Orgueil et préjugés

Jane Austen, Orgueil et préjugés: la famille Bennett, appartenant à la gentry anglaise, comporte cinq filles, toutes à marier. Elizabeth, la seconde, décrit leur vie à la campagne au début du 19e siècle. Un jour arrive Mr Darcy, logeant dans la propriété voisine, mais il semble tellement hautain et froid. Je résume très fort l’histoire, je pense que tout le monde la connaît, ou presque. Ce n’était pas mon cas, je n’avais jamais été attirée par les romans de Jane Austen malgré le fait que tout le monde en parle. J’ai commencé ma lecture en anglais, après quelques pages, j’ai préféré me tourner vers une version en français (j’ai choisi la traduction récente de Sophie Chiari pour Le Livre de Poche). Je craignais en effet de mettre trop de temps à lire le roman.

Je me suis donc plongée dans l’histoire, et dieu que ça a été pénible. J’ai persévéré pour deux raisons: c’est une lecture commune avec Marie-Claude et je ne voulais pas la laisser en plan et j’avais lu une longue critique qui disait qu’il ne fallait surtout pas abandonner avant la moitié parce qu’il y avait un rebondissement. La moitié, c’est quand même deux cents pages de discussions superficielles et de commentaires dénigrants sur telle ou telle personne de la petite communauté. J’ai trouvé ça pire qu’une cour de récréation à l’école primaire. En lisant la page wikipedia par la suite, j’ai bien compris que ce roman était une critique acerbe de la société provinciale de l’époque, et ça a un peu fait remonter mon estime. La vie devait vraiment être morne à l’époque, avec comme seul but pour ces femmes de trouver un mari. Mais malgré tout, je me suis ennuyée. Le rebondissement en question fait heureusement évoluer un peu l’histoire qui stagnait depuis le début, et je me doutais bien de la fin. J’ai tenté par la suite de voir le film de 2005 mais j’ai également abandonné par ennui. Je dois encore rajouter ceci: j’ai eu parmi mes connaissances une fan inconditionnelle de Jane Austen, mais je n’ai jamais beaucoup apprécié cette personne. Je crois que sans le vouloir, ça a également eu une toute petite influence. Bref, je pense que Jane Austen, ce n’est pas pour moi. J’ai longtemps hésité pour ma cote, entre 2 (ce que je pense vraiment) et 3 pour prendre en compte l’importance du roman. En lisant l’article de Marie-Claude, je constate que nos conclusions sont très proches.

12 réponses sur « Orgueil et préjugés »

  1. flyingelectra dit :

    j’ai lu le billet de Maie-Claude avant le tien, moi j’adore Jane Austen je suis une inconditionnelle
    en fait, je préfère nettement les romans de ces époques aux romans actuels. Du coup, je crois qu’on est juste à des époques différentes – j’aime le regard très aiguisé de Jane Austen mais bizarrement beaucoup de gens ne le voient pas -dans Lady Susan elle est féroce par exemple. Mais les films lui ont fait du tort, en se contentant de parler des histoires d’amour et en oubliant tout ce qu’elle dénonçait .. mais bon, chaque livre a son auteur ! et c’est normal. Je laisse les romans français contemporains au Caribou (et les Québecois) je n’y arrive pas … Hâte de lire ton avis pour Pisces, tu peux me redonner notre date de publication? J’ai rédigé ma chronique

    1. Je crois que je ne suis pas contraire en bloc aux romans anciens, et peut-être que si j’avais commencé par un autre Jane Austen, ça se serait mieux passé. Mais il est clair que j’aime beaucoup les romans contemporains américains (et japonais) (mais pas les français).
      Quant à Pisces, on avait prévu le 10 mars, mais c’est comme tu veux, c’est aussi déjà rédigé chez moi.

      1. flyingelectra dit :

        ah voilà je cherchais où je t’avais posé la question ! tu postes peu de billets sur les classiques, d’où mon constat. Pour Jane Austen, si tu n’aimes pas celui-ci, tu ne trouveras pas ton compte ailleurs ni chez Elizabeth Gaskell, ni chez George Eliot. Car ces femmes ne bougeaient pas donc elles écrivaient sur ce qui se passait autour d’elles. Du coup, tu t’ennuieras tout pareil.
        Pour le 10 mars, ça me va, billet aussi rédigé ! belle soirée

  2. Tu avais laissé planer un doute… Je n’imaginais pas que l’expérience avait été, de ton côté aussi, pénible et laborieuse. Tu as été plus persévérante que moi… Je n’ai pas eu la patience d’attendre le rebondissement en question. Je n’ai pas l’impression que cela aurait fait évoluer mon point de vue 😋
    Je n’arrive pas à comprendre les inconditionnelles d’Austen. J’aimerais qu’on m’explique. Electra m’en a si bien parlé. Mais je n’arrive pas à trouver ce qu’elle voit dans ce roman.
    Je suis très bien chez Dickens et Brontë, mais avec Austen, c’est une autre paire de manches. Je n’ai aucune envie de retenter le coup. Et toi, tu comptes remettre ça? 😅

    1. C’est en cherchant quelle traduction lire que je suis tombée sur un article intéressant qui disait de persévérer au moins jusqu’au rebondissement (je ne le retrouve plus par contre), mais ça n’a pas trop fait évoluer mon point de vue malgré tout. Disons qu’au moins quelque chose se passait dans l’histoire.
      J’ai aussi beaucoup de mal à comprendre ces inconditionnelles et j’ai l’impression qu’il y a eu tout un mouvement de mode: il fallait aimer Jane Austen.
      Je ne crois pas que je lirai d’autres livres d’elle, mais ça ne m’empêchera pas de lire encore des classiques, à toute petite dose – j’ai quand même une préférence pour le roman contemporain ! (et puis j’ai lu beaucoup de classiques lors de mes études, il y a un temps pour tout.)

  3. keisha41 dit :

    J suis une inconditionnelle, et ai lu ces romans en VO aussi! Mais j’accpte totalement qu’on n’accroche pas à cet univers (après tout, je n’ai pas du tout apprécié Les hauts de Hurlevent! ^_^)

    1. J’aurais pu le lire en VO mais dès les premières pages j’avais compris que je n’accrocherais pas trop et donc j’ai préféré aller plus vite en le lisant en français.
      Du coup, peut-être que je dois lire Les hauts de Hurlevent 😉

  4. Badiane dit :

    Aïe ça pique 🥲 ! moi aussi j’ai adoré Jane Austen, j’ai lu tous ses titres.
    Je ne saurais dire ce que j’y trouvais mais ces lectures m’ont toutes laissées un très bon souvenir…et cette lenteur que tu décris me plaisait. Mais je ne sais pas si aujourd’hui plus de 25 ans après j’aurais le même ressenti. Il me faudrait retenter l’expérience !
    Un peu dans la même veine, à l’époque, j’avais lu tous les romans d’Edith Wharton qui faisait figure de Jane Austen à l’américaine, et je dois dire que j’avais adoré.

    1. à vrai dire, la lenteur ne me déplaît pas, c’était plutôt les basses mesquineries provoquées par l’oisiveté.
      je ne pense pas avoir lu Edith Wharton non plus, mais j’ai un vague doute quand même.

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