Alpinistes de Staline

Cédric Gras, Alpinistes de Staline: Vitali et Evgueni Abalakov sont nés en Sibérie. Dès leur plus jeune âge, ils escaladent les collines et montagnes environnantes et deviennent des alpinistes aguerris. Dans les années 1930, ils sont mandatés par le régime pour conquérir les montagnes d’Asie Centrale et du Caucase, les pics Staline et Lenine, notamment. Suite à une tempête en haute montagne, Vitali doit être amputé de nombreuses phalanges aux mains et aux pieds. Il est par la suite victime des grandes purges de Staline et passe plusieurs années en prison. Après sa libération, il reprend son métier d’ingénieur et crée de nouveaux outils pour l’alpinisme. Il travaille également à sa condition physique et se remet à l’escalade, attaquant à nouveau les plus hautes cimes de l’URSS. Evgueni n’a pas été poursuivi et a pu continuer ses activités, rêvant de l’Everest, mais ce projet restera inaccessible. Il meurt en 1948, probablement d’une intoxication au dioxyde de carbone en prenant un bain.

Cédric Gras raconte dans ce livre l’histoire de deux héros, deux alpinistes qui ont atteint les plus hauts sommets de l’URSS (plusieurs 7000 mètres), mais qui ont toute leur vie été dirigés par le régime communiste. Ils auraient bien aimé sortir des frontières et s’attaquer à l’Everest qui était encore vierge dans les années 1930 mais les relations diplomatiques entre pays et l’isolement du régime soviétique viendront entraver ces plans audacieux. Cédric Gras raconte un alpinisme avec les moyens du bord, sans beaucoup de protection et d’outils, basé sur la force physique et surtout mentale, et dirigé par le parti communiste. En effet, chaque mission devait d’abord être approuvée, et de nombreuses sculptures de Lenine et Staline ont été hissées aux sommets, mettant parfois en danger la vie des alpinistes. Ce livre est passionnant, il dévoile un autre aspect de l’URSS, entre héroïsme et terreur, entre la liberté sur les cimes et la répression dans la vie normale. Il ne faut pas être féru d’alpinisme pour lire ce livre, Cédric Gras ne rentre d’ailleurs pas trop dans les détails. Il fait le portrait de deux hommes mais aussi de toute une époque, après avoir fait de nombreuses recherches dans les archives russes.

Saisons du voyage

Cédric Gras, Saisons du voyage: avec ce récit, Cédric Gras propose une réflexion sur le voyage. Il raconte certaines de ses aventures, notamment un de ses premiers périples où il a été de la Mongolie jusqu’au Tibet. Il parle de son dénuement qu’il a l’air de trouver nécessaire (alors que pour moi, il s’agirait plutôt d’un manque de préparation et d’une grande naïveté) et souligne l’importance des rencontres avec les populations locales. Il n’est pas tendre avec les autres voyageurs, avec les touristes, et parfois j’ai eu l’impression qu’il considère sa manière de voyager comme la seule acceptable. Heureusement d’autres passages sont beaucoup moins revendicateurs et même très agréables à lire, mais j’avoue qu’un mois après avoir terminé le livre, il ne m’en reste pas beaucoup.

L’hiver aux trousses

513bwbgh9il-_sx195__zpsq6zowv6sCédric Gras, L’hiver aux trousses. Voyage en Russie d’Extrême-Orient: partant de Yakoutsk, au nord-est de la Sibérie, Cédric Gras raconte son périple vers le sud, jusqu’à Vladivostok, en passant par l’île de Sakhaline. Il est parti début septembre, dans le but de suivre l’arrivée de l’automne. Parfois il est en avance, profitant des derniers jours d’été, parfois il se fait rattraper et voit les premières neiges tomber. Cette région est extrêmement isolée et les transports sont difficiles, ce qui ne facilite pas ses pérégrinations. A l’époque communiste, le pouvoir y a déplacé par la force des personnes d’autres régions mais elles ne sont pas restées et les villes et villages se dépeuplent. Aujourd’hui, la région se tourne de plus en plus vers l’Asie, vers la Chine, le Japon et la Corée. Cédric Gras profite de son voyage pour raconter cet Extrême-Orient et parle autant de son histoire que des paysages. Un livre qui donne envie de découvrir un bout de ces régions isolées.

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Vladivostok

Cédric Gras, Vladivostok. Neiges et moussons: je fais partie de ces personnes qui rêvent d’aller au bout du monde et pour qui Vladivostok est une de ces villes inaccessibles mais d’autant plus convoitées. Après avoir lu ce récit de Cédric Gras, j’ai toujours envie d’y passer quelques jours mais le choix de la saison me semble bien compliqué: prise dans les glaces tout l’hiver, la ville est plongée dans les brumes une grande partie de l’été et les saisons intermédiaires subissent des pluies torrentielles proches de la mousson. Un choix bien difficile ! Mais c’est peut-être parce que ce sont les éléments qui ont le plus marqué l’auteur, un Français chargé d’ouvrir une Alliance Française dans la ville ? Son récit m’a fortement énervée au début: il ne cesse de citer d’autres auteurs et fait étalage de son vocabulaire compliqué, le répétant à quelques pages d’intervalle (je n’avais jamais croisé le mot « écoumène » par exemple). Il parle plus de lui que des autres, de ses impressions personnelles plutôt que de ses rencontres, un travers souvent remarqué dans les récits de voyage des Français. Au moment où j’ai pensé arrêter ma lecture, le ton change heureusement un peu et je me suis intéressée à la description de la météo changeante. Je garde cependant un goût de trop peu… Une note encore pour l’éditeur: veiller à ce que dans l’édition de poche, la carte soit un peu plus claire: on ne sait pas lire la moitié des noms de lieux.

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