Bilan culturel – juin 2018

Romans, récits de voyage:

  • Bill Bryson, A walk in the woods – 3,5/5
  • Kiyoko Murata, Fille de joie – 3/5
  • Nadine Ribault, Carnets de la Mer d’Okhotsk – 2/5
  • Joyce Carol Oates, All the good people I’ve left behind – 3,5/5
  • Craig Johnson, Enfants de la poussière – 4/5
  • Lisa Ko, The leavers – 5/5

Cocktail, histoire, art…:

  • Kotchi kotchi ! Le guide du voyageur au Japon – 4/5
  • Tokyo totem. A guide to Tokyo – 5/5
  • Jim Meehan, Meehan’s bartender manual – 4/5

Séries tv:

  • deux abandons: Westworld et The Handmaid’s Tale et quelques-unes en cours

Films:

  • Chunking Express, Wong Kar-Wai, 1992 – 5/5
  • Infernal Affairs, Andrew Lau & Alan Mak, 2002 – 4/5

Documentaires:

  • Milieu, Damien Faure, 2016 (Yakushima avant l’arrivée d’un typhon) – 4/5
  • Anthony Bourdain Parts Unknown – saison 11

Concerts, expos, musées:

  • Brussels Whisky and Spirit Festival à Autoworld
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Fille de joie

41xpsa3ahhl-_sx195_Kiyoko Murata, Fille de joie: sud du Japon, début du 20e siècle. Ichi, originaire d’une île loin dans la mer, est vendue par ses parents pauvres au tenancier d’une maison close. Elle y commence sa formation sous la tutelle de la principale courtisane et reçoit des leçons de savoir-vivre, d’élégance et de séduction, choses qui sont bien éloignées de sa vie antérieure un peu sauvage. Elle a cependant une chance malgré cette condition violente: la loi oblige les tenanciers à envoyer les filles à l’école. Ichi y apprend à lire et à écrire et y trouve l’occasion de partager sa nostalgie et ses peurs à l’institutrice. Cette plongée dans le monde des filles de joie est passionnante et très finement décrite, avec des détails qui évitent tout tabou. L’auteur écrit un portrait émouvant de la condition de ces femmes qui n’ont pas pu éviter leur sort. Et si ma note n’est que moyenne, c’est parce qu’une fois de plus, j’ai trouvé que l’écriture était trop simple, peut-être à cause du passage par la traduction. Je ne jette ni la pierre à l’auteur ni à la traductrice; je pense juste que la transposition du japonais au français est extrêmement compliquée et qu’il y a un monde de différence entre les deux écritures.

Un livre lu dans le cadre de l’activité “Lire sous la contrainte” – un livre dont le titre est “tout au féminin”

Short diary of the week (249)

Lundi: une semaine qui s’annonce bien remplie mais pas de trucs qui me font plaisir, avancer sur plusieurs plans, partir à la recherche de nouvelles séries à regarder, Legion – j’aime beaucoup l’esthétique après le premier épisode, Parts Unknown et le Mardi Gras cajun – et reconnaître de suite la musique de la famille Savoy

Mardi: me réveiller à minuit vingt et comprendre que je ne me rendormirai pas vraiment, une réunion qui coupe toute ma journée en morceaux, la fatigue + des soucis de digestion = un combo gagnant pour une superbe après-midi, de nouveaux soucis avec la maison paternelle, revoir avec plaisir un ami (et collègue) qui revient de vacances, faire mannequin des mains pour des photos, un jeune homme me propose sa place assise et insiste, je n’ai pas envie de préparer à manger mais il faut bien, tenter le premier épisode de Crazy Ex-Girlfriend et trouver ça pas trop mal, No Reservations dans le sud-ouest des USA, me sentir à nouveau super nerveuse et me décider pour un demi xanax

Mercredi: une relative bonne nuit mais que le réveil est difficile ! il me faudra bien deux heures pour émerger, un rendez-vous en ville pour le travail, comme je suis à l’avance je marche au lieu de prendre le tram, encoder divers articles, ce qui prend en fait le reste de la journée, une femme me propose sa place assise – cela devient suspect et à la limite vexant – ou alors j’ai vraiment mauvaise mine, de la lecture au jardin pour profiter de la presque plus longue journée de l’année

Jeudi: m’endormir comme une souche mais commencer des insomnies à 3h, juste épuisée, il faudrait que je règle ces problèmes de maison mais je ne sais pas comment, bref le vase déborde à nouveau, attendre une réponse de ma notaire, mon cœur bat trop fort et je n’arrive pas à le calmer, tous les symptôme d’une grosse crise d’angoisse donc, The 100, terminer mon roman, prendre un médicament pour dormir

Vendredi: j’avais mis mon réveil plus tard pour pouvoir récupérer un peu mais je me suis réveillée tôt quand même, un grand crac quand je me lève, en y regardant de plus près une planche de mon lit (en tek) commence à se casser, j’espère que c’est réparable…, une réponse de ma notaire, une réponse de l’agent immobilier, ce qui me rassure un peu, les trucs du vendredi, une longue après-midi avec peu de collègues encore présents, réparer provisoirement mon lit en le soutenant avec deux piles de livres d’art de mon papa, I’m dying up here, No Reservations S01E01 à Paris

Samedi: les jardiniers bruyants sont déjà là – ça promet pour la journée, de la couture et du repassage, ce sentiment bizarre en me disant que bientôt cette maison sera vide, aller chez mon papa, faire mes courses et subir quand même le match – le magasin a remplacé la musique d’ambiance par la radio, tondre la pelouse et tailler la haie, ne pas réussir à lire à cause de la fatigue, Infernal Affairs (Andrew Lau & Alan Mak, 2002)

Dimanche: de la couture, décider de consacrer toute l’après-midi à la lecture, de la cuisine, I’m dying up here, No Reservations en Islande

A walk in the woods

51mjdn2btqrlBill Bryson, A walk in the woods: grand voyageur, Bill Bryson décide cette fois-ci de rester dans son pays d’adoption, les Etats-Unis et de parcourir l’Appalachian Trail qui suit les montagnes de la côte ouest du pays. Sauf qu’il a une peur bleue des ours et craint en rencontrer sur son parcours. Il ne part pas seul, son vieil ami Katz l’accompagne. Je n’avais pas trop aimé un autre récit de Bryson et j’avais donc laissé de côté ses livres depuis un long moment. J’ai failli abandonner: les premières pages décrivent son compagnon de voyage d’une manière très dénigrante. Puis, le ton change. Ce ne sont plus vraiment les expériences personnelles des deux marcheurs qui sont au centre du récit mais l’histoire du chemin de randonnée et son milieu naturel, attaqué de tous côtés par des problèmes environnementaux. Au cours des pages, Bryson alterne le récit entre le contexte général et des anecdotes qu’il a vécues sur son trajet, parlant de sa relation avec son compagnon dans des termes bien plus positifs que dans les premières pages. Au final, c’est un agréable récit, très documentaire, qui permet de mieux connaître une région, et à l’exact opposé de Wild de Cheryl Strayed qui est centré sur les expériences et pensées de la narratrice.

Meurtres à Willow Pond

41ytqfkzthl-_sx339_bo1204203200_Ned Crabb, Meurtres à Willow Pond: après mon passage en Inde, je recherchais un peu de nature américaine et je me suis donc tournée vers ce roman publié chez Gallmeister. Il raconte l’histoire de Cedar Lodge et de ses occupants. Gene est la riche propriétaire que tout le monde (ses neveux, les conjoints de ceux-ci) souhaitent voir mourir pour pouvoir profiter (enfin) de son héritage. Et c’est ce qui se passe: lors d’un violent orage, elle est retrouvée sans vie. Très vite, le shérif commence l’enquête. A vrai dire, contrairement à mon habitude, j’ai raconté la moitié du roman. Le meurtre n’est en effet qu’un prétexte pour décrire les sentiments et pensées des différents protagonistes dans une joyeuse et cynique cacophonie. Le roman m’a  déroutée au départ, et puis je me suis prise au jeu, rattrapée par le suspense final. Mais je dois bien dire que cette comédie de mœurs ne va pas plus loin qu’une agréable lecture de vacances. D’autres auteurs comme Jonathan Coe ou même Agatha Christie s’y prennent bien mieux. Ma note est de 3 sur goodreads mais descend à 2,5 ici.

Short diary of the week (248)

Lundi: cette lassitude du lundi matin, me concentrer sur mon travail, sentir mon énervement monter en flèche et répliquer vertement, des accès de colère que j’aimerais mieux maîtriser, et puis ça dégénère complètement malgré mes excuses, il faut dire que l’adversaire est – disons – spécial, et donc au lieu d’aller voir pour des chaussures de randonnée je rentre chez moi, me voilà à nouveau remplie d’émotions en regardant Parts Unknown à Berlin, et avec les péripéties de la journée ça n’aide pas

Mardi: une nuit tout simplement exécrable, un mail de ma directrice concernant l’affaire et une réponse simple et posée, avancer dans le travail malgré tout, régler deux rendez-vous importants pour le travail et la maison, avoir cette impression que tout s’accélère à nouveau, la vigne en pot dans cette rue a enfin reçu un peu plus de terre pour survivre, de la cuisine d’inspiration japonaise, commencer la seconde saison de The Handmaid’s Tale (et avoir du mal avec la violence), trouver un épisode de No reservations (à Beyrouth) et espérer en trouver d’autres

Mercredi: mais où sont passées toutes les photos d’Instagram ?, la partie pas drôle du tri des cd cubains, avoir le choix entre 1h30 de trajet en transports en commun et 25 minutes en voiture, partir plus tôt pour faire du shopping, résultat: nul pour des chaussures de randonnée mais j’ai trouvé un joli t-shirt, The Handmaid’s Tale, de la lecture

Jeudi: minuit vingt – réveil intempestif et le début d’une très longue insomnie (ça faisait longtemps que je n’avais plus eu ce type-là), oublions donc la voiture et passons du temps dans les transports en commun, une rencontre très agréable, de retour au boulot, des maux de tête, trouver des chaussures de randonnée un jour trop tard pour profiter d’une réduction, une soirée absolument pas productive: m’endormir à moitié devant un vieil épisode de The Americans et ne lire que quelques lignes de mon livre

Vendredi: on ne récupère pas complètement d’une nuit d’insomnies en une nuit mais ça va quand même beaucoup mieux, ce moment de procrastination avant le début de l’écriture, ce moment où le premier jet est écrit et où on se dit que c’est mauvais et qu’il vaut donc mieux le laisser reposer au moins une nuit, apprendre le décès d’un cousin de ma maman à 88 ans, commencer un nouveau projet même si c’est vendredi après-midi,  terminer un livre et commencer un autre, m’endormir très vite

Samedi: l’humeur maussade du samedi matin: j’ai à nouveau une série d’obligations aujourd’hui, tailler une des deux haies en me dépêchant, aller chez mon papa, un rendez-vous reporté d’une heure et demie – ou comment perdre son temps, rencontrer la personne qui videra la maison paternelle, il est 16h – je peux enfin faire des choses pour moi, de la lecture, une envie de film asiatique: Chunking Express (Wong Kar-wai, 1994)

Dimanche: mon ventre a gargouillé une partie de la nuit – bref une mauvaise nuit, hésiter un long moment puis abandonner le modèle prévu pour la couture de la prochaine robe et me tourner vers autre chose, de la lecture, une mini sieste, tenter de trouver une nouvelle série à regarder, abandonner définitivement The Handmaid’s Tale après 20 minutes du troisième épisode, tenter I’m dying up here et ne pas être trop convaincue pour le moment sauf par la bande-son

Si un inconnu vous aborde / Mariées rebelles

zoom-si-un-inconnu-vous-abordeLaura Kasischke, Si un inconnu vous aborde: en général, quand il s’agit de Laura Kasischke, je ne peux m’empêcher de lire immédiatement ses nouveaux romans mais ici, il s’agit d’un recueil de nouvelles et je l’ai laissé un peu traîner. Difficile aussi d’écrire une chronique: les récits sont tous différents mais j’ai retrouvé les caractéristiques de cette auteur que j’aime tant: la description de la vie américaine de tous les jours et des touches de surréalisme ou de fantastique qui souvent s’insèrent progressivement dans le récit. Certaines nouvelles ne font que quelques pages tandis que “Melody” en compte soixante. Peu importe, à part une ou deux exceptions, je les ai trouvées passionnantes.

41r1-sydlll-_sx195_Laura Kasischke, Mariées rebelles: juste après les nouvelles, j’ai lu ce recueil de poésies. Je n’en lis presque jamais et j’ai du mal à en parler. J’ai apprécié le fait que l’édition soit bilingue et de pouvoir lire les poèmes en anglais. J’y ai retrouvé la beauté de l’écriture de l’auteur et certains de ses thèmes favoris.