Sur les chemins noirs

Sylvain Tesson, Sur les chemins noirs: après un grave accident (dû à une chute de plusieurs étages en étant saoul), Sylvain Tesson décide d’accélérer sa convalescence en suivant les chemins noirs, ces sentiers de campagne qui traversent toute la France, depuis le Sud jusqu’à la Manche. Disons-le de suite: ceci est très probablement le dernier récit de Tesson que je lis. Le personnage m’énerve depuis longtemps et il ne fait rien pour remonter dans mon estime. Il décrit peu son voyage (or, il me semble que c’est essentiel dans un récit de voyage) et râle énormément sur le monde moderne et les humains, comme un vieux con (n’ayons pas peur de le dire). Et son style est ampoulé, comme toujours. J’ai uniquement terminé le livre parce qu’il est court.

Looking for the lost

Alan Booth, Looking for the lost. Journeys through a vanishing Japan: comme dans The roads to Sata, Alan Booth voyage à pied au Japon. Cette fois-ci, il ne s’agit pas d’un long périple du nord au sud mais de trois circuits distincts: le premier se déroule dans la préfecture d’Aomori, une région nommée Tsugaru, et l’auteur suit les traces d’Osamu Dazai, un écrivain japonais qui y a séjourné dans les années 1940. Le second récit suit les traces de Saigo, samouraï en rébellion contre le pouvoir central, lors de sa dernière bataille et de sa retraite d’Enodake dans la préfecture de Miyazaki vers Kagoshima. Le troisième périple part de Nagoya et va vers le nord, suivant les rivières Nagara et Sho, et retrace la chute des Taira, un clan de samouraïs du 12e siècle, dont l’histoire est contée dans Le dit des Heike.

Ces événements historiques sont un prétexte pour Alan Booth pour emprunter des chemins oubliés, au point où il doit parfois faire demi-tour, et de parler du monde japonais rural. Il rencontre des nombreuses personnes prêtes à lui donner des informations sur les personnages historiques, il s’arrête dans des ryokans ou pensions de famille, décrivant – souvent avec humour – ses hôtes. Sa recherche d’une bière fraîche ponctue comme toujours son récit. J’ai mis beaucoup de temps à lire ce livre – il est long et écrit petit – mais je n’ai à aucun moment pensé à m’arrêter. J’ai pris beaucoup de plaisir à me plonger dans un Japon que je ne connais pas vraiment, tel qu’il était au début des années 1990. Il y a beaucoup de nostalgie dans ce récit écrit peu avant le décès de l’auteur.

Northland

Porter Fox, Northland: A 4,000-mile journey along America’s forgotten border: le titre dit tout ! Porter Fox est parti à la découverte de la région qui forme la frontière entre les Etats-Unis et le Canada et en profite pour raconter l’histoire de ces territoires et de leur exploration. Il marche, il prend des bateaux – du canoë au navire de fret, il emprunte le train et la voiture. Il s’intéresse aux populations natives qui ont résisté contre l’envahisseur étranger et aux Indiens d’aujourd’hui qui se battent contre l’installation de pipelines dangereuses pour l’environnement. Il aborde également le problème de frontière comme lieu de passage et surtout de contrôle de plus en plus strict. Un récit de voyage passionnant et instructif.

Paris to Calcutta: men and music on the desert road

Deben Bhattacharya, Paris to Calcutta: men and music on the desert road: à vrai dire, il s’agit ici d’un coffret de quatre disques édité par le label Sublime Frequencies, accompagné d’un livre contenant textes et photos de Deben Bhattacharya. Celui-ci a tout au long de sa vie enregistré des musiques traditionnelles en Europe et en Asie, et il raconte ici son voyage de 1954, partant d’Angleterre pour rejoindre son pays, l’Inde, par la route. Il parle de l’hospitalité des gens rencontrés dans les différentes régions traversées et de ses enregistrements de chansons et musiques auprès de différents peuples. Un document très intéressant pour qui s’intéresse aux voyages et à la musique.

La route des Indes des années 60-70

La route des Indes des années 60-70: ce recueil collectif rassemble des témoignages de voyageurs partis vers les Indes dans les années 60 et 70, la hippie trail donc. Le sujet me passionne depuis longtemps et c’était intéressant de lire ces histoires de jeunes Français et Suisses, certaines écrites à l’époque, d’autres rédigées par après. Chaque personne a un ton différent, parfois très descriptif, parfois complètement sous influence de la drogue ou d’une spiritualité poussée à son extrême. Un livre qui donne une certaine image d’une époque.

The lost city of Z

David Grann, The lost city of Z: a tale of deadly obsession in the Amazon: qu’est-il arrivé à Percy Fawcett ? Cet explorateur britannique était certain qu’il existait au cœur de l’Amazonie une cité perdue – Z – pleine d’or et de richesses. Il a consacré sa vie à sa recherche, expédition après expédition. Il ne reviendra pas de celle commencée en 1925. David Grann, auteur et journaliste américain, s’intéresse à son cas et raconte sa vie. Se basant sur différentes sources, il décrit les voyages dans l’enfer vert, notamment les diverses maladies et parasites qu’il est possible d’y attraper, mais aussi la crainte constante de se voir attaquer par les populations locales. De nombreux explorateurs ont suivi la trace de Fawcett mais il n’a jamais été retrouvé… et puis Grann se lance dans le pari un peu fou de découvrir la vérité, lui qui n’a aucune condition physique et qui n’a jamais été dans la forêt vierge.

Le récit est construit en alternance, contant l’histoire de Fawcett mais aussi celle des explorateurs qui sont partis à sa recherche, tout en faisant le point sur le travail de David Grann. C’est très rythmé, cela donne envie de lire la suite, de savoir ce qui s’est vraiment passé, un peu comme un polar. Les descriptions de la forêt sont très vivantes, parfois un peu horrifiantes même, et c’est un voyage qui se fait très loin de notre monde actuel. J’ai trouvé le récit passionnant et j’admire la manière dont David Grann l’a raconté, dénouant les fils au fur et à mesure.