Singapore sapphire

A.M. Stuart, Singapore sapphire: Singapour, 1910 – Harriet Gordon, veuve, est venue rejoindre son frère à Singapour et cherche un moyen pour devenir indépendante financièrement. Elle propose ses services comme secrétaire personnelle via une annonce dans le journal et trouve rapidement un premier client, Sir Oswald Newbold, un explorateur et membre de la Société de Géographie locale. Sauf qu’elle le retrouve dans un bain de sang, avec un couteau planté dans la gorge. L’inspecteur de police Robert Curran prend l’affaire en main. Il se rend très vite compte qu’Harriet a le sens de l’observation et du détail et que son aide sera précieuse dans son enquête.

L’histoire est classique: un meurtre, un trafic de pierre précieuses, plusieurs personnes qui cachent qui elles sont réellement. Le lieu l’est un peu moins, le Singapour colonial. Et c’est ce qui m’a attiré, ainsi que l’idée de voir une femme qui mène l’enquête. Si j’ai retrouvé avec plaisir le climat tropical et la société locale, j’ai par contre été un peu déçue par le récit, qui met beaucoup de temps à se mettre en place, et par le rôle trop important de Curran, même si Harriet prend sa place au fil des pages. J’ai mis beaucoup de temps à lire la première moitié, manquant d’incitants à connaître l’histoire; heureusement la seconde moitié s’accélère un peu. Il y a un second volume, et un troisième paraîtra en 2022 mais est-ce que j’ai envie de les lire ? Surtout qu’apparemment, cela tourne à nouveau autour du trafic de pierres précieuses. L’avenir le dira mais je pense que je vais d’abord retourner à cette autre femme qui enquête à la même époque mais en Inde, Perveen Mistry (deux semaines après avoir rédigé le brouillon de cet article, je me rends compte que j’ai vraiment envie de lire la suite des aventures d’Harriet Gordon !).

Congaï. Mistress of Indochine

9781934431887-fr-300Harry Hervey, Congaï. Mistress of Indochine: pendant une période qui précède ce blog, j’ai lu énormément de romans « coloniaux », de romans français écrits dans les années 1920-30, racontant des histoires se passant en Indochine. Je ne sais plus par quel biais j’ai trouvé celui-ci, de l’auteur américain Harry Hervey – sans doute l’un ou l’autre lien partagé par une page que je suis. Je ne m’attendais pas à l’ouvrage que j’ai reçu: il est relativement grand pour un roman et le récit en tant que tel ne prend que la moitié des pages, l’autre moitié étant consacrée à une analyse de l’oeuvre et du contexte. Harry Hervey a beaucoup voyagé dans sa jeunesse, avec son secrétaire (une excuse pour cacher le fait que le jeune homme était son amant) et a écrit quelques romans et des histoires pour magazines populaires. Aujourd’hui, il est sans doute le plus connu pour son scénario de Shanghai Express (Josef von Sternberg, 1932) avec Marlene Dietrich.

Revenons au roman: Thi-Linh est une jeune fille née de père français et de mère annamite. Elle vit à Stung Treng, au bord du Mékong mais elle voit son grand amour épouser une autre femme. Quand arrive le Français Justin Batteur, elle accepte de vivre avec lui, prenant le statut de congaïe, genre de maîtresse ou concubine. Au fil du temps, elle quittera la petite ville pour rejoindre Saïgon et d’autres hommes plus riches et plus connus. Cette histoire est a priori assez cliché et empreinte d’exotisme mais elle est contée avec très grande sensibilité par Hervey qui prend le point de vue de la femme, Thi-Linh. J’ai beaucoup aimé cette plongée dans ces temps révolus, au milieu de la végétation luxuriante et de la chaleur tropicale.