A carpet ride to Khiva

Christopher Aslan Alexander, A carpet ride to Khiva. Seven years on the silk road: acheté en 2010 (j’ai été tentée parce que j’ai fait un voyage dans la région dans les années 1980), ce livre est resté très longtemps sur ma PAL, toujours devancé par d’autres lectures. Comme je m’oblige à lire des choses plus anciennes, A carpet ride to Khiva a enfin vu son tour arriver. L’auteur anglais, Christopher Aslan Alexander, s’est retrouvé à Khiva, en Ouzbékistan pour écrire un guide de voyage. Très vite son attention est attiré par les superbes tapis de la région dont il retrouve les motifs dans des miniatures du 15e siècle et il décide de créer grâce à des fonds étrangers (de l’Unesco, il me semble) un atelier de tissage selon les méthodes traditionnelles. Il raconte sa vie à Khiva, les mœurs locales, la recherche de teintures naturelles en Afghanistan (on est juste après le 11 septembre), l’histoire de la route de la soie, la fabrication de cette soie, la corruption aussi, qui ne sera pas sans conséquences sur son séjour. Son récit permet au lecteur de découvert une des ces anciennes républiques soviétiques un peu oubliées, sous la coupe de dictateurs corrompus et luttant contre la montée de l’islamisme. Le voyage est passionnant et permet de mieux comprendre cette partie du monde.

De l’art d’ennuyer en racontant ses voyages

Matthias Debureaux, De l’art d’ennuyer en racontant ses voyages: un court recueil qui me semblait d’application au moment où j’allais commencer à écrire mon récit de voyage du Sri Lanka. L’auteur fait le portrait de ces personnes qui ont l’art d’accaparer un public pour expliquer les nombreuses péripéties de leurs voyages, photos et souvenirs à l’appui. Que ce soient les interminables soirées diapositives du passé ou les récits de blogs plus actuels, certaines personnes ont l’art de mettre en avant des choses qui leur semblent extraordinaires tandis que les spectateurs ou lecteurs s’endorment (ou ricanent) dans leur coin. Je pense qu’on a tous eu des excès du genre mais les voir rassemblés tous ensemble est assez drôle. Des extraits:

“Dénigrez les touristes. Fouettez la “bronzaille”. Martelez que vous préférez voyager “intelligent” et marquez bien votre distance avec le visiteur moyen qui est transporté avec ses certitudes et se peur panique d’être déstabilisé.”

“Dès que vous êtes connecté, dupliquez de façon quasi identique le récit de vos aventures sur tous le réseaux existant sur la toile, car cela permet aux proches qui utilisent plusieurs outils de relire plusieurs fois les mêmes informations et, ainsi, de mieux les assimiler.”

“Féminisez les lieux. Révélez une ville comme une femme dont on devient l’amant: “C’est la belle enchanteresse” ou “la diva d’eau et de pierre. On n’épuise jamais les sortilèges de cette séductrice aux multiples visages.””

Huit jours aux Indes

Emile Guimet, Huit jours aux Indes: aujourd’hui surtout connu pour le musée qui porte son nom, Emile Guimet était un grand voyageur et a rédigé de nombreuses études sur l’Asie. Dans ce court récit, il raconte les huit jours qu’il a passé en Inde du Sud en 1876, de Colombo à Madras. Il décrit son voyage mais s’attarde surtout sur les monuments qu’il visite, racontant par la même occasion de nombreuses histoires de la mythologie indienne. Il émet des théories archéologiques et tente de tisser des liens avec la culture antique européenne. Il propose un regard sur l’Inde qui est marqué par son époque mais contenant bien moins de remarques que l’on pourrait considérer comme racistes aujourd’hui que dans d’autres récits. Dommage que l’éditeur ait choisi comme couverture une gravure représentant des minarets d’Ahmedabad, à des lieues de l’architecture hindouiste de l’Inde du Sud.

 

River town

Peter Hessler, River town: two years on the Yangtze: du même auteur, j’avais lu Country driving et j’avais beaucoup apprécié son portrait de la Chine vue de l’intérieur. River town se passe avant et raconte les deux premières années que Peter Hessler passe en Chine comme professeur d’anglais envoyé par le Peace Corps américain dans la petite ville de Fuling, bordant le Yang Tse Kiang dans le Sichuan. En 1996, Fuling est encore très retiré et n’a pas encore vu beaucoup d’étrangers. La vie n’est donc pas si simple, bien que protégée et dirigée par les cadres de l’université. Les Chinois ont en effet cette fâcheuse tendance à fixer les gens et à ouvertement se moquer d’eux, mais Peter Hessler et son comparse, également volontaire des Peace Corps, s’adaptent tout doucement, apprenant à parler le Chinois mais aussi le dialecte local. Ils découvrent la région et ses coutumes, non sans quelques épisodes hilarants d’incompréhension. C’est aussi l’histoire d’un ville qui va disparaître – la construction du barrage des Trois Gorges est en effet en cours. Ce récit couvre de nombreuses facettes d’une société chinoise en pleine mutation, entre les traditions anciennes, le communisme et les débuts d’une certaine libéralisation économique.

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L’hiver aux trousses

Cédric Gras, L’hiver aux trousses. Voyage en Russie d’Extrême-Orient: partant de Yakoutsk, au nord-est de la Sibérie, Cédric Gras raconte son périple vers le sud, jusqu’à Vladivostok, en passant par l’île de Sakhaline. Il est parti début septembre, dans le but de suivre l’arrivée de l’automne. Parfois il est en avance, profitant des derniers jours d’été, parfois il se fait rattraper et voit les premières neiges tomber. Cette région est extrêmement isolée et les transports sont difficiles, ce qui ne facilite pas ses pérégrinations. A l’époque communiste, le pouvoir y a déplacé par la force des personnes d’autres régions mais elles ne sont pas restées et les villes et villages se dépeuplent. Aujourd’hui, la région se tourne de plus en plus vers l’Asie, vers la Chine, le Japon et la Corée. Cédric Gras profite de son voyage pour raconter cet Extrême-Orient et parle autant de son histoire que des paysages. Un livre qui donne envie de découvrir un bout de ces régions isolées.

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