Funérailles célestes

Xinran, Funérailles célestes: Xinran relate l’histoire de Wen, une femme chinoise à l’apparence très tibétaine qu’elle a rencontré en rue, à Suzhou, et qui, en l’espace de deux jours, lui a raconté sa vie. En 1956, Wen épouse Kejun, un jeune étudiant en médecine comme elle, mais très vite, il doit partir avec l’armée communiste dans les régions reculées du Tibet où il disparaît. Wen part à sa recherche, persuadée qu’il est encore vivant. Elle se perd dans le monde froid et aride des hauts plateaux tibétains mais est recueillie par une famille locale avec qui elle vivra pendant trente ans, ne se rendant pas compte des années qui passent et des changements qui secouent la Chine. Elle devient une femme différente…

Ce récit dévoile une page moins connue de l’histoire de la Chine et de son implication au Tibet, et décrit une vie très différente, celles des nomades des hauts-plateaux. Et contrairement à Baguettes chinoises, Xinran n’utilise pas la forme romanesque, racontant juste ce dont Wen lui a parlé lors d’une longue interview. Et j’ai trouvé cela bien plus intéressant à lire.

Asia in Paris

Le thème principal de ce citytrip à Paris aura été l’Asie. Ce n’était pas vraiment prémédité mais ce n’est pas étonnant quand on connait notre passion pour ce continent. Avec une touche d’Océanie et de tiki pour compléter le tout.

Etape 1: le Japon. A peine arrivés (en retard, notre Thalys étant resté coincé plus de 20 minutes en rase campagne), il était l’heure de manger. Pas de connexion internet mais un vague souvenir qu’il y avait un bon restaurant japonais près de l’hôtel, restaurant renseigné par François Simon sur son blog. J’avais complètement oublié l’adresse, mais pas diane avait retenu que c’était dans la même rue que la rédaction du Mad Movies ! Hotaru, donc, rue Rodier 18, 9e. Quand nous arrivons, il n’y a encore personne mais le resto se remplira vite. Nous sommes accueillis en japonais (et en français). La carte comporte plein de bonnes choses: diane opte pour des California rolls, moi, pour la formule du midi qui comprend deux petites entrées (du saumon mariné avec  des algues et des pleurotes marinées), un plat au choix (des sashimis), du riz et une soupe. Nous accompagnons le tout d’une Kirin et d’une Sapporo – les autres bières à la carte étaient de la Kwak et de la Faro !

Statues Khmères et œuvre contemporaine du pakistanais Rashid Rana

Etape 2: toute l’Asie. Je rêvais depuis des années d’aller au Musée Guimet ! Trop grand pour tout visiter en une fois, nous nous sommes concentrés sur certaines régions: l’Asie du Sud-Est, le Tibet et le Japon. J’ai des sentiments assez partagés par rapport aux collections cambodgiennes. Si vous n’avez jamais été dans ce pays, ça vaut la peine de visiter le musée. Dans mon cas, j’ai éprouvé une certaine tristesse de voir ces bas-reliefs et statues arrachés, sciés, découpés des monuments, à une époque où régnait le colonialisme et le non-respect des populations locales. L’exemple du Banteay Srey (un des ensembles du site d’Angkor) est tout particulièrement prenant: sur place, il paraissait pillé, violé, et les Khmers n’ont pas l’argent pour créer des copies des parties volées comme la fresque du Parthénon. On pourra me rétorquer que c’est par esprit de conservation, que cela aurait de toutes façons disparu. Peut-être. Mais à ce point-là ? Malgré cela, il s’agit d’un magnifique musée dans lequel je reviendrai avec plaisir.

Etape 3: Asie du Sud-Est. Ou notre repas dans le restaurant du musée Guimet: curry thaï et assortiment de petits plats asiatiques.

honte sur moi, j’aurais dû faire un effort vestimentaire…

Etape 4: Asie du Sud-Est. En cherchant « Paris insolite » sur Google, je suis tombée sur un site qui parlait du jardin tropical du Bois de Vincennes, parc plus ou moins laissé à l’abandon qui avait accueilli l’exposition coloniale de 1907 mais aussi un centre de recherche en agronomie tropicale (plus d’infos sur ce site). Il est situé aux limites de Paris, à Nogent sur Marne mais une station du RER est toute proche. L’endroit tentait Stella Polaris et nous nous sommes donc retrouvés là pour une promenade bien agréable et quelques photos. Le lieu est un peu décevant, fort petit finalement et les anciens pavillons trop délabrés pour qu’on puisse les visiter. Mais je dirais qu’il y a du potentiel !

Etape 5: la Chine. Nous avions envie de boire un verre au China, décrit comme « palais colonial » mais nous étions trop tôt. Je retiens l’adresse pour une prochaine fois. (50, rue de Charenton, 12e).

Etape 6: j’insère ici la visite de l’atelier de Gustave Moreau, situé à deux pas de notre hôtel. Peu de rapports avec l’Asie même si les fines arabesques de son trait pourraient faire penser à certaines découpes orientales ou khmères. Cette belle et grande maison privée donne une image assez précise de la vie quotidienne d’une famille aisée pendant la seconde moitié du 19e siècle et d’un atelier d’artiste. Y sont regroupées un grand nombre d’études et d’œuvres (inachevées), pendues dans chaque recoin comme cela se faisait à l’époque. Petite fille, j’avais été fascinée par ses peintures et je le suis toujours.

Maurice n’est pas rassuré auprès de ce masque d’une île du Pacifique

Etape 7: Asie et Océanie. Une autre des raisons principales de cette visite à Paris était le musée des arts premiers du quai Branly dont rien que le mur végétal me tentait depuis des années. Le bâtiment conçu par Jean Nouvel est immense mais semble flotter sur un jardin qui se laisse découvrir par morceaux, au détour d’un parterre de joncs ou de bambous. A la recherche de tikis, nous sommes partis à la découverte de la partie sur l’Océanie, regroupant de nombreux objets rituels et usuels des îles du Pacifique. Commençant à fatiguer, nous avons plus ou moins survolé la partie asiatique même si les nombreux costumes des minorités ethniques du sud-est asiatique sont fascinants. L’Afrique et les Amériques seront un but pour une prochaine visite car ce musée foisonnant vaut vraiment la peine de s’y attarder. La muséographie est agréable, alternant différents types d’objets, images et sons. Vers 14 heures finalement, nous nous sommes dirigés vers le café-restaurant du musée pour y manger un plat africain pour diane et un plat français – le seul du voyage -, une salade niçoise, pour moi, le tout avec une belle vue sur la Tour Eiffel qui donnait le vertige à mon homme juste à la voir…

le jardin japonais, avec deux intrus

Etape 8: Japon et Chine. Il ne nous restait que peu de temps avant de prendre notre train mais nous étions à proximité des Galeries du Panthéon Bouddhique regroupant les collections de statues ramenées par Emile Guimet lors de ses voyages en Chine et au Japon. Je me rends compte que ces styles de statuaire ne me plaisent/parlent pas trop, moi qui suis habituée à des Bouddhas thaïs et khmers, au formes beaucoup plus douces et élancées. Mais peu importe, le but principal de la visite était pour moi le petit jardin japonais caché à l’arrière du musée, un dernier moment de calme et de sérénité avant de rentrer à la maison et plein d’idées pour mon jardin.