Wilderness

Lance Weller, Wilderness: avant de plonger dans le coeur de l’histoire, un premier chapitre présente une vieille dame aveugle dont les pensées oscillent entre présent et passé. Il neige et cela lui rappelle comment elle a été sauvée du blizzard. Elle repense à Abel Truman, son « deuxième père », et la suite du roman raconte son histoire, mais aussi celle de plusieurs personnages qui ont croisé son chemin. Abel vit dans une cabane au bord du Pacifique, dans le nord-ouest. Il décide de partir avec son chien pour réaliser un dernier voyage. Il est hanté par son passé; il a en effet combattu pendant la guerre de Sécession, du côté des Sudistes. Les chapitres alternent le récit du voyage avec les scènes de guerre, et tout particulièrement la bataille de Wilderness.

La violence est partout: dans la guerre, évidemment, qui est décrite dans ses moindres détails, de manière très cinématographique, mais aussi dans les rencontres que fait Abel lors de son voyages – il se fait dérober son chien et part à la poursuite des voleurs qui sont des hommes particulièrement agressifs. J’ai eu beaucoup de mal à entrer dans le roman (la faute au précédent, Sea of Tranquility), et je n’ai jamais beaucoup apprécié les histoires de guerre de Sécession, mais je dois bien avouer que j’ai été prise par l’intensité de l’écriture, tout particulièrement lors de la description de la bataille de Wilderness. Lance Weller a écrit un roman qui conte l’Amérique sauvage, sauvage dans sa nature mais aussi dans les relations humaines, et dans cette coupure qu’a causé la guerre. C’est un roman fort, et je lirai avec plaisir d’autres livres du même auteur.

Lance Weller, Wilderness, Gallmeister, 2013 (en vo, 2012) (traduction François Happe)