Books, books, books

J’ai à nouveau pris du retard dans mes notes de lecture, la météo a été trop belle pour passer du temps devant l’ordinateur. Après avoir fini Les bienveillantes, il ne me restait qu’une semaine avant mon départ au Vietnam, il me fallait donc un livre court. Je venais d’acheter Viens plus près de Sara Gran que j’ai dévoré en moins de deux. C’est le roman d’une possession racontée du point de vue de l’héroïne qui ne maîtrise plus son corps et ses actions. Son entourage comprend encore moins ce brusque revirement de personnalité. 180 pages de récit qui mènent vers l’inéluctable, sans espoir de retour. Histoire qui traite du surnaturel tout en l’ancrant très fort dans la vie de tous les jours.

Encore quelques jours avant de partir, je me rabats sur Le cinquième évangile de Michel Faber dont j’avais adoré le roman fleuve La rose pourpre et le lys. Ici, il s’agit de la courte histoire d’un universitaire qui découvre un cinquième évangile remettant une bonne partie de la religion chrétienne en question et de l’édition de celui-ci. Bonne idée mais un peu bâclé. L’histoire s’arrête en plein milieu de l’action et ne creuse pas grand chose. Une déception.

Pour les vacances, retour vers des livres de poche que je peux traîner partout sans avoir peur des les abîmer. Il me reste des livres dans ma PAL mais je ne peux m’empêcher d’en acheter des nouveaux. Je commence cependant par Professeur d’abstinence de Tom Perrotta que diane avait commencé et abandonné l’année passée lors de notre voyage en Croatie (comme souvent, j’achète des livres pour moi mais quand je veux les lire, ils ont disparu dans les mains de diane !). Comédie de mœurs à l’américaine ne demandant pas trop d’attention, bref le roman idéal de vacances. Ruth est professeur d’éducation sexuelle dans une petite ville américaine mais elle doit revoir ses méthodes pédagogiques très ouvertes et directes avec l’arrivée de l’Eglise du Tabernacle, traditionaliste et puritaine. Tim, ancien rocker et amateur de femmes, s’est converti récemment. Ce qui devait arriver arriva, non sans quelques péripéties. Plaisant, drôle par moments mais sans plus. Meilleur cependant que Les enfants de chœur.

Pour continuer, le Neal Stephenson de voyage, Le samouraï virtuel (j’avais lu le Cryptonomicon en partie en Thaïlande). Conseillé par Stella Polaris, je renvoie à son commentaire pour me limiter à quelques impressions. J’ai eu beaucoup de mal à entrer dans l’histoire qui se passe dans un futur proche (juste ça déjà ne m’attire pas trop en général), il y a des longueurs mais une fois que l’auteur est entré dans le vif du sujet, les rapports avec le passé, avec l’histoire de la tour de Babel, j’ai trouvé ça passionnant ! De plus, la traduction ne m’a pas plu, j’ai l’impression que le traducteur a voulu bien faire mais n’a pas réussi à transposer le langage particulier de Neal Stephenson en français, (contrairement au Cryptonomicon mais c’est un autre traducteur). Et ce ne sont pas des paroles en l’air, j’ai reçu le livre en version anglaise à prêter pour comparer. Bref, bien mais pas top, et si vous voulez le lire, lisez-le en V.O. (Snow Crash) ! Cependant, ça m’a donné envie d’attaquer le Baroque Cycle mais l’ampleur de l’objet me fait un peu peur (le fait que ce n’est pas traduit également – je lis sans problème l’anglais mais je suis beaucoup plus lente).

De retour de vacances, un petit récit de voyage s’imposait, ne fusse que pour me donner de l’inspiration pour Suasaday ! Je me suis donc plongée dans Sur la Route 66. Petites fictions d’Amérique d’Eric Sarner. Au cours de ma lecture, je me suis rappelée avoir vu son documentaire sur le même sujet et m’être endormie devant. Idem pour le livre… comme beaucoup d’auteurs français de récits de voyage, il passe son temps à philosopher, à se mettre en avant, c’est très sérieux, poétique mais ça manque de vie.

Changement total de style avec Dead until dark de Charlaine Harris, qui a inspiré la série True Blood. En fait, impatiente de savoir ce qui va se passer dans la saison 3, j’ai commencé la série des bouquins par le 3e volume, Club dead. Comme le montre le teaser (qu’évidemment je ne retrouve plus), il y a des loups-garous ! Lecture facile mais bien construite, les moments d’action se succèdent à des moments plus calmes, plus descriptifs. Les scénaristes de la série ont ajouté beaucoup d’éléments  (le personnage de Tara, par exemple) mais ont malheureusement supprimé celui de Bubba – Elvis devenu vampire. Sookie est tout aussi naïve, si pas plus, et Bill aussi peu intéressant. Je ne sais pas si je parlerai de tous les volumes mais je compte bien continuer à lire la série (j’en ai encore trois qui m’attendent – merci Waterstone’s et les 2+1 gratuits !).

Ma PAL est à jour mais je suis horrifiée: je pensais que j’avais lu presque immédiatement tout ce que j’avais acheté cette année… Evidemment, dès que je mets les pieds dans une librairie, je ressors non pas avec un roman, mais trois. Et quand j’apprends qu’un de mes auteurs préférés vient de sortir un livre, il faut que je l’aie tout de suite (mercredi j’ai lu les Inrockuptibles qui parlaient du nouveau Stewart O’Nan – mercredi soir après le boulot, j’ai fait un détour par Filigranes pour l’acheter !).

Les enfants de choeur

Voici un extrait de la 4e de couverture du livre de Tom Perrotta, Les enfants de choeur que j’ai terminé il y a quelques jours: « Avec Les Enfants de chœur, Tom Perrotta a écrit une comédie désopilante et d’une rare cruauté, tableau clinique parfait du bovarysme contemporain. Entre Tchekhov et Desperate Housewives, c’est un virtuose qui sait manier l’ironie et la satire sans jamais tomber dans la trivialité. »
Desperate Housewives donc. C’est ce qui m’a attiré. Et puis j’ai été déçue. Le seul personnage qui y fait penser, c’est Mary Ann, et elle n’apparaît qu’au début du livre et tout à la fin, comme si l’auteur avait eu un sursaut, qu’il se devait de parler d’elle à nouveau. Ces pages-là étaient cinglantes, cyniques, comme la série. Le reste du livre est un peu mou, sans trop d’intérêt, avec des références assez claires à Madame Bovary de Flaubert (c’est le livre que l’héroïne, Sarah, lit dans son groupe de lecture) mais même si je me souviens avoir peiné à le lire (pour l’école, à 17 ans), c’était bien plus profond et recherché.
Bref, me voici de nouveau en train de faire plein de commentaires négatifs sur un livre… Une excuse: je lis beaucoup de chroniques familiales (parce que j’aime ça) et du coup, je lis du bon, mais aussi du moins bon. Et je pense que je souffre pour le moment d’une petite overdose. Je suis donc passée à tout à fait autre chose.