Conquerors: how Portugal forged the first global empire

Roger Crowley, Conquerors: how Portugal forged the first global empire: il y a quelques mois, je souhaitais en apprendre plus sur l’exploration et la découverte des nouveaux territoires en Asie et dans l’Océan Pacifique à partir de la fin du 15e siècle. Et à ce moment-là, un ami m’a prêté ce livre. Il s’attache à une période bien plus courte que celle qui m’intéressait, et à un territoire bien plus réduit mais il s’est avéré passionnant. Dès la fin du 15e siècle, les marins portugais commencent à longer les côtes de l’Afrique, pour finalement réussir à les contourner et arriver en Inde en 1498. Dès lors commence une conquête des richesses et de divers lieux qui deviennent des comptoirs. Cela n’a pas été sans mal et il y a eu de nombreux revers de situation. Roger Crowley explique ceci avec minutie mais tout en gardant un style très accessible. Un livre que j’ai lu lentement au départ et que j’ai dévoré sur le fin. Même si j’aurais aimé en savoir plus sur le voyage de Magellan qui n’est pas abordé, j’ai appris énormément de choses sur cette époque, et tout particulièrement sur les horreurs de la conquête, menée par des hommes durs et violents, parfois très loyaux, mais surtout avides de richesses.

A place for us

Fatima Farheen Mirza, A place for us: L’histoire commence au mariage de Hadia. Elle est musulmane, d’origine indienne mais est née en Californie. Son frère Amar est présent, alors qu’il avait tourné le dos à sa famille depuis trois ans. Au fil du roman, Hadia, Amar et Huda – l’autre sœur, mais aussi leurs parents Layla et Rafiq racontent leur histoire comme famille d’immigrés, observant strictement leur religion. Les deux filles aînées s’adaptent sans trop de problèmes aux règles de leur père, mais Amar est en révolte. Depuis qu’il est enfant, il est plus difficile, différent. Le récit n’est pas chronologique mais il n’est pas trop compliqué de suivre l’histoire. Elle se dénoue dans la dernière partie mais j’ai trouvé le temps très long. Mirza raconte les choses du quotidien, les petites histoires, avec beaucoup de sensibilité et de justesse, mais rien ne m’a semblé très passionnant, même la révolte d’Amar. Je n’ai aucune affinité avec des familles dont la vie est régie par la religion et cela me met même un peu mal à l’aise. Sans doute que j’avais espéré quelque chose de plus radical pour Amar et pour ses sœurs. Une déception.

Paris to Calcutta: men and music on the desert road

Deben Bhattacharya, Paris to Calcutta: men and music on the desert road: à vrai dire, il s’agit ici d’un coffret de quatre disques édité par le label Sublime Frequencies, accompagné d’un livre contenant textes et photos de Deben Bhattacharya. Celui-ci a tout au long de sa vie enregistré des musiques traditionnelles en Europe et en Asie, et il raconte ici son voyage de 1954, partant d’Angleterre pour rejoindre son pays, l’Inde, par la route. Il parle de l’hospitalité des gens rencontrés dans les différentes régions traversées et de ses enregistrements de chansons et musiques auprès de différents peuples. Un document très intéressant pour qui s’intéresse aux voyages et à la musique.

The glass palace

Amitav Ghosh, The glass palace: l’histoire commence en 1885 avec l’invasion des Britanniques en Birmanie. Rajkumar n’est alors qu’un jeune garçon orphelin pris sous l’aile d’un batelier. Bloqué à Mandalay à cause de l’arrivée des troupes étrangères, il assiste au pillage du palais royal et y croise la jeune Dolly, une nounou d’un des enfants royaux. Cette jeune fille fait une forte impression sur lui. Le roman suit la vie de Rajkumar, sa débrouillardise, son activité dans le commerce du bois, la richesse qui en découle. D’un autre côté, Amitav Ghosh raconte l’exil du roi birman et de sa famille en Inde, où Dolly reste fidèle à sa maîtresse. Rajkumar ne l’a pas oubliée et part à sa recherche. Et l’histoire continue, relatant la vie d’une famille, les mariages, les enfants, les bonheurs et malheurs et surtout le cours de l’histoire – le roman se termine au début des années 1990.

J’ai trouvé le début fort long, j’ai même failli abandonner et puis d’un coup, l’histoire s’accélère (quand Rajkumar retrouve Dolly) et devient bien plus passionnante. J’ai adoré cette plongée dans l’histoire de la Birmanie mais aussi de l’Inde et de la Malaisie, alors colonies britanniques puis envahies par les Japonais et devenant enfin des pays indépendants. Le style d’écriture par contre ne m’a pas marquée plus que ça. A vrai dire, ce roman était dans ma PAL depuis mon voyage en Birmanie – il était conseillé partout comme indispensable à lire quand on visite le pays – mais il n’en parle que peu en fin de compte, se focalisant tout autant sur l’Inde et la Malaisie.

The hippie trail

Sharif Gemie and Brian Ireland, The hippie trail. A history: basé sur de nombreux interviews, ce livre propose de relater l’histoire de la hippie trail, ces voyages sur la route de l’Inde entrepris par de nombreux jeunes – pas spécialement hippies d’ailleurs – dans les années 1960 et 70. Il s’agit d’une étude anglaise et c’est donc ce point de vue là qui est abordé mais il peut sans doute s’étendre aux pays voisins. Les auteurs développent plusieurs thèmes: la drogue (non ce n’était pas le but premier de beaucoup de voyageurs), le sexe (idem), le tourisme et la recherche spirituelle. Un dernier chapitre quelque peu indépendant décrit comment ce périple a été raconté au cinéma et dans les romans. Je suis passionnée par le sujet et c’est la première étude que je lis à ce propos. Je l’ai trouvée fort académique mais néanmoins très intéressante, mettant à mal les clichés de la drogue et du sexe notamment. A vrai dire, de nombreux voyageurs sont partis pour l’esprit de découverte, pour l’aventure, et sont revenus changés juste par le périple. C’est un portrait d’une époque et d’une minuscule frange de la population qui désirait casser avec la vie bien rangée de leurs parents.

Peut-être connaissez-vous des personnes qui sont parties à cette époque sur la route ? J’aimerais beaucoup entendre leurs histoires !

The newlyweds

Nell Freudenberger, The newlyweds: Amina est une jeune femme vivant au Bangladesh, avec ses parents. Elle cherche à émigrer aux Etats-Unis en épousant un Américain. Par l’intermédiaire d’un site de rencontres, elle trouve George avec qui elle se marie. Le roman raconte sa vie aux USA, ses relations avec ses parents restés au pays, ses essais de s’intégrer à la vie locale, les différences de culture. Le sujet est à la base fort intéressant mais j’ai trouvé le temps un peu long. Tout est décrit et l’intrigue n’avance que très peu, intrigue fort simple au final. Je n’ai jamais trop compris quels étaient les problèmes du père d’Amina ni pourquoi son ami Nasir évolue de cette manière. Bref, j’attendais du romanesque et j’ai reçu une tranche de vie très normale.

(J’ai choisi ce livre parce que j’ai décidé de vider ma PAL, en commençant par les plus anciens. L’idée est de lire au moins les vingt premières pages et d’abandonner si je n’accroche pas – plusieurs livres ont déjà disparu de cette manière.)

Girls burn brighter

34275212Shobha Rao, Girls burn brighter: Poormina et Savitha sont deux jeunes filles vivant dans un village reculé de l’Inde. Elles sont fileuses et tisseuses et leurs familles sont extrêmement pauvres. C’est un monde de mariages arrangés: Poormina épouse un homme qu’elle n’a pas rencontré et devient la servante de la belle famille. Pendant ce temps, Savitha a fui le village suite à un viol. Poormina partira à sa recherche, suivant un long chemin semé d’embûches. Difficile de décrire ce roman sans trop raconter l’histoire… Une chose est certaine: il est très dur et montre une image assez horrible de la condition des femmes indiennes. J’ai repensé au “torture porn” de la seconde saison de The handmaid’s tale, et certaines pages étaient quasi insoutenables, ce qui a nui à ma lecture. Il faut sans doute parler de ces problèmes mais était-ce nécessaire de tous les accumuler dans un roman ? Et je ne parle pas de la fin, qui est telle un cliffhanger de fin de saison d’une série. Et pourtant, je mets 3 étoiles à ce livre, parce qu’il a un intérêt certain et montre des femmes déterminées à survivre. (Et c’est le hasard le plus complet qui m’a fait lire deux romans aux titres très proches: La fille qui brûle et Girls burn brighter).