Berezina

51nydv1p2b2bl-_sx210_Sylvain Tesson, Berezina: je m’étais dit que je ne lirais plus de livres de Sylvain Tesson – il m’a trop énervée par le passé – et puis il y a eu l’effet goodreads: voyant que Kleo l’avait commencé, je lui ai emboîté le pas, me disant que je pouvais toujours interrompre ma lecture si cela ne me plaisait pas. Sylvain Tesson, jamais à court d’idées un peu aventureuses ou bizarres, propose à ses amis Cédric Gras, écrivain, et Thomas Goisque, photographe, ainsi qu’à deux amis russes, de retracer en moto avec sidecar de fabrication locale le chemin de la retraite de Napoléon en 1812, retraite catastrophique pour l’armée française. Le récit commence mal au point de vue écriture: Tesson se complaît dans une langue ampoulée et énervante, mais après quelques pages, il renoue avec un style plus simple quoique précis et recherché. Heureusement pour la suite de ma lecture ! Il relate l’histoire, plongeant le lecteur dans l’horreur de la guerre du 19e siècle en plein milieu de l’hiver russe et raconte au passage quelques anecdotes de son propre voyage. C’est probablement le côté très historique de ce récit qui m’a le plus intéressée et malgré mes réticences du début, j’ai beaucoup aimé le livre. Je regrette cependant de ne pas avoir l’édition illustrée de photos comme Kleo mais il y a moyen d’en voir un nombre certain sur le site de Thomas Goisque.

Advertisements

Un voyage au Japon

japonAntoine Piazza, Un voyage au Japon: l’auteur débarque au Japon en février 2007 avec son vélo. Son but est de parcourir l’île de Shikoku, la plus petite des grandes îles de l’archipel, sauvage et montagneuse. Un menu alléchant qui pourrait donner lieu à un magnifique récit. Or, le lecteur, moi en l’occurrence, n’aura retenu du Japon que des passages avec beaucoup de pluie, des trajets sur des routes embouteillées dans le noir, la recherche parfois compliquée d’un hôtel… Je me suis toujours demandée où il était – il n’y a pas de carte dans le livre. Je n’ai pas eu l’impression d’être au Japon, ou si peu, et cette impression est renforcée par un autre procédé: Antoine Piazza passe la moitié du livre à décrire son voyage en Irlande ou son circuit dans les Pyrénées lors du Tour de France. Cela faisait longtemps que je n’avais plus sauté quelques lignes dans un livre – pourtant très court – et c’est la seule raison pour laquelle je l’ai terminé. Et sauter quelques lignes ici veut dire sauter une demi-page à la fois tant les phrases sont longues… Une très grosse déception donc.

Hot tea across India

13149984Rishad Saam Mehta, Hot tea across India: après mon voyage en Inde, j’étais évidemment très tentée par la lecture d’un récit de voyage dans ce pays. L’auteur, Rishad Saam Mehta, originaire de Bombay, est parti de la constatation que partout en Inde il est possible de boire une tasse de chaï bien chaud avant de continuer sa route. Il raconte ses périples en moto et voiture, parfois même en camion, de Bombay à Delhi, à Kajuraho, mais surtout dans le nord, sur les routes de l’Himalaya. Il y rencontre diverses personnes qui lui offrent à boire et qui lui parlent de leur vie ou de la région. C’est un livre très plaisant à lire, rempli d’anecdotes amusantes, une diversion agréable entre des romans, et une manière d’appréhender l’Inde telle qu’elle est vue par un Indien.

Wild

9782264062208Cheryl Strayed, Wild: j’avais repéré ce livre sur différents blogs – je ne sais plus trop lesquels – mais j’ai été convaincue par les commentaires très positifs. Cheryl Strayed décide sur un coup de tête de parcourir à pied la Pacific Crest Trail, un chemin suivant les crêtes du Pacifique, partant de la frontière mexicaine, traversant la Californie, la Sierra Nevada, l’Oregon, l’état de Washington et se terminant à la frontière canadienne. Elle est totalement inexpérimentée et affublée d’un sac à dos bien vite baptisé “Monster”. Elle essaie d’oublier que sa vie est un désastre: sa mère est décédée d’un cancer, elle vient de divorcer parce qu’elle a trompé son mari de nombreuses fois, notamment avec un homme qui lui a fait découvrir la drogue. Sa randonnée est une fuite, une manière d’oublier dans l’effort. Car les 1700 kilomètres qui l’attendent ne seront pas de tout repos. Pendant 500 pages, Cheryl Strayed raconte son passé et sa marche et les deux sont passionnants. Elle se dévoile sous toutes ses facettes, celle d’une femme perdue et sensible mais aussi celle d’une femme forte qui arrive à se créer une nouvelle vie. J’ai adoré récit qui mêle émotions et description d’une nature superbe, et cela m’a poussé à regarder le film de Jean-Marc Vallée avec Reese Witherspoon – un film qui ne rajoute pas trop d’éléments accrocheurs. J’en ai aussi profité pour faire quelques recherches sur le PCT, lisant au passage des récits d’autres personnes qui l’ont parcouru.

Book_RATING-45

Le tour du monde en 72 jours

Nellie Bly, Le tour du monde en 72 jours: journaliste américaine, Nellie Bly parie qu’elle pourra effectuer un tour du monde plus rapidement que les personnages de Jules Verne. Il ne faut pas oublier que nous sommes en 1889 et les transports intercontinentaux sont encore limités aux bateaux et au train. Elle embarque donc seule, sans chaperon, avec un seul bagage. Elle s’est fait confectionner une robe et un manteau qu’elle portera tout le long de son périple (aucune mention d’un quelconque lavage n’est fait dans le récit – oui, c’est le genre de choses qui me turlupine). Femme seule peut-être, mais elle est souvent accompagnée par quelqu’un dans différentes parties de son voyage et tout est organisé pour elle, tous les transports ont été réglés à l’avance. Elle traverse donc l’Atlantique puis la Manche, rencontre Jules Verne, prend le train pour Brindisi, puis le bateau qui la mènera via Colombo à Hong Kong et Yokohama pour enfin traverser le Pacifique et les Etats-Unis. En cours de route, elle décrit les paysages et ses expériences mais le récit laisse un goût de trop peu. Il est très plat, sans style, et plein de détails échappent au lecteur. A lire plutôt comme témoignage d’une époque…

Riding the iron rooster

Paul Theroux, Riding the iron rooster: au milieu des années 1980, Paul Theroux – connu de ses récits sur Inde notamment – embarque dans le train à Londres pour un grand voyage qui le mènera en Chine qu’il traversera de part en part, toujours en train. Les débuts du récit sont laborieux: Theroux fait partie d’un groupe de touristes de diverses nationalités et passe son temps à les critiquer lors du voyage qui traverse l’Europe, puis dans le Transsibérien. Son négativisme a lourdement pesé sur ma lecture, que j’ai failli abandonner. Mais une fois arrivé à Shanghai, il commence à voyager seul, enfin presque. Le régime communiste lui flanque un acolyte pour le surveiller et “mieux le guider”. Cet homme est heureusement fort effacé et Theroux sillonne la Chine, prenant les vieux trains à vapeur et visitant les différentes provinces, du Xinjiang au Yunnan en passant par la Mandchourie. Il décrit une Chine marquée par la révolution culturelle – il pose d’ailleurs beaucoup de questions à ce sujet aux habitants et cette partie est passionnante. Il va dans les villes et les campagnes et ressent fortement le besoin de développement économique et de libertés des Chinois. A un moment, de guerre lasse, son “guide” le laisse tomber et Theroux voyage seul, beaucoup plus libre de ses mouvements. Dans le dernier chapitre du livre, il découvre même le Tibet et le récit devient parfois quasi hallucinant. En résumé, ce livre commence très mal mais s’améliore au cours des pages et propose un portrait de la Chine à une époque précise. Je ne suis pas sûre par contre que Paul Theroux soit quelqu’un de très agréable à vivre !

Challenge PAL de vacances: un livre avec un animal dans le titre