Chronique japonaise

Nicolas Bouvier, Chronique japonaise: sans les activités organisées par Lire le monde, je n’aurais sans doute pas continué ma lecture des Œuvres de Nicolas Bouvier. J’avais acheté ce gros volume il y a une dizaine d’années suite à la sortie du disque Poussières et musiques du monde qui reprenait ses enregistrements de terrain. A vrai dire, à l’époque, seul L’usage du monde m’avait intéressée (et passionnée) et je n’avais pas envisagé de lire les autres récits rassemblés dans ce lourd pavé peu pratique à emporter. Entre temps, j’ai voyagé au Japon et au Sri Lanka; j’ai donc choisi de lire Chronique japonaise (j’aurais aussi pu lire Le Poisson Scorpion).

Dans ce récit, Nicolas Bouvier parle de deux voyages au Japon, un premier en 1955-56, juste après son séjour désastreux à Ceylan et un second en 1964-65, avec son épouse Eliane et son fils. Il retrace d’abord l’histoire du pays puis raconte quelques épisodes de son voyage, des épisodes très épars, aux ambiances très différentes. D’abord son séjour à Araki-Cho, un quartier de Tokyo, et son immersion dans la vie du quartier, puis un périple dans le nord, sur l’île d’Hokkaido, à la rencontre des Aïnous. L’ensemble est fort décousu, mais peu importe, c’est l’écriture qui compte, une écriture poétique qui emporte le lecteur à la découverte intime d’un peuple. Une écriture qui m’a convaincue que je ne dois plus abandonner ce gros pavé aussi longtemps et que je dois continuer mes lectures de Nicolas Bouvier. Une écriture qui m’a également donné envie de relire L’usage du monde qui parle de ces périples sur la route de l’Asie que les anglophones ont surnommé « Hippie trail » – un sujet qui me passionne.

J’en ai profité pour regarder deux documentaires (l’avantage de travailler dans une médiathèque). 22 Hospital Street se base essentiellement sur le séjour de Nicolas Bouvier à Ceylan (après sa traversée du Moyen-Orient et de l’Inde) et sur ses neufs mois de réclusion à Galle, luttant contre diverses maladies. Il a relaté ce séjour dans Le poisson-scorpion, un récit qu’il n’a pas eu la force d’écrire de suite mais qui a attendu les années 1970. Un documentaire passionnant (si on oublie les images d’horribles bestioles en gros plan), avec des témoignages de personnes qui l’ont connu. Le hibou et la baleine m’a moins intéressée mais il donne l’occasion d’entendre parler l’auteur et montre des documents d’archive.

Lu dans le cadre de l’activité Lire le monde organisée par le blog Tête de Lecture – pour la Suisse.

Short diary of the week (197)

Lundi: cette procrastination pour retarder le plus possible l’écriture de cet article pour lequel je ne sais pas quoi écrire, écouter du tango, discuter avec mon voisin de bureau sur cette procrastination et trouver un angle d’attaque pour mon article, écrire une première version et la laisser reposer, manger les restes du plat birman, attendre la pluie, Twin Peaks (ou était-ce Doctor Who ? – je me moque mais les 13 premières minutes du 3e épisode m’y ont fait penser), Doctor Who, écouter la pluie qui tombe et m’endormir

Mardi: une nuit agitée, un rendez-vous chez le médecin pour le renouvellement d’une prescription, tenter de me concentrer sur mon travail, des réminiscences du passé, commencer deux nouvelles séries: American Gods et The Good Fight

Mercredi: oh mes ces sandales multicolores s’assortissent parfaitement avec mes vêtements du jour, apprendre à comprendre les statistiques sur google analytics – au moins un strict minimum, je suis passée au gamelan de Java mais ça n’avance pas plus vite que celui de Bali, un gros coup de pompe en rentrant, repartir, me libérer de plein de choses et repartir plus légère de chez Coyote, rentrer affamée, The Americans – fin de la saison 5

Jeudi: tenter de me vider la tête sur le chemin du travail, la température idéale pour manger dehors, toujours des disques de Java, arroser le jardin qui en a bien besoin, un plat plutôt improvisé de nouilles soba froides, commencer un documentaire sur Nicolas Bouvier mais changer vers Tokyo, cataclysmes et renaissances sur Arte+7 de peur que ce ne soit plus disponible (ça l’est encore quelques jours)

Vendredi: vivement la fin de la journée pour me reposer – pas que j’aie vraiment mal dormi mais j’ai accumulé de la fatigue, le prétexte du papier collant, un retour avec un sac bien lourd, tondre la pelouse et admirer ce gazon tout vert, des tomates crevettes, un documentaire: Nicolas Bouvier. 22 Hospital Street – intéressant mais trop d’horribles bestioles

Samedi: il pleut ou il ne pleut pas ? TBBT s02E11, des courses, des hésitations: couture ou jardinage, le jardinage l’emporte, de la lecture au jardin sauf qu’il ne fait plus vraiment beau, des photos, terminer juste avant l’averse, nouvelle soirée documentaires: Fabienne Verdier. Peindre l’instant puis Le hibou et la baleine, une longue interview de Nicolas Bouvier

Dimanche: le retour du soleil, arriver à caser trois quart d’heure de couture avant la zumba, remplir ma voiture de plantes – je trouve toujours de la place dans le jardin, discuter tissus et bijoux (et acheter deux colliers), un délicieux repas entre amis et une excellente soirée, avoir l’impression que tout le monde se traîne sur l’autoroute, vider la voiture dans le noir

Quelques livres en retard

ça fait longtemps que je n’ai plus parlé de mes lectures, donc quelques commentaires en vrac:
Roma Aeterna de Robert Silverberg: une uchronie qui prend comme point de départ que l’empire romain n’a jamais cessé d’exister. J’ai bien aimé mais ça me laisse un goût de trop peu; je pense que la même histoire plus développée sur plusieurs volumes aurait pu être intéressante aussi.
L’usage du monde de Nicolas Bouvier: je me suis enfin décidée à lire un des récits de voyage les plus connus et qui fait référence, et je comprend pourquoi maintenant. Les descriptions sont excellentes et le récit donne envie de partir tout de suite… Comme j’ai acheter le gros bouquin qui reprend ses oeuvres, j’ai encore de la lecture en prévision.
Le ciel de Long Island de Chang-rae Lee: magnifique ! Chang-rae Lee décrit les sentiments, ou plutôt la non-expression des sentiments d’un homme d’une soixantaine d’années dont la vie s’emplit de drames.
Le troisième frère de Nick McDonell: ça se passe à Bangkok, c’est pour ça que je l’ai acheté, mais je dois dire que deux mois après l’avoir lu, je l’ai déjà en partie oublié. Divertissant, sans plus…
Pluie de Kirsty Gunn: 133 pages à lire lentement pour faire durer le plaisir. Plein de non-dits et de sous-entendus.
Hey Nostradamus ! de Douglas Coupland: une constante: je suis passionnée par les 100 premières pages et puis l’ennui s’installe peu à peu… je crois que j’ai passé quelques pages sur la fin, aussi parce que j’avais hâte de lire le suivant qui venait de paraître:
Le pays des ténèbres de Stewart O’Nan: un de mes auteurs favoris, qui réussit à m’étonner à chaque fois parce qu’il arrive à diversifier ses sujets. Ici, ce sont les morts qui parlent et les titres des parties font référence à des titres de films d’horreur.
Contes de la rose pourpre de Michel Faber: j’avais parlé de son autre roman dans ces pages, et je restais sur ma faim; je voulais une suite, comme des milliers de lecteurs apparemment qui ont écrit à l’auteur. Il a donc décidé de compléter quelque peu son histoire par des nouvelles qui reprennent des personnages dont il conte la vie avant, pendant ou après la période du roman principal. Mais le mystère reste presque entier…