Celle de l’autre rive

Mitsuyo Kakuta, Celle de l’autre rive: Sayoko est la maman d’une petite fille de trois ans dont elle s’occupe à plein temps. Elle est fatiguée de sa vie de femme au foyer et d’une timidité maladive; elle n’arrive pas à avoir des contacts avec les autres mamans qu’elle rencontre aux aires de jeux. Elle décide de chercher du travail et rencontre Aoi qui l’engage dans son entreprise de voyage et de nettoyage. Les deux femmes se rapprochent et Sayoko se sent enfin appréciée. Parallèlement, l’autrice raconte le passé d’Aoi. Adolescente, celle-ci était persécutée par ses camarades de classe et ses parents ont déménagé pour qu’elle puisse continuer à étudier dans une nouvelle école. Elle y rencontre Nanako qui l’accepte de suite comme sa meilleure amie, mais leurs aventures vont prendre un tournant assez sombre.

Mitusyo Kakuta met en scène la condition féminine au Japon, décrivant les femmes au foyer enfermées dans le quotidien répétitif, au service de leur mari (et critiquées par leur belle-mère). Elle parle aussi des groupes qui se forment, des cliques d’adolescentes qui critiquent les autres filles au moindre prétexte, les excluant et les bannissant psychologiquement des classes. En parallèle, elle montre comment ces schémas se reproduisent lors de la vie d’adulte. Tous ces sujets sont très intéressants mais le roman n’est pas agréable à lire. L’écriture est froide, maladroite par moments, et je n’ai pris aucun plaisir à ma lecture. De plus, je n’ai rien compris au fait que l’agence de voyages d’Aoi devient aussi une entreprise de ménage. Dommage pour la forme, parce que le fond avait un certain potentiel.

Mitsuyo Kakuta, Celle de l’autre rive, Actes Sud, 2008, 286p. (traduction par Isabelle Sakai, première édition de 2004)

Crying in H Mart

Michelle Zauner, Crying in H Mart: Michelle Zauner, musicienne et chanteuse dans le groupe Japanese Breakfast, raconte sa vie dans ce livre. Elle a été très marquée par le décès de sa mère, et revient en arrière sur son enfance et adolescence à Eugene en Oregon. Elle est eurasienne: son père américain a rencontré sa mère coréenne lorsqu’il était stationné à Séoul. Cette dernière l’a maternée et entourée de soins à l’extrême, toujours très critique et exigeante, espérant créer l’enfant et l’adulte idéale selon ses normes à elle. Michelle a très vite été étouffée par ces attentions, elle s’est rebellée à l’adolescence et elle a donc décidé d’étudier sur la côte est pour mettre de la distance entre elles. Elle revient à Eugene quand sa mère lui apprend qu’elle est atteinte du cancer pour la soigner et essayer de renouer avec sa part coréenne qu’elle a toujours niée, se rendant compte qu’elle la connaît si peu.

Ce livre est une réflexion sur la perte mais aussi surtout sur le mélange de deux traditions, l’américaine à laquelle Michelle veut se conformer, et la coréenne qui s’immisce par plein d’interstices. C’est par la nourriture et la cuisine qu’elle apprivoise cette part asiatique en elle, et elle décrit tous les plats coréens qu’elle adore mais qu’elle ne sait pas cuisiner parce que sa mère ne lui a pas montré comment faire, ou très peu, sans vraie recette et sans quantités précises. Elle se tourne vers youtube et les clips de Maangchi (ce qui m’a fait sourire parce qu’on m’avait conseillé ses livres) et retourne en Corée, un pays qu’elle voit d’un regard neuf même si elle y a passé de nombreuses vacances lorsqu’elle était petite. Le deuil transparaît au cours de l’entièreté du roman mais il est assez apaisé (cela me faisait un peu peur à vrai dire), et j’ai beaucoup aimé la sensibilité de l’autrice, sa manière de décrire comment elle a vécu cette période difficile, et surtout la description de tous les plats.

L’avis d’Electra, qui l’a mis dans son top 2022. C’est le premier livre que j’ai terminé en 2023.

Michelle Zauner, Crying in H Mart, Knopf, 2021, 242p. (non traduit)

Nouveau départ & La fin d’une ère

Elizabeth Jane Howard, Nouveau départ: la guerre est enfin terminée et la famille Cazalet quitte Home Place. Les aînés des enfants sont maintenant adultes et volent de leurs propres ailes, découvrant les difficultés de la vie. Polly et Clary vivent ensemble à Londres; la première est assistante dans une entreprise de décoration d’intérieur et la seconde est la secrétaire d’un agent littéraire assez exigeant et exécrable. Archie est toujours le confident de toute la famille. Elizabeth Jane Howard emmène le lecteur dans les méandres de cette chronique familiale, racontant la vie de l’après-guerre et les difficultés du rationnement qui continue, décrivant les sentiments des différents membres de la famille – des sentiments reconnaissables par tous: amour, jalousie, incompréhension, non-dits…

J’aime ces romans, et comme ils sont faciles à lire, ils sont idéaux en voyage. J’ai donc enchaîné de suite avec La fin d’une ère, qui se passe dix ans plus tard, à la fin des années 1950. Howard était déjà âgée au moment de l’écriture et propose ici une succession de chapitres très courts mais qui décrivent malgré tout très bien l’évolution des différents personnages de la famille. Le thème sous-jacent du roman est celui de la mauvaise gestion de l’entreprise de bois des Cazalet et des conséquences que cela pourrait avoir sur la famille. J’ai retrouvé avec plaisir les personnages qui ont tous mûri, même si les histoires des plus jeunes (Simon, Neville, Teddy) ne m’ont pas vraiment passionnée. Howard a toujours cette attention pour le détail, notamment au niveau de la nourriture et des différents repas que prennent les protagonistes. Elle décrit aussi l’évolution d’une société qui délaisse les anciennes valeurs pour en créer de nouvelles. En tous cas, j’ai passé un très bon moment pendant la lecture des cinq volumes de cette chronique familiale !

Elizabeth Jane Howard, Nouveau départ & La fin d’une ère, La Table Ronde, 2021 & 2022, 600 & 560p. (traduction par Cécile Arnaud, premières éditions en 1995 et 2013)

Le verger de marbre

Alex Taylor, Le verger de marbre: au milieu de la nuit, Beam Sheetmire doit faire traverser la rivière Gasping (au Kentucky) à un client en manoeuvrant le bac familial. Mais ce client le cherche et Beam finit par l’assommer, le tuant par la même occasion. Appelant son père à la rescousse, ce dernier lui dit de fuir; il a en effet reconnu la victime, qui est le fils de Loat Duncan, homme d’affaires et malfrat local. Au fil des pages, on suit le jeune homme un peu perdu qui tente de survivre mais aussi les autres personnages, Loat, avide de vengeance, le père et la mère de Beam qui ont des secrets à révéler, ainsi que d’autres personnages locaux pas très reluisants.

C’est une histoire sombre et sans espoir, qui se déroule dans une zone rurale et arriérée. J’ai eu beaucoup de mal avec tous ces hommes qui ne pensent qu’avec leurs couilles, et avec les personnages féminins qui n’existent que pour se faire manipuler et violer. Alex Taylor écrit bien, et j’avais beaucoup aimé Le sang ne suffit pas, mais je n’ai pas vraiment accroché à ce livre (que j’ai lu en voyage – cela a peut-être joué en partie). Je me rends compte de plus en plus que pour j’aime un livre, il faut qu’il y ait des personnages de femmes fortes et intéressantes, pas juste des objets de décoration dont on peut faire ce qu’on veut. Et pour cela, les autrices sont souvent plus sensibles que les auteurs. Mais au moins ce livre m’a permis de vider ma PAL de romans de 2020 – c’était le dernier à lire (je l’avais gardé en me disant qu’il y avait peu de chances que je sois déçue…).

Alex Taylor, Le verger de marbre, Gallmeister, 2016, 288p. (traduction par Anatole Pons, première édition en 2015: The Marble Orchard)

Réinventer l’amour

Mona Chollet, Réinventer l’amour: comment le patriarcat sabote les relations hétérosexuelles: j’avais adoré Sorcières, j’avais donc de suite acheté ce livre-ci, à sa sortie. Il a traîné sur ma PAL un long moment, et après, ma lecture a été fort lente – je l’ai finalement terminé pour m’en débarrasser. Mona Chollet y écrit une longue description sur tout ce qui pose problème dans les relations hétérosexuelles, en premier lieu le côté dominant des hommes, ce qui se traduit par le fait que la femme se met très souvent en retrait, même sans s’en rendre compte. Il y a un important (en nombre de pages) chapitre sur les violences, avec de très nombreux exemples, avec beaucoup de commentaires sur le meurtre de Marie Trintignant et sur la manière dont la presse l’a relaté. Mona Chollet a étudié le problème sous toutes ses facettes, mais elle ne fait que décrire le problème, sans proposer de solutions pour « réinventer » l’amour. On pourrait sans doute en déduire quelques-unes, et peut-être faudrait faire lire ce livre aux hommes, mais je ne suis pas sûre qu’ils en aient envie. Je me suis moi-même assez fort ennuyée en lisant cette accumulation de problèmes, tout en me rendant compte qu’ils sont bien réels, mais je n’avais pas besoin d’un livre pour le savoir. Au final, c’est le côté négatif qui domine, sans qu’il y ait un nouveau souffle, de nouvelles idées pour espérer un changement.

Mona Chollet, Réinventer l’amour: comment le patriarcat sabote les relations hétérosexuelles, Zones, 2021, 276p.

Inheritors

Asako Serizawa, Inheritors: construit sous forme de nouvelles, Inheritors est malgré tout un roman à part entière. Un arbre généalogique au début du livre permet de situer les personnages, tous descendants d’un couple japonais qui a vécu à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle. Ces nouvelles balaient l’histoire, de l’immigration japonaise aux Etats-Unis à la Seconde Guerre mondiale, jusqu’à un futur proche. Les récits autour de la guerre sont tout particulièrement passionnants, mettant en avant le point de vue des perdants, tout en nuances. En fait toute la première moitié du livre est intéressante, avec une grande variation de styles et de points de vue, mais au deux-tiers, le ton change, et les dernières nouvelles sont plus des exercices de style qu’un récit de la vie des personnages. L’auteur l’explique d’ailleurs dans la postface, citant ses sources. Elle fait par exemple toute une analyse d’un roman de Borgès, lu et expliqué par les deux protagonistes (je ne lis pas un roman pour lire une étude sur un autre roman – que je n’ai pas lu en plus). Et quand elle rentre dans le monde futur, elle décide d’en parler sous forme d’un métavers. J’ai adoré le début, j’ai détesté la fin. Dommage qu’il y ait une telle disparité dans ces textes.

Asako Serizawa, Inheritors, Doubleday Books, 2020, 288p. (pas de traduction française)

Growing Up in a Nonya Kitchen

Sharon Wee, Growing Up in a Nonya Kitchen: Singapore Recipes from my Mother (2012): j’avais acheté Makan: Recipes from the Heart of Singapore d’Elizabeth Haigh mais je l’ai très vite regretté vu qu’il plagie en grande partie le livre de Sharon Wee, que j’ai alors décidé d’acquérir. Sharon Wee vient d’une famille Nonya de Singapour (les Nonya ou Peranakan sont un groupe assez particulier: des immigrants Chinois sont arrivés dans la péninsule malaise du 14e au 17e siècle et ont épousé des femmes locales; ils ont gardé leurs traditions chinoises mais y ont intégré des influences malaises et forment un groupe bien distinct de l’immigration chinoise plus tardive). La mère de Sharon s’occupait de la maison et passait ton temps à cuisiner, notamment pour toutes les occasions et fêtes du calendrier. Elle avait suivi quelques cours mais perpétuait surtout une tradition. C’est ce que Sharon a voulu continuer en publiant ce livre basé sur les archives de sa mère. Le livre est passionnant à lire, il nous plonge dans un monde bien particulier, mais les recettes sont assez compliquées et longues à préparer, avec des ingrédients assez spécifiques. De plus, les temps de cuisson sont rarement indiqués, et il faut avoir de bonnes bases pour les déterminer (ou croiser avec d’autres recettes). C’est plus un livre d’archives, de mémoire, qu’un vrai livre de cuisine. J’ai cependant noté quelques plats mais je n’ai pas encore eu l’occasion de les préparer.

  • photos: *** (beaucoup de recettes sont illustrées mais on sent que le livre a déjà un certain âge)
  • texte: **** (il y a un long texte d’introduction et chaque recette est commentée)
  • originalité des recettes: *****
  • authenticité des recettes: *****
  • faisabilité des recettes: ***
  • mesures: unités de mesures impériales
  • recettes favorites: je n’en ai testé aucune
  • indispensabilité du livre: ***

En sortir 23 en 2023

J’aime faire des listes, voici donc la nouvelle édition de celle qui aide à vider la PAL. En sortir 22 en 2022 m’a permis d’éliminer 15 livres, dont 12 effectivement lus et a été d’une grande utilité quand je n’arrivais pas à choisir le prochain candidat à la lecture. 23 titres, c’est quasi la moitié de ce que je vais sans doute lire en fiction mais il est possible que j’en abandonne en cours de route. Certains titres ont été choisis parce qu’il est quasi sûr que je vais les lire, d’autres ont été pris au hasard. Le grand jeu, c’est d’imaginer des catégories, voici donc celles de cette année, du recyclage et des nouvelles (le temps que je publie ce billet et j’ai déjà terminé un des livres) :

le titre contient le nom d’une ville ou d’une région

  • Larry McMurtry, Les rues de Laredo
  • Kem Nunn, Pomona queen

le titre contient soit « chant/chanson », soit « musique » (ou un style de musique) ou est le titre d’une chanson, ou s’en inspire très fort, ou contient le nom d’un musicien/chanteur

  • Denny S. Bryce, Wild women and the blues
  • Dave Grohl, The Storyteller Tales of Life and Music 

le titre renvoie à l’architecture

  • Alfian Sa’at, Corridor 
  • Michelle Zauner, Crying in H Mart

le titre contient un prénom

  • Richard Wagamese, For Joshua
  • Ellen Oh, Finding Junie Kim
  • Joyce Carol Oates, Marya, une vie

le titre contient un mot dans une autre langue que le français ou l’anglais

  • Hiroki Takahashi, Okuribi (rituel lié à la fête des morts en japonais)
  • Sun Jung, Bukit Brown (bukit veut dire colline en malais)

le titre contient un mot lié aux arbres ou aux plantes

  • Medoruma Shun, In the woods of memory 
  • Susie Yang, White Ivy

le titre contient un mot lié aux astres

  • Tash Aw, Un milliardaire cinq étoiles
  • Ishihara Shintaro, La saison du soleil

le titre contient un mot désignant un animal

  • Binnie Kirshenbaum, Nature morte avec chien et chat 
  • Yangsze Choo, The night tiger 

le titre renvoie à la mort et aux ancêtres

  • Lou Berney, The long and faraway gone
  • Harley Rustad, Lost in the valley of death. A story of obsession and danger in the Himalayas

le titre renvoie à l’eau

  • Donald Richie, The Inland Sea
  • Marcy Rendon, Murder on the Red River

le titre renvoie à la nuit

  • Emily St. John Mandel, Last Night in Montreal
  • Bae Suah, Untold Night and Day 

The Five

Hallie Rubenhold, The Five: the Untold Lives of the Women Killed by Jack the Ripper: Polly, Annie, Elizabeth, Catherine et Mary-Jane, cinq femmes ayant vécu au 19e siècle, cinq femmes assassinées par Jack the Ripper (qui était-il ? ce mystère ne sera sans doute jamais résolu). La presse de l’époque les a très vite estampillées comme prostituées, mais seule une l’avait été. Ce sont par contre des femmes déchues, dans le sens où la vie n’a pas a été tendre avec elles. Ni la société d’ailleurs: à l’époque, seule une femme mariée était considérée. Si elle perdait son mari, elle perdait ses revenus. Il y avait bien des petits boulots mais ils ne permettaient pas de survivre, encore moins si elle avait des enfants à charge. Ces femmes se sont retrouvées à la rue, vivant dans des conditions miséreuses, trouvant au jour le jour quelques sous pour une chambre ou allant dans une des « workhouses » où elles devaient travailler pour obtenir gîte et couvert. Elles ont été des victimes faciles pour un prédateur qui courait les rues la nuit.

Hallie Rubenhold a fait un formidable travail d’historienne, fouillant dans les archives pour retrouver les traces de ces femmes et analysant la presse de l’époque en tentant d’extraire la vérité des articles très sensationnalistes (ce qui n’est plus vraiment possible). Elle raconte aussi la vie à Londres et décrit la société de l’époque, avec d’un côté les riches qui vivent à part, et puis de l’autre, une masse de personnes sans qualifications, ou avec des métiers d’artisans en voie de disparition, ou encore vivant de boulots abrutissants à l’usine. Elle parle surtout des femmes, de leur condition impossible qui oppose les femmes vertueuses et respectées aux autres, à toutes les autres pour qui c’est inaccessible par manque de revenus ou de protecteur masculin. En lisant ce livre, on se rend mieux compte du travail qui a été réalisé depuis pour améliorer la condition des femmes. Le récit est passionnant, et met en avant les victimes, leur donnant du corps, leur attribuant un passé et une vie propre. D’ailleurs l’autrice ne parle pas du meurtrier.

Une idée piochée chez Electra et qui est restée un certain temps sur ma PAL.

Hallie Rubenhold, The Five: the Untold Lives of the Women Killed by Jack the Ripper, Houghton Mifflin Harcourt, 2019, 333p. (pas de traduction en français à ce jour, et c’est bien dommage).

The Mountains Sing

Nguyễn Phan Quế Mai, The Mountains Sing: Hương, jeune adolescente au début des années 1970 vit avec sa grand-mère qui prend soin d’elle alors que ses parents sont partis à la guerre, de même que ses oncles et tantes. Elle doit fuir les bombardements d’Hanoi, et la vie n’est pas facile. Sa grand-mère lui raconte sa propre histoire et les chapitres alternent le temps présent et le passé. Issue d’une famille de propriétaires terriens, elle a vécu une enfance assez aisée, elle trouve le mari idéal et vit heureuse jusqu’à ce que soit lancée la réforme agraire dans les années 1950. Elle doit fuir, avec ses enfants encore petits, et se voit confrontée au plus grand dénuement.

Par l’intermédiaire de ces personnages, l’autrice raconte l’histoire de son pays, le Vietnam au cours de la seconde moitié du 20e siècle. Elle met en avant des événements peu connus: le gouvernement communiste a en effet rayé des livres cette réforme agraire qui a mal tourné à cause de la violence qui a mis le pays à feu et à sang. Il y a également de nombreux passages sur la guerre du Vietnam, racontés du point de vue du nord, des communistes, ce qui change du point de vue américain, le seul qu’on connaisse en occident. L’écriture est fluide, entrecoupée de proverbes vietnamiens, poétique aussi par moments, mais toujours très rythmée. Un chapitre appelle le suivant et le lecteur ne peut s’empêcher de tourner la page pour connaître toute l’histoire. J’ai beaucoup aimé !

Une note cependant: je l’ai lu en format électronique, et ma liseuse Kobo n’arrive pas afficher les accents vietnamiens, ce qui fait que certaines lettres disparaissent tout simplement – j’ai finalement continué ma lecture sur l’iPad qui n’a aucun souci à ce niveau-là.

Nguyễn Phan Quế Mai, The Mountains Sing, Algonquin Books, 2020, 368p. (en français: Pour que chantent les montagnes)