Les billes du pachinko

Elisa Shua Dusapin, Les billes du pachinko: Claire, jeune femme de presque trente ans, passe l’été chez ses grands-parents d’origine coréenne, vivant à Tokyo depuis des décennies. Elle donne des cours de français à une petite Japonaise, Mieko. Mais surtout elle tente de décider son grand-père qui est propriétaire d’un pachinko d’abandonner son affaire pour quelques jours et de retourner avec sa femme, pour la première fois, en Corée. Le court récit décrit les relations parfois difficiles de filiation, les non-dits, l’incompréhension. Le souhait de Claire n’a pas l’air d’être en adéquation avec celui de son entourage. Et même avec Mieko, les relations ne sont pas toujours si simples. Un roman touchant, montrant les différences de cultures entre deux mondes. 

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Récit de voyage: Japon

Je compte publier mon récit de voyage au Japon au fil des semaines. Je n’ai pas prévu de rythme particulier, les billets apparaîtront au gré de mon avancement et de mes envies. 

C’est donc sur suasaday ! Bonne lecture !

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The last 23 days…

Ces 23 derniers jours…

  • je les ai passés Japon
  • du centre au sud, de Tokyo à Yakushima et inversement
  • j’ai pris cinq fois le shinkansen
  • et plusieurs fois le train
  • mais aussi deux fois un jetfoil plutôt antique
  • et des trams encore plus vieux
  • et évidemment le métro
  • mais surtout mes pieds, marchant entre 10 et 18km par jour
  • et montant de nombreux escaliers
  • – les temples sont très souvent en hauteur –
  • mes chaussures de randonnée sont très confortables
  • j’ai croisé plein de Totoro
  • mais aussi les kodama de la forêt de Princesse Mononoké
  • et des Moomins
  • et même un panda Père Noël
  • j’ai mangé des sushis
  • et des ramens
  • et plein d’autres bonnes choses
  • mais j’ai fait une overdose de gras à un moment
  • – les Japonais aiment trop les choses frites –
  • et de féculents
  •  – il est normal au petit déjeuner de combiner salade de pommes de terre, riz, spaghetti et pain –
  • j’ai manqué de légumes
  • et surtout de fruits
  • (et de fromage)
  • j’ai goûté du saké, du shochu, du whiskey et des bières locales
  • j’ai vu de l’art contemporain (aaah, Yoshitomo Nara !)
  • et des sanctuaires anciens
  • et surtout des cèdres millénaires
  • des mousses d’un vert éclatant
  • mais peu de feuilles rouges d’automne
  • – j’étais un peu trop tôt et trop au sud –
  • j’ai eu une chance incroyable:
  • je n’ai ouvert mon parapluie qu’une seule fois pendant 15 minutes
  • et les températures ont oscillé entre 15 et 25°
  • il pleut pourtant toujours à Yakushima, sauf quand j’y étais
  • je suis tombée amoureuse des onsens, les bains chauds
  • surtout celui dans l’océan à Yakushima
  • et je les regrette déjà
  • je n’ai pas eu de gros ennuis
  • juste quelques contrariétés très mineures
  • – d’ailleurs souvent liées à l’écran tactile de mon appareil photo, qui donc se dérègle facilement –
  • j’ai eu droit à un bavard compulsif dans un train
  • – j’ai dû me pencher ostensiblement sur mon livre pour qu’il se taise, un peu –
  • (et c’était juste la journée où j’ai fait une longue chute de tension)
  • j’ai eu des courbatures aux jambes
  • et j’ai très bien dormi (ces matelas !, ces oreillers !)
  • j’ai juste angoissé pour le départ à cause de la grève des bagagistes
  • et du coup je suis partie avec deux valises, une petite et une grande
  • qui sont évidemment arrivées toutes les deux
  • mais j’ai du coup utilisé le système d’envoi des bagages, le Takkyubin
  • qui s’est révélé très efficace
  • et qui m’a permis d’acheter un peu plus de souvenirs que prévu
  • – des bols en céramique, des ustensiles de cuisine, du thé, du tissu –
  • maintenant il ne me reste plus qu’à surmonter le décalage horaire
  • et digérer toutes mes impressions
  • mais je sais déjà que je suis très heureuse de ce voyage
  • et que je retournerai au Japon dans quelques années

Un récit plus long viendra en son temps, quand j’aurai relu mes notes et trié mes 4000 photos (environ).

Un automne à Kyôto

51an2yoe8ul-_sx291_bo1204203200_Corinne Atlan, Un automne à Kyôto: Corinne Atlan est la traductrice française de nombreux auteurs japonais, notamment d’Haruki Murakami mais elle écrit aussi des romans ou des récits. Elle raconte ici un automne à Kyôto, ses impressions, ses déambulations dans la ville, dans les petites rues calmes et dans les temples peu visités. Elle décrit la nature qui change progressivement, des chaleurs de septembre aux premiers frimas de décembre. Elle parle de l’histoire de la ville et du trop grand nombre de touristes qui la visitent aujourd’hui mais aussi des lieux qui sont oubliés par ceux-ci. J’ai beaucoup aimé cette lecture qui est un avant-goût des deux jours et demi que j’y passerai bientôt. Corinne Atlan m’a donné envie de me promener dans la ville en m’attachant aux petits détails et aux couleurs changeantes de la nature. Et même sans traverser la moitié de la planète pour y aller, c’est un lire à lire au coin du feu, en regardant les feuilles tomber.

Tokyo insolite et secrète

71ycsqx8qmlPierre Mustière & Yoko Kera, Tokyo insolite et secrète: quand je visite une grande ville, surtout si c’est la seconde fois (ou plus), j’aime toujours aller au-delà de ce que proposent les guides classiques et visiter plus en profondeur. Je recherche alors des livres qui creusent le sujet, que ce soit des “walking tours” ou des ouvrages comme celui-ci. Tokyo insolite et secrète s’attache à lister des lieux peu connus, dans les quartiers centraux mais aussi aussi plus excentrés. Tout ne correspond pas à mes intérêts mais si je visite au quartier, pourquoi ne pas m’arrêter un bref moment devant ces statues, temples, jardins, bâtiments à l’architecture bizarre. De plus les descriptions apportent de nombreux éléments sur l’histoire et la géographie de la ville. Je prendrai pas le guide avec moi mais j’ai noté les lieux qui m’intéressaient sur une google map.

The garden of evening mists

ml1384_270x350Tan Twan Eng, The garden of evening mists: années 50, Cameron Highlands – Malaisie. Yun Ling, une jeune femme qui a survécu aux camps d’internement japonais, désire créer un jardin en souvenir de sa sœur qui a été tuée pendant la guerre. Dans les montagnes du centre du pays, elle retrouve l’ami de sa famille, Magnus, d’origine sud-africaine et propriétaire d’une plantation de thé, mais aussi le japonais Aritomo, un ancien jardinier de l’empereur qui a décidé de créer un jardin traditionnel au milieu de la végétation tropicale. Yun Ling souhaite l’engager mais celui-ci refuse et lui propose plutôt de devenir son apprentie. Contre toute attente, des liens profonds se tissent entre les deux personnages si opposés, entre une femme blessée et le symbole – quelque part – des anciens bourreaux, le tout sur fond de la guerre civile qui faisait rage en Malaisie à cette époque (les communistes tentaient d’arriver au pouvoir et commettaient de nombreux attentats).

L’auteur, Tan Twan Eng, est malais et vit aujourd’hui entre Kuala Lumpur et Le Cap. Dans son roman, il parle de son pays, de son histoire difficile en créant des personnages qui auraient pu avoir vécu à l’époque. Il intègre également toute une partie japonaise: il a étudié avec soin les concepts de jardins japonais et d’autres traditions locales. Le roman est lent et dense, mêlant beauté de la nature et horreurs de la guerre, évoquant avec finesse les émotions de la narratrice, Yun Ling, qui se souvient de son histoire alors que sa santé décline. J’ai beaucoup aimé – les thèmes avaient tout pour me plaire – mais il m’a manqué quelque chose qui m’a empêché de mettre 5 étoiles, quelque chose dans l’écriture sans doute, peut-être le choix des mots qui n’arrive pas tout à fait au niveau du superbe titre. Mais c’est un détail et je conseille ce roman si vous aimez être complètement dépaysés !

Le livre a été traduit en français sous le titre Le jardin des brumes du soir.

Rice noodle fish

51j2tsiycql-_sx258_bo1204203200_Matt Goulding, Rice noodle fish. Deep travels through Japan’s food culture: je cherchais un livre sur la cuisine japonaise mais pas spécialement un livre de recettes. En cherchant sur le net, je suis tombée sur ce livre de Matt Goulding et il correspond tout à fait à ce que je cherchais. L’auteur a voyagé au Japon et passe de ville en ville, de région en région – Tokyo, Osaka, Kyoto, Fukuoka, Hiroshima, Hokkaido et Noto – pour manger les spécialités locales passant du boui-boui au restaurant chic et montrant les différentes facettes de la gastronomie japonaise. Il rencontre les gens et parle avec eux, racontant les histoires de chacun d’un manière très vivante et fraîche. C’est entre récit et journalisme, cela touche à ce qui s’appelle parfois le “deep journalism”* et je me rends compte que j’accroche fort à ce mouvement, aimant lire de longs articles sur le net, sur des sites divers. En recevant le livre, j’ai d’ailleurs découvert un de ces sites, Roads & Kingdoms, créé par Nathan Thornburgh, Douglas Hughmanick et Matt Goulding, l’auteur du livre. Et par le plus pur des hasards, j’y ai retrouvé Anthony Bourdain – tout cela se passait quelques jours avant son décès – qui a écrit la préface. Deux autres livres sont parus dans la série, un à propos de la cuisine espagnole et l’autre à propos de la cuisine italienne. Ils rejoindront rapidement ma bibliothèque !

*je me rends compte que le terme n’est pas si utilisé que ça – on parle plutôt de “slow journalism”, et encore. C’est aussi une notion très française si on regarde la longueur des articles sur wikipedia; la France a l’air d’être un pays précurseur du mouvement avec des magazines comme XXI. En faisant cette recherche sur le net, j’ai aussi trouvé d’où je tenais l’expression de “deep journalism”: j’ai récemment corrigé et relu un article qui parlait de Médor, le magazine belge de ce type.