Short diary of the week (198)

Lundi: une nuit un peu agitée, me lever alors que je ne me sens pas tout à fait reposée, une séance de couture – ça prend forme !, du jardinage: trouver une place pour toutes les plantes achetées dimanche, me rendre compte que j’ai racheté un plant de menthe asiatique alors que celle de l’année passée a repoussé, des maux de tête, de la lecture pas très attentive, un repas avec de la roquette du jardin, Doctor Who, Anthony Bourdain Parts Unknown en Antarctique

Mardi: il est vraiment temps que je fasse un grand tri de ma garde-robe et que je supprime tout ce qui est trop petit/trop serré, et donc perdre un temps fou à trouver une tenue confortable, les pieds humides, m’inquiéter pour ma langue qui pique depuis quelques jours, le parapluie qui se retourne plusieurs fois, le vent qui emmêle mes cheveux, un repas sans agents acides ni piquants, Twin Peaks, Better Call Saul

Mercredi: toujours ce vent qui décoiffe, ma concentration n’était pas assez grande que pour terminer ce boulot ce matin, réunion l’après-midi – qui se déroule mieux que prévu, oh mais ces livres sur la photo sont probablement vendus chez Cook and Book, bingo !, mais où mène ce couloir creusé sous les voies du métro ?, une soupe aux nouilles soba, American Gods, The Good Fight

Jeudi: cette robe est fort courte en fait (je la mets rarement sans bas), du travail qui avance bien, des détails qui pour moi ont de l’importance, ce n’est pas encore ce soir que j’aurai l’occasion de feuilleter ces livres, une commande d’accessoires pour l’appareil photo, Fargo – début de la troisième saison, Jamestown

Vendredi: réveillée par quelques coups de tonnerre, bien mouillée en arrivant au boulot, encore une belle collection de choses à terminer aujourd’hui, ah zut je n’ai pas les photos sous la main, du poisson et des asperges, Twin Peaks, The Good Fight

Samedi: la chatte des voisins s’installe sur sa chaise favorite sous la table de jardin, oups la matinée est déjà passée et je n’ai rien fait de spécial, des courses, préparer des marinades, tailler la haie et avoir un léger malaise, me reposer en apprenant plein de choses sur la photographie, un barbecue, commencer un nouveau roman, profiter du beau temps et du crépuscule

Dimanche: une liste de choses à faire, pas envie d’aller à la zumba mais c’est le dernier cours de la saison et donc y aller, quelques menus travaux de jardin avant de m’affaler sur un lit de jardin avec des bouquins, hmmm – 7 livres en même temps c’est un peu beaucoup, de jolis nuages, une température plus qu’agréable pour moi, Gun Fury (Raoul Walsh, 1953) – une époque où les films duraient 1h20 et semblent bien courts

Comment j’ai vidé la maison de mes parents

Lydia Flem, Comment j’ai vidé la maison de mes parents: vu sur le blog de Keisha, je ne pouvais que m’intéresser à ce livre. Je sais que cette tâche immense m’attend un jour pas si éloigné que ça et que cela prendra beaucoup de temps. Mes parents n’ont jamais rien jeté et amassé mille et une choses pendant presque 60 ans de vie dans cette maison. En commençant ma lecture, j’ai été très vite agacée: nous avons ici le combo de “femme juive dont les parents ont été dans les camps de concentration, femme qui est devenue psychanalyste et à tendance freudienne”. Chez moi, cela suffit à faire sonner toutes les alarmes. J’ai cependant continué ma lecture, essayant de passer le plus possible au-delà de ces éléments et en me concentrant sur le vidage en tant que tel de la maison des parents. Lydia Flem raconte ses difficultés, les émotions qui remontent, les objets incongrus que ses parents n’ont pas jetés (ses biberons, par exemple – je me reconnais là – il y en a encore au grenier) mais elle fait également des découvertes. Ses parents n’ont jamais réussi à parler beaucoup des camps de concentration avec elle alors qu’ils ont fait de nombreuses recherches à ce sujet. Elle découvre des lettres et des documents qui l’aident à retracer leur parcours. Elle trouve aussi des tonnes de factures et extraits de compte, y compris ceux du séjour de sa mère à la maternité, lors de sa naissance. Au final, malgré mon agacement préliminaire, ce court récit m’a beaucoup plu par sa sensibilité et son universalité. Chaque enfant sera un jour confronté à la mort de ses parents et beaucoup devront s’atteler à cette difficile réflexion sur la conservation ou pas du passé, de leur passé.

Short diary of the week (197)

Lundi: cette procrastination pour retarder le plus possible l’écriture de cet article pour lequel je ne sais pas quoi écrire, écouter du tango, discuter avec mon voisin de bureau sur cette procrastination et trouver un angle d’attaque pour mon article, écrire une première version et la laisser reposer, manger les restes du plat birman, attendre la pluie, Twin Peaks (ou était-ce Doctor Who ? – je me moque mais les 13 premières minutes du 3e épisode m’y ont fait penser), Doctor Who, écouter la pluie qui tombe et m’endormir

Mardi: une nuit agitée, un rendez-vous chez le médecin pour le renouvellement d’une prescription, tenter de me concentrer sur mon travail, des réminiscences du passé, commencer deux nouvelles séries: American Gods et The Good Fight

Mercredi: oh mes ces sandales multicolores s’assortissent parfaitement avec mes vêtements du jour, apprendre à comprendre les statistiques sur google analytics – au moins un strict minimum, je suis passée au gamelan de Java mais ça n’avance pas plus vite que celui de Bali, un gros coup de pompe en rentrant, repartir, me libérer de plein de choses et repartir plus légère de chez Coyote, rentrer affamée, The Americans – fin de la saison 5

Jeudi: tenter de me vider la tête sur le chemin du travail, la température idéale pour manger dehors, toujours des disques de Java, arroser le jardin qui en a bien besoin, un plat plutôt improvisé de nouilles soba froides, commencer un documentaire sur Nicolas Bouvier mais changer vers Tokyo, cataclysmes et renaissances sur Arte+7 de peur que ce ne soit plus disponible (ça l’est encore quelques jours)

Vendredi: vivement la fin de la journée pour me reposer – pas que j’aie vraiment mal dormi mais j’ai accumulé de la fatigue, le prétexte du papier collant, un retour avec un sac bien lourd, tondre la pelouse et admirer ce gazon tout vert, des tomates crevettes, un documentaire: Nicolas Bouvier. 22 Hospital Street – intéressant mais trop d’horribles bestioles

Samedi: il pleut ou il ne pleut pas ? TBBT s02E11, des courses, des hésitations: couture ou jardinage, le jardinage l’emporte, de la lecture au jardin sauf qu’il ne fait plus vraiment beau, des photos, terminer juste avant l’averse, nouvelle soirée documentaires: Fabienne Verdier. Peindre l’instant puis Le hibou et la baleine, une longue interview de Nicolas Bouvier

Dimanche: le retour du soleil, arriver à caser trois quart d’heure de couture avant la zumba, remplir ma voiture de plantes – je trouve toujours de la place dans le jardin, discuter tissus et bijoux (et acheter deux colliers), un délicieux repas entre amis et une excellente soirée, avoir l’impression que tout le monde se traîne sur l’autoroute, vider la voiture dans le noir

Hôtel International

Rachel Vanier, Hôtel International: apprenant le suicide de son père, Madeleine fuit Paris sur un coup de tête et se retrouve à Phnom Penh au Cambodge. Elle se laisse entraîner par la vie des expats, de rencontres d’un soir en beuveries, préférant la torpeur et l’ivresse à l’acceptation de son deuil. Elle accepte un boulot d’assistante de production pour un défilé de mode et découvre de cette manière quelques facettes de la vie locale mais sans trop s’y attarder. Elle rencontre d’autres étrangers installés là sans vraiment approfondir les relations. Bref, elle met sa vie entre parenthèses. Rachel Vanier décrit la vie d’une fille paumée et plutôt superficielle, que l’on imagine bien écrire un blog de mode. Elle aborde cependant l’histoire du Cambodge et le génocide de Pol Pot et parle furtivement des conditions de vie des locaux tout en décrivant la ville de Phnom Penh et les temples d’Angkor. Mais au centre du roman se trouve une communauté d’expats pas très intéressée ni très intéressante et si ce roman n’était pas situé au Cambodge, pays que j’aime beaucoup, je n’aurais pris aucun plaisir à le lire. Un avis mitigé donc, plus lié à l’histoire qu’au lieu où elle est située.

J’ai été tentée par ce roman après avoir lu le billet de Yv.

Bilan culturel – mai 2017

Romans:

  • Rachel Vanier, Hôtel International
  • Connie Willis, Passage

Livres documentaires, récits de voyage et biographies:

  • Christopher Aslan Alexander, A carpet ride to Khiva. Seven years on the Silk Road
  • Ole J. Benedictow, The black death 1346-1353. The complete history
  • Lydia Flem, Comment j’ai vidé la maison de mes parents
  • Richard Foss, Rum. A global history
  • Carolyn Phillips, All under heaven. Recipes form the 35 cuisines of China

Séries tv:

  • 13 Reasons Why – 7,5/10
  • The 100, saison 4 – 6,5/10
  • The Americans, saison 5 – 7/10

Films:

  • High noon – Fred Zinnemann, 1952
  • Seminole – Budd Boetticher, 1953

Restaurants, bars

  • Le Panico à Waremme – une bonne cuisine de brasserie très copieuse
  • L’Oriento à Etterbeek (ch. de Wavre – place Jourdan) – cuisine syro-libanaise inventive

Short diary of the week (196)

Lundi: une grosse lassitude m’envahit sur le trajet vers le travail, je ne suis plus habituée aux talons si hauts, un colis bien lourd, enlever avec soulagement mes sandales en rentrant, la nouvelle activité du soir: l’arrosage des plantes, Twin Peaks – le retour 25 ans plus tard

Mardi: des rêves qui expriment tout à fait ce que je ressens par rapport à la journée à venir (je me suis laissée embobiner dans une activité que je n’aime pas), des blocages intempestifs qui ralentissent mon travail, de nombreuses corrections, en fait tout se passe bien et même si je ne le suis pas je semble à l’aise devant ce micro de la radio, une invitation de dernière minute pour un cocktail maison, Better Call Saul, Anthony Bourdain Parts Unknown dans le Queens

Mercredi: de nouveau un début de matinée difficile avec un choix de vêtements qui ne me satisfait pas complètement, sauf que ma voisine me dit que ça me va bien en me voyant passer, les trucs du vendredi à faire le mercredi, rentrer nourrir les chats et vider les boîtes au lettres et repartir, me diriger vers une des seules sorties censées être ouvertes de la station de métro pour découvrir après avoir fait ce détour qu’elles sont toutes ouvertes, plein de plats de cuisine syro-libanaise à l’Oriento, remonter vers la ville fortifiée et passer sans encombres, lire encore un moment

Jeudi: plusieurs réveils successifs avant de m’extirper du lit, décider de profiter de ces quatre jours de congé pour tenter de faire redescendre un petit peu mon poids qui a explosé ces derniers jours, donc en gros manger d’une manière plus réfléchie et bouger plus, et donc 40 minutes de vélo d’appartement devant TBBT, enfin planter toutes ces plantes exotiques achetées début mai – le tout en plein soleil, profiter par la suite d’un repos bien mérité avec des livres et un jus d’orange frais, rentrer pour regarder le dernier épisode de la saison 4 de The 100 et enchaîner avec The Americans

Vendredi: réveillée tôt par le soleil, et donc partir tôt pour faire des courses sauf que tout le monde a pensé comme moi, acheter quelques indispensables qui étaient sur ma liste depuis longtemps (rideau de douche, poêle…), attendre le début de l’après-midi pour les courses alimentaires et constater qu’il n’y a plus personne, planter tomates courgettes et piments puis me prélasser à l’ombre avec un livre, tester un nouveau cocktail, profiter du jardin et du jour qui tombe tout doucement

Samedi: du vélo d’appartement et TTBT, de la couture, du rangement, de la lecture – vais-je terminer ce long roman bavard pour la fin du weekend ?, une voiture mortellement chaude et un GPS qui n’arrive pas à capter le satellite – heureusement que la route n’est pas trop compliquée, un repas vegan (à part le fromage) chez des amis, une agréable soirée, rentrer en prenant deux autoroutes parce que parfois c’est le plus simple

Dimanche: une grosse averse, le jardin tout mouillé qui sent la terre, une dose de pilates devant la tv, cette envie de terminer le long roman, 16h30: j’ai fini !, feuilleter un livre de cuisine chinoise passionnant, préparer un plat de poulet birman, commencer un autre roman puis rentrer pour regarder Jamestown, un sentiment de bonheur suite à ce long weekend à la météo tropicale comme je l’aime

The Black Death

Ole J. Benedictow, The Black Death 1346-1353. The complete history: depuis que j’ai lu Le grand livre de Connie Willis, j’ai voulu en apprendre plus sur l’histoire de la Grande Peste au Moyen Age. Cette envie a été ravivée par la lecture d’Indulgences et je me suis finalement décidée à chercher des livres sur le sujet. En français, c’est assez limité, en tous cas dans ce qui est encore disponible: quelques courts livres d’introduction (ce qui ne me semblait pas suffisant) et Les chemins de la peste de Frédérique Audoin-Rouzeau (connue aussi sous son nom de romancière, Fred Vargas). Je me suis laissée tenter par ce dernier, découvrant après mon achat qu’il s’agit de l’histoire de la découverte de la bacille de la peste au 19e siècle et l’évolution de la recherche médicale à ce sujet. Après avoir appris à reconnaître les différentes sortes de puces, j’ai arrêté ma lecture après 90 pages.

Je me suis alors tournée vers le monde anglophone et c’est ainsi que mon choix s’est porté sur le pavé de Benedictow. Historien norvégien, il a résumé dans ce livre de 2004 toutes les connaissances et études sur la peste de 1346-1353. Les cinquante premières pages décrivant la maladie sont passionnantes et se lisent (presque) comme un roman d’aventures. La suite devient plus répétitive: l’auteur décrit les chemins qu’ont emprunté la maladie depuis son lieu d’origine au bord de la Mer Noire, se disséminant progressivement dans toute l’Europe. L’analyse est purement scientifique, avec beaucoup de comptage de kilomètres pour essayer de déterminer la route la plus plausible, tenant compte des transports à pied ou en bateau de l’époque. Pour un non historien, cela devient vite lassant. La partie suivante du livre tente de déterminer le taux de mortalité causé par la peste. S’aidant de diverses statistiques (les chiffres sont fort limités en fait), Benedictow arrive à une conclusion d’un taux de mortalité tournant autour des 50-60%, voire plus selon les régions. A nouveau, ces pages sont assez ennuyeuses. Enfin, une courte conclusion parle des répercussions politiques et sociales de la maladie, chapitre que j’aurais aimé voir bien plus développé.

Ce livre s’adresse clairement à un public précis, appartenant au monde scientifique / historique. Même si j’ai appris beaucoup de choses, je reste sur ma faim: je n’ai toujours pas trouvé d’informations plus précises sur la vie quotidienne lors de la peste, sur les conséquences et les changements qu’elle a provoqué dans la société, bref une analyse beaucoup plus large du phénomène. Je continuerai à chercher !