Santiago – again

Je me suis retrouvée fin octobre pour six jours à Saint-Jacques de Compostelle, petite ville de Galice dont j’étais tombée amoureuse en 2014. Le charme a à nouveau agi et j’ai passé un excellent moment. Il faisait plus frais, entre 18 et 20°, même pluvieux un jour, l’automne s’annonçant à grands pas. Des rivières d’eau se sont écoulés sur le sol de la grande tente des concerts le samedi soir. J’y ai retrouvé des habitudes, boire de l’excellent vin blanc, manger du poulpe, prendre le bus vers la Cidade da Cultura, me promener entre les divers concerts du soir, parler avec plein de monde; j’en ai créé de nouvelles: manger du bœuf galicien, me promener plus loin que le centre historique, choisir des vermouths à ramener… J’ai rigolé comme une idiote après avoir un peu trop bu, j’ai adoré mes conversations, je me suis sentie très bien malgré une fatigue extrême (j’ai peu dormi). Ces six jours ont surtout été marqués par des rencontres enthousiasmantes et la confirmation de certaines amitiés. J’en suis revenue sur mon petit nuage, satisfaite de mon séjour et prête, après ces jours d’intense communication, à reprendre mon rythme bien plus casanier.

Santiago

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Short diary of the week (168)

Lundi: une journée de repos !, promenade dans Saint-Jacques, le soleil qui se montre, une superbe vue, la terrasse idéale au calme loin du centre, manger et boire, retour vers le centre après quelques heures à ne rien faire, une visite rapide de la cathédrale, dire au revoir à Katrien, sieste, un dîner de tapas et de steak tout simplement délicieux, tenter d’aller dormir plus tôt mais mal dormir

Mardi: réveil très matinal, un avion, une escale à Barcelone sous la pluie, un second avion, un long trajet en bus, retour dans une maison très froide, la satisfaction d’avoir passé une excellente semaine, un repas avec des choses venant du surgélateur, Masters of Sex, Anthony Bourdain Parts Unknown au Sichuan et à Chengdu avec un apparition de Fuschia Dunlop

Mercredi: ce n’est pas encore aujourd’hui que j’aurai récupéré, raconter beaucoup, une certaine énergie malgré la fatigue, il paraît que j’ai l’air radieuse, une envie de spaghetti bolognaise, Timeless, Anthony Bourdain Parts Unknown à Londres juste après le Brexit et avec une apparition de Nigella Lawson

Jeudi: enfin plus ou moins reposée, ce moment quand on lit un livre où tout s’éclaire sur un sujet particulier, procrastiner c’est bien mais le faire c’est mieux – au moins la moitié du boulot, il y a encore quelques tomates au jardin, Timeless, The Americans

Vendredi: terminer des choses mais la liste est trop longue, trouver quand même de la motivation enfouie quelque part, avocat et scampis – un duo gagnant, l’albariño n’est pas aussi bon en Belgique, The Americans – deux épisodes

Samedi: une demi-heure dans un Ikea encore vide: une lampe et une étagère, bien plus de temps chez AS Adventure: un pantalon de voyage et des sandales tout confort – par contre pas de pantalon large d’été – c’est vrai que ce n’est pas la saison et la mode est aux pantalons ultra-slim, apporter tous les journaux à mon papa et apprendre qu’il ne lit plus de livres – ce qui me rend triste, monter l’étagère – c’est beaucoup mieux pour mettre la mini chaîne, retracer la patron du pantalon, me dire qu’il vaudrait mieux coudre une seconde toile, tenter de lire mais ne pas réussir à me concentrer, Unconquered (Cecil B. DeMille, 1947) ou une grande fresque en Technicolor

Dimanche: enchaîner diverses activités, un épisode de TBBT en pédalant, lessive, montage de lampe, rangement, couture – ah mais ça met plus de temps que prévu, tester la nouvelle lampe en lisant dans le canapé, un dvd avec un film en VF ? – non je ne peux pas, The Americans – fin de la saison 4

Short diary of the week (167)

Lundi: de grosses insomnies – la pleine lune ou juste mes anxiétés par rapport à la semaine qui vient ?, et donc fatiguée et maux de tête latents mais ce n’est pas grave – je sais que je peux fonctionner presque normalement, l’après-midi est quand même longue, des courses de dernière minute, des débuts de valise, Masters of Sex, The Americans, sentir mon corps se préparer à l’insomnie sans réussir à la contrer

Mardi: bis repetita, un état proche de l’Idaho, difficile de se concentrer, rentrer faire une sieste, un détour par la gare du Midi, Digue du Canal, un dîner gastronomique de 8 services à Culinaria, juste wow !, rentrer avant la fin vu l’heure tardive, un agréable chauffeur de taxi

Mercredi: oups ça va être dur aujourd’hui, métro, train, avion, un deuxième avion, taxi, terrasse, un délicieux vin blanc, un resto, dormir

Jeudi: un bus, un bâtiment qui ressemble à un ovni qui s’est posé au milieu des collines, tout s’enchaîne parfaitement, gin tonic, délicieux repas de tapas et de steak galicien maturé, des concerts tous plus mauvais les uns que les autres

Vendredi: me lever tôt pour être sûre de ne pas rater le premier film, et en effet Jakarta Jakarta valait la peine, errer quelque peu, deux concerts, tenter de prendre les chemins de traverse et y renoncer de peur de me perdre, un long trajet de bus, quelques achats de livres, une tentative de sieste, un repas léger, les concerts sont bien mieux ce soir

Samedi: parler, voir un autre documentaire, voir un showcase, parler, boire un peu au drink, parler, parler même dans le bus du retour, boire, manger, concerts, le déluge, une fin de soirée un peu bizarre

Dimanche: mal dormi, encore plus fatiguée, promenade puis cérémonie de fin avec awards, concert très dansant de Calypso Rose, tapas, sieste, apéro, repas, tentative de concert, rester discuter entre amis jusque tard, rentrer un peu ivre en riant beaucoup avec Katrien

Postcards of Santiago (IV)

Les rues sont envahies de coureurs. Le bruit est infernal, entre les badauds et les speakers qui encouragent les participants. Se promener est quasi impossible. Pour ces dernières heures à Saint-Jacques, je me réfugie dans un des parcs qui domine la ville. Un joli parc aux grands arbres. L’automne s’annonce mais pas encore tout à fait: les feuilles commencent à sécher et changer de couleur mais rien n’est encore très flagrant. Une rangée de palmiers rappelle l’été. D’un côté, la vue donne sur les bâtiments de l’université, de l’autre sur le centre ville. Je m’assieds sur un banc, avec un ami. Nous parlons pendant un temps certain, imaginant le festival idéal de musique du monde, celui que nous programmerions si nous pouvions suivre nos goûts.

La course est finie, nous trouvons une terrasse sur une petite place ombragée. Encore un verre de vin blanc avant de reprendre l’avion…

Postcards of Santiago (III)

La cathédrale domine la ville. Des restes d’art roman mais surtout l’exubérance baroque impressionnent, tout comme les sons de cloche qui sont sombres et menaçants. Ici, Dieu est maître, pas question de pécher. Une foule de pèlerins est arrivée à bon port et se recueille une dernière fois; dans une des chapelles, un prêtre japonais dit la messe à une vingtaine de touristes. Les femmes ont revêtu des voilettes en dentelle blanche. Je regrette les cierges et leur odeur; ils ont été remplacés par de fausses bougies électriques, créant une ambiance proche du lunapark. Pour un euro, toute une rangée s’allume…

Encore des églises. Chaque ruelle en cache une nouvelle. Certaines sont plus imposantes que d’autres, certaines sont bien entretenues, certaines voient des arbustes pousser sur leur façade. Certaines sont populaires auprès des pèlerins: ils peuvent y faire signer leur diplôme de marcheur.

Et puis, surprise: un bâtiment sans étage, qui a l’air ancien mais qui ne l’est pas, et beaucoup d’animation. Les habitants se pressent autour des étals du marché couvert. Les paysannes viennent vendre leurs surplus à l’extérieur, écossant des haricots tout en commérant avec leurs voisines. De beaux poissons, des viandes et des charcuteries diverses, des fromages en forme de tétons, des légumes, des fruits… Tout donne envie. Les poulpes cuisent dans la marmite tandis que le patron de la gargote range ses bouteilles de vin. Mais il est trop tôt pour manger, les rythmes espagnols ne sont pas les mêmes que ceux de l’Europe du Nord…

Postcards of Santiago (II)

Quitter la ville par de petites rues étroites et puis prendre une route qui grimpe et serpente le long de la colline. Se retrouver au milieu de nulle part tout près d’un bâtiment digne d’un vaisseau spatial. De plusieurs bâtiments mêmes. Je ne suis pas sûre d’aimer la couverture en dalles locales zébrées de rose.

Et puis de plus près, j’aperçois des grillages, des pelleteuses abandonnées, les tiges d’aciers qui dépassent de murs inachevés… et plusieurs trous béants. Dans l’un est garée une camionnette. Quelle mégalomanie pour un projet si isolé et si loin des préoccupations des pèlerins !

L’intérieur est grandiose, tout en marbre clair et murs blancs, comme une longue vague qui se déroule. Le bruit est assourdissant: toute cette foule parle, crie, joue de la musique…

Sortir prendre le soleil – plusieurs fois – et repérer un autre bâtiment bizarre, une cheminée de haut-fourneau ? Je n’aurai jamais d’explication. Cet endroit est un no-man’s land qui laisse l’impression d’un atterrissage raté d’un vaisseau spatial extraterrestre.

 

Postcards of Santiago (I)

Le taxi roule toutes fenêtres ouvertes; les pins et les eucalyptus embaument l’air. Je me sens directement transportée dans un autre monde, dans une Europe du Sud, celle qui est proche du Portugal. Les collines se succèdent, le chauffeur montre un bâtiment moderne qui épouse le paysage. C’est là que je passerai mes journées.

Je n’attendais rien de Saint-Jacques de Compostelle. Le côté pèlerinage et marche à pied m’irritait même un peu, sans que je n’aie une raison précise. Tout au plus, je me disais que je profiterais de la météo qui s’annonçait très estivale. Et puis le taxi est entré dans le centre historique, dans les ruelles. Celle de l’hôtel était bordée d’un partie couverte, avec colonnade et alcôves.

Vite, déposer ses affaires, se débarrasser des vêtements trop chauds et ressortir en ville. Marcher à peine 10 mètres et se retrouver face à l’imposante cathédrale, 10 mètres plus loin, se poser sur la première terrasse en vue. Les pigeons n’arrêtaient pas de vouloir picorer les cacahouètes. Je n’étais pas seule, et très vite, je le fus encore moins. L’atmosphère était celle des vacances et de la détente, un mini bonus d’été à la fin du mois d’octobre. Boire du vin blanc, manger des tapas, des crevettes, de petits piments verts grillés et salés, se promener et déjà voir des musiciens partout, encore boire du vin blanc à la terrasse de l’hôtel – de quoi se changer les idées après deux avions. Et ne pas aller aux concerts d’ouverture juste parce que nous nous sentions si bien en ville.

Je n’ai pas noté les noms des restaurants où j’ai mangé, mais j’ai logé à l’hôtel Rua Villar, bien sous tous les rapports et situé en plein centre ville.