Laurel Canyon

51xhpa2bazpl-_sx341_bo1204203200_Arnaud Devillard, Laurel Canyon ou comment se perdre en musique dans les collines d’Hollywood: en achetant ce livre, je pensais qu’Arnaud Devillard avait écrit un récit suivi comme dans Journal des canyons. Ce n’est donc pas le cas, et cela ne m’a pas dérangée. L’auteur part ici de Laurel Canyon Boulevard, cette avenue qui serpente dans les collines d’Hollywood, cette avenue qui a hébergé de nombreuses rock stars, surtout dans les années 60-70. Il raconte l’histoire de la musique en partant des maisons où ont habité Crosby, Stills & Nash, Jim Morrison, Joni Mitchell et bien d’autres. Parfois il fait des incursions dans un passé plus ancien, parfois il parle de stars actuelles. De cette manière, il offre un panorama de tout un quartier et explique l’importance de celui-ci dans la création d’une scène musicale, égrenant les anecdotes mais aussi les moments forts de l’histoire du rock californien. J’ai beaucoup apprécié ma lecture même si j’ai regretté de connaître si peu de cette musique – j’aurais dû prendre plus temps à écouter les clips en même temps que ma lecture. En tous cas, cette approche rue par rue, maison par maison est une manière différente et insolite d’aborder l’histoire.

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Tous les vivants

phillipsJayne Anne Phillips, Tous les vivants. Le crime de Quiet Dell: de cet auteur, j’avais beaucoup aimé Lark et Termite et la description des ambiances et sensations. Tous les vivants est fort différent. Ce roman raconte en effet une histoire vraie, le meurtre d’Asta Eicher et des ses trois enfants par Harry Powers à Quiet Dell en 1931. Les premiers chapitres parlent d’Asta, cette veuve à bout de souffle et bientôt à court d’argent. Elle a entamé en secret une relation épistolaire avec Harry Powers qui lui promet mariage et amour. Mais le sinistre personnage avait une autre idée en tête. Ensuite, le récit change de ton et met en scène la jeune journaliste Emily Thornhill – un personnage fictif – qui mène l’enquête pour son quotidien. Basé sur les coupures de presse et les documents de l’époque, le livre est une longue enquête agrémentée de quelques éléments romantiques mais tout cela est fort long et peu intéressant. L’auteur s’en tient aux faits et ne prend pas la liberté d’entrer dans l’esprit du meurtrier pour décrire ses motivations possibles. Je me suis plutôt ennuyée – je n’ai jamais aimé les descriptions de procès (le dernier tiers du livre) – mais j’ai quand même apprécié la description de l’époque.

Little Bird

couv rivièreCraig Johnson, Little Bird: comme je suis passionnée par les aventures du shérif Longmire en version série tv, et que celle-ci touche bientôt à sa fin, il était évident pour moi de prolonger le plaisir en entamant la lecture des romans. Il y a pas mal de différences mais l’esprit reste le même. Walt Longmire est le shérif du comté d’Absaroka, dans le Wyoming. En fin de carrière, il est assez désabusé et légèrement alcoolique. Il ne prend plus vraiment soin de lui jusqu’à ce que son meilleur ami, Henry Standing Bear, décide de prendre les choses en main. En même temps, le calme du comté est brisé le jour où des chasseurs découvrent le corps sans vie de Cody Pritchard. Ce jeune homme, ainsi que trois de ses amis, avait été condamné avec sursis deux ans auparavant pour le viol de Little Bird, une jeune fille indienne aux capacités limitées. Longmire, marqué par ce procès, est obligé de sortir de sa léthargie pour enquêter. Plus encore que dans la série, les paysages sauvages du Wyoming tiennent une place importante, et sous la plume de Craig Johnson, ils prennent vie. L’auteur décrit également avec finesse les relations entre les Blancs et la communauté cheyenne. Il y a certes certaines longueurs – l’enquête n’avance pas très vite – mais elles ne m’ont pas parues pesantes. Je retrouverai donc avec plaisir le shérif dans les prochains volumes (il faut toujours suivre une série de détectives et j’avoue avoir été un peu lassée par Dave Robicheaux et la Louisiane décrite par James Lee Burke).

Les étoiles s’éteignent à l’aube

51uogk87xvl-_sx195_Richard Wagamese, Les étoiles s’éteignent à l’aube: Franklin Starlight, un garçon âgé de 16 ans aux origines indiennes ojibwé, n’a pas vraiment connu son père sauf quelques visites éparses. Il a été élevé par le Vieil Homme qui lui appris à vivre en harmonie avec la nature. Au début du récit, il est appelé par son père, Eldon, qui lui demande une faveur: faire avec lui un dernier voyage et l’enterrer comme un guerrier dans la terre de ses ancêtres. Eldon, alcoolique invétéré, n’a plus que quelques jours à vivre et le périple dans les paysages sauvages de la Colombie Britannique sera l’occasion de parler du passé, de dévoiler des secrets, de raconter dans quelles circonstances Franklin a vu le jour. Les descriptions de la nature sont précises et vivantes, l’homme est minuscule face aux paysages et aux animaux, il doit respecter les lois environnantes. Mais c’est aussi un roman qui raconte une histoire, une sorte de testament, une manière de se libérer du poids du passé et les difficiles relations entre un père et son fils. Les sentiments décrits sont justes, entre amour et culpabilité. Tout cela m’a passionnée et j’ai beaucoup apprécié ce roman.

Cybele

397341Joyce Carol Oates, Cybele: dans ce roman de 1979, Joyce Carol Oates décrit des moments de la vie d’Edwin Locke, un homme de la quarantaine qui se perd de relation en relation. Il avait tout pour être heureux: un travail respecté, une femme aimante, deux enfants mais un jour, il se sent attiré par Cathleen, qu’il rencontre d’abord au parc, puis dans des hôtels. Poussé par la passion et très vite lassé, il recherche d’autres femmes, se lançant dans de nouvelles relations de plus en plus glauques. C’est le récit d’un homme qui perd toute notion de la normalité, un homme qui se laisse entraîner dans la spirale infernale des passions, un homme qui s’oublie lui-même et les autres. JCO nous fait pénétrer dans son esprit, dans les méandres de ses pensées, un procédé qu’elle a utilisé tout au long des années 1970 avec plus ou moins de succès (en général, plutôt moins, c’est assez ardu à lire). Dans le cas de ce roman, ces pensées sont relativement accessibles mais lassent cependant sur la longueur. Mon challenge JCO s’est fort ralenti et la raison principale est le manque de romans qui racontent une histoire, qui donnent les points de vues de plusieurs personnes, qui ne parlent pas uniquement des esprits malades d’un seul narrateur. Plus que deux romans de cette période et je peux entamer les années 1980 avec Bellefleur qui est probablement plus passionnant !

Book_RATING-30

Wild

9782264062208Cheryl Strayed, Wild: j’avais repéré ce livre sur différents blogs – je ne sais plus trop lesquels – mais j’ai été convaincue par les commentaires très positifs. Cheryl Strayed décide sur un coup de tête de parcourir à pied la Pacific Crest Trail, un chemin suivant les crêtes du Pacifique, partant de la frontière mexicaine, traversant la Californie, la Sierra Nevada, l’Oregon, l’état de Washington et se terminant à la frontière canadienne. Elle est totalement inexpérimentée et affublée d’un sac à dos bien vite baptisé “Monster”. Elle essaie d’oublier que sa vie est un désastre: sa mère est décédée d’un cancer, elle vient de divorcer parce qu’elle a trompé son mari de nombreuses fois, notamment avec un homme qui lui a fait découvrir la drogue. Sa randonnée est une fuite, une manière d’oublier dans l’effort. Car les 1700 kilomètres qui l’attendent ne seront pas de tout repos. Pendant 500 pages, Cheryl Strayed raconte son passé et sa marche et les deux sont passionnants. Elle se dévoile sous toutes ses facettes, celle d’une femme perdue et sensible mais aussi celle d’une femme forte qui arrive à se créer une nouvelle vie. J’ai adoré récit qui mêle émotions et description d’une nature superbe, et cela m’a poussé à regarder le film de Jean-Marc Vallée avec Reese Witherspoon – un film qui ne rajoute pas trop d’éléments accrocheurs. J’en ai aussi profité pour faire quelques recherches sur le PCT, lisant au passage des récits d’autres personnes qui l’ont parcouru.

Book_RATING-45

Sucre noir

cvt_sucre-noir_8504Miguel Bonnefoy, Sucre noir: Severo Bracamonte arrive un jour dans un village des Caraïbes pour partir à la recherche du trésor du pirate Henry Morgan qui se serait échoué là trois siècles plus tôt. Il est hébergé par la famille Otero et se marie avec la fille, Serena. Le roman est centré sur l’histoire de cette femme, de ses rêves, mais aussi sur sa vie avec Severo et sur le développement de la plantation de canne à sucre. Et sur leur désir d’enfant. Ce court roman (200 pages) sous forme de fable relate toute une vie et survole souvent des périodes entières, ce qui m’a laissée un peu sur ma faim. On y retrouve cependant une belle description des villages côtiers (du Venezuela ?), parfois imbibée de magie et de surnaturel. Quant à la conclusion, elle insiste trop à mon goût sur des préceptes bien catholiques du bien et du mal et de l’équilibre des choses. Bref, je n’ai pas été séduite par ce roman sud-américain écrit en français.