Chère Ijeawele, ou un manifeste pour une éducation féministe

71aqxscp5klChimamanda Ngozi Adichie, Chère Ijeawele, ou un manifeste pour une éducation féministe: offert par Margot lors de la Ronde des poches organisée par Armalite, ce court livre m’a complètement sortie de ma zone de confort. Je n’ai quasi jamais lu d’auteurs africains, sans doute par manque d’intérêt mais aussi sans doute parce qu’il y a tant d’autres livres à lire originaires de parties du monde qui me tentent plus (en gros les Etats-Unis et l’Asie – l’Afrique n’est pas le seul continent oublié dans mes lectures). L’auteur nigériane a écrit cette longue lettre à une amie – jeune maman – qui lui demandait comment élever sa fille selon les règles de l’art du féminisme. Elle propose différentes pistes, examinant les situations concrète qui se présenteront au cours de la vie d’un enfant et explique comment déjouer les pièges du sexisme. Je n’ai pas d’enfants mais le texte sonne très juste – sans être révolutionnaire -, certaines propositions sont souvent oubliées mais gagneraient à être défendues plus régulièrement. Je me suis retrouvée dans une partie du livre, moins dans une autre: le choix de la couleur des vêtements d’un enfant ne me concerne pas trop; par contre, aider à améliorer la confiance en soi est un combat de tous les jours, même pour moi, à l’âge adulte. L’écriture de ce manifeste est agréable et l’auteur n’hésite pas à lancer quelques piques pleines d’humour ni à critiquer certains travers de la société nigériane, ce qui rend la lecture encore plus plaisante. Et comme l’écrivait Margot dans la carte accompagnant le livre, il se lit le temps de boire deux grandes tasses de thé, ou dans mon cas, un grand verre de limonade, assise au jardin et profitant des premiers rayons de soleil du printemps.