Tomber les filles avec Duran Duran

Rob Sheffield, Tomber les filles avec Duran Duran: un livre avec titre pareil, ça ne s’ignore pas quand on a été une grande admiratrice du groupe ! De plus, j’avais déjà beaucoup apprécié le premier roman de l’auteur, Bande originale. Le livre part sur le même principe: chaque chapitre est nommé selon une chanson, des années 80 dans ce cas-ci, et chaque chapitre raconte une aventure spécifique de l’adolescence de Rob Sheffield, montrant comment ce morceau a eu une influence sur sa vie. Le ton est drôle, léger (bien plus que dans Bande Originale) et met le doigt sur le genre d’événements que toute personne appartenant à la même génération a vécu. Si j’avais plus de temps à consacrer à une écriture personnelle, le concept me tenterait bien. Un jour peut-être !

Un extrait (p.57): « Au même moment, Pat Benatar devenait une énorme star, et en conséquence, l’état du Massachusetts fit voter une loi qui interdisait à toute personne de sexe féminin âgée de douze à quarante ans, de quitter son domicile sans porter un ensemble bandana-justaucorps de la mort qui tue. (On était encore à quelques années des grands arrêts de la jurisprudence sur les guêtres multicolores du printemps 83.) »

From fantasy to real life

Ou les lectures des semaines passées.

J’avais déjà parlé des nombreuses coïncidences qui ont marqué ma lecture de Sans parler du chien de Connie Willis… Que dire d’autre de ce roman ? Qu’il ne m’a pas autant plus que Le grand livre ? Oui, sans doute. Mais quand même… Plusieurs histoires à plusieurs époques différentes se mêlent (le 21e siècle, la destruction de la cathédrale de Coventry par un raid nazi, les abords de la Tamise près d’Oxford dans l’Angleterre victorienne) mais chaque élément de l’histoire a son importance, comme dans les romans d’Agatha Christie, souvent cités par les protagonistes. Je ne donnerai pas la clé de l’histoire, mais sachez qu’une petite phrase des débuts du livre a toute son importance ! Un roman très plaisant et léger (contrairement au sujet très grave et triste du Grand livre) basé sur des recherches historiques approfondies et qui fait un portrait très vivant du 19e siècle anglais.

Retour dans mon passé d’adolescente avec Bande Originale de Rob Sheffield. Journaliste rock pour MTV et Rolling Stone, celui-ci écrit une sorte d’autobiographie sur base des compilations qu’il a enregistré au cours de sa vie sur cassette audio; le titre anglais est d’ailleurs plus explicite: Love is a mix tape: life and loss, one song at a time (un bien joli site d’ailleurs). Chaque chapitre commence par sa playlist, avec face A et B, et décrit comment la musique a influencé sur sa vie, depuis les premiers émois de l’adolescence – il était responsable de la musique qui était jouée au bal de la promo – à ses premiers amours – la cassette idéale à offrir à sa bien-aimée ou celle qui traduit la rupture, et puis plus loin, comment sa vie avec l’amour de sa vie, Renée, sera trop vite interrompue… Un très beau roman, plein d’émotions mais aussi plein d’espoir qui m’a rappelé certaines périodes de mon adolescence ou de mes vingt ans, quand j’écoutais la même musique et fait plein de références à la culture populaire des années 80-90 (l’auteur a quelques années de plus que moi et est né en 1966).