Short diary of the week (213)

Lundi: au moins aujourd’hui j’ai une raison d’être fatiguée, mais cela n’améliore pas mon état de santé général, le boulot habituel, un questionnaire pour un visa indien long – très long – heureusement que je me souviens où est née ma maman – par contre je n’ai plus le n° du visa de mon voyage en 1999 – après info NA fonctionne aussi, ou comment un tout petit bout de journée est plus intéressant à raconter que le reste, The Deuce, terminer un roman

Mardi: le retour des métros en retard et bondés, commencer un nouveau roman, un bel objet, déplacer mon rdv chez le dentiste pour aller au vernissage d’une grande expo, apprendre par la suite que je ne pourrai peut-être pas y aller pour cause de grève, me sentir complètement vidée et finalement appeler le médecin qui me donne rendez-vous le lendemain, des problèmes de métro – à nouveau, Halt and Catch Fire, Longmire

Mercredi: me lever pas du tout en forme, des vertiges, le premier épisode de la série Vietnam de Kevin Burns, aller chez le médecin qui malgré mon rendez-vous est débordé, attendre deux heures, me faire ausculter de partout pour exclure toute autre possibilité, prescription de repos pendant 10 jours, Longmire – fin de la quatrième saison

Jeudi: enfin aller faire ma demande de visa indien, en profiter pour faire quelques courses avant de rentrer me reposer, ne pas faire grand chose, le deuxième épisode de la série documentaire Vietnam, Longmire – début de la cinquième saison

Vendredi: me rendre compte que j’ai repoussé pendant des semaines une série de choses à faire pour moi et qu’elles se sont accumulées à tel point que je ne sais plus par quoi commencer, un rendez-vous très apprécié chez Coyote, cuisiner avec le contenu du frigo presque vide, Vietnam, une longue conversation avec une amie

Samedi: hésiter sur les activités de la matinée, c’est un peu court pour faire les trois courses prévues – reportons donc à plus tard, lors de la visite du samedi donner des conseils à mon papa à propos des relations avec une personne dépressive, passer l’aspirateur, lire au jardin, préparer un couscous, ce n’est jamais aussi bon qu’au restaurant, Vietnam, Longmire, tenter de terminer mon livre mais le sommeil l’emporte

Dimanche: si je me rendors maintenant je serai en retard à la zumba, aller à la zumba, les dernières parties du rangement, une après-midi très animée et des masses de vêtements à échanger, quelques belles pêches pour mon futur voyage, bien fatiguée après tout ça, deux épisode de Vietnam

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Nulle part

9782246811824_zpszhja8petKalyan Ray, Nulle part: ce gros pavé de plus de 600 pages m’a été conseillé par une libraire qui en a parlé avec beaucoup de passion. Le sujet avait beaucoup pour me plaire – une chronique familiale au travers des siècles et des continents. Le livre commence par la fin, par la mort d’un couple en Nouvelle-Angleterre – l’arbre généalogique situé en début du livre permet de comprendre qu’une longue histoire se termine avec cet épisode. En 1843, en Irlande à la veille de la grande famine, Padraig Aherne et Brendan McCarthaigh sont les meilleurs amis du monde mais les hasards de la vie vont les séparer. Padraig se retrouve en Inde, à Calcutta; Brendan devient père malgré lui, s’occupant de la petite fille de Padraig, un enfant qu’il n’a jamais connu.

De génération en génération, Kalyan Ray raconte les aventures des deux héros et de leurs descendants, face aux événements du monde: la famine irlandaise, l’époque coloniale en Inde, la scission de l’Inde et du Bangladesh, l’immigration aux Etats-Unis, la vie à New York au début du 20e siècle… Ce roman de grande envergure est par moments passionnants, surtout la première moitié. Je n’ai jamais été fort intéressée par l’Irlande mais la description de la vie sur place à l’époque de famine est très détaillée et j’ai été touchée par les personnages. La partie indienne semble introduire quelques éléments surnaturels mais ils ne sont pas vraiment exploités; c’est plutôt la vie quotidienne à Calcutta et au Bangladesh qui est mise en avant, ce qui m’a évidemment fort intéressé.

Par contre, j’ai eu l’impression que l’auteur a eu peur d’ennuyer son lecteur et qu’il a donc rajouté des couches: aucun personnage n’a une vie vraiment heureuse, les catastrophes s’accumulent, parfois au point d’en être grotesques (je pense à un épisode à New York – il faut vraiment un hasard inexplicable pour qu’une telle chose arrive). Ces exagérations ont un peu plombé ma lecture mais il ne me restait à ce moment-là plus que 200 pages que j’ai vite avalées. Un commentaire encore sur le style: il est très fleuri, parfois un peu alambiqué et il faut un certain moment d’adaptation, surtout au début du livre. J’ai été assez énervée par ces personnages qui répétaient constamment des phrases telles “ma chère Irlande”. Je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé ce roman-fleuve – il y a des passages superbes – mais je dois bien avouer qu’il était trop long et trop exagéré sur la fin.

Le curry

9782228904230_zpswzprf3jvLizzie Collingham, Le curry. Une histoire gastronomique de l’Inde: à travers ce livre, c’est une grande partie de l’histoire de l’Inde qui est racontée: le rôle des Moghols et de la cuisine persane, celui de la médecine ayurvédique dans l’association des épices, celui des colonisateurs – les Portugais ont amené des ingrédients d’Amérique comme le piment, les Britanniques ont introduit leurs propres habitudes et inversement. Certains currys ont des origines lointaines, d’autres sont typiquement anglo-indiens. Lizzie Collingham s’attache à décrire toutes ces évolutions et rencontres, s’intéressant dans chaque chapitre à un plat en particulier. Elle passe en revue le biryani, le vindaloo, le korma, le curry de Madras ainsi que la diffusion de cette cuisine dans le monde entier. C’est un livre intéressant mais qui a comporte parfois certaines longueurs, ce qui n’empêche pas que j’ai appris pas mal de nouvelles choses.

The fishing fleet

51kn1wapkpl-_sx320_bo1204203200__zpsbskypz74Anne De Courcy, The fishing fleet. Husband-hunting in the Raj: je suis tombée sur ce livre par hasard, au détour de mes recherches sur les femmes voyageuses et l’Inde coloniale. Phénomène apparement très connu des Britanniques (mes compagnons de voyage au Sri Lanka étaient au courant), la Fishing Fleet était un mystère pour moi. Sous le Raj, sous la domination britannique en Inde donc, de nombreuses jeunes filles étaient envoyées dans la colonie pour épouser l’un des nombreux hommes célibataires qui y travaillaient, que ce soit dans le service civil ou dans l’armée. Il était en effet très mal vu, voire même interdit, d’épouser une Indienne car on ne mélangeait pas les races à cette époque. Anne De Courcy s’est basée sur de nombreux journaux intimes de l’époque ainsi que sur d’autres documents historiques pour décrire la vie de ces femmes, de leur départ en bateau jusqu’à leur arrivée et leur vie sur place. Elle parle des rencontres, des bals, des promenades et chasses au tigre, des mariages mais aussi de la vie parfois difficile après l’union – dans des contrées isolées sans le moindre médecin à proximité alors que ces lieux grouillaient de bêtes sauvages et de maladies tropicales. Je ne dirais pas que cela se lit comme un roman – j’ai mis plusieurs mois à terminer le livre – mais ce qui est décrit est passionnant, c’est une tranche de vie des colonies, sous les tropiques. Ce qui me fait penser que je devrais chercher un équivalent pour l’Indochine – si ça existe.

Book_RATING-40

Huit jours aux Indes

9782369142744_zpsnjcgdmzzEmile Guimet, Huit jours aux Indes: aujourd’hui surtout connu pour le musée qui porte son nom, Emile Guimet était un grand voyageur et a rédigé de nombreuses études sur l’Asie. Dans ce court récit, il raconte les huit jours qu’il a passé en Inde du Sud en 1876, de Colombo à Madras. Il décrit son voyage mais s’attarde surtout sur les monuments qu’il visite, racontant par la même occasion de nombreuses histoires de la mythologie indienne. Il émet des théories archéologiques et tente de tisser des liens avec la culture antique européenne. Il propose un regard sur l’Inde qui est marqué par son époque mais contenant bien moins de remarques que l’on pourrait considérer comme racistes aujourd’hui que dans d’autres récits. Dommage que l’éditeur ait choisi comme couverture une gravure représentant des minarets d’Ahmedabad, à des lieues de l’architecture hindouiste de l’Inde du Sud.

 

Indian Summers (Random remarks about…)

Indian Summers est une série britannique diffusée sur Channel 4 depuis la mi-février. Elle se déroule en Inde, dans la station climatique de Simla dans les contreforts de l’Himalaya, où se réfugiaient les coloniaux pendant l’été torride pour trouver un peu de fraîcheur, pendant les années 1930. Les premiers troubles menant vers l’indépendance commencent tandis que la société coloniale est encore bien ancrée et présente. Il n’y a pas que l’aspect politique qui est présenté mais aussi la vie quotidienne avec tous les ragots et cancans, ainsi que le point de vue des Indiens. J’en suis pour le moment au troisième épisode mais je compte regarder la suite. Evidemment, dès qu’on parle de colonies en Asie, j’aime ça.

  • Seuls quelques plans d’ensemble montrent effectivement Simla (ou Shimla), probablement avec plein d’effets spéciaux vu que le ville s’est fort agrandie et modernisée. La série a été tournée à Penang Hill, en Malaisie. Simla est situé à 2205 m tandis que Penang Hill à 735 m d’altitude. Ce qui explique certaines de mes remarques sur la végétation ci-dessous.
  • Le club des coloniaux est en fait le même bâtiment que celui utilisé dans le film Indochine. A l’abandon depuis lors, il a dû être nettoyé et le terrain autour défriché et transformé en jardin.
  • La maison du pasteur et sa femme est aujourd’hui un hôtel.
  • Pour la maison de Ralph Whelan, je me demande toujours s’il s’agit de vraies glycines ou si elles ont été photoshopées. Dans l’épisode 3, on les voit de plus près et ça pourrait être une plante tropicale qui ressemble fort à une glycine mais je ne suis sûre de rien.
  • Les hortensias dans le jardin du pasteur et de sa femme ont l’air véritables, même si probablement pas adaptés au climat de Malaisie.
  • L’étalonnage met en avant des tons très chauds, dorés et cuivrés, qui donnent une atmosphère aux images. Un parti pris sans doute utile pour pouvoir tourner aussi les jours nuageux.
  • L’introduction de la vie quotidienne indienne permet d’ajouter encore plus de couleurs vives.
  • Les robes ne sont pas spécialement flamboyantes mais elles m’intéressent: que mettaient les femmes dans un climat tropical à cette époque ?
  • Il y a un petit côté Downton Abbey mais l’univers est bien plus large, pas limité à une famille.
  • Le racisme britannique est montré sans honte mais peut choquer aujourd’hui.
  • Quelques-uns des personnages sont déjà horripilants après trois épisodes et je suis curieuse de connaître la suite de l’histoire pour d’autres, notamment pour le patron de la plantation de thé et son neveu.
  • J’ai lu quelque part que Cynthia Coffin, interprétée par Julia Walters, était bien plus intéressante que Lady Violet de Downton Abbey. Franchement, non. Mais ça peut encore venir.
  • La musique de Stephan Warbeck me laisse de marbre. Oui, il a utilisé des tablas, mais le côté électronique par moments me dérange.
  • Une deuxième saison est prévue.

Beyond the pancake trench

9789745240476_p0_v2_s260x420Tom Vater, Beyond the pancake trench. Road tales from the wild East: cela faisait plusieurs années que je tournais autour de ce livre sans l’acheter. Et puis je l’ai vu chez Monument Books à l’aéroport de Yangon mais je ne voulais pas payer 30$, sachant qu’il était bien moins cher en librairie occidentale (environ 16€). En rentrant, je me suis donc sentie obligée de l’acheter. Je connaissais déjà Tom Vater grâce au disque édité chez Topic, The Moken: Sea Gypsies of the Andaman Sea et j’ai découvert qu’il était l’auteur des guides Lonely Planet sur le Cambodge. Dans ce livre publié en 2004, il raconte des expériences diverses en Thaïlande, en Inde, au Camboge, au Vietnam et au Laos. Ce sont souvent des instantanés qui décrivent des pays qui ont fort changé depuis. Le Cambodge à cette époque était encore vraiment un far-west, où se rejoignaient pédophiles, drogués et gangsters. Ses descriptions de Bangkok font vivre une certaine facette de la ville, pas la plus touristique, plutôt celle qui est dans l’ombre, celle des soirées et des bars. Un extrait du chapitre “Cambodia, Phnom Penh – The Heart of Darkness”:

“The ‘Heart’ as the local moto-drivers call it, opens late, gets busy round midnight and closes when the last customer leaves. Tarantino’s Titty Twister doesn’t come close to the madness that erupts on the dance floor. And on a really packed night, the Dead Kennedys’ ‘It’s a holiday in Cambodia’ spins out the speakers. It’s the ultimate post-modernist experience. Jello Biafra yells ‘Pol Pot, Pol Pot’, the girls pop pills, the old guys at the bar try to keep the latest joint together, the rich Khmers in the corner, who remember the horror as if it had been yesterday, don’t give it a second thought.”

A lire !

2015 Reading challenge: A book set in a different country, A nonfiction book, A book by an author you’ve never read before

Book_RATING-40