Lone Rider

Elspeth Beard, Lone Rider: The First British Woman to Motorcycle Around the World: ou une lecture inspirée par cet article. En 1982, la jeune anglaise Elspeth Beard a une idée incongrue: elle va faire le tour du monde à moto. Elle étudie l’architecture mais elle rêve d’ailleurs et elle aime voyager sur sa BMW. Personne ne la croit capable de cette entreprise, un magazine spécialisé à qui elle avait demandé du soutien se moque ouvertement d’elle. Et pourtant, après avoir épargné en travaillant dans des pubs, elle se met en route. Elle part d’abord pour les Etats-Unis où elle retrouve de la famille, puis va en Nouvelle-Zélande et en Australie où elle travaille pour un cabinet d’architectes, le temps de renflouer ses finances. Elle repart ensuite; sa traversée de l’île est épique suite à des inondations. Les étapes se suivent, Singapour, la Malaisie, la Thaïlande, et puis l’Inde et le Népal où elle retrouve ses parents et où elle rencontre Robert, un Hollandais, avec qui elle poursuivra son voyage vers l’Europe.

Elspeth n’a que 23 ans mais elle affronte la route et les épreuves avec persévérance et conviction. Certains moments sont extrêmement compliqués, mais elle continue son chemin. La seconde partie du voyage avec Robert est un peu différente, elle n’est plus seule, mais les embûches semblent parfois insurmontables (l’administration indienne est tout simplement kafkaïenne). J’ai lu ce récit de voyage en quelques jours, tournant page après page, voulant connaître la suite de l’histoire. Il s’agit d’un périple exceptionnel, qu’Elspeth Beard raconte une trentaine d’années plus tard. Elle explique ses motivations et décrit ses émotions, aussi après son retour où personne ne s’est intéressé à son voyage. Ce récit est passionnant, il fait le portrait d’une femme exceptionnelle à une époque où voyager n’était pas aussi facile qu’aujourd’hui. Je recommande !

Travelling

Christian Garcin & Tanguy Viel, Travelling: « et si nous faisions le tour du monde sans prendre l’avion ? » – voilà ce qu’ont décidé un jour Christian Garcin et Tanguy Viel. Ils partent donc de la France vers New York en cargo, racontant à tour de rôle le voyage et donnant leurs impressions sur son déroulement, sur la lenteur du navire, sur la météo, sur leur environnement. Une fois arrivés aux Etats-Unis, ils changent de moyen de transport, louant une voiture, et puis il prennent à nouveau un cargo vers Yokohama. Ils passent quelques semaines à découvrir le Japon – c’est la partie que j’ai préférée, j’étais moi-même dans ce pays au moment de ma lecture – puis continuent leur voyage, en bateau d’abord, puis en Transsibérien, pour terminer en bus jusque Paris. Le récit traduit bien les sentiments des voyageurs, leurs voix se complètent et mettent l’accent sur les choses qui les ont touchées. J’ai trouvé le livre un peu inégal, certaines parties sont très lentes, d’autres sont trop résumées, et j’ai complètement perdu l’intérêt à la fin, quand les deux voyageurs adaptent leur voyage pour profiter de la coupe du monde de football – celle où la France a gagné, détruisant tout le côté poétique et un peu rêveur de leur récit.

Le tour du monde en 72 jours

Nellie Bly, Le tour du monde en 72 jours: journaliste américaine, Nellie Bly parie qu’elle pourra effectuer un tour du monde plus rapidement que les personnages de Jules Verne. Il ne faut pas oublier que nous sommes en 1889 et les transports intercontinentaux sont encore limités aux bateaux et au train. Elle embarque donc seule, sans chaperon, avec un seul bagage. Elle s’est fait confectionner une robe et un manteau qu’elle portera tout le long de son périple (aucune mention d’un quelconque lavage n’est fait dans le récit – oui, c’est le genre de choses qui me turlupine). Femme seule peut-être, mais elle est souvent accompagnée par quelqu’un dans différentes parties de son voyage et tout est organisé pour elle, tous les transports ont été réglés à l’avance. Elle traverse donc l’Atlantique puis la Manche, rencontre Jules Verne, prend le train pour Brindisi, puis le bateau qui la mènera via Colombo à Hong Kong et Yokohama pour enfin traverser le Pacifique et les Etats-Unis. En cours de route, elle décrit les paysages et ses expériences mais le récit laisse un goût de trop peu. Il est très plat, sans style, et plein de détails échappent au lecteur. A lire plutôt comme témoignage d’une époque…