La femme révélée

Gaëlle Nohant, La femme révélée: Eliza Donnelley a quitté son mari fortuné et abandonné son petit garçon, fuyant Chicago. Elle se retrouve à Paris, on est en 1950. Elle y commence une nouvelle vie sous le nom de Violet Lee, armée de son appareil photo. La ville se réveille après les années de guerre, elle y rencontre des prostituées, des artistes, des hommes… Mais l’abandon de son fils la ronge. Le roman dévoile au fil des pages son histoire, son passé, son désir de justice sociale. J’ai été prise par ma lecture, tournant page après page, impatiente de connaître la suite de l’histoire qui se divise en deux grandes parties. J’ai beaucoup aimé la première, un peu moins la deuxième – elle est tout à fait logique mais je l’ai trouvée un peu trop différente, comme s’il s’agissait d’un second roman. Mais c’est un commentaire a posteriori: pendant ma lecture, j’ai été happée par le récit et après avoir lu pas mal de romans qui se traînaient, cela m’a fait du bien. J’admire également le talent de l’auteur qui arrive avec chaque roman à plonger le lecteur dans un monde totalement différent. Ses descriptions sont fouillées, les détails rendent très bien l’esprit d’une époque, d’une ville.

Sur les chemins noirs

Sylvain Tesson, Sur les chemins noirs: après un grave accident (dû à une chute de plusieurs étages en étant saoul), Sylvain Tesson décide d’accélérer sa convalescence en suivant les chemins noirs, ces sentiers de campagne qui traversent toute la France, depuis le Sud jusqu’à la Manche. Disons-le de suite: ceci est très probablement le dernier récit de Tesson que je lis. Le personnage m’énerve depuis longtemps et il ne fait rien pour remonter dans mon estime. Il décrit peu son voyage (or, il me semble que c’est essentiel dans un récit de voyage) et râle énormément sur le monde moderne et les humains, comme un vieux con (n’ayons pas peur de le dire). Et son style est ampoulé, comme toujours. J’ai uniquement terminé le livre parce qu’il est court.

La toile du monde

51wwswilukl-_sx195_Antonin Varenne, La toile du monde: Aileen Bowman, une américaine rousse célibataire et affranchie de 35 ans, est envoyée à Paris par son journal, le New York Tribune, pour couvrir l’ouverture de l’Exposition Universelle. Elle espère également y retrouver son cousin métis qui fait partie d’une troupe de style Buffalo Bill Wild West Show. Au fil de ses pérégrinations dans la ville, elle décrit un monde qui change, à la charnière de deux siècles. Le métropolitain est en construction, les chevaux vont bientôt être remplacés par les voitures, l’électricité illumine les palais, et pourtant les mentalités ont du mal à suivre. Certaines femmes tentent d’affirmer leur rôle mais la plupart sont toujours reléguées à une vie conjugale très peu passionnante. Le sujet, l’Expo Universelle, m’a évidemment attirée mais elle n’est que peu décrite, bien qu’étant au centre du livre. C’est plutôt le portrait d’une femme et d’un ville à une époque précise, et cette partie là est intéressante – cela se sent que l’auteur a fait de nombreuses recherches. J’ai été beaucoup moins séduite par la partie romancée, un peu forcée, et encore moins par le dernier long chapitre qui raconte presque une nouvelle histoire.

Le tour de France, exactement

9782253068365-tLionel Daudet, Le tour de France, exactement: l’idée de ce récit m’a plu ! Lionel Daudet a décidé de suivre la frontière de la France sur tout son pourtour, en partant du Mont Blanc et remontant vers le lac Léman, en suivant la frontière avec la Belgique et puis toute la côte de la mer du Nord et de l’océan Atlantique, en traversant les Pyrénées, en longeant la Méditerranée pour finalement retrouver le Mont Blanc. Le but était de ne jamais s’écarter de la ligne, ou le moins possible, mais de nombreux obstacles se présentent: le milieu aride et difficile des montagnes (mais Lionel Daudet est alpiniste, donc il s’en sort plutôt bien), des centrales nucléaires, des barrages mais aussi des propriétés privées et des terrains militaires. Peu importe, Daudet réussit son pari en un an et demi et rencontre de nombreuses personnes qui marchent un moment avec lui (ou escaladent les montagnes, ou font du kayak, ou du vélo…). Comme je disais plus haut, l’idée est très tentante et malgré un style et un récit qui ne m’a pas convaincue, j’ai voulu connaître toute l’histoire. Daudet insiste sur les passages montagneux et ses performances, il passe souvent très vite sur d’autres parties qui m’auraient sans doute plus intéressées. Il a aussi un côté écolo boy-scout qui m’énerve un peu. J’ai regretté l’absence de descriptions de la nature que quelqu’un comme Bernard Ollivier aurait beaucoup mieux introduit dans le récit. Mais malgré tout un récit inspirant… et la frontière de la Belgique est bien courte !Book_RATING-30