The sleeping dictionary

Sujata Massey, The sleeping dictionary: l’histoire commence en 1930 dans un petit village de la côte du Bengale. Un tsunami détruit tout, et une fillette perd sa famille. Elle est recueillie et soignée dans un hôpital anglais, puis part travailler comme servante dans un pensionnat pour filles de colons et de bonnes familles indiennes. Elle y apprend l’anglais et découvre la littérature, grâce une enseignante qui repère ses qualités. Mais elle est de basse caste et ne pourra pas rester. Elle devra toujours cacher qui elle est vraiment, jouer des rôles liés aux différents prénoms qu’elle prendra au cours de sa vie, Pom, Sarah, Pamela, Kamala… Son histoire est difficile, souvent triste, mais pleine d’espoir aussi.

Sujata Massey décrit avec minutie la société indienne depuis les années 1930 jusqu’à l’indépendance en 1947, vue par les yeux d’une fillette naïve au début, mais qui apprendra énormément sur la vie en quelques années. Elle trace le portrait des pensionnats dirigés par les Anglais, elle raconte comment les castes définissent la place des Indiens dans la société et parle des Anglo-Indiens dont le statut est celui d’un entre-deux pas toujours bien défini et apprécié. L’histoire de la fillette suit en même temps la grande histoire, et le roman détaille divers épisodes de la lutte qui a mené à l’indépendance. J’ai beaucoup aimé l’immersion dans la vie coloniale, vue par l’oeil d’une jeune Indienne; il y a beaucoup de rebondissements et j’ai souvent eu peur pour l’héroïne, espérant au fil des pages le meilleur pour elle. C’est un roman prenant et en même temps très détaillé qui devrait passionner les lecteurs intéressés par l’Inde et son histoire mais aussi ceux qui aiment des récits dans lesquels une femme pleine de resources est le personnage principal.

De Sujata Massey, j’avais déjà lu The widows of Malabar Hill, un roman policier situé dans le Bombay des années 1920. Elle est également l’auteur d’une série de romans noirs qui se passent au Japon et qui rejoindront sans doute très prochainement ma PAL.

The widows of Malabar Hill

35133064Sujata Massey, The widows of Malabar Hill: Bombay, 1921 – Perveen Mistry, une jeune femme ayant étudié le droit à Oxford, travaille dans l’étude d’avocats de son père. Elle appartient à une importante famille de la ville mais a un passé mouvementé. Elle s’intéresse à l’héritage des trois veuves d’Omar Farid, des femmes qui vivent à l’écart du monde, enfermées dans les quartiers privés de la demeure, selon d’anciennes traditions. Le testament lui semble suspect: pourquoi les trois femmes légueraient-elles tous leurs biens à une oeuvre de charité, perdant par cette occasion tout moyen de subsistance ? C’est à ce moment qu’est commis le meurtre de l’homme qui a été nommé comme leur gardien par Omar Farid. Perveen commence alors son enquête, essayant de défendre au mieux les jeunes femmes. Le récit fait également quelques retours vers le passé et raconte comment Perveen est tombée amoureuse de Cyrus quelques années auparavant. Sujata Massey a fait de nombreuses recherches pour écrire ce roman, s’inspirant de la vie d’une des premières juristes féminines de Bombay. Elle nous dévoile un monde peu connu, celui des femmes qui vivent dans l’isolement et décrit minutieusement le Bombay des années 20. Tous ces détails sont passionnants mais le roman manque un peu de rythme et m’a paru un peu long par moments.