Trans-Europe Express

Owen Hatherley, Trans-Europe Express. Tours of Lost Continent: Owen Hatherley est un écrivain et journaliste britannique qui est passionné par l’architecture (et par Pulp – un de ses premiers livres est une biographie du groupe). Pas l’architecture classique – même si elle est abordée par moments – mais l’architecture moderne / contemporaine. Dans ce livre, il fait un tour de l’Europe et décrit de nombreuses villes par l’intermédiaire des bâtiments et de l’urbanisme. Il parle des exemples réussis mais aussi des catastrophes architecturales (Skopje est l’exemple type: chaque façade a été « modernisée » par des colonnes antiques et des panneaux miroir). Il explique comment ces ensembles se sont formés, suite à des politiques particulières (l’influence du communisme est importante dans les pays de l’Est) ou en conséquence de catastrophes comme les bombardements de la Seconde Guerre mondiale (Rotterdam, de nombreuses villes anglaises). Il analyse comment les villes se sont organisées, soit dans un ensemble très cohérent, soit tout à fait anarchiquement, insérant des bâtiments de styles complètement divers dans le tissu urbain. Il a une prédilection pour le modernisme, et surtout pour le brutalisme, pour ces immeubles de béton aux formes très organiques et brutales à la fois.

Il n’a pas sa langue dans sa poche et est très critique, mais aussi très drôle. Il envoie de nombreuses piques mais reconnaît aussi la beauté dans ce qui est laid, par contraste. Il déteste Paris à cause de la grandiloquence – il n’en parle que dans son introduction d’ailleurs – et n’est pas tendre pour les villes britanniques mais adore des villes complètement foutraques comme Liège ou Bruxelles (si je cite ces exemples, c’est sans doute parce qu’ils me parlent le plus, évidemment). Il loue également la cohérence des rénovations de Hambourg, mêlant l’ancien et l’hyper-moderne (j’ai en effet adoré cette ville). Son livre est divisé par zones géographiques et s’intéresse autant à des capitales qu’à des villes de moindre importance, de Madrid à Nicosie, du Havre à Lviv, de Thessalonique (une autre horreur d’après lui et je peux confirmer d’après ce que j’avais vu de la ville) à Aarhus, le tout est illustré par certaines de ses photos. Tout cela donne furieusement envie de voyager !

Ce livre est un vrai coup de coeur pour moi, il est tombé au bon moment et n’a fait que raviver mon intérêt pour l’architecture du 20e siècle. C’est à nouveau mon ami/collègue qui me l’a offert et il ne s’attendait pas à l’effet qu’il aurait sur moi. Depuis, j’ai exploré les possibilités de faire des voyages (en Europe) consacrés à l’architecture – plus spécifiquement l’architecture brutaliste, notamment des anciens pays de l’Est, mais aussi dans tout le continent. La seule chose qui me retient pour le moment, c’est l’arrivée de l’automne et de l’hiver et du délai un peu court pour organiser tout ça (j’aime m’y prendre au moins deux mois à l’avance, voire trois ou quatre pour être à l’aise).

J’ai hâte de lire les autres livres de l’auteur ! En tous cas, il tombait pile poil dans le challenge « Sous les pavés, les pages » organisé par Athalie et Ingannmic.

Owen Hatherley, Trans-Europe Express. Tours of Lost Continent, Penguin, 2018, 427p.

People Who Eat Darkness

Richard Lloyd Parry, People Who Eat Darkness: The True Story of a Young Woman Who Vanished from the Streets of Tokyo – and the Evil That Swallowed Her Up: au début de l’été 2000 disparaît à Tokyo la jeune Lucy Blackman. Anglaise, grande, blonde, elle s’était rendue au Japon pour gagner rapidement de l’argent (elle avait des dettes) en devenant hôtesse de bar. Elle était accompagnée par sa meilleure amie qui sonne de suite l’alarme – ce n’était pas normal que Lucie ne donne subitement plus de nouvelles, surtout qu’elles s’étaient appelées régulièrement tout l’après-midi du jour de sa disparition. La police traîne à commencer l’enquête tandis que la famille se démène et multiplie les conférences de presse.

A cette époque, Richard Lloyd Parry travaille à Tokyo comme journaliste (un peu comme Jake Adelstein de Tokyo Vice) et se passionne pour l’affaire, qu’il finira par suivre jusqu’à son dénouement et qui l’inspirera pour écrire ce livre. Il a beaucoup à raconter, et si les détails du monde des hôtesses de bar sont intéressants, il y en a bien d’autres qui sont un peu superflus. Il explique avec minutie la vie de tous les membres de la famille de Lucie et décrit toutes leurs actions au Japon et en Angleterre. Peut-être que c’est une manière de compenser le fait qu’on ne sait pas grand-chose sur le coupable ? Il s’intéresse aussi au fonctionnement de la police locale (on ouvre de grand les yeux à certains moments) et explique comment le poids des traditions a causé un certain immobilisme; il décrit aussi le système de la justice, bien différent de celui du monde occidental. Il y a donc des parties très intéressantes dans le livre, et l’histoire de Lucie est tragique, mais une centaine de pages en moins aurait sans doute resserré un peu l’intrigue.

Une idée piochée chez Electra, qui a adoré.

En le commençant, je pensais que ce live pourrait s’intégrer dans le challenge « Sous les pavés, les pages » organisé par Athalie et Ingannmic mais la ville de Tokyo n’est que très peu décrite (à part le quartier de Roppongi, et encore) et ne joue pas le rôle principal dans le récit.

Richard Lloyd Parry, People Who Eat Darkness: The True Story of a Young Woman Who Vanished from the Streets of Tokyo – and the Evil That Swallowed Her Up, Fsg Originals, 2012 (première publication, 2010 – en français: Dévorer les ténèbres), 454p.

De la tête à l’assiette

Jérémy Gorskie, De la tête à l’assiette. Chroniques et conseils d’un mangeur libéré: ce livre s’intéresse à la question de l’alimentation intuitive et est anti-régime. L’auteur explique comment ceux-ci entraînent une personne dans un cycle vicieux de baisse de poids puis de reprise d’autant plus forte que les privations ont été importantes. Il remet en avant le plaisir de manger, mais en pleine conscience et dans l’écoute de son corps. Mais ce n’est pas tout; il décrit aussi avec précision de quoi le corps a besoin: glucides, lipides, minéraux… et dans quelle proportion. Il propose enfin une série d’exercices tout le long du livre pour mieux apprivoiser le rapport avec la nourriture.

Je n’ai jamais fait de régime, ou juste un jour ou deux quand j’étais adolescente. J’ai très vite compris que les privations, ce n’était pas pour moi, ça me déprime trop. J’aime manger, mais au final je ne mange pas tant que ça. J’essaie aussi de consommer des produits frais et de laisser de côté les crasses. Même si j’en mange de temps en temps, c’est rare que ce soit un repas complet et je compense avec des repas plus sains. Et puis j’aime cuisiner, ça aide ! Mais il ne faut pas croire que je passe mon temps devant les fourneaux, c’est même le contraire souvent: je prends plus de temps le w-e, mais je prépare assez pour qu’il y ait des restes, et en semaine, je me contente souvent de choses très rapides à cuisiner. J’essaie d’accepter mon poids, parce qu’en effet, tout n’est pas rose de ce côté-là, mais avec l’âge et la pré-ménopause (bizarrement, les symptômes dont j’ai souffert durant quelques mois se sont atténués mais j’imagine que c’est cyclique et qu’ils pourraient revenir en force), c’est compliqué.

Je conseille ce livre; il met une série de choses à plat, même si on connaît déjà beaucoup sur l’alimentation. Et puis aussi le compte instagram de l’auteur, menthe_banane, que je suis avec intérêt et qui m’a poussée à acheter le livre.

Jérémy Gorskie, De la tête à l’assiette. Chroniques et conseils d’un mangeur libéré, Editions First, 2022, 287p.

Le réalisme magique du cinéma chinois

Hendy Bicaise, Le réalisme magique du cinéma chinois: ce court livre est consacré à la sixième génération des cinéastes chinois, la plus récente, de Jia Zhang-ke à Bi Gan, et plus particulièrement sous l’angle du réalisme magique. Ce cinéma s’intéresse aux questions sociales, aux changements qui ont lieu dans le pays et l’arrivée du numérique permet d’insérer des scènes imaginées/imaginaires qui modifient les histoires, qui ajoutent une dimension particulières aux films. Hendy Bicaise a l’art de faire des liens, et connaît ce cinéma comme sa poche, mais j’avoue que j’ai été un peu perdue par son érudition. C’est certainement parce que je n’ai quasi vu aucun des films cités mais lire ce livre avant les avoir vus était pour moi malgré tout une évidence. Je sais que je le relirai après visionnement, parce qu’il m’a vraiment donné envie de les voir. Il y a une série de thèmes qui me passionnent dans ce cinéma, comme l’émergence des villes. Un livre que je remets donc sur ma PAL, avec une liste de films à regarder dans les prochains mois.

Une petite note encore: cela faisait longtemps que je voulais lire un livre édité par Playlist Society, petite maison d’édition française qui a surgi à la suite d’un blog que je suivais à la grande époque des blogs musicaux quelque part au milieu des années 2000.

Hendy Bicaise, Le réalisme magique du cinéma chinois, Playlist Society, 2022, 129p.

Sirocco

Sabrina Ghayour, Sirocco (2016): Sabrina Ghayour est d’origine iranienne mais est née et a grandi en Angleterre. Elle a écrit plusieurs livres très populaires qui présentent des recettes du Moyen-Orient et de Perse. Dans Sirocco, elle rassemble des plats pour tous les jours, parfois un peu fusion, toujours faciles à préparer. L’introduction est courte et suivie d’une présentation des principaux ingrédients spécifiques, épices et condiments moyen-orientaux. Elle divise ensuite son livre par thèmes: petits-déjeuners et brunchs, snacks salés, salades, plats principaux et desserts. J’ai souvent feuilleté ce livre depuis que je l’ai acheté mais je n’ai pas préparé grand-chose. En le reprenant, j’ai mis plein de signets, attirée par ces plats faciles adaptés à la cuisine de tous les jours et sans prise de tête. Mais c’est un peu tout, il manque pour moi quelque chose d’indéfinissable qui m’y ferais revenir régulièrement, peut-être que c’est le côté trop « cuisine de tous les jours un peu fusion adaptée aux goûts occidentaux » ou « c’est de la cuisine de débutants et je ne le suis plus vraiment », et le fait que j’ai déjà pas mal de ces recettes dans d’autres livres – du genre de la purée d’aubergine, une salade de chou, du fenouil caramélisé ou du tartare de saumon (mais aux épices orientales) ?

  • photos: *** (presque toutes les recettes illustrées)
  • texte: ** (chaque plat est présenté mais il n’y a pas vraiment d’introduction générale sur la cuisine)
  • originalité des recettes: ***
  • authenticité des recettes: *** (il s’agit d’une cuisine orientale et perse adaptée à l’Europe)
  • faisabilité des recettes: *****
  • mesures: unités de mesures métriques
  • recettes favorites (déjà préparées): « Georgian chicken stew« , « Eastern style salmon tartare » (où le saumon perd un peu son goût face aux épices et herbes qui dominent), « Blackberry tart » (qui était un peu décevante)
  • indispensabilité du livre: **

The Boundless Sea

David Abulafia, The Boundless Sea: A Human History of the Oceans: les mers et les océans ont depuis toujours été un lien entre les humains; ils ont permis de communiquer et de partager des nouvelles idées et de faire du commerce. Dans ce pavé, David Abulafia s’intéresse aux océans (il avait déjà écrit un livre sur la Méditerranée – que j’ai bien envie de lire également) et retrace l’histoire mondiale à partir de ceux-ci. Il commence par le Pacifique parce que c’est par cette voie-là qu’ont eu lieu les premiers déplacements d’île en île, menant à la découverte de toute la région au fil des millénaires. Il se tourne ensuite vers l’Océan Indien et les premiers liens commerciaux entre le Proche-Orient, l’Inde et l’Asie de l’Est. Enfin, il parle de l’exploration de l’Atlantique, puis du commerce mondial.

J’ai revu toute l’histoire du monde par ce livre, une histoire globale qui porte autant d’attention aux peuples navigateurs du Pacifique qu’aux explorateurs portugais et espagnols, en passant par le Japon, la Chine, l’Indonésie et tant d’autres pays. J’aime ce côté qui n’est pas eurocentré et qui permet de découvrir d’autres facettes de l’histoire. Je connaissais déjà pas mal de choses sur le sujet, mais j’ai aussi appris de nouvelles choses; il y a notamment tout un chapitre qui parle des diasporas de marchands (Juifs, mais aussi Arméniens et Chinois), et qui montre l’ambiguïté de la religion. Suite à l’Inquisition espagnole, de nombreux Juifs se sont convertis et sont devenus de « nouveaux chrétiens » – ce qui n’était souvent qu’une façade. Il est intéressant de voir aussi qu’Abulafia parle à peine de la « découverte » du Pacifique par les Européens à partir du 16e siècle: il en avait parlé en long et en large dans son premier chapitre, décrivant la première occupation des îles et la technologie maritime des peuples de la région. Enfin, j’ai aussi beaucoup appris sur la navigation des Vikings et leur installation en Islande et au Groenland, puis sur le commerce de la Hanse. J’ai juste réalisé un peu tard que quand il parle de « Fleming », il parle des « Flemish » ou Flamands – encore un mot que je ne connaissais pas.

J’avais déjà lu The Sea and Civilization de Lincoln Payne il y a deux ans. Le livre d’Abulafia le complète bien. Il est moins technique (je m’étais un peu perdue dans les descriptions des bateaux, surtout en anglais, alors que je ne maîtrise même pas le vocabulaire en français) et plus basé sur les liens commerciaux. Il n’hésite pas non plus à de temps en temps faire une petite pique ou une comparaison avec des choses du présent, ce qui rend ce pavé très agréable à lire (même si j’ai mis quatre mois, un ou deux chapitres à la fois). L’auteur m’avait été conseillé par mon ami-collègue qui m’avait beaucoup parlé de la Méditerranée, mais j’ai choisi de d’abord lire celui-ci (qu’il lit aussi entretemps). C’est très dense, mais vraiment intéressant.

David Abulafia, The Boundless Sea: A Human History of the Oceans, Penguin Books, 2020 (première édition 2019), 1050 pages dont 908 de texte suivi.

Un troisième livre donc pour le challenge Pavé de l’été organisé par Brize.

The Chinese Cinema Book

Song Hwee Lim & Julian Ward (et différents auteurs), The Chinese Cinema Book: dans cette collection éditée par le British Film Institute, j’avais déjà lu The Japanese Cinema Book mais je n’avais pas écrit de notice à cause de la complexité et de l’académisme de ce livre. Celui-ci est très différent, bien plus digeste et très instructif sur les cinémas chinois. Parce qu’il ne s’agit pas juste du cinéma de la Chine, mais bien de tous les pays où on parle chinois: Hong Kong, Taïwan, mais aussi Singapour, la Malaisie… et cette « transnationalité » m’a vraiment intéressée vu que je ne l’avais pas vraiment réalisée avant. Les différents auteurs racontent l’histoire de ce cinéma (et du documentaire) mais s’attardent également sur certains thèmes (les films d’action, le genre, les stars…). Je pourrais en dire beaucoup plus mais ma notice restera courte – le mieux c’est de lire le livre s’il vous intéresse. Quant à moi, il ne me reste plus qu’à voir ou revoir les films et à lire d’autres livres sur le sujet.

Song Hwee Lim & Julian Ward, The Chinese Cinema Book, British Film Institute, 2020

Slouching Towards Bethlehem

Joan Didion, Slouching Towards Bethlehem: ce recueil rassemble divers textes de Joan Didion – de la non-fiction – écrits pour des périodiques américains dans la seconde moitié des années 1960. Elle y fait un portrait de l’Amérique de l’époque, des hippies de San Francisco à John Wayne, de l’histoire d’un meurtre d’un homme par son épouse au tourisme à Hawaï. Elle évoque aussi sa propre vie et réfléchit sur certains aspects de son caractère (elle remplit des carnets entiers de notes). Ce sont des textes très divers et j’ai complètement décroché pour quelques-uns. Mais j’ai tellement savouré d’autres que je ne peux qu’être très positive suite à cette lecture. J’y ai retrouvé une certaine Californie décrite dans d’autres romans (je pense à Bret Easton Ellis, à Kem Nunn) mais aussi au livre de Mick LaSalle sur le cinéma (Dream State) ou à Laurel Canyon d’Arnaud Devillard. Sauf que Joan Didion a écrit ces textes bien avant tous ces auteurs (qui s’en sont peut-être inspirés ?). J’ai aussi beaucoup pensé à Joyce Carol Oates pour l’écriture: il y a cette précision des mots, on sent une certaine fébrilité, il y a de très fines descriptions des caractères, avec une certaine distance par rapport aux personnages. C’est certain: je vais continuer mon exploration de la bibliographie de Joan Didion !

Merci à Electra qui m’a indiqué la voie avec ses nombreux articles.

Joan Didion, Slouching Towards Bethlehem, Farrar Straus Giroux, 2008 – première édition de 1968

Girls on Film

Alicia Malone, Girls on Film: The Complete History of the Women Who Broke Barriers and Redefined Roles: ce livre ne s’annonçait pas trop bien au départ et j’ai beaucoup traîné dans les premiers chapitres. Je m’attendais en effet à autre chose, plus dans la veine des deux autres livres de l’autrice. Alicia Malone raconte ici sa propre vie et son parcours, parlant des films qui l’ont influencée au fil des années. Dès l’enfance, elle s’est passionnée pour le cinéma et a eu la chance d’avoir un bon vidéoclub là où elle habitait en Australie. Et donc le premier chapitre parle de son amour pour un film avec Elizabeth Taylor, National Velvet – ou l’histoire d’une enfant et de chevaux – le genre de film que je fuis ! Mais j’ai continué ma lecture, et au fil des pages, j’ai vraiment accroché à son récit, mêlant expériences personnelles et la manière dont les femmes sont montrées au cinéma, tout particulièrement dans les films classiques d’Hollywood. Sa détermination et son enthousiasme sont enivrants et m’ont inspirée alors que je suis dans une période où je me pose beaucoup de questions quant à mon travail. Son poste rêvé était de devenir journaliste et présentatrice de films sur TCM (la chaîne américaine consacrée aux classiques du cinéma) et elle a progressivement mis en place tous les éléments qui pourraient la mener là. Elle a pris son temps mais elle y est arrivée et c’est une belle victoire. Je ne pensais pas que lire ce livre m’aiderait autant au niveau personnel, ce n’est pas pour ça que je l’avais acheté. Je suis sortie de ma lecture avec de nouvelles envies pour mon futur, et même si rien ne se réalise, au moins j’aurai entrevu les possibilités. (Il est vrai que depuis la fin de ma lecture, ma détermination flanche déjà, faute à ce fichu syndrome de l’imposteur qui montre à nouveau le bout de son nez.)

(et depuis, cette chanson ne quitte plus ma tête)

Alicia Malone, Girls on Film: The Complete History of the Women Who Broke Barriers and Redefined Roles, Mango, 2022

Les dessous du maillot de bain

Audrey Millet, Les dessous du maillot de bain. Une autre histoire du corps: Le maillot de bain est une invention récente, du 20e siècle, mais dans ce livre, Audrey Millet va bien plus loin que ça. Elle remonte à l’Antiquité grecque et romaine pour analyser quel était le rapport au corps et à l’hygiène. Elle explique comment l’eau faisait peur, de même que le féminin, et qu’il fallait donc couvrir ce corps de femme. Ce n’est qu’à partir du 19e siècle que commence le lent apprivoisement de l’eau; c’est l’époque où se développent les cures thermales. Mais ce n’est réellement qu’au 20e siècle que le corps se découvre, de plus en plus au fil des décennies, ce qui amène d’autres questions: le bronzage est-il sain ? et qu’en est-il des corps qui ne correspondent pas aux normes de la minceur ? Toutes ces questions, et bien d’autres, sont abordées par l’autrice qui a écrit un livre passionnant et très accessible relatant l’histoire intime et personnelle des hommes mais surtout des femmes. Je conseille !

(Pour la petite histoire, le sujet du corps, de la nudité et de l’hygiène me tentait depuis longtemps, et j’avais acheté Le propre et le sale de Georges Vigarello, qui est été donc été devancé par celui-ci, mais qui est aussi très souvent cité par Millet).

Audrey Millet, Les dessous du maillot de bain. Une autre histoire du corps, Les Pérégrines, 2022, 261p.