At the movies – 22 (1990s)

My Own Private Idaho – un de mes films préférés de tous les temps

J’ai mis pas mal de temps a composer cette liste, je l’ai en effet commencée en décembre et il y a clairement un fil rouge: le filmographie de Keanu Reeves.

Point Break, Kathryn Bigelow (1991) – 4/5: je n’avais plus vu ce film depuis les années 1990 (je l’avais sans doute vu plusieurs fois, et j’avais acheté la cassette avec la – mauvaise – bande-son). Est-ce que c’est toujours aussi bien ? oui, mais en même temps, on voit que les films d’action ont énormément évolué en 30 ans – il suffit de regarder la série des John Wick. Il n’y avait pas encore tous les effets spéciaux et l’influence des arts martiaux était limitée, même si Patrick Swayze montre qu’il en est capable. Et puis, avec ce film que je suis tombée amoureuse du surf (de loin, sans penser en faire un jour moi-même). Ce qui n’est dit quasi nulle part (à part sur les pages concernant l’auteur), c’est que le film a été en partie inspiré par le livre de Kem Nunn, Surf City (Tapping the source, en v.o.) – quoique, après vérification, ce ne serait pas le cas, mais peu importe, j’y vois bien une inspiration possible. #52filmsbywomen #theKeanuReevesFilmography

The Matrix, The Wachowskis (1999) – 4/5: je crois qu’il y a une constante là: revoir les films avec Keanu Reeves. Mais c’est aussi parce qu’une quatrième partie sort bientôt (ceci a donc été écrit en décembre). C’est bizarre de revoir un film qu’on a adoré à l’époque. J’avoue que je me suis un peu ennuyée pendant la « mise en place », pendant la première moitié donc, mais la seconde partie passe toujours aussi bien. Par contre, cet étalonnage accentuant les verts m’a laissée sceptique, je préfère les tons plus francs, plus fluos, plus néon. J’ai aussi les films suivants sur ma pile à revoir (c’est fait entre-temps mais l’article est toujours en mode brouillon)… #theKeanuReevesFilmography

I Love You to Death, Lawrence Kasdan (1990) – 3/5: Rosalie (Tracey Ullman) découvre que son mari (Kevin Kline) est infidèle et décide de le tuer. Sauf que tout ne se passe pas comme prévu. Un film assez drôle avec comme ami du couple Devo (River Phoenix) et les candidats tueurs Harlan et Marlon (William Hurt et Keanu Reeves). Ce dernier est dans un rôle où il est complètement stoned et ne dit quasi rien. #theKeanuReevesFilmography

Suzaku, Naomi Kawase (Japon, 1997) – 3/5: j’avais vu ce film au cinéma à sa sortie et j’en avais gardé un excellent souvenir. Je voulais le revoir depuis longtemps mais la mauvaise copie en dvd m’avait retenu. Pas que cette copie-ci soit meilleure, et je pense que c’est ce qui a contribué à ma note très moyenne. Parce que quand il n’y a plus la beauté des images (dont les couleurs sont affadies par le mauvais transfert depuis la pellicule), il ne reste plus grand-chose, à part une histoire qui n’en est pas vraiment une dans un village isolé du Japon. Dommage. #52filmsbywomen

My Own Private Idaho, Gus Van Sant (1991) – 5/5: quand j’ai vu ce film à sa sortie, j’en suis tombée amoureuse et je l’ai longtemps considéré comme mon film préféré de tous les temps. Il me rappelle aussi cette relation (intime mais pas amoureuse) avec un garçon quand j’ai vécu un an à Louvain; il adorait aussi le film et m’avait offert le scénario, que j’ai toujours. Je me suis rendue compte que ça faisait bien 15 ans que je ne l’avais pas vu et c’est avec un peu d’appréhension que j’ai commencé mon visionnement. Je n’avais pas de soucis à me faire, la magie opère toujours. Il y a bien des moments où j’ai tiqué, comme le passage en Italie, mais c’est l’atmosphère générale qui me parle autant, très douce-amère, très proche de certains traits de mon caractère. Les deux acteurs principaux, River Phoenix et Keanu Reeves sont fantastiques, même si River en fait parfois un peu trop. J’ai sans doute fait plus attention à la musique qu’avant, mes connaissances ayant bien évolué depuis, et il y a cette magnifique chanson d’Eddy Arnord, « The Cattle Call », avec yodel. #theKeanuReevesFilmography

Bill & Ted’s Bogus Journey, Pete Hewitt (1991) – 2/5: je me doutais bien à l’avance que ce ne serait pas un grand film mais comme j’avais apprécié (et c’était une surprise) le premier de la série, je me suis dit que je pouvais donner une chance à celui-ci. Mais les seconds d’une série sont souvent moins bons: l’histoire est compliquée et se passe à des endroits trop improbables (entièrement filmés en studio et remplis de mauvais effets spéciaux): l’enfer, le paradis, le futur… J’ai cependant apprécié le personnage de la mort qui est très drôle, et à un autre niveau, les quelques bâtiments modernistes qui sont montrés quand on est dans un décor naturel. La musique de Steve Vai reste cependant tout aussi mauvaise ! A noter: Joey Burns et John Convertino ont été les coachs musicaux (bien avant qu’ils ne créent Calexico, donc) (oui, j’ai lu le générique). #theKeanuReevesFilmography

Dracula, Francis Ford Coppola (1992) – 3/5: j’avais adoré ce film à l’époque, je l’avais même sans doute vu avec mon papa et on avait été bluffés. Aujourd’hui, le film a un peu vieilli, je trouve, mais c’est peut-être dû à la très mauvaise qualité de la copie (en bluray pourtant) que j’ai vue. Restent les superbes costumes et certains décors inspirés de l’Art Nouveau, le côté gothique, Gary Oldman en un Dracula très troublant, une sensualité extrême. Bizarrement je n’ai pas accroché à Anthony Hopkins en Van Helsing, sans doute parce le Van Helsing de Buffy/Angel a pris le dessus dans ma mémoire. Avec aussi Keanu Reeves qui n’est pas à sa place, Winona Ryder et Tom Waits qui mange des mouches. #theKeanuReevesFilmography

At the movies – 17 (2020s)

Ali & Ava (dossier de presse d’Altitude Film Sales)

J’essaie de ne publier des notes que sur des films déjà sortis au cinéma en Belgique, mais parfois il y a l’une ou l’autre exception.

J’ai l’impression aussi que publier ces articles par décennie possède une logique mais du coup, on ne suit pas le cours de mes idées (j’ai des articles en brouillon dont le premier film a été vu en décembre, ou je parle ici d’un remake alors que j’ai vu l’original avant mais l’article n’est pas encore prêt), et du coup je me demandais si je devais changer ma manière de faire en publiant ces articles par ordre de visionnement (je ferais juste une exception pour les visions de presse en publiant les notes sur ces films juste après leur sortie).

La panthères des neiges, Marie Amiguet et Vincent Munier (France, 2021) – 4/5: un documentaire animalier mais pas que. C’est aussi une rencontre entre le photographe Vincent Munier et l’écrivain voyageur Sylvain Tesson (qui est moins horrible que d’habitude – je crois que le montage ne lui a pas laissé cette place). Je trouve dommage qu’on ne voie que les deux mecs par contre. La panthère quant à elle est superbe, de même que les autres animaux (mention spéciale au chat de pallas), ainsi que les paysages. Et cette musique de Warren Ellis et Nick Cave… #52FilmsByWomen (en partie)

The Story of my Wife, Ildikó Enyedi (Hongrie, 2021) – 2/5: Jakob (Gijs Naber) est capitaine au long cours. Suite à une boutade, il décide d’épouser la première femme qui entrera à ce moment dans le café. Lizzy (Léa Seydoux) accepte. Commence alors une relation tourmentée, marquée par la suspicion d’infidélité. Le film est raconté du point de vue de Jakob et est divisé en sept chapitres. L’ambiance et les décors des années 1920 sont superbes mais c’est beaucoup trop long, l’histoire n’avançant pas entres les minutes 45 et 145 (en gros). A noter: un chat sur un cargo, les superbes images de Hambourg, le tango dansé par Lizzy et Jakob. (Sortie repoussée en Belgique) #52FilmsByWomen

Le sommet des dieux, Patrick Imbert (France, 2021) – 4/5: adapté du manga de Jiro Taniguchi et Baku Yumemakura. Une histoire d’alpinisme, d’ascension de l’Everest, de dépassement de soi, et qui pose la question de ce qu’on fait après avoir atteint son but ultime. Les décors sont particulièrement superbes, de Tokyo à Katmandou, et surtout des montagnes. La tension est palpable à tout moment, et le sound design accentue les moments critiques.

Ali & Ava, Clio Barnad (Royaume-Uni, 2021) – 4/5: un amour improbable entre un homme d’origine pakistanaise, en pleine séparation, et une femme d’une cinquantaine d’années, mère et grand-mère. Un film social à l’anglaise mais tout en légèreté, loin de Ken Loach et cie, plus proche de Rocks de Sarah Gavron dans l’esprit. Avec du racisme, mais ce n’est pas ce qui domine le film, et beaucoup de musique, de Bob Dylan à de la techno. Et la ville de Bradford est superbement filmée. #52FilmsByWomen

Wheel of Fortune and Fantasy (Ryusuke Hamaguchi, Japon, 2021) – 3/5: le dernier des films de Ryusuke Hamaguchi que je n’avais pas vus, et pas celui que j’ai préféré. C’est un triptyque, et il y a de nouveau de longues conversations entres protagonistes. L’histoire est menée par des femmes et dissèque l’amour aujourd’hui au Japon. Mon histoire préférée est la troisième qui a certains moments très drôles mais qui est surtout très sensible et bienveillante. #theRyusukeHamaguchiFilmography

The Northman (Robert Eggers, 2022) – 3/5: un film macho à la testostérone, très intense par moments, mais qui s’essouffle à d’autres. La recherche de la véracité historique est très poussée, comme dans les autres films de Robert Eggers. Il met clairement sa patte sur un film, mais ici ça a trop un côté blockbuster. Dommage aussi que le sujet de la puissance des femmes évoqué au début ne soit pas plus exploité (même si Nicole Kidman est sublime à ce niveau). Alexander Skarsgård ressemble à Hulk et n’a qu’une expression de visage, et c’est bien dommage. J’ai aimé mais je n’ai pas été conquise parce qu’il manque ce petit plus qui rend un film magique/inoubliable/exceptionnel.

Memory, Martin Campbell (2022) – 1/5: mon avis est certainement influencé par le fait que c’est un remake de De zaak Alzheimer, film belge que j’avais vu juste avant de voir celui-ci. L’histoire suit le même parcours, au plan près par moments, mais s’est diluée dans des thèmes américains où tout est plus grand, plus violent et plus clinquant. Les touches d’humour (parfois un peu potache, je l’avoue) ont disparu et tout le contexte socio-politique me semble moins poussé. J’ai eu l’impression qu’on a voulu faire entrer une histoire belge au chausse-pied dans le contexte américain. Quant à la résolution de l’histoire, elle manque tellement de poésie…, et rajoute une couche pas nécessaire.

The Female Gaze

Alicia Malone, The Female Gaze: Essential Movies Made by Women: la journaliste et autrice féministe américaine Alicia Malone rassemble dans ce livre une bonne cinquantaine de films réalisés par des femmes. Elle a écrit les articles principaux mais ceux-ci sont entrecoupés par des présentations plus courtes écrites par une collection d’autrices. C’est comme ça que je suis d’ailleurs tombée sur ce livre: en faisant des recherches sur un film des années 1930, j’ai découvert le blog Self-Styled Siren, de Farran Smith Nehme, et goodreads m’a appris qu’elle avait contribué au livre. Il est très intéressant de voir qu’avant les années 1970, les femmes sont quasi inexistantes dans le cinéma, surtout dans le cinéma américain – il y a Alice Guy, Dorothy Azner et Ida Lupino. Ces dernières années par contre, il y en a de plus en plus. Malone présente des films américains essentiellement, mais voyage aussi dans d’autres pays (France, Belgique, Australie, Turquie…). Suite à ce livre est né le tag #52FilmsByWomen qui proposait de regarder un film réalisé par une femme par semaine, pendant une année. J’ai repris le tag, et ajouté les films cités dans le livre dans ma (bien trop longue) liste de films de l’histoire du cinéma (une bonne moitié y était déjà citée). Je le rajoute maintenant systématiquement à mes mini-commentaires, y compris à des films non-repris dans le livre.

Cette lecture était passionnante et j’ai découvert divers films que j’ai envie de voir au plus vite. Et comme avec Mick LaSalle, j’ai eu envie de lire les autres livres de l’auteur – un nouveau paraît d’ailleurs fin mars.

At the movies – 12 (2020s)

Poly Styrene: I am a Cliché

Dreaming Walls, Amélie van Elmbt & Maya Duverdier (Belgique, 2022) – 4/5: depuis une dizaine d’années, le Chelsea Hotel de New York est en rénovation. Il a été un haut lieu de résidence pour les artistes pendant une bonne partie du 20e siècle; aujourd’hui quelques locataires y vivent encore, résistant contre les projets immobiliers. Les deux réalisatrices en on suivi quelques-uns et unes. C’est un peu la fin d’une histoire, c’est beau, c’est empreint de mélancolie. Le film est présenté à la Berlinale et sortira en salles fin 2022. #52FilmsByWomen #documentary

Drive my Car, Ryusuke Hamaguchi (Japon, 2021) – 4/5: un film japonais contemporain, avec au coeur de l’histoire une vieille Saab turbo 900 rouge. Des personnages qui se cherchent, qui tentent d’oublier leur deuil et leurs fautes, sans vraiment de drames. Une très belle relation entre un homme d’une quarantaine d’années et la jeune femme qui conduit sa voiture partout dans Hiroshima. Des villes (Tokyo et Hiroshima) qu’on ne voit que par des voies express et des boulevards, sans vrais points de reconnaissance. Et un très beau score d’Eiko Ishibashi. A noter: l’aéroport de Narita et un décollage d’un avion d’ANA, les paysages d’Hokkaido, les îles de la mer de Seto. #WomenComposer #TheRyusukeHamaguchiFilmography

Archipel, Félix Dufour-Laperrière (Canada, 2021) – 1/5: un film d’animation expérimental, aux techniques mixtes, pendant lequel mon esprit a beaucoup vagabondé. J’espérais aimer ce voyage dans les îles du fleuve Saint-Laurent au Québec, mais je n’ai pas compris grand-chose et je me suis sérieusement ennuyée.


La chance sourit à Madame Nikuko, Ayumu Watanabe (Japon, 2021) – 3/5: un joli film d’animation qui ne raconte au final pas grand-chose mais qui est pétillant et qui possède quelques références assumées à Mon voisin Totoro. Pour Kikuko, fillette de onze ans, la vie n’est pas toujours simple quand elle doit s’occuper de sa mère, Nikuko, une femme obèse et très naïve, mais aussi pleine de joie de vivre. Et puis il y a la vie à l’école, les disputes, l’attirance pour Ninomiya, le garçon qui fait des grimaces. Les paysages sont superbes et donnent envie de prendre l’avion tout de suite. Et il y a toute cette nourriture qui donne faim !

Alice Guy – l’inconnue du 7e art, Valérie Urréa & Nathalie Masduraud (France, 2021) – 4/5: un documentaire intéressant sur Arte, à propos de la réalisatrice Alice Guy, avec de nombreuses images d’archives et des dessins de bd. Je me pose par contre toujours la question du lieu où on a retrouvé ses films perdus. #52FilmsByWomen #documentary


Poly Styrene: I am a Cliché, Celeste Bell & Paul Sng (UK, 2021) – 4/5: Poly Styrene était la chanteuse du groupe punk X-Ray Spex populaire à la fin des années 1970. Son histoire est racontée avec beaucoup de douceur par sa fille, Celeste, qui ne cache cependant pas les passages difficiles de l’internement psychiatrique et le passage chez les Hare Krishna. #52FilmsByWomen #documentary

Nr.10, Alex van Warmerdam (Pays-Bas, 2021) – 2/5: un film qui commence comme une histoire de relations extra-conjugales entre deux acteurs d’une troupe de théâtre en pleine répétition mais qui change de cap complètement à la moitié. Diverses miettes dispersées au début font pencher le film vers le thriller… La fin est assez jouissive mais ne plaira pas à certaines personnes (c’est ce qui m’a fait monter ma note à 2). C’est surtout un objet filmique assez bizarre, sans vraie logique.

At the movies – 11 (2010s)

Asako I & II

Frances Ha, Noah Baumbach (2012) – 3/5: déjà vu l’année passée mais je n’avais aucun souvenir du rôle d’Adam Driver – et en effet, il est assez effacé. Pour le reste, je garde le même avis: pas mal mais assez bavard quand même, et peut-être que je suis déjà trop âgée pour m’identifier au personnage principal. Le noir et blanc est beau, et fonctionne très bien dans ce film, et Greta Gerwig est fascinante en jeune femme à la recherche d’elle-même et qui tente de percer dans le milieu de la danse à New York. Par contre, les scènes à Paris rassemblent pas mal de clichés: en quelques minutes on voit l’Arc de Triomphe et la Tour Eiffel (mais on a vu pire, c’est clair). #theAdamDriverFilmography

My Prince Edward, Norris Wong (Hong Kong, 2019) – 4/5: Fong est en couple avec Edward depuis huit ans et ils vivent ensemble dans le quartier de Prince Edward, dans un appartement situé au-dessus de la galerie marchande de Golden Plaza dans laquelle ils travaillent tous les deux, dans le business du mariage. Edward fait sa demande de mariage, mais Fong a des soucis: dix ans auparavant, elle a épousé un Chinois du continent pour de l’argent et le divorce n’a jamais été prononcé, comme promis. Elle tente alors de régler ce problème, en revoyant le Chinois en question, et commence également à se poser de nombreuses questions à propos d’Edward, qui est quand même bien envahissant avec ses messages continuels, et dont la mère prend toutes les décisions. Norris Wong est une jeune réalisatrice de Hong Kong et propose ici un premier film très réussi parlant de divers problèmes contemporains: le poids des traditions et de la famille, l’immigration des continentaux, les hommes qui ne prennent aucune responsabilité, la libération de la femme des carcans imposés par la société… Un critique (désolée, j’ai oublié lequel) faisait une comparaison avec Frances Ha – c’est aller un peu loin mais il y a en effet cette similitude dans le fait qu’une jeune femme cherche sa voie dans une grande ville. C’est moins pétillant mais en échange, on a les néons de Hong Kong (ce qui fonctionne toujours avec moi !). (J’allais donc faire de courtes critiques…. mais en même temps, ce film est peu connu en Europe et il fallait bien expliquer un peu le contexte). #HongKongFilms #52FilmsByWomen

Lincoln, Steven Spielberg (2012) – 3/5: fresque historique se concentrant sur quelques mois de la vie du président Lincoln, ceux qui précèdent et suivent le vote du 13e amendement interdisant l’esclavage. C’est beau, c’est précis, c’est stylé mais quand on n’est pas Américain et qu’on ne s’intéresse pas à certains détails de l’histoire, c’est long et un peu ennuyeux. Le jeu a été de reconnaître les différents acteurs avec leurs moumoutes ou coiffures d’époque et avec leurs (horribles) barbes. La mode masculine et le style de 1865 ne sont vraiment pas ma tasse de thé. #theAdamDriverFilmography

Beginners, Mike Mills (2010) – 4/5: le deuxième film de Mike Mills, en partie autobiographique. Oliver fait le deuil de son père et revit le passé, notamment le fait qu’après le décès de son épouse, son père a déclaré qu’il était homosexuel. Il rencontre un homme plus jeune et commence à défendre la cause LGBTQ+ avec des amis. Oliver quant à lui, rencontre une jeune fille et commence une relation avec elle, mais rien n’est facile. Un très beau film de Mike Mills, empreint de douceur et de mélancolie, un peu lent mais on s’en fout. Avec Ewan MacGregor, Mélanie Laurent, Christopher Plummer et le chien Cosmo (aka Arthur). #theMikeMillsFilmography

20th Century Women, Mike Mills (2016) – 5/5: c’est le dernier des films de Mike Mills que je n’avais pas vu et c’est aussi le meilleur à mon avis. Il forme un diptyque avec Beginners – cette fois-ci Mills s’inspire de la vie de sa mère à la fin des années 1970 à Santa Barbara. Annette Bening est superbe dans son rôle de mère, ne sachant pas trop comment s’occuper de son fils adolescent et tenant de déléguer des choses à deux jeunes filles, l’une qui est colocataire dans la maison, l’autre qui y passe de nombreuses nuits pour fuir sa mère thérapeute (jouées par Greta Gerwig et Elle Fanning). J’ai beaucoup aimé les passages où le jeune Jamie découvre le punk rock qui éclot à l’époque, et au niveau musical, la bande-son est superbe, oscillant entre Black Flag et les Raincoats et du blues des années 1920. Comme dans le film précédent, Mills insère des images historiques et cite les livres dont sont lus des extraits, et il fait oralement toute la biographie des personnages, donnant une idée de début et de fin. Et il y a toujours cette douceur et cette mélancolie. Avec un beau chat noir et blanc qui s’est apparemment incrusté pendant le tournage, et une cage avec non pas des canaris mais un couple de (j’ai dû chercher) diamants mandarins (je crois). (Je recense donc les animaux dans le films, ainsi que d’autres choses, comme les cocktails par exemple – peut-être que d’autres choses vont se rajouter au fil du temps). #theMikeMillsFilmography

Tracks, John Curran (Australie, 2013) – 3/5: un biopic avec Mia Wasikowska et Adam Driver (la raison pour laquelle j’ai repéré ce film) qui raconte la traversée du désert australien, avec des dromadaires et un chien, de Robyn Davidson en 1977. Driver joue le rôle du journaliste du National Geographic qui a plusieurs fois croisé la route de l’aventurière. Le film a un rythme assez lent, un peu comme le rythme des dromadaires, mais est pas mal. #theAdamDriverFilmography

Asako I & II, Ryusuke Hamaguchi (Japon, 2018) – 5/5: ce film est superbe, plus encore que Drive my Car. Asako est une jeune fille d’Osaka qui tombe amoureuse de Baku, mais celui-ci disparaît régulièrement. Deux plus tard, elle est à Tokyo, n’ayant plus de nouvelles de lui. C’est un choc quand elle rencontre Ryohei qui est le sosie de son ancien amoureux (les deux hommes sont joués par le même acteur, Masahiro Higashide). Ce film a des éléments en commun avec Drive my Car: les images aux couleurs très neutres, les autoroutes vues d’en haut avec la caméra qui suit la voiture des personnages, la route vers le nord (pas jusqu’à Hokkaido même si on en parle), la pièce de Tchékhov qui est citée, le temps étiré (ça se passe sur sept ans environ), et puis surtout cette analyse très sensible des sentiments humains et de leur côté très contradictoire, de l’impulsivité aussi. Le film prend son temps se dérouler mais il n’y a aucun moment creux. Une magnifique histoire d’amour dans un Japon où la météo est plutôt à la pluie, en plein été (ou plutôt plusieurs étés), avec le bruit des grillons en arrière plan. (oh, et à noter: Ryohei conduit la même voiture que moi, une Honda Fit – Jazz en Europe – et de la même couleur). Nouveau # donc, même si tous ses films ne sont pas disponibles en Europe: #theRyusukeHamaguchiFilmography

At the movies – IX (1980s)

Il y a un fil rouge dans cette sélection. J’ai en effet décidé de revoir tous les films dans lesquels joue Keanu Reeves, j’ai donc créé #theKeanuReevesFilmography. Il y a sept films, et ça tombe bien, le suivant de la liste date de 1990.

River’s Edge

River’s Edge, Tim Hunter (1986) – 4/5: un film oublié, sans doute méconnu, à part qu’il s’agit d’un des premiers rôles de Keanu Reeves, et que Dennis Hopper joue également dedans. Je me souviens avoir vu le film à la télévision il y a très longtemps et qu’il m’avait marquée. L’effet a été le même aujourd’hui: ça parle de la vacuité de l’adolescence et c’est extrêmement sombre. Certains acteurs sont magnifiques, d’autres, comme Crispin Glover sont très énervants. Il surjoue et tape sur le système. Mais au final, c’est un film à redécouvrir. Par la suite, Tim Hunter s’est surtout consacré à la réalisation de divers épisodes de séries, de Mad Men à Deadwood. C’est clairement le meilleur film de cette liste de sept ! #theKeanuReevesFilmography

Youngblood, Peter Markle (1986) – 1/5: rien n’arrive à sauver ce film (à part peut-être Patrick Swayze qui n’a jamais été mon acteur favori mais qui a un jeu très intense). Une histoire classique de compétition sportive dans le milieu du hockey sur glace: une première victoire, le moment où tout va mal, la grande victoire de la fin in extremis. Avec Rob Lowe et Keanu Reeves qu’on voit à peine. Il ne faut pas oublier non plus la petite amie qui porte une frange dégradée très 80s et l’usage exagéré du brumisateur pour bien montrer les corps transpirants des sportifs mais aussi des amoureux lorsqu’ils font l’amour (devant un feu de bois). #theKeanuReevesFilmography

The Night Before, Thom Eberhardt (1988) – 1/5: est-ce que c’était une bonne idée de voir tous les films avec Keanu Reeves ? non, pas vraiment, surtout quand on voit ce navet ! J’ai accéléré à un moment, parce que c’est vraiment une comédie pénible pleine de clichés. Le tout avec un score au synthés typique de l’époque, mais aussi (et là c’est bien) du funk joué par des membres du groupe Parliament-Funkadelic mené par George Clinton. #theKeanuReevesFilmography

Permanent Record, Marisa Silver (1988) – 2/5: je continue avec les films avec Keanu Reeves. Celui-ci commence bien même si on se doute déjà très vite de l’histoire vu que le premier personnage qu’on suit n’est pas la tête d’affiche. Le film parle donc d’adolescents, de suicide et de la réaction au triste événement. Jusqu’aux deux-tiers du film, ça part dans le bon sens, analysant le sentiment d’incompréhension des ados et leur révolte, et puis le film se perd, voulant absolument montrer de grands bouts de la comédie musicale à laquelle a participé le suicidé. A vrai dire, on s’en fout. A noter: le caméo de Lou Reed et les chansons (totalement oubliables) composées par Joe Strummer des Clash. Au niveau mode, on sent qu’on est à la charnière: la plupart des mecs ont encore des brushings et portent des vêtements très eighties, Keanu Reeves, lui, annonce le grunge avec les cheveux longs pas coiffés et les chemises de bûcheron. J’ai préféré le look des filles – pourtant elles ne pèsent pas lourd comme personnages dans le film (Variety a écrit à l’époque: « All the girls are vapid dips. » – je ne sais même pas comment traduire ça – vapid = insipide, dip ? – mais ce n’est pas un compliment !). La chanson phare est une horrible balade cheesy aux synthés – et pourtant quelque chose se tramait dans la région (le film a été tourné en Oregon): Bleach, le premier album de Nirvana est sorti en 1989. #theKeanuReevesFilmography #52FilmsByWomen

Dangerous Liaisons, Stephen Frears (1988) – 4/5: je ne pense pas que j’aurais revu ce film, si ce n’est pour le # cité à la fin de ma note. Mais j’ai bien fait: j’avais beaucoup aimé le film quand il est sorti, ce qui m’avait poussée à lire le livre de Choderlos de Laclos, et j’avais beaucoup aimé également le classique. Pas grand-chose à dire à part ça: les décors sont superbes (ce sont les vrais châteaux d’Ile-de-France) et je n’avais pas reconnu Peter Capaldi. #theKeanuReevesFilmography

Bill & Ted’s Excellent Adventure, Stephen Herek (1989) – 3/5: alors il est clair que ce film est un peu con et stupide, mais en fait ça fonctionne et je me suis bien amusée (je préfère ça aux films burlesques des Marx Brothers). C’est une histoire de voyage dans le temps, liée au fait que Bill et Ted doivent rendre un travail d’histoire pour ne pas rater leur année et pour que Ted ne soit pas envoyé dans une école militaire en Alaska, ce qui changerait le cours de l’histoire. Du coup, ils reviennent dans le temps présent avec une série de personnalités, de Socrate à Billy the Kid (qui deviennent les meilleurs potes du monde), de Freud à Napoléon (qui s’amuse comme un petit fou dans les toboggans d’une piscine). Le véhicule pour le voyage est une cabine téléphonique comme dans Doctor Who, sauf que les scénaristes ne connaissaient pas cette histoire. Ils ne voulaient juste pas utiliser une voiture parce que ça faisait trop Back to the Future. « Party on, dude ! » #theKeanuReevesFilmography

Parenthood, Ron Howard (1989) – 3/5: un film en partie comédie en partie drame autour de la famille et de la parentalité, avec Keanu Reeves et Leaf Phoenix (Joaquin Phoenix, donc). Il y plusieurs histoires parallèles et pas un moment d’ennui, avec des passages assez drôles et d’autres plus sérieux. Ce n’est pas hyper original mais c’est bien fichu, et je ne me suis pas ennuyée. #theKeanuReevesFilmography

At the movies – VIII (2020s)

Début février, j’ai décidé de rajouter certains documentaires à ces articles, tout particulièrement ceux qui passent au cinéma. Mais on commence avec des films vus en décembre (ce système de classer les films par décennies provoque évidemment de longs délais de publication, mais je n’ai pas envie de publier juste par orde chronologique de visionnement). Je commence aussi une série de # assez divers, selon mes intérêts du moment: (re)voir tous les films d’un acteur ou les femmes cinéastes (lié au livre d’Alicia Malone que je viens de lire).

Sisters with Transistors

Annette, Leos Carax (France, 2021) – 4/5: premier film en anglais du réalisateur français, avec Adam Driver, Marion Cotillard et Simon Helberg (qu’on connaît de The Big Bang Theory). C’est un rock opéra composé par les Sparks, on reconnaît leur style un peu décalé, avec des morceaux à la musique parfois un peu répétitive et qui ne varient pas beaucoup. L’histoire aborde des thèmes comme la difficulté d’être une star, la masculinité toxique, l’exploitation des enfants et le désir de tuer comme catharsis. J’ai été un peu déroutée au début (je hais les marionnettes par exemple) mais je me suis laissée emporter et je sais que ce film restera longtemps gravé dans ma tête. Le pire, c’est que je ne l’aurais probablement pas vu s’il n’y avait pas Adam Driver en rôle principal. A noter: ça a été tourné en partie en Belgique (tous les théâtres et la forêt de Soignes), et on voit apparaître Wim Opbrouck, qui présente notamment Bake Off Vlaanderen (et aussi Angèle mais je ne l’ai pas repérée). Et un autre bon point: Marion Cotillard a huit ans de plus qu’Adam Driver, inversant cette norme dépassée que l’homme doit être bien plus âgé que la femme dans les films (j’ai déjà noté ça dans le passé, et je risque bien de continuer). #theAdamDriverFilmography

The Matrix Resurrections, Lana Wachowski (2021) – 3/5: très attendu mais un peu décevant quand même (edit de quelques mois plus tard: mais très bien quand même). J’ai beaucoup aimé la première heure, avec une critique à peine voilée des studios qui voulaient absolument une suite aux trois premiers films – parce que les sequels ça rapporte et ne demande pas trop d’imagination. Par la suite, le film se perd un peu, les scènes d’action sont pas mal mais pas extraordinaires, et le ton devient plutôt romantique. Les tons verts prédominants des trois premiers films ont été abandonnés et c’est beaucoup plus coloré, et j’ai eu l’impression de regarder un film de super-héros. Mais ça fait plaisir de revoir Keanu Reeves (même s’il a l’air fatigué pendant tout le film) et Carrie-Anne Moss ensemble. #theKeanuReevesFilmography #52FilmsByWomen

The Green Knight, David Lowery (2021) – 3/5: je ne savais rien sur ce film avant de le commencer, et malheureusement, je ne connaissais pas non plus le roman de chevalerie duquel il est adapté, ni même toutes les histoires arthuriennes. Du coup, il m’a laissée assez perplexe. Et comme il est assez long et relativement contemplatif, je me suis même ennuyée par moments. C’était apparemment le but du réalisateur David Lowery de déconstruire la tradition et c’est assez réussi à ce niveau-là. Il y a un peu trop d’étalonnage turquoise/orange à mon goût, mais par ailleurs, les images sont superbes. Et Dev Patel juste fantastique.

C’mon C’mon, Mike Mills (2021) – 4/5: Johnny (Joaquin Phoenix) propose à sa soeur (qui vit à Los Angeles) de s’occuper de Jesse, son fils de 9 ans, pendant que celle-ci prend soin de son mari psychotique. Il réalise un documentaire sonore sur les aspirations des enfants et adolescents, et comme il ne peut interrompre son travail plus longtemps, il propose à Jesse de l’accompagner à New York. Oncle et neveu se découvrent, non sans difficultés – Jesse est un enfant précoce et parfois un peu bizarre. Si l’histoire est touchante, j’ai été tout particulièrement emballée par les choix du réalisateur: filmer dans un noir et blanc un peu brumeux, mais tout en donnant aux quatre villes visités (Detroit, Los Angeles, New York, La Nouvelle-Orléans) un ton propre, et mettre l’accent sur le son – Johnny apprivoise Jesse en lui prêtant son enregistreur et en lui apprenant les techniques de prise de son. Le film aborde la maladie mentale et la parentalité, tout particulièrement le rôle des mères et leur épuisement face à leurs trop nombreuses tâches. J’ai bien envie de voir les trois autres films de Mike Mills, du coup (edit: c’est fait, et j’ai adoré). Un critique plus longue et plus construite a été publiée sur le site de mon boulot.

Death on the Nile, Kenneth Branagh (2022) – 2/5: un film de divertissement qui s’écarte un peu de l’histoire originale, notamment pour y insérer un casting plus divers (deux actrices noires, check, un acteur indien, check) et pour raconter l’origine de la moustache de Poirot (j’ai cru que j’étais dans la mauvaise salle au début du film). Certains costumes sont réussis, d’autres sont trop modernes, tout particulièrement ceux d’Emma Mackey (je n’avais pas reconnu Maeve de Sex Education) qui font penser au glamour des années 1980. Tourné quasi entièrement en studio, ça donne malgré tout une belle impression de l’Egypte, mais la version de 1978 (avec ses costumes des années 1930 au look seventies) est quand même bien plus réussie. Un critique plus longue et plus construite a été publiée sur le site de mon boulot.

Compartment n°6, Juho Kuosmanen (Finlande, 2021) – 3/5: Laura prend le train de nuit (et de jour – le voyage dure longtemps) pour Mourmansk où elle veut voir des pétroglyphes. Son compartiment est occupé par Ljoha, un mineur rustre et complètement saoul quand elle arrive. Progressivement, le courant passe entre eux. Je n’ai pas aimé le personnage de Laura, elle est quelconque (ce qui n’est pas le souci) mais surtout, elle reste fade, on dirait qu’il n’y a pas de vie en elle. Il y a quelque chose dans la fin, dans cet élan de bonté, mais je suis restée sur ma faim – peut-être que le roman de Rosa Liksom est plus intéressant. A noter: les images de nuit, la lumière douce dans le train, froide, dans les villes – les néons dans le cercle arctique, c’est clairement quelque chose pour moi. Et il y a un chat et les paysages russes.

Sisters with Transistors, Lisa Rovner (2020) – 4/5: ce documentaire disponible sur Arte (hiver 2022) s’intéresse aux femmes qui ont composé de la musique électronique à partir de bandes, transistors et des premiers ordinateurs. Beau portrait de femmes pionnières comme Delia Derbyshire, Clara Rockmore, Bebe Barron ou encore Eliane Radigue avec beaucoup d’images d’archives inédites. #52FilmsByWomen