L’été de la sorcière

Nashiki Kaho, L’été de la sorcière: la jeune Mai a des problèmes à l’école et ses parents l’envoient passer quelques mois chez sa grand-mère, une anglaise vivant dans la campagne japonaise. Celle-ci, un peu sorcière, comprend que la fillette se sent mal et tente de la guérir en lui faisant observer la nature, en lui expliquant les pouvoirs des plantes, en lui parlant de la voix intérieure et en lui apprenant comment l’écouter.

C’est un joli – et court – roman japonais qui se rapproche d’autres récits du même genre; je pense notamment à La péninsule aux 24 saisons. Il y a de la magie, de la beauté, de l’apprentissage, mais aussi des sujets plus difficiles comme la tristesse et le deuil. Un roman qui se lit vite mais qui au final ne me laissera pas un souvenir indélébile, un roman qui a permis de faire une agréable pause dans un désert de lectures marqué par plusieurs tentatives avortées.

Sorcières

Mona Chollet, Sorcières . La puissance invaincue des femmes: ou comment un livre qui a priori ne répondait pas à mes attentes m’a complètement convaincue et ouvert les yeux sur un sujet que je connaissais finalement peu. Je m’explique: j’ai acheté ce livre pensant apprendre beaucoup de choses sur l’histoire des sorcières (même si je savais déjà qu’il y avait une autre dimension), je l’ai refermé en connaissant mieux les problèmes qui poursuivent les femmes depuis des générations (je les ressentais mais sans arriver à les nommer). Mona Chollet prend comme point de départ les sorcières, souvent des femmes qui connaissaient de nombreux remèdes à une époque où la médecine n’existait quasiment pas, des femmes qui faisaient peur parce que les guérisons semblaient inexplicables, parce qu’elles étaient souvent indépendantes, veuves, vivant seules. Dès la Renaissance, les mentalités ont changé et leur liberté a été considérée comme de plus en plus suspecte. Elles ont été poursuivies et chassées.

Chollet explique ensuite comment la femme d’aujourd’hui est toujours critiquée, diminuée, prenant l’exemple des femmes célibataires, des femmes qui ne désirent pas d’enfant, des femmes qui vieillissent, des soins médicaux inégaux portés aux femmes. Je ne rentrerai pas dans les détails mais cette partie est particulièrement passionnante, cherchant à casser tous les préjugés et clichés. Je suis sortie de ma lecture grandie, plus confiante, plus sûre de moi, et sans doute plus décidée aussi à défendre mes droits en toutes situations. Je ne suis pas militante – je ne le serai sans doute jamais – mais je corrigerai les petites remarques qui peuvent sembler anodines de manière très simple et assurée mais sans tomber dans des discussions stériles. J’essayerai d’ouvrir les horizons d’autres personnes, tout comme Mona Chollet a ouvert le mien. A lire absolument !

(J’aurais aimé trouvé un livre sur l’histoire des sorcières mais parmi ceux renseignés dans la bibliographie, celui de Guy Bechtel, La sorcière et l’Occident, est épuisé et celui de Colette Arnould, Histoire de la sorcellerie, m’est tombé des mains parce que trop basé sur les textes et sans trop d’analyse.)