Popular music in Southeast Asia

Bart Barendregt, Popular music in Southeast Asia: banal beats, muted histories: l’histoire des musiques du monde est un sujet qui m’intéresse beaucoup, et tout particulièrement celles de l’Asie. J’ai trouvé ce livre sur le net, en creative commons – une chose assez rare et que je me devais de pointer ici. L’auteur (aidé par de nombreux spécialistes du sujet) se concentre sur l’Indonésie, avec quelques écarts aux Philippines et en Malaisie, et découpe l’histoire en quatre périodes: les années 1920 et l’influence du jazz sur les musiques locales, l’arrivée du rock dans les années 1950-60, les musiques des années 1970 à 90 avec les protests songs mais aussi un retour à une certaine tradition et les nouvelles manières de distribuer la musique aujourd’hui, avec une attention particulière au nasyid, une musique pop religieuse (islamique). Le livre est relativement court et n’entre jamais en profondeur dans les différents sujets; je n’ai pas appris grand-chose et j’ai même râlé à certains moments en me demandant pourquoi l’auteur n’entrait pas plus en détail sur telle ou telle musique – mais c’est sans doute parce que je connais déjà beaucoup sur le sujet. Je regrette aussi que le titre soit trompeur: seuls quelques pays d’Asie du Sud-Est sont abordés; il n’y a pas une seule ligne sur le Vietnam ou le Laos et juste quelques bribes sur la Thaïlande et le Cambodge. A part ces points négatifs, la lecture est aisée, loin de la complexité de certains autres livres académiques, et la présence d’encarts permet d’expliquer plus en détail certains styles ou concepts.

Country Music USA

Bill C. Malone & Tracey E.W. Laird, Country music USA. 50th anniversary edition: cet hiver, en regardant la série de Ken Burns sur la musique country, je suis restée un peu sur ma faim. Elle est intéressante mais n’entre pas en profondeur dans l’histoire de ce style musical. J’ai donc décidé de lire le livre dont elle s’est inspiré en partie. J’avais une vieille version datant des années 1970 mais j’ai préféré racheter la plus nouvelle, celle qui marque le cinquantième anniversaire de sa parution. C’est un sacré pavé, lourd, et aux pages très remplies, sans interlignes entre les paragraphes. J’ai mis tout l’hiver et tout le printemps pour le lire, mais c’était vraiment passionnant. Bill Malone connaît son sujet à fond, et parle de la country sous toutes ses facettes, commençant par les origines très mélangées du style. Il décrit l’influence des musiques européennes mais aussi des musiques noires, il raconte comment l’industrie du disque a évolué au cours du temps, comment les femmes ont peu à peu pris leur place, il parle des publics et de leur évolution. J’ai appris beaucoup de nouvelles choses, me rendant compte que je connaissais surtout l’histoire de la première moitié du 20e siècle et très peu l’actuelle (une partie écrite par Tracey E.W. Laird qui a pris le relais de Malone). Je me rends compte maintenant de l’importance des paroles, plus que de la musique, paroles qui racontent l’âme américaine (des Blancs, souvent du sud, et donc souvent très conservateurs, mais pas uniquement). LE livre sur le sujet, mais qui n’est pas traduit (et ne le sera sans doute jamais à cause de sa taille et du non-intérêt du public francophone pour la country).

Revolusi

David Van Reybrouck, Revolusi. Indonesië en het ontstaan van de moderne wereld (L’Indonésie et la création du monde moderne): après avoir écrit l’histoire du Congo, David Van Reybrouck s’est attaqué à l’Indonésie. Cela ne lui semblait pas évident au départ, et il craignait ne pas être la bonne personne pour l’écrire, mais justement, le fait d’être Belge et non Hollandais lui a permis d’avoir un point de vue neutre et impartial. Il a appliqué la même technique: interroger les gens qui ont vécu les événements importants du 20e siècle. Si le livre commence par relater l’histoire ancienne de l’Indonésie en très résumé, puis celle de la colonisation par les Hollandais, il se concentre sur la Seconde Guerre mondiale et surtout sur les quelques années qui ont mené à l’indépendance en 1949, années troubles marquées par un pays qui ne veut pas lâcher sa colonie et fait tout pour la garder, même envoyer son armée.

Les personnes qui ont vécu cette période sont aujourd’hui âgées, et il était temps de recueillir leurs témoignages (beaucoup sont décédées depuis). Comme Van Reybrouck ne fait pas les choses à moitié, il a interrogé des Hollandais et des Indonésiens, visitant de nombreuses maisons de repos à Jakarta ou La Haye mais il s’est aussi intéressé aux vétérans japonais, aux quelques-uns qui ont bien voulu parler (cette guerre est gommée des mémoires locales) et aux gurkhas, ces soldats népalais qui sont intervenus dans le cadre d’une mission de l’armée britannique pour surveiller le retrait des troupes nippones.

Van Reybrouck raconte les événements mais explique aussi le contexte plus large, comment le colonisateur a divisé une société en trois classes, comme sur les paquebots de l’époque, les Indonésiens ayant été relégués dans la cale. Il relate comment certains ont tenté de se libérer de ce système et ont oeuvré à l’indépendance. Et il n’hésite pas à expliquer comment les Hollandais ont abusé de leur pouvoir, envoyant des escadres de l’armée qui massacraient des villages entiers. Les Pays-Bas ont longtemps gommé ces épisodes et ce n’est que depuis peu qu’il resurgissent dans les discussions politiques. Enfin, il parle de la place importante qu’a prise l’Indonésie dans le monde de l’après-guerre, rassemblant les pays du tiers monde (l’appellation n’était pas péjorative à l’époque) en un groupe distinct, conscient de leur force, en organisant la conférence de Bandung.

Ce livre est un pavé, mais il est passionnant du début à la fin, et comme toujours superbement bien écrit. Il y a un rythme, il y a le choix des mots, il y a ces inserts plus personnels racontant les expériences de l’auteur qui coupent l’aride somme des événements, il y a cette envie de raconter l’histoire en mettant en avant tous les points de vues différents, pas que celui du colonisateur. Il y a la grande histoire et puis la petite, celle des gens qui ont vécu ces moments. Je recommande, évidemment, et j’espère qu’il sera traduit très vite (en néerlandais, c’était un bestseller dès sa sortie et il y a déjà eu plusieurs réimpressions). Et comme après Congo, je souhaiterais lire d’autres livres du genre, expliquant la décolonisation de pays d’Afrique ou d’ailleurs, mais prenant compte de tous les points de vue.

Come fly the world

Julia Cooke, Come fly the world: the jet-age story of the women of Pan Am: quand j’étais petite, je voulais être hôtesse de l’air (personne à l’époque ne m’a dit que je pouvais aussi devenir pilote !). Et depuis je me suis toujours intéressée à ces métiers, ainsi qu’aux avions (je regarde les avions passer et les reconnais grâce à Flight Radar, et je suis des comptes sur you tube de personnes qui racontent leurs vols). Je ne pouvais donc pas passer à côté de ce livre qui a été mis en avant dans une newsletter de Goodreads. Julia Cooke raconte l’histoire de la Pan Am, cette grande compagnie aérienne américaine, compagnie qui a marqué les esprits, au travers des récits de plusieurs hôtesses qu’elle a interviewées pour l’occasion. Au départ, je me suis demandée si je lisais de la fiction, mais après les premières pages, Cooke ajoute de nombreuses informations factuelles sur la compagnie aux histoires des hôtesses. Ceci rend évidemment le livre très agréable à lire !

C’est aussi l’histoire d’une époque, celle des années 1950 à 1970, avec la lente émancipation des femmes, la guerre du Vietnam, la démocratisation du prix des vols… Au départ, une jeune femme ne pouvait rester hôtesse que selon certaines conditions (dont certaines sont très douteuses): célibataire, dans la vingtaine, avec des mensurations précises, blanches uniquement – elle devait être l’image de la compagnie et pour certaines (pas la Pan Am), c’étaient de véritables objets sexuels. Certaines des hôtesses interviewées parlent des relations qu’elles nouaient avec des hommes lors des vols, et beaucoup de choses se sont passée hors des avions. Mais pour une femme de l’époque, être hôtesse représentait une énorme liberté: elles pouvaient découvrir le monde, seules.

Je ne connaissais pas l’implication de la Pan Am dans la guerre du Vietnam, mais ces avions ont énormément servi au transport des troupes. Et puis il y a eu l’opération (controversée) « Babylift » qui, juste avant la chute de Saigon en 1975, a évacué des nombreux enfants du pays, pour qu’ils soient adoptés. Cela a été fait dans le chaos le plus total, et certains des enfants avaient en réalité des parents au Vietnam.

C’est un livre qui parle du glamour de ces femmes, mais aussi de leur implication (parfois involontaire) dans les grands événements de l’histoire. Je l’ai trouvé passionnant !

De Bourgondiërs

Bart Van Loo, De Bourgondiërs. Aartsvaders van de Lage Landen: je l’avoue, je ne connais que peu l’histoire de la Belgique et des régions environnantes, même après avoir étudié l’histoire à l’université. Les cours y étaient très spécifiques et très centrés sur l’histoire des institutions, ce qui n’était pas des plus passionnants. Ce livre de Bart Van Loo est un bestseller et comme un petit mouton, je me suis jetée dessus. L’auteur y raconte 1000 ans d’histoire, commençant à la fin de l’Antiquité quand une tribu germanique, les Burgondes ou futurs Bourguignons, traverse la frontière de l’Empire romain et s’installe en France, en Bourgogne. L’histoire s’accélère au 14e et 15e siècles, se terminant un peu abruptement en 1496 – les chapitres sont découpés en des périodes de plus en plus courtes, le dernier raconte un seul jour. Pendant cette période, les ducs de Bourgogne ont construit progressivement un empire, à force de conquêtes et de mariages judicieux, unifiant un territoire allant du nord de la Hollande à la Bourgogne en France et incluant les diverses régions de la future Belgique. C’est l’époque du commerce du drap et du textile et les villes flamandes deviennent très riches – bref, un atout de taille pour les ducs.

Bart Van Loo a un talent certain de conteur, et il emmène le lecteur dans un récit assez virevoltant, loin des écrits académiques un peu poussiéreux. Ce qui ne plaît évidemment pas à tout le monde, certaines expressions, certaines tournures de phrase, certaines comparaisons très contemporaines font parfois lever les sourcils, et je me suis demandée tout au long de ma lecture (je l’ai lu en néerlandais) comment les traducteur s’étaient débrouillés. J’ai eu écho que ce n’était pas entièrement réussi et cela ne m’étonne pas (j’ai vu le mot « langage ampoulé » par exemple). On est clairement ici dans de la « non-fiction littéraire » (un mot emprunté à David Van Reybrouck), très marquée par les spécificités de la langue néerlandaise. Quoi qu’il en soit, le récit est très vivant, avec de nombreux détails dans le déroulement des batailles mais aussi de la vie quotidienne – on apprend par exemple tout ce qui a été mangé lors de certains banquets – ou une psychologie très fine des ducs. Je me suis aussi rendue compte de mes lacunes en histoire: si les ducs de Bourgogne avaient été abordés à l’école, je ne connais rien de l’histoire de France, or celle-ci est entremêlée avec celle des ducs.

Bref, ce livre est passionnant, et je ne visiterai plus le villes flamandes du même oeil.

The anarchy

William Darymple, The anarchy: the relentless rise of the East India Company: 1600 – la reine Elisabeth I signe une charte royale octroyant le monopole du commerce dans l’Océan Indien à la Compagnie des Indes Orientales. C’est le début d’une aventure qui va mener à la colonisation du sous-continent indien. Entreprise commerciale à la base, la Compagnie a été autorisée dès le début à mener la guerre, et c’est ce qu’elle va faire, occupant au cours des 17e et 18e siècles de plus en plus de territoires et soumettant l’empereur et les rajas locaux. William Darymple détaille cette histoire dans son nouveau livre, montrant comment certaines actions étaient bien réfléchies tandis que d’autres étaient juste des coups de chance. C’est très fouillé, et le lecteur se perd souvent dans les personnages, mais surtout dans les nombreuses batailles, ponctuées de pillages et de tortures des perdants (aucun détail n’est épargné). Darymple a l’art de garder le suspense mais parfois l’histoire elle-même devient un peu ennuyeuse. Je n’ai jamais été passionnée par l’histoire politique et militaire, et ce livre ne parle que de ça; je pensais en fait retrouver une description de la société de l’époque et ce n’est pas le cas. Mais au final, je ne suis pas mécontente de ma lecture, parce qu’elle met le doigt sur des événements importants dans l’histoire et montre comme un empire a été créé par une petite entreprise commerciale avide d’argent, et sans respect aucun pour la culture locale. Je ne conseille pas ce livre à tout le monde mais je ne peux qu’admirer les recherches de l’auteur.

J’ai commencé ce livre bien avant que je n’aie connaissance du challenge non-fiction d’Electra mais je l’ai terminé pendant le mois de novembre, pendant la période de publication de ce challenge.

Congo. Une histoire

David Van Reybrouck, Congo. Une histoire: j’avais récupéré ce livre en néerlandais chez mon papa mais sa taille me rebutait un peu, ainsi que le fait de le lire en version originale, ce qui ralentit en général mon rythme. Mais en juin, l’envie de connaître l’histoire de ce pays s’est fait bien plus forte, et je me suis décidée à l’acheter en français. Malgré le cours que j’ai suivi à l’université, je ne connaissais pas grand chose de l’Afrique Centrale – il faut bien dire aussi que le cours était très peu structuré même si le professeur était reconnu (et remercié dans l’ouvrage de Van Reybrouck).

L’auteur n’est pas historien, il est écrivain, mais il a abordé le sujet avec une grande rigueur et cite ses multiples sources. Il a fait plusieurs voyages sur place, interrogeant de nombreux locaux. Ces interviews ponctuent son récit, et ses talents littéraires allègent un texte qui aurait pu être rébarbatif s’il n’avait été écrit que du point de vue historique. Il part des origines, de la préhistoire, décrivant le pays au niveau géographique, puis continue avec l’arrivée des Blancs, et surtout celle de Léopold II qui en fait son domaine privé. Il explique la colonisation et ses travers mais aussi comment le pays a acquis son indépendance très rapidement, n’étant pas vraiment préparé. Depuis, le Congo n’a pas vraiment connu de temps heureux et la description des 60 dernières années est particulièrement édifiante: corruption et guerres ont mis un pays plein de ressources à plat. La lecture de ces pages fait froid dans le dos.

Un petit mot encore à propos de la traduction: elle a dû être particulièrement compliquée, vu le côté littéraire de l’auteur. Mais j’ai de temps en temps été arrêtée par des tournures de phrases ou des mots un peu bizarres et quand j’allais les retrouver dans la version originale, je me suis rendue compte que c’étaient des expressions très flamandes, souvent intraduisibles littéralement. Et c’est là que je pense qu’un traducteur belge aurait mieux compris certaines nuances. Un exemple précis: l’auteur parle de Sint-Gillis bij Brussel; ce n’est pas Saint-Gilles près de Bruxelles, c’est juste Saint-Gilles (qui fait partie de la région bruxelloise) (mais sur les cartes d’identité, il était (est) effectivement écrit bij Brussel en néerlandais. Je sais que les traducteurs font un excellent travail, et c’est le cas pour ce livre, mais j’ai été trop souvent distraite dans ma lecture par certaines phrases trop littéralement traduites. Par la suite, j’en ai parlé avec un collègue qui l’a lu aussi, mais cela ne l’a pas marqué.

Je ne veux pas terminer avec une note négative: ce livre est passionnant, j’ai appris énormément de choses et je le conseille chaudement. L’auteur s’est passionné pour son sujet et cela se ressent tout au long de la lecture. Je me demandais d’ailleurs s’il existait des ouvrages similaires concernant d’autres pays d’Afrique ou anciennement colonisés.

Une histoire des sexualités

Une histoire des sexualités, sous la direction de Sylvie Steinberg: j’aurais pu lire les livres de Michel Foucault sur le sujet, mais je cherchais un ouvrage plus récent, et plus résumé. Une histoire des sexualités est découpé en différentes parties, suivant l’histoire depuis l’Antiquité, écrites par divers spécialistes de la question, et dresse le portrait des sexualités au cours des âges. Cela parle de mariage, de relations hommes-femmes, mais aussi d’homosexualité et de viols, et bien plus. Entre les chapitres, le ton reste homogène malgré les auteurs différents et le texte est très abordable et aisé à lire.

J’émettrai cependant une critique: le chapitre sur l’Antiquité se clôt avec l’expansion du christianisme dans l’Empire romain, et n’aborde donc pas les nouvelles valeurs liées à cette religion, tandis que le chapitre sur le Moyen Age commence vers l’an mil, dans un monde qui a totalement été remodelé par cette religion. Il y a donc un trou de 700-800 ans dans l’histoire, une période qui est en général oubliée par de nombreux historiens, et dans ce cas-ci, c’est particulièrement dommage parce que c’est à cette époque que se créent de nouvelles manières de penser et d’agir. Une des raisons de cette absence pourrait être le manque de recherches à ce sujet…

J’ai au contraire beaucoup apprécié la partie consacrée au 20-21e siècles qui m’a permis de comprendre les différents mouvements de la révolution sexuelle, d’aborder le féminisme et les mouvements LGBTQI+ et d’en comprendre les étapes, même si le point de vue est quasi uniquement français au niveau de la législation.

Ce livre couvre plus de deux mille ans d’histoire et ne peut être qu’une évocation de l’évolution de la sexualité mais il m’a appris de nombreuses choses que je pourrai maintenant compléter par des ouvrages plus précis, selon mes intérêts du moment.

Where China Meets India

Myint-U Thant, Where China Meets India: Burma and the New Crossroads of Asia: en commençant ce livre, je pensais lire l’histoire personnelle de l’auteur et l’exploration de son pays, la Birmanie. Ce n’est pas tout à fait le cas: il s’agit plutôt d’un écrit très bien documenté sur l’histoire et la situation politique du pays, ainsi que ses liens avec la Chine et l’Inde. C’est aussi une analyse assez fine des relations commerciales dans cette partie d’Asie. Le livre est divisé en trois grandes parties: la première est consacrée à la Birmanie, la seconde à la Chine, et tout particulièrement au Yunnan et à son histoire, fort différente de celle qui est expliquée en général, et la troisième à l’Inde, et donc à la partie frontalière avec la Birmanie. L’histoire de ces régions limitrophes est méconnue et j’ai appris énormément de choses. Mais j’ai malgré tout eu un grand souci en lisant ce livre: il a été écrit en 2011, avant la fin de la dictature militaire, et les perspectives avancées par l’auteur à propos de l’avenir sont quelques peu dépassées et cela m’a laissée sur ma faim. J’ai entre-temps vu qu’il avait écrit une analyse sur l’évolution du pays pendant les dix dernières années; je vais tenter de le lire avant que tout ça ne soit également du passé.

1349

Joren Vermeersch, 1349. Hoe de Zwarte Dood Vlaanderen en Europa veranderde: mon intérêt pour l’histoire de la Peste Noire n’est pas nouveau, j’avais déjà lu un épais ouvrage racontant son déferlement dans toute l’Europe mais j’étais restée sur ma faim concernant le niveau régional, celui de la Belgique. Avec cet ouvrage de Joren Vermeersch, à la base un mémoire de fin d’études, j’ai pu lire une approche vraiment locale, centrée sur Gand et Bruges essentiellement. L’historien explique que le manque de sources a poussé ses prédécesseurs à affirmer que la Flandre n’avait que peu souffert de l’épidémie. Or, après de nombreuses recherches et l’analyse de sources écrites oubliées auparavant, il arrive à la conclusion que la région a connu un taux de mortalité probablement similaire à celui des régions limitrophes. Il préfère cependant ne pas mettre de chiffre précis.

La seconde partie du livre s’attache aux conséquences économiques et sociales, comment la peste a complètement changé le monde des travailleurs. Il casse de nombreuses idées reçues et décrit le fonctionnement des guildes, tout particulièrement celles liées au textile. L’ouvrage est assez court, mais je l’ai trouvé passionnant, bien écrit et très accessible, même en néerlandais (seuls quelques mots très spécifiques m’ont posé problème). J’aurais par contre aimé que l’auteur retranscrive les citations en langue contemporaine (à la longue, je les sautais, tout simplement). A part cette remarque très accessoire, j’ai beaucoup apprécié ce livre.