Les pleurs du vent

Shun Medoruma, Les pleurs du vent: pas vraiment roman, plutôt « novella », ce récit se passe à Okinawa à différentes époques. Des enfants jouent au pied d’un ossuaire qui n’est plus vraiment accessible, l’un d’entre eux, Akira, réussit quand même à l’atteindre et repère ce crâne dans lequel souffle le vent. Son père, Seikichi, s’oppose à ce qu’une équipe de télévision vienne enquêter et tourner un documentaire sur ce crâne qui gémit. Au fil des pages, on apprend des bribes d’histoire de l’île, tout particulièrement de la Seconde Guerre mondiale. Shun Medoruma parle du passé et des blessures qui sont restées; c’est touchant, nostalgique, mais le format aussi court n’a pas vraiment fonctionné avec moi, je n’ai pas eu le temps de rentrer dans l’histoire, problème qui se pose souvent avec les nouvelles. Peut-être que ce récit n’aurait pas dû être publié tout seul, peut-être que dans un recueil, il aurait été entouré par d’autres dans le même esprit ?

Sento

Stéphanie Crohin-Kishigami, Sento. L’art des bains japonais: la fin de l’année a vu la parution d’une ribambelle de livres en français sur le Japon. J’ai déjà parlé de ceux de Joranne et Jordy Meow, mais il y a aussi celui de Stéphanie Crohin. Vivant au Japon depuis une bonne dizaine d’années, elle s’est intéressée au sento, les bains publics japonais. Elle raconte leur histoire et comment ils participent à la cohésion des communautés locales; elle montre leur architecture particulière et leurs styles divers. Elle a interviewé certains des artistes qui réalisent les superbes peintures mais aussi des propriétaires de bains. Et puis, elle nous emmène dans un voyage à travers tout le Japon, de sento en sento, avec de nombreuses photos.

Lors de mon premier voyage au Japon, je n’ai même pas effleuré les sentos, lors du deuxième et troisième, j’ai découvert les onsens (en fait, les sento sont souvent un onsen, dès qu’ils utilisent de l’eau de source en fait) et j’ai adoré. J’ai eu cette petite gêne initiale de me montrer nue devant d’autres personnes, et cette peur de faire un faux-pas, mais je crois que je m’en suis bien sortie, et au final, c’est dans ces bains que j’ai eu le plus de conversations avec d’autres femmes. Lors de mes prochains voyages, il me reste donc à explorer les sento en tant que tels, et le guide de Stéphanie sera d’une grande aide. En attendant de pouvoir voyager à nouveau, suivez son compte Instagram ! Encore ceci: cet automne et hiver, j’ai souvent regretté que cette tradition n’existe pas ici mais j’imagine qu’ils auraient été fermés. Il y a bien les divers thermes mais l’ambiance n’est pas du tout la même et je ne m’y sens pas autant à l’aise. De plus, ils ne sont pas liés aux communautés locales et ils sont loins de la maison.

Les villages du Japon

Jordy Meow, Les villages du Japon: à vrai dire, je ne suis Jordy Meow que depuis peu de temps mais j’aime beaucoup les photos qu’il poste sur Instagram. C’est par cette voie-là que j’ai appris qu’il éditait un livre consacré aux villages du Japon. Il a voyagé partout dans le pays dans des lieux qui sont le plus souvent hors des circuits touristiques mais qui sont toujours intéressants, et qui donnent envie de suivre ses pas. Trente-trois villages sont présentés, j’en ai visité un (Kitsuki), cela me laisse donc de la marge pour les prochains voyages ! Les photos sont superbes, les textes informatifs et souvent personnels, mais j’avoue que j’aurais aimé lire bien plus sur le sujet. Si vous êtes intéressés par le Japon, je vous recommande néanmoins chaudement ce livre, disponible sur son site Japon Secret.

Livres de cuisine (III): Japon – Tim Anderson

Tim Anderson, Cuisine japonaise ultra-facile (2017): j’ai fait la connaissance de Tim Anderson en regardant Masterchef sur la BBC, il a d’ailleurs gagné cette année-là. Ce n’est que bien plus tard que j’ai découvert qu’il avait écrit des livres de cuisine, et le hasard a fait que quand j’ai voulu acheter son premier, il n’était plus disponible en anglais. L’auteur dédramatise la cuisine japonaise dans son texte, et propose en effet des dizaines de recettes très faciles, parfois un peu adaptées. Il faut certains ingrédients précis, mais pas tant que ça.

  • photos: *****
  • texte: ***(*) (j’ai eu un peu de mal avec la traduction française, l’humour passe parfois bizarrement)
  • originalité des recettes: ***
  • authenticité des recettes: ****
  • faisabilité des recettes: *****
  • recettes favorites: « salade de pommes de terre japonaise », « salade de tomates au ponzu épicé » (c’est devenu un classique), « tataki de saumon ponzu-piment vert », « ramens aux coquilles saint-jacques, au bacon et aux oeufs » et plein d’autres sont sur la liste à essayer
  • indispensabilité du livre: *****

Lost Japan

Alex Kerr, Lost Japan. Last glimpse of beautiful Japan: en commençant ce livre, je pensais que j’entamais un récit de voyage mais ce n’est pas le cas. Alex Kerr, un Américain, raconte son amour pour le Japon, et sa vie sur place. Dès les années 1970, il s’est passionné pour la culture locale, ancienne. Les campagnes se vidaient mais il en a profité pour acheter une maison traditionnelle dans un coin perdu, la vallée d’Iya, sur l’île de Shikoku. Il a mis des années à la rénover; le toit en chaume tout particulièrement a été difficile à réaliser, en suivant les méthodes anciennes. Dans son livre, il raconte aussi son intérêt pour la calligraphie et le kabuki; il explique comment il a acheté de nombreuses antiquités, c’est même devenu son gagne-pain à un moment. A la base, Alex Kerr avait écrit ce livre en japonais mais en 1993, il a sorti une version anglaise, adaptée aux lecteurs occidentaux. C’est un récit intéressant, mais qui date un peu; à de nombreux moments, j’ai trouvé l’auteur fort pessimiste quant à la perte des traditions et du passé, mais il n’a pas tort quand il parle d’un Japon envahi par le béton et les câbles électriques. Il est clair cependant que ce livre a été écrit avant l’arrivée en masse de touristes et il parle par exemple du Fushimi Inari comme d’un endroit oublié, peu intéressant. Au final, c’est un livre qui permet d’apprendre pas mal de choses sur la culture japonaise mais que je ne conseillerais pas en première approche sur le pays.

Un livre qui entre dans le cadre du challenge non-fiction d’Electra.

Quelque chose du Japon

Angelo Di Genova, Quelque chose du Japon: des livres sur le Japon, j’en ai déjà lus quelques-uns mais pas tant que ça, bien moins que sur l’Asie du Sud-Est. Je connais donc des bribes d’histoire, des éléments de la culture, de bouts à propos de la société. Ce livre est un excellent résumé, abordant des sujets aussi divers que la musique, la religion, les bonsaïs, la calligraphie… et j’ai appris plein de nouvelles choses (par exemple l’usage courant de mots-onomatopées). Il a été écrit par Angelo Di Genova qui organise des visites avec guide francophone au Japon, et que j’avais contacté pour l’Osaka Safari et le Kobe Safari. C’est un livre que je conseille chaudement pour aborder la culture japonaise avant de partir pour un premier voyage !

The meaning of rice

Michael Booth, The meaning of rice, and other tales from the belly of Japan: j’avais beaucoup aimé ma lecture de Sushi & beyond en 2014, avant d’aller pour la première fois au Japon. En revenant de mon dernier voyage, le troisième déjà, je me suis plongé dans la suite des aventures de Michael Booth, journaliste culinaire, et de sa famille. Ses enfants ont grandi et sont maintenant des adolescents. Ensemble, ils parcourent tout le Japon, partant d’Okinawa pour arriver tout au nord d’Hokkaido, à la recherche des spécialités locales. Michael Booth attache pas mal d’importance à des denrées ou plats dont la tradition se perd, ou qui sont voués à la disparition à cause du réchauffement climatique. Le récit est intéressant, mais à partir d’un moment, il devient un peu répétitif et j’ai perdu le fil. Je me suis même un peu forcée pour le terminer, d’où une appréciation moyenne.

Maneki-neko et autres histoires d’objets japonais

Joranne, Maneki-neko et autres histoires d’objets japonais: Joranne est passionnée par le Japon depuis longtemps – par contre, j’ai mis beaucoup de temps à la suivre, notamment sur Instagram. J’ai très vite été happée par ce qu’elle y montrait, ses aventures dans des temples ou des villages mais aussi la conception de son livre. C’était donc évident que j’allais l’acheter. J’ai appris plein de choses sur divers objets liés aux temples ou de la vie quotidienne et cela m’a donné envie de m’y intéresser de plus près lors d’un prochain voyage. J’ai aimé l’approche souvent très drôle des descriptions et les jolis dessins qui alternent avec des photos. Un livre à lire avant de partir là-bas !

Récit de voyage: Japon

J’ai commencé mon récit de voyage au Japon. Comme à chaque fois, il me faudra quelques mois pour publier le tout mais j’espère pouvoir vous proposer un article par semaine au début (je vais miser sur le mardi pour créer un rendez-vous régulier – il paraît que c’est plus facile pour les lecteurs), et sans doute deux dès que j’aurai avancé dans l’écriture et le tri des photos. Comme j’avais suivi un « Atelier de photo décomplexée » avant le départ (c’était vraiment intéressant et instructif), j’ai tenté de mieux utiliser mon appareil photo, et je pense que ça se voit en partie.

C’est donc sur suasaday ! Bonne lecture ! Vos commentaires me font toujours plaisir, même si c’est dire une banalité du genre « c’est beau ! ».

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Un sandwich à Ginza

Hiramatsu Yôko, Un sandwich à Ginza: l’auteur est journaliste culinaire et rassemble dans ce livre quelques-unes de ses chroniques, illustrées par Taniguchi Jirô. Dotée d’une curiosité et d’un appétit sans limites, elles nous fait découvrir diverses facettes de la gastronomie japonaises, des plats les plus raffinés cuisinés à partir de produits de saison aux snacks les plus simples. Elle parcourt les rues de Tokyo mais aussi d’Osaka, de Kamakura, de Narita à la recherche des spécialités locales, tout en expliquant leur histoire. Certains de ces plats donnent l’eau à la bouche comme le nabe, d’autres m’ont laissée plus dubitative, comme ce ragoût d’ours qui se mange en hiver dans les montagnes de Shiga. J’ai tout particulièrement apprécié l’histoire des grands cafés « à l’américaine » qui ont adapté la cuisine occidentale au fil du temps et que je me suis amusée à repérer lors de mon voyage qui a suivi cette lecture. C’est un récit passionnant qui donne envie de manger !