Les pleurs du vent

Shun Medoruma, Les pleurs du vent: pas vraiment roman, plutôt « novella », ce récit se passe à Okinawa à différentes époques. Des enfants jouent au pied d’un ossuaire qui n’est plus vraiment accessible, l’un d’entre eux, Akira, réussit quand même à l’atteindre et repère ce crâne dans lequel souffle le vent. Son père, Seikichi, s’oppose à ce qu’une équipe de télévision vienne enquêter et tourner un documentaire sur ce crâne qui gémit. Au fil des pages, on apprend des bribes d’histoire de l’île, tout particulièrement de la Seconde Guerre mondiale. Shun Medoruma parle du passé et des blessures qui sont restées; c’est touchant, nostalgique, mais le format aussi court n’a pas vraiment fonctionné avec moi, je n’ai pas eu le temps de rentrer dans l’histoire, problème qui se pose souvent avec les nouvelles. Peut-être que ce récit n’aurait pas dû être publié tout seul, peut-être que dans un recueil, il aurait été entouré par d’autres dans le même esprit ?

On the Night Joey Ramone Died

Jim Algie, On the Night Joey Ramone Died: Tales of rock and punk from Bangkok New York Cambodia and Norway: les deux nouvelles (ou plutôt novellas) qui composent ce livre parlent d’un musicien thaï de la quarantaine qui a eu du beaucoup de succès dans sa jeunesse avec son groupe rock, vivant complètement son rôle d’artiste, y compris avec les excès de drogue et d’alcool. Aujourd’hui, il est est débarrassé de ces démons mais sa vie n’est pas des plus joyeuses. Il est ingénieur son pour des artistes pop commerciaux, sa femme l’a quitté, son fils le regarde de haut. La première nouvelle raconte une journée et une nuit, celle où Joey Ramone est mort et l’impact que cela a eu sur lui, sa prise de conscience du moment. La seconde relate sa rencontre avec Edana, une jeune norvégienne pas très équilibrée, fascinée par le death metal de son pays et par le génocide khmer.

Jim Algie est d’origine canadienne et a joué dans des groupes rock dans les années 80 et 90 mais vit aujourd’hui à Bangkok. Il raconte dans ces deux nouvelles de la fiction mais il y a clairement des éléments inspirés de sa propre vie. J’ai beaucoup aimé les ambiances asiatiques, et même si je n’ai aucun point commun avec le musicien d’âge moyen, j’ai été intéressée par son histoire. Le livre rassemble également une série d’articles (de presse) écrits par l’auteur, à propos du monde rock. C’est le genre de livre qui me plaît toujours, associant musique et Asie, mais c’est clairement un ouvrage relativement confidentiel.