Carnets de la Mer d’Okhotsk

couv_livre_3099Nadine Ribault, Carnets de la Mer d’Okhotsk: toujours attirée par les récits se passant dans le grand nord sibérien, je me suis lancée dans la lecture de ce livre de Nadine Ribault. La Mer d’Okhotsk est celle qui s’étend du nord d’Hokkaido au Japon au Kamchatka dans l’Extrême-Orient russe. L’auteur y séjourne sur les côtes japonaises, au cœur de l’hiver. Le paysage est parsemé de forêts et la mer est gelée. Il ne s’agit pas vraiment d’un récit de voyage, ou d’une description d’un lieu mais plutôt de pensées éparses liées à cet endroit et si le livre n’avait pas été aussi court, j’aurais très vite décroché. Je n’ai trouvé aucun point d’attache dans ces réflexions illustrées d’images diverses (et pour lesquelles je ne voyais souvent pas le rapport) et le texte m’a laissé de marbre. La seconde étoile lui a été attribuée juste parce que j’aime les éditions Le Mot et le Reste…

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A walk in the woods

51mjdn2btqrlBill Bryson, A walk in the woods: grand voyageur, Bill Bryson décide cette fois-ci de rester dans son pays d’adoption, les Etats-Unis et de parcourir l’Appalachian Trail qui suit les montagnes de la côte ouest du pays. Sauf qu’il a une peur bleue des ours et craint en rencontrer sur son parcours. Il ne part pas seul, son vieil ami Katz l’accompagne. Je n’avais pas trop aimé un autre récit de Bryson et j’avais donc laissé de côté ses livres depuis un long moment. J’ai failli abandonner: les premières pages décrivent son compagnon de voyage d’une manière très dénigrante. Puis, le ton change. Ce ne sont plus vraiment les expériences personnelles des deux marcheurs qui sont au centre du récit mais l’histoire du chemin de randonnée et son milieu naturel, attaqué de tous côtés par des problèmes environnementaux. Au cours des pages, Bryson alterne le récit entre le contexte général et des anecdotes qu’il a vécues sur son trajet, parlant de sa relation avec son compagnon dans des termes bien plus positifs que dans les premières pages. Au final, c’est un agréable récit, très documentaire, qui permet de mieux connaître une région, et à l’exact opposé de Wild de Cheryl Strayed qui est centré sur les expériences et pensées de la narratrice.

The roads to Sata. A 2000-mile walk through Japan

51rqiixtijl-_sx327_bo1204203200_Alan Booth, The roads to Sata. A 2000-mile walk through Japan: Alan Booth, un Anglais installé au Japon pour étudier le théâtre nô décide en 1986 de parcourir à pied toute la longueur du Japon, de Soya au nord au Cap Sata au sud, en suivant les petites routes de campagne sur une distance de plus de 3000 kilomètres. Il décrit le Japon rural des fermiers et des pêcheurs au fil de ses rencontres. Son écriture pleine d’humour porte le regard d’un étranger sur un pays qu’il connaît pourtant très bien et c’est ce mélange de distance et de proximité qui est intéressant. Il y a du comique de répétition aussi: il relate toutes les fois où on lui refuse une nuit dans un ryokan sous prétexte qu’il est un “gaijin” et qu’il ne mange pas de poisson cru, qu’il dormira mal sur un futon, qu’il ne saura pas comment utiliser les bains. Il répond chaque fois en japonais, mais le message ne passe pas toujours: un gaijin ne parle pas japonais ! A d’autres moments par contre, la communication est bien plus aisée et il passe des soirées à boire des bières avec des locaux pour repartir le lendemain sur la route. Un si long voyage pourrait être un peu lassant et ennuyeux à raconter mais je me suis laissée prendre par ce récit si proche des gens et je compte bien lire l’autre livre d’Alan Booth, Looking for the lost: journeys through a vanishing Japan.

Berezina

51nydv1p2b2bl-_sx210_Sylvain Tesson, Berezina: je m’étais dit que je ne lirais plus de livres de Sylvain Tesson – il m’a trop énervée par le passé – et puis il y a eu l’effet goodreads: voyant que Kleo l’avait commencé, je lui ai emboîté le pas, me disant que je pouvais toujours interrompre ma lecture si cela ne me plaisait pas. Sylvain Tesson, jamais à court d’idées un peu aventureuses ou bizarres, propose à ses amis Cédric Gras, écrivain, et Thomas Goisque, photographe, ainsi qu’à deux amis russes, de retracer en moto avec sidecar de fabrication locale le chemin de la retraite de Napoléon en 1812, retraite catastrophique pour l’armée française. Le récit commence mal au point de vue écriture: Tesson se complaît dans une langue ampoulée et énervante, mais après quelques pages, il renoue avec un style plus simple quoique précis et recherché. Heureusement pour la suite de ma lecture ! Il relate l’histoire, plongeant le lecteur dans l’horreur de la guerre du 19e siècle en plein milieu de l’hiver russe et raconte au passage quelques anecdotes de son propre voyage. C’est probablement le côté très historique de ce récit qui m’a le plus intéressée et malgré mes réticences du début, j’ai beaucoup aimé le livre. Je regrette cependant de ne pas avoir l’édition illustrée de photos comme Kleo mais il y a moyen d’en voir un nombre certain sur le site de Thomas Goisque.

Un voyage au Japon

japonAntoine Piazza, Un voyage au Japon: l’auteur débarque au Japon en février 2007 avec son vélo. Son but est de parcourir l’île de Shikoku, la plus petite des grandes îles de l’archipel, sauvage et montagneuse. Un menu alléchant qui pourrait donner lieu à un magnifique récit. Or, le lecteur, moi en l’occurrence, n’aura retenu du Japon que des passages avec beaucoup de pluie, des trajets sur des routes embouteillées dans le noir, la recherche parfois compliquée d’un hôtel… Je me suis toujours demandée où il était – il n’y a pas de carte dans le livre. Je n’ai pas eu l’impression d’être au Japon, ou si peu, et cette impression est renforcée par un autre procédé: Antoine Piazza passe la moitié du livre à décrire son voyage en Irlande ou son circuit dans les Pyrénées lors du Tour de France. Cela faisait longtemps que je n’avais plus sauté quelques lignes dans un livre – pourtant très court – et c’est la seule raison pour laquelle je l’ai terminé. Et sauter quelques lignes ici veut dire sauter une demi-page à la fois tant les phrases sont longues… Une très grosse déception donc.

Hot tea across India

13149984Rishad Saam Mehta, Hot tea across India: après mon voyage en Inde, j’étais évidemment très tentée par la lecture d’un récit de voyage dans ce pays. L’auteur, Rishad Saam Mehta, originaire de Bombay, est parti de la constatation que partout en Inde il est possible de boire une tasse de chaï bien chaud avant de continuer sa route. Il raconte ses périples en moto et voiture, parfois même en camion, de Bombay à Delhi, à Kajuraho, mais surtout dans le nord, sur les routes de l’Himalaya. Il y rencontre diverses personnes qui lui offrent à boire et qui lui parlent de leur vie ou de la région. C’est un livre très plaisant à lire, rempli d’anecdotes amusantes, une diversion agréable entre des romans, et une manière d’appréhender l’Inde telle qu’elle est vue par un Indien.

Wild

9782264062208Cheryl Strayed, Wild: j’avais repéré ce livre sur différents blogs – je ne sais plus trop lesquels – mais j’ai été convaincue par les commentaires très positifs. Cheryl Strayed décide sur un coup de tête de parcourir à pied la Pacific Crest Trail, un chemin suivant les crêtes du Pacifique, partant de la frontière mexicaine, traversant la Californie, la Sierra Nevada, l’Oregon, l’état de Washington et se terminant à la frontière canadienne. Elle est totalement inexpérimentée et affublée d’un sac à dos bien vite baptisé “Monster”. Elle essaie d’oublier que sa vie est un désastre: sa mère est décédée d’un cancer, elle vient de divorcer parce qu’elle a trompé son mari de nombreuses fois, notamment avec un homme qui lui a fait découvrir la drogue. Sa randonnée est une fuite, une manière d’oublier dans l’effort. Car les 1700 kilomètres qui l’attendent ne seront pas de tout repos. Pendant 500 pages, Cheryl Strayed raconte son passé et sa marche et les deux sont passionnants. Elle se dévoile sous toutes ses facettes, celle d’une femme perdue et sensible mais aussi celle d’une femme forte qui arrive à se créer une nouvelle vie. J’ai adoré récit qui mêle émotions et description d’une nature superbe, et cela m’a poussé à regarder le film de Jean-Marc Vallée avec Reese Witherspoon – un film qui ne rajoute pas trop d’éléments accrocheurs. J’en ai aussi profité pour faire quelques recherches sur le PCT, lisant au passage des récits d’autres personnes qui l’ont parcouru.

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