Striptease

Rachel Shteir, Striptease. The untold history of the girlie show: ces semaines de congé (ça fait donc un moment que j’ai terminé cette brique) m’ont permis de me remettre à la lecture de ce livre sur l’histoire du burlesque aux États-Unis. Chapitre par chapitre, Rachel Shteir décrit le développement du striptease, en commençant par le dévoilement des chevilles jusqu’au déshabillage complet des années 60. Elle décrit les différentes scènes, surtout la new-yorkaise menée par les frères Minsky, les lois fermant les théâtres, le lien avec les expositions universelles. Elle parle aussi des grandes artistes, Gypsy Rose Lee, Sally Rand, Tempest Storm… J’ai appris pas mal de choses mais j’ai un sentiment de trop peu. Certains chapitres sont un peu longuets, comme celui sur les diverses lois visant à supprimer les spectacles burlesques. C’est plus un livre d’histoire pur et dur qu’un livre d’histoire qu’on lit avec plaisir (je ne sais pas si vous comprenez la nuance mais quand j’ai lu le livre sur l’histoire du Cambodge, j’ai eu du mal à le refermer, idem avec Thaï stick). En fait, les parties concernant les origines du burlesque et celles sur la fin du style sont les plus intéressantes, intégrant une grande part de sociologie. J’ai appris pas mal de choses mais que je ne le recommanderais qu’aux personnes vraiment intéressées par le sujet.

Gypsy

Toujours autant passionnée par le burlesque, je me disais qu’il serait bien de lire l’autobiographie de Gypsy Rose Lee, mais pour avoir une image moins biaisée de sa vie, une biographie s’imposait également. Merci donc à Amazon de proposer autant de livres sur le sujet ! Je ne raconterai pas ici sa vie, Lily Deslys l’a très bien fait sur son blog, mais je vous offre plutôt mes impressions sur les deux livres.

Gypsy Rose Lee, Gypsy. A memoir: dans son autobiographie publiée en 1957, Gypsy raconte surtout son enfance dans le circuit du vaudeville aux Etats-Unis. Toujours à l’ombre de sa sœur et sous la houlette d’une mère assez dictatoriale, elle décrit avec beaucoup de détails la fin d’une époque, les problèmes financiers liés à la crise de 1929, la vie sur la route. J’ai souvent pensé à la série Carnivale… Bien qu’intéressante, cette partie m’a semblé longue, plus de deux tiers du livre, et j’attendais son premier effeuillage avec impatience. A partir de là, le récit s’accélère et m’a laissée sur ma faim. Essentiel cependant pour une vision de l’intérieur de la vie des artistes itinérants dans les années 1920 et 30.

Rachel Shteir, Gypsy. The art of tease: ayant lu que dans son autobiographie, Gypsy transformait souvent la réalité, j’ai également lu une biographie écrite par une spécialiste du burlesque, Rachel Shteir (auteure de Striptease. The untold history of the girlie show, que j’ai commencé il y a belle lurette mais pas encore terminé). En un peu moins de 200 pages, elle raconte, parfois de manière un peu académique, la vie de l’effeuilleuse, ne consacrant qu’une trentaine de pages à son enfance. Elle donne un portrait bien plus complet, plus ancré dans un contexte général, avec parfois quelques détails croustillants. Bref, un livre court mais bien résumé. Il existe une autre biographie, Stripping Gypsy. The life of Gypsy Rose Lee de Noralee Frankel qui pourrait compléter ma vision sur le personnage mais ce sera pour plus tard ! (Et je vois qu’entretemps, une nouvelle biographie a été publiée en décembre 2010: American Rose: A nation laid bare: The life and times of Gipsy Rose Lee par Karen Abbott).