There there

Tommy Orange, There there: le roman raconte l’histoire de douze personnes d’origine indienne qui sont en route vers le grand powwow d’Oakland: Jacquie Red Feather l’ancienne alcoolique ayant abandonné sa famille, Dene Oxendene qui filme des interviews en souvenir de son oncle décédé, Orvil, l’adolescent qui a appris les danses traditionnelles en regardant des vidéos sur le net, et d’autres personnages dont certains aux intentions peu recommandables. Cette multitude d’hommes et de femmes m’a très vite perdue, d’autant plus que le chronologie est aussi fragmentée. Et dès les premières pages, j’ai eu du mal avec le style très contemporain d’écriture. J’ai sans doute manqué de concentration dans ma lecture, et d’attachement aux personnages, et je suis donc complètement passée à côté de ce roman que j’ai quand même terminé parce qu’il n’est pas très long. Je vous renvoie donc vers des critiques plus positives et plus nuancées, celle d’Electra, de Marie-Claude ou de Jackie Brown. Je rajouterais également que je l’ai lu à un moment où je déprimais pas mal – au mois de septembre – mon état d’esprit recherchait clairement quelque chose de moins urbain et de plus feelgood à ce moment-là.

Pale rider

Laura Spinney, Pale rider: the Spanish flu of 1918 and how it changed the world: entre 1918 et 1920, l’épidémie de grippe “espagnole” a tué entre 50 et 100 millions de personnes, plus que les guerres mondiales, probablement plus que tout autre événement historique. Et pourtant, peu d’études sont consacrées à ce sujet. Laura Spinney a tenté d’y remédier en écrivant ce livre fouillé, tant au niveau historique que scientifique. Elle part à la recherche du patient zéro (il n’est pas espagnol, mais pourrait bien être français), explique comment le virus s’est propagé partout dans le monde, fait une analyse scientifique de celui-ci, parle de la manière dont les médecins et soignants de l’époque ont réagi (quarantaine, ou au contraire, pas de quarantaine). Elle montre aussi comment cette épidémie a changé toute une société qui s’est modernisée d’un coup et comment les structures familiales, la politique, la médecine, les arts… ont été influencés. Certains livres d’histoire sont très académiques et ennuyeux, celui-ci est tout à fait différent: il est passionnant et se lit comme un polar !

The longest night

Andria Williams, The longest night: 1959. Nat et Paul Collier s’installent à Idaho Falls, avec leurs deux petites filles. Paul a été envoyé là par l’armée pour travailler sur le site d’un réacteur nucléaire. Il rejoint son équipe et découvre rapidement que son supérieur cache de nombreuses informations sur les dysfonctionnements du réacteur. Pendant ce temps, Nat tente de s’adapter à sa vie de femme au foyer, s’occupant des enfants mais, empreinte de liberté, elle ne respecte pas toujours les normes très restrictives de l’époque. L’histoire connaît encore des développements par la suite mais je m’attendais à un récit moins linéaire et moins convenu. Ce n’est pas désagréable à lire mais certains éléments sont cousus de fil blanc, dès les premières pages même qui annoncent un “accident”. C’est au final une belle analyse d’un mariage très normal, de ses écueils et de ses petites joies.

For a pagan song

Jonny Bealby, For a pagan song: en voyageant au Rajasthan avec Wild Frontiers, j’ai appris que le fondateur de l’agence était Jonny Bealby, qu’il avait été musicien rock mais aussi qu’il avait écrit plusieurs récits de voyage. Et j’ai donc eu envie d’en lire un. Mon choix s’est porté sur For a pagan song qui est le récit d’un trek assez incroyable dans les zones tribales d’Afghanistan, juste avant la prise de contrôle du pays par les Talibans. Bealby raconte son désir de vivre les aventures que Kipling conte dans The man who would be king. Dans cette nouvelle, les deux héros partent à découverte du Kafiristan pour y devenir rois.

Dans les années 90, la région était déjà fort troublée et difficilement accessible. Bealby trouve un partenaire, un employé d’une ONG connaissant bien la région et part pour ce trek de plusieurs semaines. C’est une société d’hommes et de clans, et ils sont toujours armés, ce qui causera certaines frayeurs aux voyageurs. A certains moments, ils sont quasiment pris en otage. Mais surtout cette région montagneuse est magnifique et la description des paysages donne envie de la visiter. J’avoue que j’ai été un peu horrifiée des risques pris par Bealby – et heureusement tout s’est bien terminé. Et j’ai aussi souvent pensé, avec un peu de jalousie, que le fait que je sois une femme rendrait ce voyage totalement impossible pour moi. Les femmes sont tout simplement invisibles et sans aucun droit dans cette région, et même une étrangère n’y aurait pas accès. J’ai aimé le récit, mais il m’a aussi fait poser quelques questions.

Starlight

Richard Wagamese, Starlight: une mère s’enfuit avec sa fille, quittant un homme violent. Elles prennent la route et se réfugient dans une maison abandonnée dans un petit village. C’est là qu’habite Frank Starlight (le héros de Les étoiles s’éteignent à l’aube). Sa vie est tranquille, autour du ranch dont il s’occupe avec son associé. Et il part souvent dans la nature pour faire des photos d’animaux, des loups, des cerfs… Il recueille Emmy et sa fille et se rend très vite compte qu’elles ont été traumatisées, même si elles ne racontent rien. Il tente de les aider en les invitant à mieux connaître la nature qui les entoure. Mais l’ex d’Emmy veut se venger…

Une fois de plus, j’ai été happée par le récit de Wagamese, par ses descriptions de la nature, par la violence de l’histoire d’Emmy et de sa fille, par leur transformation au contact de la forêt et des animaux. C’est beau, troublant par moments, les mots me manquent. C’était le dernier roman de Wagamese, et il est inachevé. Les éditeurs ont fait de leur mieux pour proposer plusieurs fins, se basant sur ce que l’auteur avait raconté à ses proches et sur une nouvelle plus ancienne. C’est le genre de roman qu’on aimerait ne jamais refermer, et c’est triste de se dire qu’il n’y en aura plus d’autres… Il me reste heureusement quelques-uns de ses premiers livres à lire.

Elsewhere

Rosita Boland, Elsewhere: one woman, one rucksack, one lifetime of travel: Rosita Boland raconte dans ce livre neuf voyages qui ont changé sa vie: son premier séjour en solo en Australie, un voyage dans des contrées reculées du Pakistan, une expérience angoissante en Antarctique, un séjour à Bali (avec un clin d’oeil à Elizabeth Gilbert)… Elle parle de ses envies, de ses peurs, de ce qui la touche, de ses émotions, écrivant un livre très personnel que j’ai lu avec plaisir mais sans être complètement passionnée. Il m’a par contre poussée à lire un autre récit de voyage qui traînait sur ma PAL et dont je parlerai bientôt.

Les fantômes familiaux

Bruno Clavier, Les fantômes familiaux. Psychanalyse transgénérationnelle: tout ce qui tourne autour de la psychogénéalogie m’intéresse depuis un moment mais je n’avais jamais lu de livre sur le sujet. Je suis tombée un peu par hasard sur celui-ci, que j’ai lu assez rapidement. Il s’agit d’une suite d’exemples expliquant comment un événement familial, parfois ancien, peut inconsciemment avoir une influence sur la vie actuelle de quelqu’un. L’auteur s’intéresse particulièrement aux enfants et parle beaucoup de théories très freudiennes – sujet où il m’a complètement lâchée. Et donc ce livre a été pour moi plutôt un catalogue d’exemples certes intéressants mais un peu trop spectaculaires.