Girls burn brighter

34275212Shobha Rao, Girls burn brighter: Poormina et Savitha sont deux jeunes filles vivant dans un village reculé de l’Inde. Elles sont fileuses et tisseuses et leurs familles sont extrêmement pauvres. C’est un monde de mariages arrangés: Poormina épouse un homme qu’elle n’a pas rencontré et devient la servante de la belle famille. Pendant ce temps, Savitha a fui le village suite à un viol. Poormina partira à sa recherche, suivant un long chemin semé d’embûches. Difficile de décrire ce roman sans trop raconter l’histoire… Une chose est certaine: il est très dur et montre une image assez horrible de la condition des femmes indiennes. J’ai repensé au “torture porn” de la seconde saison de The handmaid’s tale, et certaines pages étaient quasi insoutenables, ce qui a nui à ma lecture. Il faut sans doute parler de ces problèmes mais était-ce nécessaire de tous les accumuler dans un roman ? Et je ne parle pas de la fin, qui est telle un cliffhanger de fin de saison d’une série. Et pourtant, je mets 3 étoiles à ce livre, parce qu’il a un intérêt certain et montre des femmes déterminées à survivre. (Et c’est le hasard le plus complet qui m’a fait lire deux romans aux titres très proches: La fille qui brûle et Girls burn brighter).

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A breath of fresh air

101381Amulya Malladi, A breath of fresh air: le 3 décembre 1984, la jeune Anjali attend son mari à la gare de Bhopal mais il est en retard. Elle subit la catastrophe mais survit miraculeusement. Un certain nombre d’années plus tard, Anjali s’est remariée avec Sandeep. Tous deux sont enseignants dans la petite ville d’Ooty et leurs salaires sont juste suffisants pour soigner leur fils – né malade. Un jour, Anjali revoit son premier mari et cela fait ressortir toute sa colère. L’auteur d’origine indienne Amulya Malladi raconte cette histoire en prenant les divers points du vue des protagonistes et en alternant chapitres se passant au présent et au passé. Elle fait en même temps le portrait d’une société indienne encore fort ancrée dans les traditions, même s’il s’agit ici une histoire contant la classe moyenne. Mariage arrangé et divorce restent des points sensibles. J’ai apprécié ma lecture mais ma note reste moyenne: j’ai trouvé qu’il y avait certaines longueurs et que l’écriture était relativement banale. Ce qui ne m’empêchera pas de lire d’autres romans de cet auteur, ainsi que d’autres romans qui se passent en Inde et/ou d’auteurs indiens.

The widows of Malabar Hill

35133064Sujata Massey, The widows of Malabar Hill: Bombay, 1921 – Perveen Mistry, une jeune femme ayant étudié le droit à Oxford, travaille dans l’étude d’avocats de son père. Elle appartient à une importante famille de la ville mais a un passé mouvementé. Elle s’intéresse à l’héritage des trois veuves d’Omar Farid, des femmes qui vivent à l’écart du monde, enfermées dans les quartiers privés de la demeure, selon d’anciennes traditions. Le testament lui semble suspect: pourquoi les trois femmes légueraient-elles tous leurs biens à une oeuvre de charité, perdant par cette occasion tout moyen de subsistance ? C’est à ce moment qu’est commis le meurtre de l’homme qui a été nommé comme leur gardien par Omar Farid. Perveen commence alors son enquête, essayant de défendre au mieux les jeunes femmes. Le récit fait également quelques retours vers le passé et raconte comment Perveen est tombée amoureuse de Cyrus quelques années auparavant. Sujata Massey a fait de nombreuses recherches pour écrire ce roman, s’inspirant de la vie d’une des premières juristes féminines de Bombay. Elle nous dévoile un monde peu connu, celui des femmes qui vivent dans l’isolement et décrit minutieusement le Bombay des années 20. Tous ces détails sont passionnants mais le roman manque un peu de rythme et m’a paru un peu long par moments.

Hot tea across India

13149984Rishad Saam Mehta, Hot tea across India: après mon voyage en Inde, j’étais évidemment très tentée par la lecture d’un récit de voyage dans ce pays. L’auteur, Rishad Saam Mehta, originaire de Bombay, est parti de la constatation que partout en Inde il est possible de boire une tasse de chaï bien chaud avant de continuer sa route. Il raconte ses périples en moto et voiture, parfois même en camion, de Bombay à Delhi, à Kajuraho, mais surtout dans le nord, sur les routes de l’Himalaya. Il y rencontre diverses personnes qui lui offrent à boire et qui lui parlent de leur vie ou de la région. C’est un livre très plaisant à lire, rempli d’anecdotes amusantes, une diversion agréable entre des romans, et une manière d’appréhender l’Inde telle qu’elle est vue par un Indien.

The last 23 days…

Ces derniers 23 jours…

  • j’ai pris cinq avions différents, dont un qui avait une heure de retard mais sans conséquences pour la suite du trajet
  • j’ai été dans des aéroports gigantesques et dans un aéroport de province
  • j’ai visité le Rajasthan
  • et j’ai vu une des merveilles du monde, le Taj Mahal
  • tout comme 40.000 autres personnes ce jour-là
  • j’ai été dans la foule
  • mais il y a aussi eu des moments de calme
  • il a fait chaud – jusqu’à 38°
  • mais c’était une chaleur sèche
  • à la fin du séjour, le temps s’était rafraîchi – moins de 20° la nuit
  • je n’ai pas vu une seule goutte de pluie
  • j’ai dormi dans des hôtels modernes
  • mais aussi dans des anciens palais plein de charme
  • et dans une tente dans le désert
  • marcher dans les rues est assez éprouvant – entre les humains, les motos, les tuk tuk, les immondices et les bouses de vache
  • mais c’est une expérience en soi
  • j’ai parcouru la région en minibus
  • avec un chauffeur qui maîtrisait l’art d’éviter les nombreux obstacles et de contourner les règles de circulation
  • comme tout le monde d’ailleurs
  • mais j’ai aussi pris des jeeps, trains, tuk tuk et un bateau
  • et même un dromadaire
  • les tigres et les léopards ne se sont pas montrés
  • mais j’ai vu d’autres animaux
  • dont un porc-épic qui s’enfuyait
  • midi et soir, c’était curry
  • avec souvent une combinaison de riz, pommes de terres et pain
  • mais aussi beaucoup de légumes
  • et de la viande grillée ou en sauce
  • j’ai vu des forts et des palais, aux pierres finement découpées
  • mais aussi la campagne et le désert
  • j’ai écouté de la bonne musique
  • et de la moins bonne
  • j’ai acheté des épices
  • des écharpes
  • des housses de coussins
  • et un beau collier
  • mais ce n’est pas grand chose face à la frénésie d’achats des mes compagnons du groupe
  • j’ai parlé anglais pendant trois semaines
  • et tenté de comprendre l’hinglish (un mélange d’anglais et d’hindi)
  • la compagnie était très agréable (nous n’étions que cinq – ce n’était donc pas gagné)
  • le wifi étant ce qu’il était, j’ai fait une cure de “digital detox”
  • tout en tentant de publier au moins une photo par jour sur instagram
  • ce qui était parfois un vrai défi
  • et donc j’ai parfois abandonné
  • le rythme des visites était fort soutenu au début du voyage
  • mais s’est calmé vers la fin
  • le Rajasthan est très photogénique
  • je n’ai pas arrêté de prendre des photos
  • surtout en respectant la symétrie
  • et au total, je dois atteindre les 2000 clichés, voire plus
  • j’avoue que j’ai eu du mal à vraiment être vraiment présente et à profiter
  • mon attention était happée par la foule, la circulation, où mettre mes pieds et ne pas cogner ma tête
  • la région est cependant magnifique et je comprends que ce soit une destination classique
  • ce voyage confirme que je préfère l’Asie du Sud-Est ou le Japon
  • mais m’invite cependant à approfondir l’Inde
  • peut-être pas tout de suite
  • mais j’y retournerai
  • je pense que j’ai encore besoin d’un peu de temps pour emmagasiner toutes les expériences vécues ces dernières semaines
  • et je suis pour le moment encore incapable de dire quelle partie j’ai préféré
  • aujourd’hui je reprends ma vie habituelle
  • mais je garderai de bons souvenirs de mon séjour

(Un récit de voyage plus complet suivra – dans des délais plus ou moins éloignés.)

Short diary of the week (213)

Lundi: au moins aujourd’hui j’ai une raison d’être fatiguée, mais cela n’améliore pas mon état de santé général, le boulot habituel, un questionnaire pour un visa indien long – très long – heureusement que je me souviens où est née ma maman – par contre je n’ai plus le n° du visa de mon voyage en 1999 – après info NA fonctionne aussi, ou comment un tout petit bout de journée est plus intéressant à raconter que le reste, The Deuce, terminer un roman

Mardi: le retour des métros en retard et bondés, commencer un nouveau roman, un bel objet, déplacer mon rdv chez le dentiste pour aller au vernissage d’une grande expo, apprendre par la suite que je ne pourrai peut-être pas y aller pour cause de grève, me sentir complètement vidée et finalement appeler le médecin qui me donne rendez-vous le lendemain, des problèmes de métro – à nouveau, Halt and Catch Fire, Longmire

Mercredi: me lever pas du tout en forme, des vertiges, le premier épisode de la série Vietnam de Kevin Burns, aller chez le médecin qui malgré mon rendez-vous est débordé, attendre deux heures, me faire ausculter de partout pour exclure toute autre possibilité, prescription de repos pendant 10 jours, Longmire – fin de la quatrième saison

Jeudi: enfin aller faire ma demande de visa indien, en profiter pour faire quelques courses avant de rentrer me reposer, ne pas faire grand chose, le deuxième épisode de la série documentaire Vietnam, Longmire – début de la cinquième saison

Vendredi: me rendre compte que j’ai repoussé pendant des semaines une série de choses à faire pour moi et qu’elles se sont accumulées à tel point que je ne sais plus par quoi commencer, un rendez-vous très apprécié chez Coyote, cuisiner avec le contenu du frigo presque vide, Vietnam, une longue conversation avec une amie

Samedi: hésiter sur les activités de la matinée, c’est un peu court pour faire les trois courses prévues – reportons donc à plus tard, lors de la visite du samedi donner des conseils à mon papa à propos des relations avec une personne dépressive, passer l’aspirateur, lire au jardin, préparer un couscous, ce n’est jamais aussi bon qu’au restaurant, Vietnam, Longmire, tenter de terminer mon livre mais le sommeil l’emporte

Dimanche: si je me rendors maintenant je serai en retard à la zumba, aller à la zumba, les dernières parties du rangement, une après-midi très animée et des masses de vêtements à échanger, quelques belles pêches pour mon futur voyage, bien fatiguée après tout ça, deux épisode de Vietnam

Nulle part

9782246811824_zpszhja8petKalyan Ray, Nulle part: ce gros pavé de plus de 600 pages m’a été conseillé par une libraire qui en a parlé avec beaucoup de passion. Le sujet avait beaucoup pour me plaire – une chronique familiale au travers des siècles et des continents. Le livre commence par la fin, par la mort d’un couple en Nouvelle-Angleterre – l’arbre généalogique situé en début du livre permet de comprendre qu’une longue histoire se termine avec cet épisode. En 1843, en Irlande à la veille de la grande famine, Padraig Aherne et Brendan McCarthaigh sont les meilleurs amis du monde mais les hasards de la vie vont les séparer. Padraig se retrouve en Inde, à Calcutta; Brendan devient père malgré lui, s’occupant de la petite fille de Padraig, un enfant qu’il n’a jamais connu.

De génération en génération, Kalyan Ray raconte les aventures des deux héros et de leurs descendants, face aux événements du monde: la famine irlandaise, l’époque coloniale en Inde, la scission de l’Inde et du Bangladesh, l’immigration aux Etats-Unis, la vie à New York au début du 20e siècle… Ce roman de grande envergure est par moments passionnants, surtout la première moitié. Je n’ai jamais été fort intéressée par l’Irlande mais la description de la vie sur place à l’époque de famine est très détaillée et j’ai été touchée par les personnages. La partie indienne semble introduire quelques éléments surnaturels mais ils ne sont pas vraiment exploités; c’est plutôt la vie quotidienne à Calcutta et au Bangladesh qui est mise en avant, ce qui m’a évidemment fort intéressé.

Par contre, j’ai eu l’impression que l’auteur a eu peur d’ennuyer son lecteur et qu’il a donc rajouté des couches: aucun personnage n’a une vie vraiment heureuse, les catastrophes s’accumulent, parfois au point d’en être grotesques (je pense à un épisode à New York – il faut vraiment un hasard inexplicable pour qu’une telle chose arrive). Ces exagérations ont un peu plombé ma lecture mais il ne me restait à ce moment-là plus que 200 pages que j’ai vite avalées. Un commentaire encore sur le style: il est très fleuri, parfois un peu alambiqué et il faut un certain moment d’adaptation, surtout au début du livre. J’ai été assez énervée par ces personnages qui répétaient constamment des phrases telles “ma chère Irlande”. Je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé ce roman-fleuve – il y a des passages superbes – mais je dois bien avouer qu’il était trop long et trop exagéré sur la fin.