On the Night Joey Ramone Died

Jim Algie, On the Night Joey Ramone Died: Tales of rock and punk from Bangkok New York Cambodia and Norway: les deux nouvelles (ou plutôt novellas) qui composent ce livre parlent d’un musicien thaï de la quarantaine qui a eu du beaucoup de succès dans sa jeunesse avec son groupe rock, vivant complètement son rôle d’artiste, y compris avec les excès de drogue et d’alcool. Aujourd’hui, il est est débarrassé de ces démons mais sa vie n’est pas des plus joyeuses. Il est ingénieur son pour des artistes pop commerciaux, sa femme l’a quitté, son fils le regarde de haut. La première nouvelle raconte une journée et une nuit, celle où Joey Ramone est mort et l’impact que cela a eu sur lui, sa prise de conscience du moment. La seconde relate sa rencontre avec Edana, une jeune norvégienne pas très équilibrée, fascinée par le death metal de son pays et par le génocide khmer.

Jim Algie est d’origine canadienne et a joué dans des groupes rock dans les années 80 et 90 mais vit aujourd’hui à Bangkok. Il raconte dans ces deux nouvelles de la fiction mais il y a clairement des éléments inspirés de sa propre vie. J’ai beaucoup aimé les ambiances asiatiques, et même si je n’ai aucun point commun avec le musicien d’âge moyen, j’ai été intéressée par son histoire. Le livre rassemble également une série d’articles (de presse) écrits par l’auteur, à propos du monde rock. C’est le genre de livre qui me plaît toujours, associant musique et Asie, mais c’est clairement un ouvrage relativement confidentiel.

Wild side

51xvq3vcm3l-_sx195_Michael Imperioli, Wild Side: suite à un héritage inattendu, Matthew et sa mère déménagent du Queens à Manhattan. L’adolescent découvre une autre ville et se lie d’amitié avec deux personnes qui le guideront dans sa nouvelle vie. Veronica est une amie de classe qui le fascine et dont il tombe amoureux. Mais la jeune fille est un bizarre et l’entraîne dans des lieux inédits, voire même un peu sordides. L’autre personne, c’est son voisin, le musicien Lou Reed, en pleine période créatrice mais aussi en plein trip. Matthew l’accompagne parfois, l’aide pour certaines choses et découvre une autre manière de vivre. C’est un roman d’apprentissage mais aussi de perte; Matthew est entraîné dans un tourbillon qui le mène très loin. En écrivant ces lignes, j’ai du mal à vraiment définir ce qui m’a plu dans le roman mais j’ai été touchée par le vie du jeune garçon et par ce New York des années 70. Michael Imperioli, connu pour son rôle dans The Sopranos, traduit parfaitement bien les ambiances de la ville et de la période, dans une courte mais intense tranche de vie.

Laurel Canyon

51xhpa2bazpl-_sx341_bo1204203200_Arnaud Devillard, Laurel Canyon ou comment se perdre en musique dans les collines d’Hollywood: en achetant ce livre, je pensais qu’Arnaud Devillard avait écrit un récit suivi comme dans Journal des canyons. Ce n’est donc pas le cas, et cela ne m’a pas dérangée. L’auteur part ici de Laurel Canyon Boulevard, cette avenue qui serpente dans les collines d’Hollywood, cette avenue qui a hébergé de nombreuses rock stars, surtout dans les années 60-70. Il raconte l’histoire de la musique en partant des maisons où ont habité Crosby, Stills & Nash, Jim Morrison, Joni Mitchell et bien d’autres. Parfois il fait des incursions dans un passé plus ancien, parfois il parle de stars actuelles. De cette manière, il offre un panorama de tout un quartier et explique l’importance de celui-ci dans la création d’une scène musicale, égrenant les anecdotes mais aussi les moments forts de l’histoire du rock californien. J’ai beaucoup apprécié ma lecture même si j’ai regretté de connaître si peu de cette musique – j’aurais dû prendre plus temps à écouter les clips en même temps que ma lecture. En tous cas, cette approche rue par rue, maison par maison est une manière différente et insolite d’aborder l’histoire.

Every anxious wave

814dpkfesol_zpstkofjmymMo Daviau, Every anxious wave: un roman dont le titre vient des paroles d’une chanson de Sebadoh ? qui parle de voyage dans le temps pour découvrir la scène indie américaine des nineties – celle que j’ai tant aimée à l’époque (et que j’aime toujours) ? Ce roman, découvert via le blog de lecture d’Armalite, avait tout pour me plaire. Mais l’histoire ne se limite pas qu’à la musique. Karl Bender, quarante ans et anciennement guitariste dans un groupe indie rock, tient un bar et vit une vie sans amour et sans but. Tout à fait par hasard, il découvre un « wormhole », un « trou à vers » dans son placard et se trouve catapulté dans son passé. Avec son ami Wayne, il développe une petite entreprise de voyages dans le temps, proposant aux clients d’aller voir ou revoir des concerts rock du passé. Par erreur, il envoie Wayne en 980 au lieu de 1980, et comme il faut de une décharge électrique pour revenir dans le présent, Wayne est bloqué là. Il cherche l’aide de Lena, astrophysicienne pas trop bien dans son corps et pas très à l’aise dans la communication avec les autres. Ce qui commence comme une relation de travail va se changer en tout à fait autre chose – de l’amour mais aussi de nombreux voyages dans le temps très personnels. Ces allers-retours vont changer le présent et la conclusion sera bien différente de ce qu’attendaient les héros. Mo Daviau a très bien imaginé cette relation et intégré les modifications du présent – en lisant certains passages, le lecteur se demande vraiment ce qui va se passer et puis toutes les pièces du puzzle se remettent place. Pour le reste, les passages sur les concerts et les artistes indie m’ont évidemment parlé mais j’en attendais plus. Et l’histoire traîne parfois un peu longueur. Mais au final, j’ai apprécié ce roman très musical !

 

Eclectic ?

Jeudi. Ballet Royal du Cambodge. Invitée par Fab on the Moon. Ambiance feutrée des fauteuils rouges de Bozar. Public mélangé, beaucoup de Cambodgiens aux côtés de personnes d’un certain âge mais aussi de jeunes. Musique lancinante, répétitive et aux rythmes assez marqués, jouée sur les xylophones en bois roneat et les hautbois sralai aux notes aigrelettes. Accompagnement au chant. Danseuses aux costumes brillants de mille feux, d’ors et de strass, de pierre précieuses. Coiffes augmentant le côté hiératique. Mouvements lents des jambes et des mains, très gracieux, au symbolisme certain. Déhanchement permanent. Une envie de s’assoupir, ou pas. Ou plutôt de se laisser emporter ailleurs. Retour vers Angkor et ses sculptures d’apsaras.

Samedi. Rocambolesque. Première sortie de ma robe vintage sixties, assortie à celle de la Princesse. Nous sommes les sœurs jumelles. Ou Betty Draper accompagnée de Don et Peggy et son beatnik. Bel essai d’eyeliner. Jolie salle aux belles ambiances. Soirée d’effeuillage présentée avec brio par Miss Lolly Wish malgré les contretemps techniques. Plumes, poudre, cupcakes, pirate, opium, sequins, pinup, paillettes. Rêve et séduction.

Lundi. Grinderman. Revoir Denis et Maja. L’impression de voir un groupe de gamins de 15 ans. Ne pas oublier de ramener Warren Ellis à l’asile de fous. Une grande asperge noire qui saute partout, renversant furieusement les pieds de micros. Rock. Pas un seul moment d’ennui. Être fascinée par le côté brut et direct. Oreilles qui bourdonnent. Satisfaction extrême.