Laurel Canyon

51xhpa2bazpl-_sx341_bo1204203200_Arnaud Devillard, Laurel Canyon ou comment se perdre en musique dans les collines d’Hollywood: en achetant ce livre, je pensais qu’Arnaud Devillard avait écrit un récit suivi comme dans Journal des canyons. Ce n’est donc pas le cas, et cela ne m’a pas dérangée. L’auteur part ici de Laurel Canyon Boulevard, cette avenue qui serpente dans les collines d’Hollywood, cette avenue qui a hébergé de nombreuses rock stars, surtout dans les années 60-70. Il raconte l’histoire de la musique en partant des maisons où ont habité Crosby, Stills & Nash, Jim Morrison, Joni Mitchell et bien d’autres. Parfois il fait des incursions dans un passé plus ancien, parfois il parle de stars actuelles. De cette manière, il offre un panorama de tout un quartier et explique l’importance de celui-ci dans la création d’une scène musicale, égrenant les anecdotes mais aussi les moments forts de l’histoire du rock californien. J’ai beaucoup apprécié ma lecture même si j’ai regretté de connaître si peu de cette musique – j’aurais dû prendre plus temps à écouter les clips en même temps que ma lecture. En tous cas, cette approche rue par rue, maison par maison est une manière différente et insolite d’aborder l’histoire.

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Noise uprising

9781781688564-51ad619398178a9c64c15f6689415f05_zpsb57hhzr9Michael Denning, Noise uprising. The audiopolitics of a world musical revolution: dans le livre, Michael Denning analyse une période toute particulière de l’enregistrement de la musique, celle qui a commencé avec l’électrification en 1925 et qui s’est abruptement arrêtée avec la Grande Dépression au début des années 1930. On assiste en effet pendant ce laps de temps à une prolifération des 78 tours dans toutes les régions du monde: des centaines de musiciens inconnus ont immortalisé sur disque les chansons et musiques de l’époque, les mélodies et rythmes des rues. C’est l’époque où se créent et se diffusent différents styles dans le monde par l’intermédiaire des grands ports coloniaux, selon plusieurs arcs ou zones musicales. Le premier de ces arcs couvre les côtes de l’Atlantique et des Caraïbes où se mélangent les musiques africaines et européennes pour créer le son à La Havane, le jazz à la Nouvelle-Orléans, le calypso à Trinidad, la biguine à la Martinique, la samba à Rio de Janeiro et même le tango à Buenos Aires et Montevideo. De retour en Afrique, ces musiques sont à la base de la création du highlife et de la palm-wine music au Nigéria et au Ghana et du marabi en Afrique du Sud. Le second arc part d’Espagne, pour se dérouler en Méditerranée, puis via le Canal de Suez, jusque dans l’Océan Indien. S’y mélangent les musiques ibériques, arabes et tsiganes, créant le fado portugais, le flamenco andalou, le rebetiko grec, le chaabi nord-africain, le taarab de Zanzibar. Enfin, le troisième arc, moins connu en Occident est celui qui part du Pacifique, d’Honolulu pour rejoindre la mer de Chine, le détroit de Malacca, la baie du Bengale et à nouveau l’Océan Indien. Les ukulélés et guitares steel connaissent un succès incroyable de Jakarta à Calcutta, mais de nouvelles musiques se développent aussi sous cette influence: le kroncong de Batavia, les chansons populaires huangse yinyue de Shanghai, les musiques des théâtres populaires d’Inde. Ceci n’est qu’un court résumé de ce que Michael Denning décrit dans son livre, il parle beaucoup de géopolitique mais surtout de musique et propose une playlist à écouter pendant la lecture. C’est une analyse d’une courte période mais qui permet de faire de nombreux liens et parallélismes entre les différentes musiques du monde et se rendre compte que, par exemple, tango et rebetiko sont nés à la même époque. La diffusion de la musique par l’intermédiaire de disques a provoqué la création de nouveaux styles de musiques dans le villes où se rencontraient des marins mais aussi des immigrants originaires de diverses contrées. Ce livre m’a passionnée du début jusqu’à la fin mais je dois bien avouer que peu de noms d’artistes m’étaient inconnus et que j’avais de nombreux points d’attache avant de commencer ma lecture.

Bilan culturel – juillet 2016

Romans (et récits de voyage):

  • Gaëlle Nohant, La part des flammes
  • Peter Hessler, River town
  • Emile Guimet, Huit jours aux Indes
  • Sok-yong Hwang, Princesse Bari

Livres documentaires:

  • Martin Cate, Smuggler’s Cove
  • Iain Gately, Drink. A cultural history of alcohol
  • Peter Bellwood, First migrants. Ancient migration in global perspective
  • Jean-Claude Martin, La bible de la communication non verbale
  • Joel Harrison & Neil Ridley, Distilled
  • Talia Baiocchi & Leslie Pariseau, Spritz
  • Gary Regan, The negroni

Séries:

  • The knick – saison 2 (7,5/10)
  • The Americans – saison 2 (7/10)
  • Indian Summers – saison 2 (7,5/10)
  • Black Sails – saison 2 (8/10)

Musique:

  • Jim Causley, Forgotten kingdom (7/10) – chansons folk anglaises racontant l’histoire ancienne
  • Imarhan, Imarhan (7/10) – guitares touareg
  • Khwanta Fasawang, Lam phaen motorsai tham saeb (8/10) – morlam thaï
  • Phairin Phonhibun, Lam klom thung: essential Phairin Phonphibun (8/10) – morlam thaï

Expositions (et jardins):

  • Velvet Underground (Philharmonie de Paris)
  • Jardins d’Orient (Institut du Monde Arabe, Paris)
  • la grande serre et le jardin alpin du Jardin des Plantes (Paris)
  • Beat Generation (Centre Pompidou, Paris)
  • Arte Povera (Centre Pompidou, Paris)

Restaurants et bars:

  • Le Sinople (Paris): pas mal mais sans plus, très “parisien”

 

Deux jours à Paris: des expos, des jardins, des thés

Mon escapade à Paris a été centrée autour de deux thèmes: l’underground américain et les jardins. J’ai commencé mes visites par l’expo sur le Velvet Underground à la Philharmonie de Paris, ce qui m’a permis par la même occasion d’admirer ce bâtiment très “pailleté” aux formes très organiques. Un jeudi matin, il n’y avait pas trop de monde, ce qui m’a permis de profiter des nombreux artefacts proposés: superbes photos, pochettes de disques, affiches, pamphlets en tous genres et surtout de nombreux films et extraits musicaux qui s’écoutent grâce au casque fourni à l’entrée. C’est toute l’histoire du Velvet Underground qui est contée mais aussi de l’underground new-yorkais. Andy Warhol est évidemment présent mais il ne domine pas l’expo, il y a bien d’autres sujets abordés. Un voyage sonore et visuel très intéressant.

Paris

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Après une pause lecture en bord de Seine, sous un saule, rendez-vous avec Kleo et Shermane à l’Institut du Monde Arabe pour l’expo Jardins d’Orient. Une première partie plus technique montre l’évolution de l’irrigation, une seconde montre les jardins, les objets qui l’occupent et les œuvres inspirées par ceux-ci, partant de l’Afrique du Nord à l’Inde des Moghols. J’ai été un peu déçue, je m’attendais à plus de photos des jardins, à des explications plus poussées (et à moins de monde). L’intérêt de l’exposition vient de l’installation d’un jardin oriental dans la cour du musée mais je n’y ai pas retrouvé le charme des jardins de l’Alhambra l’Alcazar (merci Malena !) à Séville (par exemple (les seuls jardins d’Orient que j’ai visité en fait) (l’avis de Kleo). Une glace, une citronnade, et nous voilà reparties, Shermane et moi, vers le jardin suivant.

Paris

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Le Jardin des Plantes est situé tout près et je rêvais de voir la grande serre avec ses plantes tropicales. Mais d’abord nous avons visité le jardin alpin dont l’entrée est bien cachée. Intéressant mais pas mon style préféré. La serre par contre… J’ai adoré ces grands palmiers sous les voûtes métalliques de la serre.

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Nous avions rendez-vous plus tard avec Malena dans un restaurant aux jolies plantes exotiques, le Sinople. Un peu surfait à la parisienne mais les cocktails étaient très bons. Pour ma plus grande frustration, j’ai commencé à avoir des maux de ventre – la fatigue ? – et j’ai dû annuler la sortie dans un bar à cocktail prévue par la suite.

Paris

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Le lendemain, après une virée shopping de tissus autour de la Halle Saint-Pierre, j’ai continué mon exploration de l’underground américain avec l’exposition Beat Generation au Centre Pompidou. Ce sujet m’a passionnée il y a quelques années et j’ai lu à l’époque Sur la route de Jack Kerouac, déjà intéressée par les récits de voyage. L’exposition présente notamment le tapuscrit du livre dans une immense vitrine qui traverse toute la salle. Photos, musique, films, livres et affiches diverses proposent une image assez complète du mouvement et présentent les principaux protagonistes.

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Retour à la nature avec la petite présentation de l’Arte Povera, ce style italien des années 1960 qui marque un retour à la nature dans des œuvres très minimalistes. Ainsi que le film d’une chorégraphie de Thierry De Mey à Gibellina en Sicile qui m’a captivée.

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Un thé glacé avec Kleo et Shermane à l’Autre Thé, l’achat de thés et de quelques récits de voyage ont clôturé cette escapade sous le soleil d’été.

Je ne dirais pas que ce fut mon meilleur séjour à Paris – j’ai été vraiment frustrée de ce malencontreux mal de ventre – mais j’y ai découvert et approfondi des sujets qui me tiennent à cœur et qui m’intéressent depuis très longtemps. Le Velvet Underground et la Beat Generation marquaient le retour à mes intérêts d’il y a une vingtaine d’années et voir ces expositions m’a rappelé cette période. Période où je n’aurais jamais osé voyager seule à Paris ! La chaleur m’a un peu assommée et j’ai été moins réceptive à mon environnement que d’autres fois. Projets pour une prochaine visite: (re)découvrir Paris quartier par quartier, en commençant par les plus anciens et apprendre bien plus sur son histoire – l’effet Vikings sans doute ! (D’ailleurs, si vous connaissez un bon livre proposant des promenades historiques à Paris…)

Bilan culturel – juin 2016

Romans

  • Natsuko Kirino, Disparitions
  • Wladimir Kaminer, Russendisko
  • Celeste Ng, Everything I never told you

Livres documentaires

  • Svetlana Alixievitch, La supplication
  • Jerrold Northrop Moore, Sound revolutions (j’ai lu la partie qui m’intéressait, pour le reste, peut-être un jour ?)

Séries tv

  • Ennemi Public (7/10)
  • 30° in February (7/10)
  • Trapped (7/10)
  • The Americans – saison 1 (6,5/10)

Films

  • The Revenant, Alejandro Gonzalez Inarritu (5,5/10)
  • Carol, Todd Haynes (8/10)
  • An – Les délices de Tokyo, Naomi Kawase (8,5/10)
  • Spotlight, Tom McCarthy (7/10)

Musique

  • Marissa Nadler, Strangers (7,5/10)
  • Freakwater, Scheherazade (8/10)
  • Bear McCreary, Black Sails (9/10)
  • Joe Cuba, Merengue loco (7/10)
  • Fay Hield, Old Adam (7/10)
  • Awalom Gebremariam, Desdes (7/10)
  • Atticus Ross, Claudia Sarne & Leopold Ross, Triple 9 (7/10)
  • Paul Hepker & Mark Kilian, Eye in the Sky (7/10)
  • Jambinai, A Hermitage (8/10)

Restaurants et bars

  • des cocktails au Dominican
  • Maru, cuisine coréenne
  • des légumes, association entre plats et cocktails de Matthieu Chaumont et Nicolas Decloedt

 

Bilan culturel – mai 2016

Romans:

  • Lize Spit, Het smelt
  • Cédric Gras, L’hiver aux trousses
  • élimination de la PAL après survol ou lecture du début: Gustav Temple & Vic Darkwood, Le manifeste chap (acheté à la grande période du burlesque, s’adressant plus à un public masculin, avec de l’humour anglais en trop grande quantité pour moi); Clive Barker, Coldheart canyon (pas aimé le style ni envie de passer 700 pages sur un livre dont les débuts ne me plaisent pas plus que ça)

Livres documentaires:

  • Isabel Boons & Tom Neijens, Rum. De complete gids
  • Alexandre Vingtier, 120 rhums
  • Pauline Guéna & Guillaume Binet, L’Amérique des écrivains
  • Isabel Boons & Ilse Duponcheel, Vermout. De complete gids

Séries:

  • Better Call Saul, saison 2: pas mal mais toujours cette impression que les scénaristes ne savent pas trop quoi raconter
  • The Good Wife, saison 7: une fin décevante pour une série fantastique (surtout les saisons 3-6)
  • The 100, saison 3, au suspense insoutenable
  • The Leftovers, saison 2: cette série n’est définitivement pas pour moi
  • Ennemi Public, saison 1: pas mal pour une série RTBF

Films: aucun ce mois-ci – il suffit de voir le nombre de séries que j’ai vues !

Documentaires:

  • Hawaï et sa vague pop (sur Arte)

Musique (j’en ai sans doute oublié, ne les notant pas de suite):

  • Ceu, Tropix (7/10)
  • Konono N°1 vs Batida (7,5/10)
  • Wayfaring strangers: cosmic American music (6,5/10)
  • Khun Narin’s Electric Phin Band, II (7,5/10)
  • Oki Dub Ainu Band, Utarhythm (6,5/10)
  • Marissa Nadler, Strangers (8/10)
  • Yo-Yo Ma & Silk Road Ensemble, Sing me home (7,5/10)

Expos, spectacles & concerts:

  • Jambinai, AB: excellent concert, entre post rock et metal

Cafés et restaurants: 

  • De Haus qui sert toujours de délicieux gin tonic
  • Dolma, très bonne nourriture végétarienne mais le mélange des genres (Inde – Méditerranée) m’a un peu dérangée
  • ainsi que Rêves d’Asie et Lune de miel, des classiques thaï-viet du centre-ville

Bilan culturel – avril 2016

Romans:

  • James Lee Burke, Jolie Blon’s Bounce (un mois entier donc pour lire un roman… ça ne m’arrive que rarement)

Livres documentaires:

  • Colleen E. Carney & Rachel Manber, Goodnight mind
  • Svetlana Alixievitch, La fin de l’homme rouge

Séries:

  • The 100, saison 2: excellent !
  • Vinyl, saison 1: mitigée par rapport à l’histoire mais j’ai adoré les références musicales
  • Vikings, saison 4: un peu mitigée aussi, mais cela reste une bonne série
  • Black Sails, saison 1: un peu lent mais il paraît que cela devient de mieux en mieux

Films:

  • Notre petite soeur – Hirokazu Kore-eda (2015) (8,5/10)
  • Vers l’autre rive – Kiyoshi Kurosawa (2015) (4/10)

Documentaires:

  • Year Zero: the silent death of Cambodia – John Pilger (1979)
  • Inside the mind of favela funk – Fleur Beemster & Elise Roodenburg (2015)
  • The decline of Western civilization II: The metal years – Penelope Spheeris (1988)

Musique:

  • Khun Narin, II (7/10)
  • Loretta Lynn, Full circle: excellente country (8/10)
  • Utz, Todo mundo é feio: musique brésilienne aux accents bossa nova (6,5/10)
  • Shanti, Shanti: album de 1971 mêlant musiques rock psyché et musiques traditionnelles indiennes (6/10)
  • Parquet Courts, Human performance: pas mal sur certaines plages, beaucoup moins sur d’autres (6/10)
  • El Yunque, Baskenland: guitares agressives, construction quelque peu expérimentale mais très réussi (8/10)
  • PJ Harvey, The hope six demolition project (à réécouter encore quelques fois)

Cafés et restaurants:

  • Hortense, bar à cocktails au Sablon. J’y avais déjà été pour des événements mais là j’ai pu goûter les cocktails maison. Pas mal mais je ne suis pas emballée à 100%