A carpet ride to Khiva

Christopher Aslan Alexander, A carpet ride to Khiva. Seven years on the silk road: acheté en 2010 (j’ai été tentée parce que j’ai fait un voyage dans la région dans les années 1980), ce livre est resté très longtemps sur ma PAL, toujours devancé par d’autres lectures. Comme je m’oblige à lire des choses plus anciennes, A carpet ride to Khiva a enfin vu son tour arriver. L’auteur anglais, Christopher Aslan Alexander, s’est retrouvé à Khiva, en Ouzbékistan pour écrire un guide de voyage. Très vite son attention est attiré par les superbes tapis de la région dont il retrouve les motifs dans des miniatures du 15e siècle et il décide de créer grâce à des fonds étrangers (de l’Unesco, il me semble) un atelier de tissage selon les méthodes traditionnelles. Il raconte sa vie à Khiva, les mœurs locales, la recherche de teintures naturelles en Afghanistan (on est juste après le 11 septembre), l’histoire de la route de la soie, la fabrication de cette soie, la corruption aussi, qui ne sera pas sans conséquences sur son séjour. Son récit permet au lecteur de découvert une des ces anciennes républiques soviétiques un peu oubliées, sous la coupe de dictateurs corrompus et luttant contre la montée de l’islamisme. Le voyage est passionnant et permet de mieux comprendre cette partie du monde.

Books

Ces derniers mois n’ont pas été très bénéfiques pour la diminution de ma PAL. J’ai en effet eu l’envie de lire le Baroque Cycle de Neal Stephenson, c’est à dire trois volumes de plus de 900 pages en anglais. J’ai entamé le premier, Quicksilver que j’ai traîné avec moi plusieurs semaines de suite pour laborieusement lire 250 pages (ma lecture n’est certainement pas aussi rapide en anglais et le vocabulaire pas toujours aussi facile) mais même si je l’ai abandonné momentanément, je ne m’avoue pas vaincue pour autant. Entretemps, j’ai aussi lu:

Chanson pour l’absente de Stewart O’Nan: un livre que j’ai acheté dès sa sortie, que j’ai lu de suite et pourtant deux mois après je ne m’en souviens plus très bien. Pas que ce soit un mauvais livre, mais les thèmes de Stewart O’Nan ne se renouvellent pas. Il conte la disparation de Kim Larsen, adolescente de 18 ans, du point de vue de sa famille, comment celle-ci réagit, se désagrège tout doucement avec des réactions très différentes selon les protagonistes. Une belle description de l’Amérique moyenne mais qui manque un peu de relief.

Préparant la sortie du nouveau roman, j’ai relu Less than zero de Bret Easton Ellis, un de mes romans favoris de fin d’adolescence, que j’ai lu et relu des dizaines de fois  (c’est évidemment plus rapide de relire un roman court qu’une brique à la Neal Stephenson !). A la fin de la lecture, il m’en est resté ce même sentiment qu’autrefois, ce côté vide, un peu dépressif qui se résume tout à fait dans le panneau publicitaire que voit le héros, Clay, à plusieurs reprises: “Disappear here”.

J’ai eu de la chance: dès le jour de sortie, j’ai trouvé Imperial bedrooms de Bret Easton Ellis en librairie. Ce roman est une suite de Less than zero, avec les mêmes protagonistes qui ont 25 ans de plus. Clay, aujourd’hui scénariste, revient pour un boulot à Los Angeles, à nouveau pendant la période de Noël. Il revoit ses anciens amis, tous plus ou moins marqués par le temps, la drogue ou la chirurgie esthétique. Le récit aurait pu s’arrêter à ça, et cela m’aurait suffi mais Ellis a décidé de s’inspirer du film noir et d’y ajouter une vague intrigue d’espionnage et de meurtre que je ne trouve pas tout à fait nécessaire. J’ai par contre adoré les quelques pages du début où Clay parle du film qui a été tourné suite au premier roman, intégrant par la même occasion une critique non dissimulée du film de Marek Kanievska. Le livre sort en français à la rentrée et Bret Easton Ellis fait la couverture des Inrocks de cette semaine.

J’ai envie de rapprocher les deux récits qui suivent, je ne les ai pas lus l’un après l’autre mais ils ont plusieurs points communs: deux journalistes en fin de vie racontent leurs aventures, le premier celle de son existence, le second la dernière en date.

Le grand voyage de la vie de Tiziano Terzani. J’avais lu avec beaucoup de plaisir et d’intérêt son récit Un devin m’a dit et dès que j’ai vu ce livre, je n’ai pas pu m’empêcher de l’acheter. Terzani est un journaliste italien qui a travaillé pour Der Spiegel en Asie. Il se raconte, en dialogue avec son fils parce qu’il est trop vieux et malade pour encore écrire lui-même. C’est donc plus une conversation, un échange d’idées sur les étapes importantes de sa vie et de sa carrière, notamment de sa présence à Saïgon lors de la prise de la ville par les Vietnamiens du Nord ou de cet instant où il a échappé à la mort, presque fusillé par les Khmers Rouges. C’est aussi le récit d’un homme qui a fait ce qu’il voulait pendant sa vie et qui ne regrette rien, c’est une belle réflexion sur la mort, le tout empreint de bouddhisme qu’il a pratiqué pendant des années (il a même vécu en ermite dans l’Himalaya). Un très beau livre que je recommande à tous les passionnés de l’Asie mais aussi à toute personne qui se pose des questions sur l’existence.

Aventures en Loire de Bernard Ollivier est un des livres que j’ai acheté dès sa sortie mais qui a traîné sur ma PAL sans raison précise. Ollivier m’avait enchanté avec le récit de son voyage à pied sur la route de la soie. J’avais un peu peur que son aventure à pied et en canoë le long de la Loire, de sa source à son embouchure, ne soit moins captivante. Que nenni ! J’ai retrouvé là l’homme qui sait conter, raconter ses rencontres, nombreuses, et faire partager ses pensées. C’est là qu’il rejoint Tiziano Terzani: il a déjà plus de 70 ans quand il commence cette aventure et se demande pendant tout le voyage si c’est encore de son âge mais aussi s’il pourrait rester en sédentaire chez lui. Au-delà de ça, ce livre donne envie de visiter la région et d’entamer une ballade du même genre…

La croisière jaune: sur la route de la soie d’Ariane Audouin-Dubreuil relate l’expédition Citroën du Liban à l’Asie du Sud-Est en suivant la route de la soie au début des années 30. La fille du commandant de mission s’est basée sur les archives de son père et d’autres membres du voyage pour écrire le récit. Pas de grande littérature ici mais bien des faits, des impressions de l’époque, beaucoup d’héroïsme et une toute autre manière de voyager: on ne voyageait pas léger à l’époque ! Il fallait faire bonne figure auprès des divers chefs d’état et les bagages comportaient entre autres choses que nous jugerions inutiles aujourd’hui tout un service en porcelaine estampillé du logo Citroën. L’idée était de traverser l’Himalaya en voiture, ce qui se révèlera très compliqué même si le convoi a réussi à passer jusqu’à un certain point (quitte à ce que les voitures soient démontées !). Avant cette partie très difficile du voyage, les différents chercheurs avaient fait des recherches archéologiques et de nombreuses photos du site de Bamyan en Afghanistan et ce sont des documents très précieux aujourd’hui. L’expédition en Chine n’est pas de tout repos non plus: le pays est déchiré par la guerre entre factions diverses. Intéressant mais pas un chef-d’œuvre littéraire !

Living dead in Dallas de Charlaine Harris, deuxième volume de la série. Lecture de vacances sans trop se poser de questions. Sookie est encore plus nunuche que dans la série et l’histoire bien moins développée mais c’est tout de même plaisant à lire !