Short diary of the week (317)

Lundi: des courbatures dès le matin, commencer l’écriture d’un texte mais être interrompue par des collègues pour discuter de questions importantes, trier des disques, un long trajet vers un quartier que je ne connais pas, une très agréable soirée entre amis où j’ai pu parler tout ce que me pesait, le long trajet du retour, prévenir la crise de froid au lit (je connais maintenant la cause – une question d’intestins qui détruisent toute une série de mauvaises choses) en prenant une douche chaude et une bouillotte

Mardi: pas la meilleure nuit mais franchement pas la pire non plus, le hasard fait que je retournerai une seconde fois à Anderlecht cette semaine – mais pour d’autres raisons, préparer tout ça, moi et mon cœur d’artichaut (oui, j’ai pleuré au bureau en regardant un très beau documentaire sur les migrations), je ne l’ai pas encore écrit ici mais je suis vraiment contente de mon nouveau poste de rédactrice qui me fait découvrir de nouvelles choses tous les jours, contente d’être à la maison ce soir, commencer la série Modern Love (et pleurer comme une madeleine – c’est le jour), Why women kill

Mercredi: quelle horreur j’ai oublié mon livre !, une heure au boulot puis repartir, une interview de deux artistes, de retour au boulot, passer à autre chose pour l’après-midi, hésiter longtemps pour le repas du soir et sortir du couscous du surgélateur, terminer Why women kill

Jeudi: du mal à me réveiller, retranscrire l’interview – ce qui prend du temps, le dernier jour de certains collègues – c’est toujours une ambiance un peu bizarre, cuisiner un bon repas, Angel, m’endormir dans le fauteuil

Vendredi: réveillée tôt, cette légère gêne dans ma gorge, une matinée paresseuse, découper le tissu pour une jupe, préparer un gâteau tout simple, commencer le montage de la jupe, de la lecture, jouer un moment tout en buvant une infusion au thym, Angel, Modern love

Samedi: me réveiller en sursaut en ayant très mal à la gorge, ne pas réussir à me rendormir, une nuit très agitée donc, et même pas de grasse matinée pour rattraper, cette pluie…, envie de rester sous la couette toute la journée mais ce ne sera pas possible, fêter l’anniversaire de mon papa avec du champagne, retrouver Missev Pistols pour un premier atelier de photo décomplexée – d’abord un peu de théorie (comprendre enfin que mon objectif grand angle est un bijou et comment je peux l’utiliser) puis de la pratique en rue, frigorifiées nous arrêtons un peu avant l’heure prévue – surtout que mon rhume est toujours bien là, de retour au chaud, m’endormir devant un film

Dimanche: le moment critique du rhume: vais-je passer à la toux ou au nez bouché ?, écrire quelques brouillons de billets sur les livres et être enfin à jour (publication dans les semaines qui viennent), terminer la couture d’une jupe, je suis complètement bloquée dans le jeu et donc j’ai cette forte envie de trouver une issue (ce qui veut dire que j’ai joué quasi tout l’après-midi), la fin du film d’hier: L’épée Bijomaru de Kenji Mizoguchi (1945), le troisième épisode de Modern Love – ma nouvelle série préférée du moment

Short diary of the week (305)

Lundi: cette lassitude du lundi matin, m’attaquer au boulot, cette lassitude d’entendre toujours les mêmes commentaires et donc une montée de ton, une après-midi qui se passe, prête à appeler mon papa pour m’excuser mais je me fais devancer par lui, il s’excuse en disant qu’il s’est rendu compte qu’il a été difficile ces derniers jours, mais comment cette écharde de verre est-elle arrivée dans ma chaussure ?, et puis dans mon pied évidemment, Harlots, Buffy

Mardi: me réveiller à cause des démangeaisons de la piqûre sur mon ventre (avec allergie bien sûr), des corrections et de la planification, d’humeur un peu molle en rentrant, le chat bizarre appartient donc à une race bizarre, Angel, Buffy

Mercredi: parfois la langue française n’a pas de règle précise et il faut prendre une décision, plein de disques, préparation d’une sauce bolognaise en vue de surgélation, deux épisodes d’Angel

Jeudi: un voyage aux îles Marshall, de retour en Ecosse, quelques infos sur Hong Kong, des cocktails entres amis au Sofitel de la Place Jourdan, un repas japonais au Kokuban, de jolis cadeaux d’anniversaire

Vendredi: une nuit agitée, des conversations, de l’Irlande, un délicieux cocktail à l’ananas, Buffy, de la lecture

Samedi: des angoisses par rapport aux travaux, aller chez mon papa et avoir une agréable conversation, les courses, tondre la pelouse, recevoir les instructions pour nourrir le chat des voisins, commencer à vider systématiquement coin par coin le salon et la cuisine, laisser juste le nécessaire pour vivre et cuisiner jusqu’à demain soir, ce sont tous ces petits brols qui prennent le plus de temps, ce vent, jouer un moment, boire l’apéro chez les voisins d’en face, Always be my maybe (Nahnatchka Khan, 2019) – une comédie romantique avec plein de bouts de cuisine

Dimanche: un mauvaise nuit à cause de l’apéro d’hier, un moment de calme avant la tempête (ou le reste du vidage), de l’aide bienvenue pour les grosses pièces, un canapé qui passe dans l’escalier avec un centimètre de jeu et surtout beaucoup d’efforts, un cocktail et une agréable conversation, les derniers brols sont les plus longs et je dois déconnecter mon cerveau pour ne pas pleurer, terminer enfin vers 21h, tenter de reprendre un rythme plus calme

Short diary of the week (304)

Lundi: une journée qui se passe, des discussions sur les jeux, des envies de console, quelques courses en rentrant, cuisiner une quiche pour la semaine, descendre cinq fois à la cave avec de la vaisselle, m’installer au jardin avec un livre mais rentrer très vite à cause de la fraîcheur, Angel, Buffy

Mardi: des rêves bizarres et un peu angoissants, une journée qui se passe, apprendre que les travaux ne commenceront pas la semaine prochaine mais la suivante, arrêter le déménagement – ce qui fait du bien, Angel, Buffy

Mercredi, de nouveau des rêves bizarres, une journée qui se passe, une nouvelle rassurante, ce moment trop court pour commencer quelque chose d’intéressant et donc ne rien faire de bien, Angel, Buffy

Jeudi: des corrections, des accordéonistes irlandais, une journée qui se passe, mettre à jour des programmes sur mon mac et ajouter des livres sur la liseuse tout en triant des disques (à la maison pour une fois), trop manger par gourmandise, Buffy, Angel (oui l’ordre change parfois à cause d’une liste qui propose un ordre de visionnement)

Vendredi: des rêves bizarres, une journée qui se passe, un impatience grandissante, yes ! je vais pouvoir jouer à nouveau à Heroes of Might & Magic, après il faut le temps que ça s’installe, Angel, et le début du jeu – adieu vie sociale ! (bon en fait ce sera surtout la lecture qui va en pâtir)

Samedi: des rêves bizarres, une nouvelle dispute avec mon papa: il voulait que je le plaigne parce qu’il ne peut plus boire autant sur ordre du médecin, je ne l’ai pas fait, le ton est monté et je suis partie, j’ai heureusement pu parler un peu à l’infirmière tout en pleurant – évidemment, le fond de l’histoire est que je suis triste pour lui mais en même temps face à un mur, les courses avec une chouette conversation avec le conseiller vin qui est presque devenu un ami, une après-midi passée à jouer pour oublier la chute brutale d’énergie et les maux de tête, Buffy

Dimanche: du yoga pour retrouver de l’énergie, de la couture, encore quelques caisses, lire au jardin et commencer à préparer mon voyage à Hong Kong, un barbecue avec quelques gouttes de pluie qui n’étaient pas prévues, Angel

Short diary of the week (276)

Lundi: commencer la journée avec nausées courbatures et maux de tête – on voit bien que je n’ai pas envie d’aller travailler, une réunion avec une demi-heure de flou (et donc bien trop longue), beaucoup de frotte-manche très mielleux, si je prends cette décision c’est pour moi, faire un mailing personnalisé, partir plus tôt pour un rendez-vous à la banque, des restes, pester sur le mini mac qui devient vieux et qui rame beaucoup, une mauvaise nouvelle: la mauvaise vue de mon papa est définitive (mais je n’ai pas plus d’explications: il n’a pas écouté le médecin), True Detective – début de la saison 3, Crazy ex-girlfriend

Mardi: “les gens” !, me faire éclabousser par un connard en grosse voiture, un métro bondé, me faire presque écraser sur le passage pour piétons par une seconde voiture qui veut dépasser la première qui s’était gentiment arrêtée pour moi (et non les deux voitures n’étaient pas des BMW ou apparentés – la seconde était petite), finalement au bureau c’est calme en comparaison, réussir à caser ce dernier jour de congé à prendre (ça valait la peine d’aller voir le chef du personnel), enfin pouvoir à nouveau travailler sur le projet de base, et bien avancer, et puis rien de spécial, Call the midwife, Crazy ex-girlfriend – ça y est je suis à jour

Mercredi: d’humeur maussade, me poser des questions sur mon implication, travailler dans mon coin, oh mais cette chouette proposition à laquelle je ne croyais pas pourrait se faire tout frais payés par le partenaire, ah ben en fait non: refus net de ma direction, une déception de plus, encore moins motivée, partir plus tôt pour du shopping, acheter des basiques soldés, un coup de pompe gigantesque: j’ai envie de pleurer tellement je suis fatiguée au milieu du centre commercial, reprendre The little drummer girl, tester la série dont tout le monde parle: Tidying up with Marie Kondo et être trop paresseuse pour me lever et arrêter avant la fin (en un mot: c’est mauvais)

Jeudi: une grosse fatigue et un début de mal de gorge, me faire tremper par la pluie, passer de Bolivie en Syrie, me faire tremper par la pluie-neige, La France est notre patrie (Rithy Panh, 2015) – un documentaire avec uniquement des images d’archives d’Indochine (essentiellement) – un peu ennuyeux à la longue

Vendredi: une mauvaise nuit à cause du mal de gorge, hésiter à aller travailler et puis y aller, des couloirs vides, les trucs du vendredi, et d’autres trucs à terminer, oups ma jupe remonte sous mon manteau, The little drummer girl, me mettre tôt sous la couette pour lire

Samedi: me réveiller en milieu de nuit pour cause de mal de gorge, juste frigorifiée même sous deux couvertures, fatiguée du rhume, de la couture, aller chez mon papa, fatiguée de ses problèmes (j’ai eu une conversation avec l’infirmière en chef et c’était pénible d’entendre tout ça), des courses, m’affaler dans le canapé et ne plus faire grand chose, terminer quand même mon roman, un début de film mais m’endormir devant, aller dormir tôt

Dimanche: le nez bouché et des maux de tête, super fatiguée, c’est nul d’être malade le w-e, un peu de couture, traîner beaucoup, des frissons, de la température, cuisiner le plat qui était prévu même si je n’arrive pas à le goûter convenablement – d’ailleurs je n’ai pas d’appétit, The left handed gun (Arthur Penn, 1958) – on sent que ce film est précurseur d’un mouvement mais je ne suis pas sûre d’aimer ce jeu d’acteur trop maniériste, Crazy ex-girlfriend, batailler contre mon nez qui se bouche

This was 2018

A vrai dire, je me rends compte que je n’ai pas trop envie d’écrire ce billet, je n’ai pas trop envie de revenir sur cette année éprouvante. Et pourtant, ce n’est pas plus mal de faire le bilan. Une fois de plus, j’ai réalisé que les années telles que je les vis ne correspondent pas vraiment au calendrier, il s’agit plus de cycles commençant en novembre ou décembre et se terminant en octobre ou novembre.

Décembre 2017 avait été secoué par les problèmes de mon papa et son déménagement en maison de repos. Je savais donc très bien ce qui m’attendait pour 2018 – vider sa maison et la vendre. Je me suis fixée comme but le mois de juin – un délai qui a été respecté pour la partie vidage. J’ai passé presque tous mes weekends de l’hiver à trier et à faire des caisses, me mettant en mode pilote automatique. Je souhaitais que ce soit terminé rapidement, ne voulant pas que cela me pèse trop longtemps. Cela a été difficile, mais j’ai suivi mon programme, et j’ai eu de l’aide d’amis, d’abord pour vider le grenier sous le toit, puis plus tard pour ranger la maison et déplacer des meubles pour faire joli sur les photos de l’agent immobilier. Et puis aussi un grand soutien moral de ma cousine qui faisait exactement la même chose quelques maisons plus loin.

J’ai ramené une quinzaine de grandes caisses chez moi et je les ai entreposées à la cave (pour la vaisselle) et au grenier – qui est aussi ma pièce de couture. Quand je les ai vues amassées là, j’ai eu un sentiment de découragement: j’ai eu l’impression d’être envahie, d’avoir perdu la légèreté qu’émanait cette pièce assez vide. Mais je n’avais plus l’envie ni l’énergie de trier; il me fallait du temps (je commence à m’en occuper neuf mois plus tard).

Février m’a heureusement apporté une distraction: j’ai été un weekend à Metz où j’ai été accueillie chaleureusement par Laurie. J’ai vu une belle expo d’art contemporain japonais et j’ai flâné dans les rues de la jolie ville. Ces deux jours ont été marqués par la lumière du ciel d’hiver. J’en ai profité pour faire un arrêt au Luxembourg pour acheter du rhum et du bourbon. Et j’ai dépassé une de mes angoisses: j’ai fait le trajet en voiture ! C’était la première fois que je roulais aussi loin (et que je sortais la voiture de Belgique).

J’ai dû prendre beaucoup d’initiatives, être présente pour de nombreux rendez-vous, d’abord pour des voisins intéressés par l’achat de la maison – aucun ne se décidera – puis pour l’agent immobilier. J’ai voulu aller vite, je n’en ai rencontré qu’un seul et c’était sans doute une erreur. Mais il a trouvé un candidat acheteur dès les premiers jours de visite. Et c’est là que tout a dégénéré: après avoir signé le compromis d’achat, cette personne est devenue très agressive suite à un problème d’infraction à l’urbanisme datant de 1980, que j’ai réglé très vite (j’aurais dû m’en occuper plus tôt, j’en conviens). Son agressivité s’est traduite en lettres d’avocats, un second se succédant à un premier qui avait très vite lâché l’affaire. Et cela a évidemment provoqué des grandes angoisses. J’ai passé un très mauvais été, ne profitant que peu du beau temps. Mais j’ai tenu bon et défendu les intérêts de mon père.

Pendant ce temps, j’avais organisé la vente de livres et de certaines oeuvres d’art de mon papa, grâce à un ami qui m’a donné beaucoup d’adresses. Début juillet, un vide-maison a fait table rase, emmenant tout ce qui restait. Je n’ai presque pas visité la maison vide et je me sens toujours un peu triste. J’ai souvent des pensées qui me traversent l’esprit, me rappelant tel ou tel objet, me demandant si je n’ai pas laissé de chose importante.

J’aurais aimé faire un citytrip en été mais j’avais chaque fois des choses à régler, ou peur de ne pas être là pour la prochaine lettre d’avocat. Par contre, dès la mi-mai, j’ai organisé mon voyage au Japon à l’automne. Cette perspective m’a beaucoup soutenue.

Mi-septembre, l’acte a enfin été signé, un mois après la date prévue à l’origine. J’en suis ressortie blessée et épuisée, l’acheteur ayant encore proféré de nombreuses menaces et m’ayant traité de personne fausse et mauvaise. Ce qui fait mal, parce qu’il ne m’a jamais laissé de moment pour lui prouver le contraire. Et je n’ai pas vraiment eu de conclusion de ce dossier à cause de ses menaces de poursuites dans le futur.

Pendant ce temps là, la santé de mon père a décliné. Il se déplace de plus en plus difficilement, il se répète constamment et a des moments où il devient difficile et exigeant. J’ai eu du mal à accepter qu’il me délègue tout le travail avec autant de légèreté et il m’a quelquefois vexée. Je crois qu’il ne s’est jamais rendu compte de l’ampleur de la tâche et de la quantité de choses inutiles qu’il avait gardées (je n’oublierai jamais ces cinq percolateurs cassés). Notre relation est toujours aussi compliquée et je n’ai eu que peu de moments de complicité – ceux-ci impliquent en général des conversations sur les voyages (ce qui me pousserait presque à voyager plus souvent !).

Au travail, heureusement les choses se sont bien passées. J’ai été responsable d’un projet de janvier à juillet. Cela a pris beaucoup de temps mais j’ai beaucoup aimé m’en occuper. D’une certaine manière, cela a sans doute augmenté un peu ma crédibilité auprès de mon supérieur. Ce qui n’est pas plus mal.

Fin octobre, je suis partie pour trois semaines au Japon. Ce voyage a permis de clôturer mon année difficile. J’ai pu oublier mes soucis et ne penser qu’à moi. J’ai eu une chance incroyable, tout particulièrement avec la météo. Et puis il y a eu ce moment précis où j’ai fondu en larmes au milieu de la randonnée à Yakushima. J’ai senti un poids s’envoler, entourée par les arbres millénaires et les esprits de la forêt. Quand je suis rentrée, j’étais sur mon nuage. Les plaintes de mon papa suite à une nouvelle chute m’ont malheureusement fait retomber sur terre mais cela s’est estompé depuis. Les kodama (esprits) de Yakushima sont toujours près de moi.

Ce billet est déjà tout un roman mais je voudrais encore dire quelques mots à propos de mon état d’esprit. Cette année a été très éprouvante, j’ai verrouillé beaucoup de mes sentiments, je ne leur ai pas ou peu laissé de place pour s’exprimer. C’est sans doute pour cela qu’écrire ce bilan est compliqué parce que je souhaite oublier et passer à des choses plus positives. On pourra me dire que ce n’est pas une bonne idée et que tout cela reviendra me hanter. Peut-être.

Je me rends compte que face à l’agressivité primaire, je perds mes moyens; je suis quelqu’un qui préfère discuter en utilisant tous mes talents de diplomatie et si cela ne fonctionne pas, je préfère me taire (et fuir). J’aimerais trouver des outils pour mieux faire face à ce genre de situations (en espérant évidemment qu’elles ne se reproduisent pas).

Mais ce que je voulais surtout exprimer, c’est que malgré tous ces soucis, ces angoisses qui ont provoqué de nombreuses nuits sans sommeil, qui m’ont rendues malade par deux fois, je me sens heureuse. J’ai été bien entourée et soutenue, par ma cousine et mes amis. Pour la première fois depuis un moment, j’ai passé mon anniversaire et le 24 décembre en bonne compagnie. Mon sommeil est à nouveau normal et je suis beaucoup moins fatiguée, ce qui me rend plus ouverte au monde extérieur. Je sais où sont mes limites et quand je dois dire non. J’ai trouvé un équilibre dans ma vie et même les difficultés n’ont pas réussi à l’ébranler. Je suis prête pour une nouvelle année !

Luttes internes

Hier, j’ai fondu en larmes chez le dentiste. Et ce n’est pas parce que ses soins sont douloureux, loin de là. Il est mon dentiste depuis trente ans, il est également celui de mon papa, et a même été élève de mon papa. Il nous connaît donc bien. Il n’avait pas revu mon père depuis un certain temps, jusqu’à son rendez-vous fin octobre. Et donc quand il m’a vu hier soir, il m’a dit qu’il avait été triste de voir combien l’état de santé de mon père s’était détérioré. Et j’ai fondu en larmes. 

Il a touché un point sensible chez moi; j’ai eu l’impression que pour la première fois depuis longtemps quelqu’un reconnaissait combien mon père avait régressé en quelques années. On parle souvent de la charge mentale des mères de famille, on ne parle presque pas de celle des aidants, même si dans mon cas, j’ai beaucoup délégué l’aide. Il me reste les problèmes administratifs à régler, la gestion de ses comptes – ce qui est tout à fait gérable. Mais je n’arrive pas à accepter sa vieillesse. 

Je vais le voir une fois par semaine, le samedi. A chaque fois, je déprime. Je n’ai pas envie d’y aller, de constater une fois de plus tout ce qui ne va pas, de voir qu’il a à nouveau fait des taches sur ses vêtements, de voir les choses qui traînent, d’assister aux problèmes des autres résidents (je n’ose même pas dire ce que j’ai vu tellement cela peut paraître glauque – je parle de comportements des personnes, pas de la résidence et de son personnel, même s’il y a aussi à redire). Mes weekends commencent en milieu d’après-midi du samedi et j’ai du mal à évacuer ce que j’ai vécu. J’ai l’impression que mon temps libre est mangé par ces pensées peu joyeuses qui envahissent mon esprit à tout moment. Cela a surtout été difficile en rentrant de voyage, le contraste était si grand. 

Je ne sais pas quoi faire. On me dit qu’il faut que je le supporte, que c’est mon rôle d’enfant. Mais je n’y arrive pas, je n’ai plus la force. C’est trop pour moi, fille unique, sans soutien d’un compagnon, voire même d’enfants. Cette charge mentale est trop grande et cela fait trop longtemps qu’elle est là. Ma maman a eu son premier cancer quand j’avais six ans, un second dix ans plus tard, un troisième encore dix années après. Et puis elle a eu la maladie de Parkinson avant de décéder. Et puis j’ai vécu avec quelqu’un qui a eu de nombreux problèmes et que j’ai tenté – sans succès – de soutenir. Et depuis (en fait même pendant), mon père se laisse aller, déclinant bien plus vite que des personnes de son âge, s’éloignant de moi de plus en plus. Il n’y a plus que très peu de rapport père-fille, il y a des exigences de sa part, de nombreuses plaintes, et parfois je réponds sèchement, n’en pouvant plus. Et évidemment je me sens coupable et égoïste, ce qui n’améliore pas mon état d’esprit.

J’aspire à des moments sans aucune personne malade dans mon entourage proche. J’aspire à une légèreté d’esprit. 

Là, je fais une overdose. 

Short diary of the week (263)

Lundi: où la décision que je n’ai pas prise me donne des insomnies – ce qui est nul vu que cette décision n’était pas très importante, hésiter longuement et puis décider d’aller au garage ce matin pour retrouver ma voiture, la ramener chez moi plutôt qu’au bureau en voyant les embouteillages d’un côté et non de l’autre, finalement je m’étais quasi habituée au monstre de remplacement, aucune concentration et pourtant il faut que j’avance, une liste de tâches à faire, l’impression de ne prendre que les mauvaises décisions depuis des mois, le tour des magasins bio (il y a en 3 là où j’habite) pour trouver de la gelée royale en bouteille, un détour par le Club où j’achète deux romans – ce n’est pas cette année non plus que je n’achèterai rien de la rentrée littéraire, I’m dying up here, Anthony Bourdain Parts Unknown au Kenya (le coeur un peu serré)

Mardi: brrrrr, ajouter des choses à la liste, et en barrer plus de la moitié, une panne informatique, un mail qui me vexe un peu parce qu’il était tout à fait prévu que je l’écrive en mieux mais un peu plus tard, est-ce que je vais arriver à finir ? en fait non – surtout que j’ai légèrement mal de tête et aux sinus, mais ça va – il ne reste pas tant que ça, cuisiner un plat très facile d’inspiration cajun – je devrais noter ces recettes pour les jours sans inspiration, Better Call Saul, No Reservations au Québec

Mercredi: aïe ces mails sont uniquement en japonais, oh le mail avec les instructions était dans le courrier indésirable, le bateau est donc réservé et payé, yes ! je suis au bout des disques de Cuba après plusieurs mois de tri, maintenant commence le copier-coller, ce qui est encore plus chiant, I’m dying up here, Crazy ex-girlfriend

Jeudi: congé !, mais pas beaucoup d’énergie, un rendez-vous à la banque, du bon fromage du fromager, deux heures pendant lesquelles je ne fais pas grand chose, aller chercher mon papa pour aller chez le notaire, me rendre compte qu’il a de plus en plus de mal à marcher, rentrer vidée alors que je n’ai quasi rien fait de la journée, enfin rien pour moi, Crazy ex-girlfriend, m’endormir devant No Reservations en Suède, me mettre au lit à 9h30

Vendredi: congé !, me réveiller tôt et tenter de rester encore un peu au lit, me lever finalement à 7h40, traîner un peu mais aussi échafauder les plans pour la journée, de la couture, faire les courses, terminer la couture de la blouse – quel plaisir d’avoir acheté ce pied pour coudre les boutons rapidement, terminer mon roman, rejoindre Sylvain Chez Bichon et prendre un premier cocktail avec des tapas – Chez Bichon étant typiquement un restaurant de quartier tenu par un tout jeune couple très sympa, repartir à pied pour aller chez Copain pour la Brussels Cocktail Week, goûter aux cinq cocktails concoctés par Guillaume Leblanc du Dirty Dick de Paris – les quatre sur la carte et le spécial, rentrer légèrement ivre mais très contente de ma soirée

Samedi: des rêves bizarres, du ménage, aller manger au resto avec mon papa, rentrer repue et sans énergie mais heureuse que ça lui ait fait plaisir, une courte sieste, de la lecture, du grignotage en guise de repas léger du soir, 3:10 to Yuma (Delmer Daves, 1957)

Dimanche: une bonne nuit de repos, prête pour la zumba, ah non mes intestins ne sont pas d’accord, de la couture, acheter plein de bulbes de printemps, passer chez Gasparde qui m’a gardé un bébé pilea (et une bouteille de vermouth), cuisiner, I’m dying up here, Crazy ex-girldfriend, aïe mes intestins n’ont pas l’air d’être calmés, ça promet pour la nuit