Riding the iron rooster

Paul Theroux, Riding the iron rooster: au milieu des années 1980, Paul Theroux – connu de ses récits sur Inde notamment – embarque dans le train à Londres pour un grand voyage qui le mènera en Chine qu’il traversera de part en part, toujours en train. Les débuts du récit sont laborieux: Theroux fait partie d’un groupe de touristes de diverses nationalités et passe son temps à les critiquer lors du voyage qui traverse l’Europe, puis dans le Transsibérien. Son négativisme a lourdement pesé sur ma lecture, que j’ai failli abandonner. Mais une fois arrivé à Shanghai, il commence à voyager seul, enfin presque. Le régime communiste lui flanque un acolyte pour le surveiller et “mieux le guider”. Cet homme est heureusement fort effacé et Theroux sillonne la Chine, prenant les vieux trains à vapeur et visitant les différentes provinces, du Xinjiang au Yunnan en passant par la Mandchourie. Il décrit une Chine marquée par la révolution culturelle – il pose d’ailleurs beaucoup de questions à ce sujet aux habitants et cette partie est passionnante. Il va dans les villes et les campagnes et ressent fortement le besoin de développement économique et de libertés des Chinois. A un moment, de guerre lasse, son “guide” le laisse tomber et Theroux voyage seul, beaucoup plus libre de ses mouvements. Dans le dernier chapitre du livre, il découvre même le Tibet et le récit devient parfois quasi hallucinant. En résumé, ce livre commence très mal mais s’améliore au cours des pages et propose un portrait de la Chine à une époque précise. Je ne suis pas sûre par contre que Paul Theroux soit quelqu’un de très agréable à vivre !

Challenge PAL de vacances: un livre avec un animal dans le titre

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Un long printemps d’exil

Olga Ilyina-Laylle & Michel Jan, Un long printemps d’exil. De Petrograd à Saigon, 1917-1946: Quelle vie ! Quelles péripéties ! Olga Ilyina-Laylle naît dans une famille très aisée à Petrograd en 1917 au moment de la Révolution Russe. Ses parents se réfugient dans leur propriété située à la campagne dans la région de Kazan mais l’avancée des Rouges les pousse à fuir toujours plus loin, suivant le trajet du Transsibérien, pour finalement s’installer à Harbin, en Mandchourie. Olga y vivra une enfance et adolescence difficile: son père quitte sa mère et ne l’aide plus financièrement; sa mère tente de survivre en donnant des cours et en traduisant des articles pour le journal local mais elle n’a jamais appris à bien gérer l’argent et le peu qu’elle gagne est souvent dépensé de suite. Harbin est à ce moment-là la capitale pour tous les intellectuels de l’époque, le Paris de l’Orient, un lieu où règne la nostalgie du passé mais se situe très vite au coeur de la tourmente: les Japonais annexent la Mandchourie et prennent le pouvoir. Comme Russes Blancs, Olga et sa famille sont apatrides, ils ne possèdent plus de passeport et ils sont coincés dans la région. Finalement, Olga peut partir à Pékin, où elle vit de grands moments de liberté, avant de retrouver sa mère et sa soeur à Shanghai au moment où éclate la Seconde Guerre mondiale. Elle gagne sa vie en effectuant le boulot de “nanny” pour des familles d’Européens vivant dans le quartier des concessions. Son périple se poursuit cependant: elle quitte la Chine pour l’Indochine où il lui arrivera encore de nombreuses aventures. Olga a vécu une vie peu commune, toujours en fuite, à une époque fort troublée de l’histoire et dans des contrées lointaines. Le récit est linéaire mais très addictif, créant le portrait d’une femme mais aussi de plusieurs cultures, celle des Russes Blancs qui ont fuit la Révolution, celle des Chinois, celle des colons français d’Indochine… Je recommande cette lecture à toute personne passionnée par l’histoire, par la Russie et par l’Extrême-Orient.

PAL vacances 2017: le meilleur score au scrabble, 93 points

Dans un jardin de Chine

9782877304863fs_zpsglrd5efuJacques Pimpaneau, Dans un jardin de Chine: l’activité “Un mois, un éditeur” autour de Philippe Picquier m’a poussée à fouiller dans ma bibliothèque. J’ai pendant toute une période acheté beaucoup de livres de l’éditeur sans jamais les lire. J’ai notamment toute la collection des livres de Maït Foulkes sur le thé, les épices, le riz, etc. Un voyage en Chine dans les années 1990 m’a dirigée vers les livres de Jacques Pimpaneau, grand spécialiste du pays en France. Pour l’occasion, j’ai ressorti le petit recueil intitulé Dans un jardin de Chine – l’arrivée du printemps titille mes envies de jardinage ! Il ne s’agit pas vraiment d’un livre factuel sur les jardins chinois mais une invitation au voyage, entre des textes plus descriptifs et des textes plus poétiques d’auteurs chinois. De nombreuses gravures illustrent les propos et tentent de partager avec le lecteur une certaine philosophie du jardin taoïste. Une lecture qui fait rêver, tout comme les paysages locaux qui sont reproduits dans les jardins.

Passagère du silence

Fabienne Verdier, Passagère du silence: reçu de Kleo lors d’une ronde des poches (une ancienne, pas l’actuelle – Kleo et moi, nous ne nous connaissions pas encore mais elle a visé très juste), ce livre a traîné longtemps sur ma PAL parce que je soupçonnais l’avoir déjà lu (c’était le cas, mais peu importe, je l’ai relu avec beaucoup de plaisir). La jeune Fabienne Verdier part au début des années 1980 en Chine, au Sichuan pour étudier les beaux-arts chinois. Elle se retrouve dans une école artistique régie par le parti, où on enseigne l’art académique. Ce n’est pas cela qu’elle recherche… Au fil des rencontres, elle fait connaissance de vieux maîtres en calligraphie et c’est ainsi que commence un enseignement qui va durer dix ans. Les conditions sont rudimentaires à l’école, entre la crasse, la promiscuité, les maladies et la surveillance constante du parti mais Fabienne survit à tout cela, par amour pour l’art ancien, un art qui a été oublié et dénigré par la Révolution Culturelle et qui dans les années 1980 n’avait pas encore été complètement réhabilité. Elle apprend la patience, dessinant pendant plusieurs mois de suite uniquement des traits horizontaux et verticaux, elle découvre en même temps tout un monde fort différent du sien. Elle participe aux voyages auprès des minorités ethniques du Sichuan au Tibet, souvent cachée, car comme Occidentale, elle n’a pas le droit d’y aller. Le récit est souvent très dur, les conditions étant vraiment difficiles et la Chine de l’époque très peu respectueuse du passé, mais on apprend à connaître une femme et sa détermination extrême. En lisant cette autobiographie, j’ai souvent pensé à Peter Hessler qui raconte sa vie pendant deux ans à Fuling, à peine plus loin que Chongqing où se trouvait Fabienne Verdier mais une décennie plus tard. C’est un monde déjà fort différent qu’il décrit, un peu plus ouvert. On ne ressent pas autant chez lui le poids du Parti Communiste même s’il est toujours bien présent, ni les conditions de vie aussi précaires. Je conseille ce livre de Fabienne Verdier à toute personne intéressée par la Chine, par son histoire et par son art mais aussi à un public plus large.

River town

51q8yka0jnl-_sx330_bo1204203200__zpszgnoixnoPeter Hessler, River town: two years on the Yangtze: du même auteur, j’avais lu Country driving et j’avais beaucoup apprécié son portrait de la Chine vue de l’intérieur. River town se passe avant et raconte les deux premières années que Peter Hessler passe en Chine comme professeur d’anglais envoyé par le Peace Corps américain dans la petite ville de Fuling, bordant le Yang Tse Kiang dans le Sichuan. En 1996, Fuling est encore très retiré et n’a pas encore vu beaucoup d’étrangers. La vie n’est donc pas si simple, bien que protégée et dirigée par les cadres de l’université. Les Chinois ont en effet cette fâcheuse tendance à fixer les gens et à ouvertement se moquer d’eux, mais Peter Hessler et son comparse, également volontaire des Peace Corps, s’adaptent tout doucement, apprenant à parler le Chinois mais aussi le dialecte local. Ils découvrent la région et ses coutumes, non sans quelques épisodes hilarants d’incompréhension. C’est aussi l’histoire d’un ville qui va disparaître – la construction du barrage des Trois Gorges est en effet en cours. Ce récit couvre de nombreuses facettes d’une société chinoise en pleine mutation, entre les traditions anciennes, le communisme et les débuts d’une certaine libéralisation économique.

Book_RATING-35

Une odeur de gingembre

51a2bel4q5sl-_sy344_bo1204203200_Oswald Wynd, Une odeur de gingembre: j’avais été attirée par ce livre en lisant la critique de L’ivre d’ailleurs, et quelques semaines plus tard, Sylvie me l’a très gentiment offert. Le sujet avait tout pour me plaire: en 1903, Mary Mackenzie embarque pour la Chine où elle va épouser Richard Collinsgsworth, l’attaché militaire britannique. Elle commence un journal sur le bateau et partage ses impressions. Elle écrit aussi des lettres à sa mère et plus tard à des amis. Très vite, elle s’oppose aux conventions, se sent mal à l’aise dans l’ordre établi. Elle a une liaison avec un officier japonais et sera rejetée de la société européenne suite à la naissance d’un enfant illégitime. Mais elle ne se laisse pas faire et reconstruit sa vie au Japon. J’ai dévoré ce roman qui fait le portrait d’une forte femme aux prises avec la société et l’histoire. La fin m’a même laissé un goût de trop peu: j’aurais aimé une suite, j’aurais aimé savoir comment Mary allait à nouveau rebondir suite aux événements. Et ne vous méprenez pas, ce livre aurait pu être un roman à l’eau de rose mais l’écriture, les descriptions de la Chine et du Japon et l’analyse psychologique du personnage de Mary le mettent dans une toute autre catégorie !

Book_RATING-40

2015 Reading challenge: A book set in a different country, A book a friend recommended, A book set somewhere you’ve always wanted to visit, A book by an author you’ve never read before

Porte de la Paix céleste

512ij9awhll-_sx302_bo1204203200_Shan Sa, Porte de la Paix céleste: un des deux livres reçus de Kleo lors de la ronde des poches cet été. Ce court roman a été écrit en français par une Chinoise qui a quitté son pays en 1990. La place de la Paix Céleste – Tian’anmen – est couverte de sang. Ayamei, une jeune étudiante à la tête de la révolte, doit fuir. Elle se réfugie dans la campagne, loin de tout, grâce à l’aide d’un inconnu, un chauffeur de camion. Zhao, un soldat élevé dans l’idéologie pure et dure, la traque. L’histoire fait des retours en arrière quand Zhao découvre le journal intime d’Ayamei, donnant une profondeur aux personnages. Et Shan Sa intègre également quelques éléments de légende, donnant une dimension de plus à ce très beau roman d’amour. J’ai été touchée par les personnages, détestant de prime abord Zhao, admirant Ayamei, avec un certain détachement. Les descriptions de la ville mais surtout de la nature sont très précises et vivantes. Je conseille ! Et merci à Kleo !

Book_RATING-40

2015 Reading Challenge: A book by a female authorA book set in a different country (Chine), A book a friend recommended (Kleo), A book by an author you’ve never read before