Les villages du Japon

Jordy Meow, Les villages du Japon: à vrai dire, je ne suis Jordy Meow que depuis peu de temps mais j’aime beaucoup les photos qu’il poste sur Instagram. C’est par cette voie-là que j’ai appris qu’il éditait un livre consacré aux villages du Japon. Il a voyagé partout dans le pays dans des lieux qui sont le plus souvent hors des circuits touristiques mais qui sont toujours intéressants, et qui donnent envie de suivre ses pas. Trente-trois villages sont présentés, j’en ai visité un (Kitsuki), cela me laisse donc de la marge pour les prochains voyages ! Les photos sont superbes, les textes informatifs et souvent personnels, mais j’avoue que j’aurais aimé lire bien plus sur le sujet. Si vous êtes intéressés par le Japon, je vous recommande néanmoins chaudement ce livre, disponible sur son site Japon Secret.

King Cobra

Harry Hervey, King Cobra – Mekong adventures in French Indochina: 1925 – l’auteur et scénariste américain Harry Hervey débarque à Saïgon. Son souhait est de visiter un site oublié, le temple de Vat Phou, au Laos. Il raconte ses rencontres dans la métropole vietnamienne, puis son voyage vers Phnom Penh et Angkor. Ses descriptions donnent un caractère mystérieux au temples, et à l’Indochine en général. Puis il continue son voyage, remontant le Mékong, découvrant la vie locale et rencontrant divers représentants de la colonie, souvent postés dans des lieux fort isolés.

J’avais déjà lu Congaï. Mistress of Indochine du même auteur, un roman inspiré par ce voyage, et j’avais beaucoup apprécié cette plongée dans le monde colonial et dans un certain exotisme, tel qu’il est vu par un occidental. L’auteur a l’art de décrire la luxuriance de la jungle, la chaleur tropicale qui rend indolent, les trésors cachés et oubliés de tous… A certains moments, il porte un regard critique sur la société coloniale mais il est surtout en quête d’exotisme et d’histoires à raconter. Le livre est richement illustré par des photos et cartes postales de l’époque, et est complété par une biographie de l’auteur, une nouvelle et divers textes concernant le livre.

Saisons du voyage

Cédric Gras, Saisons du voyage: avec ce récit, Cédric Gras propose une réflexion sur le voyage. Il raconte certaines de ses aventures, notamment un de ses premiers périples où il a été de la Mongolie jusqu’au Tibet. Il parle de son dénuement qu’il a l’air de trouver nécessaire (alors que pour moi, il s’agirait plutôt d’un manque de préparation et d’une grande naïveté) et souligne l’importance des rencontres avec les populations locales. Il n’est pas tendre avec les autres voyageurs, avec les touristes, et parfois j’ai eu l’impression qu’il considère sa manière de voyager comme la seule acceptable. Heureusement d’autres passages sont beaucoup moins revendicateurs et même très agréables à lire, mais j’avoue qu’un mois après avoir terminé le livre, il ne m’en reste pas beaucoup.

Lone Rider

Elspeth Beard, Lone Rider: The First British Woman to Motorcycle Around the World: ou une lecture inspirée par cet article. En 1982, la jeune anglaise Elspeth Beard a une idée incongrue: elle va faire le tour du monde à moto. Elle étudie l’architecture mais elle rêve d’ailleurs et elle aime voyager sur sa BMW. Personne ne la croit capable de cette entreprise, un magazine spécialisé à qui elle avait demandé du soutien se moque ouvertement d’elle. Et pourtant, après avoir épargné en travaillant dans des pubs, elle se met en route. Elle part d’abord pour les Etats-Unis où elle retrouve de la famille, puis va en Nouvelle-Zélande et en Australie où elle travaille pour un cabinet d’architectes, le temps de renflouer ses finances. Elle repart ensuite; sa traversée de l’île est épique suite à des inondations. Les étapes se suivent, Singapour, la Malaisie, la Thaïlande, et puis l’Inde et le Népal où elle retrouve ses parents et où elle rencontre Robert, un Hollandais, avec qui elle poursuivra son voyage vers l’Europe.

Elspeth n’a que 23 ans mais elle affronte la route et les épreuves avec persévérance et conviction. Certains moments sont extrêmement compliqués, mais elle continue son chemin. La seconde partie du voyage avec Robert est un peu différente, elle n’est plus seule, mais les embûches semblent parfois insurmontables (l’administration indienne est tout simplement kafkaïenne). J’ai lu ce récit de voyage en quelques jours, tournant page après page, voulant connaître la suite de l’histoire. Il s’agit d’un périple exceptionnel, qu’Elspeth Beard raconte une trentaine d’années plus tard. Elle explique ses motivations et décrit ses émotions, aussi après son retour où personne ne s’est intéressé à son voyage. Ce récit est passionnant, il fait le portrait d’une femme exceptionnelle à une époque où voyager n’était pas aussi facile qu’aujourd’hui. Je recommande !

The meaning of rice

Michael Booth, The meaning of rice, and other tales from the belly of Japan: j’avais beaucoup aimé ma lecture de Sushi & beyond en 2014, avant d’aller pour la première fois au Japon. En revenant de mon dernier voyage, le troisième déjà, je me suis plongé dans la suite des aventures de Michael Booth, journaliste culinaire, et de sa famille. Ses enfants ont grandi et sont maintenant des adolescents. Ensemble, ils parcourent tout le Japon, partant d’Okinawa pour arriver tout au nord d’Hokkaido, à la recherche des spécialités locales. Michael Booth attache pas mal d’importance à des denrées ou plats dont la tradition se perd, ou qui sont voués à la disparition à cause du réchauffement climatique. Le récit est intéressant, mais à partir d’un moment, il devient un peu répétitif et j’ai perdu le fil. Je me suis même un peu forcée pour le terminer, d’où une appréciation moyenne.

Travelling

Christian Garcin & Tanguy Viel, Travelling: « et si nous faisions le tour du monde sans prendre l’avion ? » – voilà ce qu’ont décidé un jour Christian Garcin et Tanguy Viel. Ils partent donc de la France vers New York en cargo, racontant à tour de rôle le voyage et donnant leurs impressions sur son déroulement, sur la lenteur du navire, sur la météo, sur leur environnement. Une fois arrivés aux Etats-Unis, ils changent de moyen de transport, louant une voiture, et puis il prennent à nouveau un cargo vers Yokohama. Ils passent quelques semaines à découvrir le Japon – c’est la partie que j’ai préférée, j’étais moi-même dans ce pays au moment de ma lecture – puis continuent leur voyage, en bateau d’abord, puis en Transsibérien, pour terminer en bus jusque Paris. Le récit traduit bien les sentiments des voyageurs, leurs voix se complètent et mettent l’accent sur les choses qui les ont touchées. J’ai trouvé le livre un peu inégal, certaines parties sont très lentes, d’autres sont trop résumées, et j’ai complètement perdu l’intérêt à la fin, quand les deux voyageurs adaptent leur voyage pour profiter de la coupe du monde de football – celle où la France a gagné, détruisant tout le côté poétique et un peu rêveur de leur récit.

Récit de voyage: Japon

J’ai commencé mon récit de voyage au Japon. Comme à chaque fois, il me faudra quelques mois pour publier le tout mais j’espère pouvoir vous proposer un article par semaine au début (je vais miser sur le mardi pour créer un rendez-vous régulier – il paraît que c’est plus facile pour les lecteurs), et sans doute deux dès que j’aurai avancé dans l’écriture et le tri des photos. Comme j’avais suivi un « Atelier de photo décomplexée » avant le départ (c’était vraiment intéressant et instructif), j’ai tenté de mieux utiliser mon appareil photo, et je pense que ça se voit en partie.

C’est donc sur suasaday ! Bonne lecture ! Vos commentaires me font toujours plaisir, même si c’est dire une banalité du genre « c’est beau ! ».

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Un sandwich à Ginza

Hiramatsu Yôko, Un sandwich à Ginza: l’auteur est journaliste culinaire et rassemble dans ce livre quelques-unes de ses chroniques, illustrées par Taniguchi Jirô. Dotée d’une curiosité et d’un appétit sans limites, elles nous fait découvrir diverses facettes de la gastronomie japonaises, des plats les plus raffinés cuisinés à partir de produits de saison aux snacks les plus simples. Elle parcourt les rues de Tokyo mais aussi d’Osaka, de Kamakura, de Narita à la recherche des spécialités locales, tout en expliquant leur histoire. Certains de ces plats donnent l’eau à la bouche comme le nabe, d’autres m’ont laissée plus dubitative, comme ce ragoût d’ours qui se mange en hiver dans les montagnes de Shiga. J’ai tout particulièrement apprécié l’histoire des grands cafés « à l’américaine » qui ont adapté la cuisine occidentale au fil du temps et que je me suis amusée à repérer lors de mon voyage qui a suivi cette lecture. C’est un récit passionnant qui donne envie de manger !

For a pagan song

Jonny Bealby, For a pagan song: en voyageant au Rajasthan avec Wild Frontiers, j’ai appris que le fondateur de l’agence était Jonny Bealby, qu’il avait été musicien rock mais aussi qu’il avait écrit plusieurs récits de voyage. Et j’ai donc eu envie d’en lire un. Mon choix s’est porté sur For a pagan song qui est le récit d’un trek assez incroyable dans les zones tribales d’Afghanistan, juste avant la prise de contrôle du pays par les Talibans. Bealby raconte son désir de vivre les aventures que Kipling conte dans The man who would be king. Dans cette nouvelle, les deux héros partent à découverte du Kafiristan pour y devenir rois.

Dans les années 90, la région était déjà fort troublée et difficilement accessible. Bealby trouve un partenaire, un employé d’une ONG connaissant bien la région et part pour ce trek de plusieurs semaines. C’est une société d’hommes et de clans, et ils sont toujours armés, ce qui causera certaines frayeurs aux voyageurs. A certains moments, ils sont quasiment pris en otage. Mais surtout cette région montagneuse est magnifique et la description des paysages donne envie de la visiter. J’avoue que j’ai été un peu horrifiée des risques pris par Bealby – et heureusement tout s’est bien terminé. Et j’ai aussi souvent pensé, avec un peu de jalousie, que le fait que je sois une femme rendrait ce voyage totalement impossible pour moi. Les femmes sont tout simplement invisibles et sans aucun droit dans cette région, et même une étrangère n’y aurait pas accès. J’ai aimé le récit, mais il m’a aussi fait poser quelques questions.

Elsewhere

Rosita Boland, Elsewhere: one woman, one rucksack, one lifetime of travel: Rosita Boland raconte dans ce livre neuf voyages qui ont changé sa vie: son premier séjour en solo en Australie, un voyage dans des contrées reculées du Pakistan, une expérience angoissante en Antarctique, un séjour à Bali (avec un clin d’oeil à Elizabeth Gilbert)… Elle parle de ses envies, de ses peurs, de ce qui la touche, de ses émotions, écrivant un livre très personnel que j’ai lu avec plaisir mais sans être complètement passionnée. Il m’a par contre poussée à lire un autre récit de voyage qui traînait sur ma PAL et dont je parlerai bientôt.