The lost city of Z

David Grann, The lost city of Z: a tale of deadly obsession in the Amazon: qu’est-il arrivé à Percy Fawcett ? Cet explorateur britannique était certain qu’il existait au cœur de l’Amazonie une cité perdue – Z – pleine d’or et de richesses. Il a consacré sa vie à sa recherche, expédition après expédition. Il ne reviendra pas de celle commencée en 1925. David Grann, auteur et journaliste américain, s’intéresse à son cas et raconte sa vie. Se basant sur différentes sources, il décrit les voyages dans l’enfer vert, notamment les diverses maladies et parasites qu’il est possible d’y attraper, mais aussi la crainte constante de se voir attaquer par les populations locales. De nombreux explorateurs ont suivi la trace de Fawcett mais il n’a jamais été retrouvé… et puis Grann se lance dans le pari un peu fou de découvrir la vérité, lui qui n’a aucune condition physique et qui n’a jamais été dans la forêt vierge.

Le récit est construit en alternance, contant l’histoire de Fawcett mais aussi celle des explorateurs qui sont partis à sa recherche, tout en faisant le point sur le travail de David Grann. C’est très rythmé, cela donne envie de lire la suite, de savoir ce qui s’est vraiment passé, un peu comme un polar. Les descriptions de la forêt sont très vivantes, parfois un peu horrifiantes même, et c’est un voyage qui se fait très loin de notre monde actuel. J’ai trouvé le récit passionnant et j’admire la manière dont David Grann l’a raconté, dénouant les fils au fur et à mesure.

Barbarian days

514zylczj8l-_sx336_bo1204203200_William Finnegan, Barbarian days: a surfing life: le titre dit tout, ceci est livre de surf. William Finnegan est originaire de Los Angeles, où jeune adolescent, il apprend à surfer. Le métier de son père, producteur pour le cinéma et la télévision, l’emmène à Hawaï, le lieu idéal pour développer ses talents de surfeur. Il décrit son amitié avec des garçons hawaïens mais aussi la ségrégation entre les blancs et les autres à son collège. William retourne ensuite en Californie et ne sait pas trop ce qu’il veut faire de sa vie. Avec un ami, il décide de faire le tour du Pacifique pour surfer. Il réside ainsi à Guam, aux îles Samoa, à Fidji où les deux jeunes hommes découvrent une vague superbe… Ils vivent très simplement, quasi sans le sou, passant de plage en plage, dormant souvent à la belle étoile. Ils continuent leur route en Australie et Asie du Sud-Est puis ils se séparent et Finnegan se rend en Afrique du Sud en pleine période de l’apartheid. Il commence à écrire divers articles pour des magazines et devient en fin de compte reporter de guerre pour le New Yorker, continuant à surfer à San Francisco et New York, puis à Madère. Mais ce qui prédomine dans le livre, c’est la passion pour le surf, la recherche de la vague idéale (ou pas), le plaisir d’apprivoiser un nouveau lieu avec ses spécificités mais aussi la camaraderie dans ce milieu très masculin à l’époque.

J’ai beaucoup de mal à mettre le doigt sur ce qui a provoqué un plaisir de lecture si intense. J’ai toujours aimé la mer, ou plutôt les bords de mer, les vagues qui se brisent, et j’ai toujours été attirée par les images de surf. Pas que je pratique moi-même; je n’ai jamais essayé et l’idée ne m’a jamais traversé l’esprit. Mais je sens une certaine attirance vers ce monde et les descriptions de Finnegan m’ont parlé, même les plus longues, celles qui ne s’intéressaient qu’aux vagues et à leurs particularités précises. Le récit est dense, très dense, mais je l’ai dévoré, abandonnant chaque fois mon livre à regret arrivant à destination lors des mes trajets en métro. J’ai aussi été touchée par les descriptions très fines du monde tel qu’il était dans les années 1960 et comment il évolue au cours du temps, même si l’histoire contemporaine n’est que peu abordée (j’aimerais lire l’autre côté des mémoires de Finnegan, celle du reporter de guerre).

Pour moi, c’est un livre d’île déserte, un de ceux que j’emporterais certainement. Même sans cet intérêt pour le surf, je pense qu’il y a moyen d’apprécier ce récit et je le conseille donc chaudement.

Alone time

71ga8tjlxalStephanie Rosenbloom: Alone time. Four cities, four seasons and the pleasures of solitude: journaliste (section tourisme) au New York Times, Stephanie Rosenbloom décide de visiter en un an quatre villes toute seule, une par saison. Ses séjours sont en général plutôt courts – une semaine – mais lui permettent de visiter et de profiter de Paris, Istanbul et Florence. La quatrième ville est un peu différente: elle redécouvre New York, son lieu de résidence. C’est un récit de voyage mais aussi l’occasion pour l’auteur de parler de textes divers et de livres sur la solitude, des références qui lui permettent de mieux appréhender son état du moment. Et même si cela rend le récit parfois un peu impersonnel, j’ai trouvé cela très intéressant, vu mon statut actuel de voyageuse solitaire. Elle raconte comment elle a mieux profité des villes, qu’elle a ressenti plus profondément un lien avec celles-ci et qu’elle était libre d’aller où elle le souhaitait, chose que je reconnais totalement. Les pages racontant New York m’ont donné envie de me libérer du temps comme elle le fait avec son “tourist Tuesday”, un moment une fois par semaine pour découvrir sa propre ville. Enfin, elle termine le livre en ajoutant quelques pages avec des sites ou adresses très utiles pour les voyageurs en solo. Un livre qui m’a plu non par ses qualités littéraires (très moyennes, il faut l’avouer) mais parce qu’il touche à une corde sensible.

Merci à Armalite qui me l’a offert !

Rice noodle fish

51j2tsiycql-_sx258_bo1204203200_Matt Goulding, Rice noodle fish. Deep travels through Japan’s food culture: je cherchais un livre sur la cuisine japonaise mais pas spécialement un livre de recettes. En cherchant sur le net, je suis tombée sur ce livre de Matt Goulding et il correspond tout à fait à ce que je cherchais. L’auteur a voyagé au Japon et passe de ville en ville, de région en région – Tokyo, Osaka, Kyoto, Fukuoka, Hiroshima, Hokkaido et Noto – pour manger les spécialités locales passant du boui-boui au restaurant chic et montrant les différentes facettes de la gastronomie japonaise. Il rencontre les gens et parle avec eux, racontant les histoires de chacun d’un manière très vivante et fraîche. C’est entre récit et journalisme, cela touche à ce qui s’appelle parfois le “deep journalism”* et je me rends compte que j’accroche fort à ce mouvement, aimant lire de longs articles sur le net, sur des sites divers. En recevant le livre, j’ai d’ailleurs découvert un de ces sites, Roads & Kingdoms, créé par Nathan Thornburgh, Douglas Hughmanick et Matt Goulding, l’auteur du livre. Et par le plus pur des hasards, j’y ai retrouvé Anthony Bourdain – tout cela se passait quelques jours avant son décès – qui a écrit la préface. Deux autres livres sont parus dans la série, un à propos de la cuisine espagnole et l’autre à propos de la cuisine italienne. Ils rejoindront rapidement ma bibliothèque !

*je me rends compte que le terme n’est pas si utilisé que ça – on parle plutôt de “slow journalism”, et encore. C’est aussi une notion très française si on regarde la longueur des articles sur wikipedia; la France a l’air d’être un pays précurseur du mouvement avec des magazines comme XXI. En faisant cette recherche sur le net, j’ai aussi trouvé d’où je tenais l’expression de “deep journalism”: j’ai récemment corrigé et relu un article qui parlait de Médor, le magazine belge de ce type.

A cook’s tour

x4801Anthony Bourdain, A cook’s tour: suite à son décès – qui m’a attristée plus que je ne le pensais – j’ai ressenti le besoin de regarder ses premières émissions tv (elles se trouvent sur dailymotion), A cook’s tour donc. Et de fil en aiguille, j’ai ressorti le livre que j’avais déjà lu en 2011. C’était très intéressant d’apprendre ce qui se passait derrière les caméras, ce qui a été mis en scène, ce qui en fait énervait Bourdain mais qu’il laissait faire pour la télévision. Pour le reste, je n’ai pas grand chose de plus à dire que la première fois, je vous propose donc d’aller relire ma première critique.

 

Tu vas aimer notre froid

51xhpezytjl-_sx195_Harold Schuiten, Tu vas aimer notre froid. Un hiver en Yakoutie: Harold Schuiten répond un peu par hasard à une annonce recherchant des professeurs de français en Yakoutie. Contre toute attente, il est engagé et va passer un hiver dans un village perdu au nord de Yakoutsk, dans la République de Sakha, au milieu de la taïga. Les hivers y sont difficiles, il y fait souvent -50° et tout est recouvert de neige. Tout gèle immédiatement, et il faut faire attention dès que l’on met le nez dehors. L’expérience est insolite et c’est ce qui m’a attiré dans ce livre. Et c’est un peu tout. Je n’ai pas été convaincue par l’écriture qui est fort simple, pleine de fraîcheur et de drôlerie certes, mais qui ressemble plus à l’écriture d’un blog. Bref, une déception parce que je n’ai pas eu l’impression de vraiment m’immerger dans cette région peu connue.

 

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