Tiny moons

Nina Mingya Powles, Tiny moons: a year of eating in Shanghai: ce court récit (de moins de 100 pages) raconte un an d’une vie, celle de Nina Mingya Powles. D’origine mixte, sino-malaise et néo-zélandaise, elle décide de passer un an à Shanghai, pour y étudier le chinois mais aussi pour renouer avec son héritage. Au fil des saisons, elle y découvre les spécialités culinaires locales, et souvent celles-ci la renvoient vers son passé, vers sa famille vivant à Kota Kinabalu en Malaisie. Sa vie d’étudiante ne lui permet pas de dépenser beaucoup d’argent et donc elle se tourne vers ce qui est servi à la cantine, mais aussi dans les nombreuses gargotes de rue. Chaque saison est marquée par plusieurs plats, des ravioles, des brioches-ananas, des aubergines chinoises… C’est une tranche de vie, très poétique et marquée par la nourriture. Je ne pouvais qu’aimer ce court petit livre ! (et c’est quelque part une entrée en matière pour Mai en nouvelles !).

The traveling feast

Rick Bass, The traveling feast. On the road and at the table with my heroes: préambule – juste après avoir commencé ce livre, j’ai regretté d’avoir choisi de la non-fiction, je voulais plutôt lire un roman, de préférence passionnant après avoir traîné des semaines sur The Bass Rock. Mais j’ai continué ma lecture. Rick Bass, écrivain américain dont j’avais lu Nashville Chrome, a du mal à se remettre de son divorce et se pose des questions sur sa vie actuelle. Il décide de partir sur les routes, abandonnant un moment sa maison isolée dans la nature sauvage du Montana. Il souhaite en effet rencontrer des écrivains qui l’ont aidé ou influencé dans sa carrière et transmettre ces conseils à une génération plus jeune, certains de ses étudiants mais aussi une de ses filles. Il propose donc à une série d’auteurs de venir chez eux et de préparer un repas, puis de discuter littérature. Tout ceci pourrait être un peu ennuyeux à lire, mais c’est sans compter le talent de Rick Bass, et ses nombreuses aventures. Parce que tout ne se passe pas comme prévu ! Il fait passer de la viande en contrebande à l’aéroport d’Heathrow mais au cours du voyage, elle s’est dégelée et du sang coule du paquet, il fait exploser un barbecue au gaz, il se perd – souvent… Et s’il est au centre du récit, il y a aussi ces rencontres avec de grands écrivains américains, de Jim Harrison à Denis Johnson, de l’éditeur de Raymond Carver à Joyce Carol Oates. Au final, après une vingtaine de pages, j’étais totalement accro à ce récit et je l’ai dévoré en quelques jours !

Alone in the Kitchen with an Eggplant

Jenni Ferrari-Adler, Alone in the Kitchen with an Eggplant : Confessions of Cooking for One and Dining Alone: ce livre est en fait une anthologie, Jenni Ferrari-Adler ayant demandé à divers auteurs décrire un récit autour de leurs expériences de repas en solo. C’est a priori un sujet qui me tentait beaucoup, vu que je mange 90% du temps toute seule. Or j’ai trouvé dans ce livre une majorité d’histoires rendant compte d’expériences plutôt négatives, de frigos vides, de tristesse, de recettes qui n’en sont pas. Il y a quelques exceptions mais elles sont plutôt noyées dans la masse; je cherchais sans doute une confirmation de mes propres expériences. J’aime cuisiner, même des plats élaborés, pour moi toute seule – et ceci n’empêche pas le fait que parfois, par paresse, je mange juste des frites, ou un combo « apéritif » (olives, fromage, saucisson). Ce plaisir de manger seule n’est pas venu tout seul, c’était même une de mes plus grandes craintes quand je me suis séparée mais il a grandi au fil du temps. L’étape suivante, c’était le resto seule – ça s’est fait en plusieurs étapes. Au début je me cachais derrière mon livre, maintenant je passe plus de temps à observer les gens autour de moi, même si j’ai eu quelques expériences bizarres. Mais cela reste lié au voyage, chez moi, je ne me retrouve quasi jamais en solo au resto parce que j’aime manger à la maison. Le livre ne parle que très peu de tout ça, et c’est donc vraiment une déception.

Et vous, comment se passent vos repas en solo ? Allez-vous au restaurant seuls ?

The cooking gene

Michael W. Twitty, The cooking gene. A journey through African American culinary history in the Old South: comment me tenter avec un livre ? Sylvain m’a parlé de cet ouvrage qui raconte comment l’auteur a fait des recherches autour de la cuisine afro-américaine mais surtout de la généalogie et des analyses d’ADN, partie qui selon lui était un peu longue mais qui m’a tout de suite convaincue de lire le livre. Je suis en effet passionnée par les histoires de filiation et par le fait que la science puisse retrouver des informations qui se sont perdues au fil du temps.

Dans le cas de Michael W. Twitty, et de la communauté afro-américaine, retrouver les liens avec le passé lointain ne peut que se faire par une analyse d’ADN, et c’est ce que l’auteur propose dans son livre. Mais le point de départ, c’est la cuisine, comment celle-ci a gardé des spécificités africaines malgré la mise en esclavage et l’arrachement aux terres natales. Il s’est fait aider de nombreux généalogistes pour déterminer qui étaient ses ancêtres, noirs et blancs – les blancs sont essentiellement des hommes qui prenaient du bon temps avec des femmes esclaves (et qui bannissaient ces enfants métis de leurs généalogie). Et par la suite, il a fait plusieurs analyses de son ADN pour déterminer son appartenance à telle ou telle région d’Afrique.

La seconde partie du livre s’attache bien plus aux aliments, aux fruits et légumes, au riz, aux viandes et poissons, mais aussi à la culture du coton qui a provoqué un grand changement pour les esclaves – changement de lieu de vie mais aussi de régime alimentaire. J’ai trouvé ce livre passionnant du début à la fin – il touche évidemment à deux sujets qui m’intéressent beaucoup. Il m’a aussi permis d’aborder un troisième sujet que je ne connaissais que très peu, celui de l’esclavage. Je me suis toujours beaucoup intéressée à l’Asie, mais pas à l’Afrique; ces derniers mois, je commence à m’ouvrir à cette partie du monde, pour des raisons diverses. Il y a bien sûr le mouvement Black Lives Matter, mais aussi les textes que j’ai dû écrire sur le Congo, et bien sûr les voyages de mon papa.

Short diary of the week (342)

Lundi: une bonne nuit, commencer un long article, deux problèmes informatiques résolus en une journée, la mail officiel qui annonce une certaine reprise mais qui n’est pas assez précis pour mon poste, aucune concentration pour de la lecture, y arriver finalement en me donnant un court créneau horaire (genre de 17h45 à 18h15 – j’ai tenu 15 minutes mais c’était le plus long moment sans interruption de l’après-midi), ranger la cuisine tout en rippant des disques pour le travail, Breaking Bad, Gardener’s World en différé

Mardi: une bonne nuit, écrire, le beau livreur de Post NL qui m’amène à ma perte: il me livre un puzzle, puzzle que je commence dès la journée de travail finie et que je n’arrive plus à lâcher (je n’ai même pas publié de billet à propos du Japon – ce sera pour la semaine prochaine), Breaking Bad

Mercredi: écrire et corriger, noter des citations, du puzzle, cuisiner une salade intéressante (aubergine, maïs, poivrons, tomates, aneth), Breaking Bad, discuter de rhums par messenger

Jeudi: encoder deux longs articles avec plein de photos, ce qui prend un long moment, et puis arrive le camion avec mon nouveau canapé et mes chaises de jardin, un colis de 56kg donc mais je m’en suis sortie pour le glisser jusqu’au salon et le déballer, The great British sewing bee tout en profitant du nouveau canapé, de la lecture

Vendredi: réveillé fort tôt, faire des commandes, un détour rapide pour faire les courses, passer au bureau pour chercher du travail d’encodage, et donc rencontrer quelques collègues, m’y remettre, tondre la pelouse, et puis l’après-midi est terminée, le repas du soir, une longue et agréable conversation avec Kleo

Samedi: réveillée tôt, glander dans le canapé (l’autre, celui qui donne malheureusement des signes de faiblesse), ne pas réussir à me décider: quel tissu coudre en premier – le rouge ou le bleu ?, le livreur qui passe évidemment quand je suis sous la douche (il a déposé le paquet chez les voisins), du rangement, laver les grandes vitres de la baie vitrée, de la lecture, et comme souvent le samedi soir m’endormir à peine le film lancé, me réveiller une heure plus tard et lire encore un bon moment

Dimanche: du ménage, découper une nouvelle robe (un sondage instagram m’a décidée pour le tissu à fleurs rouges), sortir le parasol, planter une bonne vingtaine de plants de tomates, terminer mon roman, quelques pièces du puzzle, cuisiner un plat de Madagascar très facile, encore un cocktail partagé, Rashomon (Akira Kurosawa, 1950), le sentiment d’avoir passé une bonne semaine sans drames et sans remous et qui me conforte que le télétravail c’est le bien

Short diary of the week (340)

Lundi: et donc cette douleur sous l’omoplate est plus accentuée aujourd’hui, reprendre le travail à la maison (a priori au moins jusqu’au 18 mai si j’ai bien compris le mail du directeur), couper les cannes de bambou restantes, lire un moment et profiter de ce dernier jour de soleil, Breaking Bad

Mardi: réécouter un vieux disque et me rendre compte qu’il ne me plaît plus autant qu’avant, commencer un texte, la pluie – enfin, ajouter de la terre à mes tomates à l’intérieur, terminer ce roman, Breaking Bad

Mercredi: ces douleurs sous l’omoplate – toujours, plein d’idées pour la suite (cette liberté de choisir soi-même des sujets), rempoter quelques fleurs, tenter un plat de Hong Kong qui s’avère facile à préparer et très bon, le documentaire Ramen Heads qui me fait saliver

Jeudi: mettre des choses en ligne, voir avec plaisir le facteur (la factrice ?) m’apporter un colis, une courte promenade pour tenter de détendre mon corps tout tendu, The great British sewing bee (en différé)

Vendredi: congé !, de la couture: continuer la robe en cours et coudre un masque, glander pas mal, un peu de lecture, un documentaire sur les femmes de réconfort indonésiennes lors de l’occupation japonaise: Troostmeisjes: omdat wij mooi waren, un bout de Gardener’s world

Samedi: les courses qui ne se passent pas trop bien: me faire agresser verbalement par un client qui m’a d’abord coincé dans une allée sans issue, le trop plein d’émotions catalysé par ce truc tout con, de la couture: me décider pour une jupe droite mais d’abord coudre une toile, m’attaquer à cet arbuste qui cache un palmier, j’abandonne: il est trop ancré dans le sol, mais en le taillant aux deux-tiers j’obtiens l’effet voulu, de la lecture, préparer des ramens au coquilles saint-jacques et mettre le bordel dans la cuisine, un début de film qui m’endort très vite

Dimanche: une bonne nuit, de la couture, abandonner: c’était une bonne idée de coudre une jupe droite mais l’adaptation à ma taille se révèle fort difficile et je préfère y revenir à tête reposée, lire tout l’après-midi et terminer un roman, du gigot – le souci c’est que toute la maison sent le graillon, A land imagined – un beau film de Singapour

Short diary of the week (335)

Lundi: une mauvaise nuit (c’est donc bien l’idée du travail qui pose problème), m’organiser pour la journée et commencer à travailler, un colis surprise avec un joli tissu venant de Chiang Mai via Namêche et de quoi calmer mes angoisses si nécessaire (oui, il y a eu de l’échange de médicaments), une certaine productivité, et puis aller au jardin, le taux de concentration n’est pas encore optimal pour la lecture, Breaking Bad, du yoga (une séance moins efficace que la fois passée)

Mardi: tester la vidéoconférence pour régler un problème informatique, toujours à l’île Maurice, sortir un moment au jardin et attaquer du bambou à la pioche, de la lecture, Better Call Saul

Mercredi: une nuit catastrophique – un réveil en sursaut et ne plus savoir où je suis et une belle insomnie à partir de 4h du matin, et donc je suis crevée – et très courbaturée, répondre aux mails, reprendre le travail, et puis la journée se passe bien mieux que prévu malgré ma fatigue – sans doute parce que je peux aller au jardin quand je veux, lire un moment au jardin – il y a du soleil jusque 17h environ, faire une commande de plantes à la jardinerie locale via Facetime, Breaking Bad et puis aller me coucher tôt

Jeudi: une bonne nuit mais pas encore tout à fait reposée, m’atteler au boulot, écrire le premier court texte du jour, continuer l’autre texte, recevoir ma commande de plantes et bulbes, terminer mon roman au jardin (enfin – 20 jours pour un livre de moins de 300 pages c’est juste énorme), préparer un verre de rhum en vue de fb live du soir, une longue conversation avec Kleo

Vendredi: je pourrais répéter la première phrase écrite jeudi, terminer le travail en cours, faire une visioconférence avec des collègues, aider – de loin – ma voisine à arracher un rhizome de bambou bien caché, de la lecture, la nouvelle tradition du w-e: les cocktails en commun avec Sylvain (et toute personne qui veut participer – sur Instagram), Breaking Bad, aller dormir tôt

Samedi: les courses (il n’y a toujours pas de sel, de riz et de savon pour les mains…), découper un nouveau patron en espérant avoir pris les bonnes mesures, enlever la mousse de la pelouse, recevoir du savon pour les mains de ma voisine, lire au soleil, retrouver dans une armoire un pot de sel de Guérande tout neuf, cuisiner, Gardener’s World en différé, m’endormir lamentablement

Dimanche: remettre toutes les montres à l’heure, coudre une toile pour cette nouvelle robe, voir que c’est trois fois trop grand, redécouper le patron mais vraiment peiner à l’adapter à ma taille et abandonner pour aujourd’hui, tenter de joindre mon papa sans succès, la fatigue est toujours bien présente, un petit coup de déprime, de la lecture, voir qu’en fait j’ai encore des réserves de riz, préparer un curry thaï et mettre toute la cuisine en désordre, rattraper mon retard dans Masterchef

Les menus de la semaine (I)

Je reprends l’idée de Kleo, qui rejoint quelque part une idée que j’avais eue mais je n’avais jamais mise en pratique. Je voulais en effet poster sur Instagram les plats faciles que je prépare en semaine mais cela m’aurait demandé un minimum d’efforts de présentation, ce que je n’ai jamais eu envie de faire. Ce sera donc tout simplement une liste, avec beaucoup de répétitions, surtout de semaine en semaine. Seul le dimanche soir est un peu plus varié: c’est le moment où je ressors mes livres de cuisine.

Je mange ce que j’ai envie de manger, je suis omnivore et si dans ma tête je fais attention aux saisons, en pratique, ce n’est pas vraiment ça (je m’en rends bien compte). Je ne suis pas une grande mangeuse de féculents et je ne suis pas accro aux pâtes. Par contre, j’ai un faible pour les avocats et les tomates (en hiver, c’est pénible – elles ne sont vraiment pas bonnes), et pour le fromage. Mon envie de cuisiner est souvent liée à mon humeur, et comme elle est cyclique, c’est souvent le même jour que j’ai besoin de comfort food (le jeudi soir).

Je fais en général mes courses au supermarché le samedi matin, et j’y repasse une seconde fois le vendredi midi. Avant, j’y allais presque tous les jours mais maintenant, je vis beaucoup plus avec le contenu du frigo et du surgélateur. Je ne vais que très rarement au marché (et pourtant, il y en a un trois fois par semaine près de chez moi) mais je dois de temps en temps refaire mon stock de produits exotiques. Je vais alors au Kam Yuen (produits chinois / asiatiques), chez Fresh Med (produits méditerranéens et proche-orientaux), ou au supermarché indien.

Je suis souvent ennuyée par les grandes quantités qui sont vendues. Le surgélateur me sauve à ces moments-là, mais c’est aussi la raison pour laquelle je mange peu de choux et choux-fleurs (mais bien du brocoli et des choux de Bruxelles), de courges et potirons, et même d’épinards frais que pourtant j’adore mais qui sont emballés dans de trop grands sachets.

Pour le midi, dans le passé, j’allais chercher tous les jours un sandwich ou une salade mais je me suis lassée. Depuis quelques mois, je m’efforce le lundi soir de préparer des repas pour deux ou trois jours, souvent des quiches (mais j’ai fait le tour), et plus récemment des plats aux légumes.

Après cette longue introduction, voici les menus de ma semaine:

Vendredi midi: sushis du supermarché / Vendredi soir: pavé de saumon grillé, pak choi au soja, purée de pommes de terre

Samedi midi: pain et fromage / Samedi soir: brochette d’agneau marinée au citron, herbes et ail avec baba ganoush

Dimanche midi: pain et fromage / Dimanche soir: Red-braised pork (Fuschia Dunlop, Every grain of rice), pak choi et himejis sautés au soja et calamondin (ou comment détourner une recette du même livre en lui donnant un accent philippin), riz

Lundi midi: saumon fumé, concombre, tomate (les trucs vite rassemblés le matin) / Lundi soir: les restes d’hier soir (je cuisine souvent pour deux jours, voire même trois)

Mardi midi: Black-eyed beans and chickpeas usal – ou une version personnelle du plat de Meera Sodha (East), moins soupe et avec d’autres légumes / Mardi soir: brochettes de poulet, poivron et oignon avec guacamole maison

Mercredi midi: comme hier / Mercredi soir: les mêmes brochettes accompagnées de frites (on sent poindre l’envie de comfort food)

Jeudi midi: comme hier et avant-hier / Jeudi soir: resto

Est-ce que je publierai ça toutes les semaines ? J’hésite – j’ai peur que cela ne vous intéresse pas plus que ça…. Ou tous les mois ? Qu’en pensez-vous ?

Short diary of the week (324)

Lundi: aucune envie d’aller travailler, plus rien n’est organisé et j’ai horreur de ça, voilà une résolution pour l’année: mettre tout ça le plus loin possible de moi, en plus il y a un beau soleil et du ciel bleu, parfois il suffit d’un peu de concentration et ça avance bien, partir plus tôt pour aller acheter du tissu de doublure, me retrouver serrée entre les gens dans le métro pour la troisième fois de la journée, une recette de pad thaï végétarien que je détourne encore plus (du livre East de Meera Sodha), les deux premiers épisodes de la nouvelle saison de Doctor Who qui sont bien mieux que l’entièreté de la saison précédente

Mardi: de l’encodage, de la concentration, et puis plus envie dans l’après-midi, penser tout le temps à ce que dit Susie à Mrs Maisel (« Tits up ») en marchant, cuisiner, regarder le début de la neuvième saison de Call the midwife, Midnight diner – Tokyo Stories

Mercredi: attaquer un texte dont la deadline est plus proche que prévue, ne pas avoir envie d’aller à cette réunion, claquer la porte de la réunion – certaines personnes m’ont vraiment énervées à ne pas vouloir avancer et à être si négatives, une après-midi avec peu de concentration du coup, The end of the f***ing world, Midnight diner – Tokyo Stories – le dernier épisode, cette série me manquera, déprimer

Jeudi: éviter la pluie, travailler sur une playlist, avoir besoin d’un temps de réflexion pour la continuer et donc remettre le travail à un autre jour, encoder des disques, partir plus tôt pour du shopping, acheter un manteau léger pour remplacer celui qui est usé jusqu’à la corde, appeler mon papa et l’écouter se plaindre en boucle, respirer un bon coup, The end of the f***ing world, reprendre mon visionnage d’Angel

Vendredi: répondre aux mails laissés en souffrance, de l’encodage, tenter de comprendre la marche à suivre, un début de plan de travail pour une future émission radio, me dépêcher de terminer certaines choses, cuisiner, Angel, Monty Don’s American Gardens – vivement la bonne saison pour pouvoir retourner au jardin

Samedi: devoir me lever tôt pour accueillir les deux ouvriers qui viennent réparer l’étagère de ma cuisine, ça n’a pas l’air si simple mais ils y arrivent, aller chez mon papa (qui est de meilleure humeur), remplir mon caddie de légumes pour la semaine, de la couture, de la lecture, du jeu, regarder La la land avec un certain ennui – au moins je l’aurai vu

Dimanche: un début de matinée paresseux, du yoga (je me sens toujours aussi nulle – c’est déprimant), et puis comme hier, préparer un cocktail et cuisiner des plats de mes nouveaux livres, c’était bon !, un western pour terminer la semaine: Comanche Station (Budd Boetticher, 1959)

This was 2019

S’il y a bien quelque chose qui a marqué mon année, ce sont les péripéties à mon travail. En début d’année, j’espérais une année calme et sereine après tous les déboires autour de la vente de la maison de mon papa. Et en effet, les premiers mois ont été calmes, jusqu’au moment où la direction a pris une décision sans appel quant au futur de l’institution, décision qui me forcerait à changer de fonction. Syndicat et comité des usagers ont lutté de longs mois – et même si je soutenais complètement cette lutte, je me suis sentie très mal à l’aise lors des assemblées générales et autres rassemblements de groupe. Je détestais déjà ça et c’est encore pire aujourd’hui.

Quatre propositions de nouvelles fonctions ont été faites et je savais clairement que je souhaitais devenir rédactrice. Cela a mis quelques mois mais finalement en septembre, j’ai commencé à écrire. Ce n’est qu’en novembre que j’ai officiellement changé de chef et cela a été un soulagement indescriptible – cela faisait des années que je vivais très mal la relation avec l’ancien.

Et puis, l’avant-veille de mon départ en vacances, coup de théâtre: la ministre oblige la direction à faire marche arrière. Ce qui est une excellente nouvelle mais qui pose problème par rapport à mes fonctions actuelles et anciennes. Fin décembre, j’ai donc repris mon ancien travail, tout en restant rédactrice, mais je me rends compte que cela me pèse. J’aimais cette liberté de ne pas devoir gérer cette coulée continue et de pouvoir me concentrer sur un sujet avant de passer au suivant, sans être constamment interrompue par des questions plus administratives. Il faudra voir comment tout ceci évolue en 2020 et il est clair qu’il y aura encore beaucoup de questions à résoudre.

Au niveau personnel, j’ai beaucoup pensé à ma solitude de célibataire et nullipare et cela a pesé. Je n’arrive pas à me dire que tout ira bien si jamais je suis gravement malade ou que j’ai un accident (qui ira faire mes courses, qui me tiendra la main si j’ai mal, qui sera là tout simplement). Alors, il y a des chances que je ne tombe pas malade, et beaucoup de choses sont organisables, mais ce n’est pas la même chose que quelqu’un de proche. Et même après une dure journée au boulot (il y en a eu beaucoup), j’aurais bien aimé juste pouvoir en parler à quelqu’un le soir. Mon papa n’écoute plus vraiment depuis un certain temps et nos relations n’ont pas toujours été simples – mais avec lui, c’est par périodes et je sais que je dois profiter des moments où il est de bonne humeur et qu’il va bien. En même temps, j’aime vivre seule la plupart du temps, prenant les décisions que je souhaite quand je les souhaite; je voyage, j’ai des amis (même si tout n’a pas été rose de ce côté là) et des chouettes collègues et voisins.

J’ai voyagé trois fois cette année, commençant par une semaine à Madère, où je me suis reposée et où j’ai profité de températures clémentes en plein hiver. Début juillet, j’ai passé quelques jours à La Haye, une agréable ville où j’ai très bien mangé. J’avais à ce moment-là déjà réservé un voyage à Hong Kong, juste avant que les protestations suivies d’émeutes ne commencent. J’ai espéré tout l’été mais cinq semaines avant mon départ, j’ai préféré tout annuler et réserver un autre voyage au Japon. Vu que c’était en dernière minute, ce séjour a été moins bien organisé mais j’ai malgré tout passé trois excellentes semaines sur place. Et je réfléchis déjà à mes projets pour 2020.

L’été et le début de l’automne ont été occupés par les travaux de ma cuisine et de mon salon. J’ai tout vidé à mon aise, rangeant un peu par la même occasion la cave, puis j’ai tout remis (ou presque) en une semaine de congé après la fin des travaux. Je suis vraiment contente de ma cuisine (même si j’ai mis un peu de temps à m’adapter) et du nouveau coin tv qui est beaucoup moins en désordre qu’avant sans les étagères à cd qui sont restées en haut et grâce au nouveau meuble tv. Quant au bleu foncé sur le mur, il est juste parfait.

Si j’en crois l’astrologie chinoise, 2019 marque la fin d’un cycle de 12 ans. En janvier nous entrons dans l’année du rat, qui est aussi mon signe. Et c’est aussi la fin d’une décennie. Elle avait mal commencé mais je n’étais pas encore consciente à ce moment-là que les premières années seraient aussi difficiles. J’ai eu un peu de répit et puis les soucis avec mon papa ont commencé, et puis ceux au travail. Tout cela m’a évidemment changée, mais en mieux, j’en suis persuadée.

Je vous souhaite à tous une très belle nouvelle année !