La république du bonheur

Ito Ogawa, La république du bonheur: dans ce roman, on retrouve les personnages de La papeterie Tsubaki et l’auteur reprend le fil de son récit. Hatoko, qui écrit des lettres sur commande et qui tient son petit magasin de Kamakura, a épousé Mitsurô et s’occupe maintenant de sa petite fille. Elle apprend à être épouse mais surtout maman, ce qui provoque de nombreux questionnements chez elle. Elle lui transmet ce qu’elle a appris de sa grand-mère, la calligraphie, mais elle suit aussi ses propres instincts. La vie suit son cours pendant quatre saisons, et la petite ville de Kamakura est au centre de l’histoire, avec ses ruelles, ses temples et sa nourriture – chaque saison donne en effet l’occasion de manger un plat particulier. Comme dans le premier roman, j’ai retrouvé cette douceur des sentiments, la beauté de Kamakura (qui donne envie de prendre l’avion de suite et d’y vivre pendant un an, au moins), les coutumes et traditions particulières du Japon, une certaine mélancolie aussi. C’est le genre de livre doudou qu’on a envie de garder pour les moments difficiles parce qu’on sait que la vie semblera plus rose après la lecture. J’avais mis 5 étoiles à La papeterie Tsubaki, ici seulement 4: la magie a un peu moins opéré, l’élément de surprise n’y étant plus, mais cela reste un excellent roman.

Un livre lu (in extremis) dans le cadre du Mois du Japon organisé par Lou et Hidelle. Elles ont annoncé que le challenge se poursuivait, et j’ai encore quelques romans à lire !

La papeterie Tsubaki

Ogawa Ito, La papeterie Tsubaki: il y a de ces livres qu’on ne lit pas tout de suite et qu’on garde pour un moment de disette, parce qu’on est presque sûr qu’il sera très bien. C’est le cas pour ce roman japonais que j’ai sélectionné après une accumulation de déceptions. Hatoko a 25 ans; elle a repris la papeterie de sa grand-mère à Kamakura, perpétuant également son métier d’écrivain public. Le livre se découpe selon les quatre saisons pendant lesquelles Hatoko rencontre une galerie de personnages très divers, aux demandes d’écriture parfois simples, parfois compliquées. Elle s’y applique au mieux, choisissant avec soin le texte mais aussi l’encre et le papier. Elle raconte également sa vie quotidienne, ses ballades dans les temples de Kamakura (je m’y suis souvent revue moi-même); elle décrit la nature qui change au fil des saisons. C’est simple mais tellement beau. C’est un de ces livres qu’on ne veut pas terminer, qu’on aimerait recommencer encore et encore, comme les mois qui se succèdent. Il pousse à observer soi-même ce qui se passe autour de soi, parfois avec une certaine nostalgie mais surtout avec beaucoup de joie.

Le restaurant de l’amour retrouvé

517x4ietgrl-_sx210__zpseqejx25nOgawa Ito, Le restaurant de l’amour retrouvé: Rinco rentre chez elle un soir pour découvrir que son amoureux l’a quittée, emportant tout, sauf une jarre de saumure qu’elle avait entreposé sur le palier. Elle en perd la voix et décide de retourner dans son village natal où vit sa mère. Elle prend le relais de celle-ci dans les soins du cochon Hermes et décide d’ouvrir un restaurant. Elle n’y sert qu’une table à la fois, préparant un menu sur mesure et se découvre le don de rendre ses hôtes heureux. Roman proche de la nature, parfois à la limite du surnaturel, il m’a permis de recréer un lien avec le Japon. Mais au final j’ai été déçue: je m’attendais à des recettes plus recherchées (un steak haché sauce tomate ?) et plus de profondeur dans les relations humaines. Une lecture plaisante pour un roman tout en délicatesse et avec une (trop) grande pudeur.