Livres de cuisine (I): Malaisie – Bryan Koh

J’ai bien trop de livres de cuisine, et de nouveaux s’ajoutent régulièrement à la pile. Face à ce constat, j’ai décidé deux choses: je vais les lire et je vais relater ces lectures sur le blog, en espérant que cela vous intéresse.

Certains livres proposent juste une introduction de quelques pages avec des informations assez générales mais d’autres sont des mines d’informations. Et d’autres encore racontent des histoires sur le pays. Je ne compte pas écrire de critique complète comme pour les romans mais je rédigerai une courte note que j’accompagnerai de cotes reprenant divers aspects du livre (photos, texte, faisabilité des recettes…)

Je compte publier ces cours articles au fil de mes lectures mais je vais aussi les rassembler sur une page qui s’affichera en haut à droite, près du lien vers la PAL. Au départ, ce sera juste une liste de mes livres de cuisine (et de cocktails) mais elle sera complétée au fur et à mesure par mes notices. (Elle n’est pas encore prête, mais j’y travaille). (Cette liste deviendra sans doute un peu kilométrique et pas super pratique au fil du temps, mais je ne vois pas comment ajouter une table des matières sur le wordpress gratuit.)

Voici un exemple avec un premier livre que je viens de terminer. Dites-moi si ça vous semble bien, ou si vous voulez encore savoir d’autres choses.

Bryan Koh, Bekwoh: Stories & recipes from Peninsula Malaysia’s East Coast: un livre au contenu original, mais parfois difficile à lire à cause de tous les noms en malais. Toutes les recettes ou presque demandent des ingrédients compliqués à trouver.

  • photos: *****
  • texte: ***
  • originalité des recettes: *****
  • authenticité des recettes: *****
  • faisabilité des recettes: *
  • recettes favorites: je n’en ai préparé aucune

The gift of rain

Tan Twan Eng, The gift of rain: 1939, Penang. Né d’un père anglais, riche entrepreneur de la région, et d’une mère chinoise, Philip Hutton est un garçon de 16 ans au début du roman. Son père, sa soeur et ses deux frères (sa mère est décédée quand il était petit) sont en Angleterre pour quelques mois. Lui a préféré rester sur place, dans la propriété familiale, avec les nombreux serviteurs. Un jour, il rencontre un diplomate japonais, Hayato Endo, à qui son père a loué un îlot en face de leur maison. Ils deviennent amis et Endo apprend à Philip l’aïkido et la langue japonaise. Mais une guerre se prépare et Philip devra faire des choix: protéger sa famille ou défendre son pays ?

Au début du roman, j’ai eu la forte impression de retrouver tous les thèmes de The garden of evening mists: la Malaisie et son histoire pendant la Seconde Guerre mondiale, un Japonais comme un des personnages principaux, une chronique familiale… et en effet, il y a de fortes ressemblances, mais au cours du livre, l’histoire évolue, prend sa propre tournure. Tan Twan Eng prend son temps pour faire un portrait très fin des personnages et le récit n’avance pas très vite mais c’est compensé par une très belle écriture, descriptive, faisant revivre une ville à l’aube de la guerre, montrant les rouages d’une société encore coloniale mais dans laquelle les Chinois ont également beaucoup d’importance. En lisant ce livre, on se trouve plongé dans les tropiques et l’ambiance particulière de ces régions. Et si le récit suit les événements historiques de très près, il décrit également la psychologie des personnages, leurs doutes et leurs choix. J’ai adoré ! Et en même temps, je suis déçue: l’auteur n’a pas écrit d’autres romans…

Le roman a été traduit en français: Le don de la pluie.

The glass palace

Amitav Ghosh, The glass palace: l’histoire commence en 1885 avec l’invasion des Britanniques en Birmanie. Rajkumar n’est alors qu’un jeune garçon orphelin pris sous l’aile d’un batelier. Bloqué à Mandalay à cause de l’arrivée des troupes étrangères, il assiste au pillage du palais royal et y croise la jeune Dolly, une nounou d’un des enfants royaux. Cette jeune fille fait une forte impression sur lui. Le roman suit la vie de Rajkumar, sa débrouillardise, son activité dans le commerce du bois, la richesse qui en découle. D’un autre côté, Amitav Ghosh raconte l’exil du roi birman et de sa famille en Inde, où Dolly reste fidèle à sa maîtresse. Rajkumar ne l’a pas oubliée et part à sa recherche. Et l’histoire continue, relatant la vie d’une famille, les mariages, les enfants, les bonheurs et malheurs et surtout le cours de l’histoire – le roman se termine au début des années 1990.

J’ai trouvé le début fort long, j’ai même failli abandonner et puis d’un coup, l’histoire s’accélère (quand Rajkumar retrouve Dolly) et devient bien plus passionnante. J’ai adoré cette plongée dans l’histoire de la Birmanie mais aussi de l’Inde et de la Malaisie, alors colonies britanniques puis envahies par les Japonais et devenant enfin des pays indépendants. Le style d’écriture par contre ne m’a pas marquée plus que ça. A vrai dire, ce roman était dans ma PAL depuis mon voyage en Birmanie – il était conseillé partout comme indispensable à lire quand on visite le pays – mais il n’en parle que peu en fin de compte, se focalisant tout autant sur l’Inde et la Malaisie.

The garden of evening mists

ml1384_270x350Tan Twan Eng, The garden of evening mists: années 50, Cameron Highlands – Malaisie. Yun Ling, une jeune femme qui a survécu aux camps d’internement japonais, désire créer un jardin en souvenir de sa sœur qui a été tuée pendant la guerre. Dans les montagnes du centre du pays, elle retrouve l’ami de sa famille, Magnus, d’origine sud-africaine et propriétaire d’une plantation de thé, mais aussi le japonais Aritomo, un ancien jardinier de l’empereur qui a décidé de créer un jardin traditionnel au milieu de la végétation tropicale. Yun Ling souhaite l’engager mais celui-ci refuse et lui propose plutôt de devenir son apprentie. Contre toute attente, des liens profonds se tissent entre les deux personnages si opposés, entre une femme blessée et le symbole – quelque part – des anciens bourreaux, le tout sur fond de la guerre civile qui faisait rage en Malaisie à cette époque (les communistes tentaient d’arriver au pouvoir et commettaient de nombreux attentats).

L’auteur, Tan Twan Eng, est malais et vit aujourd’hui entre Kuala Lumpur et Le Cap. Dans son roman, il parle de son pays, de son histoire difficile en créant des personnages qui auraient pu avoir vécu à l’époque. Il intègre également toute une partie japonaise: il a étudié avec soin les concepts de jardins japonais et d’autres traditions locales. Le roman est lent et dense, mêlant beauté de la nature et horreurs de la guerre, évoquant avec finesse les émotions de la narratrice, Yun Ling, qui se souvient de son histoire alors que sa santé décline. J’ai beaucoup aimé – les thèmes avaient tout pour me plaire – mais il m’a manqué quelque chose qui m’a empêché de mettre 5 étoiles, quelque chose dans l’écriture sans doute, peut-être le choix des mots qui n’arrive pas tout à fait au niveau du superbe titre. Mais c’est un détail et je conseille ce roman si vous aimez être complètement dépaysés !

Le livre a été traduit en français sous le titre Le jardin des brumes du soir.

Let’s cook our books #23: Curry de poulet nonya au citron vert

Curry de poulet nonya au citron vert

Je triche un peu pour cette 23e édition: j’avais déjà réalisé cette recette de curry au poulet il y a très longtemps mais elle était ratée. D’origine sino-malaise, présente dans le livre La cuisine asiatique pour tous, cette recette combine curcuma, galanga (je n’avais pas de frais sous la main mais le Delhaize en vend en petits pots au rayon asiatique), lemongrass, piments, feuilles de kafir et citron vert. Or ces citrons sont normalement mijotés avec le reste et rendent le plat très amer. Je les ai donc omis cette fois, les gardant pour la décoration et c’était parfait. Enfin presque: le grand défaut de ce livre est de simplifier la cuisine asiatique et il manque parfois certaines nuances et saveurs mais je n’ai pas (encore) trouvé de recette similaire. Quoi qu’il en soit, j’ai très bien mangé.

Sounds of the world: Saloma (Malaysia)

Pendant un certain temps, j’ai tenu un blog sur les musiques du monde. C’était en partie par plaisir mais aussi en partie professionnel. J’ai abandonné suite au peu de réactions que j’y recevais. Je ne pense pas le reprendre pour le moment mais La Princesse me proposait de publier mes coups de cœur ici, au milieu des autres articles. Et pourquoi pas !

Saloma (1935-83) est une actrice et chanteuse de Malaisie/Singapour, mariée à P. Ramlee (dont je risque bien de parler plus tard). Elle m’a séduite par ses chansons nostalgiques aux influences très mélangées: des rythmes latino-américains comme le mambo ou le cha cha cha, une touche de jazz et des textes en malais qui ajoutent une touche d’exotisme. Et par son look si typiquement sixties, une période où pas mal de pays du monde ont connu une vague de musiques inspirées par l’Occident. Si vous voulez acheter le disque que j’ai écouté, c’est ici. Voici Polynesia Mambo:

et dans un film, Adek Ku: