Writers I love: Stewart O’Nan

Cela pourrait être le début d’une nouvelle série, cela part en tous cas d’une demande d’Armalite qui souhaitait savoir quels autres romans de Stewart O’Nan étaient bons après en avoir lu deux ou trois. Mes souvenirs sont sans doute assez vagues pour les premiers, je n’avais pas encore de blog à l’époque et je ne notais nulle part mes impressions. (La liste est dans l’ordre de l’édition en français, mais avec les dates de sortie originales. Tous ses romans ne sont pas traduits.)

  • Des anges dans la neigeSnow angels (1994): le premier que j’ai acheté en lisant la quatrième de couverture. Aucun souvenir mais il devait être bon puisque j’ai continué à acquérir les romans suivants. 4/5
  • Speed QueenThe Speed Queen (1997): road trip et hold-up le long de la Route 66, un roman haletant dont j’ai gardé un très bon souvenir. 4/5
  • Le Nom des mortsThe names of the dead (1996): un long roman sur la guerre du Vietnam et ses séquelles. J’ai le souvenir de m’être ennuyée. 3/5
  • Un monde ailleursA world away (1998): une histoire de famille et de seconde guerre mondiale. Pas le meilleur non plus dans ma mémoire. 3/5
  • Un mal qui répand la terreurA prayer for the dying (1999): un livre qui m’a laissé un excellent souvenir, lu en une après-midi. Un livre noir, très noir, se passant peu après la Guerre de Sécession. 4,5/5
  • Nos plus beaux souvenirsWish you were here (2002): LA chronique familiale de l’auteur, un très beau roman contant surtout les petites histoires d’une famille réunie dans pavillon d’été pour une dernière fois avant la vente de celui-ci. 4,5/5
  • Le Pays des ténèbresThe night country (2003): j’avais écrit ceci à l’époque: « un de mes auteurs favoris, qui réussit à m’étonner à chaque fois parce qu’il arrive à diversifier ses sujets. Ici, ce sont les morts qui parlent et les titres des parties font référence à des titres de films d’horreur. » 4/5
  • Chanson pour l’absenteSongs for the missing (2008): mon avis 3,5/5
  • EmilyEmily, alone (2011): mon avis 4/5
  • Les joueursThe odds (2012): mon avis 3,5/5

PS: J’en ai profité pour m’affilier au programme partenaires d’amazon. Si vous décidez d’acheter un de ces livres, suivez le lien et je recevrai une petite commission. Le but n’est pas de gagner plein d’argent mais un chèque cadeau est toujours le bienvenu pour m’acheter de nouveaux livres.

Les joueurs

Stewart O’Nan, Les joueurs: je voulais entamer un Joyce Carol Oates mais j’attendais ma commande des USA. Je me suis donc lancée dans le dernier roman de Stewart O’Nan, un auteur que j’apprécie beaucoup en général. Le couple de Marion et Art est au bord de la faillite financière et amoureuse. Dans une dernière tentative de sauver le tout, Art réserve un w-e aux chutes du Niagara, là où ils avaient passé leur lune de miel des années auparavant. Son but est de raviver sa relation mais aussi de gagner gros au casino pour payer les dettes. Ce texte assez court décortique les relations entre un couple usé, mais des lueurs d’espoir apparaissent. Le décor grandiose du Niagara est une fois de plus utilisé comme toile de fond, non sans me déplaire dois-je bien avouer (je pense au film Niagara et à Les chutes de Joyce Carol Oates, notamment). J’ai pris du plaisir à ma lecture mais ce n’est pas mon Stewart O’Nan favori, je pense que j’aurais préféré un livre plus long, plus fouillé !

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Emily

Stewart O’Nan, Emily: quand j’ai voulu entamer ce livre il y a quelques mois, je me suis rendue compte que c’était la suite de Nos plus beaux souvenirs. Je n’étais plus sûre de l’avoir lu: il n’était pas dans ma bibliothèque et il n’y a pas de trace sur ce blog. Je l’ai donc racheté. Et recommencé. Et arrêté après 20 pages: je l’avais donc bien lu, le livre original est sans doute en pension chez mon papa et ma lecture doit dater de juste avant l’ouverture de ce blog. Bref, j’ai entamé Emily dans la foulée. Emily est une veuve de 80 ans, elle vit seule à Pittsburgh avec son vieux chien Rufus. Sa belle-sœur Arlene habite tout près et est la personne qu’elle voit le plus souvent alors que ses enfants et petits-enfants sont loin. Le récit raconte sa vie de tous les jours, ses angoisses, ses petites peurs de vieille personne, ses manies de vieille personne (qui m’ont souvent fait sourire, reconnaissant celles de mon père). Stewart O’Nan s’est mis dans la peau de son personnage et a créé un roman doux-amer, un peu triste mais pas tant que ça sur la fin de vie d’une femme qui a vécu de nombreuses belles choses et qui en vit encore.

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Books

Ces derniers mois n’ont pas été très bénéfiques pour la diminution de ma PAL. J’ai en effet eu l’envie de lire le Baroque Cycle de Neal Stephenson, c’est à dire trois volumes de plus de 900 pages en anglais. J’ai entamé le premier, Quicksilver que j’ai traîné avec moi plusieurs semaines de suite pour laborieusement lire 250 pages (ma lecture n’est certainement pas aussi rapide en anglais et le vocabulaire pas toujours aussi facile) mais même si je l’ai abandonné momentanément, je ne m’avoue pas vaincue pour autant. Entretemps, j’ai aussi lu:

Chanson pour l’absente de Stewart O’Nan: un livre que j’ai acheté dès sa sortie, que j’ai lu de suite et pourtant deux mois après je ne m’en souviens plus très bien. Pas que ce soit un mauvais livre, mais les thèmes de Stewart O’Nan ne se renouvellent pas. Il conte la disparation de Kim Larsen, adolescente de 18 ans, du point de vue de sa famille, comment celle-ci réagit, se désagrège tout doucement avec des réactions très différentes selon les protagonistes. Une belle description de l’Amérique moyenne mais qui manque un peu de relief.

Préparant la sortie du nouveau roman, j’ai relu Less than zero de Bret Easton Ellis, un de mes romans favoris de fin d’adolescence, que j’ai lu et relu des dizaines de fois  (c’est évidemment plus rapide de relire un roman court qu’une brique à la Neal Stephenson !). A la fin de la lecture, il m’en est resté ce même sentiment qu’autrefois, ce côté vide, un peu dépressif qui se résume tout à fait dans le panneau publicitaire que voit le héros, Clay, à plusieurs reprises: « Disappear here ».

J’ai eu de la chance: dès le jour de sortie, j’ai trouvé Imperial bedrooms de Bret Easton Ellis en librairie. Ce roman est une suite de Less than zero, avec les mêmes protagonistes qui ont 25 ans de plus. Clay, aujourd’hui scénariste, revient pour un boulot à Los Angeles, à nouveau pendant la période de Noël. Il revoit ses anciens amis, tous plus ou moins marqués par le temps, la drogue ou la chirurgie esthétique. Le récit aurait pu s’arrêter à ça, et cela m’aurait suffi mais Ellis a décidé de s’inspirer du film noir et d’y ajouter une vague intrigue d’espionnage et de meurtre que je ne trouve pas tout à fait nécessaire. J’ai par contre adoré les quelques pages du début où Clay parle du film qui a été tourné suite au premier roman, intégrant par la même occasion une critique non dissimulée du film de Marek Kanievska. Le livre sort en français à la rentrée et Bret Easton Ellis fait la couverture des Inrocks de cette semaine.

J’ai envie de rapprocher les deux récits qui suivent, je ne les ai pas lus l’un après l’autre mais ils ont plusieurs points communs: deux journalistes en fin de vie racontent leurs aventures, le premier celle de son existence, le second la dernière en date.

Le grand voyage de la vie de Tiziano Terzani. J’avais lu avec beaucoup de plaisir et d’intérêt son récit Un devin m’a dit et dès que j’ai vu ce livre, je n’ai pas pu m’empêcher de l’acheter. Terzani est un journaliste italien qui a travaillé pour Der Spiegel en Asie. Il se raconte, en dialogue avec son fils parce qu’il est trop vieux et malade pour encore écrire lui-même. C’est donc plus une conversation, un échange d’idées sur les étapes importantes de sa vie et de sa carrière, notamment de sa présence à Saïgon lors de la prise de la ville par les Vietnamiens du Nord ou de cet instant où il a échappé à la mort, presque fusillé par les Khmers Rouges. C’est aussi le récit d’un homme qui a fait ce qu’il voulait pendant sa vie et qui ne regrette rien, c’est une belle réflexion sur la mort, le tout empreint de bouddhisme qu’il a pratiqué pendant des années (il a même vécu en ermite dans l’Himalaya). Un très beau livre que je recommande à tous les passionnés de l’Asie mais aussi à toute personne qui se pose des questions sur l’existence.

Aventures en Loire de Bernard Ollivier est un des livres que j’ai acheté dès sa sortie mais qui a traîné sur ma PAL sans raison précise. Ollivier m’avait enchanté avec le récit de son voyage à pied sur la route de la soie. J’avais un peu peur que son aventure à pied et en canoë le long de la Loire, de sa source à son embouchure, ne soit moins captivante. Que nenni ! J’ai retrouvé là l’homme qui sait conter, raconter ses rencontres, nombreuses, et faire partager ses pensées. C’est là qu’il rejoint Tiziano Terzani: il a déjà plus de 70 ans quand il commence cette aventure et se demande pendant tout le voyage si c’est encore de son âge mais aussi s’il pourrait rester en sédentaire chez lui. Au-delà de ça, ce livre donne envie de visiter la région et d’entamer une ballade du même genre…

La croisière jaune: sur la route de la soie d’Ariane Audouin-Dubreuil relate l’expédition Citroën du Liban à l’Asie du Sud-Est en suivant la route de la soie au début des années 30. La fille du commandant de mission s’est basée sur les archives de son père et d’autres membres du voyage pour écrire le récit. Pas de grande littérature ici mais bien des faits, des impressions de l’époque, beaucoup d’héroïsme et une toute autre manière de voyager: on ne voyageait pas léger à l’époque ! Il fallait faire bonne figure auprès des divers chefs d’état et les bagages comportaient entre autres choses que nous jugerions inutiles aujourd’hui tout un service en porcelaine estampillé du logo Citroën. L’idée était de traverser l’Himalaya en voiture, ce qui se révèlera très compliqué même si le convoi a réussi à passer jusqu’à un certain point (quitte à ce que les voitures soient démontées !). Avant cette partie très difficile du voyage, les différents chercheurs avaient fait des recherches archéologiques et de nombreuses photos du site de Bamyan en Afghanistan et ce sont des documents très précieux aujourd’hui. L’expédition en Chine n’est pas de tout repos non plus: le pays est déchiré par la guerre entre factions diverses. Intéressant mais pas un chef-d’œuvre littéraire !

Living dead in Dallas de Charlaine Harris, deuxième volume de la série. Lecture de vacances sans trop se poser de questions. Sookie est encore plus nunuche que dans la série et l’histoire bien moins développée mais c’est tout de même plaisant à lire !

Quelques livres en retard

ça fait longtemps que je n’ai plus parlé de mes lectures, donc quelques commentaires en vrac:
Roma Aeterna de Robert Silverberg: une uchronie qui prend comme point de départ que l’empire romain n’a jamais cessé d’exister. J’ai bien aimé mais ça me laisse un goût de trop peu; je pense que la même histoire plus développée sur plusieurs volumes aurait pu être intéressante aussi.
L’usage du monde de Nicolas Bouvier: je me suis enfin décidée à lire un des récits de voyage les plus connus et qui fait référence, et je comprend pourquoi maintenant. Les descriptions sont excellentes et le récit donne envie de partir tout de suite… Comme j’ai acheter le gros bouquin qui reprend ses oeuvres, j’ai encore de la lecture en prévision.
Le ciel de Long Island de Chang-rae Lee: magnifique ! Chang-rae Lee décrit les sentiments, ou plutôt la non-expression des sentiments d’un homme d’une soixantaine d’années dont la vie s’emplit de drames.
Le troisième frère de Nick McDonell: ça se passe à Bangkok, c’est pour ça que je l’ai acheté, mais je dois dire que deux mois après l’avoir lu, je l’ai déjà en partie oublié. Divertissant, sans plus…
Pluie de Kirsty Gunn: 133 pages à lire lentement pour faire durer le plaisir. Plein de non-dits et de sous-entendus.
Hey Nostradamus ! de Douglas Coupland: une constante: je suis passionnée par les 100 premières pages et puis l’ennui s’installe peu à peu… je crois que j’ai passé quelques pages sur la fin, aussi parce que j’avais hâte de lire le suivant qui venait de paraître:
Le pays des ténèbres de Stewart O’Nan: un de mes auteurs favoris, qui réussit à m’étonner à chaque fois parce qu’il arrive à diversifier ses sujets. Ici, ce sont les morts qui parlent et les titres des parties font référence à des titres de films d’horreur.
Contes de la rose pourpre de Michel Faber: j’avais parlé de son autre roman dans ces pages, et je restais sur ma faim; je voulais une suite, comme des milliers de lecteurs apparemment qui ont écrit à l’auteur. Il a donc décidé de compléter quelque peu son histoire par des nouvelles qui reprennent des personnages dont il conte la vie avant, pendant ou après la période du roman principal. Mais le mystère reste presque entier…