The Satapur moonstone

Sujata Massey, The Satapur moonstone: ce deuxième volume des aventures de Perveen Mistry, avocate parsi (« solicitor » en fait) emmène notre héroïne dans les montagnes de Sahyadri où se trouve l’état princier de Satapur. Le maharadja est décédé, et l’état est maintenant gouverné par un agent britannique (on est en 1920) en attendant que son successeur, un jeune garçon, ait atteint l’âge adéquat. Sa mère et sa grand-mère se disputent quant à son éducation, la première voulant l’éloigner à tout prix du royaume en l’envoyant dans une école britannique, la seconde refusant tout cela en bloc. Et pourtant, l’avenir du garçon a l’air menacé sur place, suite à plusieurs décès inexpliqués. Perveen Mistry est envoyée au palais pour écouter les deux femmes qui vivent selon le modèle du purdah, la ségrégation entre hommes et femmes, mais aussi les enfants et d’autres membres de la famille. Elle se rend très vite compte qu’elle est tombée dans un fameux guêpier.

Cet automne, je me suis attaquée aux livres les plus anciens sur ma PAL (ceux de 2019, donc) et il en faisait partie. J’avais bien aimé le premier tome et je souhaitais lire la suite des aventure de l’intrépide avocate. En fait, j’aime beaucoup les ambiances, plus que l’histoire en elle-même. La première partie se passe dans la maison de l’agent britannique qui s’occupe de Satapur et j’ai pu me plonger dans un certain passé colonial, la suite se passe dans le palais et présente une autre facette des choses, la vie des maharadjas et de leurs familles. Même si le sujet m’intéresse, j’avoue que j’ai trouvé le temps long, surtout pendant la première centaine de pages; par la suite, l’envie de connaître le dénouement de l’histoire m’a poussée à avancer plus vite. Mais il est clair que le roman manque de suspense, et ressemble quelque part au premier tome, avec cette enquête auprès de femmes en purdah. Je pense que je vais en rester là avec cette série.

Singapore sapphire

A.M. Stuart, Singapore sapphire: Singapour, 1910 – Harriet Gordon, veuve, est venue rejoindre son frère à Singapour et cherche un moyen pour devenir indépendante financièrement. Elle propose ses services comme secrétaire personnelle via une annonce dans le journal et trouve rapidement un premier client, Sir Oswald Newbold, un explorateur et membre de la Société de Géographie locale. Sauf qu’elle le retrouve dans un bain de sang, avec un couteau planté dans la gorge. L’inspecteur de police Robert Curran prend l’affaire en main. Il se rend très vite compte qu’Harriet a le sens de l’observation et du détail et que son aide sera précieuse dans son enquête.

L’histoire est classique: un meurtre, un trafic de pierre précieuses, plusieurs personnes qui cachent qui elles sont réellement. Le lieu l’est un peu moins, le Singapour colonial. Et c’est ce qui m’a attiré, ainsi que l’idée de voir une femme qui mène l’enquête. Si j’ai retrouvé avec plaisir le climat tropical et la société locale, j’ai par contre été un peu déçue par le récit, qui met beaucoup de temps à se mettre en place, et par le rôle trop important de Curran, même si Harriet prend sa place au fil des pages. J’ai mis beaucoup de temps à lire la première moitié, manquant d’incitants à connaître l’histoire; heureusement la seconde moitié s’accélère un peu. Il y a un second volume, et un troisième paraîtra en 2022 mais est-ce que j’ai envie de les lire ? Surtout qu’apparemment, cela tourne à nouveau autour du trafic de pierres précieuses. L’avenir le dira mais je pense que je vais d’abord retourner à cette autre femme qui enquête à la même époque mais en Inde, Perveen Mistry (deux semaines après avoir rédigé le brouillon de cet article, je me rends compte que j’ai vraiment envie de lire la suite des aventures d’Harriet Gordon !).

Tous les démons sont ici

Craig Johnson, Tous les démons sont ici: dans ce septième volume de la série autour du shérif Walt Longmire, celui-ci participe au transport et à l’échange de prisonniers avec le FBI. Un de ceux-ci, un dangereux sociopathe nommé Raynaud Shade, montre où il a enterré le corps d’une de ses victimes et en profite pour s’évader dans les montagnes. C’est le mois de mai, mais dans les Bighorn Mountains, une tempête avec blizzard s’annonce et l’hiver est loin d’être terminé. Intrépide, Longmire part à sa poursuite en solo. Il devra affronter les éléments mais aussi ses propres démons.

Cet épisode sort un peu de l’ordinaire: c’est un huis-clos, mais en pleine nature sauvage, dominée par les congères et le froid glacial. Les collègues et amis de Longmire sont présents, mais fort en retrait. Ils interviennent quand le shérif arrive à les joindre par téléphone. Et c’est quelque part dommage, parce que ce sont les interactions entre les personnages qui sont passionnantes dans ces romans. En même temps, j’ai été happée par l’exploit de Longmire, même si j’ai parfois trouvé qu’il exagérait un peu dans sa détermination aveugle. Vivement le prochain tome, avec, je l’espère, un retour à la civilisation et des températures plus clémentes !

Surf City

Kem Nunn, Surf City: un jour, Ike Tucker, jeune homme vivant dans une petite bourgade du désert, apprend que sa soeur a disparu et reçoit une liste de noms de personnes qui pourraient être impliquées. Ce sont des surfeurs. Il quitte tout et part à sa recherche. Il débarque sur les plages de Huntington Beach en Californie du Sud et tente de se frayer un chemin parmi les codes très précis des quelques groupes de surfeurs. Il rencontre un motard, vétéran du Vietnam, qui l’aidera par moments, ainsi qu’une jeune femme dont il tombera amoureux. Il découvre très vite que tout n’est pas rose dans le coin. Indice par indice, il remontera le chemin menant à la disparition de sa soeur, tout en se découvrant une passion pour les vagues.

Je pense l’avoir déjà raconté, j’ai une attirance assez irrésistible pour le monde du surf même si je n’ai jamais pensé à en faire moi-même, et donc dès qu’un livre ou un roman en parle, je le lis. Je ne connaissais pas Kem Nunn et j’ai découvert cet auteur chez Electra (sur son autre blog). Elle en disait beaucoup de bien et j’ai également été conquise. Ma note si élevée, très personnelle, est sans doute liée à mon attirance pour le surf, mais j’ai également beaucoup apprécié la description de la Californie du Sud, entre plages, villas d’acteurs et hôtels miteux. Depuis très longtemps (l’adolescence sans doute), j’ai une fascination pour cette région, mais c’est une fascination un peu bizarre: j’adore lire des romans ou de la non-fiction se passant dans cette région mais je n’ai pas vraiment l’envie d’aller sur place (j’y ai été une fois, à 18 ans). Il y a quelque chose de spécial, ce mélange de richesse, de pauvreté, de stars, de paumés, l’éternel beau temps, l’océan. Je crois que mon addiction a commencé en lisant Less than zero de Bret Easton Ellis, un livre qui m’a marquée. Et ce roman de Kem Nunn propose le même genre d’ambiances. J’ai lu aussi qu’il avait inspiré Point Break, un film que j’ai beaucoup aimé à l’époque.

Avez d’autres livres qui se passent en Californie du Sud (avec du surf, ou pas) à me proposer ?

Un moindre mal

Joe Flanagan, Un moindre mal: en analysant ma PAL, je me suis rendue compte qu’il ne me restait qu’une dizaine de romans à lire pour les années avant 2019, et que ça devrait être possible pour la fin de l’année. C’est un challenge comme un autre, mais ce sont aussi les livres mal aimés, ceux qui n’ont jamais été choisis pour diverses raisons. Et il y a de grandes chances que j’en abandonne certains après quelques dizaines de pages, comme Perfidia de James Ellroy (c’est un pavé, et je ne suis plus du tout dans cet esprit-là, même si j’ai beaucoup aimé lire ses romans il y a une vingtaine d’années). J’ai donc commencé Un moindre mal, et j’ai failli l’abandonner. L’histoire ne me parlait pas beaucoup mais comme c’était un roman policier, j’ai voulu connaître le dénouement.

Cape Cod, 1957. De jeunes enfants sont retrouvés assassinés dans la région, un homme est tabassé, une famille disparaît. Le lieutenant Warren est un flic intègre mais dépassé par les événements qui ont marqué sa vie privée: sa femme, alcoolique, l’a quitté et il s’occupe seul d’un enfant handicapé mentalement. La police d’état le dépossède de plusieurs affaires et il comprend vite que l’officier Stasiak est corrompu. Mais comment se sortir de ce pétrin ?

Un moindre mal est un roman policier classique, avec des moments plus descriptifs et de sacrées scènes d’action, mais je n’ai jamais accroché à l’histoire. Et il y a tellement peu de personnages féminins – je me rends compte que cela joue dans mes lectures. J’ai cependant aimé le fait qu’il soit situé à Cape Cod et que les paysages soient intéressants, différents d’autres régions du pays. J’ai beaucoup traîné dans ma lecture au début, pour le terminer d’une traite dans l’idée de pouvoir commencer autre chose. Une lecture en demi-teinte donc.

Dark horse

Craig Johnson, Dark horse: c’est toujours un plaisir de retrouver le shérif Walt Longmire dans une de ses aventures. Dans Dark horse, il recueille dans sa prison Mary Barsad, accusée d’avoir tué son mari, après avoir mis feu à la grange et tué les chevaux. Or Longmire ne croit pas à sa culpabilité, elle aimait trop les chevaux. De fil en aiguille, il dénoue les noeuds de l’affaire, à son rythme, un peu lent comme d’habitude, toujours ancré dans la vie locale et dans les paysages rudes et désolés du Wyoming. Je n’ai pas beaucoup plus à en dire, à part que j’ai passé un bon moment. 

Enfants de la poussière

0527-cover-moccasins-532479cd6ef4dCraig Johnson, Enfants de la poussière: une jeune Asiatique est découverte assassinée au bord d’une route. Le coupable a l’air évident: un grand Indien mutique qui vivait tout près, sous un pont, et qui était en possession du sac à main de la victime. Sauf que pour Walter Longmire, cela ne semble pas aussi évident. Il commence l’enquête, accompagné de son équipe de police et de son ami de toujours, Henry Standing Bear. Elle le mènera vers le passé, vers son passé de militaire au Vietnam. Après une enquête en ville, ce livre-ci marque le retour dans le Comté d’Absaroka, pour mon plus grand plaisir. Les paysages rudes du Wyoming ont l’air superbes et prennent comme toujours part dans l’histoire. Et ils sont ici entremêlés avec ceux du Vietnam. Bref, cet épisode des enquêtes du shérif Longmire avait tout pour me plaire.

L’Indien blanc

cvt_lindien-blanc_9401Craig Johnson, L’Indien blanc: le shérif Longmire accompagne son ami Henry Standing Bear à Philadelphie où vit sa fille. Il ne verra celle-ci qu’à l’hôpital, dans le coma, suite à une sérieuse agression. Il va évidemment tenter de dénouer les fils du mystère en collaborant avec la police locale mais en agissant aussi de son côté. Ce troisième roman policier de la série Longmire se passe donc dans un paysage urbain, loin de la nature du comté d’Absaroka. Et c’est sans doute ce qui m’a le plus manqué – ces grands espaces. Ici tout est en béton et traversé d’autoroutes, un milieu peu habituel pour un cowboy. Cela n’empêche pas L’Indien blanc d’être un bon récit policier, un peu lent comme à l’habitude, mais avec une intrigue bien ficelée et à l’humour certain.

Le camp des morts

couv rivièreCraig Johnson, Le camp des morts: après une mauvaise passe dans le choix de mes lectures, il me fallait une valeur sûre. Je suis retournée avec plaisir aux aventures de Walt Longmire, shérif du comté d’Absaroka dans le Wisconsin. Quand Mari Baroja meurt à la maison de retraite de Durant, l’ami de Longmire, l’ancien shérif Lucian Connally, suspecte un meurtre. Longmire se met à enquêter, assisté de son ami Henry Standing Bear, et retourne ainsi cinquante ans en arrière pour démêler l’histoire qui se complique de jour en jour, parsemée de péripéties et de cadavres. La neige est omniprésente et ne facilite pas les recherches. Comme dans le premier volume, Craig Johnson ne se dépêche pas dans son histoire – les premières cent pages sont même plutôt lentes – mais il a l’art de décrire la nature et le rude climat des Hautes Plaines du Wisconsin. Il faut toujours lire une série de romans policiers qu’on retrouve avec bonheur à chaque volume, et c’est le cas de celle-ci.

Little Bird

couv rivièreCraig Johnson, Little Bird: comme je suis passionnée par les aventures du shérif Longmire en version série tv, et que celle-ci touche bientôt à sa fin, il était évident pour moi de prolonger le plaisir en entamant la lecture des romans. Il y a pas mal de différences mais l’esprit reste le même. Walt Longmire est le shérif du comté d’Absaroka, dans le Wyoming. En fin de carrière, il est assez désabusé et légèrement alcoolique. Il ne prend plus vraiment soin de lui jusqu’à ce que son meilleur ami, Henry Standing Bear, décide de prendre les choses en main. En même temps, le calme du comté est brisé le jour où des chasseurs découvrent le corps sans vie de Cody Pritchard. Ce jeune homme, ainsi que trois de ses amis, avait été condamné avec sursis deux ans auparavant pour le viol de Little Bird, une jeune fille indienne aux capacités limitées. Longmire, marqué par ce procès, est obligé de sortir de sa léthargie pour enquêter. Plus encore que dans la série, les paysages sauvages du Wyoming tiennent une place importante, et sous la plume de Craig Johnson, ils prennent vie. L’auteur décrit également avec finesse les relations entre les Blancs et la communauté cheyenne. Il y a certes certaines longueurs – l’enquête n’avance pas très vite – mais elles ne m’ont pas parues pesantes. Je retrouverai donc avec plaisir le shérif dans les prochains volumes (il faut toujours suivre une série de détectives et j’avoue avoir été un peu lassée par Dave Robicheaux et la Louisiane décrite par James Lee Burke).