For a pagan song

Jonny Bealby, For a pagan song: en voyageant au Rajasthan avec Wild Frontiers, j’ai appris que le fondateur de l’agence était Jonny Bealby, qu’il avait été musicien rock mais aussi qu’il avait écrit plusieurs récits de voyage. Et j’ai donc eu envie d’en lire un. Mon choix s’est porté sur For a pagan song qui est le récit d’un trek assez incroyable dans les zones tribales d’Afghanistan, juste avant la prise de contrôle du pays par les Talibans. Bealby raconte son désir de vivre les aventures que Kipling conte dans The man who would be king. Dans cette nouvelle, les deux héros partent à découverte du Kafiristan pour y devenir rois.

Dans les années 90, la région était déjà fort troublée et difficilement accessible. Bealby trouve un partenaire, un employé d’une ONG connaissant bien la région et part pour ce trek de plusieurs semaines. C’est une société d’hommes et de clans, et ils sont toujours armés, ce qui causera certaines frayeurs aux voyageurs. A certains moments, ils sont quasiment pris en otage. Mais surtout cette région montagneuse est magnifique et la description des paysages donne envie de la visiter. J’avoue que j’ai été un peu horrifiée des risques pris par Bealby – et heureusement tout s’est bien terminé. Et j’ai aussi souvent pensé, avec un peu de jalousie, que le fait que je sois une femme rendrait ce voyage totalement impossible pour moi. Les femmes sont tout simplement invisibles et sans aucun droit dans cette région, et même une étrangère n’y aurait pas accès. J’ai aimé le récit, mais il m’a aussi fait poser quelques questions.

Elsewhere

Rosita Boland, Elsewhere: one woman, one rucksack, one lifetime of travel: Rosita Boland raconte dans ce livre neuf voyages qui ont changé sa vie: son premier séjour en solo en Australie, un voyage dans des contrées reculées du Pakistan, une expérience angoissante en Antarctique, un séjour à Bali (avec un clin d’oeil à Elizabeth Gilbert)… Elle parle de ses envies, de ses peurs, de ce qui la touche, de ses émotions, écrivant un livre très personnel que j’ai lu avec plaisir mais sans être complètement passionnée. Il m’a par contre poussée à lire un autre récit de voyage qui traînait sur ma PAL et dont je parlerai bientôt.

Mékong

M et Mme Shoes, Mékong, de la source au delta, une aventure à pied: M et Mme Shoes, un couple de Français, racontent le périple qu’ils ont effectué à la recherche des sources du Mékong puis leur parcours de long de ses rives jusqu’au delta. Ils ont traversé la Chine, le Laos, la Thaïlande, le Cambodge et le Vietnam. A vrai dire, ils n’ont pas marché sur l’entièreté du trajet: certaines zones sont inaccessibles en Chine, ou interdites aux étrangers, et parfois l’appel d’un véhicule motorisé permettait de reposer leurs pieds sur quelques kilomètres.

Il s’agit d’un beau livre avec de superbes photos et le texte est aisé à lire, avec un humour bienvenu lors de quelques mésaventures. Il est complété par de petites bande-dessinées. J’ai aimé ce récit mais je pense que je n’aurais pas dû acheter le livre (à part pour donner quelques sous aux auteurs – ce qui est bien aussi). En effet, j’avais lu toute l’histoire sur leur blog. Je n’ai pas comparé les textes et je ne sais pas s’il y a de grandes différences. Par contre, je suis certaine qu’il y a plus de photos sur le blog. C’est la raison pour laquelle je ne donne qu’une cote moyenne à ce livre.

Sur les chemins noirs

Sylvain Tesson, Sur les chemins noirs: après un grave accident (dû à une chute de plusieurs étages en étant saoul), Sylvain Tesson décide d’accélérer sa convalescence en suivant les chemins noirs, ces sentiers de campagne qui traversent toute la France, depuis le Sud jusqu’à la Manche. Disons-le de suite: ceci est très probablement le dernier récit de Tesson que je lis. Le personnage m’énerve depuis longtemps et il ne fait rien pour remonter dans mon estime. Il décrit peu son voyage (or, il me semble que c’est essentiel dans un récit de voyage) et râle énormément sur le monde moderne et les humains, comme un vieux con (n’ayons pas peur de le dire). Et son style est ampoulé, comme toujours. J’ai uniquement terminé le livre parce qu’il est court.

Looking for the lost

Alan Booth, Looking for the lost. Journeys through a vanishing Japan: comme dans The roads to Sata, Alan Booth voyage à pied au Japon. Cette fois-ci, il ne s’agit pas d’un long périple du nord au sud mais de trois circuits distincts: le premier se déroule dans la préfecture d’Aomori, une région nommée Tsugaru, et l’auteur suit les traces d’Osamu Dazai, un écrivain japonais qui y a séjourné dans les années 1940. Le second récit suit les traces de Saigo, samouraï en rébellion contre le pouvoir central, lors de sa dernière bataille et de sa retraite d’Enodake dans la préfecture de Miyazaki vers Kagoshima. Le troisième périple part de Nagoya et va vers le nord, suivant les rivières Nagara et Sho, et retrace la chute des Taira, un clan de samouraïs du 12e siècle, dont l’histoire est contée dans Le dit des Heike.

Ces événements historiques sont un prétexte pour Alan Booth pour emprunter des chemins oubliés, au point où il doit parfois faire demi-tour, et de parler du monde japonais rural. Il rencontre des nombreuses personnes prêtes à lui donner des informations sur les personnages historiques, il s’arrête dans des ryokans ou pensions de famille, décrivant – souvent avec humour – ses hôtes. Sa recherche d’une bière fraîche ponctue comme toujours son récit. J’ai mis beaucoup de temps à lire ce livre – il est long et écrit petit – mais je n’ai à aucun moment pensé à m’arrêter. J’ai pris beaucoup de plaisir à me plonger dans un Japon que je ne connais pas vraiment, tel qu’il était au début des années 1990. Il y a beaucoup de nostalgie dans ce récit écrit peu avant le décès de l’auteur.

Northland

Porter Fox, Northland: A 4,000-mile journey along America’s forgotten border: le titre dit tout ! Porter Fox est parti à la découverte de la région qui forme la frontière entre les Etats-Unis et le Canada et en profite pour raconter l’histoire de ces territoires et de leur exploration. Il marche, il prend des bateaux – du canoë au navire de fret, il emprunte le train et la voiture. Il s’intéresse aux populations natives qui ont résisté contre l’envahisseur étranger et aux Indiens d’aujourd’hui qui se battent contre l’installation de pipelines dangereuses pour l’environnement. Il aborde également le problème de frontière comme lieu de passage et surtout de contrôle de plus en plus strict. Un récit de voyage passionnant et instructif.

Paris to Calcutta: men and music on the desert road

Deben Bhattacharya, Paris to Calcutta: men and music on the desert road: à vrai dire, il s’agit ici d’un coffret de quatre disques édité par le label Sublime Frequencies, accompagné d’un livre contenant textes et photos de Deben Bhattacharya. Celui-ci a tout au long de sa vie enregistré des musiques traditionnelles en Europe et en Asie, et il raconte ici son voyage de 1954, partant d’Angleterre pour rejoindre son pays, l’Inde, par la route. Il parle de l’hospitalité des gens rencontrés dans les différentes régions traversées et de ses enregistrements de chansons et musiques auprès de différents peuples. Un document très intéressant pour qui s’intéresse aux voyages et à la musique.