Le chant de la Tamassee

41i-r8zy2el-_sx210_Ron Rash, Le chant de la Tamassee: Ruth Kowalsky, 12 ans, se noie dans la rivière Tamassee. Son corps est emporté par le courant et se niche dans une cavité inaccessible sous l’eau. Ses parents veulent récupérer la dépouille mais cela impliquerait de dévier le cours de la rivière. Or celle-ci est protégée et les environnementalistes la défendent avec ardeur. La jeune journaliste Maggie, originaire de la région, est envoyée sur place par sa rédaction pour prendre des photos. Elle y retrouve des amis, un ancien amoureux qui est dans le camp des écologistes et son père, qu’elle évite à tout prix. Son séjour lui permet de renouer avec son passé, libérant des sentiments longuement enfouis. Ron Rash prend en fait le prétexte de la mort de l’enfant pour raconter une autre histoire, celle de Maggie. Et il en profite pour décrire une petite communauté nichée dans une nature sauvage, avec une rivière indomptable, parsemée de chutes et de courants traîtres. Un très beau récit relativement court et facile à lire.

Un livre lu dans le cadre de “Suivez le thème”, “liquide” dans ce cas.

Dans la forêt

cvt_dans-la-foret_7057Jean Hegland, Dans la forêt: Nell et Eva, deux jeunes filles de 17 et 18 ans, vivent dans la maison familiale isolée au milieu de la forêt. Le monde n’est plus comme avant, l’électricité a été coupée, les magasins sont vides, les avions ne volent plus… Leurs parents sont décédés et elles sont livrées à elles-mêmes. Eva tente de poursuivre ses exercices de danseuse classique, Nell écrit dans son carnet et lit l’encyclopédie. Elles tentent de survivre mais très vite elles sont obligées de prendre les devants en s’adaptant à ce nouveau monde. Dès les premières pages, la nature est omniprésente et occupe une place à part entière dans le récit. Jean Hegland la décrit avec précision et poésie et raconte une histoire centrée sur les deux filles, avec de nombreux retours en arrière qui expliquent leur situation actuelle mais sans expliquer le pourquoi du cataclysme. Et c’est justement cette sérénité qui fait la force du roman. Il y a certes quelques moments plus angoissants mais ils ne sont pas au cœur du récit, contrairement à d’autres romans dans la même veine (celui-ci a été écrit en 1996 mais n’a été traduit que récemment pour Gallmeister). C’est beau, c’est fort, c’est émouvant, j’ai dévoré ce roman et j’ai été triste de tourner la dernière page. Lisez !

J’ai lu ce roman en même temps qu’Ingannmic – retrouvez son avis sur son blog.

Les étoiles s’éteignent à l’aube

51uogk87xvl-_sx195_Richard Wagamese, Les étoiles s’éteignent à l’aube: Franklin Starlight, un garçon âgé de 16 ans aux origines indiennes ojibwé, n’a pas vraiment connu son père sauf quelques visites éparses. Il a été élevé par le Vieil Homme qui lui appris à vivre en harmonie avec la nature. Au début du récit, il est appelé par son père, Eldon, qui lui demande une faveur: faire avec lui un dernier voyage et l’enterrer comme un guerrier dans la terre de ses ancêtres. Eldon, alcoolique invétéré, n’a plus que quelques jours à vivre et le périple dans les paysages sauvages de la Colombie Britannique sera l’occasion de parler du passé, de dévoiler des secrets, de raconter dans quelles circonstances Franklin a vu le jour. Les descriptions de la nature sont précises et vivantes, l’homme est minuscule face aux paysages et aux animaux, il doit respecter les lois environnantes. Mais c’est aussi un roman qui raconte une histoire, une sorte de testament, une manière de se libérer du poids du passé et les difficiles relations entre un père et son fils. Les sentiments décrits sont justes, entre amour et culpabilité. Tout cela m’a passionnée et j’ai beaucoup apprécié ce roman.