Tant pis pour l’amour

Quand la lecture d’une bd me renvoie à mon passé. Une critique qui n’est pas vraiment une critique.

Sophie Lambda, Tant pis pour l’amour. Ou comment j’ai survécu à un manipulateur: j’ai d’abord vu cette bd chez Une Comète, mais je ne me sentais pas prête, puis sur l’instagram d’une amie qui a vécu ce genre de relation et qui le conseillait vivement. Je me suis décidée, et ce n’a pas été une lecture facile pour moi. Mais dès les premières pages, je me suis sentie accompagnée par les commentaires de la peluche de Sophie. C’est elle qui m’a permis de continuer ma lecture (j’ai aussi une collection de peluches qui me tiennent compagnie).

Il y a plus d’une quinzaine d’années, j’ai rencontré un homme, le déclic s’est fait immédiatement, l’attirance était mutuelle. Nous avons très vite commencé une relation, nous étions sur la même longueur d’ondes. Le blog n’était pas encore né à cette époque mais il apparaîtra un peu plus tard. Je n’y parlais que de choses et autres, quelques livres, quelques musiques, divers objets. Ce n’est que plus tard qu’il est devenu plus personnel, et j’ai commencé à raconter ma vie. Si je le relisais aujourd’hui, j’y verrais une longue chute jusqu’à notre séparation neuf ans plus tard, mais je sais aussi que j’ai caché beaucoup de choses. J’ai longtemps été aveuglée.

Si Sophie Lambda se rend compte assez vite qu’elle est en proie à un manipulateurs – quelques mois si j’ai bien compris – il m’aura fallu des années pour comprendre que quelque chose ne tournait pas rond. Et ce n’est vraiment qu’en lisant la liste des 30 critères cités dans bd que je me suis rendue compte que c’était le cas. J’ai cherché des excuses, la longue durée de notre relation et les premières années très heureuses ne rendaient pas cette perception facile. Mais voilà, sur les 30 critères, entre 17 et 20 correspondent à la réalité. C’est dur quand on s’en rend compte (mon coeur bat la chamade une seconde fois en écrivant ce billet). LE critère qui me saute le plus aux yeux, c’est « Il ment ». J’ai mis un moment à le réaliser et pourtant c’était constant, j’avais déjà eu beaucoup de doutes mais c’est finalement une bosse dans voiture provoquée par lui m’a ouvert les yeux. Il n’a pas parlé de cette bosse, du côté avant droit; il a juste garé la voiture devant la maison. Quand je l’ai confronté, il m’a dit que c’était sans doute le camion poubelle qui avait embouti la voiture et n’avait pas prévenu. Or, matériellement, c’était impossible, le côté droit étant le long du trottoir. Là son discours s’est embrouillé, mais je n’ai jamais eu l’explication. (L’explication probable est qu’il avait embouti un poteau sous l’effet de l’alcool).

Et ce n’est qu’un exemple. Je pourrais écrire un roman entier mais ce serait trop douloureux. Encore un quand même, que je n’ai jamais raconté sur ce blog – les shorts diaries n’existaient pas encore et je ne racontais pas ma vie au quotidien: il venait d’avoir son permis de conduire (ou était encore en apprentissage ?) et demande donc de prendre le volant pour les courses au supermarché. J’accepte mais je me rends compte très vite qu’il n’est pas en état (un mélange d’alcool et de médicaments sans doute). Pour le retour, je lui demande les clés. Il refuse. Et il me plante là sur le parking. J’ai pleuré les 45 minutes du trajet de retour à pied, j’ai pensé au suicide ce jour-là en passant sur le pont de l’autoroute. Et pourtant, nous sommes encore restés ensemble, j’étais trop aveuglée par mon amour.

J’étais un poids pour mes amis, beaucoup ont décidé de ne plus me voir. Ceux qui sont restés ont tenté de m’ouvrir les yeux mais ont baissé les bras et ont observé de loin. Ma maman était déjà décédée, mon père, je ne sais pas trop s’il a compris l’ampleur de la situation. Je n’allais plus voir ma psy (qui elle, avait compris, mais n’a pas réussi à avoir prise sur moi).

La dernière année a été la plus difficile. On s’est séparé en février mais il n’a quitté la maison qu’en octobre parce que je lui ai permis de rester le temps qu’il trouve un endroit où se reloger. Je n’avais jamais imaginé que ça prendrait autant de temps et de disputes.

Son mal-être était tellement immense qu’il déteignait sur tout son entourage et ça s’est traduit par une manipulation sournoise et progressive. Je n’ai jamais vu les signes: peu d’amis (il s’était disputé avec beaucoup de personnes), l’impossibilité de garder un boulot (trop de conflits), la relation conflictuelle avec ses parents (séparés), les addictions (qu’il cachait – alcool, médicaments, sexe…), l’impossibilité de gérer son argent (des dépenses inconsidérées malgré les dettes), l’agressivité qui pouvait sortir subitement (mais il ne m’a jamais frappée – il est possible que si ça avait été le cas, les signaux se seraient mis au rouge immédiatement)… Et pourtant quand j’énumère tout ça ici, ça saute aux yeux, non ?

J’ai pleuré en écrivant tout ça, évidemment, mais c’est nécessaire, je pense. C’est bien la preuve que je n’ai pas encore évacué toute cette tristesse. Et j’ai toujours un peu peur d’en parler, peur de certaines conséquences possibles.

J’ai très vite été mieux une fois seule, et je suis bien plus heureuse maintenant. Et c’est la seule conclusion qui compte au final.

Five months after

Cela va faire cinq mois. J’ai cru que j’allais m’en sortir, que cette rupture était une bonne chose et qu’aller de l’avant me ferait du bien. Je me suis lancée dans la recherche d’un nouvel amoureux, j’ai rencontré des hommes, eu des soirées très agréables, parlé de beaucoup de choses. Cet intérêt m’a fait beaucoup de bien et m’a fait plaisir. Je sais que je peux plaire et séduire. Mais je n’ai jamais réussi à aller plus loin que juste une conversation. Mes instincts ont toujours très vite dit stop: non ce n’est pas la bonne personne, non il ne te convient pas. Sauf que je me rends compte maintenant que mes fichus instincts me disent juste non à tout le monde, même les hommes qui sont vraiment bien, ceux avec qui j’ai vraiment cru qu’une relation était possible. Et donc j’ai préféré dire non de suite, ou me retirer avant même que quelque chose ne se passe. Et l’explication ne me plait pas du tout: je ne suis pas prête, je suis encore trop attachée à diane qui lui a déjà tourné la page mais qui est toujours présent et qui malgré tout lance parfois des signaux contradictoires. Jeudi passé, certaines choses ont été dites et m’ont rendue très émotive, m’ont complètement chamboulées. On n’efface pas presque 10 ans de relation en un coup de balai, n’est-ce-pas ? Cette semaine, je la passe seule et c’est très difficile, parce que je ne sais plus trop quoi faire. Chercher à rencontrer de nouvelles personnes et les décevoir ? Ce n’est pas une bonne idée. Et pourtant, je sens que j’ai besoin d’affection, de compagnie (et ce ne sont pas plein de peluches qui vont compenser). Trouver un amour de passage ? Je ne sais pas trop comment faire. J’ai beaucoup de mal à me laisser aller. Quelque part, j’aimerais que quelque chose de spécial et imprévu me tombe dessus, fasse bouger les choses… Le mois de juillet est censé être mon mois mais j’ai l’impression que rien ne va, peut-être parce que mes attentes sont trop importantes et donc la déception encore plus forte. J’essaie pourtant de profiter de petites choses, de changer mon humeur, de prendre les choses en main mais ça va prendre du temps…

(Le hasard fait que je publie cet article aujourd’hui, le même jour que celui d’Armalite, qui lui donne beaucoup d’espoir mais qui m’a sérieusement fait pleurer.)

Une situation inextricable

J’aimerais pouvoir profiter de la fin de mon congé maladie le mieux possible, mais depuis quelques jours, j’ai des crises d’angoisses à répétition. Et je connais leur cause. Diane et moi, nous nous sommes séparés mi-février. Je lui ai permis de rester vivre chez moi le temps qu’il trouve un endroit où habiter et j’ai promis de ne pas le mettre dehors. Oui, je suis trop gentille. Depuis, il est toujours là. Il est de plus en plus amorphe et ne fait plus rien ou presque de ses journées à part les passer sur le net à chatter. Je ne vois pas d’issue. Je suis chez moi et ce n’est pas à moi de partir mais comment mettre quelqu’un dehors ? Comment le faire bouger pour qu’il s’occupe de lui-même ? J’aimerais pouvoir vivre chez moi, inviter qui je veux, quand je veux, sans devoir m’excuser de sa présence. J’aimerais pouvoir passer à autre chose, vivre avec quelqu’un qui n’a pas de problèmes mentaux. Je suis certaine qu’on me juge parce que je ne fais rien par rapport à la situation mais je ne sais pas quoi faire. Si je le mets dehors, il est à la rue, littéralement, vu qu’il n’a plus de famille et si peu d’amis. Mon humanité me perdra.

Analyse comportementale

Quand je vis quelque chose de négatif dans la vie, je ne peux m’empêcher d’analyser comment se comportent les gens autour de moi. Depuis ma rupture avec diane, les réactions ont souvent été fort différentes. Voici un petit panorama:

Il y a eu les gens qui, nous appréciant tous les deux, préfèrent ne rien dire et ne pas se mêler de quoi que ce soit. C’est une réaction que je respecte.

Il y a les amis proches et parfois moins proches qui essaient de comprendre et de soutenir quoi qu’il se passe. Ceux qui analysent la situation avec moi, qui comprennent mes sentiments parfois différents de jour en jour, qui ne s’inquiètent pas si un jour je vais bien et le lendemain pas du tout mais qui sont là pour dire ce qu’il faut dans les deux cas. Je peux discuter avec eux sans recevoir de jugement. Ces personnes-là sont très précieuses et je les remercie de tout mon cœur.

Il y a des personnes que je connais peu mais qui juste par une petite phrase, une petite attention, me mettent sur la bonne voie et me font sourire.

Il y a Coyote que nous avons mis dans la situation bien compliquée de médiateur mais qui fait très bien la part des choses.

Il y a mon père qui est toujours maladroit, à côté de la plaque, qui pense que je suis au quatrième sous-sol et insiste bien sur le fait que c’est une épreuve et que ça doit être horrible. Disons que lui et moi réagissons très différemment face à la perte. Il se complait dans la dépression, moi, je fais beaucoup d’efforts pour ne rester stagner dans cette phase-là. Heureusement il accepte tout à fait le fait que nous ne nous voyions pas pour le moment et je sais que je peux compter sur lui pour plein d’autres choses. Nous reprendrons bien vite des relations normales.

Et puis, il y a les personnes qui font plus de mal que de bien, qui ne comprennent rien à la situation et qui me poussent à haïr diane. Sans doute que c’est dû à leur vécu mais du coup, elles me disent des choses indélicates, blessantes, qui ne font pas avancer la situation. Le résultat, c’est que ça me met de mauvaise humeur et je n’ai pas besoin de ça. diane et moi avons vécu beaucoup de choses ensemble, ce qui ne s’efface pas en quelques jours. Je ne suis pas du genre à claquer la porte à quelqu’un du jour au lendemain après autant d’années de vie commune. Je sais ce qu’il doit partir et j’insiste (parfois lourdement) pour qu’il le fasse au plus vite. Les moyens pour y arriver seront les miens et je ne compte pas suivre les conseils haineux de ces personnes.

Je rajouterais encore ceci: oui, cette rupture est difficile mais oui, je suis quelque part soulagée que cette relation soit finie et  j’ai encore plein de choses à vivre et plein de possibilités d’être heureuse dans le futur. Cette période est compliquée mais je sais que je m’en sortirai grâce à toutes les personnes bienveillantes autour de moi. Quant aux autres, tant pis pour elles…

Et vous, avez-vous aussi vécu ce genre de comportements ?

This week (13)

Est-ce que je vais mieux cette semaine ? Oui, sans doute un peu. Le gros coup est passé, et même si j’ai pleuré presque tous les jours, ce n’étaient plus ces cascades interminables. Par contre, j’ai l’impression d’être engluée dans une grosse fatigue, une lassitude qui me bloque. Jeudi, j’ai eu une grosse migraine qui est heureusement passée pour ma soirée en compagnie de Katrien. Vendredi, diane et moi avons mangé ensemble et je me suis laissée aller, j’ai bu un peu trop de vin et je me suis endormie avant que la princesse Diana ne meure dans le film. J’ai passé le w-e seule et je n’ai fait que peu de choses. Samedi, la première visite en jardinerie m’a fait du bien, j’ai acheté un camélia, une orchidée et quelques hellébores et euphorbes. En rentrant, je n’ai plus été capable de rien… Dimanche, j’ai été à mon cours de zumba, puis j’ai nettoyé un peu la jardin, et à nouveau, après ça, plus grand chose… J’avais envie de parler à quelqu’un, juste comme ça, de tout et de rien. C’est une des choses qui me manque le plus, avec les câlins, le toucher. J’ai faim et finalement, je ne mange quasi rien. Je m’étais préparée un gratin de pommes de terres dont je n’ai presque rien mangé et dont l’odeur qui a envahi toute la maison m’a incommodée, m’empêchant même de m’endormir. Pas de couture, toujours pas de tricot commencé mais bien la reprise en cours de Breaking Bad (je commence la dernière saison). La semaine qui s’annonce débute par un concert ce soir, et puis, j’espère que trouverai un peu plus d’énergie !

This week (12)

La semaine avait commencé avec un certain apaisement, il n’y avait plus eu de disputes depuis le jeudi avant. Nous avions même été le vendredi chez des amis, loin, alors que je n’aime pas conduire le soir. Le week-end et lundi, mardi furent calmes. Mercredi j’ai été boire un thé avec Gasparde, j’ai passé un bon moment. Quand je suis rentrée, nous avons mangé ensemble et puis au cours de la conversation, une petite pique et tout s’est envenimé. Il y a eu des reproches – toujours le mêmes -, des menaces et surtout une constatation déchirante que nous ne pouvions plus continuer comme ça. Jeudi s’est passé dans l’attente: Coyote est venu le soir. Il nous a parlé à tous les deux, il a tenté de mettre des règles pour que la séparation se passe le plus sereinement possible. Les choses se sont calmées mais la décision est définitive.

Depuis, nous cohabitons. Nous avons encore été manger ensemble chez les voisins et faire les courses, acheter un nouveau taille-haie. Mais comment vivre l’un à côté de l’autre alors que nous souffrons tous les deux ? J’aimerais qu’il parte au plus vite pour soigner mon chagrin dans mon coin mais ce n’est pas possible. Comment peut-il trouver rapidement un nouveau logement sans beaucoup d’argent ? Au plus je me sens triste, au plus je suis casanière. J’ai besoin de me retrouver seule chez moi. Dimanche, j’ai tenté de m’occuper, j’ai semé 12 variétés de piments, j’ai continué la couture de ma robe mais je n’ai pas eu le courage d’attaquer les manches, j’ai lu mais je me suis lassée, j’ai joué à des jeux sur mon iPad, j’ai fait des photos de moi mais la plupart ont été jetées de suite – je n’arrive pas à sourire toute seule dans mon coin, j’ai tenté de faire la conversation pendant le repas mais je n’y arrivais pas, j’ai regardé la tv mais rien trouvé à regarder, j’ai été lire dans mon lit. Je me suis réveillée au milieu de la nuit à cause de fortes douleurs, celles qui sont causées par mon problème de santé dont je ne parle pas. Même avec une aspirine, je n’ai pas réussir à vraiment me rendormir…

Je sais que le temps va arranger les choses, mais tout comme mes piments que j’ai semé, j’aimerais être cet été et profiter de la chaleur. J’aimerais savoir que tout ça est derrière moi. Je sais que ce billet n’est pas très drôle mais j’ai besoin d’écrire. J’espère que j’irai déjà un peu mieux la semaine prochaine…

Pluie et tempête

Pluie et tempête… Surtout la pluie qui ne s’arrête pas, comme mes larmes…

Cela a duré plus de neuf ans, une dixième année n’est plus envisageable. Ma relation avec diane se termine là. Nous avons partagé tant de choses, nous étions complices. Le temps et les événements nous ont séparés, nous ne sommes plus compatibles. Il en restera de beaux souvenirs, mais aussi pour le moment un gros sentiment d’échec.

Et un grand vide…

Tsunami

Les activités de ce blog vont sans doute être un peu déréglées pour quelques temps… ou pas, mais rien n’est sûr. Un tsunami s’est produit dans ma vie, je suis à présent seule dans la vie. Mon couple de 9 ans s’est brisé avant-hier et je subis un flot de sentiments contradictoires. Je suis complètement dévastée et en même temps, je sens le besoin d’aller de l’avant, c’est la seule chose que je peux faire. Je voudrais que les choses redeviennent comme avant mais ce n’est sans doute pas possible. Je suis bien entourée et je vous en remercie, vous m’aide(re)z tous à passer ces moments difficiles.