Tous les démons sont ici

Craig Johnson, Tous les démons sont ici: dans ce septième volume de la série autour du shérif Walt Longmire, celui-ci participe au transport et à l’échange de prisonniers avec le FBI. Un de ceux-ci, un dangereux sociopathe nommé Raynaud Shade, montre où il a enterré le corps d’une de ses victimes et en profite pour s’évader dans les montagnes. C’est le mois de mai, mais dans les Bighorn Mountains, une tempête avec blizzard s’annonce et l’hiver est loin d’être terminé. Intrépide, Longmire part à sa poursuite en solo. Il devra affronter les éléments mais aussi ses propres démons.

Cet épisode sort un peu de l’ordinaire: c’est un huis-clos, mais en pleine nature sauvage, dominée par les congères et le froid glacial. Les collègues et amis de Longmire sont présents, mais fort en retrait. Ils interviennent quand le shérif arrive à les joindre par téléphone. Et c’est quelque part dommage, parce que ce sont les interactions entre les personnages qui sont passionnantes dans ces romans. En même temps, j’ai été happée par l’exploit de Longmire, même si j’ai parfois trouvé qu’il exagérait un peu dans sa détermination aveugle. Vivement le prochain tome, avec, je l’espère, un retour à la civilisation et des températures plus clémentes !

Dog run moon

Callan Wink, Dog run moon: j’ai découvert Callan Wink grâce à Electra (elle parlait de son roman August), et je l’ai retrouvé dans la revue America – il parlait de ses rencontres avec Jim Harrison qu’il guidait dans ses aventures de pêche. Comme c’est « Mai en nouvelles », j’ai décidé de lire son recueil Dog run moon. Ce titre un peu déconcertant est celui de la première histoire, celle un peu loufoque d’un homme, Sid, qui a volé un chien et qui fuit, de nuit et nu, poursuivi par le propriétaire et son acolyte armé, Charlie Chaplin. Sa cavalcade lui lacère les pieds, et rend ses traces d’autant plus visibles, tout ça pour un animal qu’il a voulu sauver.

Il y a des incursions dans la nation indienne, il y a des histoires de gens simples, parfois un peu paumés, il y a de l’amour et des relations qui se terminent… Comme cet homme qui revient chaque année sur le site de Little Big Horn pour recréer la bataille en jouant Custer, assassiné par une indienne qui est également son amante, alors que sa femme est atteinte du cancer. Comme cet étang aux nénuphars où se commence et se termine la nouvelle autour de Terry, ce jeune garçon qui a commis un meurtre. Et puis, il y a cette dernière nouvelle qui raconte l’histoire de Lauren. Elle en a vécu des choses ! Mais c’est surtout le portrait d’une femme de 73 ans, apaisée, heureuse, malgré une vie aux nombreux rebondissements. Elle m’a touchée.

Plus largement, j’ai lu avec beaucoup de plaisir toutes les nouvelles, j’ai adoré cette juxtaposition de l’intime des personnages avec les paysages du Montana et du Wyoming, les rudes conditions de vie, la beauté de la nature. Le style est sobre, mais les mots sont puissants. J’en veux encore !

Un livre lu dans le cadre de « Mai en nouvelles », une activité organisée par Electra et Marie-Claude, et une lecture commune avec Ingannmic, qui a entraîné d’autres lecteurs et lectrices: Kathel, Une Comète, Krol

Enfants de la poussière

0527-cover-moccasins-532479cd6ef4dCraig Johnson, Enfants de la poussière: une jeune Asiatique est découverte assassinée au bord d’une route. Le coupable a l’air évident: un grand Indien mutique qui vivait tout près, sous un pont, et qui était en possession du sac à main de la victime. Sauf que pour Walter Longmire, cela ne semble pas aussi évident. Il commence l’enquête, accompagné de son équipe de police et de son ami de toujours, Henry Standing Bear. Elle le mènera vers le passé, vers son passé de militaire au Vietnam. Après une enquête en ville, ce livre-ci marque le retour dans le Comté d’Absaroka, pour mon plus grand plaisir. Les paysages rudes du Wyoming ont l’air superbes et prennent comme toujours part dans l’histoire. Et ils sont ici entremêlés avec ceux du Vietnam. Bref, cet épisode des enquêtes du shérif Longmire avait tout pour me plaire.

Little Bird

couv rivièreCraig Johnson, Little Bird: comme je suis passionnée par les aventures du shérif Longmire en version série tv, et que celle-ci touche bientôt à sa fin, il était évident pour moi de prolonger le plaisir en entamant la lecture des romans. Il y a pas mal de différences mais l’esprit reste le même. Walt Longmire est le shérif du comté d’Absaroka, dans le Wyoming. En fin de carrière, il est assez désabusé et légèrement alcoolique. Il ne prend plus vraiment soin de lui jusqu’à ce que son meilleur ami, Henry Standing Bear, décide de prendre les choses en main. En même temps, le calme du comté est brisé le jour où des chasseurs découvrent le corps sans vie de Cody Pritchard. Ce jeune homme, ainsi que trois de ses amis, avait été condamné avec sursis deux ans auparavant pour le viol de Little Bird, une jeune fille indienne aux capacités limitées. Longmire, marqué par ce procès, est obligé de sortir de sa léthargie pour enquêter. Plus encore que dans la série, les paysages sauvages du Wyoming tiennent une place importante, et sous la plume de Craig Johnson, ils prennent vie. L’auteur décrit également avec finesse les relations entre les Blancs et la communauté cheyenne. Il y a certes certaines longueurs – l’enquête n’avance pas très vite – mais elles ne m’ont pas parues pesantes. Je retrouverai donc avec plaisir le shérif dans les prochains volumes (il faut toujours suivre une série de détectives et j’avoue avoir été un peu lassée par Dave Robicheaux et la Louisiane décrite par James Lee Burke).