ou même le résumé sur Goodreads: cela raconte des choses qui arrivent à la moitié du roman. Le livre commence avec l’exécution publique du père de Ye Wenjie, éminent scientifique, par les Gardes Rouges en pleine Révolution Culturelle. Sa fille est bannie et envoyée en rééducation puis invitée à travailler dans une base scientifique où se trame le mystérieux projet Côte Rouge, sachant qu’elle n’en sortira jamais. Ce projet envoie des ondes radio dans l’espace, espérant une réponse. La suite du roman se passe aujourd’hui et suit Wang Miao, spécialiste en nanotechnologies. Celui-ci vit des choses bizarres et inexplicables. Ceci n’est que le début d’une histoire très fouillée, notamment au niveau scientifique.

Je ne sais pas trop quoi penser de ce roman: d’un côté, j’ai beaucoup apprécié l’ancrage dans la réalité des années 60 et d’aujourd’hui mais d’un autre, j’ai été perdue par les renseignements scientifiques. Je n’ai jamais vraiment accroché à ces matières et je connais peu sur le sujet. Certains passages m’ont semblé longs et pourtant j’ai continué ma lecture, happée par le récit – ceci explique ma cote de 3 étoiles. Il s’agit d’un roman complexe, aux multiples facettes, qui m’a fait penser quelque part à du Neil Stephenson dans le Cryptonomicon (qui est un roman que j’ai adoré). Est-ce que je lirai la suite ? Je ne sais pas encore…

Conquerors: how Portugal forged the first global empire

Roger Crowley, Conquerors: how Portugal forged the first global empire: il y a quelques mois, je souhaitais en apprendre plus sur l’exploration et la découverte des nouveaux territoires en Asie et dans l’Océan Pacifique à partir de la fin du 15e siècle. Et à ce moment-là, un ami m’a prêté ce livre. Il s’attache à une période bien plus courte que celle qui m’intéressait, et à un territoire bien plus réduit mais il s’est avéré passionnant. Dès la fin du 15e siècle, les marins portugais commencent à longer les côtes de l’Afrique, pour finalement réussir à les contourner et arriver en Inde en 1498. Dès lors commence une conquête des richesses et de divers lieux qui deviennent des comptoirs. Cela n’a pas été sans mal et il y a eu de nombreux revers de situation. Roger Crowley explique ceci avec minutie mais tout en gardant un style très accessible. Un livre que j’ai lu lentement au départ et que j’ai dévoré sur le fin. Même si j’aurais aimé en savoir plus sur le voyage de Magellan qui n’est pas abordé, j’ai appris énormément de choses sur cette époque, et tout particulièrement sur les horreurs de la conquête, menée par des hommes durs et violents, parfois très loyaux, mais surtout avides de richesses.