Eat Malaysia and Singapore

Eat Malaysia and Singapore: Lonely Planet édite depuis peu des livres consacrés aux traditions culinaires de certains pays et régions. J’ai été tentée par celui qui présente les cuisines de Malaisie et de Singapour, mais au final, je n’ai pas appris tant que ça. Il est vrai que j’ai déjà une bonne base de connaissances suite à mes lectures de livres de cuisine, et que je n’ai pas vraiment besoin qu’on me présente, par exemple, les différents fruits ou condiments. Il y a beaucoup de photos – ce qui est bien – mais la plupart viennent de banques de données de type shutterstock. Il n’y a pas d’adresses de restaurants, juste quelques pages détaillant l’une ou l’autre spécialité régionale. J’ai appris certaines choses, mais je ne suis pas le public cible. Et j’ai clairement l’impression que ce type de livre est un peu du remplissage qui est édité parce que ça va se vendre. D’ailleurs, pour en revenir aux guides Lonely Planet, je suis de plus en plus déçue par leur contenu qui diminue au fil des ans, et dans ce cas-ci par le fait qu’il y a une édition papier du guide Malaisie et Singapour, mais pas d’édition en ebook, ce qui est pourtant bien plus facile à transporter. J’imagine que la pandémie n’a pas fait de bien aux éditions de guides de voyage et que c’est une manière de réduire le piratage.

Eat Malaysia and Singapore, Lonely Planet, 2022, 216p.

Sambal Shiok

Mandy Yin, Sambal Shiok. The Malaysian Cookbook: Mandy Yin est née en Malaisie mais a grandi en Grande-Bretagne où elle a ouvert un restaurant. C’est cette histoire qu’elle raconte dans ce livre de cuisine. Elle propose une collection de recettes inspirées par la cuisine malaise mais possédant également bon nombre d’éléments fusion. Elles sont réparties selon plusieurs thèmes: street food, favoris des « hawker centre », cuisine familiale et snacks. L’auteur consacre aussi un chapitre à des conseils de voyage (au niveau culinaire) avec plein d’adresses dans tout le pays. Je n’ai pas encore préparé grand-chose, beaucoup de recettes me semblent très compliquées, et après lecture, le nombre de post-it n’est pas si important que ça. Je devrais pourtant m’y replonger parce que la cuisine est intéressante.

  • photos: **** (presque toutes les recettes sont illustrées)
  • texte: **** (il y a un texte d’introduction et chaque recette est longuement commentée)
  • originalité des recettes: *****
  • authenticité des recettes: **** (cuisine traditionnelle parfois remise au goût du jour)
  • faisabilité des recettes: ***
  • mesures: unités de mesures métriques et impériales
  • recettes favorites: j’ai juste testé le « Sarawak white chicken » et « Nyonya chicken curry kapitan » (que j’ai raté à la fin en ajoutant trop de tamarin)
  • indispensabilité du livre: ***

Pok Pok: The Drinking Food of Thailand

Andy Ricker with JJ Goode, Pok Pok: The Drinking Food of Thailand (2017): Andy Ricker est un Américain qui avait ouvert un restaurant thaï à Portland (il est aujourd’hui fermé) et qui vit en partie dans le nord de la Thaïlande. C’est là que lui est venu l’idée de ce livre qui se focalise sur les nourritures qu’on mange en buvant de l’alcool, très souvent de l’alcool de riz qui ne coûte pas cher. Il a rassemblé les recettes de ces plats et ne fait aucune concession quant aux ingrédients. Du coup, c’est très authentique, mais quasi pas réalisable en dehors de la Thaïlande à cause de l’utilisation de produits très locaux (de la bile, du krachai – un genre de rhizome, du makhwen – un genre de « poivre »…) ou parce que les recettes sont tout simplement trop compliquées. Le texte est néanmoins très intéressant et le livre est richement illustré par les photos d’Austin Bush mais je ne pense pas garder ce livre maintenant que je l’ai lu.

  • photos: ***** (toutes les recettes sont illustrées et il y a de nombreuses autres photos – il est clair aussi que j’ai un faible pour la photographie d’Austin Bush)
  • texte: **** (intéressant pour mieux comprendre le contexte et chaque plat est décrit en détail, y compris les étapes plus spéciales/insolites)
  • originalité des recettes: *****
  • authenticité des recettes: ***** (aucun doute à ce sujet)
  • faisabilité des recettes: *
  • mesures: unités de mesures métriques et impériales (particulièrement bien détaillées)
  • recettes favorites: je n’en ai réalisé aucune
  • indispensabilité du livre: **

De la tête à l’assiette

Jérémy Gorskie, De la tête à l’assiette. Chroniques et conseils d’un mangeur libéré: ce livre s’intéresse à la question de l’alimentation intuitive et est anti-régime. L’auteur explique comment ceux-ci entraînent une personne dans un cycle vicieux de baisse de poids puis de reprise d’autant plus forte que les privations ont été importantes. Il remet en avant le plaisir de manger, mais en pleine conscience et dans l’écoute de son corps. Mais ce n’est pas tout; il décrit aussi avec précision de quoi le corps a besoin: glucides, lipides, minéraux… et dans quelle proportion. Il propose enfin une série d’exercices tout le long du livre pour mieux apprivoiser le rapport avec la nourriture.

Je n’ai jamais fait de régime, ou juste un jour ou deux quand j’étais adolescente. J’ai très vite compris que les privations, ce n’était pas pour moi, ça me déprime trop. J’aime manger, mais au final je ne mange pas tant que ça. J’essaie aussi de consommer des produits frais et de laisser de côté les crasses. Même si j’en mange de temps en temps, c’est rare que ce soit un repas complet et je compense avec des repas plus sains. Et puis j’aime cuisiner, ça aide ! Mais il ne faut pas croire que je passe mon temps devant les fourneaux, c’est même le contraire souvent: je prends plus de temps le w-e, mais je prépare assez pour qu’il y ait des restes, et en semaine, je me contente souvent de choses très rapides à cuisiner. J’essaie d’accepter mon poids, parce qu’en effet, tout n’est pas rose de ce côté-là, mais avec l’âge et la pré-ménopause (bizarrement, les symptômes dont j’ai souffert durant quelques mois se sont atténués mais j’imagine que c’est cyclique et qu’ils pourraient revenir en force), c’est compliqué.

Je conseille ce livre; il met une série de choses à plat, même si on connaît déjà beaucoup sur l’alimentation. Et puis aussi le compte instagram de l’auteur, menthe_banane, que je suis avec intérêt et qui m’a poussée à acheter le livre.

Jérémy Gorskie, De la tête à l’assiette. Chroniques et conseils d’un mangeur libéré, Editions First, 2022, 287p.

Made in India

Meera Sodha, Made in India. Cooked in Britain: Recipes from an Indian Family Kitchen (2014): Meera Sodha est anglaise, mais née dans une famille indienne. Ses grands-parents viennent du Gujarat et ont émigré en Ouganda, où est née sa mère. Ce livre contient donc des recettes indiennes mais aussi des plats plus africains et de la fusion anglo-indienne. Meera Sodha a voulu écrire un livre avec des plats faciles à préparer, sans prise de tête. L’introduction est courte, mais la fin du livre comporte de nombreuses pages sur les ingrédients. Il y a aussi des conseils sur les vins, des idées de menus, comment utiliser les restes ou encore manger avec les mains. Les recettes sont classées par ingrédient ou thème principal (entrées, légumes, viande, oeufs, chutneys…). C’est un de ces livres dans lequel je préparais toujours les mêmes recettes (les currys au poulet, en particulier) mais dont la lecture a permis de mettre plein de signets, parce qu’il y a plein de recettes alléchantes. Et j’aime le fait qu’il y ait des recettes plus africaines, avec notamment des bananes plantain.

  • photos: *** (je dirais que 3/4 des recettes sont illustrées, et que parfois ça manque d’une photo)
  • texte: ** (chaque plat est présenté mais il n’y a pas vraiment d’introduction générale sur la cuisine)
  • originalité des recettes: ****
  • authenticité des recettes: *** (il s’agit de cuisine anglo-indienne un peu simplifiée)
  • faisabilité des recettes: *****
  • mesures: unités de mesures métriques
  • recettes favorites:  » Aubergine and cherry tomato curry », « Pistachio and yoghurt chicken curry », « Coconut and tamarind chicken curry », « Coriander chutney chicken », « Slow-cooked lamb and spinach curry », « Daily dal », « Kachumbar », « Roasted cauliflower with cumin, turmeric and lemon » (je n’ai pas trop aimé celle-là)
  • indispensabilité du livre: ***

Sirocco

Sabrina Ghayour, Sirocco (2016): Sabrina Ghayour est d’origine iranienne mais est née et a grandi en Angleterre. Elle a écrit plusieurs livres très populaires qui présentent des recettes du Moyen-Orient et de Perse. Dans Sirocco, elle rassemble des plats pour tous les jours, parfois un peu fusion, toujours faciles à préparer. L’introduction est courte et suivie d’une présentation des principaux ingrédients spécifiques, épices et condiments moyen-orientaux. Elle divise ensuite son livre par thèmes: petits-déjeuners et brunchs, snacks salés, salades, plats principaux et desserts. J’ai souvent feuilleté ce livre depuis que je l’ai acheté mais je n’ai pas préparé grand-chose. En le reprenant, j’ai mis plein de signets, attirée par ces plats faciles adaptés à la cuisine de tous les jours et sans prise de tête. Mais c’est un peu tout, il manque pour moi quelque chose d’indéfinissable qui m’y ferais revenir régulièrement, peut-être que c’est le côté trop « cuisine de tous les jours un peu fusion adaptée aux goûts occidentaux » ou « c’est de la cuisine de débutants et je ne le suis plus vraiment », et le fait que j’ai déjà pas mal de ces recettes dans d’autres livres – du genre de la purée d’aubergine, une salade de chou, du fenouil caramélisé ou du tartare de saumon (mais aux épices orientales) ?

  • photos: *** (presque toutes les recettes illustrées)
  • texte: ** (chaque plat est présenté mais il n’y a pas vraiment d’introduction générale sur la cuisine)
  • originalité des recettes: ***
  • authenticité des recettes: *** (il s’agit d’une cuisine orientale et perse adaptée à l’Europe)
  • faisabilité des recettes: *****
  • mesures: unités de mesures métriques
  • recettes favorites (déjà préparées): « Georgian chicken stew« , « Eastern style salmon tartare » (où le saumon perd un peu son goût face aux épices et herbes qui dominent), « Blackberry tart » (qui était un peu décevante)
  • indispensabilité du livre: **

Plenty

Yotam Ottolenghi, Plenty (2010): comme beaucoup de gens, j’ai été intéressée par les recettes très « légumes » de l’Israélien Yotam Ottolenghi, et par ses combinaisons inédites et souvent inspirées par la cuisine du Proche-Orient. Plenty est probablement le premier que j’ai acheté (mais ça pourrait aussi être More Plenty). Ce livre compile un grand nombre de recettes publiées auparavant dans The Guardian, mais comme l’indique l’auteur dans la brève introduction, certaines ont été remaniées. Il n’y a quasi pas de texte, juste une courte présentation à la tête de chacune des recettes, classées par ingrédient principal (courgette, haricots, poivrons, céréales, fruits avec du fromage…) et se limitant à des recettes salées et végétariennes (même si une option avec viande/poisson est parfois suggérée dans l’intro). En reprenant ce livre et en le feuilletant de A à Z, je me suis rendue compte qu’il n’y a pas tant de recettes que ça qui me donnent envie, soit parce qu’elles sont trop compliquées, soit parce qu’elles ne forment pas un plat unique et qu’il faudrait l’accompagner d’autre chose. Je crois que je préfère d’autres livres d’Ottolenghi (on verra quand je les aurai relus !) mais il y a quand même quelques recettes que j’aime beaucoup et que je refais de temps en temps.

  • photos: **** (presque toutes les recettes illustrées)
  • texte: ** (chaque plat est présenté mais il n’y a pas vraiment d’introduction générale sur la cuisine)
  • originalité des recettes: ****
  • authenticité des recettes: la question ne se pose pas vraiment vu que c’est très fusion
  • faisabilité des recettes: ***
  • mesures: unités de mesures métriques
  • recettes favorites: « Mushroom ragout with poached duck egg » (avec un oeuf de poule, ça fonctionne aussi), « Soba noodles with aubergine and mango », « Burnt aubergine with tahini », « Quesadillas », « Warm glass noodles and edamame beans » (essayé mais ça manque de complexité, ça reste fade malgré les condiments), « Avocado, quinoa and broad bean salad » (même commentaire)
  • indispensabilité du livre: ***

Everyday Harumi

Harumi Kurihara, Everydy Harumi. Simple Japanse Food for Family & Friends (2009): Harumi Kurihara, très connue au Japon, a voulu écrire un livre pour un public non-japonais, suite à une expatriation en Grande-Bretagne. Elle a rassemblé des recettes faciles à préparer, en utilisant des ingrédients qui se trouvaient (en 2009) en supermarché (ou parfois dans des épiceries plus spécialisées). Elle explique comment elle a conçu ce livre dans l’introduction et présente les principaux ingrédients, puis passe aux recettes, précédées de quelques mots explicatifs. Celles-ci sont classée par type d’ingrédient principal (boeuf, poulet, riz, miso, aubergine….). J’ai acheté ce livre il y a longtemps, et je n’ai jamais préparé grand-chose à l’époque. En le ressortant pour le lire (depuis, je me suis plongée dans la cuisine japonaise avec plein d’autres livres), je me rend compte que le résultat est le même. En fait, les plats sont trop simples, même pour de la cuisine de tous les jours. Il y en a bien quelques-uns qui sont tentants, mais je préfère soit la cuisine un peu fusion de Tim Anderson, soit la tradition de Nancy Singleton Hachisu.

  • photos: **** (toutes les recettes illustrées)
  • texte: *** (chaque plat est présenté et il y a une introduction générale sur les ingrédients, mais pas la cuisine)
  • originalité des recettes: **
  • authenticité des recettes: **** (je pense que c’est assez authentique, juste très simple)
  • faisabilité des recettes: *****
  • mesures: unités de mesures métriques
  • recettes favorites: « Japanese tsukune with teriyaki sauce », « Green beans with minced pork »
  • indispensabilité du livre: **

Vietnamese

Uyen Luu, Vietnamese: Simple Vietnamese food to cook at home (2021): Uyen Luu avait cinq ans quand elle est arrivée en Grande-Bretagne, dans les années 1980. Elle s’est intéressée à la cuisine une fois qu’elle est partie habiter seule et, avec ce livre, elle propose une des recettes vietnamiennes aux influences européennes. Certaines sont très fusion, d’autres sont très traditionnelles (on ne joue pas avec un pho par exemple, comme elle l’explique). Le texte d’introduction est très court et survole juste les ingrédients principaux. Les différents chapitres proposent des plats à manger avec du riz, des légumes, des salades vietnamiennes, des plats de fête, des soupes de nouilles, des repas rapides, des desserts et les basiques. Cela permet de faire un petit tour des spécialités culinaires du pays, mais Uyen Luu ne désire pas être complète, elle préfère choisir des plats qui font plaisir. J’ai préparé quelques-uns des plats, et c’était chaque fois délicieux (j’aime ce petit côté fusion qui facilite la tâche), mais comme souvent, je retourne toujours aux mêmes (voir ci-dessous) et j’ai du mal à élargir mon répertoire même si j’ai mis pas mal de signets (des soupes de nouilles faciles, des aubergines à la sauce soja et au basilic thaï, du porc braisé dans de l’eau de coco, du poulet au gingembre ou en curry…). Un livre intéressant pour ses recettes faciles, et que je ressortirai de temps en temps, mais qui s’ajoute à mes autres livres de cuisine vietnamienne (je n’ai pas encore trouvé de favori pour cette cuisine, et pourtant j’en ai une série).

  • photos: **** (toutes les recettes illustrées)
  • texte: ** (chaque plat est présenté mais il n’y a pas vraiment d’introduction générale sur la cuisine)
  • originalité des recettes: ****
  • authenticité des recettes: *** (il s’agit d’une cuisine vietnamienne adaptée à l’Europe, mais dans le bon sens)
  • faisabilité des recettes: *****
  • mesures: unités de mesures métriques et impériales
  • recettes favorites: « Baked ginger & lemon chicken », « Roast poussin with lemon, orange & garlic with roasted chips » (les deux recettes se ressemblent un peu)
  • indispensabilité du livre: ***

Taste of Persia

Naomi Duguid, Taste of Persia: A Cook’s Travels Through Armenia, Azerbaijan, Georgia, Iran, and Kurdistan (2016): De Naomi Duguid, j’avais déjà lu Burma et j’avais adoré ses recherches approfondies dans la cuisine locale. Pour écrire ce livre-ci, elle a voyagé en Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie, Iran et Kurdistan et elle raconte ses expériences et rencontres avec les locaux, qui ont souvent partagé des recettes avec elle. J’ai ce livre depuis quelques années et pourtant je n’ai pas préparé grand-chose jusqu’à présent. En le lisant, j’ai cependant noté plein de recettes faciles à préparer, très souvent sur base de légumes. Je ne suis par contre pas sûre que je me lancerai dans la fabrication des différents pains, et les plats à base de riz demandent un certain temps de préparation. Les ingrédients sont faciles à trouver, sauf le fénugrec bleu mais Naomi Duguid propose toujours une solution de remplacement. Elle est clairement une autrice que je vais continuer à suivre.

  • photos: *** (toutes les recettes ne sont malheureusement pas illustrées mais il y a beaucoup de photos des pays visités)
  • texte: ***** (passionnant et permet de mieux connaître cette culture)
  • originalité des recettes: *****
  • authenticité des recettes: *****
  • faisabilité des recettes: ****
  • mesures: unités de mesures américaines uniquement (cups & ounces) (et c’est bien dommage)
  • recettes favorites: « Eggplant borani », « Pomegranate marinated kebabs », « Turkey kebabs »
  • indispensabilité du livre: ***