Short diary of the week (263)

Lundi: où la décision que je n’ai pas prise me donne des insomnies – ce qui est nul vu que cette décision n’était pas très importante, hésiter longuement et puis décider d’aller au garage ce matin pour retrouver ma voiture, la ramener chez moi plutôt qu’au bureau en voyant les embouteillages d’un côté et non de l’autre, finalement je m’étais quasi habituée au monstre de remplacement, aucune concentration et pourtant il faut que j’avance, une liste de tâches à faire, l’impression de ne prendre que les mauvaises décisions depuis des mois, le tour des magasins bio (il y a en 3 là où j’habite) pour trouver de la gelée royale en bouteille, un détour par le Club où j’achète deux romans – ce n’est pas cette année non plus que je n’achèterai rien de la rentrée littéraire, I’m dying up here, Anthony Bourdain Parts Unknown au Kenya (le coeur un peu serré)

Mardi: brrrrr, ajouter des choses à la liste, et en barrer plus de la moitié, une panne informatique, un mail qui me vexe un peu parce qu’il était tout à fait prévu que je l’écrive en mieux mais un peu plus tard, est-ce que je vais arriver à finir ? en fait non – surtout que j’ai légèrement mal de tête et aux sinus, mais ça va – il ne reste pas tant que ça, cuisiner un plat très facile d’inspiration cajun – je devrais noter ces recettes pour les jours sans inspiration, Better Call Saul, No Reservations au Québec

Mercredi: aïe ces mails sont uniquement en japonais, oh le mail avec les instructions était dans le courrier indésirable, le bateau est donc réservé et payé, yes ! je suis au bout des disques de Cuba après plusieurs mois de tri, maintenant commence le copier-coller, ce qui est encore plus chiant, I’m dying up here, Crazy ex-girlfriend

Jeudi: congé !, mais pas beaucoup d’énergie, un rendez-vous à la banque, du bon fromage du fromager, deux heures pendant lesquelles je ne fais pas grand chose, aller chercher mon papa pour aller chez le notaire, me rendre compte qu’il a de plus en plus de mal à marcher, rentrer vidée alors que je n’ai quasi rien fait de la journée, enfin rien pour moi, Crazy ex-girlfriend, m’endormir devant No Reservations en Suède, me mettre au lit à 9h30

Vendredi: congé !, me réveiller tôt et tenter de rester encore un peu au lit, me lever finalement à 7h40, traîner un peu mais aussi échafauder les plans pour la journée, de la couture, faire les courses, terminer la couture de la blouse – quel plaisir d’avoir acheté ce pied pour coudre les boutons rapidement, terminer mon roman, rejoindre Sylvain Chez Bichon et prendre un premier cocktail avec des tapas – Chez Bichon étant typiquement un restaurant de quartier tenu par un tout jeune couple très sympa, repartir à pied pour aller chez Copain pour la Brussels Cocktail Week, goûter aux cinq cocktails concoctés par Guillaume Leblanc du Dirty Dick de Paris – les quatre sur la carte et le spécial, rentrer légèrement ivre mais très contente de ma soirée

Samedi: des rêves bizarres, du ménage, aller manger au resto avec mon papa, rentrer repue et sans énergie mais heureuse que ça lui ait fait plaisir, une courte sieste, de la lecture, du grignotage en guise de repas léger du soir, 3:10 to Yuma (Delmer Daves, 1957)

Dimanche: une bonne nuit de repos, prête pour la zumba, ah non mes intestins ne sont pas d’accord, de la couture, acheter plein de bulbes de printemps, passer chez Gasparde qui m’a gardé un bébé pilea (et une bouteille de vermouth), cuisiner, I’m dying up here, Crazy ex-girldfriend, aïe mes intestins n’ont pas l’air d’être calmés, ça promet pour la nuit

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Chroniques du désencombrement (III)

Je n’ai finalement pas autant écrit que je le pensais sur ce thème. Sans doute parce que c’est plus difficile que prévu et que je préfère oublier au plus vite. Depuis janvier, je n’ai pas beaucoup avancé dans le vidage de la maison; d’autres choses étaient prioritaires: la ranger et la mettre en vente. Ce qui est fait, avec si tout va bien une signature de compromis la semaine prochaine. J’aurai bientôt une deadline, et plusieurs rendez-vous sont déjà pris.

Mais je voulais revenir sur une histoire qui m’est arrivé hier.

Mon papa m’appelle, plus tôt que d’habitude, tout excité. Il me raconte en riant qu’il s’est disputé avec sa sœur. Elle a lui raccroché le téléphone au nez. Il faut savoir qu’elle a décidé de partir en maison de repos à l’automne et depuis, elle trie tout dans sa maison. Le seul souci, c’est qu’elle raconte tout dans les détails à mon papa et que ça a l’art de l’énerver (ça m’énerverait aussi, si j’avais ce coup de fil tous les soirs me contant le contenu du moindre carnet ou tiroir). Mais elle a raccroché quand mon papa lui a dit que c’était ridicule de vouloir faire ça soi-même, que c’était tellement plus facile de demander à d’autres personnes de trier ses affaires. Mon sang n’a fait qu’un tour mais j’ai réussi à rester calme, lui expliquant que certaines personnes ont justement besoin de faire le tri. Il n’a pas compris (ou il ne m’a pas écoutée). Et il était surtout très fier de lui et sûr d’avoir raison.

Et moi, je suis restée là, profondément vexée. Il n’a jamais trié la moindre armoire, le moindre papier, laissant tout le travail à quelqu’un d’autre. Et ce quelqu’un d’autre, moi donc, a sérieusement été frustrée de la quantité de choses à trier, sachant qu’au moins un quart du contenu de cette maison aurait pu avoir été jeté dans le passé (ces cinq machines à cafés cassées, par exemple, ou ces serviettes hygiéniques des années 70). Cela me donne presque envie d’appeler ma tante et la féliciter.

Je pense que mon papa n’a pas réalisé l’impact de ce qu’il disait. Depuis qu’il a déménagé, il a tourné la page et ne veut plus entendre parler de sa maison. Il ne veut même pas venir à la signature de la vente, alors qu’il avait décidé d’y aller au départ. Il a quelque part choisi la voie de la facilité.

Short diary of the week (233)

Lundi: et revoilà les insomnies – et je sais très bien pourquoi – j’ai été énervée par quelque chose hier, ce froid glacial, un peu de mauvaise humeur en fait parce que ma semaine est interrompue par plusieurs choses y compris une nouvelle grève des transports, rentrer en début d’après-midi pour obtenir un devis, et puis juste être crevée et de mauvais poil et ne pas supporter le monde qui m’entoure, passer un moment sur Simon’s Cat pour tenter de me changer les idées, m’excuser auprès de mon papa d’avoir été un peu sèche avec lui, Call the Midwife

Mardi: ne plus dormir à partir de 5h30, être encore plus crevée, heureusement mon métro et mon tram roulent, faire le boulot malgré tout, mettre un peu plus de temps pour rentrer, de la comfort food, Masterchef de la BBC – le début d’une nouvelle saison, Good Girls Revolt

Mercredi: enfin un peu mieux dormi, ce froid glaçant qui persiste, peiner sur un texte, commander des livres, encore plus transpercée par le froid en rentrant – même si je suis très contente de mon nouveau manteau très chaud, le repas simple de comfort food – again, Good Girld Revolt – fin de la première saison d’une série qui possède un certain ventre mou en son milieu mais qui met le doigt sur la condition de la femme

Jeudi: vivement la fin du froid, je ne suis pas la seule à terminer des livres dans le métro et à commencer de suite un nouveau, certaines de mes plantes ont triste mine – voire sont tout simplement décédées – et je ne le saurai que dans quelques mois, commander des Chie Mihara bien soldées – en espérant qu’elles seront agréables à porter tous les jours, un rendez-vous chez le notaire qui facilitera bien des choses pour le futur – je peux maintenant s’il le faut tout signer à la place de mon papa, de la comfort food facile à préparer, The X-Files – un épisode à l’ancienne qui est pas mal, Masterchef

Vendredi: mettre les bottes à fourrure en préparation pour la neige, avoir l’impression d’être la seule au bureau, avancer sur une série de choses, les trottoirs sont bien verglacés ce midi, oh il neige, rentrer dans un paysage tout blanc, Glow, Masterchef

Samedi: ça dégèle !, enlever la neige de la voiture pour que le soleil puisse faire fondre le reste pour cet après-midi, des lessives, des courses, changer une armoire de place à la cave et ranger mes rhums, préparer les pots pour les semis, de la lecture: terminer mon roman et commencer un livre sur des alcools français, la qualité de ce dvd est tellement mauvaise que j’arrête tout de suite ce western (c’est une copie VHS toute pourrie), The X-Files, Babylon Berlin – début de la saison 2

Dimanche: faire une liste mentalement de tout ce que je souhaite faire aujourd’hui – elle est longue !, couper ma frange, aller à la zumba, semer 13 variétés de piments, terminer la couture de ma robe, de la lecture, écrire une note de dégustation d’un rhum, préparer des currys indiens, de la lecture

Short diary of the week (232)

Lundi: mal dormi comme d’habitude, cette obligation de prendre la voiture pour cause de grève, perdre mon temps dans les embouteillages, ne pas pouvoir lire du coup, j’aurais bien aimé télétravailler mais je fais partie d’un jury aujourd’hui, chercher des clips pour illustrer des textes, le jury donc, attendre que les embouteillages se résorbent un peu pour rentrer, je n’ai plus l’habitude de faire un créneau ! ma voisine vient à mon aide en bougeant sa voiture, une grande crise de phobie: j’ai dû éliminer une immense araignée et j’en suis toute secouée, Call the midwife, de la lecture

Mardi: à nouveau plein de monde dans le métro – c’est pénible de devoir s’asseoir entre des hommes qui pratiquent le manspreading (pas spécialement des jambes mais de tout leur corps), un état pré-grippal avec des maux de tête, travailler tant bien que mal, Ultimate Rome – le dernier épisode sur la fin de l’empire

Mercredi: grande journée de réunion et de brainstorming sur la saison prochaine, me retrouver congelée après tout ça et penser avoir de la fièvre, prendre ma température en rentrant: 35,8°, me réchauffer lentement, Good Girls Revolt

Jeudi: le rendez-vous médical annuel qui me fait peur – la mammographie donc, mais tout va bien, arriver plus tard au travail et attaquer le choses à faire, la grippe a l’air de s’être éloignée de moi, un échange de gps pour le w-e – un vieux machin (le mien) contre un tout nouveau, enfin résoudre le problème de pc banking de la carte de la poste – après deux mois !, vaguement préparer mes affaires pour le lendemain, Good Girls Revolt, terminer mon livre

Vendredi: me préparer à mon aise, recouvrir quelques plantes dans le jardin, et c’est parti, après trois heures de route et quelques arrêts j’arrive à Metz où je suis attendue par mon amie et son compagnon, nous partons de suite manger et sommes rejoints par d’autres amis, une ballade dans le froid pour rejoindre le Centre Pompidou, des œuvres japonaises contemporaines – certaines me laissent de marbre d’autres m’amusent beaucoup, retour pour un apéritif repas suivi de pâtés lorrains et de fromage et de saint-honoré, je suis repue

Samedi: une ballade dans la ville – toujours dans le froid glacial – mais le ciel est si bleu, la gigantesque cathédrale, le marché couvert – toute ville devrait avoir un marché couvert, un arrêt apéro, la Moselle, les vitraux de Cocteau si peu connus, un repas avec les restes d’hier et il est déjà temps pour moi de quitter mes hôtes après deux belles journées – il faudra qu’on se revoie ! – et encore merci pour tout !, un arrêt au Luxembourg pour profiter de quelques produits moins chers, et puis une longue route avec quasi personne jusque Namur, et pour finir quelques ralentissements mais je suis presque à la maison, un film qui m’endort un peu, me blottir sous la couette pour la nuit

Dimanche: avoir du mal à me réchauffer – cela va être une constante les prochains jours, aller à la zumba mais ne pas trop suivre, un coup de pompe gigantesque qui va durer une partie de l’après-midi, de la lecture puis me préparer pour la petite fête de famille que donne mon papa pour inaugurer sa nouvelle résidence, passer un bon moment avec mes cousins, hésiter à propos de mon repas du soir et changer mille fois d’avis, la suite du film qui devient en fait long et chiant – Song to Song (Terence Malick, 2017) – malgré de belles images (ces maisons !)

Short diary of the week (229)

Lundi: pas une aussi bonne nuit que prévu, des rêves bizarres juste avant de me réveiller, une journée comme les autres, chercher un manteau sur le net et puis me dire que j’irais bien en ville, aller de déception en déception jusqu’à ce que je trouve un manteau bien chaud – voire même trop chaud – à l’Inno, en profiter pour aller acheter un nouveau shaker – c’était sur ma liste de courses depuis des mois – et craquer pour une petite casserole en fonte Le Creuset en soldes – c’était aussi sur ma liste depuis des années, rentrer avec deux sacs encombrants, Vikings – fin de la première partie de la saison 5, Call the midwife

Mardi: tester le nouveau manteau, il faudra une écharpe mieux assortie, l’encens c’est juste horrible, me sentir de plus en plus asociale, et pendant que je me dis ça sur le chemin du retour du supermarché être interrompue par une collègue – je crois qu’elle a vu que ce n’était pas tout à fait le bon moment, tenter d’organiser une playlist collective, ce plat est vraiment bon ! – tout ça sans avoir suivi de recette, American Epic – dernier épisode qui est plus long que les autres, lutter contre le sommeil alors qu’il est encore trop tôt pour aller dormir

Mercredi: peu d’énergie, râler très fort intérieurement contre cet imbécile qui encombre un métro bondé avec son vélo tout crotté, c’est reparti pour le Pakistan, oh mon papa veut à nouveau retourner au restaurant avec moi – ça fait plus d’un an et demi que nous ne sommes plus sortis ensemble, Monty Don’s Paradise Gardens – ces jardins d’Inde que j’ai vus récemment…, survoler la fin du roman ennuyeux et lire trois pages du suivant

Jeudi: aïe ces chaussures neuves font mal aux pieds, une heure après ça va déjà tellement mieux, de belles musiques de film, être relancée pour ce w-e à Metz dans le but de visiter l’expo Japanorama, m’endormir sur mon bureau – presque, ne pas traîner pour pouvoir aller à la poste – sauf que l’employée de sait pas régler mon problème – il faudra que je téléphone, le premier épisode de The Alienist, trop fatiguée pour commencer autre chose

Vendredi: les trucs du vendredi, un gros colis de chez King Louie: cet autre nouveau manteau est plus léger et me va bien, attraper une superbe crampe à la jambe, faire mes courses en boitillant, voilà ce qui se passe quand on reporte la prise de magnésium, en fait c’est peut-être le nerf sciatique, et puis tout d’un coup c’est passé, par contre la robe commandée dans le même colis est trop petite, commencer Britannia mais qu’est-ce que c’est mauvais !

Samedi: arriver au bout du tri des photos !, il reste encore à écrire et à combiner textes et photos mais c’est une belle avancée, aller chercher mon papa et manger avec lui au restaurant, être contente de voir qu’il a la force et l’envie de sortir à nouveau, le rendez-vous est pris pour tous les mois, évidemment l’après-midi a été très molle après un apéro et un verre de vin et un bon repas, de la lecture, The edge of seventeen (Kelly Fremon Craig, 2016) – ou comment j’aime toujours autant les films sur l’adolescence

Dimanche: une mauvaise nuit alors qu’on est au milieu du w-e, me réveiller en sursaut vers 9h30 – ce qui est très tard pour moi, me dépêcher de me préparer pour la zumba, en fait ça m’avait manqué et ça m’a fait beaucoup de bien, le dimanche on arrose les plantes, de la couture – un début de devant qui se coud plus facilement que prévu – deux toiles m’ont fait comprendre qu’il fallait changer l’ordre des étapes, de la lecture, la fin de la première saison de Babylon Berlin, une séance de méditation pré-sommeil alors que je sens la tension monter en moi

Chroniques du désencombrement (II)

— début de la seconde partie —

Mais il restait le grenier sous le toit. Aussi long que la maison – 11 mètres – il ne permet pas de s’y tenir debout. Aux deux tiers, une poutre oblige à ramper pour accéder au dernier tiers. Il n’est accessible que par une trappe pourvue d’une échelle intégrée. Je n’ai donc pas pu m’y attaquer de suite, c’était trop compliqué. Deux amis sont venus m’aider et cela n’a pas été de tout repos. Je n’avais aucune idée de la quantité de choses que mes parents y avaient amassés. J’ai rempli une première pièce de caisses et quand j’ai demandé s’il restait beaucoup, on m’a répondu qu’on n’était qu’à la moitié. J’ai donc rempli une seconde pièce de caisses toutes plus poussiéreuses les unes que les autres. A trois, le travail a été relativement rapide mais en voyant ce qu’il me restait à trier, j’ai été découragée.

Nous étions un dimanche et je ne pouvais donc pas m’y mettre de suite. Cela m’a travaillé toute la semaine et j’ai été fort tendue. Et pourtant je savais que le tri serait rapide parce que je ne devrais pas fouiller dans chaque caisse. Le samedi suivant je m’y suis mise. Et très vite, j’ai été remplie de colère contre mes parents, ces personnes qui n’ont jamais rien pu jeter. Pourquoi ce grenier était-il rempli de tous mes jouets et livres d’enfance ? Pourquoi surtout était-il rempli de caisses de vêtements de moi bébé et petite fille ? Tout cela aura pu servir à d’autres enfants.

Il y a une explication, mais elle ne me satisfait pas du tout. Ma mère avait commencé à donner des vêtements à ma cousine qui avait alors de jeunes enfants. Ces habits étaient déjà passablement démodés à l’époque – mais venaient pour la plupart de chez Dujardin – et ma cousine a revendu une grande partie sur des brocantes. Quand ma mère l’a appris, elle s’est jurée qu’elle ne donnerait plus rien. Résultat: tout a été mis au grenier.

Au fil des années, ma mère a continué à ne rien vouloir jeter – c’était même quasi maladif. Quand elle est décédée, mon père et moi avons enfin pu liquider quinze ou vingt ans de revues comme Flair, Feeling ou Gael. Mais cela n’a pas été plus loin. J’ai proposé à mon père de l’aider à trier un peu le grenier et sorti une dizaine de caisses – il y avait notamment des préparations de cours de ma maman qui pouvaient aller dans les poubelles papier. Il n’a rien fait et tout remis en vrac à sa place.

Et voilà donc comment je me suis retrouvée avec plusieurs mètres cubes de choses vieilles et inutiles. Les vêtements et les jouets, mais aussi mon berceau et mon landau, des dizaines de pots à stériliser, l’uniforme de militaire de mon père, une immense caisse remplie de restes de papier peint, trois autres machines à café cassées – en plus deux déjà trouvées précédemment, et même une caisse remplie de tampax et bandes hygiéniques neuves. J’ai été abasourdie. Comment peut-on garder ça au point de le mettre au grenier ? Je l’ai raconté à ma cousine qui vide la maison de ses parents – le pire qu’elle a trouvé est une boîte remplie de petites culottes usées et trouées de marque Sloggi. Nos mamans étaient sœurs.

J’ai retrouvé le livre chinois pour enfants qui m’avait tant marquée étant petite, j’ai récupéré la mini machine à coudre pour enfants, j’ai trouvé quelques jolis verres rétro et au fond d’une caisse, bien cachées, des photos. Ce que j’ai récupéré ne remplit même pas un sac de courses du Delhaize.

Je savais que le tri serait difficile émotionnellement mais je m’en suis bien tirée au début. C’est au final ce grenier qui a provoqué le plus de sentiments négatifs. Pas de la tristesse et de la nostalgie comme je m’y attendais mais de la colère et de la frustration. Ces sentiments, je les accepte progressivement, je sais qu’ils font partie du processus, mais leur force m’a étonnée. Et je suis soulagée maintenant que l’essentiel de mon tri est terminé. Il reste encore beaucoup d’autres étapes mais je m’en occuperai progressivement dans les semaines qui viennent.

Chroniques du désencombrement (I)

Je pensais que je publierais des billets plus rapidement, au fur et à mesure de mes avancées, mais je n’ai eu ni l’envie ni le temps. J’ai fait de nombreuses photos et peut-être qu’elles serviront plus tard à illustrer des chroniques plus légères que celle d’aujourd’hui, qui en fin de compte est si longue que je l’ai divisée en deux parties. J’ai beaucoup travaillé, j’ai terminé le tri à quelques détails près mais cela m’a pesé. J’ai oblitéré mes émotions, interdisant toute intervention pendant le travail, et cela a relativement bien fonctionné. J’ai avancé à grande vitesse en prenant des décisions rapides. C’était le seul moyen, je pense, pour arriver au bout de la tâche.

J’ai commencé par une partie compliquée: tous les papiers divers amassés par mes parents. La difficulté venait en fait du mélange: des choses sans intérêt étaient mêlées à des actes notariaux qui se cachaient sous des photos et de la correspondance diverse. Parfois j’ai jeté les lettres, parfois je les ai gardées, me disant que je pourrais inspecter ça à l’aise plus tard. Bizarrement, j’ai trouvé des actes notariaux de plusieurs générations passées mais uniquement du côté de ma maman, bien rangés dans une vieille valise; rien du côté de mon père, pas même l’acte de propriété de la maison.

Des caisses à fruits rassemblaient les documents des voyages de mon papa – je les ai gardés – mais j’ai jeté la tonne de prospectus touristiques qui étaient liés. Cela me fait quand même plusieurs grandes caisses de déménagement.

J’ai trouvé des photos de la cave au grenier, dans chaque tiroir, dans chaque armoire. Rien n’est rangé, souvent je ne sais pas qui est sur la photo. J’ai déménagé la tonne de diapositives: deux meubles à six tiroirs chacun, ainsi que quatre caisses. Elles sont pour la plupart bien identifiées – certaines collections sont même accompagnées de listes récapitulatives – mais il me faudra trier tout cela à mon aise, trouver les dias vraiment représentatives d’un pays, trouver celles qui ont été prises de moi. J’ai heureusement un scanner capable de les numériser mais ça prendra des heures et des heures.

J’ai emballé une grande partie des objets anciens, de la vaisselle (un peu) et bien trop de verres. J’ai mis à part trois statuettes de Bouddha et de dieux hindous que j’ai installées dans ma bibliothèque. Le grand Bouddha en bois n’a pas encore trouvé de place, il est emballé dans une couverture et été précieusement déménagé comme un bébé.

J’ai fait mon choix dans les tableaux et les gravures, sans doute plus que prévu. Je ne trouverai probablement pas de place pour tous, moi qui aime les murs nus (sans doute par opposition à ceux des mes parents, remplis jusqu’au moindre recoin, comme dans les musées du 19e siècle).

J’ai choisi des livres, me concentrant surtout sur les sujets qui m’intéressent – architecture, art contemporain, arts primitifs – et j’ai pensé à ma bibliothèque déjà bien remplie. J’ai trouvé quelques romans japonais que je n’avais pas lus. J’ai ramené des livres liés à l’histoire familiale – l’histoire du lin en Flandre, la guerre à Roeselare.

J’ai repris Mon-Chichi, Snoopy, Minnie Mouse, Api le singe et Gao le perroquet. J’ai abandonnée Delphine et Charlotte, mes poupées.

J’ai déménagé un canapé ancien. Je pensais qu’il remplacerait idéalement celui dans lequel je regarde la tv. Ce fut un fiasco total qui m’a mené à une grosse crise de larmes et de découragement. Je lui ai trouvé une place moins invasive, place qu’il occupera jusqu’à ce que je contacte un garnisseur pour le rénover. Par la suite, je pense qu’il ne dénotera pas soit dans ma chambre, soit dans le grenier, soit dans cette petite pièce que je n’ai jamais aménagée et qui est remplie de brol.

J’ai trié les trois chambres et la salle de bain (il faut d’ailleurs que je pense à prendre le miroir chinois), j’ai trié les petits greniers sans les vider, en ouvrant chaque caisse et en la déplaçant vers l’autre côté, j’ai trié le contenu des armoires du palier, j’ai vidé les armoires du salon, récupéré quelques objets usuels dans la cuisine (des cuillères à thé que Dille et Kamille ne vend plus, du poivre, du sel de Guérande, des moules à cake), j’ai survolé la grande bibliothèque de la salle à manger, j’ai retrouvé mes bulletins dans le petit meuble du hall d’entrée. Je me suis attaquée à la cave mais les armoires ne comportaient finalement que peu de trésors – un peu de vaisselle et des verres à bière. Je n’ai jamais retrouvé les deux grands vases en cristal Val-Saint-Lambert.

Mais il restait le grenier sous le toit.

— fin de la première partie —