Miniaturiste

liv-7807-miniaturiste_zpsbwcl7enfJessie Burton, Miniaturiste: la jeune Nella Oortman arrive à Amsterdam en ce jour d’automne 1686 pour y habiter avec son mari, Johannes Brandt, un marchand influent et très riche appartenant à la V.O.C. L’accueil est très froid et elle doit s’habituer à la présence de Marin, la soeur de Johannes, ainsi qu’au personnel de la maison, Cornelia et Otto, un ancien esclave ramené du Dahomey. Pour excuser ses absences et comme cadeau de mariage, Johannes lui offre un cabinet qui est une maison de poupées. Nella contacte un miniaturiste pour la meubler et c’est là que commence une aventure étrange: les objets et les poupées ressemblent tellement à la réalité, annoncent même parfois l’avenir ! Jessie Burton s’est inspirée d’une maison de poupées de l’époque qui avait appartenu à la vraie Petronella Oortman mais elle change l’histoire pour en créer une nouvelle, totalement imaginaire. Elle a minutieusement étudié l’époque et ses mœurs, elle décrit la vie quotidienne dans une Amsterdam florissante mais aussi sous la coupe d’une religion calviniste très restrictive. Et bien que l’histoire contée soit très triste et déprimante, j’ai adoré ce roman qui m’a tenue en haleine jusqu’aux dernières pages. Il m’a donné envie de lire encore plus de romans basés sur l’histoire, peu importe la période, du moment que les recherches ont été approfondies.

Book_RATING-40

California girls

9782246798699-001-x_zpsl9rl45b0Simon Liberati, California girls: parfois on commence un livre sur un malentendu: je pensais que l’auteur était américain et j’ai trouvé le début du roman mal traduit…. Grossière erreur: Simon Liberati est Français ! Ce qui ne m’empêche pas de penser que la langue française ne se prête pas tout à fait à ce roman qui se passe à Los Angeles, racontant trois jours de la « famille Manson », autour des meurtres de Sharon Tate. J’ai failli arrêter après 50 pages et puis, je me suis prise au jeu, peut-être par fascination pour la description si précise des événements de l’époque, des meurtres en question mais aussi des personnes qui les ont perpétrés. Charles Manson est un personnage peu abordé dans le roman, ce sont plutôt les filles, Sadie, Linda et les autres qui sont décrites. On sent que Simon Liberati s’est bien informé et a lu les extraits du procès. A partir de cela, il a écrit une histoire qui se laisse lire mais il ne recherche aucune motivation ni explication, ce qui transforme le roman au final en une longue description. Malgré cela, et même si je n’ai pas aimé le début, j’ai finalement apprécié ce roman.

L’avis d’Ingannmic qui l’a lu à peu près en même temps que moi. Du coup, nous nous sommes donné rendez-vous en janvier pour lire The girls d’Emma Cline sur le même sujet.

Book_RATING-35

La part des flammes

51l6ccvk2b9l-_sx195__zpsjgk5edjuGaëlle Nohant, La part des flammes: sans le billet de Kleo, je n’aurais sans doute jamais acheté ce livre. Et j’aurais raté quelque chose ! Paris – mai 1897. L’événement mondain du moment est la vente au Bazar de la Charité. Il faut y participer ou y être vu si on appartient à la bonne (ou moins bonne) société parisienne. La duchesse d’Alençon y tient un stand avec l’aide de deux protégées, Violaine de Raezal, veuve toujours en deuil et pas très bien considérée et la jeune Constance d’Estingel qui vient d’éconduire son fiancé. L’incendie éclate, le feu se propage très vite. Paris en deuil n’est plus la même; de nouvelles amitiés se créent. Portrait d’une époque, ce roman est passionnant. Il raconte une histoire assez haletante tout en décrivant une société uniquement gérée par les convenances. Gaëlle Nohant en profite pour décrire de nombreuses facettes de l’histoire, celles héritées des temps anciens (les duels) et les plus modernes, l’émergence des médecins de l’âme qui pensaient pouvoir soigner leurs patients avec de nouvelles techniques. Roman difficile par moments, il me fait d’autant plus apprécier la période contemporaine et le statut de la femme d’aujourd’hui. L’écriture est superbe, nous ramenant à une certaine époque qui n’avait pas peur du subjonctif imparfait ni d’un vocabulaire très précis et évocateur. Je conseille ! Et si vous avez des idées d’autres romans de ce genre, n’hésitez pas à les proposer dans les commentaires.

Book_RATING-40