Histoire du Japon

Gérard Siary, Histoire du Japon, des origines à nos jours: il y a quelques mois, je me suis rendue compte que je n’avais encore jamais lu de livre détaillant l’histoire du Japon et j’ai donc acquis celui-ci. Gérard Siary, traducteur à la base, s’est attelé à la tâche et décrit donc cette histoire, depuis la préhistoire jusqu’à nos jours. Il surcomplique la chose à mon avis, faisant souvent des allers-retours de quelques décennies, voire plus, dans un même paragraphe, utilisant des mots tellement peu usités qu’il faut un dictionnaire (et qu’un synonyme aurait été bien plus clair), écrivant des phrases qui n’ont ni queue ni tête, ni verbe. Le texte est très indigeste à cause de son style mais aussi dans son contenu. Je me rends compte que je n’ai pas retenu grand-chose. En cours de lecture, je me disais que c’était parce que je ne connais que très peu de l’histoire ancienne du Japon, mais après avoir refermé le livre, je me dis qu’il devrait quand même m’en rester un peu plus. C’est très axé sur les événements et la politique – avec plein de détails et de noms, très peu sur la vie quotidienne, même s’il y a quelques passages qui s’intéressent à la condition des femmes, ce que je trouve tout à fait admirable. Je crois que je n’ai jamais mis une note aussi basse à un livre d’histoire (et pourtant j’ai déjà lu mon lot de livres indigestes d’historiens); je devrai en trouver un autre sur le sujet.

The Locals Cookbook: Sri Lanka

Jon Lewin, The Locals Cookbook: Sri Lanka (2015): j’ai acheté ce livre à Galle, au Sri Lanka; il sera donc toujours associé à mon voyage sur place. Jon Lewin est anglais, et c’est le surf qui l’a amené sur place. Il raconte un peu le pays mais aussi la cuisine, sans entrer dans trop de détails. Les recettes, ce sont celles des guesthouses où il a dormi et des amis qu’il s’est fait sur place. Elles ne sont du coup pas toujours très variées – il y a beaucoup de currys similaires – mais elles sont faciles à préparer. J’ai mes quelques préférées; par contre je me suis limitée à ces currys et je ne me suis jamais aventurée vers d’autres plats (notamment ceux qui sont frits: la friture est compliquée, je trouve, à cause des odeurs, de l’huile qu’il faut entreposer, et du fait que je digère mal ces plats trop gras). Il y a énormément de photos, des plats, mais aussi de la vie locale – de surf. J’aime beaucoup ce livre, mais je me dis que ce serait bien de le compléter avec un autre. Il y a juste un souci: il n’y a pas de table des matières.

  • photos: ***** (toutes les recettes sont illustrées et il y a beaucoup de photos de la vie locale)
  • texte: *** (fort court et parfois peu superficiel)
  • originalité des recettes: ****
  • authenticité des recettes: **** (peut-être un peu simplifiées ?)
  • faisabilité des recettes: *****
  • mesures: unités de mesures métriques, mais avec pas mal de tablespoons et teaspoons
  • recettes favorites: « Roasted curry powder » (la base pour beaucoup de recettes), « Jayantha’s prawn curry », « Zesty carrot sambol », « Ranji’s chicken curry »
  • indispensabilité du livre: ***

Backwards and in Heels

Alicia Malone, Backwards and in Heels: The Past, Present and Future of Women Working in Film: après avoir lu un premier livre d’Alicia Malone, je me suis penchée sur celui-ci. Il raconte l’histoire des femmes dans le cinéma (d’Hollywood essentiellement). Divisé en deux grandes parties, l’auteur parle d’abord des principale protagonistes du passé, des actrices, réalisatrices, scénaristes qui ont tenté d’ouvrir la voie mais qui souvent ont été confrontées à la société patriarcale et au monde très masculin du cinéma. Elle décrit donc le rôle d’Alice Guy, de Mary Pickford, d’Anna May Wong, d’Hedy Lamarr, de Jane Fonda… parmi tant d’autres. La seconde partie explique ce qui est en train de changer aujourd’hui, en prenant l’exemple de quelques femmes qui font bouger les choses. J’ai un peu décroché à ce moment-là: même si leur travail est nécessaire et admirable, j’ai eu du mal à trouver des points d’attache parce que ces noms sont moins connus (elles sont productrices, scénaristes, monteuses…). Malgré ce bémol, le livre est très intéressant, et j’attends avec impatience le suivant qui vient de sortir.

The Female Gaze

Alicia Malone, The Female Gaze: Essential Movies Made by Women: la journaliste et autrice féministe américaine Alicia Malone rassemble dans ce livre une bonne cinquantaine de films réalisés par des femmes. Elle a écrit les articles principaux mais ceux-ci sont entrecoupés par des présentations plus courtes écrites par une collection d’autrices. C’est comme ça que je suis d’ailleurs tombée sur ce livre: en faisant des recherches sur un film des années 1930, j’ai découvert le blog Self-Styled Siren, de Farran Smith Nehme, et goodreads m’a appris qu’elle avait contribué au livre. Il est très intéressant de voir qu’avant les années 1970, les femmes sont quasi inexistantes dans le cinéma, surtout dans le cinéma américain – il y a Alice Guy, Dorothy Azner et Ida Lupino. Ces dernières années par contre, il y en a de plus en plus. Malone présente des films américains essentiellement, mais voyage aussi dans d’autres pays (France, Belgique, Australie, Turquie…). Suite à ce livre est né le tag #52FilmsByWomen qui proposait de regarder un film réalisé par une femme par semaine, pendant une année. J’ai repris le tag, et ajouté les films cités dans le livre dans ma (bien trop longue) liste de films de l’histoire du cinéma (une bonne moitié y était déjà citée). Je le rajoute maintenant systématiquement à mes mini-commentaires, y compris à des films non-repris dans le livre.

Cette lecture était passionnante et j’ai découvert divers films que j’ai envie de voir au plus vite. Et comme avec Mick LaSalle, j’ai eu envie de lire les autres livres de l’auteur – un nouveau paraît d’ailleurs fin mars.

Méfiez-vous des femmes qui marchent

Annabel Abbs, Méfiez-vous des femmes qui marchent: à vrai dire, j’ai écrit texte bien plus long sur ce livre pour mon boulot (ceux qui savent où je travaille le trouveront facilement, pour les autres, je peux vous envoyer le lien sur demande), vous trouverez donc ici une version courte et beaucoup moins structurée. Un avertissement: ne vous fiez pas au titre qui d’une horreur absolue (probablement le choix d’un éditeur mâle) et qui n’a rien à voir avec le joli titre en version originale: Windswept: Walking the Paths of Trailblaizing Women. Je l’ai acheté en français à cause de cette idée d’en faire un article pour le boulot – a priori je l’aurais acheté en anglais (mais rien à redire sur l’excellente traduction de Béatrice Vierne). Annabel Abbs mêle un récit personnel et l’expérience de six femmes (artistes) qui ont parcouru les sentiers, de Nan Shepherd à Simone de Beauvoir, de Gwen John à Georgia O’Keeffe. Suite à un accident qui l’empêche de marcher, Abbs commence une réflexion sur les récits des marcheurs et marcheuses et se rend compte que ce sont ceux des hommes qui sont toujours mis en avant. Après sa convalescence, elle a trouvé des récits de femmes et décide de marcher dans leur pas, en Angleterre, en Ecosse, au Pays de Galles, en France et même aux Etats-Unis. Elle raconte leur histoire et décrit ses propres expériences, tout en insérant de temps en temps les résultats d’une étude scientifique.

C’est passionnant du début jusqu’à la fin et j’ai dévoré ce livre en quelques jours. Je voulais au départ le compléter avec la lecture de Wanderers de Kerri Andrews, qui aborde le même sujet, et qui est même plus large au niveau du temps, avec des femmes du 18e siècle et des femmes qui ont marché récemment (Cheryl Strayed), mais le livre m’est tombé des mains. Trop d’extraits, un ton trop académique, et bien qu’Andrews insère aussi ses expériences personnelles, elles sont trop limitées, reléguées à la fin des chapitres et non entrelacées avec la vie des femmes comme dans le livre d’Annabel Abbs.

Pour une fois, j’ai mis de plein de post-it dans le livre, et du coup, voici une citation qui m’a beaucoup parlée:

« Pendant des années, je me suis sentie moi aussi en proie à cette crainte d’être seule et isolée. J’étais si fermement décidée à éviter d’être seule que je ne supportais plus la solitude. En outre, cette crainte me poussait, insidieusement, à faire des choix que je n’aurais peut-être pas faits. Elle pesait sur moi, me comprimait, tout à fait une camisole de force. »

Dangerous Men

Mick LaSalle, Dangerous Men: Pre-Code Hollywood and the Birth of Modern Man: il était évident pour moi, qu’après avoir lu Complicated Women, il fallait que je lise son pendant masculin. Dans ce livre, le critique américain Mick LaSalle fait le portrait des acteurs américains qui ont dominé le cinéma d’Hollywood entre 1929 et 1934, des débuts du cinéma parlant à l’instauration du Code Hays qui a limité fortement ce qui pouvait être montré dans les films. Je trouve que le livre est un peu moins bien construit que celui sur les femmes, mais il y a quand même une belle palette d’hommes, souvent spécialisés dans un type de rôle: les monstres pour Boris Karloff et Bela Lugosi, les gangsters pour James Cagney et Edward G. Robinson, les latin lovers pour Ramon Navarro, les militaires, les avocats, les hommes un peu louches… C’est l’époque de Clark Gable qui enflamme les coeurs des jeunes filles (avec ou sans moustache), mais aussi de Gary Cooper ou Maurice Chevalier. Tous ces hommes sont engagés pour l’un ou l’autre studio, et jouent des rôles en fonction des caractéristiques de ceux-ci. Ils sont dans l’air du temps et sont « modernes » dans le sens où le cinéma de l’époque a abandonné le conservatisme d’antan et ose décrire la vie telle qu’elle est, n’hésitant pas à montrer de la violence ou une sexualité exacerbée (dans les limites de l’époque évidemment – les corps dénudés, c’est pour bien plus tard).

J’aime toujours autant le ton de Mick LaSalle; j’ai dévoré trois de ses livres en quelques mois. A vrai dire, il ne m’en reste qu’un seul à lire, mais j’hésite à cause de son sujet: ce que Hollywood peut apprendre des actrices françaises contemporaines. En même temps, ça pourrait être intéressant (edit: je l’ai commencé). En attendant, je continue à regarder les films des années 1930 avec tous ces acteurs et actrices et je m’amuse beaucoup.

Teach yourself to sleep

Kate Mikhail, Teach yourself to sleep: an ex-insomniac’s guide: c’est un article du Guardian qui m’a mis sur la voie de ce livre, et vu mes problèmes de sommeil, je me suis dit que c’était peut-être un bon investissement. Ce genre de livres de self-help peut être très mauvais mais peut aussi apporter certaines choses. On est ici dans la seconde catégorie. Kate Mikhail part de ses propres insomnies, et de son histoire familiale: elle est la nièce de Richard Waters, un pionnier de la thérapie cognitive et comportementale et protégé d’Emile Coué. Cette méthode Coué résonnait en moi, pas forcément de manière positive, mais comme moyen d’inculquer quelque chose de force. Or, il y a un côté plus positif: la répétition de certaines phrases peut changer à la longue un comportement (je résume très fort ici). C’est l’idée de base du livre, mais avant d’arriver au coeur du problème, Mikhail analyse le sommeil sous toutes ses facettes, relayant de nombreuses études scientifiques: elle parle des effets du stress, de la nourriture, même de la ménopause. Elle décrit aussi les différentes phases du sommeil et met le doigt sur celles qui peuvent poser problème, ajoutant au passage quelques exercices de visualisation (j’aime beaucoup les courbes des ondes cérébrales qui ont de nombreux pic en phase d’éveil et qui s’aplatissent dans le profond sommeil). Et c’est passionnant ! Enfin, elle propose un choix de scripts à lire / écouter tous les jours (dans l’idée de la méthode Coué) pour améliorer son sommeil (ils sont disponibles sur son site).

J’ai appris énormément de choses sur le sommeil en lisant ce livre, et j’ai commencé à écouter tous les jours (vers 17-18h) un des scripts, celui de Kirsty MacDonald. Une phrase fait pas mal d’effet chez moi: « le sommeil est quelque chose de tout à fait naturel ». Au moment d’écrire ce brouillon de billet, ça ne fait qu’une semaine que j’ai commencé, mais il est certain que ces cinq minutes de coupure dans ma journée font du bien. Une semaine plus tard, j’ai déjà perdu le rythme et j’oublie systématiquement ma pause – je vais faire des efforts pour m’y remettre. Je suis sûre qu’au final ce livre m’aidera (j’applique la méthode Coué, là), tout simplement parce que j’essaie de créer de plus en plus des images positives sur le sommeil (et non plus celles que j’avais avant et que je ne vais donc pas écrire ici). Un bon achat, donc !

A History of Narrative Film

David A. Cook, A History of Narrative Film (5th edition): (ce billet est moitié critique moitié tranche de vie). J’avais dû me procurer ce livre (la seconde édition à l’époque) pour un cours d’histoire du cinéma à l’université. Cet été, j’ai eu envie de le lire en entier, et j’ai donc cherché une édition plus récente. Ma passion pour le cinéma s’est tarie pendant des années, à cause de l’omniprésence des séries et ma vie de couple de l’époque. En effet, souvent nous ne commencions à regarder la télévision que vers 21h et un épisode de série de 45 minutes à une heure était le maximum que je pouvais regarder sans m’endormir. Et nous n’avons quasi pas été au cinéma (à part certaines éditions du BIFFF, le Festival du Film Fantastique de Bruxelles – mon ex avait une prédilection pour ce genre de films). Aujourd’hui moins de séries me tentent et au travail, on m’a proposé d’écrire sur les nouvelles sorties, activité qui m’a beaucoup intimidée au début mais que j’ai embrassé avec beaucoup de plaisir depuis. Je retourne donc au cinéma, tout en empruntant pas mal de dvd (l’avantage de mon boulot). J’ai aussi décidé de combler certains trous dans ma culture, et du coup, je me suis concocté une liste de films à voir inspirée de best of trouvés sur le net (elle fait 70 pages, mais j’ai tout le temps, un peu comme pour le challenge Joyce Carol Oates). C’est comme ça que je me suis lancée dans le visionnage de films des années 1930, entrecoupé de productions plus modernes vu que j’ai aussi une liste de westerns en cours, ainsi qu’une liste de films japonais. J’ai décidé de ne pas regarder les films muets, c’est plus fastidieux et souvent plus ennuyeux.

Mais revenons au livre: c’est une bible, c’est clair. L’auteur aborde l’histoire du cinéma américain mais consacre au moins la moitié du livre (voire les deux-tiers même) au cinéma du monde entier (et c’est là que je me rends compte que je n’ai vu aucun film d’Europe de l’Est par exemple). Il cite beaucoup de noms (mais moins que dans la seconde édition) et fait de courts résumés de beaucoup de films mais il donne en même temps une image assez globale de l’évolution et de la création de nouveaux styles, s’attachant notamment aux innovations techniques qui ont forcé les réalisateurs à se réinventer. J’ai noté une chose cependant: il ne parle jamais de la musique, des scores composés spécialement pour les films et qui ont souvent changé l’appréciation qu’on a des films en question. Or c’est un sujet que je connais un peu à cause de mon boulot. D’autres lecteurs ont noté d’autres lacunes, mais pour moi, ce livre m’a permis de rafraîchir ma mémoire et de découvrir plein de nouvelles choses. A moi maintenant d’approfondir certains sujets qui m’intéressent plus (au hasard, les années 1930, le cinéma japonais ou de Hong Kong – j’ai déjà (lu) quelques livres sur le sujet).

Ménopausée et libre !

Sophie Kune, Ménopausée et libre ! Manifeste pour une ménopause réinventée: la ménopause est sujet encore tabou aujourd’hui mais heureusement la parole commence à se libérer. Et ça tombe bien, parce que je commence à avoir des premiers symptômes, souvent passagers mais concentrés par moments. Du coup, j’ai envie de savoir, de m’informer, de mieux me préparer à ce qui m’attend. Ce livre me faisait de l’oeil, je me suis précipitée dessus (sans savoir qu’à la base c’était un compte instagram), et j’ai failli le jeter à travers la pièce une fois terminé (parce que oui, je l’ai malgré tout terminé).

Je risque d’être un peu de mauvaise foi. Ou pas. Ou alors je n’étais pas le public cible (pourtant à 49 ans, il n’y a pas plus cible que moi). Il y a une différence entre poster de courts textes sur instagram et remplir un livre. Du coup, pour remplir le livre, Sophie Kune commence par raconter sa propre expérience, et c’est en effet intéressant d’avoir l’avis de quelqu’un qui a vécu ça. Puis elle se penche sur les origines du mot et renvoie à Charles de Gardanne, le médecin français qui l’a inventé en 1821. A partir de là, chaque chapitre contient de larges extraits de son traité de l’époque. Sauf qu’en 2021, à part si on est historien, on n’a pas envie de lire ces textes complètement dépassés et pour la plupart misogynes.

Si ce n’était que ça (pourquoi les critiques négatives sont-elles toujours les plus longues ?): je cherchais des informations précises sur les traitements possibles mais ça se limite à trois pages. Pour le reste, Sophie Kune donne pléthore de conseils dignes d’un Elle ou d’un Marie-Claire, avec plein d’injonctions voilées. J’ai eu la nette impression qu’elle est pro clean beauty (il y a tout un débat à ce sujet et comme toujours il est plein d’extrémismes) et son discours sur la teinture des cheveux gris part dans tous les sens. Elle prône aussi certaines marques de vêtements en coton bio, évidemment. Ce qui me fait penser que ses conseils sont limités à une certaine catégories de femmes qui ont les moyens de se payer ça (j’ai poussé le vice jusqu’à vérifier: 107 euros le t-shirt basique). Son style est clairement parisien et bourgeois – à l’opposé total du mien. Et puis ces phrases comme « je préconise », « il faut se supplémenter », « faites »… Là où j’ai même carrément ri c’est quand elle insiste sur le fait qu’il faut dormir avec un oreiller plat, parce qu’avoir la tête trop élevée la nuit provoquerait un double menton.

Tout ça est entrecoupé d’entretiens avec des personnes diverses, de la gynécologue à une représentante La Redoute (j’en conviens, les vêtements de la marque sont moins coûteux que les t-shirts cités plus haut), ainsi que de QR codes renvoyant à des tableaux pinterest qu’elle a composé.

Je suis vraiment déçue de ce livre (et même du compte instagram auquel je me suis abonnée depuis). J’ai tellement aimé la poésie de Darcey Steinke, et ses histoires de baleines (dont parle Kune, mais sans donner la référence), et même ses explications sur l’origine des hormones de remplacement. On a clairement ici un exemple du fait que je me sens bien plus proche des sensibilités anglo-saxonnes que franco-parisiennes. C’est extrêmement rare que je mette une cote aussi basse à un livre, mais c’est aussi parce que j’abandonne les plus mauvais en cours de route. Ici, j’ai continué à le lire, espérant y trouver des informations intéressantes. Ce n’était pas le cas. Je préciserai quand même que ma voix dissonante est bien unique: tous les commentaires sur amazon et fnac sont à 100% positifs (à tel point même que cela semble bizarre).

Complicated women

Mick LaSalle, Complicated women: sex and power in Pre-Code Hollywood: après avoir lu Dream State, je me suis penchée sur la bibliographie de l’auteur et je suis tombée sur ce livre qui me tentait énormément vu que je suis en train de regarder tous ces films des années 1930. Il parle des actrices qui ont dominé les écrans pendant les quelques années du cinéma parlant allant de 1929 à 1934, date où est instauré le « Code », une liste de recommandations très conservatrices qui ont fortement limité ce qu’on pouvait montrer à l’écran (plus de baisers, les couples dorment dans les lits jumeaux, le mal est toujours puni, etc.). Pendant ces cinq années, les actrices étaient très libres dans leur jeu et dans leurs rôles. On voit des prostituées, des femmes qui trompent leur mari, des femmes libres et qui se sentent bien. Greta Garbo et Marlene Dietrich crèvent l’écran, mais aussi Norma Shearer, aujourd’hui oubliée alors qu’elle jouait des rôles assez subversifs.

Mick LaSalle connaît très bien son sujet et nous emmène dans cette époque avec beaucoup de détails et d’humour. C’est un livre passionnant qui permet de découvrir une époque oubliée, où les femmes avaient pas mal de chose à dire et à revendiquer, avant d’être reléguées à des rôles de saintes sans relief ou de damnées qui doivent être punies. Il y a un pendant qui parle des hommes de la même époque, que j’ai évidemment commencé. Du coup, j’ai envie de voir tous ces films, mais ils sont parfois un peu difficiles à trouver.