Comment j’ai vidé la maison de mes parents

couv_comment-jai-videcc81-la-maison-de-mes-parents_zpsmvmlgyp7Lydia Flem, Comment j’ai vidé la maison de mes parents: vu sur le blog de Keisha, je ne pouvais que m’intéresser à ce livre. Je sais que cette tâche immense m’attend un jour pas si éloigné que ça et que cela prendra beaucoup de temps. Mes parents n’ont jamais rien jeté et amassé mille et une choses pendant presque 60 ans de vie dans cette maison. En commençant ma lecture, j’ai été très vite agacée: nous avons ici le combo de “femme juive dont les parents ont été dans les camps de concentration, femme qui est devenue psychanalyste et à tendance freudienne”. Chez moi, cela suffit à faire sonner toutes les alarmes. J’ai cependant continué ma lecture, essayant de passer le plus possible au-delà de ces éléments et en me concentrant sur le vidage en tant que tel de la maison des parents. Lydia Flem raconte ses difficultés, les émotions qui remontent, les objets incongrus que ses parents n’ont pas jetés (ses biberons, par exemple – je me reconnais là – il y en a encore au grenier) mais elle fait également des découvertes. Ses parents n’ont jamais réussi à parler beaucoup des camps de concentration avec elle alors qu’ils ont fait de nombreuses recherches à ce sujet. Elle découvre des lettres et des documents qui l’aident à retracer leur parcours. Elle trouve aussi des tonnes de factures et extraits de compte, y compris ceux du séjour de sa mère à la maternité, lors de sa naissance. Au final, malgré mon agacement préliminaire, ce court récit m’a beaucoup plu par sa sensibilité et son universalité. Chaque enfant sera un jour confronté à la mort de ses parents et beaucoup devront s’atteler à cette difficile réflexion sur la conservation ou pas du passé, de leur passé.

Advertisements