Le chant de la Tamassee

41i-r8zy2el-_sx210_Ron Rash, Le chant de la Tamassee: Ruth Kowalsky, 12 ans, se noie dans la rivière Tamassee. Son corps est emporté par le courant et se niche dans une cavité inaccessible sous l’eau. Ses parents veulent récupérer la dépouille mais cela impliquerait de dévier le cours de la rivière. Or celle-ci est protégée et les environnementalistes la défendent avec ardeur. La jeune journaliste Maggie, originaire de la région, est envoyée sur place par sa rédaction pour prendre des photos. Elle y retrouve des amis, un ancien amoureux qui est dans le camp des écologistes et son père, qu’elle évite à tout prix. Son séjour lui permet de renouer avec son passé, libérant des sentiments longuement enfouis. Ron Rash prend en fait le prétexte de la mort de l’enfant pour raconter une autre histoire, celle de Maggie. Et il en profite pour décrire une petite communauté nichée dans une nature sauvage, avec une rivière indomptable, parsemée de chutes et de courants traîtres. Un très beau récit relativement court et facile à lire.

Un livre lu dans le cadre de “Suivez le thème”, “liquide” dans ce cas.

Abandonned books (IV)

8943906Meg Wolitzer, The uncoupling: dans une petite ville américaine, toutes les femmes sont frappées par le même sort: elles ne veulent plus faire l’amour à leur mari, leur amant, leur petit ami. C’était une idée de base qui me plaisait et c’est ce qui m’a poussée à commencer ce roman pourtant classé parmi les moins bons de ma PAL si je tenais compte des avis sur goodreads (c’est une manière comme une autre de vider sa PAL). Et en effet, il faut une centaine de pages de descriptions de personnages avant d’arriver dans le vif du sujet, et après l’auteur passe à nouveau en revue toutes ces personnes une fois qu’elles sont atteintes par le sort. Les seules qui sont un tout petit peu intéressantes sont les adolescents dont les caractères sont très bien tracés mais pour le reste, c’est d’un ennui profond. Je n’ai fait que survoler les 100 dernières pages, et même la fin est assez ridicule. Je n’avais déjà pas trop aimé La position, je compte donc bien supprimer tous les livres de cet auteur de ma PAL.

31868331Cosey Fanni Tutti, Art sex music: ce livre est l’autobiographie d’une artiste anglaise connue notamment de Throbbing Gristle et de Chris & Cosey, groupes qui ont traversé l’underground des années 1970 à aujourd’hui. A priori, j’aurais dû être intéressée: j’aime toujours lire des livres sur le milieu musical, mais dès le départ, je n’avais aucune affinité avec Cosey Fanni Tutti, n’ayant jamais écouté sa musique. Elle raconte beaucoup, beaucoup trop, et je trouve qu’elle tire tous les événements en longueur. Ce n’est pas faute d’avoir essayé mais après trois tentatives, il est temps que j’arrête cette lecture, malgré le fait que j’aie dépassé la moitié. Dommage.

9789380032863Bishwanath Ghosh, Chai, chai. Travels in places where you stop but never get off: l’idée de base est intéressante: raconter les villes qui se trouvent à la jonction des importantes lignes de train indiennes. Qui a en effet entendu parler de Jhansi ou d’Itarsi ? Le souci, c’est qu’il n’y a justement pas grand chose à raconter et l’auteur m’a ennuyée avec le peu de contenu qu’il rapporte. Abandonné après le premier tiers (et encore, j’aurais bien abandonné avant mais j’avais la flemme de sortir de mon lit pour chercher un autre livre).

My absolute darling

cvt_my-absolute-darling_7668Gabriel Tallent, My absolute darling: jeune fille de quatorze ans, Turtle vit avec son père Martin dans une maison plus que rustique dans le nord de la Californie, entre bois et océan. Sa mère est décédée, son grand-père vit tout près dans un mobile home. Tous les jours, Martin l’accompagne jusqu’au bout du chemin pour attendre avec elle le bus scolaire. A l’école, Turtle n’a pas d’amis, elle est plutôt solitaire malgré les approches que tente un de ses professeurs, Anna. Une fois de retour à la maison, elle arpente la nature environnante, s’exerçant à tirer avec les armes que son père lui a confiées. Celui-ci a en effet sa propre conception de l’éducation de sa fille qu’il adore – “my absolute darling” – et lui inculque les préceptes du survivalisme.

Je préfère ne pas en dire plus, la quatrième de couverture révèle déjà beaucoup et je n’ai moi-même pas pu éviter d’être un peu spoilée – même si ce n’était pas trop grave. Gabriel Tallent décrit la vie d’une jeune fille un peu différente, y mêlant des descriptions de la nature tout simplement superbes et extrêmement précises. Il se dégage de ce livre une intensité extrême qui pousse le lecteur à tourner page après page, sans plus pouvoir s’arrêter (je préviens cependant les âmes trop sensibles, certains passages sont difficiles). J’avais commencé ma lecture en anglais mais après quelques pages, j’ai réalisé que je ne comprendrais pas tout: le vocabulaire est très étendu, surtout dans les descriptions, et j’admire d’autant plus le travail de la traductrice, Laura Derajinski, qui m’a permis de profiter de la beauté de l’écriture tout en me facilitant la compréhension. J’ai hésité dans ma notation, entre 4 et 5, mais je sais que je me souviendrai encore longtemps de ce livre et que les personnages et la nature ont pris une place dans ma tête.

Une fois que vous l’avez lu, je vous conseille l’interview de l’auteur pour La Grande Librairie.

Abandonned books (III)

Cela fait très longtemps que je n’ai plus utilisé cette rubrique, j’ai parfois abandonné des livres ces dernières années mais je n’avais rien à en dire, et j’ai laissé tomber toute tentative d’écriture à leur sujet. Mais là, pendant quelques semaines, je me suis retrouvée dans une mauvaise passe et il me semble intéressant d’expliquer pourquoi.

Liza Klaussmann, Villa America: ce roman est en fait une biographie romancée de Gerald et Sarah Murphy qui possédaient une villa à la Côte d’Azur dans les années 1920 et qui recevaient de nombreux amis illustres, tels Francis Scott Fitzgerald ou Ernest Hemingway. J’ai lu deux tiers avant d’abandonner, je me suis trop ennuyée pendant les descriptions trop détaillées de la vie quotidienne et les frasques des personnages. Si j’avais eu un intérêt plus grand pour ces célébrités, j’aurais sans doute continué, mais ce n’est pas le cas.

Wally Lamb, Le chant de Dolorès: les critiques sont en général positives sur GoodReads et Babelio mais plusieurs lecteurs se plaignent de la longueur des 100 premières pages. De plus la quatrième de couverture révèle une partie de l’histoire qui commence après ces 100 pages. Je me suis ennuyée, ne trouvant aucun point d’accroche avec la pauvre héroïne qui a tous les malheurs du monde (et qui le cherche bien).

David Mitchell, Écrits fantômes: ce livre est sur ma PAL antique, et il y dormait depuis sans doute plus de 10 ans. La lecture des 20 premières pages ne m’a pas convaincue et je n’ai pas eu envie de m’y attarder, malgré les excellentes critiques et une action qui se déroule en grande partie en Asie. Je crois que j’ai entamé une grande période de tri.

Julian Fellowes, Past imperfect: peut-être que j’aurais dû persévérer mais je n’y suis pas arrivée. L’histoire met un peu de temps à démarrer et je n’avais pas cette patience. Et le ton un peu trop “posh” me dérangeait. La fin de l’année 2017 a été fort secouée pour moi et cela a sans doute influencé mon manque de concentration et l’abandon de tous ces livres. Pour quitter cette logique, je me suis finalement rabattue sur une série qui me plaît avant d’entamer ma lecture commune pour la mi-février.

 

Bilan culturel – mai 2016

Romans:

  • Lize Spit, Het smelt
  • Cédric Gras, L’hiver aux trousses
  • élimination de la PAL après survol ou lecture du début: Gustav Temple & Vic Darkwood, Le manifeste chap (acheté à la grande période du burlesque, s’adressant plus à un public masculin, avec de l’humour anglais en trop grande quantité pour moi); Clive Barker, Coldheart canyon (pas aimé le style ni envie de passer 700 pages sur un livre dont les débuts ne me plaisent pas plus que ça)

Livres documentaires:

  • Isabel Boons & Tom Neijens, Rum. De complete gids
  • Alexandre Vingtier, 120 rhums
  • Pauline Guéna & Guillaume Binet, L’Amérique des écrivains
  • Isabel Boons & Ilse Duponcheel, Vermout. De complete gids

Séries:

  • Better Call Saul, saison 2: pas mal mais toujours cette impression que les scénaristes ne savent pas trop quoi raconter
  • The Good Wife, saison 7: une fin décevante pour une série fantastique (surtout les saisons 3-6)
  • The 100, saison 3, au suspense insoutenable
  • The Leftovers, saison 2: cette série n’est définitivement pas pour moi
  • Ennemi Public, saison 1: pas mal pour une série RTBF

Films: aucun ce mois-ci – il suffit de voir le nombre de séries que j’ai vues !

Documentaires:

  • Hawaï et sa vague pop (sur Arte)

Musique (j’en ai sans doute oublié, ne les notant pas de suite):

  • Ceu, Tropix (7/10)
  • Konono N°1 vs Batida (7,5/10)
  • Wayfaring strangers: cosmic American music (6,5/10)
  • Khun Narin’s Electric Phin Band, II (7,5/10)
  • Oki Dub Ainu Band, Utarhythm (6,5/10)
  • Marissa Nadler, Strangers (8/10)
  • Yo-Yo Ma & Silk Road Ensemble, Sing me home (7,5/10)

Expos, spectacles & concerts:

  • Jambinai, AB: excellent concert, entre post rock et metal

Cafés et restaurants: 

  • De Haus qui sert toujours de délicieux gin tonic
  • Dolma, très bonne nourriture végétarienne mais le mélange des genres (Inde – Méditerranée) m’a un peu dérangée
  • ainsi que Rêves d’Asie et Lune de miel, des classiques thaï-viet du centre-ville

Abandonned books

Une nouvelle rubrique pour parler des livres que j’ai abandonnés en cours de route, pour malgré tout garder une trace.

  • Jonathan Safran Foer, Eating animals: j’ai voulu savoir pourquoi tout le monde trouvait ce livre important, pourquoi tant de personnes sont devenues végétariennes après l’avoir lu. Je n’ai pourtant pas réussi à aller plus loin que la page 50 parce que le style de l’auteur m’énerve. (Peut-être que si je l’avais trouvé en e-book en français, j’aurai persévéré, mais il n’existe tout simplement pas. Le monde de l’édition française a tout compris !)
  • Kevin Canty, Kenny aime Junie: le titre français dit tout: l’adolescent Kenny aime l’adolescente Junie. Je n’ai vraiment pas accroché, je me suis ennuyée très vite du manque de style, du manque de tout en fait.
  • François Ponchaud, Cambodge année zéro: écrit en 1978, ce récit est un état de faits de la situation au Cambodge sous le régime Khmer Rouge, écrit d’après les informations disponibles et donc très parcellaires. Intéressant comme source historique, il l’est beaucoup moins pour apprendre ce qui s’est vraiment passé. J’ai abandonné à la lecture des nombreuses pages de statistiques fournies par la propagande Khmer Rouge.
  • Richard Powers, Le dilemme du prisonnier: le mot “exposition universelle” en quatrième de couverture a provoqué mon achat. Quand je l’ai ouvert, j’ai vu que le roman avait été écrit en 1988, ce qui m’a déjà un peu dérangée (quand j’achète un roman en grande édition, je préfère qu’il soit récent). Quand j’ai commencé à le lire, j’ai été rebutée par les phrases kilométriques et au vocabulaire baroque et l’histoire qui ne menait nulle part. Les sentiments sont partagés dans les critiques sur le net…
  • Karen Russell, Swamplandia: sans doute que j’ai tenté de lire ce roman dans de mauvaises conditions, l’ayant commencé en allant à Cardiff, puis le reprenant en décembre pendant mes trajets pour ne pas emporter un Joyce Carol Oates trop lourd. Mais je dois bien avouer que je n’ai jamais été prise par l’histoire…